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Parlons avenir |Tiziano|

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Isabella Nicolosi
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MessageSujet: Parlons avenir |Tiziano| Mar 26 Aoû 2014 - 21:53

Pan.
Un premier coup partit tout droit vers la cible en papier mais ne toucha que le bras.

Pan.
Un second coup qui toucha davantage la poitrine.

Pan.
Un troisième coup qui toucha le cœur.

Et ainsi de suite. Aucun membre n'était vraiment épargné et c'est avec une satisfaction mêlée d'horreur qu'Isa atteignait ses différentes cibles. Cependant, elle était dans un environnement calme et avait tout son temps pour se concentrer. Que se passerait-il si elle était à nouveau traînée dans une émeute violente? Pourra-t-elle viser ? Et si, à nouveau, elle n'avait qu'un fusil comme seule arme valide, pourrait-elle tirer avec sans se détruire l'épaule ou rater royalement sa cible? Tant de questions et aucune réponse.

Toujours à ses côtés, et éternellement, son garde du corps personnel, le même assigné depuis son grand retour. Elle avait exigé n'avoir que la crème de la crème et un seul et non une multitude de crétins. Cet homme-là, de plus, se contentait de rester silencieux et n'agir que si la situation l'exigeait vraiment. La plupart du temps et au grand plaisir d'Isabella, il la laissait se débrouiller seule, comme une grande. Cependant, certains jours, elle le remplacait par la "bleusaille", ces hommes et femmes qui rentraient fraîchement dans la mafia et qu'il fallait donc "tester". Les tests d'Isa n'étaient pas violentes mais plutôt discrètes. C'était de petites questions, de petites confrontations … des petites choses où le bleu était sous tension. Ce n'est que face à une "pression" que l'humain se dévoilait réellement. Elle l'avait appris.

Elle-même avait vu à quel point elle était vulnérable et naïve lors de son kidnapping. Sous cette peur et cette pression, dans ce bac d'eau glacé, elle avait compris à quel point elle avait été stupide de refuser des gardes du corps, stupides d'avoir fui des leçons de self défense pour quelques pauvres bleus seulement, stupide d'avoir fui ces cours de tirs.

Un gros coup violent, une belle leçon, une bonne raclée. ET elle n'allait pas refaire la même erreur.

Ainsi, depuis son "grand" retour, elle traînait dans la salle d'entraînement des Nicolosi ou dans le mini stand de tir construit dans un petit lieu de la demeure à l'abri des oreilles du voisinage - si voisinage existait dans une demeure telle que la villa des Nicolosi-. Si elle ne dépensait pas sa journée en entraînement, elle le faisait dans sa chambre à coup de dessin ou de guitare. Enfin, fin d'après-midi, elle s'éclipsait tranquillement - et discrètement - de la demeure pour finir la soirée dans une quelconque boîte, dans une quelconque fête … n'importe où sauf chez elle.

Elle pouvait venir au petit matin ou ne pas venir du tout, et son garde du corps ne se limitait qu'à la suivre. Il voulait bien dire où elle était qu'à condition que c'est Tiziano qui l'appelle en personne, et encore, des fois le garde se limitait à dire si elle allait bien ou non. Voilà une attitude qui pouvait être frustrante mais à ce jour, hormis ce garde et Lucas, Isa faisait peu confiance en quiconque et laissait peu de monde la suivre, l'épier. Elle voulait gérer elle-même sa vie et sa sécurité et ne plus la laisser aux mains des autres. D'une certaine manière, et malgré toutes ces dernières bêtises et caprices, elle avait mûri.

Pan. Le dernier coup de ce petit chargeur. Elle baissa son bras et s'apprêta à changer pour une autre séance de tir mais s'interrompit un court instant. Elle sentit une présence et elle tourna la tête vers la porte entrée en conséquence. Son père était là. Au lieu de le saluer chaleureusement, comme à son habitude avant son kidnapping, elle se contenta juste de soupirer et de lui dire un "salut" des plus vagues.

Et elle continua à tirer sans se soucier de la présence de son paternel. Cependant il restait. Et il semblait avoir quelque chose à dire. D'un simple geste de tête, elle congédia son garde, posa son arme et fit face à son père.

- Oui ? Tu veux me dire quelque chose ? Demanda-t-elle de but en blanc.

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Tiziano Nicolosi
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MessageSujet: Re: Parlons avenir |Tiziano| Mar 2 Sep 2014 - 23:26

Tac... tac... tac.

Autant de bruits sourds que j'entendais résonner depuis la salle insonorisée d'entrainement au tir. Autant de bruits sourds qui m'agaçait, pourquoi ? Car à chaque bruit sourd supplémentaire, sachant qui se trouvait dans la salle, je me remémorais la situation actuelle. Dans la salle se trouvait ma fille, Isabella, s'entrainant à tirer "et à gaspiller mes balles de révolver" comme dirait mon père, peut importe où il se trouve aujourd'hui. Mon père était un homme très dur et rien qu'imaginer avoir l'attitude qu'a ma fille envers moi, envers lui, j'en ai la chair de poule. De tout mes cauchemars, il reste à la place la plus dure et la plus rude pour moi, ainsi était fait mes souvenirs, ou du moins ce qu'il en reste.

Froideur, distance, mépris et déception, voilà ce qu'avait Isabella envers moi. Entendre ces bruits sourds, qui résonnaient dans ma tête et me faisaient serrer le point et grincer les dents. S'en était assez, ma patience m'avait fuit et cela n'était jamais de bonne augure. Posant le rapport que j'étais entrain de feuilleter avec élan et attrapant mon Smith et Wesson modèle 19, je me levais de mon fauteuil et me rendait dans la salle d'entrainement d'un pas lourd, passant devant quelque uns de mes hommes qui n'osèrent même pas m'adresser un mot, rien qu'à la vue de mon expression. Ouvrant la porte de la salle, je passais le pas de la porte, le regard posé sur ma fille. Quand nos regards se croisèrent, je n'eus pour salut qu'un simple... "Salut", resserrant l'éteinte de ma main sur l'acier froid du revolver qu'elle n'avait pas vu entre mes doigts, je la regardais avec insistance, continuer à tirer.

Enfin, elle daigna s'arrêter et congédia le garde avant de me faire face et de s'adresser à moi avec un insolence sans pareille.


- Oui ? Tu veux me dire quelque chose ?

Prenant mon revoler dans mes deux mains et posant mon regard sur lui, je sentis le malaise d'Isabella monter petit à petit à la vue de celui-ci. Continuant de toucher ces traits fins et sculptés, je réfléchis alors à comment trouver les mots sans excès de violence verbale. C'est alors qu'après quelques secondes de reflexion je commença doucement.

-A vrai dire... je suis plutôt déçu.


Soudain, mon impulsivité prit le dessus sans que je ne puisse lutter. Posant violemment mon revolver sur l'étale du stand et reposant mon regard noir sur elle, je pu observer son sursaut et sentir le raclement de sa gorge sèche. Je continua alors mes dires d'un ton bien plus dur et agressif, profitant de la salle insonorisée pour hausser le ton.


-Tu oses me demander à moi et à ta mère plus de liberté ?!
Soutenant son regard, je pris une inspiration avant de continuer d'un ton se voulant plus sec. Cependant ce que je vois devant moi n'est pas une femme digne de prendre ses responsabilités mais plutôt une gamine pourrie gâtée ! Avant d'apprendre à gérer sa vie seule, on apprend à savoir vivre, à respecter ses ainés et sa famille !

D'un geste brusque de mon bras droit, je lui fis signe de s'assoir sur la chaise présente à sa gauche et qu'elle n'avait pas à discuter. Alors que je l'observais s'assoir sur la chaise de bois rouge, soutenant toujours son regard, je repris d'un ton toujours aussi sec, mais moins fort.

-Je ne suis pas ta mère et encore moi ton ami Isabella ! Tu me dois le respect comme moi je t'ai respecté et chérie depuis ta naissance !
Tournant le regard légèrement et me frottant le menton et essayant de calmer mes tics d'énervement, je repris son regard avant de continuer.Je sais que tu m'en veux depuis cet enlèvement, que selon toi je n'ai rien fais pour te retrouver ! Je n'ai peut être pas fais le maximum, je le conçois ! Mais n'oublie pas tout ce que j'ai fais pour toi, pour vous ! J'ai pris la tête de cette famille sans en avoir le choix, j'ai sacrifié ma jeunesse pour toi, j'ai tout fais pour essayer de te bâtir quelque chose de solide pour que tu puisses me succéder de la meilleure façon possible ! J'ai toujours fais ce qu'il me semblait préférable pour toi et ta mère, qui est malade d'avoir une relation comme cela avec sa fille ! Me redressant légèrement je soutenais son regard avec toujours autant d'assistance avant de terminer.

-J'ai tout fais pour te protéger depuis que tu as ouvert les yeux, depuis que je t'ai pris dans mes bras. Et quand je vois la reconnaissance que tu m’envoie, que je ressens à l'heure actuelle. Je ne vois pas pourquoi moi je ferais des efforts supplémentaires pour toi.

Je me retournais alors, la laissant dans des songes certains et à sens multiples. Après deux ou trois longues minutes de silence pesant, j'observais la cible de tir devant moi et pointa mon arme dans sa direction. Après quelques secondes, je tirais 6 balles consécutives, le bruit de chaque détonations résonnant dans ma tête comme une sorte de défouloir jouissif. 6 balles consécutives venues se loger dans la tête de la cible. Posant mon arme, je m'adressais de nouveau à Isabella, sans me retourner.

-Tu veux plus de liberté..? Tu vas devoir me prouver que tu la mérites.

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Isabella Nicolosi
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MessageSujet: Re: Parlons avenir |Tiziano| Lun 15 Sep 2014 - 23:39

- Déçu, sache que tu n'es pas le seul, se marmonnait-elle en n'écoutant que d'une oreille les paroles de son père.

Plus il parlait, et plus il alimentait cette rage intérieure. La petite bouillonnait d'une colère froide visible qu'en travers de ses yeux noisette. Ce tableau de l'âme qui n'était que joie et curiosité à l'époque n'était plus que déception, peur et haine. Cependant, au fond, quelque part, nous pourrions voir une lueur étrange que l'on pourrait nommer de Culpabilité.

Plus il parlait et plus cette lueur devenait puissante, englobant et étouffant les autres sentiments. Elle était en colère mais pas contre son père ou les traîtres qui avaient détruit tout son beau monde. Elle était en colère contre elle-même, contre la naïveté dont elle avait fait preuve, contre toutes les stupides actions qu'elle réalisait depuis son retour ... Elle n'était pas fière d'elle-même et elle voudrait devenir cette petite fille qui court se réfugier dans les bras de son père, pensant que tout ira mieux après. Sauf qu'elle n'était plus une petite fille, et elle devait prendre ses responsabilités et assumer tous ses actes dont, entre autre, enrager son père.

Elle qui voulait le mettre dans cet état depuis le début regrettait amèrement son désir. Son père n'avait été qu'un "souffre douleur", qu'un visage sur lequel rejeter toutes ses fautes. Or, c'était elle qui avait réalisé ses derniers "exploits", et non lui. C'était elle qui en avait décidé et non lui.

Enervée, coupable, dégoutée, elle mit de côté tous ses sentiments, et obéit à son père - une première peut-être bien depuis son retour au bercail -.

Lorsqu'il parla de sa mère, même brièvement, le coeur d'Isabella se fendit. Elle ne voulait pas infliger une telle situation à cette femme. Si son père était solide et savait garder un certain sang froid, sa mère était bien plus "sentimentale", "passionnée" et protectrice avec son entourage. Des traits dont Isabella ne semblait pas avoir hérité.

-Tu veux plus de liberté..? Tu vas devoir me prouver que tu la mérites.

Elle se tut et ne se contenta que de le fixer longuement. Elle finit par se relever et faire face à cette figure autoritaire la tête haute. Elle avait honte de beaucoup de choses et sûrement allait-elle en commettre d'autres erreurs, mais les paroles qu'elle allait prononcé n'en seront pas unes.

- Prouver ? Prouver que je mérite quoi que ce soit ? Avant qu'on m'enlève, j'étais la meilleure que ce soit à l'école que dans toutes ces histoires mondaines. J'étais toujours l'élève sérieuse, toujours la fille docile et brillante ... Tu en as toujours été fière. Quand j'ai été enlevé, quand j'ai réussi à m'enfuir, j'ai réussi à tromper ta vigilance en t'orientant vers une faute piste, prétendant que j'aurais fugué je ne sais où, faisant répandre cette rumeur dans les rues. Quand tout le monde me cherchait ailleurs, j'orchestrais un moyen de revenir à la maison saine et sauve, sans être entourée par une bande de vautours.

Les larmes commençaient à jaillir et à couler sur ses yeux. Ses sentiments si longtemps tus s'exprimaient enfin devant la bonne personne, la seule capable de l'entendre jusqu'au bout, la seule capable de la relever de manière douce ou forte ... la seule capable de la sauver.

- J'ai ... J'ai ordonné de tuer. ET j'ai tué aussi ... N'est-ce pas assez ? J'ai toujours grandi dans une bulle, une bulle qui a éclaté et qui m'a fait faire des choses dont je ne suis pas particulièrement fière papa. Je ne sais pas même pas si je pourrais te succéder, si je le veux, si j'assumerai ... Je ne sais pas. J'agis, j'avance mais je ne sais pas, je ne comprends pas. Je me dis "fais comme ton père, devient forte"... Devenir forte et faire mon choix après ....

Elle s'embrouillait, elle s'étouffait dans ses sanglots et elle finit par se recroqueviller. Elle était pitoyable et elle le savait. Cependant son père était l'une des rares personnes devant laquelle elle ne savait pas cacher grand chose longtemps.

- Je ne veux rien mériter, je veux ... Je veux juste ... la paix. Je veux ... ne veux plus ... je ne veux plus être fragile. Je ne veux plus être ... dépendante de toi. Je veux ... être moi.

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Tiziano Nicolosi
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MessageSujet: Re: Parlons avenir |Tiziano| Dim 21 Sep 2014 - 0:52

Ma fille me faisait à présent face, la tête haute. C'était surement la première fois pour moi que je perçu chez Isabella une telle stature et une telle confiance en elle, cependant sa nature ne prit que peu de temps à reprendre le dessus. Lorsque je vis les larmes d'Isabella perler sur son visage, mon poing se serra instinctivement, ce qui m'étonnait moi même à vrai dire. J'étais dans un état de profonde colère et cependant, je ne pouvais m'empecher d'avoir cette réaction face aux larmes de ma fille.
Je l'écoutais alors, vidant son sac et quelques unes de ses sorties me firent tiquer fortement... apparemment, dans sa tête, Isabella pensait que pour mériter son indépendance, elle devait être studieuse, tuer et "faire comme son père"... Je tombais des nu... était-ce donc ça l'image de la "fille parfaite" qu'elle pensait que j'attendais ? D'ailleurs, pensait-elle vraiment que je voulais une fille "parfaite" ?

C'est alors que mon regard colérique s'en alla pour laisser place à celui de la réflexion. Ainsi, ma fille cachait tout cela enfouit au fond d'elle et s'était ainsi qu'elle percevait mes attentes... Me grattant nerveusement le menton et après plusieurs longues secondes de silence, observant Isabella en pleures, recroquevillée sur elle même, je lui lança d'un ton très neutre.


-Regarde moi Isabella.

Alors qu'elle posa son regard dans le mien, je tendis ma main vers elle brièvement pour essuyer ses larmes de bout de mon pouce, soutenant son regard d'une lueur de compréhension, j'eus un petit soufflement, suivit d'un léger rictus ressemblant légèrement à un sourire, je lui lança. C'est pas évident, hein ? Eloignant ma main de son visage pour la poser sur son épaule, je lui fis signe de se rassoir, mais plus calmement que la première fois, ceci fait, je m’accroupi alors, un genoux à terre pour la regarder dans les yeux avant de continuer.

Isabella... Quand je te dis "mériter ta liberté", je veux dire par là que tu dois me montrer que tu peux être indépendante, sans que je n'ai à me soucier de ta sécurité. Grandir, devenir adulte... ne signifie pas être intelligent et bien instruit. Être intelligent et bien instruit, c'est juste ce petit plus qui fera de toi quelqu'un de redoutable, mais ce n'est pas être adulte. Cela ne signifie pas non plus tuer... tuer, c'est trouver ses limites dans sa compréhension de la vie et de la mort et jusqu'où tu es prêt à aller pour parvenir à tes fins, mais ce n'est pas être adulte. Et... ce n'est pas être comme moi...

C'est alors que mon regard se perdit, songeant à ma jeunesse et de la relation avec mon père. Jamais il ne m'aurait parlé comme ça et aurait fait preuve d'autant de patience. Mon père était un homme très dur oui... le grand père d'Isabella était quelqu'un de très cruel et n'aurait jamais prit le temps d'expliquer à son fils ce qu'était être adulte. Mon poing ce serait encore instinctivement, je devais saisir cette chance, je devais montrer à Isabella que j'étais là, que le seul rempart entre moi et elle aujourd'hui, c'était elle même, qu'elle était entrain de bouffer cette relation, sans s'en rendre compte, je ne pouvais lui en vouloir. Attrapant sa main, je soutenu de nouveau son regard avant de continuer d'un ton assez rare, venant de ma bouche, un ton très doux

Je ne veux pas que tu sois moi, ne te mets pas cela en tête. Ce ne sont pas mes attentes, ce que je veux moi... c'est avoir devant moi une femme ! Une femme forte ! Non pas par la puissance et l'étendue de ses actes, mais par la grandeur et le recul de sa réflexion.

Passant ma main droite le long de mes cheveux, je baissa le regard quelques secondes avant de le reposer tout en fronçant légèrement les sourcils.

-Je veux que tu sois indépendante, c'est mon souhait le plus le cher. Mais tu exprimes cette volonté de ne plus être dépendante de nous de la moins bonne façon possible, en nous ignorants, nous méprisants même parfois. Alors que tu sais très bien, que ce seront toujours nous, les personnes sur qui tu pourras toujours compter.
Au lieu, de venir m'en parler directement, tu as préféré t'enfermer dans une attitude insolente, signe d'une adolescente en pleine crise, alors que tu es censé devenir une femme. Oui... tu as préféré le silence au dialogue, penses tu vraiment qu'il s'agit d'une attitude adulte ?


Après une légère inspiration, je termina.


Je veux que tu me montres que tu es quelqu'un de responsable et cela tu peux l'être tout en étant toi ! Nulle besoin d'être brillante, de tuer ou d'être comme moi pour me satisfaire...

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MessageSujet: Re: Parlons avenir |Tiziano| Jeu 25 Sep 2014 - 21:44

La mafia ne suivait pas les règles de la société. L'organisation avait ses règles et ses us et coutumes. C'était un monde à part, un monde tout autre, un monde où tuer était naturel et non tabou et où chaque instant, aussi insignifiant soit-il, était précieux. Elle releva la tête, elle plongea son regard perdu dans celui sûr et serein de son père, et se rendit compte enfin de tout cela. Elle n'avait rien fait de répréhensible à leur yeux, elle n'avait pas non plus davantage grandi ... elle était encore cette douce et blanche colombe. Cependant, lorsqu'ils quitteront cette salle, lorsqu'ils devront à nouveau affronter la morne réalité, elle redeviendra cette criminelle et retrouvera son masque de froideur et de femme forte. Effectivement, elle n'était pas forte. C'était un air qu'elle se donnait, une carapace qu'elle avait façonné pour ne pas finir dans un état si pitoyable.

Ses sanglots s'arrêtèrent, elle ravala ses larmes et soutint le regard de son père. Elle espérait avoir retrouvé une assez bonne maîtrise d'elle pour "convaincre" son père. Dans le fond, dans son petit cœur meurtri, rien n'était résolu. Au contraire, elle avait la terrible sensation que ce gouffre qui la rongeait et la rendait folle s'agrandissaient, annihilant au passage tout bon souvenir, tout esprit positif. Chaque seconde qui passait était une seconde où elle perdait une partie d'elle-même. Chaque seconde, c'était un espoir d'un lendemain meilleur qui s'évanouissait. Chaque seconde, c'était davantage de ténèbres, davantage d'horreurs qui défilaient sous ses yeux.

Des mots doux et un geste bien plus affectif de la part de son père auraient-ils réduits ce gouffre et empêcher ce qui la rendait encore "humaine" ? Ou alors sa culpabilité l'avait-elle rendu complètement aveugle aux petits gestes de son père, un sésame en y réfléchissant à la situation ?

- Désolé ... Je suis désolée. Sincèrement ... Papa.

Elle tentait de maîtriser le ton de sa voix mais il restait tremblant et incertain. Cependant, un grand pas semblait être franchi : Isabella se "permit" d'enlacer son père et de profiter de cette instant pour porter son regard au loin, dans le vide, dans son fort intérieur. Elle n'était pas fière d'elle et encore moins après cette conversation.

- C'est fini. Promis. Nous sommes uns, ensembles ... à nouveau.

Elle promettait que toute cette histoire était finie mais était-ce vrai ? Ou alors allait-elle à nouveau prétendre à tout le monde, même à sa propre famille, que tout allait bien alors que dans le fond, rien n'allait ? Ce mensonge allait-il durer toute une vie ou le temps d'accepter d'avoir tué ?

Elle finit par lâcher ce père et n'affichait qu'un petit sourire.
Pour une personne extérieure, on pourrait dire qu'Isa s'est un peu reprise. Cependant, si quelqu'un pouvait lire vraiment ses pensées et son coeur, il ne verra que la naissance d'un tout autre de personnage, un personnage qui allait garder enfermer jalousement la douce Isabella que tout le monde a connu.

- je veux ... être forte. Tu veux bien ... m'aider ?

Etre forte ou être un monstre ? Y a-t-il une quelconque différence dans leur monde, loin de la morne réalité ?

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MessageSujet: Re: Parlons avenir |Tiziano| Ven 26 Sep 2014 - 23:18

- Désolé ... Je suis désolée. Sincèrement ... Papa.

Cette phrase, prononcée de cette voix frêle et tellement fragile me glaça le sang et en même temps me réchauffa le coeur d'une façon que je n'avais plus connu depuis bien longtemps, je retrouvais, l'espace d'un court instant ma fille, au fond de moi, un torrent de joie et de nostalgie m'envahit, une sorte de sentiment qui vous étouffe en vous faisant serrer la gorge si fort que tout le reste semble bien faible autour de vous. Alors, je senti ses bras m'entourer et sa tête se blottir contre mon torse, un geste que je n'avais pas vu de la part de ma fille depuis de nombreuses années, au fond de moi, derrière cette façade d'homme fort et insensible, je ressenti quelque chose de très rare, l'apaisement, ce trait qui n'avait pas frappé à ma porte depuis de nombreuses et trop longues années.

- C'est fini. Promis. Nous sommes uns, ensembles ... à nouveau.

Pouvais-je ne serais ce qui croire ? C'était ce genre de question que je ne pouvais répondre moi même, est-ce qu'une conversation de quelques minutes pouvait balayer un passé court mais blessant d'un seul coup, comme ça ? Sans rien dire sans se rebeller. Je voulais y croire, bien plus que quiconque pourrait croire, je venais de retrouver ma fille et je ne voulais pas qu'elle m'échappe une nouvelle fois. Au fond, je n'étais et je ne suis pas dupe, le temps est quelque chose de très immuable, c'est la seule chose qui prime dans notre monde et aussi court qu'il soit, je ne pouvais laisser passer cette chance de retrouver ma fille, la chair de ma chair, qu'elle revienne de mon côté et qu'elle reprenne confiance en moi. Soudain, lorsque cette phrase me parvint aux oreilles:

- je veux ... être forte. Tu veux bien ... m'aider ?

Oui, soudain, mon esprit se scinda est deux, l'aider. D'un côté, c'était la phrase que j'attendais, préparer ma fille au monde rempli de vice et de danger, surtout dans notre milieux, qu'est le monde d'aujourd'hui. J'étais sur qu'Isabella ne pouvait pas trouver meilleur "professeur" que moi, au fond, cette Isabella que j'avais devant moi me ressemblait bien plus que je ne l'imaginais, une jeune personne face à un destin qui la dépasse... Moi, ayant connu cette situation au coeur des pires conflits, prenant la responsabilité de cette famille très jeune, sans en avoir le choix, j'étais assez renseigné sur le sujet Mais d'un autre côté, je me posais mille et une question, était je prêt à voir ma fille rentrer officiellement et pleinement dans ce milieux triste et sordide. Mais avais-je vraiment le choix, l'engrenage de la mafia était en marche depuis bien trop longtemps et tout cela devait perdurer le plus longtemps possible. Observant ma fille et plongeant mon regard dans le sien, je m'adressa à elle avec le déterminisme de mes bons jours.

-Évidemment... Si tu savais depuis combien de temps j'attends cela. Croisant les bras je fronçais légèrement les sourcils. Mais avant cela... je dois savoir ce que toi tu penses... sans détour, n'ai pas peur, répond moi le plus franchement possible je t'en prie... d'après toi... qu'est-ce que j'attends de toi ?

Au fond de moi, je ne voulais pas faire d'elle le monstre mafieux que j'étais, je voulais la préparer à un monde, un mode de vie et une idéologie bien plus dangereuse qu'elle n'avait jamais connu, ou connu qu'en surface, jusque ici.

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MessageSujet: Re: Parlons avenir |Tiziano| Mar 30 Sep 2014 - 23:46

Si tu savais depuis combien de temps j'attends cela ... voilà une phrase qui avait une connotation plus amère dans l'esprit de la brune. Comme beaucoup de petites filles, elle aurait voulu entendre autre chose que l'espérance et l'attente d'un père pour faire de son innocente fille une véritable machine à corruption ou à tuer. De petites phrases de rien du tout pour les parents mais qui tuaient chaque parcelle de ce qu'elle était, chaque espoir qui l'avait guidé jusqu'à maintenant. Que restera-t-il d'elle quand on lui aura appris les ficelles du métier ? Sûrement rien. Peut-être en raison de cette peur du rien qu'elle enferma à double tour, et cache soigneusement, les rares espoirs qui lui restaient. L'espoir d'un jour sourire à nouveau, l'espoir qu'un jour tout cela ne serait que bagatelle, l'espoir qu'un jour, elle pourrait avancer fièrement et droitement dans le monde. Jusqu'à là, elle devait se tâcher, elle devait s'oublier, elle devait changer.

- Mais avant cela... je dois savoir ce que toi tu penses... sans détour, n'ai pas peur, répond moi le plus franchement possible je t'en prie... d'après toi... qu'est-ce que j'attends de toi ?

Voilà une question extrêmement simple, une question à laquelle elle n'avait pas cessé de réfléchir dans son petit bateau durant sa capture, une question à laquelle elle avait dédié des nuits entières durant sa fugue, une question à laquelle elle connaissait la réponse depuis son retour. Ainsi, avant même de prononcer le moindre mot, elle répondit du regard. Un regard mêlant ironie et sarcasme.

- Ne plus être celle qui pleurs et qui est faible. Etre celle qui défendra aux mieux les intérêts de la famille et continuer à être celle qui va protéger les idéaux comme la famille. La famille, encore et toujours la famille, ne laisser personne derrière. Ne pas abandonner. Et continuer à être fort et puissant, car autrement, on ne sera plus de ce monde.

Les Nicolosi pouvaient rêver d'abandonner ce business mais chacun y était trop profondément implanté pour pouvoir faire demi-tour simplement, juste par caprice. Tenter d'abandonner aura de très lourdes conséquences allant jusqu'à la mort. S'il était facile de rentrer dans ce milieu, il était plus difficile d'en sortir. Souvent, il y avait un gros prix à payer, le prix du sang ...

- Reprendre tes affaires, conclut-elle d'une voix neutre.

Etre forte, être respectée ... tout cela n'était dans l'immédiat possible qu'en devenant un membre à part entière du "clan". Elle devait prouver sa valeur d'une manière ou d'une autre. Elle était prête à apprendre. Cependant elle ne le faisait pas par envie mais par obligation, une chose qu'il fallait distinguer clairement.

- Je suis prête ... à apprendre, continuait-elle avec cette voix neutre. Cependant ... je veux apprendre selon mon rythme. Impose-moi ce que tu veux, j'irais même à ce psy que ma mère me dit, mais je veux avoir mon espace privé.... en dehors de la maison. Et surtout choisir moi-même quels hommes vont m'accompagner ou pas, être mon garde du corps ou pas.

Acceptera-t-il ces petites conditions ?
Elle l'espérait. Elle venait de prendre une très grande décision, et avait sacrifié beaucoup de choses. Au tour de son père de laisser du leste, d'accepter qu'elle ait grandi et qu'il était temps de la laisser se débrouiller un petit peu.

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