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Show me how you drive, I'll show you who you are |Roxane Kraft|

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Terrence Lewis
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MessageSujet: Show me how you drive, I'll show you who you are |Roxane Kraft| Dim 25 Mai 2014 - 21:08


Je n’avais reçu qu’un seul texto mais il était clair. « Downtown, course sur circuit ouvert à 23h tapante, mise d’entrée 20.000 $ ». Depuis la fusillade du centre-ville, je n’avais plus eu le temps de venir courir. Mais personne dans le monde des dragsters ne connaissait réellement mes passe-temps ni même ce que je faisais de ma vie alors mon absence prolongée n’interrogerait personne. C’est l’avantage qu’il y a d’être un pilote parmi tant d’autres et n’être connu que pour la façon dont on tient le volant. C’est ça que j’aime le plus dans ce monde. Au final, on peut être n’importe qui. Tout le monde s’en fiche. La seule chose qui compte est de savoir faire la différence au moment venu. Pas pour ce que ça rapporte, juste pour ce que ça procure comme sensations. Une transcendance inégalée. Et j’avais besoin de ça. Depuis que j’avais filé un coup de main à Sakura pour sortir sa voiture de la fourrière, je n’avais plus qu’elle en tête. Elle obsédait toutes mes pensées et je ne luttais même plus pour y faire obstacle. Et depuis ce qui était arrivé à la ville, les quantités et les quantités de visages que j’avais eu à identifier à la morgue et tous ceux que j’avais reconnu, j’avais franchement besoin de décrocher. De retrouver un tant soit peu de maintien et de prise sur ma vie. J’étais à la fois ballotté entre l’instabilité la plus totale et une pulsion inaltérable que je n’arrivais plus à maîtriser et qui me faisait agir en contradiction totale avec toutes mes mises en garde, les fragiles piliers de ma survie.

Alors plutôt que m’assassiner l’esprit et céder à mes angoisses, je descends au garage vêtu d’un simple t-shirt et d’un jean et monte dans ma Dodge direction la planque. Arrivé à destination, je troque la vie du flic à celle du véhément pilote et en ressors avec ma GT-R fraichement repeinte d’un bleu racing. Nouvelle couleur pour nouvel esprit et ça ne valait pas uniquement pour l’américo-japonaise qui me trottait dans la tête. Je fonce ensuite à l’endroit indiqué. Tout pilote qui a l’habitude de courir dans ses rues connait chaque espace qui permet un rassemblement de courses illégales. Pas besoin de plan ni de gps pour ça. Je connais aussi bien cette ville que je connais ce monde et le comment il fonctionne. Ma réputation est déjà faite. On m’apparente à Marco Viretti, certains disent même qu’on a fait des coups ensemble par le passé. Ce que moi j’en dis, c’est une autre histoire. Au final, qu’on me prenne en adversaire, en modèle ou en égal, ne m’intéresse pas. Certes, j’aime apprécier les têtes montantes dans le milieu et prend toujours plaisir à courir contre des adversaires de taille mais ne me focalise pas sur le résultat. Ce que je fais, je le fais dans un but bien particulier et il n’appartient qu’à moi. Que je nourrisse des fantasmes ou anime des jalousies m’est bien égal. Mes preuves ne sont plus à faire sur le bitume. Arrivé au point de rendez-vous, c’est déjà la cohue. La musique couvre le fond sonore. Les pilotes sur la ligne font rugir leur moteur pour stimuler leur public et jacter à leur place. Histoire d’entamer les préliminaires. Je souris à cette ambiance à mesure que j’avance pour m’aligner à eux. Les shorts sont de plus en plus courts, c’est que la température est longue à redescendre à San Diego. J’aperçois une BMW en position. Je ne peux m’empêcher de penser à cette jeune femme dont le nom est remonté jusqu’à mes oreilles, et qui ne conduit qu’en cette marque. Roxane Kraft, un nom que je n’avais pas oublié. Oh certes, j’aurais pu en apprendre beaucoup plus sur la jeune femme si je l’avais voulu mais je me refusais à ce petit jeu. J’avais besoin qu’on soit tous sur le même pied d’égalité. On ne sait de moi que le minimum, je n’en sais pas plus des concurrents. A dire vrai, je ne sais même pas à quoi elle ressemble. Ce soir je ne suis que Terry le mec au dernier modèle de Skyline. J’espère intérieurement qu’il s’agit d’elle, la nuit pourrait être franchement intéressante.

Avec cette nouvelle peinture, difficile de mettre un nom sur le pilote. Je sors alors de ma Nissan pour jeter un regard autour de moi et repérer quelques têtes. J’échappe pas aux accolades et aux longues étreintes de ses demoiselles pour me diriger vers l’organisateur du rodéo.  

« Isí hombre, je savais que tu viendrais ! », me dit-il, d’un américain teinté du sud. Je l’accole amicalement alors qu’il complimente le nouveau look de ma bagnole et que je lui donne la mise en une liasse de billets très serrés.

« C’est chaud ce soir, ils sont blindés ? », lui dis-je pour engager la conversation le temps des derniers réglages et qu’il me parle un peu des concurrents de ce soir. J’adorais renouer avec ces habitudes, retrouver ce milieu dans lequel j'ai grandi, dans l’espoir que ça ne se termine pas par une descente de flics, mais une course illégale sans descente, c’est un peu comme un sundae sans sa cerise.  

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MessageSujet: Re: Show me how you drive, I'll show you who you are |Roxane Kraft| Lun 14 Juil 2014 - 17:11

15h

Le camion fini de se garer tandis que je sors de la concession afin de réceptionner ma livraison. Trois nouvelles BMW M4 coupé et surtout ma première voiture, ma M3 de 1990. Avec l'aide de certaines connaissances je suis parvenu à la faire venir jusqu'ici et la place central dans le hall est déjà prête à accueillir ce véhicule si spécial à mes yeux. Un petit panneau avec l'inscription "véhicule d'exposition - hors vente" avait été placé par mes soins le matin-même. Pour ce qui est des trois M4 c'est une autre histoire. Deux sont déjà vendues et la troisième servira de modèle d'essai pour de potentiels acheteurs. Ou alors peut-être viendra-t-elle tout simplement remplacer ma série 5 GT.

Je signe le bon de réception quand je reçois un SMS clair, net et précis. Le genre de message qui ne risque pas du tout d'attirer les flics. Pourtant la mise d'entrée et assez conséquente et laisse penser que la concurrence sera rude. La tentation étant plus forte que la prudence je ne met pas longtemps à me convaincre d'y participer. Je laisse le soin à mon vendeur et au gérant de rentrer les M4 et part faire un tour avec la M3. Je constate avec plaisir que mes amis de Berlin on prit soin d'elle et qu'elle réagit comme au premier jour.

Après avoir tourné en ville pendant deux bonnes heures je rentre enfin afin de me reposer un peu avant la course de se soir...  

23h

Les concurrents à mes côtés font hurler leurs moteurs depuis qu'ils sont sur la ligne de départ. Personnellement le coupe, pour deux bonnes raisons. Il s'agit premièrement d'un moteur de course type DTM qui déteste par-dessus tout être au point mort et il faut bien l'avouer, caler devant tout le monde n'est pas top pour la réputation. Et puis cela me permet également de voir la surprise sur le visage des spectateurs lorsque je démarre. Le bruit est bien différent de celui des moteurs de série et même un profane le remarque rapidement. Tranquillement assise derrière le volant j'attend l'arrivée du dernier concurrent. Très vite une GT-R arrive sur place. Le visage de l'homme qui en sort alors ne m'est pas totalement inconnu et un ami dans le public me fait un signe de la tête. C'est bien lui, Terry, le pilote que je souhaite affronter depuis que j'en ai entendu parler à mon arrivé à San Diego. La confrontation tant attendu arrive enfin. Au moins la course vaudra les 20.000$ de mise.

Pendant que l'ultime concurrent se met en place sur la ligne de départ je démarre ma voiture et comme à chaque fois une ou deux personnes sursaute un peu. C'est vrai qu'au démarrage ma série 6 n'est pas le véhicule le plus discret qui soit. Mais après tout les gens qui sont là recherche de la puissance et c'est exactement ce qu'ils ont. La Nissan s'arrête juste à ma gauche et à partir de ce moment il n'y a plus que quelques secondes qui nous séparent de la course. Quelques secondes vite passées. Les quatre moteurs hurlants, les pneus crissants sur la route le départ est donné.

Les deux autres pilotes sont facilement distancés et je reste collée à la GT-R. C'est dans ce genre de course que l'on voit à quel point la connaissance de la ville est précieuse. Terry parvenait à anticipé les virages une demi-seconde, voir une seconde avant moi. Cela parait négligeable au premiers abords mais c'est ce qui fait toute la différence. Trop concentrée sur le circuit à suivre je ne vois pas tout de suite les gyrophares des voitures de police sorties d'une ruelle juste derrière moi. Ne sachant pas si mon adversaire les avez vus je lui fit des appels de phares. Que les autres pilotes veuillent continuer la course ne regarder qu'eux mais je préférée largement perdre ma mise et rester libre que perdre ma mise et me retrouver en prison. J'avais déjà échapper de justesse à la police à deux reprise et je n'étais pas sûr de pouvoir le refaire cette fois-là. Déviant de la trajectoire prévu je pris les policiers un peu par surprise mais malheureusement pas assez pour les distancer. La panique commence doucement à ce faire sentir ce qui au volant peut être fatal, au sens figuré comme au sens propre du terme. J'essaye de leur échapper comme je peux mais je me retrouve rapidement bloquer par un barrage. Ce soir-là ce n'est pas une descente "normale", ce soir ils ont tout l'air d'être venu pour arrêter le plus de pilotes possible. Je regarde de tous les côtés de la rue et comprend qu'il me faudrait un miracle pour m'en sortir...

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MessageSujet: Re: Show me how you drive, I'll show you who you are |Roxane Kraft| Sam 26 Juil 2014 - 22:44

La nuit parait idéale. Tout semble cool et on évite de trop s’exciter avant l’heure. Et pourtant j’ai hâte d’être sur le bitume. Mais la précipitation amène à commettre des erreurs alors je m’en tiens à maintenir ma concentration. Sans jamais se sentir trop sûr de moi. Certes, je connais le circuit pour l’avoir pratiqué plusieurs fois, mais on ne peut jamais prévoir les réactions des concurrents une fois lancé. Et quand les flics commencent à rappliquer, la pression monte d’un cran. Parce qu’en plus de faire attention à chaque centimètre de son environnement, il faut également anticiper sur les réactions des personnes autour. Réagir avant même que l’autre n’est commencé à cogiter pour gagner quelques secondes, décisives. Mais je me sais bon sous la pression. Quand tout se joue à l’instinct, tout bouge trop vite, qu’une réflexion trop longue causerait notre perte. Alors on fonce, et on souffle après.
Sur le terrain, cela joue bien souvent en ma défaveur : on me voit comme un flic borderline, en marge du système, très souvent en désaccord avec ses coéquipiers, plutôt difficile à suivre. On me désapprouve bien plus que l’on m’approuve. Mais, ici, alors que je ne suis qu’un pilote parmi tant d’autres, ma maitrise du volant et cette façon de toujours tenter ce qu’il y a de plus fou, de foncer droit où mon intuition me porte, me vaut l’admiration de mes pairs. Je ne recommande nullement ma conduite ni n’incite à faire comme moi. J’ai conscience des risques, cependant, ils ne m’arrêtent pas.

L’organisateur me monte le topo de chacun des participants. Ceux qui jouent réglo et ceux qui n’hésiterait pas à t’envoyer dans le décor pour s’offrir ta place. Le mieux serait donc de prendre l’avantage tout de suite et de tenir la longueur pour éviter tout désagrément. Je le questionne au sujet de miss Kraft. Certains disent qu’elle tournait en Europe toujours à bord de sa BMW jusqu’à ce qu’elle s’installe à San Diego depuis peu. La véritable histoire de cette femme ? Personne ne la connait et surement se complaît-elle dans les mystères qui l’entourent. Elle est véritablement la seule à savoir qui elle est, et les motivations qui l’ont poussé à quitter le continent. Un passif avec la justice ? Je préfère m’en tenir à la version officielle sur son compte.

La course s’apprête à commencer. J’ai déjà rejoint ma Niss’, prêt à battre du macadam. Les pilotes sont alignés, les moteurs grondent. Un léger sourire étire mes lèvres lorsque Roxane met les gaz. Les voitures s’élancent, Roxane et moi prenons la tête de la course. Ça va se jouer entre nous deux et je vais enfin pouvoir savoir ce qu’elle a dans le ventre. A moins que ... Les sirènes résonnent à mes oreilles comme si c’était moi qui les avais enclenchées. Un rapide coup d’œil dans le rétro m’apprend qu’ils sont justes derrière nous. Roxane les a aussi vu, son court appel de phares me met en garde. Le bruit s’intensifie. Ils sont nombreux sur le coup. Faut pas qu’on reste là. Tant pis pour la course. On aura d’autres occasions de se recroiser.  
Je dépasse le croisement et aperçois beaucoup trop de signaux lumineux en bout de cette rue pour savoir qu’un barrage se met en place. Roxane prend à droite et divise les troupes. Certains la prennent en chasse et la poussent à avancer droit sur le barrage, et d’autres continuent de me filer le train. Sa stratégie était bonne mais elle vient de se condamner. Elle va se retrouver dans l’impasse à moins qu’elle puisse le forcer. Toutefois si le barrage est équipé de herses, elle est foutue. Il lui faut une diversion.

Je prends la suivante à droite, les flics toujours au cul et accélère dans l’espoir de parvenir à reprendre de l’avance sur elle. Contrainte de ralentir, elle doit surement foncer droit dessus, voyant ses options s’éliminer les unes après les autres. Je vire sec à nouveau à droite faisant crisser méchamment mes pneus et m’engage pas une petite ruelle étroite interdite aux véhicules. Je les entends piler derrière moi. Je saccage toutes les ordures amassées dans la rue et lifte les rétroviseurs mais ne ralentis pas. Je déboule à pleine vitesse dans l’avenue principale juste devant le barrage et braque violemment à gauche dans un long dérapage assourdissant. Roxane avance vers moi, un mur de voitures de police derrière elle. Je fonce dans le tas, la frôle au passage dans le sens inverse en zigzaguant dans le rue pour les obliger à freiner leur course, laissant par la même occasion à Roxane le cours loisir de faire demi-tour. Je lui ouvre une brèche de courte durée entre les Caprices dont certaines s’amassent en travers du trottoir d’autres se sont stoppées en crabe au milieu de la rue. Je lâche pas mon rétro des yeux pour ne pas la perdre de vue. Nous n’étions pas encore tirés d’affaire. Du renfort pouvait surgir à tout instant pour mettre fin à la course-poursuite effrénée.

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MessageSujet: Re: Show me how you drive, I'll show you who you are |Roxane Kraft| Dim 27 Juil 2014 - 14:32

Le monde des courses peut être très cruel, très solitaire. Il arrive souvent que, lorsque les flics débarquent ce soit chacun pour sa gueule et tant pis pour les autres. L'arrestation d'un pilote peut parfois suffire à détourner suffisamment l'attention des flics pour permettre aux autres de s'enfuir. Le malheureux devient alors un mouton sacrifié sur l'autel de la justice. Cette vérité n'a bien sûr pas cours au sein des équipes mais ces dernières sont rares. Dans mon rétro je vois les flics me suivre tel un mur me poussant irrémédiablement vers le barrage. J'ai déjà échappée deux fois à la police par le passé mais je sens que cette fois je ne pourrais pas m'en sortir. Il semblerait que ce soir le mouton ce soit moi. Les véhicules bloquant la route en face de moi se rapproche bien vite et je suis obligé de me mettre debout sur le frein si je ne veux pas me les prendre de plein fouet. Croyant sincèrement que c'est fini pour moi je ne suis que d'autant plus surprise en voyant la Nissan de Terry débouler à pleine vitesse devant moi.

Il se lance dans ma direction et me croise en sens inverse pour continuer sa route vers le mur ambulant qui me suit. Tout ce passe très vite mais je comprend facilement son intention. Je me suis peut-être trompée, peut-être qu'il existe des pilotes avec un certain code d'honneur. Je sers le frein a main tout en braquant à fond à gauche pour réaliser un demi-tour parfait. Je remercie le ciel d'avoir mis sur ma route l'un des meilleurs drifteur d'Europe. Car aujourd'hui c'est bien grâce à son enseignement, et à l'aide de Terry, que je parviens à repartir à fond dans la direction inverse du barrage. On parvient à passer dans la brèche ouverte par Terry et à nous éloigner un peu des véhicules qui me poursuivez jusqu'à présent. Pourtant c'est loin d'être terminé, des flics en renfort arrivent déjà sur l'axe que nous empruntons.

Ils se rapproche dangereusement de nos voitures mais sans nous toucher pour nous pousser vers le trottoir. C'est une stratégie de basse de la police, même en Europe ils l'utilisent. Ce qu'il ne savent pas c'est qu'ils vont devoir me pousser physiquement pour que je me mette en travers de la route. Un des véhicules de poursuite se déporte sur ma gauche pour se retrouver pile derrière Terry. Je ne sais pas si il a prévu de sans prendre à moi ou au pilote juste devant mais je ne lui laisse pas vraiment le temps de faire sa manœuvre. Alors qu'il commence à accéléré je me déporte également sur la gauche et lui bloque la route. Le pare-buffle à l'avant de son véhicule entre en collision avec mon pare-choc arrière ce qui me fait braquer à gauche contre mon gré. Encore une fois mon entrainement au drift me sert plus que je ne n'aurais pu imaginé.

Ma série 6 se transforme quelques instants en toupie mais je parviens en reprendre le contrôle et à repartir dans la même direction que la Nissan qui a déjà prit un peu d'avance. Je ne sais pas ce que les flics se disent mais après avoir touché un des leurs les autres cessent de me coller et  semblent même faire plus attention. Je ne suis pourtant pas un pilote dangereux, à l'instant, mon but n'était pas de touché la voiture de flic mais de lui bloquer la route, mais s'ils pensent que je suis prête à endommager ma voiture pour les neutraliser cela les poussera peut-être à plus de prudence. Ou alors cela aura l'effet inverse et ils chercheront à me neutraliser qu'importe la méthode employé. De toute façon je le serais bien assez tôt.

Étrangement je rattrape assez facilement la GT-R comme si son pilote m'attendait. A deux on aura plus de chance de se débarrasser des sangsues qui nous colles depuis quelques minutes déjà. Les véhicules de poursuite de la police sont rapides mais pas suffisamment. Quand j'arrive à la hauteur de la Nissan cette dernière accélère avant de tourné dans une petite ruelle comme celle de laquelle elle a surgit un peu plus tôt. Je la suis et rabote par la même occasion mes rétroviseurs externes. C'est pourtant un moindre mal. Même s'il faut que je change des pièces cela me coûtera bien moins cher que si je me fais arrêter. On passe par une autre ruelle puis encore une troisième avant de parvenir à mettre une distance raisonnable entre nous et nos poursuivants. Il est à présent temps de trouver un endroit où l'on puisse se planqué tout en s'assurant de pouvoir le quitter rapidement en cas de besoin.

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Dernière édition par Roxane Kraft le Lun 24 Oct 2016 - 17:45, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Show me how you drive, I'll show you who you are |Roxane Kraft| Lun 4 Aoû 2014 - 22:12

Ne sommes-nous pas poussé continuellement en avant ? Dans chaque pas que l’on fait, dans chaque décision que l’on prend. Aucun moyen de ralentir le temps. Faire juste en sorte de le faire comme on l’entend. Espérer que les choses se stabilisent pour avoir l’impression de respirer un peu. Que nous seuls décidons de la direction de l’on emprunte, sans influence aucune. Mais ça, ça va bien pour se rassurer un peu, pour se dire que l’on a pas totalement perdu la main. Assumer ses actions, toutes ses actions et surtout celles qui ne nous rendent que peu fier. En accord avec soi-même, même si parfois, on ne se reconnait plus, que la faute est trop grande et la culpabilité, incommensurable.
Je sais que nous sommes poussés à faire des choses uniquement parce que nous avons la foi. Parce qu’on a envie d’y croire plus que tout, parce qu’on ne veut que conserver cette sensation étonnante de bien-être intérieur. Quelquefois, nous nous fourvoyons. Nous agissons à l’exact inverse de ce qu’il nous ressemble. Pris d’un dangereux élan dont on ne conçoit l’ampleur que trop tard. On agit dans l’urgence dans l’espoir qu’il ne nous dégrade pas trop.
Et puis, il y a ces actions que l’on fait, sans hésiter, prêt à réitérer s’il le faut, dont on ne doute plus. Des actions qui sont le reflet de nous-même, sans fausseté ni mensonges.

En cet instant, j’agis en parfaite conscience mais en totale contradiction. Ce soir, je ne suis pas l’agent Lewis, simplement Terry le pilote, qui refuse envers et contre tout qu’un des siens se fasse pincer. Un des siens, du moins, une qui mérite qu’on lui sauve la mise. Ils ne sont pas tous comme elle, et certains méritent bien de se faire serrer. Tous les drivers n’ont pas le même profil bien qu’il est plus facile de le penser. Pour la police, nous ne sommes que des hors-la-loi qui courent les rues dans l’illégalité la plus totale et qu’il faut arrêter à tout prix. Un raisonnement que je conçois, qui est légitime et droit. Mais … c’est ma manière à moi de rééquilibrer l’ordre établi.

Roxane profite de mon ouverture pour faire demi-tour et nous courrons quelques kilomètres à bonne distance des voitures de police jusqu’à ce que n’interviennent les renforts. Ils se rapprochent de nous dangereusement. Roxane juste derrière moi assurant ma droite, le flic profite de l’occasion pour se faufiler sur la gauche et me file le train. Surement avait-il l’intention de nous frotter tous les deux mais Roxane ne lui laisse pas cette opportunité et le tacle sur la gauche. Alors qu’il accélère, elle lui barre la route se plaçant entre lui et moi. Elle assure mes arrières au risque de se faire méchamment secouer. Son parechoc entre en collision avec le pare-buffle, et sa BM part en vrille dans un dérapage. J’assiste impuissant à la scène ne pouvant rien faire. Ces risques, elle les a pris pour me sauver la mise. Elle fait un tour sur elle-même, effectuant une boucle parfaite mais ne perd pas la main et redresse aussitôt pour retrouver sa position initiale. On reprend de la vitesse et j’use de ma connaissance du terrain pour nous sortir de là. Nous nous retrouvons l’un au niveau de l’autre, comme si plus rien ne pourrez nous arrêter à présent. On se faufile dans un décale de rues aussi étroites et sinueuses les unes que les autres, mais nous parvenons à les semer en route. Maintenant, c’est une planque audacieuse qu’il nous faut. Le temps que se calme le déluge et que les flics vident les rues.

Je m’engage alors sur Mulholland Drive road, la montée en découragea plus d’un tant la poursuite devient complexe dans un tel endroit. Et s’engager à l’aveugle n’est que peu recommandé. On en sait jamais réellement sur quoi en va tomber avant d’y faire face. Nous gravissons le sommet dans l’obscurité profonde que confère le lieu, pauvre en éclairages publics, les phrases en veilleuses. Les seules lumières proviennent de la ville en contrebas, et de la lune au-dessus de nos têtes. Je m’arrête sur un terrain-plain, stoppe le moteur, et éteins les phares, une fois arrivé. Les sirènes de police raisonnent encore avec insistance. Je sors de ma Niss’ et jette un regard en bas. Les lumières bleues et rouges clignotent et s’excitent en dessous reprenant la direction du centre-ville. On a vraiment eu chaud ce soir. Et je lui en dois une belle. Je m’avance vers elle afin d’échanger quelques mots et surtout de la remercier pour ce run qu’on aura fait plus féroce qu’on ne l’avait imaginé. Pour une première rencontre, on a su soigner nos présentations. L’effet est au rendez-vous. Et si notre manœuvre initiale n’était en rien d’impressionner l’autre, ce duo que nous avons formé pour un court laps de temps, parle de lui-même. Et une habituelle course ne nous aurait peut-être pas offert ça avec autant de vraisemblance. Une pilote d’exception.


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MessageSujet: Re: Show me how you drive, I'll show you who you are |Roxane Kraft| Sam 9 Aoû 2014 - 22:31

En gravissant Mulholland Drive Road derrière Terry j'entend résonner dans mon crâne la voix de mon frère. Et je peux également voir sans grande difficulté son visage cramoisie par la peur et la colère. Si il avait été présent il aurait sans doute hurler et probablement blasphémé pendant une bonne dizaine de minutes, voir beaucoup plus. Il aurait qualifié mon comportement de complètement irréfléchi et de totalement stupide et il n'aurait pas eu tord mais en même s'il avait été là, Terry n'aurait pas eut à intervenir. Je sors de mes pensées lorsque je vois mon compagnon d'infortune s'arrêter. Il sort rapidement de sa voiture et je l'imite, les yeux rivaient vers la ville où les gyrophares des véhicules de police colorent le flan des bâtiments. Ils semblent retourner en direction du centre-ville, à l'exacte opposé de notre position actuelle. Terry s'approche de moi et renonce rapidement à faire de même, sentant mais jambes se dérober lorsque je tente de faire un pas. L'adrénaline de la poursuite étant retombée je ne ressent à présent plus que le stress provoqué par la situation. Cette sensation de poids sur les épaules est particulièrement désagréable. Je n'ose même pas parler sentant que ma voix serait aussi tremblante que mon corps. En repensant à ma spectaculaire toupie sur roue mon cœur s'emballe et je dois respirer un grand coup pour le calmer. Après s'être présenter officiellement, Terry me remercia pour l'aide que je lui ai apporté. Un peu surprise je bafouille avec difficulté quelques mots :

"C'est plutôt moi qui te dois une fière chandelle. Sans toi je ne sais pas ce que j'aurais fait... enfin à part me faire arrêter comme une débutante."

L'humour contenu dans ma phrase n'était pas vraiment volontaire, tout comme l'information sur mon passé que je venais de lui donner. En temps normal je ne parlais pas de ma vie en Europe. Premièrement parce que je considérais qu'elle faisait partie du passé mais aussi et surtout parce que j'ai la sensation que si les gens découvre que je suis rechercher en France et en Allemagne je serais en danger ici aussi. Je sais que cela n'est pas forcément très logique mais depuis mon arrivée ici je n'ai pas passé une seule nuit sans me réveiller en sursaut au moindre bruit suspect. Je m'assoie sur le capot de ma voiture et regarde la ville. Les seuls sons qui parviennent à nos oreilles sont ceux qui remonte du cœur vibrant de San Diego et le vent rafraîchissant l'air. Ce calme tranche véritablement avec l'agitation qui nous entourait quelques minutes plus tôt. Et cela faisait un bien fou. Je crois bien que je pourrais rester ici le reste de la nuit. Mais pour le moment, tant que les recherches n'avaient pas cessées, nous ne pouvions nous permettre de relâcher notre vigilance. Afin de faire passer le temps un peu plus vite je reprend, rompant le silence.

"Je dois avouer une chose. Tout à l'heure. J'ai eu vraiment peur. Et heureusement j'ai pas trop morflée"

Machinalement je regarde l'aile arrière de ma BM décorée par de magnifiques rayures et une splendide bosse. Vraiment pas de doute, ce soir on a eu chaud, très chaud...

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MessageSujet: Re: Show me how you drive, I'll show you who you are |Roxane Kraft| Mar 12 Aoû 2014 - 22:21

A mesure que je me rapproche d’elle, je la sens fébrile. La pression qui retombe d’un seul coup alors que la seconde d’avant on était pris en chasse par une horde de flics. Il faut très vite encaisser le coup pour ne pas se laisser déstabiliser et tenir le cap et elle avait vraiment bien réagi quand ce flic s’en était pris à elle. Satané contrecoup qui nous saisit toujours quand on s’y attend le moins et sans vraiment qu’on le voit venir. Parce qu’on croit avoir géré alors on se sent comme immunisé. On ne peut plus être en proie à cette troublante agitation qui nous fait prendre conscience de ce que l’on vient de faire. On la reporte toujours à plus tard, on ne veut pas avoir à y penser. Oui, on a pris d’énormes risques ce soir, et par chance pour nous, ça s’est bien fini. A improviser constamment on ne se rend jamais véritablement compte de ce que l’on fait, du degré de dangerosité de notre action et de l’impact que peut avoir chaque manœuvre. On fait confiance à l’adrénaline pour ce qu’elle nous procure et on pousse toujours plus loin nos limites. On repousse constamment la barrière que l’on a posée la fois d’avant … dans l’espoir que le mur ne survienne pas trop vite.

Je m’avance vers elle et me présente. Elle se tient appuyée contre sa voiture, l’air lui manque-t-il ? Je surprends son étonnement lorsque je la remercie. Les mots qu’elle formule surviennent tel un réflexe me retournant le merci. Je souris finement et voilà qu’elle ironise sa situation comme si elle en était déjà passé par là d’une façon qui ne l’amuse qu’à moitié. Faisait-elle allusion à ce passé en Europe que tout le monde lui prétend ? A ces débuts dans les courses illégales ? Il y a toujours une histoire derrière le volant. Le pourquoi on en est arrivé un jour à s’aligner sur la ligne de départ et de ne jamais faire demi-tour. D’avoir eu une vie avant de toucher le volant, et une autre, totalement différente, ensuite.
Qu’elle éclaircisse ce point plus profondément ? Aucune possibilité de le savoir. Et si jamais elle ne le fait pas, je n’irais pas chercher plus loin. Par respect pour elle et pour ce qu’elle a fait pour moi en cette nuit.
Elle vient s’assoir sur le capot de sa voiture, pensive, le regard tourné vers la ville. Je croise les bras contre mon torse mais reste debout, faisant de même, l’air hagard. Roxane reprend la parole ne laissant pas le silence s’installer trop profondément entre nous. Ses paroles sont censées et graves. Je tourne le regard en même temps qu’elle pour regarder l’aile froissée de sa BM.

« Ça se comprend, tu as eu beaucoup de chance ce soir. Ça aurait pu très mal tourner. Ça va aller, toi ? », lui dis-je inquiet de son état. Certes, on apprécie moyennement de se faire bousiller la carrosserie. Mais ce n’est que de la tôle. Ça se répare. Elle n’avait rien, c’était tout ce qui comptait. Elle ne subissait que le contrecoup. Sa durée … variable.

« Mais je peux te dire que ce qu’on dit sur toi est fondé, tu as du potentiel au volant. Tu es dans le milieu depuis longtemps ? » Repris-je après une courte pause, pour l’aider à passer sur le choc qu’elle vient de vivre. Son expérience ne lui venait pas de quelques rodéos urbains qu’elle aurait pu faire depuis son arrivée à San Diego. Non, elle avait un passif avec les courses. Ça se voyait. Ici ou ailleurs, elle avait ça dans le sang.
Je n’attendais pas qu’elle me balance tout sur sa vie comme ça à un parfait inconnu mais j’ai très envie de connaitre la driveuse qu’elle est. Qu’elle omette certains détails la concernant ne me gêne absolument pas. On n’allait pas se faire de confidences. J’avais très certainement autant à cacher qu’elle.


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Roxane Kraft
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MessageSujet: Re: Show me how you drive, I'll show you who you are |Roxane Kraft| Mer 13 Aoû 2014 - 18:25

Serait-ce une pointe d’inquiétude que je sens dans sa voix. C’est surprenant. Mais il semblerait que cette soirée soit une soirée surprenante. Tout ce que je pensais connaitre sur le monde des courses aux Etat-Unis ne cesse d’être balayer. Peut-être qu’ici ce n’est pas si différent que l’Europe ? Ou peut-être est-ce Terry qui sort du lot ? Je n’aurais pas cette réponse se soir, si cela ce trouve je ne l’aurais jamais mais là il s’agit du dernier de mes soucis. Je répond à l’affirmative d’un signe de la tête. Oui je vais bien, et oui j’ai eu de la chance, je le sais. Je n’oublie pas l’accident de mon frère, j’étais là. Je sais à quel point cela peut être dangereux, à quel vitesse tout peut partir en vrille. Il suffit d'un rien, un millième de seconde d'inattention et tout est fini. On se croit à l'abri dans nos voitures, comme si elles étaient des armures impénétrables mais ont oublies très vite qu'elles ont cette capacité de devenir des pièges desquels on ne peux sortir seul. Alors oui ça aurait pu très mal tourné, cela aurait pu être ma dernière course.

Assez rapidement il reprend la parole, me disant que ce que l'on raconte sur moi est fondé. Que j'ai du potentiel au volant. Je souris en repensant à la dernière fois que l'on ma dit cela, j'avais seize ans et ce fut mon frère qui prononça ces mots. Un peu plus tard ce fut son "chef" qui me le dit. Le fait de l'entendre encore une fois, de la bouche de quelqu'un qui ne me connait fait plaisir. J'arrive encore à tenir la distance et j'en suis très fière. Terry me demande enfin depuis combien de temps je suis dans le milieu. Je ne sais pas vraiment quoi répondre. Que dire, que cacher? Donner suffisamment d'infos mais pas trop est un exercice compliqué et je ne suis pas très forte dans ce domaine. Je cherche alors un peu mes mots avant de lui répondre.


"Je fais des courses depuis maintenant douze ans. Je courais en Allemagne, à Berlin, avant de venir ici."

Je ne sais pas trop quoi lui dire d'autre. Qu'il y a deux mandats d'arrêts sur ma pomme en Europe, que mon frère a faillit mourir lors d'une course, que je n'ai plus de contact avec mes parents depuis que je suis arrivée. Ou alors que je faisais parti des meilleurs pilotes d'Allemagne. J'aurais tellement de chose à dire sur moi et tellement que je n'ose pas avouer à qui que se soit. Je quitte alors mes pensées, me retournant vers l'homme debout à côté de moi et lui demande à mon tour. "Et toi. Depuis combien de temps tu cours?

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Terrence Lewis
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MessageSujet: Re: Show me how you drive, I'll show you who you are |Roxane Kraft| Dim 17 Aoû 2014 - 21:38

Nous étions deux pilotes, nous étions suffisamment bons au volant pour éviter d’être pris, et l’un avec l’autre, on pourrait presque nous penser semblables. On avait fait preuve d’une telle solidarité presque fraternelle en cette nuit. Et pourtant, nos conduites sont différentes, nos passés ne sont pas les mêmes, nos racines ne prennent pas pied au même endroit. Il y avait un franc parallèle entre elle et moi. Roxane venait de l’autre continent, d’Europe à ce qu’elle venait de me confirmer, native de l’Allemagne. C’était là-bas qu’elle avait surement tout appris, que sa passion avait pris une telle ampleur qu’elle était devenue la pilote qu’elle est aujourd’hui. J’étais né ici, à San Diego, et n’en étais jamais parti. Je n’avais pas eu à m’acclimater à une autre culture, à prouver ma valeur, bien que la rue reste la rue, et qu’il n’existe pas de monopole dans ce domaine. Mais nos influences nous déterminent bien plus qu’on ne le pense. Certainement c'était-elle fait un nom d’où elle vient. La raison de son départ, son choix pour San Diego, ne regarde qu’elle. Je ne la considérais pas comme une étrangère au milieu. Bien qu’elle ne vienne pas d’ici, elle appartient à ce monde tout autant que les autres. Si je suis un fieu défenseur de ma ville et conservateur de son patrimoine, je ne juge personne par ses origines.

Elle appuie mes paroles d’un signe de la tête mais reste silencieuse. Elle retrouve lentement son calme. Elle tourne le regard vers moi lorsque je reprends la parole et je surprends un sourire sur ses lèvres. Surement avait-elle déjà entendu ça. Elle me répond avec franchise confirmant quelques vérités sur son compte. On ne racontait donc pas que des ragots sur sa personne. Surement était-elle rodée de tout ça à force de l’entendre dire. C’est toujours ainsi que ça fonctionne. Mais c’est plutôt bon. Que les gens parlent d’elle alors qu’elle cherche à se faire un nom par ici prouve qu’elle a su convaincre le public sur ses capacités. Et il a besoin de rêver, de s’enthousiasmer, de s’extasier.
Roxane me retourne la question après un moment, comme si j’avais ramené des souvenirs lointains à sa conscience. Des choses, elle a dû en vivre. Des tas. On doit avoir pratiquement le même âge. Des choses, on en a vécu.

« Je devais avoir dans les 15 ans … Une bonne quinzaine d’années ouais.  Et tout autant de conneries, mais c’est comme ça qu’on apprend … heureusement il reste des choses qu'on ne regrette jamais », lui dis-je au regard d’un passé qui aurait tout aussi pu m’entrainer dans la mauvaise direction.

« Je suis du coin mais ça tu le sais surement déjà … tu arrives à te faire à la ville, c’est pas trop difficile ? », enchaînais-je sur le sujet, enviant toujours autant les personnes capables de tout plaquer, famille, amis, pour aller se réinventer ailleurs. Mais peut-être n’avait-elle pas eu trop le choix. Quoi qu’il en soit, il en fallait du cran. Et je sais que je ne l’ai pas. Son arrivée en ville étant encore récente, peut-être rencontrait-elle encore des difficultés passagères. Le mal du pays, le décalage horaire, les autoroutes sans limitation de vitesse. J’ignore si la mentalité de la majeure partie de la population est plus mauvaise ici plutôt qu’ailleurs. Je n’ai pas réellement de point de comparaison. On trouve certainement plus de défauts que de qualités au départ.

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MessageSujet: Re: Show me how you drive, I'll show you who you are |Roxane Kraft| Lun 1 Sep 2014 - 23:05

La réponse de Terrence me fait comprendre que l'on a sensiblement le même âge. Chacun de nous deux roule sa bosse depuis plus de dix ans dans ce milieu et même si jusqu'à récemment un océan nous séparait on est pas si différent que ça. D'après ce qu'il vient de me dire il a fait quelques conneries dans sa jeunesse, décidément on a plus de points communs qu'on pourrait le croire. Ah oui les conneries, j'en ai aussi faites quelques unes. Dis-je en rigolant un peu. Je me relève et respire un grand coup. Les forces de l'ordre ne semblent plus être à notre poursuite et l'on pourrait rentrer tranquillement pourtant je n'ai pas envie de bouger. La ville est vraiment splendide, majestueuse, rivalisant de clarté avec les étoiles. Terrence me demande alors si j'arrive à me faire à la ville et je lui lance un regard surprit : Berlin c'est village pour toi. Tu sais je suis née dans une grande ville et j'ai vécue des années à Berlin, qui est certes pas aussi grand que San Diego mais pas non plus petit-petit. Je continue alors avec un grand sourire triomphant d'avoir mouché un américain. Mais pour répondre à ta question, ça aller. Je connais quelqu'un qui c'est installé ici il y a quelques années déjà alors il m'a aidé. Et puis j'ai une concession à faire tourner donc j'ai pas trop le temps de me poser des questions.

J'ai parlé sans vraiment réfléchir, et cela me fais un bien fou. Il y a encore quelques instant je ne savais pas si je pouvais lui faire vraiment confiance mais après tout il est venu m'aider, se mettant lui-même en danger alors pourquoi pas baisser un peu ma garde. Je patiente un peu, le laissant le temps de réagie à ce que je viens de dire avant de reprendre. D'ailleurs en parlant de concession, si jamais un jour t'as besoin j'ai un garage... particulier. Dis-je en désignant du regard la Nissan. Très peu de driver connaisse l'existence de ce garage. Il y a que deux pass pour y accéder. J'en possède un et le deuxième est détenu pas Joel, mon assistant de gestion. Les autres pilotes ne peuvent y accéder que sur mon invitation et je ne les donnes pas à la légère. Le calme c'est enfin installé et je commence à me détendre vraiment, sans pour autant oublié ce qui c'est passé il y moins d'une heure. Ne souhaitant pas forcément parler de moi tout le reste de la soirée je demande alors à Terry : Et toi alors, tu fais quoi dans la vie. A part des courses?

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Terrence Lewis
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MessageSujet: Re: Show me how you drive, I'll show you who you are |Roxane Kraft| Mer 3 Sep 2014 - 18:39

A mesure que l’on apprenait à se connaitre, on s’alignait sur la même onde. Elle semblait tout autant que moi avoir passé son lot d’emmerdements, les décisions prises sur un coup de tête, et les actions totalement inconscientes et dangereuses. Les années nous avaient appris. On était plus des bleus autant au volant que dans la vie. On ne s’émerveille plus des mêmes choses et ne court plus dérisoirement après l’impossible. Si nous sommes fixes pour autant ? J’en doute. Elle venait de traverser la moitié du globe pour atterrir ici, à des miles de chez elle. Quelque chose qu’elle avait prévu ? Pourquoi vouloir tout plaquer de la sorte ? Un choix qui ne le lui avait pas tant laissé ? Vivre loin des siens, c’était un peu ce que je faisais aussi. Je restais là, à San Diego, alors que toute ma famille résidait à L.A. Je mettais toute cette distance entre nous alors que je n’avais qu’un pas à faire. Mais un tel choix m’est plus facile à encaisser depuis que Sakura est entré dans ma vie. Je n’avais plus l’impression d’être déraciné, de m’être exilé. Je ne me trouvais pas là par hasard. Elle me rattachait à mes racines, elle faisait ce lien à ma place. Elle m’apportait consistance et réalité, me redonnait vie, et je l’aime pour ça. Le ton léger qu’elle prit pour me répondre me fit comprendre que je venais de dire une énorme connerie. Je lui souris et hausse les sourcils, gêné, ne sachant quoi répondre à ça. Je chérissais énormément ma Californie malgré ses facettes surdimensionnées et son côté bling-bling. Je ne quittais San Diego que pour me rendre à Los Angeles, traversant chacune des villes qui les séparent l’une de l’autre. Je n’avais jamais quitté le continent à la différence d’elle qui avait beaucoup plus voyagé que moi.

« En effet, tu n’as pas le temps d’avoir le mal du pays », lui dis-je un fin sourire sur les lèvres. « Et excuse-moi, je voulais pas … enfin, tu vois ce que je veux dire. », repris-je me passant la main sur le crâne, très mal à l’aise vis-à-vis de mon manque de considération à l’égard de sa ville natale sur laquelle je n’avais aucun a priori.  
Elle tenait donc une concession en ville. Il était certain que son nom pesait son poids. Et pas uniquement là d’où elle vient. Elle avait étendu ses entrées au-delà de l’atlantique et connaissait suffisamment de personne de confiance pour parvenir à gérer son commerce comme elle l’entend. Elle avait fait son bout de chemin, et devait surement en être satisfaite.

« Jte remercie, j’y marquerais pas », lui dis-je me retournant vers ma Niss’. Elle était sans le moindre doute une véritable aubaine pour les pilotes. Pouvoir s’assurer la garantie et la qualité. On ne peut qu’être gagnant de compter Roxane parmi ses alliés. Encore faut-il le mériter. Tout le monde n’en est pas digne. Et surtout pas dans un milieu comme le nôtre. Elle reporte son attention sur moi et je l’invite du regard à me poser sa question qui m’interpelle aussitôt. Je doute qu’une telle révélation passe aussi bien avec Roxane que ça n’a été le cas avec Sakura. Je ne la connaissais pas suffisamment pour prévoir sa réaction. Les rapports avec les pilotes sont toujours très tendus. Je ne referais pas le monde. Et j’ignore totalement le passif qu’elle peut avoir à l’égard de la Police pour m’aventurer sur un tel sujet. On se connait à peine, c’est trop risqué, surtout après ce qu’on vient de vivre.

« Je vis des courses, et jme fais de la thune en réparant quelques bagnoles pour l’un ou l’autre. On me connait dans le coin, je trouve facilement du boulot », lui répondis-je convaincu par ma petite histoire. Une vie bien simple en somme. Le mec qui n’a qu’à se soucier de lui-même pourrait se complaire dans une telle vie, mais pas moi. Cependant, personne ne sait réellement les professions de chacun d’entre nous. C’est sans importance entre drivers. Retaper des bagnoles a toujours été une véritable passion pour moi alors je ne lui mentais qu’à moitié. « Et alors pourquoi San Diego ? Tu t’es pensé que c’était l’endroit rêvé pour étendre ton business ou c’est le coin qui t’a séduit ? » Repris-je pour contourner le sujet, curieux se savoir ce qui l’a conduite ici. On s’interroge toujours sur les raisons qui ont poussées certaines personnes à tout plaquer pour se réinventer ailleurs, sachant qu’elle se trouvait vraiment très loin de chez elle. Mais peut-être que le travail est une raison suffisante.

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Dernière édition par Terrence Lewis le Jeu 25 Sep 2014 - 22:56, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Show me how you drive, I'll show you who you are |Roxane Kraft| Mer 17 Sep 2014 - 20:59

Cela doit maintenant faire quelques minutes que les forces de police on cessée les recherches. Pourtant on reste là, debout au bord du ravin à parler de nos expériences respectives. Ce n'est pas que cela me dérange, mais c'est bizarre. On ne se connait que depuis quelques minutes mais nous voilà à rigoler ensemble. Est-ce une nouvelle amitié qui se forme? Je me plais à le croire. Hormis Joel et mon mécano je n'ai pas beaucoup d'ami ici. Tous sont en Europe. Et bien que je me sois faite à l'idée de vivre ici, la distance avec mon équipe et surtout avec mon frère est très pesante. Terrence me raconte qu'il vit des courses. Il a de la chance, rares sont les pilotes dans ce cas. Il me pose alors une question tout aussi délicate que les précédentes. Je ne sais pas vraiment quoi répondre. Je ne suis pas douée pour mentir et en plus je n'aime pas spécialement ça. Alors si je ne faisais qu'omettre des détails? Si je ne raconte qu'une partie de mon histoire peut-être que je me sentirais moins coupable de ne pas dire la vérité?

Et puis, en y réfléchissant, je préfère cent fois donner quelques informations disséminées ça ett là et que je choisis plutôt que de prendre le risque de tout balancer comme ça au plus mauvais moment.
C'est une histoire un peu compliquée. Un problème avec une équipe adverse, ils nous on balancé. Alors on a du partir. Et comme je connaissais quelqu'un ici j'en ai profité. Étrangement cela me fit un bien fou de lui dire une partie de ce qui sait réellement passé. Comme si le fait que Joel et Fabien ne soit plus les seuls à le savoir me retirais un énorme poids des épaules. A voir sa tête, le pilote en face de moi ne s'attendait pas à ce genre de réponse. Et je ne peux pas lui en vouloir, il y a quelques secondes à peine, moi-même je ne savais pas que j'allais lui dire cela. Mais si cela m'est sorti naturellement c'est que je devais le dire. Un petit silence s'installe entre nous et je me demande alors si je n'ai pas fait une gaffe. Je me retourne alors vers Terrence. Je suis désolé. J'aurais pas dû tout te déballer comme ça. C'est que... ouais, j'aurais pas dû le faire Un bras replié, je me tiens la tête de l'autre. Je sais que ce qui est dit, eh bien, est dit. Je sais que je ne peux revenir en arrière. Remonter le temps et effacer ce que j'ai dit. Je me calme enfin attendant une réaction de sa part.
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MessageSujet: Re: Show me how you drive, I'll show you who you are |Roxane Kraft| Ven 26 Sep 2014 - 23:33

On était là à se parler comme si l’on se connaissait depuis toujours. Comme si des années étaient passées sur nous sans les voir et ramenaient deux amis l’un vers l’autre. C’est ce que fait souvent le milieu. Avoir le sentiment de connaitre tout le monde et qu’il sévit une certaine proximité entre drivers. On se prend très vite de sympathie et de solidarité. De respect. De regards échangés aux runs partagés, restent des visages et des noms. Bien évidemment, ça ne marche jamais avec tout le monde et certains ne sont connus que pour leurs comportements inverses et un manque de fair-play tel qu’on en perdrait volontiers toute conduite correcte. Mais pour la plupart, les bons pilotes savent sortir du rang. Et c’est le cas pour Roxane. Elle ne brillait pas que pour ses compétences au volant. De grandes qualités faisaient d’elle la personne qui se trouve devant moi, prête à risquer sa vie pour un gars qu’elle connait à peine. On aurait tout aussi pu se séparer après les avoir semé, se gratifier d’un regard et Sayonara. Et il m’arrivait très souvent de ne partager que des interludes au volant sans m’attarder. Je profite le temps que dure la course et les choses s’arrêtent là. Jamais je ne suis des after qui réunissent les drivers à un point de rendez-vous pour faire la fête toute la nuit. Pour souder la communauté. On ne connait de moi que mes exploits au volant et non pas pour le nombre incalculable de filles à mon bras, ni même pour profiter de ma notoriété à tous les niveaux. Je me fiche bien de tout ça, néanmoins, me ravis pleinement d’être aux côtés de Sakura sur le circuit juste pour faire fermer la gueule à quelques-uns.  

Ma question l’interroge et sa réponse n’est pas immédiate. Comme si elle engageait en elle un certain conflit avec lequel elle bataille sans cesse, comme moi. Je regrette aussitôt ma curiosité n’ayant cherché à la mettre dans l’embarras. Les choses semblent difficiles pour elle mais les mots franchirent ses lèvres comme si ce n’étaient que tout ce qu’ils souhaitaient. Son histoire m’interroge sur ma propre position vis-à-vis de mon rôle de flic et de ma vie de driver. Si je peux continuer à ferrer ma vie sans m’imputer d’un choix. Me sentant aussi accompli au volant que je ne le suis au taff. Rien n’est plus palpable les soirs de descente sur les rodéos et que je me tiens dans la position adverse. Courir après un pilote avec acharnement, reconnaître le modèle et savoir qu’il s’agit d’un allié et risquer qu’il se plante. Toutefois, rares étaient ce qu’on attrapait. Certes, ça arrivait quelquefois, mais nous n’avions pas une puissance-moteur comparable aux leurs suralimentés, et ce n’était pas comme si je fauchais au volant de ma Skyline. Certes, on n’était pas sans ignorer au central mes aptitudes au volant et mon casier parlait pour moi, ça en était même remonté jusqu’aux oreilles du substitut du procureur Weaver. On ne connaissait pour avoir le pied lourd. Mais les soirs de course-poursuite, je misais stratégie sachant pertinemment que je n’affolerais personne à la force des cylindrés. Tout se passant toujours très vite, j’ai pas plus le temps de cogiter. Néanmoins, devoir prendre en chasse la Honda S2000 de Sakura me saurait impensable.

Les paroles d’excuses de Roxane vinrent me tirer de mes réflexions, son visage exprime clairement la gêne. Il est que je garde toujours une certaine distance d’usage entre les drivers et moi-même pour ne surtout pas risquer de trop en savoir qui viendrait intervertir dans mon job, mais ne pouvais lui reprocher de vouloir partager son ressenti.

« Il n’y a pas de mal Roxane, et puis, faut bien le dire, je t’ai incité à le faire, jsuis navré pour toi que ça se soit terminé de cette façon, mais tu parviendras à réhabiliter ta réputation ici, ce n’est qu’une question de temps », lui dis-je un fin sourire sur les lèvres. Je pensais chacun des mots que je venais de lui dire. Qu’importe les emmerdements qu’elle avait eu dans le passé, qu’importe le degré de responsabilité qu’elle avait à voir dans cette histoire, qu’importe que son comportement soit préjudiciable. Je ne tenais la position d’aucun juge en cette soirée. Je n’étais que Terry le driver. Qui était-ce pour juger de ses actes. Personne.

« Tu comptes t’installer définitivement ? », lui demandais-je, sur la réflexion, intéressé par son parcours de vie qui me passionnait. Une erreur certainement d’agir de la sorte, mais Roxane, vaut à être connu.

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Show me how you drive, I'll show you who you are |Roxane Kraft|

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