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Un flic en vue [Micky/Terrence]

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Micky Meyers
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MessageSujet: Un flic en vue [Micky/Terrence] Mar 18 Fév 2014 - 8:06


Dangerous Tonight



Micky n'approchait que peu de gens dans un but avéré. Il n'était pas sur le terrain, ni infiltré, rien de tout cela. Il n'était que celui qui faisait disparaître et les corps, et la scène de crime, ou, lorsque ce n'était pas possible, maquillait la scène pour que les flics soient très loin du scénario réel. Un boulot où on est somme toute assez peu exposé, bien que nécessaire. Toutefois, en bon (trop) prévoyant qu'il était, Micky préférait avoir de son côté quelques atouts stratégiques.
Par exemple, il avait abordé le type de la morgue, et avait fait copain copain avec. Non pas qu'il pourrait l'aider à fausser l'identification ou planquer un corps dans un frigo, ce type était un des rares incorruptibles de la ville. Mais tandis qu'il n'était pas là, les autres moins scrupuleux pouvaient recevoir une visite et quelques billets pour prétendre qu'elle n'ait jamais eu lieu.

Dans son carnet, la morgue n'était pas la priorité. Il en avait eu l'occasion, l'avait saisie, voilà tout. Non, le plus important, c'était d'avoir quelqu'un parmi les flics.
Il avait bien quelques bons contacts avec du menu fretin, mais ils n'avaient aucun pouvoir. Autrement dit: lui étaient inutiles.
Aujourd'hui, Micky s'apprêtait enfin à en trouver un à sa mesure.

Cela lui avait pris des mois, et beaucoup de temps à se faire relayer des infos par la mafia pour enfin trouver quelqu'un qui pourrait, peut-être, lui sauver les fesses en cas de besoin. Ou tout du moins lui laisser une chance de les faire courir sur une bonne distance avant de se décider à leur mettre du plomb dedans.

Terrence Lewis. Bon flic. Bon père. A fait ce qu'il a pu pour être bon mari. Un type tout ce qu'il y a de plus banal quand on croise son chemin dans la rue. Mais dans le fond, il avait ce que Micky cherchait, ce qu'il pensait pouvoir exploiter et qui lui sauverait la mise s'il en avait besoin.

Terrence est au service de la loi depuis bien des années maintenant. Il aime son boulot, mais en connait aussi les limites. Depuis le temps, il a bien compris que la loi ne s'applique pas de la même façon pour tout le monde. Deux poids, deux mesures. Ce n'est pas une vraie justice, en tout cas pas la sienne. Ce qui l'amène parfois à faire un autre choix que celui qu'on a décidé pour lui.
Parce que tout en haut, on n'est pas forcément meilleur que le pékin montré du doigt.
Parce que ceux qui imposent les lois sont les premiers à les enfreindre.
Parce que ceux chargés de les appliquer, au mieux les exploite, sinon en abuse.
Terrence le sait.
Et Micky le sait aussi.

12 ans dans l'armée.
2 années d'illusions, 10 de désenchantement.
Chaque conflit terminé, on se dit que c'est fini, qu'on a vu le pire... et chaque fois on se trompe.
Chaque conflit en cours, on reçoit des ordres qu'on ne peut ignorer. L'insubordination est très grave dans l'US army, et peut directement mener en prison. Alors on exécute. Au sens propre.
On vous apprend, on vous répète que si vous êtes du bon coté du flingue, c'est qu'il n'y a pas de raison d'hésiter à tirer.
On vous rabâche, on vous endoctrine même, carrément. Parce que si vous portez la bannière étoilée, alors forcément, vous servez le bon camp.
Pourtant le bon camp a détruit, brûlé, ravagé des centaines de villes et de villages.
Le bon camp a tué des milliers d'innocents, ayant pour seul prétexte viable le principe de précaution, sinon un racisme bien affiché. Il a bon dos le principe de précaution... Traîner les prisonniers dans la boue, les faire ramper, exiger qu'ils fassent le toutou, organiser des combats à mort entre eux, les contraindre à s'auto-mutiler... et les viols. C'était en précaution de quoi tout ça ? De rien du tout. Juste de l'abus.
Parce qu'en haut, on a décidé que tel pays était un ennemi.
Parce que ceux qui donnent les ordres déprécient la vie des autres plus bas que terre.
Parce que ceux chargés de les appliquer prennent un plaisir salace à être plus mauvais que les pauvres types qu'on a diabolisé pour aller leur faire la guerre.
Sous couvert d'étiquettes toutes faites, largement véhiculées par les médias, tel le terrorisme, on envoie des milliers de jeunes paumés ne voulant que se sentir utiles à quelque chose plomber la gueule d'autres milliers de type différents, qu'on leur apprend à haïr. Et qu'est-ce que ça apporte ? A part des cauchemars, des cadavres et des horreurs ? Du fric.
Plein de fric, mais pas pour ceux qui portent le flingue, ça non.
Pour ceux qui ont décidé sur qui on devait le braquer.

Micky, Terrence; Terrence, Micky. La même désillusion. Le même sentiment: celui qui rejette l'hypocrisie.

La France. Le Royaume-Uni. La Russie, et bien sur les Etats-Unis de la si grande et si belle Amérique...
Ca ne vous dit rien ? Ce sont pourtant 4 des 5 sièges permanents de l'ONU, cette organisation mondiale sensée défendre la paix.
Mais ce sont aussi les 4 premiers pays exportateurs d'armes dans le monde.
On se fout de votre gueule. Royalement. Et vous marchez les deux pieds dedans.
On vous vend la paix, l'amour, la tolérance, le respect, la foi, et bien d'autres choses encore, mais si demain un mec basané emménage à côté, 3/4 des américains dormiront avec un canon scié sous l'oreiller et sortiront la 22 dès que la pauvre type pointera le bout de son nez dans l'allée, prêt à lui faire chier ses dents pour qu'il retourne dans son pays de "sauvages".
La belle Amérique... vraiment.

Micky a cessé depuis bien longtemps de croire à tout cela. Il roule pour la mafia maintenant, ce n'est pas beaucoup mieux me direz-vous. Et pourtant, croyez-le ou non, mais on est dans cette organisation cachée beaucoup plus civilisé que ne le sont les fervents serviteur de la patrie dans les bled perdus d'Orient. Et il sait de quoi il parle, il y était.
L'ancien militaire sait depuis des années maintenant, que celui qui porte le flingue n'est pas nécessairement meilleur que celui qui en voit le canon.
Tout comme Terrence sait que celui qu'on lui demande d'arrêter n'est pas nécessairement plus mauvais que ceux qui l'exige. Ou que lui. Parce que chacun est libre d'adopter un Code.
Et parce que bien souvent, ceux qui suivent un autre Code que le pénal ou le civil sont des mecs pour qui on peut avoir plus de respect que pour ceux qui nous y oblige. Ou que nous-même.


C'est cette singulière correspondance, ce sentiment commun qui nous fait comprendre qu'il n'y a pas d'un côté de la ligne les bons, et de l'autre les criminels, c'est sur ce point commun que Micky misait.
Tord ou raison, l'avenir le lui dira. De toute façon, il poussait déjà les portes du bar où Terrence était entré 5 minutes plus tôt.

Il le repéra tout de suite, posé sur le comptoir, le regard vers la télé qui diffusait un match de hockey, sans le regarder pour autant. On devinait à son attitude que la journée n'avait pas été rose, qu'il devait changer d'air.
C'était la première carte pour le caméléon.

Micky se posa à la gauche de Terrence et commanda un scotch.
Il avait adopté un look qu'il n'utilisait que très peu. Sa coupe de cheveux était soignée, plaquée en arrière, lui donnant un peu de relief. Toutefois, il avait une petite barbe, un ou deux jours, pas plus, qui se voyait tout de même de près. Sa chemise blanche uni, dépassait un peu du pantalon par endroit, et sa veste bleue marine n'en n'était manifestement pas à sa première sortie. Un pantalon de toile noire descendait sur des chaussures classiques, qui sans être cirées n'était pas non plus d'aspect sale ou usées. En clair: le type simple qui s'est soigné vite fait avant de sortir mais qui clairement, a une hygiène de vie assez relax.

Micky tourna la tête vers la télévision lui aussi, imitant ainsi son voisin. Après quelques secondes et avoir bu une première gorgée de son whiskey, il lâcha quelques mots.

J'ai déjà fait du hockey plus jeune, à l'université. J'en ai tellement pris plein la gueule que le lendemain, je pointais au club d'échecs.

Terrence se tournait vers lui. Ils se regardèrent un instant puis Micky continua. Il devait faire oublier au flic pourquoi il était là. Le divertir assez pour aille au pieu avec optimisme.

Me regardez pas comme ça c'est vrai. Mais vous savez quel sport a été le plus dangereux pour moi ?
Le curling.


La vanne fit son effet, et il poursuivit. Quand on tient le bon bout, on ne le lâche pas.

J'ai failli me faire éborgner par un balais.
Le type était tellement excité dessus qu'il a fini je ne sais trop comment par me l'envoyer pleine tête. J'ai eu l’œil fermé comme un boxer.
D'ailleurs, maintenant que j'en parle, c'est le même jour où on a découvert dans mon casier que j'avais un t-shirt rose "enjoy". A l'université, ça pardonne pas ce genre de truc. Je sais pas ce que j'ai fais au Seigneur ce jour là, mais il m'avait vraiment dans le pif.


Il but une gorgée de son whisky. La glace était aussi fondue que dans son verre. Il fallait maintenant le pousser à se marrer aussi. L'art du rire ne réside pas que dans le fait de le provoquer, mais de le susciter en incitant l'autre à raconter quelques anecdotes poilantes.

Et vous alors ? Y'a un moment dans votre vie où vous rêviez de partir très loin en un instant ?
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Terrence Lewis
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MessageSujet: Re: Un flic en vue [Micky/Terrence] Mar 4 Mar 2014 - 21:32

Encore un homicide supplémentaire me courrait sur les bras, me descendait le long de l’échine pour m’envahir de frissons. Le corps d’une femme de trente ans avait été retrouvé dans Lincoln Park très tôt dans la matinée d’hier, par un homme qui « passait par là ». Vraisemblablement, elle aurait été étranglée, d’une seule main, par son agresseur. Une jeune femme sans histoire. Elle bossait comme antiquaire en ville. Ses activités ressemblaient à toutes celles de madame tout le monde. C’était une femme qui savait prendre soin d’elle. Son ex-mari en était même arrivé à nous avouer qu’elle avait bien cherché ce qu’il lui était arrivé. Depuis leur divorce, elle sortait très souvent en soirée. L’hypothèse de la mauvaise rencontre n’était pas écartée. D’après lui, elle avait séduit celui qu’il ne fallait pas, et elle l’avait payé de sa vie. Que les gens sont cyniques. Il avait dit cela avec un tel détachement que mes soupçons ne le lâchaient plus. Aucune émotion ne transparaissait sur son visage. Comme si elle avait été morte à ses yeux au moment même où elle avait quitté le foyer conjugal. Mr. and Mrs Peterson n’avait pas d’enfant. Et quelque part, il en était surement mieux ainsi. Mais il y avait quelque chose chez ce type qui ne me revenait pas. Son manque de sentiments ? La pâleur de sa culpabilité ? Quoi qu’il ait à me cacher, je finirais bien par le découvrir. Et ce ne sera plus derrière les reproches qu’il pourra se cacher. Quand ma compagnie lui sera déroutante, peut-être finira-t-il par tomber le masque.

Je restais bloqué sur la photographie qu’il avait bien voulu nous remettre d’elle, qui nous la présentait souriante et insaisissable. J’avais retrouvé mes vieilles habitudes, à trainer dans les bars jusqu’à pas d’heure, juste pour avoir le sentiment de pouvoir ralentir le temps. Et puis, il est toujours intéressant de picoler en collectif que de le faire seul chez soi ... Cette affaire retenait toute mon attention. Ça en avait l’air presque trop simple et quand tout est trop facilement évident, se cache dérisoirement un plus gros enjeu. Quelque chose à côté de quoi je passe sans savoir pourquoi je n’arrive pas à voir au-delà de ce qu’on veut bien me faire croire. Au-delà des preuves et des marques, des impressions et ressenti.
Absorbé par sa photo, je ne distingue même plus le fond sonore qui m’entoure. Ce match qui anime les voix et les corps. Bien loin de l’ambiance des bars à flics que je ne fréquente que rarement. En présence de collègues quand l’oblige la tradition mais jamais plus.
Je la regarde sans comprendre. Cherche-t-elle à me faire savoir quelque chose. La profondeur de son regard, la chaleur de son sourire. M’apparait le visage de Rebecca un de ces dimanches de décharge. La fougue à l’âme et le cœur en branle d’une folie qui nous dépassait tous les deux. Quand on pouvait passer toute une journée sans même sortir du lit ni ne se blâmer pour autant. Quand encore seule la présence de l’autre suffisait. Nos souvenirs ... Je n’avais pas pu les oublier. Mes sentiments ne s’étaient pas refroidis au point de ne laisser qu’une vulgaire caillasse à la place du cœur. Et même si les choses étaient à présent différentes entre nous, je n’étais jamais parvenu à la haïr. Oh certes, il y avait eu de la rancœur, et peut-être continuais-je de lui en vouloir aujourd’hui. Mais lui, il avait fait ça si facilement. Comme on change d’idée, pour des choses plus futiles. Il l’avait rayé de sa vie en un instant. Certes, l’amour-propre en prend un coup, mais tout de même. Néanmoins, je l’allais pas m’attarder sur sa notion de respect, elle semblait bien inexistante.

Je finis par replacer la photo dans le dossier, le referma et le fis glisser sous mon coude. Je n’avais nullement envie d’être questionné sur ce genre de choses. Seulement envie de descendre mon scotch en paix. Reprenant corps avec la réalité, le bar s’emplissait lentement. J’en commandai un second – le premier n’ayant vraiment eu le temps d’être apprécié - remerciant le gérant pour la tournée qu’il m’offrait et fis semblant de m’intéresser aux images qui défilaient derrière l’écran. J’avais mes habitudes ici, il avait vite compris qui j’étais mais jamais il n’avait posé de questions. Peut-être avait-il lui aussi une idée bien fondée sur la Police de la ville. Peut-être pas. Peut-être ma réputation me précède. Peut-être suis-je considéré comme un loup déguisé en agneau ou l’inverse. Mais qu’importe. Je ne porte que trop peu attention à l’opinion que l’on se fait de moi et ne réagis plus aussi vigoureusement lorsqu’elle est mise à mal. Je changerais pas le monde. J’ai pas ces moyens-là et quand bien même je les aurais qu’est-ce que j’en ferais ? Je me ferais cowboy ? Ça ferait des histoires à raconter à ma fille. Mais non, je ne suis qu’un homme. En grand décideur de mon destin, je bois ...

Défilaient devant mes yeux, les visages de ses femmes qui étaient passées dans ma vie mais que je n’avais pas su garder. Trop peu impliqué, trop peu engagé, trop, beaucoup trop exclusif. A ne savoir gérer la demi-mesure, je m’étais fait avoir à mon propre jeu. Une fois beaucoup trop, la fois suivante, pas assez et tout cela dans un souci de sincérité que l’on ne veut pas trop apparent. S’il restait encore dans ma vie une place pour l’amour ? J’en doutais très fortement. J’étais déjà comblé. Alors je prends la vie pour ce qu’elle a à m’offrir et me reprendre. Me laissant diriger par mes obsessions ravageuses.

C’est alors que cet étrange individu vient prendre place à ma gauche. Le mec pas forcément apprêté pour sortir, conservant le 31 dans sa poche, mais qui reste détenteur de son effet. Comme si la moindre de ses actions était préalablement calculée. Qu’il ne vit que de contrôle et d’une pointe de chance. Le comportement type de quelqu’un sur le qui-vive, qui s’attend à se faire descendre au premier coin de rue. Son attitude donnait tout du mec relax que la vie n’inquiète pas, à la devise aussi emblématique que les hippies des sixties. Qui saurait surement mettre n’importe qui en confiance du moment que l’on se fie à son jugement, infaillible. Les raisons de sa présence ici ? Elles peuvent être multiples. L’on peut aller du simple gars qui passe le temps dans l’attente d’un mieux d’ici quelques heures, au régulier qui vient dans un but particulier, pas très éloigné du mien en vérité ...                                  

Lorsque je saisis qu’il s’adressait à moi, je lui accordai mon attention, comprenant qu’il était en train de parler du match télédiffusé et lâchai un toussotement à la surprise de sa contestation. Un léger sourire étira mes lèvres alors qu’il se tournait vers moi en renchérissant. Spontané le bonhomme. Et plus je l’écoutais et plus il semblait vraiment malchanceux le pauvre gars ou alors avait-il le sens de l’humour exacerbé ... Je me demandais vraiment de quoi il était en train de me causer. Un furieux besoin de faire la causette ? Et pourquoi il fallait que ça tombe sur moi ? Plus je le suivais et plus je me pensais qu’il me sortait conneries sur conneries et qu’il parvint même à me faire rire, tant ce qu’il semblait avoir vécu tenait d’un porte-poisse.

« Et bien mon gars, avec ça il devrait vous laisser tranquille pour quelques temps », lui dis-je, sympathique avant qu’il ne reprenne. Je ne connaissais ses motivations, mais il avait le contact facile, ça ne faisait aucun doute. Je hausse les sourcils à sa question, s’il me fallait les énumérer, on en aurait pour la nuit.

« Lycée, dernière année, soirée étudiante des plus stupides, la lumière s’éteint brusquement, le seul qui sera pas à poil lorsque la lumière se rallumera finira mal la soirée ... Au final, j’ai été le seul à me dessaper ... jte passe les détails ... », lui dis-je, descendant une gorgée de mon scotch. Je ne savais pourquoi un tel souvenir me revenait en mémoire aussi soudainement. Ça me paraissait si loin désormais, mais constatais avec élégance que je n’étais pas resté ce jeune con ... quoi qu’il ne s’agissait là que de la vision que j’en avais.

« On se connait ? », lui dis-je sur le ton de la neutralité sans soupçon ni scepticisme. Certes, mes capacités n’étaient pas à leur optimum mais de là à baisser dérisoirement ma garde ... On ne m’approche jamais sans raison, et j’avais surement développé une certaine méfiance à l’égard du monde qui m’entoure. Soit on m’a vu en uniforme, soit on prétend m’avoir vu au volant d’une Nissan GT-R et, là, redouble ma vigilance. Mais la meilleure des réponses reste celle qui se fait attendre, qui se déguise et se dissimule. Celle que j’aime le moins par-dessus toutes les autres ...

Spoiler:
 

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Dernière édition par Terrence Lewis le Lun 15 Sep 2014 - 21:54, édité 1 fois
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Micky Meyers
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MessageSujet: Re: Un flic en vue [Micky/Terrence] Dim 16 Mar 2014 - 7:02

Got It Made



Alors quoi ? ... C'est tout ?
Mon gars, si j'avais dû faire comprendre à quelqu'un qu'il était pas le bienvenue tout en restant dans le sujet, j'aurais pas fait mieux.
Sauf que... je vais pas en rester là. Et j'ai déjà été reçu pire que ça!

Son anecdote à lui n'était pas très étoffée. Quelque part, on sentait bien qu'il avait juste envie de se morfondre comme une âme en peine, pourvu qu'on lui foute la paix. Ca promettait.
Sauf que Micky était là pour une bonne raison, et ne baisserait pas les bras.
Il décocha un sourire en coin à son anecdote, histoire de dire qu'il était amusé par la représentation qu'il s'en faisait. Au moins, il était rassurant de voir que même étant malfrat, sur le terrain de l'humour, il menait un à zéro.

« On se connait ? »

Etrange.
D'habitude quand Mick faisait le con comme ça, la question qui sortait c'est plutôt "et pourquoi ça vous intéresse ?" ou bien "d'après vous, quel cas est le pire de nous deux ?" quand le client se prenait au jeu. Mais là, directement, il portait la discussion sur le terrain de... la méfiance.
Amusant.

Avalant une gorgée de son breuvage alcoolisé, Micky plissa un peu les sourcils pour marquer à la fois la surprise et le dévisageant. Il prit quelques secondes pour répondre, le temps manifeste pour son voisin de se rendre compte que le type en face faisait un vrai effort de mémoire pour essayer de se rappeler s'ils s'étaient déjà rencontrés quelque part. Au final:

Si j'étais certain de t'avoir déjà rencontré, j'aurais moi-même pris l'initiative de te tutoyer, mais non. Tes traits de visage ne me disent rien, et pourtant je suis physionomiste.
Tiens, par exemple, le mec là-bas.


D'un geste, Mick désignait un garçon un peu épais et au comportement en adéquation. Jean délavé et polo d'une équipe de foot locale, il était avec ses copains de comptoir, en train de mater le petit cul moulé de la jolie blonde un peu plus loin. Du genre tapageurs et qu'on pourrait sans peine qualifier de "beaufs".

Et bien il a beau se cacher derrière le machisme de ses copains et ne pas s'être coiffé avec la raie apparente ce soir, je peux t'affirmer que c'est bien le même type que je vois se prendre des vestes chaque mercredi matin dans le café où je prends mon petit déj, et le même que j'ai vu danser collé-serré avec un gay en boîte la semaine dernière.
J'imagine qu'il se ferait tout petit si j'allais raconter ça à ses copains. Et qu'il prendrait de grandes baffes, ahah! Faut que je note ça!


Micky sortit de la poche de sa veste un petit calepin auquel était noué par un élastique un crayon de papier. Il l'ouvrit, balayant les pages jusqu'à trouver la dernière qui n'était pas encore ni complètement vierge ni complètement pleine. Il écrivit quelques mots dessus, puis rangea son calepin et porta son verre à ses lèvres.


J'étais un écrivain. Une petite plume de quartier sans grande aspiration, mais suffisamment déçue de ce que le monde lui avait offert jusque là pour décider de tenter le coup de poker: vivre de sa passion. J'étais en pleine hypothèque sur mon avenir, mais je m'en détachais complètement. Je n'étais l'image du type perdu en pleine océan, entouré de requins affamés faisant des ronds de plus en plus rapprochés autour de moi et avec pour seul secours ma bouée en canard. Non. J'étais sur une île. Je vivais le paradis. J'avais des provisions, un toit... je m'étais redécouvert, pris une grande bouffée d'air, et n'attendais plus que le bateau passe, patient.

Tout écrivain a toujours sur lui au minimum crayon et papier. Dans notre profession, tout ce qu'on voit, entend ou apprend peut de suite faire survenir une idée là-haut. Fugace, splendide, cette matérialisation cérébrale fuse et s'évanouit dans les limbes de notre esprit si on ne l'immortalise pas tout de suite. Notebook, papier, dictaphone... tout est bon pour nous autres créateurs de ne se pas se laisser frustrer par les limites de notre mémoire.

Au fait, on ne s'est pas présenté!
Micky, pour te faire rire.


J'amenais vers lui une main tendue, amicale, agrémenté d'un sourire qui l'était tout autant.

Tu sais, tout ce qu'a été capable de me dire de concret un psy à 200 dollars de l'heure lorsque j'étais dans ma... "mauvaise passe", c'était d'arrêter de me focaliser sur ma négativité, et de ré-apprendre à rire.
Et toi, à te voir comme ça plus noyé que ton scotch, je te propose de passer direct à l'étape 2, et de garder tes 200 billets pour autre chose... comme un deuxième verre pour moi.


Je lui souriais tout en montrant mon verre vide dans ma main. C'était pour moi une façon de voir comment il percevait le personnage que je jouais: à la fois une tentative de rapprochement, mais aussi et surtout l'opportunité de voir s'il allait faire le pas vers moi, tout comme je l'avais fais vers lui au démarrage. Le tout avec suffisamment d'expression sur mon visage pour lui signifier que s'il ne tenait pas à rincer le premier inconnu venu, je ne m'en formaliserais pas.
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Terrence Lewis
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MessageSujet: Re: Un flic en vue [Micky/Terrence] Jeu 17 Avr 2014 - 21:51

Il y avait quelque chose d’éloquent chez ce type. D’une première rencontre qu’on oublie pas, que l’on pourrait presque considérer comme « pote » après n’avoir passé qu’une heure ou deux en sa présence. Il y avait des gens comme ça. Absorbeurs. Qu’importe l’état dans lequel on se trouve, la raison qui nous pousse à faire ainsi et penser de la sorte, il se pointe un instant et tout est balayé. Au charisme sans précédent. Qui saurait nous pousser à commettre le pire sans même que l’on ne considère ça comme dangereux ou immoral. On signe et on s’enrôle. On se laisse porter par la danse. Inoffensif et sympathique. S’efface la méfiance, laisse place à la sympathie, jusqu’à ce qu’on se rende compte que de recul on a manqué. Mais il est trop tard. Nous gagne la désorientation, et ce brutal retour à la réalité qui n’hésite à nous faire sentir ô combien on s’est planté. D’avoir trop cru, d’avoir trop perçu, d’avoir trop rêvé d’un idéal qu’on ne voulait qu’effleurer. D’être un type qu’on est pas, qu’on ne sait pas véritablement encore qui on est mais surement pas celui-là. Pas encore, pas tout de suite, pas comme ça. D’une idéalité qui nous a troublé la vue. D’une perception qui s’est peu à peu faussée. Parce qu’on ne sait pas plus où nous conduit la vie et qu’on cherche irrémédiablement ce frein pour tout stopper. Pour enfin comprendre ce qui nous arrive et saisir l’échéance qui se rapproche. Combien de temps encore ?

J’arrivais pas à le cerner et cela m’empêchait toute conduite type. Mais je n’étais plus aussi naïf qu’auparavant, et même si je n’avais pas réponse à toutes mes interrogations, avais fini par me satisfaire de quelques conclusions qui, pour le moment, tenaient la route et me permettaient de continuer. Aujourd’hui, même si mes limites restent floues en tanguent beaucoup trop pour me penser serein, je sais qui je suis et surtout ce que je ne suis pas. D’acceptations qu’on parvient à encaisser, d’échecs qu’il faut essuyer, de choix qu’on fait sans savoir s’il sera le bon. Mais qui font de nous ce que nous sommes. Certes, loin, très loin d’être idéal, mais je ne vise plus depuis longtemps l’imaginée perfection.
Peut-être n’est-ce, en somme, que les années qui jouent contre moi. Qui ne décuplent plus mon potentiel comme autrefois m’ayant fait trop prévenant, trop terre-à-terre, trop réaliste. Au flirt d’une mélancolie qui ne s’apprécie que par petites bouffées. Pour ne surtout pas trop s’intenser. Pour garder les idées claires. Et conserver le contrôle.

Et voila qu’il changeait ma question par une autre question. Rien de mieux pour ne pas avoir à répondre trop franchement, on élude la question en changeant de sujet. Il avait l’art pour manipuler tout objet ou toute personne présente dans son environnement ... son terrain de jeu. Dans ma carrière de flic, j’en avais vu. Tant de complexités qui nous empêchent de trancher jusqu’à ce qu’ils se révèlent, d’un coup de maître, qu’ils commettent l’erreur fatale. Ses propos appellent à une approbation immédiate comme s’il n’y avait pas à douter tant ça tombe sous le sens. D’un modèle de persuasion bien ficelé. Je me tournai pour apercevoir un groupe d’hommes dans le fond de la salle en grand débat philosophique à n’en pas rater et le laissait me servir sa version de l’histoire. Je n’avais aucun moyen de l’infirmer de toute façon et n’était pas là, le but. Lorsqu’on se retourna vers le comptoir, je le vis sortir un petit calepin et un stylo de sa veste. *Mais qu’est-ce qu’il foutait là ? Il cherche à se vendre comme meilleur information du coin ?*.Ce n’est pas une attitude que l’on peut juger commune. Sa manœuvre avait surement un but qui m’échappait encore. Ça viendrait.
Sa main tendue à mon encontre, j’avais enfin un nom à associer à son visage. J’étais moi aussi très physionomiste et possédais une grande capacité mnésique. Je serre franchement sa main m’amusant de sa remarque que je savais pas fausse. J’avais toujours entretenu une certaine distance entre les psychologues et moi sachant pourtant comprendre la psychologie et l’apprécier mais allais toujours à reculons aux entretiens psychologiques qu’obligeait la Police.

« Terrence, ravi de te servir de thérapie », lui dis-je en souriant. « Hey Jed, tu nous en remets deux, s’il te plait ! », dis-je au gérant derrière le comptoir, plus au match qui passait à la télé qu’à sa clientèle. Il vint nous resservir deux bourbons secs avant de repartir à ses occupations nocturnes. C’était un mec tranquille, j’avais eu à intervenir dans son bar une ou deux fois mais plus à cause de fauteurs de troubles que d’affaires internes.

« Alors qu’est-ce qui t’amène ici si ce n’est pas pour brader ton malheur ? », lui dis-je faisant tournoyer mon verre dans une main. Ses motivations seraient des plus intéressantes, si encore il ne cherchait pas à faire diversion. Il n’avait pas la tête du type venu là pour se mettre la mine. Alors c’était pour quoi ? Tuer le temps ? Lever de la gazelle ? Mais surement pas pour se faire des amis. Ce n’est que par dépit, à défaut de mieux, qu’on s’accroche au seul qui nous parait le plus sympathique ou le plus marrant. Et je n’avais pas ce profil-là, enfin, pas en cette soirée. Alors quoi ? C’est la solitude qui fait faire des trucs délirants ? .... j’avais déjà la réponse à cette interrogation-là ...

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Micky Meyers
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MessageSujet: Re: Un flic en vue [Micky/Terrence] Dim 24 Aoû 2014 - 6:14

Melancholy



Des idées.

Je répondais à sa question, habité par mon rôle dont les lignes se dessinaient devant moi au fur et à mesure que je m'habillais de cette nouvelle peau. Tel était mon don. J'avance, et la route se dresse devant moi. Aucune épingle, pas même un tournant, rien qu'une ligne droite vers mon but.
Mes yeux dans les siens, il ne pouvait que lire la sincérité. Car c'était en effet une montagne d'idées qui me traversaient la tête seconde après seconde, pour mener cette rencontre non fortuite là où je le souhaitais.
Dans les siens, je lisais l'incompréhension. Il ne voyait pas où je voulais en venir. Les idées, des tas d'idées, une tonne d'idées. D'instinct, j'en choisis une.

Il y a quoi ? deux ans... j'étais devant mon verre, exactement pareil que toi avant que je ne vienne en mander un -d'ailleurs merci.


Je le levais et l'approchais de lui avant d'en boire une gorgée, un peu comme un toast sans cérémonie.

J'ai tout plaqué à peu près à cette époque. Sauf ma femme. Ca, c'est elle qui s'en est chargée. L'histoire mélodramatique du pov' mec pour lequel le monde s'est arrêté de tourner, et qui trop lâche pour s'envoyer par le fond dans le Lac Michigan, rêve de se noyer dans son whisky, avant de le boire, lui, son petit-frère, le cadet et finalement, toute la famille scotch y passe, jour après jour.

Micky s'arrêta là. C'était le bon moment pour une pause. Il devait jouer à fond le mec qui donnerait n'importe quoi pour revenir 3 ans en arrière et corriger le tir avec sa femme. Sa main droite entourant son verre, et la main gauche autour, par réflexe conditionné il touchait l'endroit où devrait se trouver une alliance si les choses s'étaient mieux passées dans l'histoire. Jouer, sans surjouer; il porta à nouveau son verre à ses lèvres pour une autre lapée.

Puis un soir, je ne sais pas pourquoi, mais le verre de trop, je ne l'ai pas bu. Je voyais tout, j'entendais tout. Autour de moi, c'était... un peu comme si tout me... pénétrait, tu vois ?
Des discussions insignifiantes aux théories médiatisées, je trouvais des liens, j'associais, dans ma tête.
Je suis rentré, j'ai pris un calepin, un crayon, et j'ai écris des heures durant.


Micky se repositionnait en face de son interlocuteur, Terrence. Ces dernières phrases avaient été accompagnées d'une gestuelle des plus convaincantes.

J'écris. Rien d'officiel. Je n'ai pas la prétention de me prétendre réellement écrivain. Je ne crois même pas en avoir le bagage. Mais au moins, je ne pense plus qu'à ça, et ça m'évite de continuer à sombrer.


Haussement d'épaules, léger. Le type qui a décidé d'accepter sa situation malgré tout.

Le monde m'a sauvé, et il continue de le faire. La télé, les gens, tout ce qui m'entoure... c'est ma vie aujourd'hui.

Les yeux dans les yeux, l'écrivain venait d'aborder une phase pénible de sa vie. Sans entrer dans les détails les plus lourds et difficiles de sa vie inventée, ce qui serait surjouer, il avait simplement expliquer grossièrement d'où il venait, pour expliquer clairement ce qu'il faisait ici, dans ce bar, à taper la discute avec le premier gars à proximité.

Pas à pas, la relation se construisait. Poursuivons l'ouvrage.

Et toi, si tu m'expliquais pourquoi tu regardais ton verre comme si tu voulais plonger dedans tout à l'heure ?
Mais je te préviens, si c'est parce que ta femme t'as plaquée aussi, je fais pas co-auteur.


Sourire. Mettre à l'aise. Intimer la confiance. Chacun son tour, chacun sa petite confession.
Pas de détails, pas de psychanalyse, pas de jugement. Rien que la surface, la rencontre de deux grains de sable perdus au beau milieu d'un désert incompréhensible.
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Terrence Lewis
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MessageSujet: Re: Un flic en vue [Micky/Terrence] Dim 31 Aoû 2014 - 20:22

J’écoutais son discours dans la plus grande méditation. Il avait l’air d’en avoir sacrément bavé dans sa vie, hochant la tête de compréhension ne souhaitant nullement faire de comparaison avec ma situation actuelle. C’est jamais ce qu’il faut faire. On brouille son jugement et très souvent agit à l’inverse de ce que l’on voulait au départ sous l’effet d’une pulsion que l’on regrette immédiatement quelques heures plus tard. Bien que me guette continuellement l’inconscience d’un comportement qui ne me sauvera pas, je sais à présent où va la raison. Tout autant que ce n’est pas au fond de mon verre que je trouverais de réponses à mes questions, ni dans aucun autre d’ailleurs. Mais à défaut d’arriver à faire mieux, on picole dans l’attente d’un jour meilleur, d’un esprit plus clair, d’un autre état.

Il reçut mon verre avec sympathie sans se détourner de son discours, comme l’on vide son sac une bonne fois pour toute afin de ne plus jamais y revenir. Et généralement, ça ne tombe jamais sur un chanceux. On se prend étrangement à se surprendre, un mot puis un autre et voilà que l’on déballe sa vie à un inconnu. Mais parait que les meilleures conversations se font toujours avec des étrangers. Parce qu’ils ne sont pas soumis au jugement et à la connaissance. Parce qu’ils ignorent tout de vous et reçoivent les choses, brutes, sèches, sans pommade ni modération. Les choses sortent comme elles doivent sortir, avec l’intensité qu’on les ressent se fichant éperdument de l’image que l’on renvoie de soi à cet instant précis. Si quelquefois elle fascine pour son naturel peu travaillé et incontrôlé, d’autrefois déstabilise pour manque de discernement. Parce qu’irrédiablement appelle à en faire autant. On se sent pris d’un curieux sentiment d’équité, qui nous pousse à nous aligner à l’autre, sans contrat aucun, sans formalité aucune, sans obligation. Mais déballer ma vie comme ça, me livrer d’une manière froissée et désordonnée, à un proche comme à un inconnu, non, me passe rarement une telle idée par la tête. Mais peut-être que l’alcool me tient en mesures conditions … Parce que parler de moi m’emmerde. Je préfère tout autant prêter l’oreille et suis-je plutôt doué pour écouter les autres. Pas de quoi me prendre pour un grand psychologue. Et je doute autant que mes conseils valent vraiment une bonne thérapie, mais parfois, il suffit pas de grand-chose. Juste de savoir que l’on est entendu. Que quelqu’un nous écoutes et est réceptif à ce que l’on dit. J’aime certainement ça. Parvenir à se décentrer pour voir ce qui nous entoure, ce que pense le monde autour de soi. Oui c’est certain, j’aime ça.

« Ouais, quand on trouve le cran de le faire, on a pratiquement fait la moitié du chemin », lui répondis-je, alors qu’il marque qu’une pause et qu’on retourne à nos verres jamais vides et qu’il reprend.

« T’as écrit … », répétais-je, affirmatif. Un moyen comme un autre d’éviter de sombrer. Un moyen curatif, non toxique et peu invasif. A trop préférer se pourrir la santé … Je souris à sa remarque tel l’écrivain qui pose un copyright sur son histoire, presque fier d’en être le premier. Le premier homme malheureux. Digne d’une déchéance de fierté qui l’alourdisse profondément, impétueusement d’avoir été trop sûr de lui. Je le regardais en cet instant, le figurant dans ce rôle qui lui allait plutôt bien. Qui le rendait presque humble et ne pus m’empêcher de rire.

« Pourquoi ? Parce que j’ai rien d’autre de mieux à faire … », lui glissais-je en réponse, secouant ironiquement la tête. Le ton monte à quelques mètres de nous, deux mecs plus éméché l’un que l’autre, qui se chauffent pour une raison qui m’échappe. Je repose mon verre sur le comptoir et porte machinalement ma main à ma ceinture. Et non, rien sur moi pour les mater rapidement. Pas d’uniforme ce soir … Très vite, le patron du bar intervient et en attrape un pour le faire sortir lorsque l’autre arrive dernière lui et lui fracasse la bouteille de sa bière sur la tête. Je me lève d’un bond et me tourne furtivement vers Micky:

« Ramène-toi, on va pas leur laisser l’occase de s’en tirer à bon compte », lui dis-je avant de foncer dans la foule qui s’agglutine autour des trois individus et de la porte de sortie. Une femme sur ma droite se tient en retrait, téléphone à l’oreille. Les renforts ne sont donc pas loin. Je me fraye un chemin et attrape l’assaillant qui dérouille le boss du bar qui peine à se relever, et je lui envoie un puissant crochet du droit le faisant se ramasser au sol. Dans un tel état, impossible de savoir si Micky a réagi à la positive ou pas …

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Micky Meyers
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MessageSujet: Re: Un flic en vue [Micky/Terrence] Mer 3 Sep 2014 - 8:55

Inch' Allah (mc)


Terrence m'écoutait patiemment. Il ne m'interrompait pas, commentait simplement en ponctuant d'une affirmation ou de tout autre commentaire qui allait dans le sens de Micky.
Ceci étant dit, sa réponse à lui n'était pas aussi fournie que ce que le caméléon attendait. Etait-ce à cause de doutes qu'il avait encore à son égard, ou bien était-ce tout simplement le genre de type qui parle très peu de soi-même ?
Ou les deux, allez savoir.
Ou peut-être encore, que c'était les premières émanations de violence verbale qui s'élevaient un peu loin qui le forcèrent à couper court à son discours. Il était vrai que le ton montait bien plus haut que la normale, et déjà bon nombre de clients du bar se retournaient pour voir qui faisait tout ce tintouin, tout comme Terrence.
Micky souriait en voyant son réflexe de flic: porter la main là où se trouve son flingue. Mais ce soir, il n'y avait rien à la ceinture, alors, comment allait-il réagir sans son arme ?
Mais,voyant Jed se faire choper par derrière par le deuxième type à coup de bouteille de bière, le sourire disparut aussitôt.

Tiens, d'ailleurs... vous avez tous probablement en tête les images des films où les bouteilles s'écrasent sur les crânes en explosant d'un coup ?
Bah c'est des conneries.
Les bouteilles sont préalablement fissurées, justement pour donner cet effet visuel spectaculaire. Mais c'est aussi pour ne pas blesser les acteurs, car en vérité, un simple coup de bouteille de ce genre peut suffire à tuer.

En l'occurrence, Jed s'effondra au sol. Impossible de savoir si le coup  avait été létal ou non. Toujours était-il que le type à la bouteille de bière était passablement dangereux, et semblait tenir déjà une certaine rancune au propriétaire qui avait voulu le virer de son bar, comme tout bon gérant devant faire face à une bagarre dans son établissement.

Terrence se retournait vers Micky, lui proposant de le rejoindre pour calmer les choses.
Le sourire lui revint alors que le flic commençait à se frayer un chemin parmi les imbéciles. Après tout, il devait savoir se défendre. Pourquoi ne pas tout simplement lui dire de rester siroter son verre tranquille, et qu'il revenait tout de suite, le temps de calmer les deux ivrognes ? Il devait en avoir les capacités. Aucune certitude là-dessus, mais à prendre un pari, Micky jouerait dessus.
Au lieu de ça, Terrence l'invitait à la bagarre comme on invitait un pote chez soi pour boire un coup et papoter autour d'un apéritif.
C'est donc que le personnage passait bien.


Je me levais.
Intérieurement, je ne pouvais pas ne pas agir.
D'après Terrence, et je le croyais, Jed était un bon gars. Il avait agit de façon responsable et sans violence en voulant traîner l'un des gars dehors. Et plutôt que de venir à son secours, tous les clients se contentaient d'observer la scène.
La solidarité n'existait plus de nos jours... Si Terrence n'avait pas été là, je ne l'aurais pas été non plus, et dans les journaux de demain, on aurait eu droit à un énième fait divers de violence ayant entraîné la mort ou l'hospitalisation lourde d'un gars qui faisait tout simplement son boulot.
Tsss.
J'avançais à mon tour dans la foule.
Passait encore pour les femmes et les gars secs comme des brindilles. Mais n'allez pas me faire croire que les 5 ou 6 avec la corpulence suffisante pour les immobiliser tous les deux allaient risquer quelque chose en s'y mettant ensemble. Mais non, rien. Aucun de ces 5 ou 6 mecs ne bougeaient. Aucun sauf Terrence, qui pourtant n'en n'imposait pas des masses physiquement -j'étais un peu plus épais que lui, disons-le franchement.
Mais lui, n'hésitait pas. Obéissant à ses principes, il envoyait un crochet à celui qui en voulait au patron du bar, l'envoyant probablement au tapis puisque Micky ne le distinguait plus à travers la foule levée et resserrée autour de la porte de sortie. Joli punch au moins.

L'ancien militaire continuait de progresser dans la foule compactée, écartant de son chemin à grand renfort de moulinets des bras. Satisfaisant à son agacement, toute personne d'une corpulence suffisante pour agir fut attrapée au col par une poigne solide et dégagée sans la moindre douceur du passage de Mike. Lorsqu'en fin, il arriva au premier rang du cercle qui s'était formé entre Terry et les deux ivrognes.
Jed semblait bouger, ce qui était bon signe, mais beaucoup trop sonné pour faire quoi que ce soit. Quant à Terrence, il était maintenant aux prises avec les deux gus et se défendait comme il le pouvait -ma foi plutôt bien, même si de ce que pouvait en juger un soldat entraîné, ses frappes manquaient de rapidité d'exécution et de précision. Mais l'impact était là, et suffisait à lui faire tenir le coup. Pour peu qu'il ait eu un peu plus d'espace pour le combat, aucun doute qu'il aurait mis leur toise aux deux crétins. Cela dit, il ne devait pas cracher sur un semblant d'aide... dans la position dans laquelle il était, à savoir un type qui le maintenait dans le dos, et lui en tenant un entre ses jambes à hauteur du cou.


D'un geste, j'ôtais ma veste et entourais la tête de celui maintenu entre jambes de Terrence avec. Ce dernier donna un coup de pied dans son thorax, ce qui me permit de l'envoyer valser à l'autre bout du cercle.
Délicatement, je pliais ma veste en deux et la déposais au sol, résigné à jouer mon rôle d'écrivain loin des problèmes de ce genre, autrement dit, résigné à encaisser une patate, même si l'idée ne m'enchantait pas vraiment, aussi me fis-je la promesse d'en prendre une, et une seulement. Fallait pas déconner non plus.

Je laissais Terry s'occuper de son type tandis que je me préparais à subir l'assaut de celui que je venais d'envoyer à 3 mètres. Il se relevait d'un pas mal assuré, et pris dans sa main la bouteille de bière avec laquelle il avait probablement attaqué le barman toute à l'heure.
Prendre une patate, d'accord, mais morfler à la bouteille, je suis pas maso non plus...
Tant pis pour le rôle me dis-je. Lui, il allait manger.

S'avançant vers moi en grimaçant, le bras armé, il courut pour faire mal. J'attrapais son poignet armé et enchaînais avec un direct du droit avant de me saisir de la bouteille toujours main droite. Bien que j'étais gaucher, frapper quelqu'un à bout portant de cette manière ne me posais aucun problème, aussi je lui assenais un coup à la tempe pour le sonner définitivement.
Je me retournais aussitôt pour voir où en était Terrence. Cette fois, il était au sol, et se dégageait de l'étreinte de son assaillant en lui flanquant un coup dans le ventre qui l'estomaqua.
J'en profitais pour le ceinturer à hauteur des bras, tout en maintenant sa tête bien droite avec mes mains.

Fais-toi plaisir, indiquais-je à Terrence qui se relevait, l'air déterminé à lui faire chier ses dents.
Et toi ducon, serre les fesses, tu vas déguster.

Et il dégusta. Aussitôt je le laissais s'effondrer par terre en me frottant les mains l'une contre l'autre, un air de dégoût sur les lèvres.

Jamais vu un type avec les cheveux aussi gras,
maugréais-je.

Puis à Terrence.

Dis donc, t'as pas peur toi. Ca te prend souvent de te jeter dans des combats contre deux types armés de bouteille ?

Il n'eut pas le temps de répondre qu'un jeune de 20-21 ans les mains pleines de bouteilles d'alcool en tout genre, traversait le cercle en direction de la sortie.

Et oui, tandis que nous résolvions le problème, d'autres opportunistes sans la moindre moralité en avaient profité pour voler ce qu'ils pouvaient et se faire la malle en toute impunité.
Je m'interposais.

Tu les as payées bien sûr.

Qu'est-ce que ça peut te foutre ?

Ben c'est pas très honnête.

Et alors ? T'es flic ? Ou juge ? Non. Alors trace ta route papy.

Il voulu forcer le passage. J'insistais.

Tu vas être gentil et reposer toutes ces bouteilles.

*Et tenter de me mettre un pain juste après*

Ok...

Il s'exécuta de manière archi prévisible pour un soldat.
Pour un écrivain... disons que j'avais pris la beigne que je me devais à moi-même. Maintenant fini de jouer.

Je lui plaçais un coup de coude droit en plein visage et enchainais avec un uppercut.

*Alors, qu'est-ce que t'en dis du papy hin ? CONNARD*

Un tantinet énervé, je lui flanquais un coup de pied dans le ventre tout pareil que Terry toute à l'heure. Pile à cet instant, d'autres bouteilles se posaient au sol, et deux autres jeunes se ruaient sur moi.
Je contournais la charge du premier en l'envoyant en direction de Terry qui ne devrait, je le supposais, pas manquer de vouloir lui aussi ramener un peu d'ordre dans tout ce bordel. A grand renfort de coups de tatanes si Dieu le voulait.
La charge du second en revanche, je me fis violence pour que l'écrivain que j'étais sensé être la prenne de plein fouet. Je me dégoûtais moi-même de me faire envoyer au tapis par un petit troufion jouant les gros bras, mais tant pis. C'était ainsi.
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Terrence Lewis
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MessageSujet: Re: Un flic en vue [Micky/Terrence] Dim 7 Sep 2014 - 22:49

Je ne pourrais dire ce qu’il s’est passé dans la tête de Micky à ce moment-là. Si le déclic a été le même pour lui comme pour moi. A le voir comme ça, il pourrait étaler n’importe qui sans trop de difficultés. Et on avait pas assez bu pour que cela affecte nos facultés motrices. Face à ses deux ivrognes, on était plus que de taille. Je regrettais seulement de pas avoir de quoi faire le poids en un minimum de temps. Au premier mouvement par terre, un tour de menottes et l’affaire serait réglée. Mais cette nuit serait plus musclée. J’ai tellement de rage à extérioriser que ça devrait être un bel atout de mon côté. Ils tenaient à peine sur leurs pieds mais avaient encore assez de conviction pour faire mal, et je ne laisserais pas faire sous mon nez sans réagir. Et tant pis si à la sortie j’écope de quelques hématomes. La presse tournera certainement ça à sa façon pour ses faits divers. Peu importe. Je n’allais pas laisser Jed se faire marteler de coups, et risquer qu’il finisse les pieds devant. Ce tempérament de feu, je le tiens depuis bien trop longtemps pour espérer qu’il s’estompe avec les années. Actions totalement inconscientes presque suicidaires … Et le départ de ma fille n’avait rien arrangé. J’agissais au firmament de mon âme, prenant conscience de la réalité des choses une fois qu’il est trop tard pour dire stop. Mais impossible de dire stop en cette nuit.

Je me rue sur le premier qui s’en prend au patron, faisant en sorte de me tenir entre lui et Jed pour éviter qu’encore il paye la connerie de cet ivrogne. Il en prend une, se retrouve déstabilisé un moment mais mon erreur fut d’oublier l’autre qui a enfin trouvé celui qu’il lui fallait pour passer sa rage. Je me retourne aussitôt alors qu’il me fonce dessus. Deux trois esquives plus tard, l’autre se relève, et me fait face. Je hausse un sourcil et y vais, pas mieux à faire. Jouant des genoux et des bras, je m’évite pas un coup dans la mâchoire qui me fait reculer. Et ils restent tous là à regarder plutôt qu’à intervenir. L’un deux me fonce dessus et m’entraîne avec lui au sol. Je me défends au mieux pour éviter qu’il me touche au visage, parant le plus que possible. Mes côtes ramassent, mais je serre les dents. Il arme son bras, je me décale au dernier moment sur ma droite, il bascule légèrement vers moi, je lui assène un coup de coude sur le retour, et reprend l’avantage. Retrouvant mes appuis le surplombant, je lui envoie deux trois coups, avant que l’autre m’attrape par derrière et ruine mon offensive. Les bras immobilisés, l’autre a vite fait de se relever pour me rendre la pareille. Mais il galère à enchainer ses coups, je profite donc de ma prise, forçant sur mes bras pour soulever mon poids et enserre sa gorge de mes jambes. Je vois alors Micky surgir de la foule, et ressens un nouveau souffle. Il ôte sa veste dans un geste très chorégraphié presque trop rigide, et la passe autour de la tête du gars, je relâche alors ma prise et l’envoie valser loin de moi d’un coup de pied. Quant à celui qui me retient encore les bras, je l’oblige à reculer, il heurte une table et lâche prise. Une fois dégagé, je remarque qu’un cercle s’est formé autour de nous. Jed, ne se trouve plus là. Certainement, l’ont-ils dégagé en retrait pour qu’il reprenne ses esprits. J’espère qu’il est toujours conscient.

Je n’eus à peine le temps de m’impressionner de la vrille de Micky qu’il me charge déjà, la gueule en biais et l’air rageur. J’esquive son premier coup mais il ne me rate pas sur le second, m’envoyant au tapis. Je secoue énergiquement la tête pour reprendre mes esprits et dissiper la douleur alors qu’il se trouve sur moi, décidé à faire un max de dégâts. Mais le mec s’épuise à chacun de ses coups, j’exploite une brèche et lui assène un coup dans le ventre qui l’immobilise. Le temps de me dégager, Micky le relève et lui empêche tout mouvement, enserrant fermement ses bras et tenant sa tête bien droite. Je souris à la réplique de Micky qui me rassérène. Je lui envoie un méchant coup dans l’estomac et il s’écroule au sol aussitôt que sa prise fut relâchée. Je le vis se frotter les mains avec un certain dégoût et ris et à remarque.

« Alors imagines pas à quand remonte sa dernière douche », lui dis-je en me marrant. Je retrouve mon sérieux lorsqu’il m’interroge sur mes tendances suicidaires et que je hausse les épaules. Je n’eus pas le temps de lui dire que le fait qu’ils s’en prennent à Jed m’avais fait dégoupiller, qu’il interpelle un jeune qui tente de se faire la malle avec des bouteilles d’alcool. Je le vois s’interposer entre lui et la sortie, choisissant la probité au cynisme. Bien que son geste est héroïque, d’un héros qui ne semble pas avoir trop morflé lors du premier round d’ailleurs, je sens qu’on va remettre ça. Je regarde leur altercation, prêt à bondir quand il le faudra. Je vis le jeune poser ses bouteilles au sol. « Oh non … ». Micky ne put s’éviter une beigne qu’il reçut en plein visage mais lorsqu’il contrattaqua, le gamin aurait mieux fait de rentrer chez sa mère. Le môme prit trois coups secs qui aurait dû le décider, l’humiliant en public au passage, mais je vis que d’autres posèrent leurs bouteilles au sol pour venir en découdre. Les accès de violence rendent les gens curieusement animal. « C’était quoi ce bordel ?! ». Plus personne n’a de respect pour personne. Je vis deux autres charger Micky qui m’en envoya un pour rééquilibrer le combat.  
On se sera amusé ce soir. Je l’attrapai par le haut de sa chemise et le fit rouler au sol. Chacun d’un côté on barrait suffisamment l’accès, les gens trop passionnés par la baston n’en sortirent pas, ou alors je n’eus le temps de le voir. Il se releva, alerte et en colère, et me chargea. Ils pensaient véritablement qu’ils auraient l’avantage sur nous ?
J’esquive autant que possible les coups qu’il m’envoi avec rage et fureur, de se faire malmener par des mecs plus âgés qu’eux, et encaisse un maximum pour le fatiguer. Haletant, il fragilise ses appuis et je lui envoie un coup dans le genou qui le déstabilise et le fait s’écrouler à mes côtés. Je le relève sans ménagement, et lui tors le bras dans le dos sans qu’il puisse opposer résistance. Ça avait assez duré. Il ne se retient plus de crier. Je maintiens ma prise pour lui faire sentir qu’il aurait jamais dû sous-estimer la force de celui qu’il a devant lui, le cravate et me mets à gueuler :

« Officier de Police Lewis, le premier qui bouge une oreille, il finit au poste ! Mes amis ne vont pas tarder alors tout le monde reste calme ! ». Je maintiens ma prise sur le bras du jeune homme sans la relâcher. Il se tordait de douleur. Il avait voulu joué, il avait perdu. « Quelqu’un a-t-il appelé les urgences ? », m’exprimais-je à haute voix à l’assistance dont je retenais toute l’attention. Une petite voix murmura un « Oui, ils arrivent, il est encore conscient mais ne se sent pas très bien ». Génial … « Continuez à lui parler, ils ne devraient plus être très longs », répondis-je à la voix sans pouvoir discerner son visage. Les personnes s’écartaient. Jed était assis, adossé au comptoir, et semblait parler à quelqu’un. J’expirais fortement et poussa le jeune en avant le sommant d’aller ranger les bouteilles où il les avait prises. Les sirènes se rapprochaient. Le calme semblait être revenu. Je me tourne en direction de Micky qui n’avait fait qu’une bouchée de son petit merdeux.

« Jpeux te recommander pour une médaille … T’as appris où à te battre comme ça? », lui demandais-je, un air consenti sur le visage, conscient que j’aurais pu commencer tout de suite par ça. Quoi qu’il en soit, il le savait, et peut-être qu’il l’avait toujours su. Dans le fond, ça n’avait plus d’importance. Il aurait tout aussi pu tailler la route et me laisser là avec ces chiens si vraiment il avait eu la haine des flics. Il ne l’avait pas fait.

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Micky Meyers
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MessageSujet: Re: Un flic en vue [Micky/Terrence] Lun 8 Sep 2014 - 11:47

The Revealing (IE)



J'étais au sol, un petit merdeux au-dessus de moi s'apprêtant à me dérouiller avec toute la fougue de sa jeunesse pour lui. Et comme personne n'aurait la judicieuse idée de s'en mêler, c'était donc à moi de le calmer. Mais le calmer façon écrivain ? En acceptant de s'endolorir les côtes ou le visage, tout ça pour avoir été honnête ?
Je réfléchissais... Après tout, si je montrais mes facultés au combat à Terry, qu'est-ce que ça pouvait bien changer ? Il me questionnerait sur ces aptitudes démontrées et ça s'arrêterait là. Je pouvais inventer n'importe quoi pour lui répondre. Je lui avais seulement dit que j'écrivais depuis près de deux ans, mais ma vie ne se résumait pas qu'à cela. N'importe quoi pouvait justifier le fait de savoir se battre sur les 30 autres années que je paraissais avoir vécu.
N'importe quoi, y compris même la vérité.
Je n'hésitais plus.

Le crochet qu'il voulu m'envoyer fut arrêté net au poignet, à deux mains. J'exerçais une force contraire communément appelé clé de poignet, ce qui obligea le jeune idiot à se déporter sur ma droite s'il ne voulait pas que son épaule soit démise.
Le bras croisé sous son buste, je le tenais toujours d'une main. De l'autre, j'agrippais son col, et d'un mouvement d'ensemble, je le levais. Immédiatement je lui envoyais un coup de genou dans le rein gauche, lâchant son col du même geste et armant mon bras pour lui envoyer mon crochet.
Le tenant toujours par son bras droit, je profitais du déséquilibre occasionné pour le faire pivoter davantage sur ses appuis, avant de lui placer une balayette qui lui fit basculer les deux jambes en l'air. Alors, je lâchais toutes les prises et basculait en arrière à mon tour, en parallèle. Je le surplombais naturellement dans la chute, mon coude à l'horizontal dirigé vers son plexus, la main droite en appui sur mon poing gauche replié. Ainsi, une bonne partie du poids de mon corps s'ajouterait à l'impact: il ne s'en relèverait pas tout de suite, c'était certain.
Moi en revanche, je me remis modestement sur mes deux pattes.

J'en avais fini juste assez tôt pour voir le premier voleur de bouteille revenir à la charge.
C'est con des jeunes. Ca comprend vite, mais faut leur expliquer longtemps... J'allais donc lui expliquer une fois encore que le papy lui mettait sa race quand il voulait.

Je commençais par ceinturer rapidement son bras armé, puis lui envoyais un coup de genou dans le ventre. Ensuite j'enchaînais avec suffisamment de coups de poing au même endroit pour qu'il commence à décoller les pieds du sol. Lorsque ce fut le cas, je le chopais à hauteur de l'entre-cuisse et le fit décoller pour de bon. Il fit un demi-cercle au-dessus de moi pour finir s'écraser lourdement au sol sur le dos. Avec ce qu'il avait encaissé auparavant, ça devait être suffisant.

Je me retournais pour voir comment Terry gérait son jeune efflanqué. Je n'eus pas le temps de voir grand chose car il lui tordait maintenant le bras, prenant un ascendant certain. En revanche, je n'aurais certainement pas deviné qu'il se déclarerait ouvertement officier de police dans une telle situation. Pour peu que d'autres personnes aient quelque chose à se reprocher, c'était risqué. Il n'avait manifestement ni arme ni menottes, il était donc vulnérable.
Enfin, façon de parler. Il avait quand même fait ses preuves et cela devait suffire à dissuader.

Maintenant toujours sa proie dans l'impossibilité d'agir, Terry s'enquit de la situation de Jed, en demandant si quelqu'un avait appelé les urgences. Une petite voix dans l'assemblée répondit à la positive. Ce qui signifiait que le show était terminé.
Ainsi, je repassais en mode écrivain.

Terry obligeait son prisonnier à ranger les bouteilles. En passant ma hauteur, il me posait la question à laquelle je ne pouvais que m'attendre. Ce qui me dérangeait davantage, c'était l'avant-question.

Micky n'avait jamais eu de médailles.
Bien qu'il ait risqué sa peau pour le pays en de nombreux guêpiers sur le globe, pas une récompense, rien. Rien d'autre que le speech des gradés sur l'honneur, le devoir et le mérite.
C'était eux les médaillés.
Eux qui donnaient les ordres, et qui restaient suffisamment en retrait pour simplement voir comme ça se passe.
Eux qui décidaient d'un coup de crayon si votre vie avait de la valeur ou non. Eux qui décidaient vers quelles nouvelles horreurs vous envoyer. Eux, encore, qui vous rayent de leur liste d'un simple hochement de tête.
C'était eux les pires. Car si pour les soldats la vie de ceux dans le viseur peut n'avoir aucune importance, pour
eux, c'est la vie de n'importe qui de rang inférieur qu n'a pas la moindre  importance.
Micky détestait les médailles. Pour lui, ça symbolisait tout ce qu'il pouvait avoir détesté au cours de ses 12 longues années de combat. Et ça faisait un paquet de choses.


J'vais t'crever sale flic !

Brisant sur le comptoir une des bouteilles qu'il était assigné à ranger, le jeune n'en n'avait manifestement pas fini de troubler l'ordre public.
Il n'eut pas le temps de lancer sa course sur 2 mètres que Micky apparut devant lui et lui flanqua un coup de tête qui ouvrit l'arcade du sale gosse.
Sans état d'âme, le bras armé qu'il avait saisi, il le tordit, jusqu'au craquement qui acheva de faire crier de douleur le jeune qui aurait mieux fait de ne pas se rebeller contre l'autorité.

Ce que tu viens de voir, c'est dans la rue qu'on l'apprend.

Micky se retournait vers l'officier Lewis en laissant croupir l'autre gus au sol.

Le reste, à l'ar...

AAHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHH !
J'ai maaaaaaaaaaaaaaalllll !
Bâtard de tes morts, fils de pute allez niquez vos mères poulets de mes...


Micky détestait qu'on l'interrompe.
Et par-dessus tout, il détestait qu'on lui hurle presque aux oreilles. Alors puisque cette bouche aux insultes florissantes était le fruit de son exaspération, il décida de couper court au florilège de grossièreté en assénant lui-même un coup de bouteille derrière la tête.

On s'entendait plus causer...
Dis, tu vas pas m'emmener au poste moi aussi ?


Après tout, il venait de péter le bras de quelqu'un, de sans froid, juste sous le nez d'un agent de police, alors qu'il aurait très bien pu s'en passer. Terry le savait. Allait-il lui en porter rigueur, obéir scrupuleusement à son manuel ? Ou bien alors considérer que c'était mérité, et que ça lui servirait de leçon ?
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Terrence Lewis
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MessageSujet: Re: Un flic en vue [Micky/Terrence] Lun 15 Sep 2014 - 22:27

Certaines personnes ne sont habitées que par des intentions mauvaises et des pensées malsaines. Qui ne pensent qu’à leur intérêt avant celui des autres. Qui se fiche de leur prochain, à moins qu’il ne contribue à ce qu’ils souhaitent obtenir. Un prochain qui se retrouve inclut dans un plan qui le dépasse. Mais rien de bon n’en ressort jamais. Jamais ne revient la sainteté. Il y aura toujours quelque chose qui viendra susciter leur convoitise. Tel l’homme est fait. D’archaïque et de primitives pensées. Les mêmes qui nous poussent dans le pire à commettre le pire. Qui réveillent des pulsions endormies en situation d’urgence. Il arrive parfois que l’on parvienne à déceler ce que quelqu’un a de mal tout de suite, et d’autres fois, où il nous faut attendre, nerveusement, qu’il se déclenche. Dans notre situation actuelle, il n’a suffi que de quelques minutes pour que règne le chaos. Minutes suffisantes pour en voir certains profiter de l’occasion. Mais Micky ne l’avait pas entendu de la même façon. Il reste des personnes prêtent à se battre coûte que coûte. Prêtent à défendre leurs valeurs et prouver que la race humaine peut aussi accomplir de grandes choses. Néanmoins, nous n’avions que la force pour faire asseoir nos convictions en cette soirée. Et bien qu’en arriver à de telles extrémités m’énervait au plus haut point, parfois il n’y a qu’une seule chose à faire. Alors on a foncé dans le tas.

Je m’expose espérant ramener le calme dans tout ce bordel, quitte à me mettre à découvert. Un risque certain. Mais si les esprits parviennent à s’apaiser … Il fallait désengorger la situation, qui arrivait en butée d’un chaos le plus total. Et je n’avais pas envie de voir ça se produire sous mes yeux pour protéger mes intérêts propres. Qu’importe, surement Micky l’aurait appris tôt ou tard. Je ne me trouvais pas sur le circuit, je n’avais donc moins à risquer. Néanmoins, je gardais à l’esprit qu’une telle annonce pourrait désappointer certains. On ne peut jamais réellement savoir ce qu’il se passe dans la tête des gens.
Je sommais le gamin d’aller reposer ce qu’il avait pris et reporta mon attention sur Micky. Certes, il s’éloigna en grommelant. Il devait certainement l’avoir en travers. De s’être fait avoir par un flic. On est pas franchement très apprécié dans certains quartiers. Et la plupart réagisse avec nous à l’opposé de ce que l’on peut attendre, juste parce que l’on porte l’uniforme. Il est vrai qu’on en entend tellement sur les flics de la ville dont certains s’emploient particulièrement à ternir notre image, que tout le monde en paie le prix. Soit, je ne me focalise plus sur tout ça. Je fais mon job pour ce qu’il a d’honorable et de moins honorable, faisant en sorte de rendre ma posture la plus loyale possible. Et pourtant, j’ai la rancune mauvaise. Je pourrais tout aussi bien charger le casier de ce jeune con pour s’en être pris physiquement à moi, mais ça ne me rendrait pas plus serein. Certainement les années s’en chargeraient. Quand il en aura marre de manger des coups, il finira bien par réfléchir si encore cela lui est accessible.

Je questionnais Micky sur ses habilités au combat lorsque s’éleva derrière moi un bruit sec de verre brisé et des paroles que j’avais beaucoup trop coutume d’entendre. Il n’avait pas digéré l’humiliation qu’il venait de subir et la folie qui n’animait n’avait pas décru. Prévisible. Je me détourne précipitamment, et le vois foncer sur moi, les yeux révulsés, brandissant sa bouteille brisée. Je n’eus pas le temps de cogiter que Micky s’interpose entre lui et moi et ruine son offensive d’un coup de tête qui l’expédie violemment au sol. Un craquement sec suivit un hurlement de douleur s’élevèrent et emplirent toute l’atmosphère de la pièce. En moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, il l’avait mis au tapis. Je reçus les paroles de Micky dans un haussement de sourcils alors qu’il se retourne vers moi pour asseoir son discours. Il poursuivit mais sa phrase fut interrompue par un assaut d’insultes proféré à notre encontre par le jeune homme qui n’avait toujours pas compris qu’il fallait fermer sa gueule. Je vis le visage de Micky brutalement changer. C’était pas bon. Le premier de mes réflexes aurait dû être d’intercepter son geste et le retenir d’achever ses complaintes. Mais il fut plus rapide. La bouteille vint s’abattre sur son crâne et ramener aussitôt le silence. Un silence tel l’on retient son souffle, s’évitant le moindre bruit de peur de provoquer la fureur du bourreau. Et certainement était-ce ce que ressentait l’assistance. Un rien violent le Micky.

« Hm ouais, il avait son compte tu sais … », lui dis-je avec désapprobation. « Je vais pas t’embarquer, tu m’as sauvé la mise, mais tâche de te maîtriser à l’avenir », repris-je ne sachant réellement comment il me fallait interpréter son comportement. Je ne faisais pas du ramassage de cadavres ma tâche favorite. Mais peut-être en était-il au point qu’un cadavre ou un million ne fasse plus la différence à ses yeux. J’avais été l’initiateur d’un tel déballage de coups de poing. Difficile de prévoir le comportement de chacun dans ces cas-là et d’ensuite juger les attitudes extrêmes. S’il ne m’avait pas filé un coup de main j’aurais vite été dépassé par les événements. Je ne me leurrais pas.

Une équipe d’ambulanciers déboule dans le bar, et je leur indique où se trouve la victime. Je me prends alors à penser qu’au vu des derniers événements, c’est plus d’une ambulance qu’il faudra et en intercepte un au passage pour le lui signaler. La Police ne tarde pas à arriver, et sécurise l’accès, empêchant d’entrer et sortir.
Je me porte à la hauteur de celui en charge qui me reconnait aussitôt. Je lui fais un rapide débriefing de ce qu’il vient de se produire, identifiant chacune des personnes incriminées et le laisse à son travail, en lui souhaitant bon courage. Ils en auraient certainement pour une bonne heure le temps d’éclaircir l’affaire et surement autant les jours à venir. Je reviens vers Micky, pas vraiment chaud pour passer le reste de la soirée ici.

« On bouge ? Tu n’auras qu’à repasser au commissariat demain, j’enregistrerais ta version des faits », lui proposais-je ne souhaitant pas interférer auprès de mes collègues. Ça allait être beaucoup de paperasse mais tel le veut la procédure. J’irais certainement m’assurer de ma santé du patron du bar dans la matinée de demain. Il allait subir toute une batterie d’examens avant d’espérer pouvoir reprendre le taff. Ça me faisait juste chier que ça finisse de la sorte dans son bar. J’avais eu à intervenir plusieurs fois chez lui mais jamais les choses n’avaient autant dégénérer.
Nous primes la direction de la sortie et dûmes batailler pour se frayer un chemin à travers la foule qui s’était amassée devant le bar pour voir ce qu'il venait de se produire. Attitude des plus malsaine et écœurante, on y revenait.
Au passage du bain de gens, à se retrouver ballotté d’un côté de l’autre, je parviens enfin à m’extirper et gagner la rue. Soudainement, un petit bruit sec attire mon attention, je me retourne brusquement et constate que les clichés, tirés sur polaroids de mon enquête en cours, sont étalés sur le sol. Des photographies du corps inanimé d'une jeune femme, abandonné dans un parc, de la scène où fut commis le crime, en plongée ou ciblé sur chaque partie de son corps qui présente des marques et celle d’elle, souriante et épanouie devant la résidence de ses parents. Je m’empresse donc de ramasser tout ça avant d’attirer les regards suspicieux me damnant déjà de les avoir fait tomber.

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MessageSujet: Re: Un flic en vue [Micky/Terrence] Mer 19 Aoû 2015 - 9:17

Dangerous (WT)



Tout était redevenu très calme. J'étais Monsieur-tout-le-monde, et j'avais asséné mon dernier coup davantage sous l'effet de pulsions d'un gars de la rue que d'un soldat. Le résultat pour mes oreilles avait été salutaire. Pour l'assistance... c'était comme un nuage de tranquillisant qui remettait tout le monde dans le droit chemin. Quand je pense que ma mère me soutenait que la violence ne résolvait aucun conflit, et que je devais cesser d'être incessamment en colère... Un bien curieux discours quand cette même autorité maternelle exige de vous d'incorporer l'armée.
Enfin. C'était du passé.
Au présent, je ne savais pas si j'avais frappé de façon létale. Pour sûr, le jeune ne bougeait plus. Mais entre inconscience et décès, il y avait une différence. Surtout en public.
L'air désapprobateur -et même moralisateur- de Terry en disait long sur ce qu'il pensait de ma dernière action. Il n'avait pas nécessairement tord, je le savais. Aussi ne lui fis-je pas remarquer que ce fut précisément en tentant d'agir sans trop de violence qu'il aurait pu lui-même y rester. Et pourtant, il y avait fort à parier qu'un ou plusieurs de ses collègues avait fait les frais de trop de gentillesse. Ce monde n'est pas fait pour les gentils. Mais peut-être aussi voulait-il montrer, en toute circonstance, que lui ne commettait pas d'excès de zèle. Oui, peut-être bien que Terrence était du genre à accorder la deuxième chance, voire la troisième.
Une faculté qui se perd assez vite en grandissant dans l'horreur. Et de l'horreur, il devait en voir assez régulièrement.

Il fallut une petite minute pour entendre les sirènes retentir au loin. Encore une pour voir débarquer les ambulanciers. Pendant ce temps, Terry s'était enquit de l'état du tenancier, et Micky était allé voir le jeune aux yeux fermés. Prenant son pouls avec minutie, il était manifestement vivant. En revanche, il aurait une telle bosse au sommet du crâne qu'il pourrait bien gagner deux centimètres à sa prochaine mesure.
Captant le regard du policier, l'écrivain lui fit comprendre que la morgue attendrait pour le petit caïd au verbiage si châtié -pas très longtemps s'il s'évertuait à rester aussi con.
Lorsque les ambulanciers pénétrèrent dans le bar, beaucoup de clients sortirent ou s'éloignèrent. Micky fit les deux, restant assez proche de l'entrée du bar pour que Terry le retrouve facilement une fois qu'il en aurait fini avec les renforts en uniforme qu'il avait probablement mandé pour asseoir la sérénité.
Lorsqu'il revint, il semblait assez affecté par cette fin de soirée. Rien d'étonnant. Même si, en toute omniscience, Micky avait largement vécu assez de choses pour que ceci soit aussi insignifiant qu'une cacahuète, ce ne devait pas être si simple pour un Terrence Lewis ayant vécu dans un monde... presque aussi délicat qu'une rose avec toutes ses épines.

« On bouge ? Tu n’auras qu’à repasser au commissariat demain, j’enregistrerais ta version des faits »

Aïe. Là t'es mal Mick.
Qui dit version des faits dit relevé d'identité. Or, tu es soit mort, soit personne. Dans les deux cas, fait pas bon être interrogé. Bien vu. Ca t'apprendra à sauver les fesses d'un poulet. Va falloir te sortir de cette merde vieux.


J'acquiesçais à sa demande, lui emboitant le pas dans la cohue. Car naturellement, en plus des clients qui restaient, appareils à la main pour en parler à tout le monde demain, les badauds eux aussi affluaient, tous aussi curieux les uns que les autres.

Entre deux jeux d'épaules pour se frayer un chemin, j'entendis un bruit sec, et vis Terry s'arrêter aussitôt puis se baisser l'instant suivant. Je me baissais également, l'aidant à rassembler les plus lointains de ce qui était des clichés d'un de ses dossiers. Jetant un œil nonchalant à celui que j'avais en main, je vis une femme étendue, très pâle, avec des marques violacées significatives à hauteur du cou. Une jeune femme morte par strangulation, au beau milieu de la verdure. Je lui tendis le cliché, regardant le deuxième que je venais de ramasser d'un œil tout aussi furtif. Mais cette fois, quelque chose attira mon regard. Au lieu de tendre à son légitime propriétaire ledit cliché, je le gardais près de moi, l'inclinant légèrement pour profiter d'un meilleur jour pour mon analyse.
Je me relevais. Quelque chose sur cette photo me chatouillait le neurone. Mais quoi ?

Mick... tu ne pas t'en empêcher! Espèce d'idiot.
Allez, puisque tu y tiens tant. Réfléchis rien que deux secondes. J'ai déjà trouvé.


C'était dans son allure, déjà. Toute droite, les jambes légèrement fléchies. On l'aurait déposée là que ça ne serait pas étonnant le moins du monde. Et ces escarpins... ils étaient bien trop propres pour avoir fouler l'herbe et la terre. A moins que cette fille ne lévite, elle n'avait pas pu se rendre au beau milieu de la verdure seule.

Biennnn. Tu vois quand tu veux.

Terry me sortit de mes pensées. Il m'apparut alors indispensable d'expliciter mon comportement à l'instant.

Je t'ai déjà dis que j'exerçais en tant qu'écrivain. Je ne sais plus si je l'ai précisé, mais ce qui m'intéresse le plus, ce sont les thrillers. Pas bien original, je sais, mais ça force à réfléchir aux scènes de crimes, et plus précisément, aux indices pour remonter la piste de l'assassin. Qu'il y en ait, ou qu'il n'y en ait pas d'ailleurs, tout est exploitable. Et là... je peux te dire avec certitude que cette jeune femme n'est pas morte des suites d'une rencontre fortuite dans je ne sais quel espace vert. Pour tout te dire, je mettrais ma main au feu qu'elle n'est pas morte dans cet espace vert, mais qu'elle y a simplement été déposée.


Je voyais dans ses yeux que j'avais attiré sa curiosité. Mais j'interrompis mes réflexions à voix haute malgré tout. D'abord, parce que ce n'était pas mon boulot, et que fourrer son nez dans les affaires macabres des autres n'était jamais très conseillé.
Ensuite, parce que de toute façon, les autres clichés étaient déjà rentrés à la va-vite dans le dossier, et qu'il me fallait un peu plus de matière pour creuser mes pensées.
Je lui rendis sa photo en le regardant droit dans les yeux. Je savais que j'en avais bien trop fait en une seule soirée, et pourtant, au fond de moi, une flamme inextinguible brûlait de s'emparer des autres photos pour mettre le doigt sur un autre élément qui confirmeraient les premiers.

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Terrence Lewis
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MessageSujet: Re: Un flic en vue [Micky/Terrence] Sam 12 Sep 2015 - 17:51

J’allais surement longtemps entendre parler de cette soirée, et la première chose à laquelle je penserais, serait que j’y étais venu dans l’unique but de me bourrer la gueule. Il fallait que je fasse quelque chose, que je change quelque chose, j’ignorais quoi mais il fallait vraiment que je le fasse. Si je ne pouvais prendre la route et foncer jusqu’à L.A à chaque fois que m’éprend le manque de ma fille, la bouteille ne me rendrait pas mes souvenirs d’elle plus clairs, pas plus qu’elle ne m’assurerait de meilleures nuits. Nuits auxquelles je renonçais peu à peu. Retrouver la terreur d’un silence bien trop lourd, bien trop profond, m’en faisait préférer l’ambiance chaude et moite des bars et cette cacophonie ambulante à la fraîcheur d’un whisky. Sale habitude. Je ne voulais pas devenir comme tous ces flics qui ont troqué leur insigne contre une flaque, blasés par les prouesses judiciaires et une criminalité en hausse qui n’a plus peur de rien.
En cette nuit, j’avais eu ce que je voulais en matière d’animation … mais je n’y avais rien gagné. A part, peut-être, cette étrange complicité avec un écrivain mélancolique. Mais n’est-ce pas eux les meilleurs ? Et ne disons-nous pas qu’il suffit parfois d’une discussion avec un parfait étranger pour parvenir à voir les choses différemment ? Qu’il n’y a de meilleure ouverture d’esprit ? Penser que l’on s’apporte mutuellement quelque chose que ce soit en bien ou en mal amène toujours à réfléchir sur le fondement même de ce qu’il nous apporte et de ce que l’on décide que cela nous apportera. A savoir si la place qu’il prendra sera tenir dans un sac à dos ou dans un sac à main. Tout n’est-il question que d’importance, de hauteur, d’affection ? Une altération dans notre façon de voir les choses … Une inclinaison à ne voir que d’une seule façon ?

Alors que nous faisions des pieds et des mains pour sortir du bar et que j’essayais de ne pas m’exaspérer face aux comportements des gens en réaction à un accident, je ne pus empêcher mon dossier de chuter au sol dans la cohue, m’empressant cependant au mieux de ranger ça vite fait. Mais le document, muni de nombreuses photographies s’est étalé sur le sol éparpillant la paperasse un peu partout. Et dans ma hâte, je ne pris pas attention à l’examen que fournissait Micky sur l’une d’elle.

« Bordel ! », poussais-je face à cette situation déplorable qui me faisait toujours entretenir une étrange relation avec mes dossiers comme cela aurait pu être le cas avec les victimes. Cela me  donnait l’impression d’avoir bafoué ce lien, au regret de parvenir à l’établir. D’être passé à côté du plus important, alors que j’en connaissais toutes les lignes, toutes les images, tous les mots.

C’est lorsqu’on finit par tout ramasser que Micky s’adressa à moi sans quitter des yeux la photographie qu’il avait toujours dans les mains. Je n’eus le temps de m’interroger qu’il m’expliqua ce qui l’interpellait. Je le regardais longuement avant de fixer mon regard sur les détails qu’il a repéré en ne la visionnant que quelques minutes seulement. Une centaine de questions affluaient à mon esprit, que je tentais de maintenir en sourdine pour l’instant.

« Mais encore ? ». Lui répondis-je, alors qu’il semblait maîtriser son sujet à la perfection, comme s’il l’avait côtoyé. Je voulais bien croire à son histoire, et son besoin de réalité dans ses ouvrages en s’inspirant de faits réels, mais à le voir comme ça, il me filait plus l’impression d’un professionnel en la matière que d’un homme intéressé.

« C’est comment ton nom déjà ? Que si je te trouve dans une librairie je ne passe pas à côté d’un best-seller », lui dis-je dans un sourire, lui faisant savoir que ses propos étaient recevables et qu’il avait toute mon attention. Je n’étais pas contre d’avoir un avis extérieur. Bien trop souvent on se borne à ne voir que d’une façon, et pensant avoir tout vu passe à côté de l’essentiel. Tout ce qu’il pourrait apporter de nouveau à l’enquête était bon à prendre. Et cela même si ce n’est juste que pour déceler un cheminement différent qui saurait déboucher sur une piste nouvelle. A ce stade de l’enquête, tout se valait. Je m’en irais vérifier tout ça de mon côté afin d’éviter d’ébruiter des soupçons de pistes non vérifiées et peut-être, connaîtrais un rebond. Bien que je puisse garder à l’esprit de tomber dans une impasse. Ça valait le coup de s’y attarder, elles méritent toutes qu’on s’y attarde. Qu’on prenne un peu plus de temps, qu’on fasse entorse à des principes plus conventionnels, qu’on laisse la parole à un parfait inconnu quand bien même je ne sais rien de l’identité de ce parfait inconnu. Mais c’était un risque à courir. N’en prenais-je pas constamment après tout ? Ma vie était une perpétuelle prise de risque alors que chaque jour ne me levais en me disant d’en prendre un peu moins, à faire plus attention. L’importance était bien trop grande pour ne pas remettre ses concessions à plus tard. Tout comme je ne pourrais jamais être un flic à moitié. Et cela, qu’importe que la nuit je m’adonne à quelques courses de rue. Nous avons tous nos vices cachés. Ça ne fait pas de moi un mauvais flic pour autant, à négliger mon travail et bâcler mes enquêtes pour raison d’être occupé ailleurs, non. Je fais toujours tout à fond et entièrement, sinon, ne m’y engage pas, refusant même cet avant-goût. Ce qui explique certainement le pourquoi je suis seul actuellement. A quoi bon vivre une relation que je sais ne saurais mener jusqu’au bout, si c’est pour la vivre à moitié. Ce n’est profitable pour personne. Et la conception que Micky avait à m’offrir, en cet instant, serait, peut-être, cette petite lumière dans l’obscurité, que j’attends, désespérément.

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MessageSujet: Re: Un flic en vue [Micky/Terrence] Jeu 11 Aoû 2016 - 0:53

Ça, c'est vraiment toi

Terrence Lewis, qui était loin d'être le dernier des cons, avait l'air aussi intéressé que suspicieux à l'instant précis où Mick faisait son petit exposé. Intéressé, parce que les propos lui parlaient. C'était son monde, son langage.
Et suspicieux, parce que c'était sa raison d'être, et que quand quelque chose paraît trop beau, et bien ce n'est effectivement qu'une façade à 99,9%.

Micky devait sûrement déjà savoir qu'il en avait bien trop fait. Mais moi, qui suis omniscient, je peux vous affirmer qu'il fera encore des siennes jusqu'à une heure avancée de la nuit. Tout simplement parce que c'est un genre de... junkie. Voilà c'est ça, un gros camé aux scènes de crime. S'il en voit une, c'est automatique: tout un flot d'informations passent de ses yeux à son cerveau et intègre un scénario qui, lorsqu'il rencontre un blocage ou une superposition impossible, voudra à tout prix comprendre pour corriger le puzzle.
Vous connaissez Monk ? Cette série policière dont le héros est un ancien policier tellement toqué qu'il passe aux yeux de tous pour un abruti fini. En fait, c'est un génie de logique dont les tocs lui permettent justement de remettre en ordre les nœuds cornéliens d'une enquête policière. Et bien Mick est exactement pareil, à ceci près qu'il n'est pas un ancien flic, qu'il n'est pas toqué (pas trop), mais surtout parce qu'il se fout complètement de mettre un tueur derrière les barreaux. Après tout, il travaille pour des mafieux et passe d9errière les presse-boutons alors, question scrupule, il est recalé direct. Lui, la seule chose qui l'intéresse, c'est la logique des événements produits, ou à produire dans quelques cas.
Mais assez blablaté. Reprenons le fil du début de l'histoire liant Micky à Terrence là où nous l'avions laissée, c'est-à-dire au moment où le flic s'accroche à ses soupçons, et pose des questions.


Je savais très bien que je ne devais pas répondre. Micky Meyers était officiellement mort, quelque part dans le foutu désert du Moyen-Orient, et ça n'avait pas même été l'objet d'un fait divers. Je trouvais une parade tout en souriant à la flatterie.

Un best-seller... si seulement tu pouvais avoir raison ! Déjà trouver un éditeur, ce serait bien. Et pour cela, il faudrait que je finisse mon histoire.

Le ton employé devait laisser à penser que l'histoire en question en était encore au stade des élévations.

Mais, si tout cela se confirmait, le roman paraîtrait sous le nom de Robert Manhattan.

Je fis un pas de côté en faisant signe à Terry de m'accompagner. Les urgentistes sortant les blessés, les mouvements de foule reprenaient, et tous deux préférions les éviter. Par ailleurs, c'était plus agréable de discuter à l'écart des sirènes et du brouhaha général. Aussi, tout en nous écartant du bar, j'expliquais mon patronyme.

Robert c'est pour Robert Ludlum. Peu connaissent, et pourtant, c'est l'auteur de la trilogie Jason Bourne.

Note du narrateur, pour vous, profanes littéraires et cinématographiques à qui le nom de Jason Bourne ne dirait rien, sachez que c'est le héros des livres intitulés la Mémoire, la Mort et la Vengeance dans la Peau, largement dévoilés au grand public par les films éponymes qui, soit dit en passant, sont certes bourrés de scènes d'actions garantissant une bonne soirée divertissement, mais ne valent pas une boîte de clous à coté des bouquins, ce en dépit d'une trame assez fidèle, reconnaissons-le. Par contre, je m'interroge encore sur l’authenticité du prochain opus, bientôt disponible dans vos cinémas Evil or Very Mad //CENSORED//Evil or Very Mad

Je me tournais vers Terry en m'arrêtant.

Rassure-moi: tu connais cette trilogie, n'est-ce pas ?

Nous reprîmes notre marche, et j'expliquais l'autre partie du patronyme.

Manhattan, ne représente pas la grosse pomme, ce serait trop facile. La référence vient du Docteur Manhattan, dans Watchmen.

Note du narrateur bis: si vous ne connaissez pas Watchmen... et bien, sachez que même ma grand-mère connaît, ce qui est assez peu rassurant sur votre propre cas ! Alors stop les Breaking Bad, Walking Dead et autres Game of Throne, regardez tout ce dont Micky vient de parler que vous ne connaissez pas encore.


Pour faire court, c'est un être omniscient, et c'est de cette façon que je narre dans mes écrits. Et c'est là que la réalité diffère.

Nous étions à présent suffisamment loin de la foule pour discuter à l'aise.

Dans un livre, les indices sont laissés pour susciter au moins l'intérêt du lecteur, en l'amenant à penser comme un détective. Dans la réalité, les indices il faut les trouver. Une idée communément acquise par la plupart des écrivains de polar que j'ai lu, c'est qu'une scène maquillée est d'autant plus difficile à faire parler. Personnellement, je trouve qu'il n'y a rien de plus faux, et je te le prouverai.
Mais pas ici. Il fait trop sombre, et tu n'as sans doute pas envie que tous les passants puissent jeter un œil à une enquête fédérale.


J'emmenais donc Terry à un bar quelques 500 mètres plus loin. Il n'y avait jamais grand monde passé 23h-minuit. D'abord, parce que les alcools servis étaient tous bas de gamme, et que le patron ne servait pas plus de 3 fois de suite au même client. L'autre raison, inconcevable dans la tête de l'américain moyen, c'est que ce bar n'avait pas même une télé cathodique. En d'autres termes, c'était l'endroit parfait pour être assis, avec juste de la lumière et une boisson chaude. Je commandais donc deux cafés en payant d'avance, et pris l'initiative d'ouvrir le dossier à une table un peu plus loin, en attendant que son légitime propriétaire revienne avec les boissons.
J'analysais les clichés les uns après les autres, les reprenant, les comparant, les joignant pour retrouver les sensations du photographe et comprendre ce qu'il désignait. J'y voyais plus clair, mais il me manquait une pièce essentielle, quelque part. Je la reniflais, comme un loup sent sa proie, je savais mon indice présent, mais encore dérobé.

Terry revint à la table. Mick planchait encore sur ses devoirs. Evidemment, moi, je sais déjà tout. Ca gâche un peu le plaisir, parfois, mais j'aime encore bien la façon qu'à mon personnage d'exposer ses théories. Appréciez dont.

Je vais te dire ce que j'en pense, selon mon humble point de vue. Je ne sais pas si cela t'aideras ou non... en tout cas, je ne peux absolument pas te dire qui saurait être le coupable, mais, ne devais pas t'attendre à des miracles, pas vrai ?

C'était entendu. Micky n'avait lu que le rapport médico-légal, histoire de s'assurer qu'aucune substance suspecte n'avait été retrouvée dans l'organisme de la femme, et qu'aucun viol n'avait été commis. Le reste de la paperasse -> oubliettes. Seules les photos parlaient. A partir de là, Micky commença à parler, comme s'il avait été tout seul, en train de raconter à son verre de bourbon comment il voyait la suite de l'intrigue dans son chapitre 8. L'ensemble de l'exposé – la synthèse surtout – devait au moins permettre à Terry de resserrer l'étau.

Comme je te l'ai dis, la femme n'est pas morte à cet endroit: on l'y a déposée. Ce qui signifie que ce n'était pas un meurtre de sang-froid: on peut donc exclure la mauvaise rencontre où le vol qui aurait mal tourné. Je précise car, manifestement, c'est ce vers quoi le coupable voulait nous orienter. Si tu regardes ici...

Je retournais une photo...

Et là...

Et une autre...

Tu peux voir des pigmentations différentes sur sa peau. La première prend la forme d'un collier, et la seconde, d'une bague à l'annulaire, probablement une alliance de mariage. Un voleur qui connaissait la victime aurait pu vouloir cacher le corps, mais certainement pas aux yeux de tous dans un square très fréquenté. Quant à un voleur inconnu de la victime, il n'aurait pas même bougé son petit doigt. Donc, c'est une fausse piste, ce qui nous indique que le coupable a eut assez de temps pour commettre son méfait, et réfléchir à une façon de le maquiller. Sans parler du temps de transport. Ce comportement, on le retrouve seulement dans les profils de meurtriers qui connaissent les habitudes de leur victime, autrement dit, un proche: famille, ami, voisin...
L'autre indice, c'est le fait d'avoir délibérément laissé le corps en vue de tous. Le meurtrier voulait qu'il soit trouvé aussitôt. Pour l'arranger. Car plus longtemps le corps reste introuvable, plus la situation l'incommode. Ce qui me fait dire que non seulement la victime connaissait son agresseur, mais qu'elle le voyait assez régulièrement pour qu'une absence d'une seule journée soit un bouleversement de ses habitudes.


Je fis une pause, ressentant le besoin de boire mon café. Non pas que j'eus la gorge sèche, du tout. En vérité, j'avais le cerveau en ébullition. J'avais besoin d'un petit coup de fouet pour trouver le truc qui me manquait encore. Ce faisant, je déblatérais sans forcément de rapport ce qui pouvais me passer par la tête.

Scène maquillée... Un proche, très proche... Pas de sperme, pas de rapport, pas de frustration alors. Crime passionnel écarté. Alors quoi ? Mari ? Amant ? Ex ? Non, pas l'ex. Allez Mick. S'est cru malin le gars, il t'aura pas. Et les bijoux ? Vendus peut-être. Ou cachés.

Je faisais défiler les clichés devant les yeux en état d'alerte maximum, le regard aussi perçant qu'un aigle traquant sa proie.

Qui tue une femme, et la dépose dans ce square. Pour qu'on la trouve. Mais pourquoi là ?

Je m'arrêtais, relevais la tête vers Terry.

Pourquoi là ?

Biieeennnn mon gars. Allez creuse. Tu souris comme un couillon, mais t'es sur l'voie.

C'est vrai ça. Si c'était juste pour que la police, ou même n'importe quel passant trouve le corps, il suffisait de le déposer dans la rue, ou même à l'entrée du square, mais pas là, à 300m après l'entrée prin...

Allez allez ! Sors ton carnet ton crayon ! Maaaaagne. Tu l'as, laisse pas filer ! Fais ton croquis, voilà – putain c'est moche, enfin, on y comprends à peu près.

Regarde. Ca, c'est l'entrée. Là, le corps. Et ici sur le côté, c'est le passage de Magnus Way. Du corps à l'entrée principale la plus proche, il y a seulement 300m, alors pourquoi faire 300 mètres avec un cadavre sur les bras si c'est pour le laisser bien en vue ? Sinon pour éviter les caméras. Même masqué, être pris en flagrant délit de déplacement d'un corps ferait tombé la piste de la mauvaise rencontre des suites d'un vol. Donc, le type a préféré passer par Magnus, l'entrée la plus proche et dépourvue de caméras. A peu près 600m à pied de là au corps. Ce qui veut dire que le coupable connaissait le parc. Il savait que cette entrée n'était pas surveillée, et que le passage était peu fréquenté à cause de la végétation à la pointe. Il connaissait les lieux ! Et parfaitement. Le gars savait exactement par où passer pour qu'aucun junkie ne le croise, tout en rejoignant un axe pratiqué par les joggeurs du matin.

Pas mal garçon. Tu t'es bien défendu. Il te manque un truc mais bon... fallait le voir. Je ne peux pas t'en tenir rigueur. J'aime bien ton sourire. C'est un peu comme un enfant tout content d'avoir fait son premier puzzle 300 pièces. Et moi j'ai le sourire du mec qui, nostalgique, fait abstraction de son dernier 5000 pièces pour te féliciter hypocritement.

Rassemblant les clichés, je faisais le point dans ma tête, rapidement. Tout était bien cohérent. Pas de cible précise à désigner, mais peut-être que cela suffirait à aider Terry... Je lui présentais le tas de photos pour qu'il puisse les ranger son son dossier.

Flash.

Je les repris aussi sec.
J'envoyais valser un cliché. Puis deux, puis trois. Je pris l'autre. En parallèle du premier. Me penchais.

Salopard !

Je parcourais et éliminais les autres clichés vitesse grand V. A telle vitesse, le jeu du couteau fissurerait la 4D. Et je trouvais, analysais... comprenais. Quel enfant de pute. Je t'ai eu fils de.
J'arborais le sourire de mes 4 ans. Fieffé connard. Maquiller sa scène de crime au premier niveau n'était pas suffisant. Fallait encore qu'il creuse. Le problème à Chass'taupe, c'est que d'temps en temps, la personne qui a le marteau tape au bon endroit au bon moment.

Je sais pas c'que tu en penses, mais moi, j'ai comme dans l'idée que cette femme prend vraiment soin d'elle. Je n'avais pas remarqué au premier abord mais... rouge à lèvres, phare à paupières, fond de teint, mascara... du commun, mais curieusement, pas de vernis. Et plus encore, des ongles coupés grossièrement, et surtout pas limés. Coupés par un autre. Pas possible autrement. Donc, par le tueur. Elle l'a peut-être griffé. En tout cas, elle s'est débattue. Et pour ne pas qu'on retrouve des cellules de peau, il a coupé ses ongles au coupe-ongles. A raz. Ce qui est très détonnant avec le reste. Et puis, là...

Je montrais le cliché du gros plan sur sa main gauche.

Elle se ronge les peaux. Et on voit une infime trace noire en fond.

Décelable uniquement à ceux qui se rongent eux-mêmes les peaux.

Du vernis. Le type a sûrement usé de dissolvant si les ongles – et le vernis – ont été abîmés pendant la dispute. Avec les traces résiduelles du dissolvant et du vernis, tu devrais pouvoir retrouver le coupable, sachant que le gars en question côtoyait cette femme quotidiennement et que le sexe n'était pas son motif.

Il s'arrêtait là. Pas un mot de plus. Pas même un 'fiou, c'tait coton mais, j'ai fini par mettre le doigt dessus'. Rien. Juste, la satisfaction d'avoir précisément mis le doigt dessus. Là gamin, tu m'impressionnes. J'te dis bravo.
Mais... tu t'es mis dans une sacrée merde quand même.
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MessageSujet: Re: Un flic en vue [Micky/Terrence]

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Un flic en vue [Micky/Terrence]

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