Partagez|

This is a game... or maybe not [Isa/Micky]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
AuteurMessage
Micky Meyers
avatar
MESSAGES : 1333
DATE D'INSCRIPTION : 12/02/2014
AGE : 26
MessageSujet: This is a game... or maybe not [Isa/Micky] Mar 18 Fév 2014 - 6:27


One Step Closer



Micky avait quelques appréhensions à venir à San Diego. Il n'y avait jamais mis les pieds, ne savait pas du tout à quoi s'attendre, s'il allait s'y plaire, si la communauté était conservatrice au point de sortir la 22 quand un nouveau débarquait... Mais tout s'était très bien déroulé après son installation. Mieux, tout continuait d'aller encore maintenant.
San Diego est une ville où on a peu de chance de s'ennuyer. Pour quelqu'un qui, comme notre nettoyeur, a la chance de pouvoir profiter de beaucoup de temps libre, c'est un point très important. Et il n'est pas déçu. De jour comme de nuit, la ville est une vraie fourmilière.

En cette soirée d'une douce chaleur, Micky se rendit comme il l'avait déjà fait pas mal de fois dans le quartier Gaslamp. Il y allait souvent. D'abord parce que pour jouer à être un autre et faire des rencontres d'un soir, il n'y a pas mieux que les bars, cafés ou discothèques. Ensuite, parce qu'il aimait bien l'allure du quartier, ce petit on-ne-sait quoi dans l'atmosphère qui fait sourire niaisement lorsque se balade dedans.

L'ancien militaire avait la démarche assurée, le pas assez rapide. Il était en reconnaissance, jaugeait l'ambiance à chaque porte, lorsqu'il trouva son bonheur.
Micky entra et se dirigea droit vers le bar. Il commanda une bière, bien fraîche, et s'assit juste derrière le comptoir. Sa boisson lui fut servie aussitôt, en but une gorgée, puis entama son petit rituel.

Quand on vient, comme lui, pour taper la discute voire plus si affinités, l'important est surtout de ne pas se prendre la tête. Pas besoin de chercher midi à quatorze heures, juste d'avancer et de parler. Le reste coule tout seul.
Pas besoin, non plus, de passer 3 heures à analyser chaque personne en présence, et de s'approcher d'une d'entre elle qu'après avoir déterminé une bonne partie de son caractère. Non, vraiment pas besoin. Micky est ce genre de mec qui devient une toute autre personne en 30 secondes chrono. Sans se vanter, si c'était un art, il serait détenteur de 5 ou 6 Oscars. Depuis le temps, c'était devenu assez instinctif pour lui. Il savait au moins qu'elle était la première carte à abattre. Quand aux autres, c'est le jeu qui les décide.

Micky baladait son regard dans la pièce. Comme d'habitude, il y avait un coin où ça bougeait pas mal: éclats de rires, voix hautes, grands gestes et boutades amicales. Et puis un autre coin où on maudissait le premier d'être si heureux, crachant sur leur insouciance, leur jeunesse ou leur peu de maturité.
Malgré son boulot, malgré ce qu'il avait fait, Micky persistait à penser qu'il n'était pas un mec si mauvais, et surtout pas méchant. Ce sont ceux qui avaient exigé de lui qu'il fasse ce qu'il fit qui étaient mauvais. Pourtant ceux-là étaient bien à l'abri, cachés très loin en-dessous d'une épaisse couche de merde.
Micky n'aimerait pas être jugé, et ne juge pas. Du moins pas dans son naturel. Et pour ce soir, il n'avait pas envie de feindre le pur produit de la politique d'insécurité mondiale ou de l'anti permissivité de la jeunesse.
Ne pas se prendre le tête. Quand on n'a pas envie d'être un personnage, on ne le joue pas.

Il tourna donc la tête avec bien plus d'envie du côté le plus animé du bar. L'ambiance était même un peu plus festive qu'elle ne devrait. Anniversaire ? Pré-enterrement de vie de garçon ou de jeune fille ? Aucune idée, mais ça s'amusait bien.
Micky tâchait de trouver avec qui il allait bien passer sa soirée. Il optait pour un petit blagueur visiblement bien porté sur la boisson, lorsqu'il la vit.
Cheveux bruns châtains, coiffure impeccablement soignée, tenue seyante, un rien aguichante. Il ne pouvait plus la détailler de là où il était, mais à voir une table de mecs qui lui jetaient des regards emplis d'envie, le reste du portrait devait être au moins aussi plaisant.
A sa droite, une jeune fille qui semblait plus jeune, laquelle discutait avec son voisin de droite, laissant la cible de Micky à la merci du groupe de 3 gars qui se trouvaient à sa gauche et ne cessant de lui jeter des regards en biais. Finalement... c'était presque une bonne action d'aller vers elle.

Micky ne prit même pas le temps de finir sa bière. Il la repoussa sur le comptoir et commanda un mojito. Il ne sut trop dire pourquoi, mais son instinct lui disait que c'était plus approprié. Le caméléon changeait de couleur, et tandis que Micky contournait le comptoir pour se diriger vers elle, le personnage se façonnait de lui-même: charmeur, sportif, drôle, courtois et simple.

Il passa derrière elle et vint s'asseoir de son côté gauche, repoussant du même coup la tentative timide d'un jeune à l'air avorton qui aurait sûrement bégayé en lui proposant un verre.
Sûr de lui, c'est ce qu'il devait paraître.
Son mojito en main, il en but une gorgée puis pris la parole.

M'excuserez de m'imposer comme ça, mais j'étais pas vraiment choyé niveau compagnie.

Il avait attiré son attention. Son visage d'ange s'était tourné vers lui, et là il pouvait le dire: le portrait était encore plus beau vu d'ici. Son maquillage de circonstance, noir, lui donnait un petit air de femme fatale que ses iris noisette adoucissait avec un sourire qu'il devinait agréable.
Il ne fallait pas qu'elle puisse en placer une. Tout de suite, il devait l'intéresser.

J'étais assis à côté de l'espèce de gaucho là-bas.


Du regard, il désigna celui qui fut son voisin du temps où il buvait une bière, arborant un grand chapeau et un foulard noir, qui, ma foi, auraient pu faire très bien, s'il n'avait pas une ceinture aux couleur de l'arc en ciel et des pompes de cadre supérieur. L'ensemble était franchement pas accordé, et ne manquerait pas de faire rire n'importe qui ayant un tant soit peu de goût vestimentaire.

Pas très causant comme mec. Pourtant j'ai essayé l'espagnol, mais rien à faire.


Il n'avait pas lâché le gaucho du regard en parlant, son verre de mojito contre sa joue droite. Il laissait ainsi à la jeune femme toute l'opportunité de le jauger lui. Chacun son tour après tout.

Ce jour là, il avait un look qui le rendait plus jeune. Décontract, simple, mais sans faute de goût aucune. Chaussures de ville de marque, noires, jean de marque, teinte claire, ceinture de marque, boucle en argent, design plaisant, marron foncée, une chemise blanche laissée ouverte au col, motif dragon géant dans le dos, cachée par une veste marron foncée raccord avec la ceinture, plutôt courte à la taille, laissée ouverte, faisant jeune sans entrer dans la catégorie pour ado.
Pour les accessoires, il avait un anneau sur l'annulaire gauche, cachant son tatouage à cet endroit, un autre, tournant, au pouce droit, un bracelet de cuir poignet droit, une chaîne sur la veste et un collier au cou, lequel ne tombait pas très bas puisqu'on voyait entièrement la croix par l'ouverture de la chemise.
Sans qu'il ne le sache aucunement à l'avance, ces petits accessoires pouvaient lui faire gagner quelques points, la jeune femme à ses côtés en étant elle-même visiblement friande.

Micky posa son verre devant lui. Il l'avait amusée, mais ça ne suffirait pas. L'étape pour en être plus proche, c'était de véritablement la faire rire. Il ne s'était passé que quelques secondes depuis son entrée en matière, et se tourna maintenant vers elle avec un sourire doux.

Du coup j'étais parti pour avoir des contacts physiques avec le comptoir, jusqu'à l'embrasser quand j'aurai définitivement trop bu, mais je vous ai vu, ne prêtant qu'une oreille distraite à votre voisine blonde à droite qui manifestement est en pleine phase de rentre-dedans avec son voisin.

Ce disant, Micky regardait par-dessus l'épaule de la jeune femme, un sourire amusé finement dessiné, même pas feint.

Alors je me disais que quitte à la supporter, autant être deux et s'amuser un peu.
Moi c'est Jérémy.


Un dernier sourire, il fit glisser son verre de sa main droite à sa main gauche pour lever la première et la tendre vers elle, pour une poignée de main polie.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Isabella Nicolosi
Smooth Criminal
avatar
MESSAGES : 1757
DATE D'INSCRIPTION : 20/10/2012
MessageSujet: Re: This is a game... or maybe not [Isa/Micky] Mar 18 Fév 2014 - 22:07

Une belle voiture noire neuve et brillante se frayait tranquillement un chemin entre les milliers d'autre de San Diego. On ne pouvait pas voir les personnes à l'intérieur et ce n'était pas parce qu'on était en pleine soirée. De nuit, comme de jour, on ne pouvait pas distinguer quoi que se soit à l'intérieur en raison des vitres teintées et c'était tant mieux pour la passagère habituelle.

Le chauffeur ne jetait aucun regard à l'arrière, concentré sur sa route et sur les environnements. Son boulot, c'était d'emmener sa passagère d'un point A à un point B en temps, en heure et en un seul morceau et non observer ses états d'âmes. Il ne ferait un commentaire que si elle le demandait et il n'interférerait dans ses affaires que si elle l'exige, par un quelconque signe sinon il reste à l'écart, c'était leur accord et il était un homme d'honneur.

La passagère, qui n'était rien d'autre qu'Isabella, regardait à travers la vitre, perdue dans ses pensées. Depuis les derniers événements, elle n'avait plus cette impulsivité naturelle, ce regard pétillant naturellement ou encore ce sourire instinctif. Dorénavant, et malgré son séjour dans des pays des plus exotiques et accueillants, elle ne quittait plus cet air lugubre dans le privé.

La voiture s'arrêta devant dans un parking, près d'un club. Isabella ne sortit par immédiatement, et le chauffeur non plus par conséquent. Elle respira, inspira et tenta de chasser plusieurs images de sa tête. Loin de San Diego, elle les avait presque oublié mais maintenant qu'elle était de retour, elle était dans l'obligation de faire face à nouveau à tous ses crimes et à tous ses morts, de ses mains ou non. Comment avait-elle donc pu faire tant d choses si froidement ? Elle ne le savait plus du tout. C'était désagréable. C'était un cauchemar.

Elle se susurra "pas ce soir" et se fredonna une petite chanson quelques minutes, au rythme de la radio. Petit à petit, elle se mettait dans la peau du personnage qu'Isabella voulait refléter au monde entier. Il était hors de question qu'elle paraisse faible ou torturée, hors de question de laisser voir aux autres à quel point elle était invulnérable ... Non. Forte, sereine et sûre d'elle, voilà le message qu'elle devait véhiculer.

Elle finit par relever la tête et regarder son chauffeur. Ce simple regard suffit pour qu'il descende de la voiture et ouvre la porte. Elle inspire une dernière fois, affiche un sourire merveilleux et sort. La métamorphose n'est évidemment pas complète mais elle ne pouvait plus interpréter l'innocence parfaite. Elle avait gagné en maturité, en gravité ... elle était dorénavant plus femme qu'enfant.

Elle entra dans ce club et se dirigea tout droit vers un groupe. On l'accueille chaleureusement, on lui pose mille questions sur ses dernières folies soient claquées école et semestre pour un séjour en Italie suivi d'un autre en Chine, ce qu'elle a fait là-bas et rapidement, accessoirement, ce qu'elle compte faire. Cependant, les esprits étaient déjà ailleurs et cette soirée qui était censée être en son honneur n'était qu'une excuse parmi tant d'autres pour fêter. Isa ne le prit pas mal et au contraire, incita à ce que tout le monde passe un bon temps, blaguant, riant ... Plus d'un lui font remarquer qu'elle a changé, qu'elle est moins "coincée", moins "retenue" ... S'ils savaient seulement à quel point le changement était profond et mauvais. Ce qu'ils voyaient n'étaient qu'une apparence. Très rapidement, le groupe commence à se disperser pour un partenaire ou pour une boisson et la dernière "survivante", une blonde, commençait déjà à discuter avec un type, cherchant visiblement - et désespérément - à attirer son attention. Elle remarqua également quelques regards en biais de certains, leur envoya un petit sourire et ne fit rien de plus.

Elle ne ramperait pas aux pieds de qui que se soit. C'était pitoyable. L'idéal était que la personne vienne à elle. D'une, cela prouvait qu'il avait du cran et de deux, elle n'avait pas à faire mille courbette. De plus, elle ne doutait plus de son physique ou de son air et savait qu'elle attirera certains. Elle l'avait remarqué dans son séjour et elle avait compris qu'une de ses forces restait son physique. Oh extrême comme logique ? Pas du tout. Malheureusement, elle n'était pas encore une séductrice experte mais cela s'apprenait au fil des soirées, au fur et à mesure des rencontres. Elle avait déjà fait un gros chemin en ITalie et Chine ... s'éloigner des parents avait du bon.

Elle commençait à se dire qu'il n'y avait que des peureux dans ce club ou qu'elle n'était pas très à la hauteur lorsque Micky fit son apparition avec son mojito. Elle remarque avec un certain amusement la facilité avec laquelle ce type avait repoussé un petit jeune qui voulait aborder Isa. Il commence immédiatement à parler et se montre très drôle. Elle ne peut que sourire et davantage, esquissant un sourire réellement sincère - une première depuis el temps - lorsqu'il désigna un type vêtu de la manière la plus grotesque possible. Isabella aime la mode et autant dire que ce spectacle l'horrifiait comme la faisait rire.  Elle en profita pour le détailler plus en détail :beau, soigné, bien habillé, drôle et entreprenant. Elle appréciait.

Par contre sa remarque sur l'espagnol la fit tilter. Généralement, sur San Diego, les gens savaient quand parler espagnol ou anglais selon la personne.

- Vous ne semblez pas du coin. Vous venez d'où ?
, demanda-t-elle avec une voix douce et le regard "adorable". Elle avait joué si longtemps la petite fille innocente qu'il n'était pas compliqué de paraître un tantinet insouciante - ajoutons un tantinet car clairement, elle n'était plus la gentille Isa de l'époque -.

Lorsqu'il parlait d'une éventuelle rencontre avec le comptoir après une bonne dose d'alcool, elle fit une fausse mine triste, comme si elle compatissait à cette perspective de fin de soirée. Elle leva les yeux au ciel, en signe de désespoir, quand il parla de son amie en discussion avec le type.

- Entre nous, je trouve cela décevant. Elle vaut bien mieux et elle se coltine ... ça, dit-elle tout en faisant signe à l'amie en question de se retourner, de se concentrer sur le looser sur qui elle avait jeté son dévolu pour ce soir.

Déjà avant sa trahison et son kidnapping, Isa était très exigeante avec son entourage et ses liens mais maintenant, elle était devenue carrément titilleuse. Elle savait compris qu'elle ne pourrait pas vivre récluse et qu'elle ne pouvait pas éviter tous les grands méchants loups mafieux. Elle avait aussi compris que tout le monde n'était pas de méchants mafieux, Italiens ou Russes peu importaient. Alors pour un bon compromis entre ces deux concepts et éviter un maximum de déceptions ou de risques, elle aimait choisir attentivement, même les rencontres d'un soir. Elle se disait que si elle se faisait avoir, qu'elle se fasse avoir par le meilleur mafieux, ou dragueur ou autre connerie. Tant que c'était le meilleur, elle s'en fichait. Elle serait presque sans regret de tomber dans le panneau. Ainsi ... dorénavant, toute personne devait être bon dans un domaine : professionnel, drôle, escroc, beau ... etc Etc.  

Il finit par dire son prénom et présenter sa main. Elle le considéra quelques secondes, se demandant si elle devait lui donner une chance ou pas. Elle finit par répondre à cette poignée de main, en rendant le sourire au passage.

- Je veux bien. Je dirais même que j'avais besoin d'une compagnie, dit-elle en plongeant ses jolies yeux marrons dans ceux de "Jeremy", Comme on risque de passer une bonne partie de la soirée ensemble, on se tutoie plutôt. Isabella, mais tu peux m'appeler Isa.

Elle lissa rapidement sa robe noire, simple et moulante, faisant cliqueter plus d'un bracelet argenté autour de son poignet. L'un, c'était un accessoire "collé" à la peau presque, comme ces bracelets égyptiens. Tout le monde était loin de se douter que sous ce tas de ferrailles se cachaient des tonnes de petits objets aiguisés pour couper des cordes ou crocheter de petites serrures comme des menottes. Maniaque et parano, elle l'était oui.

Un coup d'œil en biais à son verre de cocktail non alcoolisé, vide. Elle aurait voulu un petit verre mais en raison de sa "minorité" soit moins de 21 ans, elle avait quelques difficultés à commander dans certains bars. Mine de rien, ils étaient vraiment stricts aux USA sur ces histoires là. Son âge ? Environ 20 ans. Il lui fallait encore patienter une petite année. Jusqu'à là, sa solution était de fausses cartes ou , comme ce soir, se faire inviter par un bel homme majeur. Maintenant, à voir s'il allait avoir l'initiative de proposer ce verre.

- Et donc on va s'amuser comment ce soir ?


Hormis finir - éventuellement - dans un même lit, avait-il une toute autre idée de la notion amusement ? Oh, à force d'oser ces rencontres, elle avait commencé à connaître plus d'un spécimen et non, elle n'était pas le genre de fille qu'on bourrait et qu'on emmenait peinard chez lui. Même si elle le voulait, son "chauffeur" qui faisait office de garde du corps n'autoriserait pas. Son contrat était de ne pas intervenir quand elle était pleinement consciente or un état alcoolique n'était pas un état de "conscience".

_________________


Who am I?
And where are we?



Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Micky Meyers
avatar
MESSAGES : 1333
DATE D'INSCRIPTION : 12/02/2014
AGE : 26
MessageSujet: Re: This is a game... or maybe not [Isa/Micky] Mer 19 Fév 2014 - 8:28


Special Needs



Le gaucho lui fut bien utile. Celle qui allait devenir sa comparse pour ce soir avait manifestement été choquée par ce style vraiment trop horrible pour une jeune femme de goût. Mais plus encore, elle avait sourit, sans se forcer. La soirée semblait bien engagée.

Lorsqu'elle lui demanda d'où il venait, Micky se demanda un temps si la jeune femme n'était pas une de ces personnes possédant "l'oreille absolue", celle qui vous dit quel bip correspond à quelle touche du téléphone, ou se montre capable de déceler n'importe quel accent familier dans n'importe quelle voix. Ceci n'étant ni un sujet très marrant ni qu'on puisse aborder après 12 secondes d'échange, il se contenta de répondre très simplement qu'il était originaire du Maine, dans une petite bourgade sympathique où il fait bon élever un enfant, mais qu'il n'y serait pas resté toute sa vie de toute façon, que l'alchimie et l'atmosphère de San Diego lui correspondait plus tel qu'il était maintenant. Une réponse à la fois sobre, mais assez développée, histoire de montrer qu'il avait suffisamment de conversation pour ne pas en rester à une nom de ville.

La réponse sèche et son attitude lorsqu'il eut engagé l'échange à propos de la voisine blonde en pleine séduction faisait ressortir un tempérament exigeant, et hautain. A la limite du sentiment de supériorité. "Se coltine... ça", les yeux au ciel, Isa, comme elle se présentait par la suite, semblait être aussi agacée que dégoûtée du peu de discernement dans le choix de la blondinette.
Quand je vous disais que le jeu allait décider de lui-même des cartes à abattre. Cela dit, la partie n'était pas gagnée.

Avant d'empoigner la main tendue de Jeremy, Isa avait eu un instant d'hésitation. Elle était donc réservée ou en tout cas très méfiante. Ce qui se confirmait par "on risque de passer", comme si elle appréhendait la suite et se préparait déjà à regretter son choix.
Cela aurait pu décourager n'importe qui. Pas Micky. Car là, Isa touchait à son naturel. Le vrai Micky aime les challenges, car ils sont reflets d'un caractère affirmé. Et cela lui plait beaucoup.
Pour bien montrer qu'il n'était pas homme à se laisser intimider et repartir l'air penaud aussi simplement, il plaça un petit "pas de soucis" à sa demande -ou plutôt, son injonction- à se tutoyer, agrémenté d'un petit clin d’œil qu'on jurerait être automatique. Il n'avait aucune raison de s'en faire. Elle ne l'avait pas repoussé, bien au contraire, elle lui accordait le siège voisin pour aussi longtemps qu'il saurait l'intéresser. Et il y était déjà parvenu, sans quoi elle l'aurait directement éconduit. Alors même si le plus délicat restait à faire, il n'avait aucune raison de se sentir mal à l'aise. A tout bien y réfléchir, c'était peut-être même une sorte de test qu'elle lui faisait passer. Après tout, une jolie jeune femme comme elle ne devait pas en être à son premier assaut; elle avait dû apprendre à ériger des barrières le temps d'en savoir plus sur le téméraire. Alors pourquoi s'en faire ? Il n'avait qu'à rester le même: drôle et souriant, sans se montrer puéril. Où était le problème là-dedans ? Micky est le meilleur dans le domaine. Personne ne parvient à briser la glace aussi facilement que lui. Ou s'il y a quelqu'un, il ne l'avait toujours pas rencontré.

Jeremy regardait sa voisine lisser sa robe, tout en faisant cliqueter son attirail métallique. Elle avait fait cela juste après s'être présentée, un peu comme quelqu'un qui jusqu'au dernier moment avant de passer un entretien, veillerai à soigner son apparence. Cela pouvait signifier deux choses: soit elle était vraiment très scrupuleuse quant à sa tenue, soit l'apparence de Micky lui avait suffisamment forte impression pour qu'elle ne tolère pas le moindre pli sur sa robe. Dans les deux cas, elle apprécierait les compliments s'y rapportant.
Il s'apprêtait à les lui faire lors-qu’après avoir jeté un regard en biais à son verre vide, elle lui demanda comment il compter l'amuser. Exigeante, ça, il n'y avait pas de doute. Micky sourit. Il avait un petit jeu pour elle, et venait de lui offrir l'opportunité de le commencer.

Avant de t'expliquer comment on va s'amuser, laisse-moi te dire que contrairement au gaucho, ton style me plait beaucoup. Je te trouve ravissante, et j'irai même jusqu'à dire que tu portes la robe mieux que beaucoup de femmes à San Diego.

Plus enrobé qu'un vague, traditionnel et plat "je te trouve trop belle", cela ne devrait pas manquer de flatter et son orgueil, et son penchant pointilleux, pas vrai ?
Micky continua.

Toutefois, il y a un truc pas raccord. Tu es à sec.


D'un regard il désigna son verre à elle.

Dans un endroit comme celui-ci, et vu l'animation qu'il y a, ça fait limite dépressive. Tu te laisserais tenter par la même chose ?

Il avança son propre verre pour lui faire comprendre ce qu'il lui proposait. Il attendit sa réponse avant de poursuivre.

Tu vas voir, je vais demander à Kevin Spicey -barman!- il va te servir ça tout de suite.
La même chose,
lança-t-il à celui qu'il avait interpellé. Ce dernier hésita un instant. Il se doutait bien que Micky ne commandait pas pour lui, son verre était encore plein aux 3/4. Il jaugea alors Isa. Elle faisait vraie jeune femme mais on pouvait s'interroger sur sa majorité absolue. Un regard de Micky l'air de dire "me fait pas passer pour un tocard" décida l'homme à servir son verre à la demoiselle. Tandis qu'il le faisait, Jeremy chuchotait à l'oreille d'Isa.

Regarde, de profil. Kevin Spicey.

Le barman s'éloigna après avoir pris le billet que lui tendait Micky.

En blond et avec une petite balafre au menton, mais sinon, on dirait lui.

Et le barman revint pour apporter la monnaie, avant de retourner à ses autres clients.

Micky n'avait aucune idée si Isa avait compris ou non pourquoi ce petit trip sur Kevin Spicey. Mais il partait du principe qu'un acteur aussi connu et à la tête aussi singulière que lui avait une chance de lui être familier. Il lui expliqua alors en quoi consistait son petit jeu.

Voilà comment on va pouvoir s'amuser ce soir. On regarde les personnes autour de nous, et on laisse aller notre imagination, puis on se dit à qui il nous font penser. Acteurs, chanteurs, célébrités... ou mieux encore, des personnes qu'on a connu dans le passé, genre camarades de classe, c'est souvent l'occasion de se rappeler d'anecdotes amusantes.

Un petit sourire. Le jeu était original et pouvait se révéler absolument tordant, il en avait déjà fait l'expérience. En fait, c'était comme cela qu'il s'amusait avec Erwan, son meilleur pote dans l'armée.
Quand les bleus arrivaient, c'était leur petit jeu. Une façon pour eux autant de tuer le temps que de s'évader.
D'une certaine manière, Micky refusait la mort de celui qui avait partagé sa vie pendant plus de 8 ans. Ce petit jeu, c'était sa façon à lui d'en rester aussi proche qu'ils l'étaient.

Ne laissant rien transparaître de ses émotions intérieures, il bu une gorgée de son mojito avant de lancer Isa.

Moi j'ai Kevin Spicey, à toi maintenant.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Isabella Nicolosi
Smooth Criminal
avatar
MESSAGES : 1757
DATE D'INSCRIPTION : 20/10/2012
MessageSujet: Re: This is a game... or maybe not [Isa/Micky] Sam 22 Fév 2014 - 14:45


This a game or maybe not
Micky Meyers & Isabella Nicolosi



Isabella avait grandi dans un confort et un luxe non négligeable depuis sa plus tendre enfance. En effet, ses parents ne l'avaient que très rarement privé de quoique ce soit et elle pouvait presque compter sur les doigts d'une main le nombre de non. En somme, elle n'avait jamais manqué de rien. Elle aurait pu  devenir une gamine pourrie-gâtée à la jeunesse gâchée mais non, elle avait été trop "intelligente" ou trop "sage" - à vous d'en décider -, et avait rapidement compris qu'en étant la parfaite fillette à maman et papa, elle pourrait continuer à obtenir tout ce qu'elle désirait sans taper du pieds. Si au départ, ses motivations de travail avaient été le "gain", par la suite, elle avait développé un besoin de plaire à papa, d'être toujours à la hauteur de ses attentes et de lui ressembler à la fin. Il était beau, il était persuasif, il était calme et il était maître de son monde. Elle l'admirait et l'avait en modèle. Elle l'avait tant et tant écouté, pris au sérieux chaque conseil donné comme rester présentable, toujours polie et souriante même si la personne en face nous donnait des envies de meurtres et choisir attentivement son entourage ou du moins bien la connaître.

Même si elle était en colère contre lui, suite aux événements, elle appliquait davantage ses conseils. Elle avait compris que sa force était son apparence - un brin machiste me direz-vous mais c'était la mafia - et ce qu'elle voulait bien montrer. En public, Isabella était rayonnante et souriante, un brin superficielle peut-être au vu de sa manie à toujours s'assurer que sa robe est lisse, qu'une mèche ne dépasse pas de sa chevelue et ce genre de choses et enfin, un brin insouciante. Cependant, elle aimait dire qu'elle n'était qu'étudiante. Oui, seulement une étudiante très aisée.

Ainsi donc, elle ne faisait que sourire face à la remarque de Jeremy au sujet de son accoutrement ou sur sa beauté. Il était éloquent, enrobant joliment chaque phrase banal pour la rendre un brin plus spécial et plus intéressante à écouter. Elle aimait entendre les hommes la complimenter sur son style ou sur sa personne, cela signifiait qu'il y avait de fortes chances qu'elle ait réellement taper à l'œil disons et donc qu'elle avait réussi à paraître comme elle le souhaitait. Ce besoin d'être séduisante n'était pas juste une folie passagère mais un moyen de se "protéger". A défaut d'avoir des poings, elle avait un cerveau et un corps. Elle devait savoir en user.

- Merci.

Elle ne voulait pas lui retourner le compliment dans l'immédiat. Elle voulait voir ce qu'un silence signifiait pour un homme face à une telle déclaration.  Allait-il mal le prendre et partir ? Allait-il mal le prendre et s'entêter encore plus à l'avoir ? Au contraire, s'en ficherait-il ? Elle observait, curieuse.

Il finit par remarquer son regard en biais vers son verre vide et réagit rapidement. Au moins, Isabella pouvait le féliciter pour son attention : il semblait attentif à beaucoup de détails, aussi infime soient-ils.

- Je n'avais pas grand chose à faire jusqu'à maintenant, à part boire mon verre. Je veux bien tenter ce que tu me proposes. Si je n'aime pas, peut-être que j'en commanderai un autre.

Elle ne commandera jamais un autre. Isabella s'était fixée des règles strictes au sujet de l'alcool :

Tout d'abord, elle ne boit pas plus d'un verre. Ensuite, elle boit très lentement et pas vite, histoire de ne pas subir trop violemment un quelconque effet de l'alcool. Enfin, elle garderait toujours une main par-dessus si jamais elle quittait le verre des yeux. Quant aux restes des verres commandés, elle trouvait toujours un moyen de s'arranger avec le serveur ou le barman pour qu'ils veuillent bien remplacer sa boisson alcoolisée, par du non alcoolisée. Il faut dire, quelques billets verts étaient d'une forte utilité.

Tant d'exigences étaient peut-être ridicules quand on était accompagné d'un garde du corps. Malgré tout, Isa s'entêtait à garder ce rythme pour deux raisons. D'une, elle ne faisait pas du tout confiance à qui que se soit et même pas à cet homme de main qu'elle avait dégotté elle-même et qui semblait remplir parfaitement son rôle. De deux, elle craignait de se laisser aller dans l'alcool et de s'y noyer avec tous ses souvenirs. Ce n'était pas le moment de perdre pied ... elle n'avait plus le droit. Une erreur et c'était tout un projet qui tombait à l'eau, c'était une mort peut-être imminente, un danger plus grand ... Non. Elle se devait d'être clair et garder la tête froide.

Et puis il était plus drôle de remarquer les erreurs ou les coups de maître de ses conquêts ou ratés du soir !

- Vu comme ça, Elle suivait donc son regard et examina le barman, cherchant des similarités avec Kevin Spacey. Elle le comprit lorsque Jeremy ajouta des détails comme "en blond, avec une balafre", Tu dois aimer le cinéma pour y voir immédiatement une telle ressemblance.  

Par contre, elle ne se demanda pas du tout pourquoi cet acteur en particulier. Il y avait vu une simple ressemblance, voilà tout pour Isabella.

Jeremy s'était démarqué avec un jeu qu'on n'avait jamais encore proposé à Isa - en boîte sous entendons -. Loin de l'ennuyer, il n'en était que plus intéressant et attisait la curiosité de la jeune Italienne. Elle récupéra son verre, but une petite gorgée et se tourna vers la piste de danse, cherchant une figure qui ressemblerait à quelqu'un de connu.

Actuellement, elle ne souhaitait pas se souvenir de figures du passé ... tout son être ne pensait plus qu'à ces êtres ensanglantés ou à ces morceaux de cervelles sautés. Pas très charmant et pourtant, cela avait été son quotidien il y a quelques mois. La première cervelle qui avait explosé au moment de son kidnapping, une seconde suite à sa fugue en étant tombé par le plus grand hasard sur une tueuse à gage qui avait éclaté donc un autre mafieux et une troisième au moment de son retour, quand il fallait en finir avec cette histoire de guerre intestine en matant le chef de ces rebelles. L'histoire était compliquée et connue qu'au plus haut niveau, soit sa famille et la crème de la crème des hommes des Nicolosi. Isa n'a été entraîné que par la faute à son père : on croyait qu'elle était sa faiblesse. Ils se sont tous lourdement trompés : Tiziano avait gardé la tête froide et ne s'était pas laissé apitoyer par les pleurs de sa fille à l'autre bout d'un fil ou par les photos. Elle le comprenait mais elle ne pouvait s'empêcher de le haïr. Dans les faits ... Il l'avait abandonné !

Elle aurait pu déprimer sincèrement mais elle s'était laissée prendre au jeu de Jeremy. D'ailleurs Elle avait trouvé sa victime :

- Là ... Je dirais Emma Watson. Du moins un petit air, un peu plus âgée, plus femme peut-être et les cheveux courts. Verdict ?

Elle désignait une femme en train de faire quelques pas de danses et quelques déhanchés sur la piste. Il faut dire que le lieu avait son propre éclairage et il était miraculeux de voir le vrai visage de chaque personne. Les lumières, les maquillages, la sueur, les airs bourrés, les airs neutres ... Allez faire le tri parmi tout cela.

Tout en ayant parlé, elle s'était rapprochée de Jeremy.

- Dis moi juste ce que je gagne ou ce que je perds avec ce jeu. L'attrait même d'un jeu, c'est ce qu'on risque non ? Par exemple, quand un enfant joue au loup, il sait qu'il n'a pas intérêt à se faire avoir parce que sinon, c'est à son tour de courir derrière les autres. On va un peu se moquer de sa lenteur et d'avantage s'il met du temps à attraper un camarade. Voilà qui est un brin honteux et un coup dur pour son petit honneur. Autre exemple, Au jeu de carte, on parie son argent, on court le risque de le perdre ...

Elle avait compris pourquoi tant d'hommes étaient dans la mafia et qu'elle était leur moteur. Elle avait posé des questions toute sa vie et ce n'est que durant ce séjour où elle avait compris tous ces éléments : un jeu. Voilà ce que la mafia représentait pour ces hommes et femmes. C'était un jeu de pouvoir où on risquait à haut niveau ses sous, son honneur, sa vie ... Tous.

Oh il y avait également des gens qui s'y étaient retrouvés contre leur gré mais si l'on réfléchit attentivement, au lieu de courir derrière la facilité et espérer gagner un peu d'influence, ils auraient pu choisir un destin bien plus "simple" mais un tantinet plus galère sous les traits de concierge ou de vendeur dans un magasin. Ils gagneraient moins oui mais ils seraient sûrs de revenir vivants à la maisonnée le soir.

Quant à Isabella ... pourquoi restait-elle ? Allait-elle quitter tout cela un jour ou se laisser prendre au jeu aussi ?

- Risquer ... voilà un sentiment grisant, le moteur même d'un jeu non ? , dit-elle en le regardant avec un petit regard interrogateur.

L'idée même de juste "s'amuser" ne traversait plus son esprit. Dans quelques semaines ou mois, sera-t-elle plus encline qui sait à rire sans craindre qu'on exige quelque chose en retour. Deux, trois petits mois à l'étranger ne suffisaient pas définitivement pour se remettre.


© EKKINOX

_________________


Who am I?
And where are we?



Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Micky Meyers
avatar
MESSAGES : 1333
DATE D'INSCRIPTION : 12/02/2014
AGE : 26
MessageSujet: Re: This is a game... or maybe not [Isa/Micky] Dim 2 Mar 2014 - 14:02

Imaginaerum




Serviable.
Micky avait très tôt pu déterminer, à travers son jeu de caméléon, que cette qualité était tenue en très haute estime, universellement. Loin devant la drôlerie, l’originalité ou encore la simple beauté physique ou le charme, être serviable était reconnu comme une sorte de garantie d’être quelqu’un de bien. A tord ou à raison, c’était ainsi. Peut-être parce qu’en définitive la société, de plus en plus intéressée et nombriliste, se satisfaisait davantage d’une civilisation assujettie.
Quelqu’un de serviable est par essence doux et volontaire. On imaginerait mal quelqu’un qui prend la mouche quand on ne lui retourne pas un compliment  être de nature serviable. Et pour cause. Il ne serait alors qu’intéressé.
Micky était serviable, ce soir. En complimentant son interlocutrice sur sa présentation, il n’attendait aucun retour. De toute façon, ce n’est pas parce qu’on ne dit pas quelque chose qu’on ne le pense pas. En bien comme en mal. L’armée le lui avait appris très tôt.

Je ne sais pas si on peut dire que je sois cinéphile, répondit-il.
Mais j’ai mangé pas mal de pellicules c’est vrai.

Ce qui était vrai, dans un sens comme dans l’autre.
Micky avait beaucoup de temps libre, et avant que les soirées ne s’animent, il regardait souvent un, deux… plus rarement trois films dans la journée. Toutefois il n’aimait pas vraiment le cinéma d’époque, ni les classiques, ce que tout féru de cinéma se doit de connaître par cœur. Il n’est donc pas cinéphile, juste un amateur des produits de l’industrie du grand écran. Mais il en savait suffisamment pour avoir du répondant à son propre jeu.
Jeu que la demoiselle semblait apprécier, puisqu’elle se mit aussitôt en quête de son sosie.
Elle le trouva dans la foule s’affairant à se secouer comme des canards boiteux. On notera d’ailleurs que, lorsque notre regard se perd dans les pratiquants du dancefloor, ce sont souvent les pires qu’on remarque en premier. Dans le cas présent, un jeune à l’air un peu éméché, casquette verte fluo de travers sur son crâne aux cheveux blonds courts. T-shirt blanc, jean troué, basket rouge et blanche… l’archétype du jeune crétin inconscient, immature, et surtout très con. Micky arborait un sourire narquois à le voir s’approcher des quelques filles à côté de lui, cherchant le contact à grands renforts de pas ridicules.
Emma Watson était un peu plus loin. Il est vrai que de loin, il y avait une certaine ressemblance. Jeremy concéda le point à sa voisine et s’apprêtait à chercher son prochain sosie lorsque la jeune femme le surpris par une approche plus entreprenante.
S’étant rapprochée, voilà qu’elle, qui exigeait de lui qu’il l’amuse, désirait aussitôt après y mêler de l’intérêt. Ainsi donc, elle ne voulait pas jouer pour rien. Il lui fallait du risque, ou… de l’audace ? Un autre test ? Du genre le type qui répond que s’il gagne, la fille devra le laisser l’embrasser et que si c’est elle qui l’emporte, il acceptera, bon prince, de se laisser faire… tellement bateau, tellement attendu. Le coup était aussi éculé que les blagues de toto. Une femme de caractère comme Isa ne manquerait pas de lourder son chevalier après une telle réponse.
Micky devait être à la hauteur. Jusqu'à présent il s'était démarqué par son originalité, il devait continuer ainsi. Il imaginait une réponse tandis qu'Isa lui donnait sa définition du jeu.

J'avoue que je n'avais pas vraiment vu cela sous cet angle. Je n'avais pas même rapproché jeux d'enfants et jeux d'argent.

Plus d'une fois il avait parié sa solde, comme à peu près 75% des soldats. Dans l'armée, on devient vite joueur. On se rend compte qu'à par la vie - qui ne tient qu'à un UMP et des munitions- il n'y a pas grand chose d'important, si ce n'est la famille qui vous attend pour vos permissions.
Erwan et Micky n'avaient tous deux plus vraiment de familles. Ils étaient toujours ensembles, et ce petit jeu n'avait rien d'un jeu d'intérêt. Il s'agissait juste de se marrer un bon coup pour tâcher d'oublier tous ces visages, ces yeux, qui reviennent vous hanter la nuit. Ce n'est qu'en essayant de prêter le visage d'une célébrité à une autre personne qu'on évite de trouver avec cette dernière de macabres ressemblances avec le pauvre type dont on a fait sauter la tête au sniper 2 heures avant. Un jeu d'enfant pour oublier toutes les horreurs du monde adulte, là était l'intérêt de ce jeu... Micky doutait fort qu'Isa puisse comprendre cela: que le moteur d'un jeu n'est pas nécessairement le risque. Sinon, autant dire qu'il aurait "joué" 12 ans dans l'armée et les forces spéciales... Ce qui ne colle pas franchement avec ses souvenirs.

Chassant ces pensées de sa tête, Micky poursuivit.

Cela dit, s'il te faut ce moteur pour jouer, je suis partant.

Un petit sourire malicieux anima son visage. Il avait pensé entre-temps à ce qu'il allait répondre.

Alors, on a qu'à dire que si je gagne, tu devras essayer de faire mieux qu'Emma Watson.

Jeremy faisait naturellement référence à la fille qui lui ressemblait, en train de danser un peu plus loin. Son regard la désignait tandis que son sourire s'allongeait.

Et autant te dire que je suis très curieux de voir ce que tu vaux dans ce domaine. Alors sans plus de cérémonie je te présente Gaspard Ulliel.

Ainsi, tout en désignant un jeune de 18-19 ans, attablé un peu plus loin, cheveux châtains, imberbe et le sourire innocent, Micky donnait le ton.
Cet acteur -français- n'était connu aux US que grâce à Peter Webber et son film préquel de la saga Hannibal Lecter. Autant dire qu'il était assez peu connu.

Micky tâcha de déceler dans les yeux de sa charmante voisine si elle le connaissait ou non. Quoiqu'il en soit, il lui laissa tout de même l'opportunité de se défendre: Isa est une battante, elle n'allait tout de même pas se laisser abattre si vite ?

A toi maintenant. Et si tu penses pouvoir gagner, je t'en prie, dis-moi ce que je risque.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Isabella Nicolosi
Smooth Criminal
avatar
MESSAGES : 1757
DATE D'INSCRIPTION : 20/10/2012
MessageSujet: Re: This is a game... or maybe not [Isa/Micky] Lun 10 Mar 2014 - 22:11


This a game or maybe not
Micky Meyers & Isabella Nicolosi



Elle avait un mal fou à rire sincèrement ces derniers temps et les rares qui y arrivaient mériteraient clairement la palme d’or. En effet, comment retrouver une quelconque joie de vivre quand tout c’en quoi on croyait s’était effondré en l’espace de quelques heures ? Comment réussir à sourire à nouveau à la vie quand on avait eu droit à beaucoup et beaucoup de désillusions ? Enfin, comment ne plus se prendre au sérieux quand on surveillait chaque parole qu’on prononçait ou chaque geste qu’on effectuait ?

Elle s’était jurée d’être plus forte jusqu’à ce qu’elle prenne une décision définitive sur son avenir et par conséquent, elle n’hésitait pas à jouer, apprenant à manipuler son monde le plus habillement possible. Voilà un objectif bien ardu et qui nécessitait un long apprentissage. Stacey, une ancienne prostituée à sa solde, voulait bien lui apprendre quelques « trucs » mais ils étaient un brin trop osé et vulgaire. Elle n’était pas encore totalement prête à assumer le rôle que cette femme lui indiquait. Il lui fallait encore un peu de temps. Enfin, et bien plus important, elle préférait créer sa propre image et accepter ses erreurs. Il était certain qu’elle ne mettrait personne à ses pieds dans la minute qui suivait mais elle espérait y arriver un jour, en commençant par réagir comme il se devait à « l’attaque » de Jérémy.

Ce dernier était bon et surprenait agréablement Isabella. Elle pouvait au moins le féliciter sur sa capacité à réussir à lui arracher quelques petits sourires ou rires. Elles étaient rares, de temps à autre discrètes, mais là. Cependant, lesquels étaient vrais et sincères et lesquels étaient là par politesse et par intérêt ? Elle-même ne le saurait dire.


Gaspard Ulliel ? Qui diable était donc ce Gaspard ?

On voyait bien qu’on passait à un niveau supérieur. Ce n’était plus quelques noms célèbres. Non, non, Jérémy enchaînait immédiatement avec quelques noms étranges et peu communs et cela promettait pour la suite.

Pour cacher son trouble, elle observa longuement ce prétendu Gaspard. Jérémy pourrait croire qu’elle cherche une similitude mais son esprit turbinait pour trouver un « échappatoire » pas trop grotesque. Il était minable de se faire avoir dès le premier tour tout de même. Malgré tout, elle n’en était pas plus déçue. Elle en avait retenu une leçon : se taire la prochaine fois et jouer l’idiote sans cervelle. Malheureusement, elle ne pouvait plus porter ce masque d’imbécile superficielle face à Jérémy, si cliché et pourtant si répandu dans ces milieux, si elle souhaitait garder une certaine crédibilité.

• A toi maintenant. Et si tu penses pouvoir gagner, je t'en prie, dis-moi ce que je risque.
• Je n’ai pas beaucoup d’imaginations, du moins, pas autant que toi.


Elle le caressait dans le sens du poil, se donnait une image d’une jeune femme un tantinet insipide et mouton malgré une certaine exigence vis-à-vis de ses relations mais s’entourant d’une auréole d’innocence via ce regard doux et ce sourire affable. Paraître un tantinet naïve et angélique n’étaient pas bien compliqués : elle l’avait été jusqu’à maintenant, jusqu’à ce qu’on détruise tout.  

• Aurais-je dû me taire ? J’ai davantage tendance à retenir le nom des personnages que l’acteur. Dans quel film a joué ton fameux Gaspard Ulliel, dit-elle en riant légèrement.

Elle souhaitait obtenir cet effet-là : une réputation dans ce milieu. Ainsi, on retiendra davantage l’actrice que la réelle personne. Oui, elle voulait qu’on la craigne pour qu’on ne vienne plus la blesser. Non, elle ne voulait pas que quiconque voit que dans le fond, elle était encore une fillette apeurée, en colère et très vulnérable.

• Cependant, maintenant, je ferais attention au nom des acteurs, dit-elle avec un ton faussement boudeur, volontairement exagérée, suivie d’un petit sourire malicieux tout aussi volontairement calculé.

• Hum … Tiens j’ai une idée. Tu m’invites au cinéma si tu perds. Par contre, je doute que tu perds si tu continues ainsi, n’est-ce pas ?

Etait-ce correct d’imaginer une autre rencontre avec un pur inconnu ? Non. Par contre, voilà une règle qui ne s’appliquait qu’aux filles sans une garde rapprochée. N’allait-il pas fuir en se disant qu’il allait devoir la revoir, qu’elle était peut-être une détraquée ? Peut-être et à ce moment qu’il s’en aille.  Il n’était pas le centre de son monde mais seulement une distraction passagère lors d’une soirée qui s’était annoncée ennuyante.



© EKKINOX

_________________


Who am I?
And where are we?



Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Micky Meyers
avatar
MESSAGES : 1333
DATE D'INSCRIPTION : 12/02/2014
AGE : 26
MessageSujet: Re: This is a game... or maybe not [Isa/Micky] Mar 18 Mar 2014 - 6:54

Wishmaster



Isa avait le comportement type de quelqu'un qui cherche quoi dire en feignant de faire quelque chose de normal et d'adapté. Mais cela se remarquait tout de même. Tout comme Micky se serait fait griller de la même façon. Et pour cause. Très peu de gens, en vérité, sont capables d'improviser en deux secondes un nouvel angle d'attaque. Cela nécessite une gymnastique de l'esprit particulièrement vive et aboutie, que seuls les grands manipulateurs de ce monde sont capables d'orchestrer, trop habitués qu'ils sont à exercer sans filets, de leur compétences dépendant leur survie.

Comme il s'y attendait, Isa bottait en touche, avec une petite flatterie, ça passait toujours mieux.

Pour toute réponse, Micky se contenta de sourire aimablement en buvant une gorgée de son mojito. Sourire qu'il étendit lorsqu'il prit connaissance de son excuse pour être en position de perdre -déjà- leur petit jeu. Après tout, il ne l'avait forcée à rien. C'était elle qui avait voulu jouer. Il était juste qu'elle en assume le revers de la médaille. Cela dit, Micky était bon joueur, et il n'avait pas tout à fait gagné. Alors pas question de jubiler. En tout cas, pas tout de suite.


Il a joué dans le premier Hannibal Lecter, dans l'ordre chronologique s'entend, car c'est le dernier réalisé sinon.

J'observais ses traits, tâchant de voir si au moins elle connaissait la saga du célèbre cannibale. C'était presque impossible que non, tant le personnage campé avec majesté par un Anthony Hopkins épouvantable de génie était une référence du genre.

• Cependant, maintenant, je ferais attention au nom des acteurs


Ah ah, oui, j'imagine!

• Hum … Tiens j’ai une idée. Tu m’invites au cinéma si tu perds.

Là par contre, elle marquait un point. Je devais bien admettre ma surprise: avouez que c'est plutôt brutal comme proposition à vous revoir. Flatteur, certes, mais surprenant. D'autant plus surprenant que cela venait d'elle, après quoi ? 10 minutes ?
Evidemment, je n'allais pas faire exprès de perdre pour autant. J'avais mon amour-propre, et ce serait un peu trop flagrant. Cela dit, je comptais bien en tirer parti. Très tôt.

Par contre, je doute que tu perdes si tu continues ainsi, n’est-ce pas ?

En effet, ça semble mal engagé de ton côté, mais la balle est toujours dans ton camp. Si tu me fais sécher aussi sec sur ton tour, la partie sera relancée. Mais si je donne ne serait-ce qu'un nom de personnage à ton sosie...

Là, je la regardais dans les yeux, intensément. Dans mon regard elle lirait sûrement cette petite note enjouée qui me rendait aussi confiant, et dans mon sourire, la malice qui répondait, de bonne guerre, à la sienne. C'était une douce provocation. Un jeu dans le jeu.

La partie sera finie, et tu auras perdu.
Cela dit...


J'étendais mon petit sourire. Je me surprenais, en vérité, à m'amuser moi-même du risque qu'Isa avait voulu instaurer dans ce début de soirée.

Je suis perplexe. Car si je perds, je dois t'inviter au cinéma, ce qui signifie ou bien rendez-vous convenu ou bien numéro de téléphone, mais dans tous les cas l'assurance de te revoir. Alors que si je gagne, je n'aurai droit qu'à quelques pas de danse. Et je vois dans tout cela comme un cruel déséquilibre m'incitant à perdre, ce qui serait une stratégie assez inique de la part d'une aussi charmante partenaire de jeu...

J'exposais les faits, tranquillement. Isa m'avait donné un atout, je l'abattais. Elle voulait contrôler ? Très bien.
Montre-toi à la hauteur alors.

Alors, il faudrait soit que la danse vaille vraiment le coup...

Appuyant vraiment sur le "vraiment".

Ou bien qu'il y ait le même genre de garantie qu'en cas de défaite.

Isa, jusqu'à présent, avait montré le profil type de celle qui ne se laisse pas faire, qui cherche, consciemment ou non, dans un but avéré ou non, à prendre l'ascendant.
Ce genre de personnalité cherche à ce qu'on lui oppose un rien de résistance. Pas trop, pour ne pas les rebuter. Mais pas non plus si peu qu'elle n'y trouverait pas de plaisir. Un compromis, en somme, que Jeremy engageait.

Alors, belle Isa, seras-tu juste...  

J'enlevais ma veste de cuir.
L'atmosphère du bar commençait à réchauffer l'air et me donnait chaud. Je la déposais sur le comptoir, à côté de moi, pliée en deux, puis je relevais ma manche gauche de chemise jusqu'au coude, repliant la manchette, tout en finissant ma phrase.

avec ce petit plaisantin de Jeremy ?

J’arborais ainsi mon tatouage au poignet et un gros bout de celui sur l'avant-bras. Pour moi, c'était anodin. Je ne pensais plus à l'effet que ces tatouages pouvaient faire. Ils étaient là, depuis bien trop longtemps pour que j'en attende quelque chose. Aussi, d'un naturel absolument pas feint, je posais ma tête au creux de ma main, le coude sur le comptoir, les yeux rivés sur Isa.
Et un dernier sourire, rien que pour elle, l'interrogeant du regard dans le même temps.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Isabella Nicolosi
Smooth Criminal
avatar
MESSAGES : 1757
DATE D'INSCRIPTION : 20/10/2012
MessageSujet: Re: This is a game... or maybe not [Isa/Micky] Sam 29 Mar 2014 - 1:52


This a game or maybe not
Micky Meyers & Isabella Nicolosi



Comme à son habitude, elle se drapait d’un voile de confiance exagérée acquise durant son séjour en Sicile et Chine. Durant ces voyages, elle avait appris à cacher son mal-être et sa vulnérabilité en travers d’une attitude encore bien trop audacieuse et insouciante pour sa position. En effet, par exemple en tant que fille unique du parrain de la pègre italienne, elle ne devrait pas se permettre d’inviter un parfait inconnu au bout de quelques minutes. Cet homme pouvait être un lourd, un type charmant ou encore un criminel … Cependant, voilà des interrogations digne de l’ancienne Isabella. Celle qui faisait face ce soir à Jeremy raisonnait différemment.

Si le type se révélait être lourd, elle savait assez se défendre pour le faire plier en deux. Supposons qu’elle n’arrive pas à se défendre, elle avait un garde du corps constamment à ses côtés et près à agir au moindre coup de feu ou de cri de sa part. Si le type se révélait être criminel, en quoi devait-elle le craindre ? Son grand père, son père, son oncle, sa mère et même sa tante … tous étaient versé dans la criminalité à différentes échelles certes. Certains aimaient faire chanter, d’autres aimaient appuyer sur la gâchette pour exploser joyeusement quelques cervelles sur des murs sans honte ni scrupule. Au contraire, si le type se révélait charmant, alors pourquoi ne pouvait-elle pas en apprécier sa compagnie ? Elle aimait ces quelques instants passés à parler et à penser à autre chose qu’à son passé ou à cette thérapie que ses parents voulaient lui imposer. En somme, ce n’était qu’un moyen comme un autre – en dehors de ses entraînements et cours – à occuper ses nombreuses nuits d’insomnies.

Elle avait très sérieusement pensé à succomber à l’appel de quelques lignes mais elle connaissait mieux que quiconque l’effet addictif et destructeur des drogues. AU moins, l’avantage des compagnies humaines, elles n’apportaient pas un tel risque … Il était toujours plus facile de se débarrasser d’un homme que d’une addiction. Or, elle avait sa dose de thérapie imposée en temps ordinaire, elle ne souhaitait pas s’en ajouter une seconde.  

Enfin et plus important, cette « prise de risque » lui donnait la sensation grisante de rendre fou son père. Elle ne doutait qu’il devinait ce qu’elle tramait au vu du nombre croissant de ses nuits blanches, seule ou accompagnée. Qu’il le soit, aussi folle et désespérée qu’elle l’ait été dans ce petit bateau, entourée de traîtres.

- Alors, belle Isa, seras-tu juste avec ce petit plaisantin de Jeremy ? dit-il tout en enlevant sa veste en cuir et en remontant les manches de son bras pour mettre bien avant son tatouage.

Isabella aurait pu balancer un sourire moqueur mais au lieu de cela, elle ne posa qu’un doigt sur ce dessin et fit un petit trajet avec un air pensif. Non, elle n’était en rien impressionnée par quelques dessins corporels ou des muscles. Il ne le savait pas mais elle côtoyait suffisamment de ce type de gabarits pour commencer à apprécier les corps vierges de toute trace au final. Elle ne craignait en rien qu’il lui lance un mauvais regard – qu’il ose seulement après qu’elle ait été si agréable tout de même -.

- Hum … Je ne fais que te proposer, à toi de choisir ce qui te semble … intéressant. Laisse-moi t’aider à choisir en te donnant quelques pistes de réflexions. Par exemple, j’apprécie davantage les danses du type salsa ou tango, tu vois ? La danse de ce soir, Je n’aime pas même si je m’en sors.

Ces danses-là, celles qui se déroulaient à cet instant sous ses yeux, ne lui plaisaient pas. D’une, elle ne supportait plus du tout d’être « compressée » de tout côté. Elle avait besoin de se mouvoir en paix et d’avoir la sensation d’être maîtresse de son espace. De deux, peut-être paraissait-elle à cet instant un brin fille facile mais il n’en était pas rien dans les faits. Elle aimait choisir, voir et découvrir et seulement ceux qui la charmaient, et qui la faisaient rires sincèrement arrivaient à lui chiper un baiser ou une danse des plus exquises. En d’autres termes, elle n’acceptait pas l’invitation du premier venu aussi facilement : le verre okay, la sortie pourquoi pas mais plus, c’était plusieurs conditions à réunir.

Dans les faits, Jeremy avait réussi l’étape « paraître charmant » et « la faire rire sincèrement ». Elle pourrait lui accorder cette danse si elle le souhaitait, et si elle se sentait apte à ne pas succomber à une quelconque crise de panique stupide.

Tout en lui parlant, elle s’était approchée de lui et se demander sincèrement si elle devait sauter à l’étape suivante. Malheureusement, elle fut interrompue par une voix bien familière : son amie. Isa l’avait oublié, celle-là. Malheureusement elle ne pouvait pas l’ignorer : au final, elle connaissait cette fille bien plus longtemps que ce « Jeremy » et elle n’était pas femme à ignorer ses connaissances pour de purs inconnus.

Elle abandonne donc le contact visuel avec Jeremy et fait face à son amie.

- Je parlais avec Stan, c’est Stan son petit nom, et on discutait de l’émeute.
- De l’émeute ? C’est du passé ma belle. On ne peut pas discuter de sujet plus d’actualité ?

Le ton d’Isa avait changé de tout en tout. Elle n’était plus agréable et douce ni chantante comme tout à l’heure. Non, elle ne cachait plus rien : elle exprimait son agacement, sa froideur et sa répugnance pour cet épisode sanglant. Cependant, son attitude ne pouvait pas être considérée comme déplacée ou étrange : beaucoup des survivants était encore marqué par cette émeute provoquée par la mafia italienne même, suite à une histoire de traîtrise et d’initiative vis-à-vis d’une histoire avec les Russes. Au final qu’avaient récolté les deux mafias ? Rien si ce n’est perdre des effectifs bêtement.

- Nan mais faut l’écouter ! Il a fait un truc de fous.
- Tout le monde a fait des trucs de fous durant ces quelques minutes ou heures, elle était incapable de dire combien de temps ce massacre avait duré. Au final, elle avait dû quitter cette scène assez tôt pour une toute autre autant terrifiante et mortelle.
- Nan mais Stan … attend, faut qu’il raconte lui-même.

Le type s’avance et commence à raconter : les types en noirs, les tirs, l’incompréhension, les gens qui sortent des armes pour se protéger, d’autres qui tirent d’un peu partout sur les civils … Il prétendait avoir fait fuir un type en pointant une arme sur une tête, que ce type-là aurait fui devant le « grand » Stan.

Pour sa part, le sang bourdonnait dans ses oreilles, son cœur tambourinait au rythme des images qui se défilaient à une vitesse hallucinante et elle n’ouvrait sa bouche que pour avaler le reste de son mojito. Elle finit par le regarder quand elle sentit un doigt sur sa tempe : il voulait faire une démonstration.

Il avait choisir la mauvaise personne.

« Calme-toi, calme-toi … N’éclate pas ton verre sur cette tête de con. Plus de blessés ni de morts inutiles … pas besoin de se pourrir la conscience avec un looser pareil … ».

Elle attrape les doigts du monsieur et les met sur le comptoir le plus doucement possible, se retenant de les briser avec un coup sec : elle ne supportait plus quoi que ce soit sur une tempe. Elle avait assisté à temps et à temps d’exécution via une balle dans les tempes qu’elle n’en pouvait plus, même pour « rire ».

- Vous êtes le premier à parler de l’émeute aussi … gaiement.
- Bon après Isa, c’est le premier à en parler avec toi hein. Tu étais avec Shan’ et compagnie ce jour-là, et puis on ne te revoit que maintenant après un séjour en Italie et en Chine. Enfin, cela fait juste trois mois plus ou moins qu’on t’as plus vu quoi après l’émeute. On s’est inquiété tu sais ça ? On s’est dit que tu étais gravement blessée, peut-être.

« Elle est juste curieuse de ce qui m’est arrivée … une véritable commère, j’avais oublié» pensa furieusement Isa, envisageant clairement la volonté d’imprimer la face de celle-là sur le comptoir. La violence ne résout rien certes mais des fois, elle était bien utile. Elle l’avait apprise ça aussi.

- Je n’ai pas été blessée. Mes parents se sont inquiétés et ont voulu m’éloigner le temps que tout se calme. J’en ai profité pour voir un peu de famille, de voir du monde, répéta-t-elle agacée de plus en plus, étouffant de minute en minute en cherchant une issue de secours logique et pas trop lâche.  
- Ouais mais tu t’es échappée quand et comment ? Parce qu’à leur réveil et les jours suivants, tu étais injoignable et tes parents aussi. Enfin … c'est pas un peu exagé...
- Je préparais mon départ,   la coupa-t-elle.

La crise pointait doucement le bout de son nez et elle perdait de plus en plus de patiente, prête à péter un câble et à hurler toute sa belle rage à la face de l’amie et finir en claquant la porte de ce club. Ils allaient à nouveau ouvrir la bouche. Non … Adieu fierté et orgueil et bonjour la fuite.

- Jeremy, dansons.

Elle préférait se fondre dans cette foule et affronter cette forme de panique plutôt que continuer à faire face à ces images sanglantes.
[/color]

© EKKINOX

_________________


Who am I?
And where are we?



Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Micky Meyers
avatar
MESSAGES : 1333
DATE D'INSCRIPTION : 12/02/2014
AGE : 26
MessageSujet: Re: This is a game... or maybe not [Isa/Micky] Mar 13 Mai 2014 - 18:59

Suerte

Salsa ou tango hin... La demoiselle semblait garder des atouts en réserve. Pourquoi pas. Après tout, on miserait davantage sur une étudiante pour pratiquer ces danses, que sur un ancien militaire devenu nettoyeur mafieux.
Cela étant, cette déclaration intriguait beaucoup Micky. Mieux. Ca l'excitait. Isa était déjà ce soir d'une beauté très sensuelle. L'imaginer se mouvoir au cours d'une de ces danses réputées pour décupler la sensualité et éveiller les sens rendait l'américain aussi impatient qu'un gosse à la veille de Noël.
Il s'apprêtait à répondre pour entrer dans son jeu, mais fut coupé dans son élan par l'amie d'Isa.


*Et allez, c'est parti pour la minute botin du coin style "hé hééééééééé, je viens de voir machin embrasser cruche-muche, là-bas, regarde!!!!" *

Je ne retins pas un soupir exaspéré, sans discrétion aucune. D'une traite, j'avalais ce qu'il restait de mon mojito, me réconfortant en me disant pour moi-même que ce ne serait qu'une petite minute pénible à passer. Une petite minute qui ferait l'effet d'un glaçon glissé dans le dos à l'improviste, et que ce serait à moi de réchauffer tout ça... évidemment. Merci, amie d'Isa dont je ne veux surtout pas connaître le nom. Vraiment, merci...

- ... et on discutait de l’émeute.


*Correction... ce sera finalement la minute pisseuse émerveillée par un acte apparemment héroïque bien qu'en réalité complètement irréfléchi*

Ce qui me réconfortait, et qui m'amusait aussi un peu à la fois, c'était le ton d'Isa. Sec, aussi coupant qu'une lame de rasoir. Si avec cela la miss ne comprenait pas qu'elle dérangeait et ne repartait pas avec son Stanichou un peu plus loin c'est qu'il lui faudrait un nouveau cerveau en toute urgence.

- Nan mais Stan … attend, faut qu’il raconte lui-même.


*Ok... un cerveau pour la miss, un. Et un mojito pour moi, du nerf mon gars*

Tout en faisant signe au serveur de renouveler la commande pour lui, Micky tâcha d'ignorer complètement le gaillard qui s'avançait en bombant maladroitement le torse, comme pour donner plus de courage ou de noblesse -allez savoir- à une histoire probablement gonflée maintes et maintes fois au fur et à mesure qu'elle aura été racontée.
Un bon moyen de ne pas y prêter attention serait par exemple de se remémorer ce qu'il faisait lui, au moment de l'émeute. Sauf que... à ce moment là, il n'avait rien à faire.
Son boulot à lui -maintenant- ce n'était pas de faire des trous dans des messieurs/mesdames. Non, ce serait plutôt de dissimuler l'existence de ces petits trous. Ou au moins protéger les responsables -quand ils sont russes bien sûr.
Or, pendant l'émeute, c'était, comme qui dirait, le gros bordel. Et dans un bazar pareil on pense davantage à faire tomber plus de plumes chez l'autre qu'à protéger ses fesses. Autrement dit, ce fut une période de chômage pour Micky. Enfin chômage... disons qu'il ignorait volontairement les ordres en pagaille et contradictoires, se fiant à son seul jugement et son instinct, se déguisant et traînant les oreilles pour glaner des infos dont certaines purent être utiles à l'Ensemble. Pour le reste, pas une fois il n'eut chaud au derrière, ce qui lui valait d'être encore en vie, contrairement à d'autres martyres dont l'Histoire ne se souviendra pas.


Et il y allait de sa petite fierté... Stan restait aussi sobre dans ses paroles qu'il puait la fierté dans son allure, tout content qu'il était d'avoir fait décamper un type en braquant une arme sur lui. Idiot... Et tu serais où, à ton avis, s'il avait eu un flingue à la cheville, ou qu'il t'avait tiré dessus en tournant les talons ? J'avais bien envie de le remettre à sa place, mais ce que fit Isa saisit mon attention.
D'un geste très lent, très calme, elle déposait sur le comptoir la main de Stan, dont les doigts mimaient alors une arme braquée sur sa tempe, à l'instar de son histoire. C'était ce geste, associé à ce regard, qui m'avait interloqué. Comme une retenue, une force extraordinaire qui lui permit de ne pas céder à une réaction plus primitive, comme lui tordre le bras, encore et encore, toujours un plus, jusqu'à entendre craquer les os de son épaule démise.
Je me revoyais, quelques années en arrière.

D'abord, mon enfance, où clairement, on n'avait pas su détecter assez tôt un problème de nervosité et d'anxiété mêlés, qui entraînaient une colère mal maîtrisée, et qui, mue par ce manque de contrôle, se transformait en rage et entraînait des réactions disproportionnées. C'est ce qui m'avait valu de m'enrôler. Et il m'en eut fallu du temps pour parvenir à dompter cette fureur qui sommeillait en moi. Puis finalement... c'était arrivé.


J'étais avec mon pote, Erwan. Nous prenions nos permissions en même temps. Comme deux orphelins du monde, on gaspillait notre solde en boisson et en luxure. Ce soir-là, on était parti pour le premier des cas, mais rapidement, un trouble-fête apparut.
C'était un soldat d'une unité affectée à une même mission que la nôtre quelques semaines auparavant. Le genre de type qui n'a aucune considération pour la vie d'autrui et qui, clairement, n'est sur le champ de bataille que pour faire pleuvoir les balles et semer la mort sur son passage.

Et bien et bien, qui avons-nous là ? Le fameux "One-Two".

C'est ainsi qu'on nous appelait, Erwan et moi.
A la manière de deux gamins immatures, c'était à qui en avait buté le plus le jour même. En réalité, tout le monde comptait. Sauf que dans notre cas, on avait tendance à tellement raisonner à l'identique qu'on se focalisait sur la même cible, si bien que certains corps se trouvaient en même temps affublés d'une balle dans le cœur, et d'une autre dans la tête et qu'on se chamaillait pour savoir à qui revenait le compte. Une balle, deux balles. One-Two. Même si, par la force des choses, on a fini par s'entendre et se" dé-coordonner", l’appellation nous a suivi. Jusqu'à la fin.

On ne réagissait pas. Erwan et moi n'aimions pas particulièrement les merdeux. Et ça, c'était seulement avant de rejoindre l'armée...

Hey, dis...
Il paraît que vous avez tracé tout droit dans les plaines, avant le canyon.


Ouais...

Il s'était accoudé à côté de moi, me toisant d'un regard que je n'appréciais pas. Un œil lubrique. J'y répondais avec la plus ostensible désobligeance.
Je commençais par renifler, puis:

Ca sentait un peu trop la merde derrière nous, on a préféré accélérer le pas.

Ah ah! Très drôle.
Tu sais quoi ? Je vais te raconter un petit secret.


Il s'assit près de moi. Dans sa façon de m'approcher, dans son expression, je sentais qu'il était venu ici uniquement pour me pousser à bout. Pour tout dire, à ce moment là, j'étais sur la sellette. Mes problèmes comportementaux, en terme de retenue, m'avaient valu de trop nombreux avertissements pour que mon efficacité face le poids sur la balance. Et pour un type qui veut le plus gros compteur du comté, le duo One-Two était une ombre qu'il ne se priverait pas d'effacer.

Dans ces petites plaines, il y avait un village. On est allé y faire tour. Quelle ne fut pas notre surprise en voyant tous ces gens encore vivants, le village en bon ordre, comme si Dieu les avait épargnés!
On a corrigé cette petite erreur...


Je sentais Erwan, à côté de moi, me tenir le bras, m'adressant un regard signifiant "laisse tomber". Mais l'autre continuait. A présent, il était à mon oreille gauche, et chuchotait.

On a tiré. Sur les femmes, les enfants... même ces foutues poules. On a foutu le feu au village et on les a encerclé... On a enfermé les survivants et on les a brûlé vifs.

Je tremblais. Autant d'effroi que de colère.
Certes, nous étions en guerre, et dans ce contexte, on est poussé à faire des choses horribles. Toutefois il y a des horreurs qu'on peut éviter, ne serait-ce que pour rentrer au pays avec encore une petite part d'humanité.

Mais... on avait laissé les femmes de côté. Les hommes se sont régalés avec!

Erwan me maintenait cloué à mon tabouret. Si sa poigne ne me retenait pas fermement, ce mec serait déjà en train de bouffer sa langue. Et bien qu'il savait à quoi s'attendre, il continuait, résolu à me faire péter un câble.

Pour ma part, j'en ai profité pour faire une petite expérience...
J'ai allongé cette pétasse sur les braises fumantes du trou où j'ai fais cramé son gosse, et je l'ai baisée pendant que sa chair brûlait. Histoire de voir si j'étais assez bon pour la faire crier plus de plaisir que de douleur, ahah!


La poigne d'Erwan s'était accentuée de plus en plus, puis à la fin, plus rien. Libre j'étais. Libre... de tuer cette ordure.

Premier coup, anesthésie vocale. Un direct à la glotte, phalanges recroquevillées.
Deuxième coup, anesthésie respiratoire. Un coup au foie.
Troisième mouvement... létal. D'un geste, je l'avais retourné et suspendu à mon épaule. Sa nuque supportait tout le poids de son corps. Les coups précédents l’empêchaient et de crier, et de respirer convenablement. Bientôt, le craquement sinistre parvint à mes oreilles, en même temps qu'une très légère expiration... Je craquais ma propre nuque et le laissait choir dans mon dos.

Vous pouvez croire que c'était un meurtre de sang-froid. Vous pouvez... Mais au fond de vous, vous savez très bien qu'il y a des colères bien différentes de celles qui vont font exploser. Des "rages blanches" comme on appelle ça par chez nous. Des colères telles que vous restez très calme, lucide, en dépit d'un tumulte infernal en vous.
Vous le savez, j'en suis sûr...

C'était pareil pour moi ce jour-là. C'était la première fois que je restais vraiment lucide alors qu'une rage incontrôlable me submergeait.
Bon, d'accord, après cette phase de lucidité, j'ai cédé à mes vieux démons...
En voyant sa tête tournée vers moi, toujours avec son horrible sourire, et repensant à ce qu'il m'avait dit, je n'ai pas pu m'en empêcher. Je lui ai flanqué un coup de pied à la face, qui lui cassa le nez. Puis un second. Puis un autre, et un autre, et encore un autre... J'étais allé jusqu'à me suspendre avec le comptoir et un tabouret pour le frapper plus vite et plus fort, jusqu'à ce qu'un craquement glauque et un bruit délicieux m'indiquent que je venais de fracasser son crâne. Ce son me calma immédiatement.

Oui, j'avais des penchants plutôt psychopathes à cette époque. M'enfin, quand la mort et le sang vous tient compagnie à longueur de journées, c'est compréhensible, non ? Non ? Peu importe... Erwan, lui, l'a compris. C'est lui qui s'est accusé à ma place. Il a un peu bricolé l'histoire pour pas se faire radier et passer devant la cour martiale, mais qui lui en voudra ? Pas moi. Il était chef de mon unité avant cela. Quant il est mort, j'étais plus haut gradé que lui, simplement parce qu'il s'était accusé à ma place et avait été rétrogradé au rang de troufion de base, avec toutes les corvées désobligeantes qui allaient avec. Je ne sais pas si c'est ma retenue -passagère- ou ma reconnaissance pour lui et ce qu'il a fait pour moi, mais ce jour a été comme un déclic. Depuis ce jour, je canalise mieux mes émotions. Depuis ce jour, je sais que si quelqu'un me sert la même ignoble tirade, je le torturerai froidement, jusqu'à ce qu'il crie grâce, et lui tirerais une balle dans la tête dans la plus grande indifférence.



Isa avait fait preuve d'une grande force morale en retenant son instinct. En soi, c'était un geste admirable, très loin d'être donné à tous. Ce qui étonnait Micky, c'était le pourquoi ? Dans son cas perso, c'était l'horreur d'une scène retranscrite, dont la seule imagination avait suffit à le faire trembler. Mais dans le cas de la jeune femme, la simple énonciation et le mime d'une arme ne pouvait pas suffire pour déclencher une rage blanche. A moins... qu'elle n'ait déjà vécu ce genre de situation ?
D'un seul coup, ce fut au tour de Micky d'être refroidit...

C'est vrai... on commet tous l'erreur de croire que parce qu'on a vu des horreurs, les autres se plaignent pour rien. Pourtant, imaginer cette jolie jeune femme à l'air mutin prise dans une situation incontrôlable donnait au nettoyeur un sentiment de... compassion. Ou plutôt... protection. Si elle réagissait ainsi, qu'elle qu'en soit la raison, elle était bien suffisante pour que la comédie cesse. L'heure était venue pour le grand Stan de recevoir sa leçon.


- Jeremy, dansons.

Sur son invitation, je me levais et m'apprêtais à la suivre. Mais au lieu d'aller tout droit vers l'agitation des corps en mouvement, je m'arrêtais à hauteur de Stan.
Il y avait un cure-dent sur le comptoir, dont la pointe dépassait. Je tapai dessus du majeur gauche pour le faire voleter, puis l'attrapai au vol de la main droite. L'instant d'après, le cure-dent était pointé droit sur l'oeil de Stan, tenu entre mon index et mon majeur, la pointe en appui sur mon anneau que je portais au pouce, comme un dé à coudre et une aiguille.

Ne fais pas l'erreur de croire qu'un revolver te rend tout-puissant. Un simple cure-dent suffit à tuer.

Je fis revenir "l'arme" dans ma main et le craqua d'un geste, tout en fixant Stan droit dans les yeux. Il eut un bref sursaut au "crac", qui m'amusa assez.
Je déposais les deux morceaux de bois sur le comptoir et m'en retournais vers Isa pour l'accompagner danser. En mon fort intérieur, j'espérais que la condescendance de ma démonstration l'ait amusée aussi. Voire, qu'elle l'ait satisfaite, compte tenu de sa réaction de toute à l'heure.

M'approchant d'elle, je lui glissai un mot pour tenter de faire oublier tout ça.

Même si c'est très tentant, évite de trop te moquer si je n'élève pas le niveau beaucoup plus haut qu'Emma Watson.

Je devais la remettre à l'aise.
Même si c'était une bulle de savon très fragile, avant que l'amie d'Isa et Stan n'interviennent, nous étions tous deux dans une petite bulle, tranquilles. Elle avait explosé, et nous étions en chute libre. Il fallait qu'on saisisse une autre bulle au passage.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Isabella Nicolosi
Smooth Criminal
avatar
MESSAGES : 1757
DATE D'INSCRIPTION : 20/10/2012
MessageSujet: Re: This is a game... or maybe not [Isa/Micky] Sam 23 Aoû 2014 - 2:11

Isabella s’apprêta à affronter cette foule dense mais elle s’arrêta en cours de route, se demandant ce que fichait son compagnon de ce soir avec l’autre looser. Elle se retourna et se décida à approcher de quelques pas pour voir toute la scène et tenter d’entendre un maximum. Ainsi, sous ses beaux yeux noisette, un cure-dent s’envola en l’air et fut rattrapé d’une main de maître par cet homme. Aussitôt après, la pointe se trouvait juste en face des deux trous d’yeux de ce cher Stan. Elle vit clairement la stupéfaction et la peur dans la prunelle des yeux de ce gros fier et elle ne put que rire devant son clignement suite au craquement du pauvre cure-dent.

Après cela, « Jeremy » quitta cet homme pour reporter toute son attention sur sa partenaire du soir. Isabella était … heureuse. Mais elle était aussi circonspecte. Autant dire que lorsqu’il parlait d’une Emma Watson, elle mit un certain temps à comprendre l’allusion de l’actrice et le jeu auquel ils s’étaient adonnés il y a peu de temps. Elle ne lui offrit qu’un faible sourire.

Comment retrouver un semblant de bonheur et de paix ? Elle se revoyait à l’émeute, dans le bateau, dans cet hangar abandonné, dans un bolide en Italie puis dans un appartement luxueux en Chine et surtout, elle ressentait à nouveau cet opressement tant physique que mental, cette panique, cette culpabilité, cette peur indéfinissable d’être à nouveau vulnérable. Une vague de panique se faisait sentir et semblait prêt à l’engloutir tout entier. Elle devait à tout prix prendre ses fameux médocs mais où étaient-ils ? Dans son sac mais où se trouvait ce fameux sac ? Elle lança un regard à droite et à gauche et était perdue. Elle eut un vrai blanc. Où était-elle, que faisait-elle ici ?

Elle releva un court instant la tête et croisa le regard assuré de Jeremy. Et beaucoup de choses lui revenaient en mémoire. Cette soirée, ces faux sourires de départ, ce jeu … elle ne voulait plus prétendre. Elle ne voulait plus jouer. Elle ne voulait plus réfléchir. Elle ne voulait pas rentrer. La seule chose qu’elle voulait était de savoir quoi faire. Il serait si simple si quelqu’un lui dictait les bonnes actions à faire. Pourquoi fallait-il avoir ce libre arbitre sans cesse ?

Il parlait. Mais elle écoutait à peine.
Elle ne voulait pas parler.

Quitte à paraître insultante, ou vulgaire ou facile, quitte à se faire jeter, elle tenta le tout pour le tout. Elle se fichait si le type était un psychopathe, un romantique, un coureur de joupons, un étranger, un ami ou une connaissance. Elle se fichait royalement de ce qu’il allait penser ou de ce qu’il allait faire. Elle ne voulait plus rien entendre, ni parler. Elle se décida donc à clôturer cette bouche en collant la sienne.

Elle finit par se décoller partiellement, attendant de voir sa réaction à lui. Voulait-il continuer à jouer ? Si oui, elle l’abandonnerait ici même. Voulait-il continuer à l’embrasser ? Elle n’était pas certaine de pouvoir être cette fille pour toute la soirée. Voulait-il continuer à danser ? Elle resterait que le temps de cette musique ou jusqu’à la fin de la nuit.

D’ailleurs quel tube passait ? Elle ne savait plus. Le temps, l’espace … elle était en suspension, attendant une main, une sortie, une issue de secours à ce sentiment vide, à cette culpabilité dévorante, à cette détresse interne qu’elle ne laissait voir à personne. Elle ne laissait voir d’elle que cette fillette gâtée et indécise. Ou jeune fille. Ou plutôt jeune femme. Elle avait grandi, voilà une chose qu’elle avait comprise.

Etait-ce elle ou laissait-elle bien trop de libertés à son égard à cet homme ? Ne devrait-elle pas s’en méfier ? Elle s’en méfiait oui. Et quoi qu’elle fasse, elle savait que son garde du corps la suivrait. Où qu’elle aille, il sera avec elle. C’était leur accord. Et elle s’était assurée pour qu’il respecte cet accord.

_________________


Who am I?
And where are we?



Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Micky Meyers
avatar
MESSAGES : 1333
DATE D'INSCRIPTION : 12/02/2014
AGE : 26
MessageSujet: Re: This is a game... or maybe not [Isa/Micky] Dim 24 Aoû 2014 - 8:08

The Lucid Door



Un baiser.
Précipité, mais doux.
De l'envie, mais du recul.
Besoin, mais méfiance.
C'est grave docteur ?
Non... mais étrange. Crise d'angoisse ? Agoraphobie soudaine ? Impossible à dire. Mais ce qui était certain, c'est qu'Isa se sentait mal à l'aise. Etait-ce lié à sa colère blanche un peu plus tôt ? Probablement. Si c'était le cas, elle avait du être atteinte bien plus profondément que son assurance ne le laissait le voir. Ou pas voir d'ailleurs.
Quoiqu'il en soit, c'était un signe encourageant. Car dans son désespoir, dans sa perdition, Isa avait dû s'accrocher à quelqu'un, et ce quelqu'un, c'était lui. Par confiance ? Limitée alors. Par envie ? Alors son jeu de séduction avait porté ses fruits. Mais, encore une fois, tout cela était précipité, donc friable. L'erreur serait de retourner goûter à la douceur de ses lèvres. A trop presser le fruit, il explose. La faire fuir maintenant serait une erreur d'amateur. Quelle que fut la raison de ce revirement soudain, il convenait d'adopter une subtilité toute particulière.


Elle était toute proche de moi, à quelques centimètres à peine, nos bouche à peine ré-ouvertes après avoir été collées l'une à l'autre quelques secondes. Nos yeux se rencontraient à nouveau, plein de petites émotions inavouables de part et d'autre, à n'en pas douter. De mon pouce, je caressais sa joue, délicatement. Et après ? Que devais-je faire ? Que devais-je dire ? D'ailleurs, est-ce que je devais dire un seul mot ?

Instinct rules.

Je devais, en tout cas, prendre les devants. L'instinct m'avait toujours sauvé, toujours servi, alors viens, nature profonde, emplie-moi, deviens moi, et dictes-moi.

On va prendre l'air cinq minutes.

Le temps pour elle de retrouver un peu d'air, de faire le point sur ce qu'elle venait de faire, ce qui l'avait conduit à le faire. Mauvais calcul ? Non. Même pas calculé. Deviné. Sans plus.

Ma main toujours en contact avec son visage, j'effleurais sa joue de mes lèvres, puis glissais à son oreille d'une voix douce:

Je reviens vite.

Je rompais le contact avec son visage mais lui prenais la main les quelques secondes nécessaires pour que je la quitte. Le pourquoi de sa réaction était obscur, mais le comment lui était clair: elle voulait se sentir rassurée, en confiance. En l'embrassant, elle m'avait donné ce rôle. Il m'appartenait de le remplir au mieux.


La blonde et Stan étaient toujours en train de bavasser lorsque Micky reparut à leur niveau. Il s'était passé quoi ? 1 minute ? Peut-être 2. Mais ils virent bien qu'il prenait sa veste et les affaires d'Isa. Il faudrait être vraiment sotte pour ne pas comprendre.

Vous allez où ? interrogea l'amie d'Isa.

Micky se retournait. Ce n'était probablement pas le genre d'Isa de partir au bout d'une demie heure avec le premier mec qui lui fait du charme. L'amie trouverait peut-être cela douteux. Mieux valait contourner l'obstacle que le passer.

Et bien en fait...

Il s'approcha d'elle, de son oreille droite pour qu'elle soit seule à entendre ses murmures.

On a tous deux conclus qu'une magie somptueuse se dégageait de vous deux alors, on se disait qu'un peu d'intimité vous servirait bien mieux que notre retour impromptu, n'est-ce pas ?

Il reculait, un clin d'oeil. Le message était passé.
Un coup d’œil à Stan, qui eut comme une once de crainte à ce contact visuel direct, comme s'il essayait de prévoir à quelle autre arme farfelue il aurait à faire cette fois.
Aucune. Micky avait autre chose à faire. Stan était passé de Héros improvisé à petite fiotte affichée, et si la blonde craquait toujours, grand bien lui fasse. Isa était autrement plus intéressante.



Je revenais près d'elle, m'approchant dans son champ de vision pour ne pas la surprendre. Je lui pris la main tout doucement, et l'entraînais au-dehors d'un pas un brin plus rapide que normal.

L'air frais parvenait à nos narines, nos visages. Tout en marchant, je lui tendais ses affaires.
On s'arrêtait au coin du café, le brouhaha général toujours présent, mais en fond. Plus supportable pour une crise d'angoisse, si s'en était une.
J'étais proche d'elle, sans non plus l'oppresser.
Tel un petit nuage doucereux, je l'avais portée dans une atmosphère plus sereine. A elle de ventiler, de se calmer, de reprendre ses esprits. Je n'étais que le moyen qu'elle avait choisi pour cela.

Toute une minute, ou peut-être deux à nouveau, il ne se passa rien. Ils restaient là, côte à côte, lui à ses côtés, en protecteur si elle en manifestait le besoin, elle, au calme, tâchant de repousser les démons dont Micky n'avait aucune idée de la forme. Que se passait-il dans sa tête ? A quoi pensait-elle ? Qu'allait-elle décider maintenant ? De le laisser ? De repartir, de rentrer chez elle en se lamentant, en se reprochant son rapprochement bien trop rapide ? Probable. Mais ce serait décevant.

Micky devait reprendre l'avantage. Il ne devait pas perdre ce contact. Le rapprochement avait eu lieu, c'était un fait. Une erreur ? Probablement ce qu'elle pensait à mesure que la lucidité la reprenait. A lui de prouver le contraire.


Isa.

Les yeux dans les yeux, des sentiments, il y en avait. Il ne se serait pas passé ce qu'il s'était passé autrement. Je le savais. Alors, ils devaient s'exprimer.

Si je te promettais une soirée inoubliable, et plus originale encore que le petit jeu de toute à l'heure...

Curiosité. C'est l'arme fatale. L'Humain est curieux de nature. Quand on sait l'entretenir, on détient un potentiel certain.
D'un geste, ma main rejoignis la sienne, les doigts entremêlés, comme si nous étions liés. Mais... on l'était. Elle, l'avait voulu.

Sans arrière pensée perverse s'entend... tu serais partante pour une balade ?

En même temps que je lui parlais, je passais ma veste sur ses épaules. Je n'étais pas certain qu'elle ait eu une crise d'angoisse. Mais cela y ressemblait tout de même beaucoup.
J'en avais déjà éprouvé, bien sûr. Et je sais que lorsque tel est le cas, on ressent une sensation de froid, naturellement accrue par le fait de passer d'un environnement chaud puisque tout le monde s'agite, à la douce fraîcheur du dehors.
La prendre dans mes bras ? L'idée m'a effleuré l'esprit, je l'avoue. Protéger, oui. Surprotéger, non. Ne pas la faire fuir, surtout pas. Trop en faire la conduirait à s'isoler, seule, et partir, seule.
Je ne le voulais pas.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Isabella Nicolosi
Smooth Criminal
avatar
MESSAGES : 1757
DATE D'INSCRIPTION : 20/10/2012
MessageSujet: Re: This is a game... or maybe not [Isa/Micky] Mar 26 Aoû 2014 - 22:48

Il ne répondit pas ni par le geste ni par la parole. Il préféra l'entraîner loin de cette foule suffocante et de duo infernal. Comme un pantin sans vie, elle se laissa traîner dehors sans répondre, sans réfléchir ne serait-ce qu'un instant.

Lorsqu'elle fut dehors, et qu'il disparut pour on ne sait quelle raison, elle profita de ce moment de solitude pour faire le point. Dans un premier temps, elle était heureuse de constater qu'elle respirait encore et qu'elle n'a pas été englouti dans cette masse opaque. Dans un second temps, elle revint sur la planète terre, quittant son nuage nébuleux de tout à l'heure. La vraie Isa, celle qui raisonnait par la logique revenait enfin, petit à petit.

Finalement, et enfin, elle se posa des questions. Pourquoi avait-elle fait ça ? Parce qu'à cet instant, ce n'était que la seule chose qui lui était venue en tête. Cependant, était-ce une nécessité ou une autre envie capricieuse d'une gamine perdue et désolée ? Aucune idée. Pourquoi continuait-elle à attendre un parfait inconnu ? Parce qu'elle n'avait nulle part où aller concrètement. Elle pourrait se rendre chez Lucas mais elle doutait fortement qu'elle soit la bienvenue à une heure aussi tardive, sans parler qu'il devait avoir une vie lui. Il n'était pas une épave laissée à l'abandon, vaquant de ci de là le temps de trouver une réponse. Il n'était pas elle.

Elle prit une profonde inspiration et jeta un petit regard autour d'elle. Au loin, elle vit la silhouette rassurante de son fidèle garde du corps. Il avait une clope en bec et parlait tranquillement avec son interlocuteur de fortune. Mais, s'il semblait neutre, le genre passe-partout, le glandu par excellence de ce genre de nuit, son regard ne quittait pas une seule seconde sa demoiselle. Ce constat rassura Isa, lui permit de mieux respirer et même d'esquisser un autre sourire.

Elle pourrait partir en fait.
Mais à peine avait-elle pris cette décision que Jeremy réapparut. Sans plus attendre, il lui prit la main et l'entraîna loin de tout cela. Elle réagissait à peine, pantin à peine animée. Elle se contentait de regarder le paysage qui défilait tout en cherchant une réponse à donner à une quelconque future avance. Son geste de tout à l'heure n'appartenait plus qu'à cette minute fatale. A cet instant, elle ne voulait rien si ce n'est de la sérénité. Cependant, elle disait ça mais où allait-elle encore finir ? Un soupir las s'échappa de ses lèvres et elle n'affichait qu'un sourire peu satisfait, peu confiant à ce Jeremy.

- Pourquoi pas. Je suis curieuse de voir ce que tu veux faire sans "arrières pensées perverses". se contenta-t-elle de répondre en laissant une veste s'écraser doucement sur ses épaules. Elle ne s'était pas rendue compte à quel point elle avait froid en froid. Peut-être devrait-elle rentrer mais elle restait encore.

La curiosité. Voilà la seule chose qui la retenait encore ici et qui l'obligeait à suivre ce monsieur. D'ailleurs, quel âge avait-il ? Peut-être dans les environs de son âge ? Quel âge avait-elle déjà ? La vingtaine seulement. Pourquoi restait-il avec ? Parce qu'elle était mignonne ?Ou autre chose ? Curiosité … autre curiosité.

Cependant, elle ne put s'empêcher de lancer un autre regard autour d'elle. Son garde du corps était-il toujours là ? Il était là. Elle pouvait suivre Jeremy peut-être mais jamais elle ne le ferait si elle se savait seule. Oui, il pouvait être un psychopathe, oui il pouvait être un sale Italien, oui il pouvait être un Russe … quoi qu'il en soit, il pouvait être un sale type. Elle saurait se défendre un court instant avec ses petits poings, et le soutien de quelques armes blanches et très légères dissimulées dans son sac mais jamais elle ne pourra en venir à bout. Heureusement pour elle, En cours de chemin, Jeremy lui avait rendu ses précieux affaires - dont son fameux sac où il y avait, à son sens, sa trousse de survie pour au cas où.

- Et donc, où va-t-on ? Je te préviens d'avance, je ne prends la voiture avec le premier inconnu. Si besoin d'une voiture, on prendra la mienne. J'ai quelques principes.

Elle revenait à la raison petit à petit mais elle revenait. Il revenait à Jeremy d'aiguiser sa curiosité davantage, de prolonger cette envie habilement. Le moindre écart et elle s'en irait. Elle se connaissait. Et il devait avoir compris.

- Et … tout à l'heure, c'était tout à l'heure.

A lui de comprendre comme il souhaitait. L'embrassera-t-elle à nouveau? Peut-être bien que oui, peut-être bien que non. Tout dépendra fortement du moment,  de ce "tout à l'heure".

_________________


Who am I?
And where are we?



Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Micky Meyers
avatar
MESSAGES : 1333
DATE D'INSCRIPTION : 12/02/2014
AGE : 26
MessageSujet: Re: This is a game... or maybe not [Isa/Micky] Mer 27 Aoû 2014 - 11:11

Carpe Diem (mc)


Des doutes, des doutes, encre des doutes, rien que des doutes. Toutes ses paroles étaient liées à ce simple mot. D'aucun le prendrait mal. D'aucun commencerait à s'impatienter. Pas Micky.
Réfléchissons. Pourquoi avait-elle des doutes ?
Parce que c'est un inconnu particulièrement habile me direz-vous. Certes... Mais le plombier aussi après tout, pourtant vous ne seriez pas aussi suspicieuse qu'Isa avec lui, même s'il vous faisait du charme.
Non, la raison profonde de ses doutes, c'était sa culpabilité.
Oh non, pas qu'elle se reconnaisse dans ce qu'elle a fait. Il y a fort à parier que l'esprit d'Isa était très loin de son corps à ce moment là. Mais. Son esprit a vu la scène. Et son esprit, revenu à la place où il devrait être lui en a fait le commentaire. A savoir, petit a, c'était pas bien de céder à ses pulsions. En tout cas, pas raisonnable. Petit b... c'était bon quand même.

Dites-vous, dans pareille situation, que plus la personne ayant cédé se justifiera, plus il est permis de penser qu'au fond, elle est mûre à recommencer. Alors, à toi de jouer Micky.


Isa...

Je me plaçais en face d'elle et la regardais dans les yeux. J'étais curieux de voir si son regard serait un peu fuyant, ou soutenu avec force. S'il serait éclairé, ou opaque.

Je ne sais pas exactement pourquoi tu l'as fais alors... je vais simplement dire que je serais davantage heureux si cela se reproduit, et que je sais pourquoi.
En attendant... si tu préfères ta voiture, c'est toi qui vois. Mais ce ne serait pas une surprise si je vendais la mèche tout de suite.


Conduire dans sa propre voiture, c'était bien un réflexe idiot de personne acculée dans ses doutes ça.
M'enfin, réfléchissez deux secondes: si c'est vous qui conduisez, vous devrez rester concentré sur la route, les passants, votre vitesse... Autant de choses qui requerront votre attention, et qui créeront d'opportunités pour l'individu à vos côtés s'il veut vous faire du mal. Pourquoi vous replier dans une coquille qui pourrait se refermer sur vous ?
Peu importe... ce n'est qu'un détail. Continues Mick.


Je me replaçais à ses côtés et avançais de quelques pas avec elle. Puis je continuais.

Mets-toi à ma place une seconde, d'accord ?
Imagine, que tu veuilles m'emmener quelque part avec toi. Un endroit où une telle atmosphère de sérénité se dégage que tu sais que je ne pourrais qu'apprécier le moment. Mais comme je suis plein de doutes, j'hésite à te faire confiance.
Si tu me disais où tu comptais m'emmener, je te répondrais probablement "quoi ? mais qu'est-ce que tu veux qu'on aille faire là-bas à cette heure ?" Aussi devrais-tu expliquer de façon claire pourquoi, ce qui assurément briserait toute la magie de la chose que tu projettes. Donc tu n'aurais tout simplement plus envie de m'y emmener. Cela te paraîtrait d'un coup... si insipide, voire même niais. Tu voudrais juste me laisser planté là, à ressasser la question trois jours "aurais-je dû l'accompagner".


Ainsi que les questions: où serait-on allés ? Que m'aurait-il montré ? Que ce serait-il passé ? Se serait-on revus ? Est-ce qu'on se reverra ? Est-ce que j'ai envie qu'on se revoit ? Est-ce que j'ai raison d'avoir envie de le revoir ? Ou de ne pas le revoir ?
Bref, tout un tas de questions, réponse après réponse. Et qui ne résoudront jamais rien. Parce que la seule façon de vivre, elle était écrite sur l'avant-bras de Micky.


A nouveau je me replaçais en face d'elle, scrutant ses réactions.

Et ce serait bien dommage. Parce que... je ne sais pas trop ce qui t’arrive ce soir mais, à te voir, je me dis qu'éveiller un sourire d'enfant sur ce beau visage, dans une atmosphère vraiment magique... tu ne devrais pas t'en priver.


Pas de blanc, enchaine Mick.

Mais s'il faut te rassurer encore un peu, je peux te dire que c'est à... 15 minutes d'ici en voiture, vers l'ouest, et qu'il y a un gardien de sécurité sur place.

C'est toi qui vois Isa.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Isabella Nicolosi
Smooth Criminal
avatar
MESSAGES : 1757
DATE D'INSCRIPTION : 20/10/2012
MessageSujet: Re: This is a game... or maybe not [Isa/Micky] Mar 2 Sep 2014 - 1:17

Isabella le regardait mais son esprit était déjà bien loin. Elle réfléchissait, elle soupesait, elle anticipait. Elle tentait de comprendre, elle tentait de trouver un piège dans ce merveilleux tableau peint par un parfait inconnu. S'il lui avait dit qu'il allait la conduire dans sa chambre pour passer la soirée ensemble et ne plus la voir après, elle l'aurait peut-être suivi sans réfléchir autant. Le mystère qui planait, ces belles promesses d'un beau spectacle ... tout était trop bien. Beaucoup trop. Or, le bien était une chose dont elle se méfiait comme de la peste ces derniers temps. Le bien était devenu la chose truffée de pièges détestables et dangereux. Le bien était devenu une illusion et une chimère délicieuse.  Le bien n'existait plus en pratique dans son monde. Ou plutôt, il ne devait plus exister sous toutes ses formes allant d'un merveilleux spectacle à des actes charitables. Si le bien existait vraiment à nouveau, elle se rendrait que davantage compte à quel point elle était devenue horrible et misérable.

De plus, ce qu'il demandait nécessitait une petite confiance et cette dernière était une chose qu'elle ne distribuait plus facilement. Actuellement, même ceux qui bénéficiaient de sa "confiance" savait qu'au moindre faux pas ou soupçon, ils la perdraient définitivement. Sa confiance accordée était devenue une chose friable et bien fragile, une chose bien dangereuse pour ceux auquel elle l'accordait. De plus, en dehors de la "nécessité" - son garde du corps, sa proche famille - elle ne voulait plus faire confiance à qui que ce soit.

Il lui demandait trop. Il l'effrayait soudainement. Elle voulait fuir, voilà la réponse qu'elle souhaitait lui apporter. Cependant fuir pouvait être une solution mais pour combien de temps ? Fuir, mais pour aller où ? A nouveau la lassitude la gagna. Elle ne savait pas quoi faire, et c'est résignée qu'elle se rendit partiellement à Jeremy. Cependant, sa méfiance endormie s'était réveillée soudainement, et elle était en alerte. Le moindre geste brusque, la moindre parole suspecte, et elle le planterait là.

- Le moindre geste brusque, la moindre parole suspecte, et je pars. Et c'est moi qui décide comment se rendre dans ce mystérieux lieu, enchaîna-t-elle immédiatement, cachant ainsi sa méfiance naissante. Ma voiture est tout près du bar.

Elle pensa à son garde du corps qui faisait également office de chauffeur. Elle prit rapidement son portable et lui envoya un ordre des plus simples sous forme de sms : "rend toi près de la voiture, j'arrive". Et elle se mit au niveau de Jeremy.

- Tu n'auras pas à me dire la destination. Je te laisse le dire discrètement à mon ... chauffeur.

Le mot "garde du corps" allait malencontreusement s'échapper de sa petite bouche. Elle réussit à retenir au dernier moment et sortir le mot "chauffeur". Allait-il trouvé cela étrange ? Allait-il la trouver enfant gâtée ? Allait-il la trouver bourge ? Peut-être bien que oui, peut-être bien que non. Et elle s'en fichait. Oui, elle était étrange - comment ne pas l'être avec ce qui l'entourait -, elle était enfant gâtée - elle avait toujours obtenu ce qu'elle souhaitait - et elle était indécemment riche - ou plutôt ses parents - et elle l'assumait pleinement. Plus que jamais depuis son grand retour elle n'avait pas honte de montrer au monde entier ce qu'elle était.

Qu'il voit qu'elle était protégée, qu'il voit qu'elle était riche .... qu'il le voit et qu'il n'approche pas sans prendre quelques précautions. Qu'il voit et qu'il n'ait pas l'idée de lui faire du mal.

Et ils approchèrent de la voiture. Le garde était déjà là. Un homme de la trentaine, haute stature, les traits carrés et sérieux, cheveux à ras et une tenue rigoureuse et droite.

- Jeremy veut m'emmener quelque part. Ca doit rester une surprise pour moi, annonça Isabella à voix haute tout en se dirigeant vers la voiture.

Sans un mot, il ouvrit la porte à la brune, attendit qu'elle s'y engouffre et la referme. Puis il lança un regard des plus neutres à Jeremy.

- Où dois-je vous emmener ? demanda-t-il.

_________________


Who am I?
And where are we?



Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Micky Meyers
avatar
MESSAGES : 1333
DATE D'INSCRIPTION : 12/02/2014
AGE : 26
MessageSujet: Re: This is a game... or maybe not [Isa/Micky] Dim 7 Sep 2014 - 21:54

Place for my Head


Suite à sa proposition de le suivre pour une surprise annoncée grandiose, Isa eut un moment d'hésitation, mais fini malgré tout par se laisser tenter, en dépit de doutes qu'elle s'empressa de formuler, sans fioriture ni détour. Au moins, ça avait le mérite d'être clair. Mais à part lui prouver qu'elle avait tord d'être aussi rude avec lui, Mike n'avait aucune intention particulière.
Bon... en toute honnêteté, il avait sans doute celle d'arracher un nouveau baiser à ces douces lèvres, mais pas dans l'immédiat. Aussi se contenta-t-il d'un sourire discret pour toute réponse.
Celui-ci s'évanouit aussitôt pour laisser place à une vraie mine stupéfaite lorsqu'elle lui annonça que ce serait son chauffeur qui les conduirait. Pour tout dire, il fut tellement surpris qu'il ne nota pas immédiatement le temps avant d'utiliser le mot chauffeur; cette retenue symptomatique d'une gaffe ayant failli être commise, comme un aveu involontaire.
Oui, Micky était passé complètement à côté. De ça, et de la possibilité qu'Isa n'était pas qu'une simple jeune femme distinguée.
Un chauffeur... et ben... Il avait hâte de voir sa tête, et surtout de la voiture, ce qui ne tarda d'ailleurs pas à venir, puisque bientôt une silhouette imposante apparaissait à côté d'une Audi 7 d'une brillance telle qu'on la croirait toute juste sortie du concessionnaire.
Ca aurait pu être plus tape à l'oeil comme voiture. Bon, c'était pas non plus la 4 roues de Monsieur tout le monde, mais ça restait discret.

Ils s'avancèrent et Isa n'y allant pas par quatre chemins, présenta la situation en quelques mots à son chauffeur. Il s'exécuta sans un mot. Pas un reproche, pas un air d'hésitation, rien d'autre que la plus stricte obéissance.
Puis, il se plaça vraiment face à Micky, et là, il percuta.

Mike savait faire la différence entre les vrais durs à cuire, et les petits péteux. Bien que complètement neutre et passif, le regard de l'homme qu'il avait en face de lui, de même que sa posture en cet instant précis, n'étaient pas ceux d'un chauffeur.
Enfin... chauffeur, il semblait l'être. Mais alors ce n'était pas sa seule attribution.
Qu'elle en ait conscience ou pas, Isa était protégée par cet homme. Ce qui devait aller de paire avec "surveillée" aussi.

Au Zoo de San Diego.


J'avais mes yeux plongés dans les siens. A mes mots, la passivité du surveillant s'effaça. Il réfléchissait. Il savait que le zoo était fermé à cette heure. Y emmener sa protégée avec un inconnu qu'elle-même invitait dans sa voiture présentait-il un quelconque risque ?
Bien sûr que oui. Mais il n'avait pas d'autre choix que de prendre en compte ma requête et de nous y conduire. Il serait aux aguets, ce qui de toute façon, devait être une posture de tous les instants pour lui.

Bien
finit-il par dire en faisant le tour de la voiture pour m'ouvrir la portière à mon tour.
Je le remerciais puis m'installais tandis qu'il gagnait la place du conducteur, pour reprendre son rôle de chauffeur.

Devais-je signifier à Isa que j'avais compris que son chauffeur n'était pas qu'un simple chauffeur ?
Non, probablement pas. Après tout, elle n'en savait peut-être rien elle-même, et d'ailleurs, je ne savais pas vraiment quelle était la totalité de ses attributions.
Et puis d'ailleurs, qu'elle le sache ou non, elle lui demanderait comment il pouvait avoir deviné, ce qui serait une question nécessitant une réponse pouvant la faire fuir.
Mieux valait que je me taise, et agisse en simple citoyen un peu abasourdi par les récents événements. Aussi je lançais des regards dans toutes les directions, m'attachant.

Et ben... je suis rarement monté dans une voiture aussi impeccablement tenue.
Et confortable avec ça.


Je me calais bien dans le siège arrière de l'auto tandis qu'elle entamait sa course vers leur destination.

Je dois avouer que je ne m'y attendais pas.


Je me tournais vers Isa en disant cela.

C'est... très inattendu. Je t'avoue que je ne sais pas trop quoi en penser.

Je me replaçais sur mon siège.
Vrai, je ne savais vraiment pas quoi en penser.
Etait-elle fille d'éminents médecins, d'un politicien influent ou d'une styliste réputée ? Ou même, ce pouvait-il que ce soit sa fortune ? Riche héritage, ou elle-même déjà star dans son domaine. Après tout, que savais-je d'elle moi-même ? Pas grand chose. Pourtant, je l'emmenais dans un de mes lieux fétiches. Y serait-elle sensible ? Est-ce que cette richesse lui permettant d'avoir son propre chauffeur ne la rendait pas... inabordable ?
Peu importait en fait.
Ils étaient en route, et tout ce dont je devais de m'assurer, c'était que les portes soient bien ouvertes lorsque nous arriverions.
Enfin, façon de parler.

Excuse-moi une minute.

Je sortis mon propre téléphone et le collait à mon oreille après avoir sélectionné le contact.

Lorsque Micky est arrivé en ville, il a tout de suite compris que pour profiter pleinement de la liberté dont il pouvait jouir quotidiennement, il lui faudrait se débrouiller pour avoir certains... privilèges.
Que ce soit par jeu de caméléon dont il était capable, ou bien par pure coïncidence, il se débrouillait pour avoir accès à certaines choses impossibles au commun des résidents de San Diego.
A commencer, par s'offrir son petit monde de sérénité.

Oui, San Diag est une ville trépidante, pleine d'activité. De jour comme de nuit, il y a toujours quelque chose à faire, à voir, à découvrir. La ville joue justement sur cette activité permanente pour séduire les jeunes américains.
Mais parfois... le besoin de s'isoler, d'être en paix se fait ressentir. Et dans ces cas-là, toute cette agitation a le don de vous faire monter un mal de tête dément. Dans ces cas-là, il vous faut un refuge.
Le Zoo était celui de Micky.


Salut Kaz ! Oui c'est moi. Dis, je vais arriver avec une amie, fais comme d'hab ok ? Oui. Oui si tu veux. Pas de problème, à toute à l'heure. Bye.


Je rangeais mon téléphone, et regardais au-dehors.
Nous n'étions plus qu'à 10 minutes de notre destination.

Je me tournais vers Isa. Tout cela me chiffonnait.

C'est chouette d'avoir son propre chauffeur. C'est... comment dire ? Ca en jette, on se sent un peu... petit, quand on n'a jamais vu ça. Et la seule chose à laquelle je suis capable de penser en ce moment, c'est si...

Je pesais mes mots soigneusement.

Si tu le vis bien.

Analyse rapide.
Parler de ses parents pour l'amener à dévoiler leur métier, leurs sources de revenus, c'était bateau et ça n'amenait à rien qu'à un "ah ok".
Parler d'elle pour chercher à savoir si dans sa vie une notoriété quelconque expliquait tout cela, c'était un brin plus intéressant, mais de peu. Car tout le monde lui en parlerait. Tout le monde s'extasierait.  
Micky n'est pas tout le monde. Il ne l'avait jamais été depuis qu'il s'était approché d'elle, un mojito à la main.
Amener la discussion sur ses sentiments plutôt que sur des banalités d'usage était un pari risqué. Elle pouvait tout aussi bien ne pas souhaiter lui répondre, ou précisément lui répondre des banalités d'usage.
Tant pis. Essayer. Et s'adapter.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé
MessageSujet: Re: This is a game... or maybe not [Isa/Micky]

Revenir en haut Aller en bas

This is a game... or maybe not [Isa/Micky]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

Sujets similaires

-
» 01. Spy Game in McKinley High [CLOS]
» Eyeshield 21 saison 2 Sur Game One en mai
» Game of Thrones
» Segment Triple H , Undertaker , Dead Game !
» All Star Game Lineup
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Ride Or Die : After that you run ...  :: LIEUX-DITS :: Gaslamp Quarter :: Bars & Cafés-
Sauter vers: