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Moment d'insouciance ... s'il n'y en avait qu'un ... |Mila T. Newton-Holmes|

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Darian Parks
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MessageSujet: Moment d'insouciance ... s'il n'y en avait qu'un ... |Mila T. Newton-Holmes| Sam 6 Oct 2012 - 16:04

Mon corps heurta violemment le sol alors qu’il se ruait sur moi, la lèvre fendue. Mon œil gauche me faisait mal et le plancher de ce bar me semblait bien dur. Mais qu’importe, il l’emporterait pas au paradis cette enflure. Il ne l’avait pas volé son coup de tête. Depuis quand on en vient à importuner les gens parce qu’ils ne collent pas au prototype idéal, parce qu’ils n’ont pas la même façon de voir, pas les mêmes idées. Il était certain qu’un tel débordement aurait pu être évité. Mais je n’avais nullement envie de me contrôler, sachant que quand on vient me faire chier, je démarre au quart de tour. Je ne voyais pas qui je dérangeais. J’étais accoudé au bar à m’enquiller quelques bières, discutant de la vie et de ses malversations avec mon voisin de comptoir. Et l’autre était arrivé derrière moi pour me dire qu’on en avait rien à foutre de ce que je racontais et qu’un poivrot comme moi n’avait rien à faire là. Mais il était qui pour me parler de la sorte ? Là je me suis retourné, me suis mis face à lui pour lui demander s’il avait un problème avec moi et avant même qu’il ne me retourne sa réponse, je lui mis un coup de tête qui le fit tomber à terre. Les choses s’étant enchaînées, je n’ai pas aussi bien esquivé le retour que je l'aurais voulu prenant son poing en pleine tête. Alors il m’a violemment poussé en arrière, mon équilibre déjà fortement affecté par la quantité d’alcool que j’avais ingurgité, ne put m’empêcher de sombrer au sol. On se livra un corps à corps. Il était certain qu’il était plus fort que moi et surtout plus sobre. Mais j’avais tellement la rage que j’arrivais à le mettre en échec. Tel un chien fou qu’on ferait mieux de piquer sur le champ. Et sans que je comprenne ce qu’il m’arrive, je fis un joli vol plané à l’extérieur du bar, rencontrant avec violence la rudesse du macadam que ma respiration en fut coupée. Un homme de deux fois ma taille et facilement le double de mon poids se tenait à proximité les bras croisés. Ma respiration revint doucement, mais qu’est ce que ça faisait mal. Je crachais mes poumons lorsque je vis le gérant du bar sortir et aboyer à mon encontre, me jetant ma veste à la figure sans ménagement :

« Et que je te revois plus dans le coin ! Taré ! ». Joli formule de politesse avais-je envie de lui répondre, mais l’air me manquait. Je me relevai alors tant bien que mal, comptant sur mes deux jambes qui supportaient difficilement mon propre poids et m’en alla, titubant. Je gerbai ce que j’avais à gerber à l’angle d’une petite ruelle, me tenant les côtes puis prit la direction de la plage. J’avais besoin d’air, besoin de calme et d’apaisement et l’eau avait toujours eu cet effet sur moi. Le bruit des vagues me tranquillisent énormément. J’atteins le sable fin et encore chaud de cette journée gorgée de soleil comme beaucoup d’autres à San Diego. Je me demande bien ce que je fiche ici, et pourquoi ici d’ailleurs, moi tant habitué à éprouver le besoin de foutre le camp dès que ça devient trop répétitif au même endroit. J’avais battu des records de fixité en cette ville. Il faut dire qu’on dispose de tout , et surtout avec une facilité déconcertante. C’est peut-être ce qui me fait rester. Et puis je me prends à penser à Ally. Mon âme-sœur, qui l’ignore encore … Une déraison, une indéniable folie. Dans quoi je m’embarquais encore. Et toutes ses promesses que j’avais faites. Pour quoi faire ? Pour qui ? Pour quoi ? Rien de plus que des garanties d’une continuité dont on ne connait ni le chemin ni la raison. Pour s’alléger de questions existentielles, pour une fois arrêter de se rejeter la faute puisqu’on est maintenant que seul à jouer. Pour enfin faire quelque chose de sa vie ? Non, ça c’est encore trop tôt pour le dire.

Je hurlais donc à la mer les fautes des hommes, mes fautes, exclamais fièrement les injustices qui peuplent ce bas monde, tel un forcené qui m’en pourrait plus de crier, me tenant face à la mer, les pieds dans l’eau. Attends ai-je qu’elle m’emporte ? Et puis je pleure la mort de mon père. Je recule alors de quelques pas. Comment la vie avait-elle tournée ainsi ? Et puis je compris … Rien n’avait changé. Ici ou ailleurs, la rengaine était la même. Delaney n’était plus là, elle non plus. Je m’assieds alors sur le sable, la tête entre les mains. Qu’est-ce que je faisais ? Où allais-je donc ? Ma vie, son sens … dégommés. Il fallait que j’arrête. Que je m’arrête. Je sors alors un bon gros pétard de la poche de ma veste et l’allume, tentant d’apaiser mon tumulte. Aussitôt ralentit mon pouls. Seconde latte, je tombe sur le dos finissant allongé. Là, plus possible était pour moi de me relever ou alors de faire quoi que ce soit d’autre. Je verrais ça demain. Mon regard accroche le ciel étoilé. Tout parait si simple en cet instant.

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Mila T. Newton-Holmes
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MessageSujet: Re: Moment d'insouciance ... s'il n'y en avait qu'un ... |Mila T. Newton-Holmes| Dim 25 Nov 2012 - 17:32


Moment d’insouciance... s’il n’y en avait qu’un...
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Je claque un peu brusquement mon front contre le bois de mon bureau. Une grimace suivit d’un gémissement plaintif m’échappe et parvient jusqu’aux oreilles de mon père avec qui je suis au téléphone. Comme depuis que je réside à San Diego, il me téléphone tous les soirs et me demande comment je vais, si tout se passe bien et si je ne rencontre aucun problème. Que pourrais-je bien lui dire ? Alors, pendant qu’il me raconte expressément que je dois faire attention à moi et que je suis encore et toujours trop maladroite, je me demande ce que je lui dirais si je racontais toute la vérité. La seule et unique. Je n’aime pas dire des mensonges à mes parents, mais actuellement, je suis bien obligée. Après tout, ma vie ici n’est qu’un recommencement de ce que j’avais connue lorsque j’étais plus jeune et que j’avais commencé le collège. Ici, à l’université, je suis la pauvre petite rouquine qui débarque de son Alaska natale, qui ne supporte pas réellement les pics de chaleur et qui se demande continuellement ce qu’elle fiche ici. Je suis un peu la fille bizarre par excellence qui ne comprend pas un traître mot du jargon des jeunes et qui refuse obstinément tous les rendez-vous qui pourraient me mettre mal à l’aise ou dans une fâcheuse position. Parce que oui, malgré le fait que je ne sois que la poil de carotte de service, il semblerait que j’intéresse un petit peu la gente masculine qui n’est qu’un groupe d’idiots qui n’ont pas encore atteint le stade de maturité qu’avaient déjà les étudiants de ma ville natale. En somme, je ne me sens pas à ma place, je m’ennuie, ma maison me manque, le froid me manque, mes manteaux chauds et confortables me manque, mes bottes moelleuses me manque. Je risquerait de fondre en larmes et d’ailleurs, j’en suis à la limite. « Tu es sûre que tout va bien, mon ange ? » cette question de mon père m’agace, parce que j’ai envie de hurler que non, tout ne va pas bien ! Et que non, je n’ai toujours pas mis la main sur ce fameux frère abandonné plusieurs années plus tôt. J’en ai réellement marre qu’on me confie ce genre de missions. « Oui, papa, tout va très bien. » dis-je en essayant de ne pas paraître trop exaspérée, bien que je le sois réellement. Un soupir m’échappe et je pose un regard sur Lula, mon bouledogue français. « Écoute, il faut que je révise... on se téléphone demain. Je t’aime. » j’attends qu’il parle et finalement, je raccroche après quelques secondes. Je porte une main à mon front, grimace de nouveau et me penche brusquement en arrière. Ma chaise ne résiste pas, je tombe à la renverse dans un bruit sourd. Sonnée durant quelques secondes, je suis sortie de ma torpeur par Lula qui grimpe à moitié sur moi et me lèche le visage. « Oh Lula, je t’en prie ! » dis-je en la repoussant doucement. Je me redresse doucement, vérifie que je n’ai rien. Pas de vertiges, pas de douleurs, tout va bien ! Je me remets sur mes pieds et soupir. « Allez, promenade ! » lançais-je gaiment à ma chienne. Il faut que je sorte et que je prenne l’air. Je sais que mon père n’aimerait pas, il est déjà bien tard. Mais j’adore la plage à cette heure si avancée de la soirée...

Nous grimpons dans la voiture, j’attache ma ceinture de sécurité et commence la petite route qui mène vers la plage, le coin que je préfère. C’est bien une chance, j’aime au moins une chose ici... cela me met un peu moins le moral dans les baskets, même si je n’en suis pas loin. J’aimerai que tout soit différent, mais malheureusement, ce n’est pas possible. Je soupir et démarre en me concentrant sur la route. Ce n’est pas le moment pour que j’ai un accident. Déjà que je suis maladroite, mais au moins, derrière un volant, je suis plus ou moins raisonnable. Du moins, jusqu’à maintenant, je n’ai pas eu le moindre accident, pas même un accrochage ! Selon mon père, cela relève du miracle. Même pour l’obtention de mon permit, il n’y croyait que très moyennement. En fait, je crois qu’il avait fait une prière afin qu’il ne m’arrive rien. Je ne suis quand même pas à ce point là... Du moins, je ne me rends jamais compte ! Il est vrai que je suis une spécialiste en ce qui concerne les chutes, les casses et tout le reste. Parfois, je me demande comment je fais pour être encore vivante à l’heure actuelle. Une catastrophe ambulante, voilà ce que je suis !... Après plusieurs minutes de route -j’ignore combien-, j’arrive enfin à destination. Je me gare non loin de la plage et attrape Lula qui est impatiente, je le sais bien. Je la porte à bras, sort du véhicule, attrape mes clefs que je glisse dans la poche de mon jean, mon portable qui suit le même chemin ainsi que la laisse, bien que je ne m’en serve que très rarement. Une fois sur le sable, je pose Lula qui n’était pas bien lourde. Elle n’a que huit mois et je l’adore. J’avoue, je suis complètement gaga devant un animal quel qu’il soit.

À peint eut-elle les pattes dans le sable, que Lula dévale comme une dingue. C’est pas vrai, il va falloir que je presse le pas afin que je ne la perde pas trop de vue. Finalement, peut-être aurai-je du lui mettre sa laisse. Mais j’estime que c’est une entrave à sa liberté. Après tout, je n’aimerai pas que m’on me tienne en laisse, j’estime qu’il en va de même pour ces pauvres bêtes. Du coup, je cours après elle, et la voilà qui accélère encore. Mais dites-moi que je rêve ! Voilà qu’elle s’amuse avec mes nerfs, maintenant. Cette chipie m’en fait toujours voir de toutes les couleurs. Je voulais être tranquille, faire une promenade sympathique et prendre le temps de réfléchir, mais non, il faut que je cours après cet animal. Je passe la vitesse supérieure et ne fait même plus attention à ce que je fais ni à où je mets les pieds. Et d’un coup, je décolle. Je le sens. Mon pied droit percute quelque chose et je m’envole en avant avant d’atterrir brusquement, visage contre le sable. Deuxième belle chute en une seule soirée, je vais battre mon propre record ! Quelque peu sonnée, je tourne le visage sur le côté et tousse à cause du sable. Et brusquement, voilà que cette petite peste se trouve juste à côté de moi. Mais pire encore, je sens que je suis sur quelqu’un. Du moins, mes jambes le sont. Alors, avec un peu de mal, je me redresse un peu et aperçoit un jeune homme. Je pense que cela a été tellement rapide que même lui n’a pas du comprendre la scène.
« Oups ! » lançai-je à la volée. Je me bats contre mes jambes qui refusent de faire quoique ce soit et qui s'emmêlent entre elles et avec celles du jeune homme. « Je suis désolée... -deuxième tentative, j’échoue- Pardon ! Je vais y arriver ! » ajoutai-je, morte de honte face à mon incapacité à faire ce que je veux de mon corps. Finalement, après plusieurs secondes, j’y parviens quand même avec beaucoup de difficulté. « Vous n’avez rien ? » demandai-je finalement en me tournant vers lui, encore honteuse de cette scène. Je suis vraiment trop stupide !

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Darian Parks
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MessageSujet: Re: Moment d'insouciance ... s'il n'y en avait qu'un ... |Mila T. Newton-Holmes| Ven 4 Jan 2013 - 22:19

Il y a des moments comme aucun autre. Et puis il y en a, tous les mêmes. Des moments dans lesquels on accomplie les mêmes gestes, où l’on pense les mêmes choses et où les réponses à nos questions sont identiquement ... vagues. On finit par passer à autre chose jusqu’à la fois suivante. On se prend à penser à sa vie, à ce qu’elle a de positif et de négatif, au comment on la mène et ce qu’il lui manque. Mais dans les premiers, il se passe enfin quelque chose. On se prend subitement à ne plus penser à soi, et étrangement, on se sent bien mieux comme ça. Parce qu’il y a cet autre. On n’en sait pas plus, on ne se retrouve pas plus avancer qu’il y a quelques minutes, et pourtant on ressent cette subtile différence. Nos pensées sont concentrées, nos pensées sont imprégnées dans ce moment. Enfin pour ma part, elles sont plutôt à la ramasse ne parvenant pas à comprendre ce qu’il vient de se passer, s’il s’est vraiment passé quelque chose et ce qu’il faut faire sur l’instant. Cette jeune fille me regarde. Ses lèvres sont en mouvement, me parvient de diffuses brides de son. Il se pourrait bien que ce soit à moi qu’elle parle. Tout est si confus. Je me relève légèrement en appui sur mes coudes. Je saisis alors que sa position n’a rien de normale et qu’elle n’a pu s’y retrouver que d’une seule façon. Je ne la quitte pas des yeux, ou plutôt essayais-je de la fixer. Son sourire est gêné mais sublime et appelle automatiquement le mien, niais. Elle s’agite dans tous les sens. Je la sens en galère, son corps n’en fait qu’à sa tête. Il y a cependant quelque chose de comique dans cette scène. Elle s’excuse à nouveau. Je perçois ses regrets à travers son regard bas et si expressif. La difficulté semble grande alors qu’elle fait des pieds et des mains pour se dépêtrer de ce merdier. Ce n’est qu’à la troisième tentative et autant d’embarras et de « pardon » qu’elle y parvint. J’aurais bien aimé lui venir en aide solidement mais plus j’essayais et plus visiblement je la mettais en échec. Mon sourire ne quittait pas mes lèvres alors qu’une fois la voila remise en ordre elle se tourne vers moi et s’enquiert de mon état. C’est après quelques secondes que j’arrive à formuler ses mots :

« C’est plutôt à vous qu’il faudra demander cela ... vous ne vous êtes pas fait mal ? », lui dis-je, plein de bienveillance. D’un mouvement incontrôlé de la tête, j’ajoute ensuite plus lentement et ... difficilement : « Je ne vous avez pas entendu arriver, c’est que ... (j’éclate de rire) vous êtes une championne ».

Je n’ai pas encore pris conscience du chien qui se tient à mes côtés, inquiet pour sa maitresse. Je m’assois plus correctement, repliant mes genoux contre ma poitrine, et c’est à cet instant que je le vis, me passant jusqu’à côté pour la rejoindre :
« Oh, c’est qu’il est féroce ! ». Je ris un instant, avant de me stopper, levant le regard sur elle. Certes de petite taille, à une telle distance et dans la surprise, peut provoquer l’effet inverse. Moi et les animaux de compagnie ou pas d’ailleurs, ça fait deux. Je n’ai jamais connu de véritable communication avec un animal pour me sentir en confiance en leur présence ou même, parvenir à leur trouver de l’affection. Ils ne sont que chiens, chats, lombrics, mouches, comme je suis moi, là. Ma cohérence m’abandonne à tel point que je doute que mes propos puissent lui avoir été compréhensibles. Je la regarde alors, confus. Je n’ose ajouter mot de peur qu’elle finisse par me trouver franchement bizarre. Et pourtant, elle est la plus belle chose qui me soit arrivée en cette soirée. J’en suis même parvenu à en oublier à quoi je pensais avant qu’elle ne se pointe ou plutôt jaillisse de nulle part. Mes pensées avaient dévié sur une concentration plus importante, plus réelle que mes éternelles ruminations du passé que je n’arrive pas à dépasser et encore plus avec la tête dans le gaz. Et moi qui ne croit pas franchement en autrui, pas plus que je ne crois en moi devrais-je dire, je suis pourtant bien enchanté de tomber sur elle en cette nuit, ou qu’elle me tombe dessus ...

Je la détaille alors longuement du regard, tentant de deviner les traits de son visage que dissimule la nuit perçante et ne me fournit que quelques lueurs venant l’éclairer par intermittence. Un instant voila la pénombre, la seconde suivante, une embellie vient la dessiner avec lenteur et douceur à mes yeux embrumés. Comme si je voyais pour la première fois et que la première image qu’il m’est donné de voir sont les expressions, si naturelles, de cette inconnue. A croire que la vie ne me veut pas que malheur et drame. Et même si cet interlude n’est qu’un bref aperçu de ce que je ne saisis pas, je me ravi d’avance de penser à elle à chaque fois que j’aurais le sentiment, profond, que le monde me tourne le dos, ou que volontairement, je me retourne. Je la regarde toujours aussi fixement lorsque je comprends que mon regard sur elle se fait plus qu’insistant et baisse les yeux. Je ne sais quoi lui dire de plus que je ne lui ai déjà dit, et ne voit ce que je pourrais ajouter. Lui parler de mes raisons en ce lieu n’a rien de très passionnant ni philosophique, autant éviter pareil détour. Je fais mon possible pour lui apparaitre le plus clean et net bien que j’ai conscience que dans l’état que je suis, j’aurais beau faire ce que je voudrais, je ne tromperais aucune apparence. Autant pas se leurrer. J’avais bien trop fumé et bien trop bu pour prétexte être un homme distingué et ... conforme. Elle s’en était surement rendue compte au moment même où se sont croisés nos regards. Il n’y avait que moi que j’arrivais à duper et encore ... J’avais admis bien des choses depuis ma longue traversée du pays. J’avais fini par me faire à l’état des choses, à celles qui peuvent connaître évolution, et toutes celles qui ne changeront pas. Des états de fait, la société, ce monde dans lequel j’ai émergé sans trop savoir pourquoi. Mais il faut savoir faire avec ce manque de savoir. Avec ces trous et lacunes qui ne se combleront pas. Alors je n’espère plus rien et attends sagement. Attendre la fin. Attendre ce bouleversement inattendu. Cette inconnue ?
Et pourquoi pas ?! Autant s’en remettre au hasard quand on a plus d’effet sur rien ni personne. C’est une perspective intéressante ...


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Mila T. Newton-Holmes
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MessageSujet: Re: Moment d'insouciance ... s'il n'y en avait qu'un ... |Mila T. Newton-Holmes| Sam 5 Jan 2013 - 21:08


Moment d’insouciance... s’il n’y en avait qu’un...
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Depuis que je suis toute petite, je suis d’une maladresse incroyable. Je suis du genre à me prendre des portes en pleine figure, parce qu’elles ne sont pas ouvertes, mais je fonce quand même. Si quelque chose traîne au sol, aucune inquiétude pour les autres, c’est forcément mes pieds qui se prendront dedans et je m’étalerai lamentablement au sol, et je serai recouverte de bleus durant quelques jours. Si un sol est glissant, c’est encore moi qui subi une très belle chute qui reste dans les esprits de chacun. Je loupe des marches dans les escaliers, ou alors, j’en rajoute et monte dans le vent, ce qui me fait perdre l’équilibre. Je tombe de ma chaise avec une facilité déconcertante, il arrive même que je me prenne les portes des placards dans la figure en les ouvrant. Dans le fond, est-ce de la maladresse ou de la connerie ? Je n’en sais trop rien, mais quoiqu’il en soit, cela m’arrive tout le temps, c’est devenu mon quotidien, et à force, on se fait facilement aux douleurs. Les coups disparaissent au bout de quelques jours, et à l’appartement, j’ai toujours des crèmes et des pommades qui me permettent d’avoir moins mal. À force, je deviens experte en blessures. C’est plutôt pas mal, je pourrai même être infirmière, si je fous en l’air mes projets d’avenir -ce que je ne souhaite pas, évidemment. Mais, quoiqu’il en soit, cette fichue manie de me mettre dans des situations périlleuses commence à être lourde à vivre. Même lorsque je me promène tranquillement dans les rues ou sur la plage, il m’arrive une mésaventure, comme maintenant, puisque je me trouve écroulée au sol, après une chute faite sur un jeune homme qui n’avait rien demandé à personne, mais qui se retrouve bien obligé de subir mon incapacité à tenir sur mes deux jambes. Je m’excuse de nombreuses fois, je pourrais le faire durant des heures tant je suis mal à l’aise en cet instant, et je le suis encore plus en me rendant compte que je suis incapable d’avoir une entière maîtrise de mon corps qui fait tout ce qu’il veut. Mais, à force de faire quelques efforts, je parviens à m’en sortir et je libère enfin le jeune homme de mon poids -bon, je ne suis pas lourde, mais quand même ! Je n’aimerai pas, moi, que quelqu’un m’écrase de la sorte alors que je profitait calmement de la quiétude de la nuit. Il sourit. Merde, peut-être qu’il se fiche de moi ? Ce ne serait pas étonnant, tout le monde serait en train de rire aux éclats à sa place. Je n’y prête plus trop attention, même si cela renforce ma honte, évidemment. Je me mords nerveusement la lèvre et m’enquis de son état, j’espère qu’il n’a rien eu, ce serait le comble ! Malgré son sourire, je m’attends à ce qu’il me hurle dessus -j’ai déjà eu le coup, un type qui s’est brusquement énervé, j’ai cru que j’allais fondre en larmes-, mais il n’en fait rien et préfère prendre des nouvelles de mon état. Je tâte un peu quelques parties de mon corps. Est-ce que je vais bien ? Je crois que oui... Du moins, je ne ressens rien pour le moment, c’est que tout doit être OK. Il reprend rapidement la parole, et en plein milieu, éclate de rire. Lorsqu’il termine sa phrase, je rougis de nouveau et je sais parfaitement que je dois être rouge comme une tomate. Merde de merde, je suis vraiment un boulet international.

Il remarque ensuite la présence de Lula, cette petite chipie qui a un peu forcé notre rencontre, admettons-le. J’eus un mince sourire alors que je regarde ma chienne qui reste à présent à côté de moi, comme si elle avait parfaitement conscience de la bêtise qu’elle venait de faire. Je n’ai pas le cœur à la punir, après tout, si je suis maladroite, ce n’est pas de sa faute, et je ne sais pas être autoritaire, je suis une vraie guimauve. Mais, je pense que Lula est bien loin d’être féroce, c’est même tout le contraire. « Je vais bien, merci... » répondis-je dans un murmure. Il me regarde sans jamais détourner le regard et je me sens un peu mal à l’aise, je n’ai pas l’habitude que l’on me scrute de la sorte. Je baisse les yeux alors que je sens des rougeurs sur mes joues. Pourtant, durant ces quelques secondes, j’ai eu tout le loisir de voir l’état dans lequel il se trouvait, et malgré tout, ne me prends pas cette irrémédiable envie de fuir, comme elle pourrait s’imposer à moi habituellement, lorsque je me trouve dans pareille situation. Lorsque je sens que son regard n’est plus sur moi, j’ose enfin reprendre une attitude plus normale, et je décide de rompre un peu ce malaise qui m’avait envahi l’espace de quelques instants. Je réponds alors à sa petite boutade tout à l’heure : « Je pourrais être une parfaite espionne, discrète comme personne... seule ma maladresse a le don de me trahir. », avouai-je dans un petit sourire qui étire mes lèvres dans une petite moue que mon père jugeait adorable. Je m’assied alors sur le sable, et remonte mes jambes contre ma poitrine. C’est à ce moment que je sens une petite douleur qui me lance sous le genou, probablement dû à ma chute, cette partie a dû cogner plus fort contre la jambe du jeune homme. Je frotte doucement ma peau au travers du tissu de mon pantalon, et finalement, abandonne la lutte. Cela me fera une nouvelle marque que je porterai durant quelques jours avant que celle-ci ne disparaisse comme les autres, ne me suffira qu’à mettre un peu de pommade. « Vous être sûr que vous n’avez rien ? » demandai-je de nouveau en me mordant la lèvre, avant d’ajouter : « Je sais que je ne suis pas bien lourde -du moins, je l’espère-, mais je n’aimerai pas que vous ayez quelques bleus par ma faute. », lui dis-je dans un fin sourire. Certes, il n’avait pas remarqué ma présence, mais ne sait-on jamais. Parfois, on se rend compte des blessures que bien plus tard, je suis une experte en la matière.

Je tourne légèrement la tête sur le côté et regarde l’horizon -du moins, ce que je discerne, vu l’heure qu’il est. Un petit soupir m’échappe alors que brutalement, je pense à mon Alaska natal. Même si j’adore cet endroit, mon petit coin de paradis me manque, tout comme ma maison et les endroits dans lesquels j’ai grandis et passé de nombreuses années. Je glisse une main dans le sable et attrape quelques grains dans ma paume. Je referme ma main et laisse tomber les grains de sable lentement, alors que je sens ma chienne qui s’agite à mes côtés. Et quelques secondes plus tard, la voilà qui saute à moitié sur le jeune homme et part en quête de lui faire des léchouilles sur la joue. Un sursaut de rire m’envahit alors que je me penche et me précipite pour reprendre ma chienne. « Je suis désolée... Lula est très affectueuse, je crois qu’elle vous aime bien. » lui dis-je dans un nouveau rire alors que je garde la petite peste dans mes bras afin qu’elle ne fasse plus aucune bêtise. Décidément, elle veut vraiment me couvrir de honte ce soir. Et soudainement, je réalise : je le dérange peut-être ? Depuis tout à l’heure, il devait être tranquille avant que je ne perturbe ce moment à cause ma tendance à ne pas tenir debout. « Oh, je devrais peut-être vous laisser... Je me rends compte que je vous dérange peut-être, vous étiez tranquille avant que je n’arrive de manière impromptu. » fis-je remarquer en me mordant de nouveau la lèvre, nerveuse comme pas possible.

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MessageSujet: Re: Moment d'insouciance ... s'il n'y en avait qu'un ... |Mila T. Newton-Holmes| Dim 3 Fév 2013 - 17:34

Prendre son temps, le bousiller, le dépenser à bon comme à mauvais escient ... Cette quête infinie pour seulement ralentir un peu, avoir le sentiment que l’on détient le contrôle de sa vie, que l’on est le seul décideur de sa destinée et après ? Les choses sont-elles plus intenses lorsqu’elles sont faites dans la lenteur ou dans la précipitation ? Lorsqu’elles sont calculées et préméditées ou alors imprévisibles et insconstantes. Pouvons-nous dire qu’elles ont compté alors qu’elles n’ont duré que quelques instants et passagères se sont éteintes, faute d’entretien, de désillusions ? Est-ce suffisant ? Faut-il miser sur la longueur et la durée pour parler de sincérité, de partage, de vécu ? Ne vivons-nous pas chaque seconde qui s’écoule, même si on ne le fait pleinement ? Jugeons-nous aussi simplement ? Ou n’est-ce qu’un prétexte de plus pour poser plus de barrières qu’il n’y en a déjà ? Pour s’affirmer blindé et ... insensible ? Est-ce plus simple ainsi ? Il y a des jours où je le pense, fermement ... et d’autres, un peu moins, durement. Je suis constamment hanté par des tas de pensées du genre qui m’expédie loin, si loin qu’il m’arrive de penser : « Suis-je si différent de tous les autres ? Est-ce réellement important dans le fond ? ». Pour au final en conclure qu’il n’est question que d’adaptation, et que d’adaptation je n’ai jamais su faire. Cette société, ces mœurs détraqués et flous, à ne plus savoir ce qui est bon de ce qui ne l’est pas, à la morale endommagée et l’éthique perturbée. Où va donc le monde ? Comment y va-t-il ? Est-ce cela l’avenir ? Autant le dire, il n’a rien de très réjouissant ni même de très honorable. Toutes ces valeurs ? Où s’en vont-elles ? Quand le bien et le mal ne se reconnaissent plus, quand disparaissent les interdits, les censures, et autres fondamentaux, ils n’avaient pas que du mal, quand on y repense. À présent, on autorise tout et n’importe quoi, on noie ses repères en pensant liberté et évolution alors qu’il n’en est rien. Tout est exacerbé, exagéré, surréaliste. Au summum de son paroxysme.

Je ne me sens pas à ma place dans ce monde. C’est comme si je n’étais pas né à la bonne époque, en décalage total avec la pensée commune, l’opinion général et l’évolution actuelle. Tout paraissait auparavant si simple. Le coût de la vie avait son dû, fixe et impartial. La vie était classique, droite et rude, sans idée de grandeur. On ne jugeait pas tout par l’expérience ou l’inexpérience, à celui qui fait le plus de choses, justifiant que toute expérience est bonne à prendre. Or, je ne pense pas de la même façon. J’estime que ce n’est pas parce qu’on ne favorise pas les mêmes idées que l’on est obligatoirement décalé, démodé. Parce que, qu’est-ce que la mode au final ? Une tendance qui ne fait que passer. Qui ronge de regrets de l’avoir suivi bêtement, d’avoir pensé être dans le coup, d’avoir essayé d’être comme les autres. Mais je ne veux pas être comme les autres. Être ce mouton qui suit le troupeau. Qui renonce à ses valeurs aux profits d’autres plus larges, sans cadrage. Mais pour y gagner quoi ? Un peu plus d’errances, un peu moins de scrupules. Ça ne m’intéresse pas. Je ne vois pas ce qui pourrait m’être profitable d’être sans interdit, ni tabous, qui s’expose comme si tout devait être vu et entendu, à celui qui en dira le plus, à celui qui en montrera le plus. Je ne suis pas un homme de spectacle, pas non plus un bonimenteur de foire à l’affut de la tête gagnante, du plus grand des cons. C’est sans cesse que je m’égare, peut-être ne fais-je que fuir ...

Elle me répond distinctement, que je me demande encore comment ça peut être possible. Une telle action ... Mon regard se pose sur le sable, avec lenteur. Elle reprend la parole, je souris à ses propos. Amusante en plus ...
« Ca ne devrait pas trop vous mettre en échec si ce n’est que cela /», lui répondis-je en rigolant. Il était évident que dans une telle profession, elle était grillée direct. Que ce ne pourrait jamais être un déterminant de carrière pour elle, et elle le savait surement aussi. Mais j’appréciais son sens de l’humour, son autodérision, naturelle. Elle vient s’asseoir à mes côtés, se frottant énergiquement le genou, conséquence de sa chute, ça ne peut en être autrement. Ses gestes sont exaspérés et agacés, je retiens un rire. La jeune femme m’adresse à nouveau la parole, je tourne le regard vers elle, un léger sourire amical sur les lèvres.

« Rassurez-vous ce n’est rien, ce n’est pas tous les jours qu’une charmante demoiselle vous tombe dessus et surtout pas sur moi, alors je ne vais pas m’en plaindre. J’accuse juste votre inconscience mais vénère votre maladresse ... eurhm », lui dis-je en riant. Et voila, mais c’était quoi ça, je venais de lui faire quoi là ? De la drague ? Nah, il y avait longtemps que j’avais abandonné tout ça ... Je fermai aussitôt ma gueule, réfléchissant sur ce que je venais de lui dire et d’où cela avait pu me venir. Je détournais les yeux, ne souhaitant me heurter à sa réaction. Je sens son regard se porter ailleurs, sur l’ailleurs qui nous entoure. Ses mains viennent caresser le sable, je sais qu’il me faudrait dire quelque chose mais rien ne me vient. Je crains à présent la moindre parole qui pourrait sortir de ma bouche. Je savais qu’il ne fallait pas que je le fasse aussi corsé.
C’est alors que brusquement sa chienne surgit de nulle part et m’assaillit, faisant obstacle à mon sursaut mais me redonnant vivacité. Je tente de la retenir de me lécher le visage en vain. Par bonheur la jeune femme récupère son animal, dans un éclat de rire. Celle là non plus je ne l’avais pas vu venir, mais que vois-je après tout ... pas grand-chose. Je la regarde tout en essuyant la bave que j’ai sur le visage.


« Mais c’est qu’elle ne manque pas d’arguments, dis donc, mais je lui pardonne », lui dis-je en souriant. J’expire profondément, venant tapoter le haut de sa tête avant de retrouver mon mutisme. Déclenchement de verbalisation, elle s’exprime à mon encontre, torturant sa lèvre inférieure avec manie, et s’acquiert de ma situation que je démonte presque immédiatement.

« Oh non, vous ne m’avez pas dérangé, je tentais juste d’observer le temps sans succès alors ... (Je marque un temps d’arrêt, avant d’enfin relancer.) « Vous voulez marcher un peu? » , lui proposais-je, ne connaissant la direction à suivre, s’il valait mieux aller à droite ou à gauche. Mais peu importait. Je ne souhaitais que prolonger notre échange sans me poser plus de questions. Sa compagnie m’était agréable, et il y avait longtemps que ça ne m’était pas arrivé. Surtout pas aujourd’hui ...

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Mila T. Newton-Holmes
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MessageSujet: Re: Moment d'insouciance ... s'il n'y en avait qu'un ... |Mila T. Newton-Holmes| Mer 6 Fév 2013 - 14:08


Moment d’insouciance... s’il n’y en avait qu’un...
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Parfois, je me demande vraiment si je suis normale. Lorsque je me compare à toutes ces jeunes femmes, je réalise que nous n’avons rien en commun. Même quand je suis à l’université et qu’elles discutent entre elles, je suis incapable d’être en accord avec ce qu’elles racontent et je ne suis absolument pas en phase. Elles aiment les sorties en boite de nuit, où tous les jeunes s’entassent et s’amusent à boire jusqu’au petit matin, là où les plans drague sont les plus lourds. Elles aiment faire du shopping durant des heures, toute la journée, sans jamais faire de pause et jamais elles ne se lassent pas de ces montagnes de vêtements, qui personnellement, me donnent envie de prendre la fuite. Elles parlent de maquillages, de coiffures et autres choses typiquement féminines... Et moi, ça ne me passionne pas du tout. Je préfère la simplicité, je préfère les cinémas, les promenades et les bouquins aux discothèques et aux séances de shopping. Je ne passe pas trois heures dans ma salle de bain et je ne fais pas tout pour que les types soient dingues de moi, bien au contraire. Trop souvent, j’essaie de me fondre dans la masse, même si je n’échappe au regard de personne. Entre mes cheveux roux et ma maladresse légendaire, je passe simplement pour la fille bizarre qui ne tient pas sur ses jambes ou qui ne sait pas tenir des livres dans ses mains plus de dix minutes. Bien souvent, je me dis que je suis pitoyable, et ça ne m’étonne pas que j’ai autant de mal avec les autres. De toute façon, je suppose que je ne suis pas assez intéressante, pas assez comme eux. Même si certains étudiants s’intéressent à moi, mais je sais pour quelle raison. Ils veulent tous la même chose, et ça en devient gênant de toujours dire non, de toujours vouloir prendre la fuite dès qu’un malaise me prend. Oui, je ne suis pas à l’aise dans cette ville, je ne me sens pas à ma place et je doute de l’être. Parce que tout a été orchestré par ma mère, parce que je suis ici pour elle, parce que je paye ses erreurs. Je ne sais pas exactement comment je dois qualifier cette histoire, mais j’y pense le moins possible en ce moment. Il faut que je me concentre sur mes études, et je verrais cela ensuite. Je ne veux pas être celle qui bouleverse la vie de quelqu’un, et pourtant, on m’y oblige. Mais peu importe, je profite de ce moment plus ou moins calme, la dure réalité aura tout le temps de me rattraper pour me foutre une énorme gifle.

La réponse du jeune homme m’amuse et m’arrache à mes pensées. Je joins un instant mon rire au sien avant de me reprendre. Je hausse doucement les épaules. Si seulement il n’y avait que la maladresse, mais j’ose espérer que celle-ci disparaîtra rapidement. Je me vois bien, une fois diplômée -et je l’espère, engagée quelque part-, arrivé dans la salle de réunion et me casser la figure devant mes collègues. Ce serait une honte qui ne s’effacerait vraiment jamais. Il faut que cela cesse vraiment. « Sauf que franchement, je passe un peu pour une cruche qui ne tient pas sur ses jambes. J’ai parfois l’impression d’être l’héroïne d’un bouquin stupide où la fille est toujours maladroite et quiche comme pas possible. » avouai-je en levant les yeux au ciel. Ce que je déteste ces livres où les filles n’ont pas de caractère. Elles se comportent comme des idiotes, et malgré que je partage la maladresse avec elles, j’espère que nos ressemblances s’arrêtent là. Je ne supporte vraiment pas l’idée d’être ainsi, puisque je me bats depuis très longtemps dans l’unique but de prouver que je suis au dessus de tout cela. Je préfère largement être ‘la fille bizarre qui vient d’Alaska’ que ’la cruche qui ne sait rien faire et qui ne possède aucune personnalité qui lui est propre’. Parce que sérieusement, dans les bouquins, elles sont ainsi. Toujours soumises à l’homme dont elles tombent amoureuses... Rha, ce que ça peut être agaçant ! Au moins autant que ces douleurs que je provoque avec mes nombreuses chutes. Aujourd’hui encore, j’ai vraiment mal sous le genou à cause de cette fichue chute. Bon au moins, lui, il n’a pas mal, je déculpabilise un peu, même si ma conscience se fiche royalement de moi. En même temps, d’un point de vue extérieur, ce doit être vraiment être amusant, une fille qui débarque de nul part et qui vous tombe dessus... Lorsqu’il reprend la parole, je souris légèrement alors que je sens quelques rougeurs sur mes joues. Je béni le ciel que nous soyons en début de nuit, aucune crainte qu’il ne voit mes réactions involontaires. « C’est bien la première fois que quelqu’un vénère ma maladresse... J’espère que cela ne lui donnera pas d’autres raisons de m’en faire voir de toutes les couleurs. », répondis-je dans un mince sourire avant de reprendre aussitôt la parole. « Et puis, à titre de confidence, c’est la première fois que je tombe sur quelqu’un de la sorte. D’habitude, je me contente d’une bousculade ou je me rattrape à la personne... Et souvent, ces personnes râlent.. ce que je peux comprendre, évidemment. Mais je suis rassurée que vous ne me hurliez pas dessus... », avouai-je dans un petit rire. Je n’aime pas lorsqu’on m’engueule, cela me met encore plus mal à l’aise, mais en plus, ça me fait fondre en larmes... Ce doit être parce que je n’ai pas l’habitude, mes parents ne faisaient jamais une telle chose. « Vous devriez donc être honoré, en plus du reste. », ajoutai-je avec une petite touche d’humour. Il fallait bien que je détende un peu l’atmosphère après cela.

Ce n’est que quelques secondes plus tard que Lula décide de faire amie-ami avec le jeune homme. Je me mets à rire tant cette scène est amusante, mais la rattrape bien vite afin qu’elle ne dépose pas toute sa bave sur son visage. Elle est très affectueuse et c’est probablement pour cela que je l’adore autant, elle m’apporte beaucoup et comble cette solitude qui me ronge depuis de nombreuses semaines. En rentrant de l’université, elle est mon petit bonheur qui m’accueille toujours comme si j’étais une reine. Cette pensée m’amuse et je souris. Je me redresse légèrement et fouille dans la poche de mon jean où je trouve un paquet de mouchoirs. Je lui en tends un, bienveillante. « Vous en avez encore un peu, là... », lui dis-je en désignant le haut de sa joue, juste au niveau de la pommette. Je me pince les lèvres entre elles, m’empêchant de rire de nouveau. Je connais parfaitement ce que ça fait, chaque matin, elle m’inflige ce traitement afin que je me lève et que je la sorte sans plus attendre, ou même lorsqu’elle a faim. Lula sait exactement comment se faire comprendre. Seulement, maintenant, je me rends compte que je pourrais être une véritable gêne. Je débarque de nul part et m’installe le plus naturellement du monde ! Mais il me rassure bien vite, ce qui me retire mon nouveau malaise et me propre même que nous marchions. « Alors vous, vous avez pas peur ! », soufflais-je les yeux légèrement écarquillés. « Il fait nuit, une marche dans le sable, mh... il vous faut me promettre de ne pas rire à chaque possible chute que je pourrais faire, d’accord ? Je suis un véritable danger pour moi-même et... pour les autres. », avouai-je dans un éclat de rire avant de me remettre sur mes pieds en quelques secondes. La douleur sous mon genou est moins forte, ce qui m’arrange beaucoup. Je retire le sable de mes vêtements, et une fois le jeune homme debout à son tour, ma chienne nous tourne autour, visiblement heureuse que nous bougions un peu -en espérant qu’elle ne fasse pas de nombreuses bêtises une nouvelle fois.

Je pars dans la direction opposée à ma voiture, je ne compte pas rentrer chez moi de si tôt, la solitude me pèse vraiment beaucoup actuellement. Et pour une fois que j’ai de la compagnie, j’en profite ! D’autant qu’il ne paraît pas être méchant et selon toute évidence, il n’est pas un criminel, enfin, j’espère. S’il était un fou furieux, ça voudrait dire que je suis bien mauvaise en psychologie criminelle et qu’il faudrait que je change d’études... si je reste vivante, cela va de soi. Parfois, je me dis que je regarde trop la télévision. « Vous venez souvent ici ? », demandai-je en tournant mon visage vers lui jusqu’à ce que je marche sur ce qui me semble être mon lacet et que je perde l’équilibre. Ni une, ni deux, je me rattrape au jeune homme en poussant un petit cri qui m’échappe bien malgré moi. Complètement gênée, je me mords la lèvre et reprend mes esprits. « Je suis désolée, encore une fois ! Vous allez vraiment finir par croire que je suis une de ses potiches dont je parlais tout à l’heure. », dis-je dans un petit rire en le lâchant brusquement. « Mais pour ma défense, de là où je viens, je ne portais presque que des bottes, et donc, pas de lacets ! Vous comprenez donc que je puisse être autant maladroite, pas vrai ? » me défendis-je dans un petit sourire que j’espère être convaincant. Autant dire qu’avec moi, on ne s’ennuie jamais, c’est peu de le dire ! Néanmoins, je me baisse et refais correctement mon lacet avant de vérifier l’autre. Bien, à présent, je devrais être en mesure de faire un pas devant l’autre sans provoquer une catastrophe. Je me redresse et rejette mes cheveux en arrière, l’air de rien, comme si ma bourde n’avait jamais eu lieu. Allez Mila, il faut reprendre contenance, faire comme si tout avait été fait avec assurance ! You can do it !

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MessageSujet: Re: Moment d'insouciance ... s'il n'y en avait qu'un ... |Mila T. Newton-Holmes| Ven 26 Avr 2013 - 21:36

Alors que ma journée s’était déroulée dans une telle médiocrité, que la moindre de mes actions m’avait prouvé ô combien j’étais un raté et qu’il serait vraiment difficile de relever un pareil niveau, me poussant une nouvelle fois à l’échec et au découragement, c’était avec agréabilité que je prenais ma rencontre avec cette jeune femme. Elle, au moins, ne portait pas sur moi de jugement trop hâtif qui me discréditerait de toutes actions ou toutes paroles avant même de les avaient prononcées ou exécutées. Dans le taff dans lequel je travaillais, il était facile de juger, de poser un regard supérieur sur l’autre, parce qu’on ne se trouve pas à sa place, parce qu’on se pense toujours bien meilleur et qu’il ne peut y avoir d’égal dans ce lieu. Mais moi, de ma place rigide et statique, j’en voyais des choses. Et l’analyse que j’en ressortais n’était pas toujours glorieuse et éclatante. Derrière toutes ces pailletés, tous ces artifices, cet air qu’ils se donnent pour se croire important, se cachent des personnalités loin d’être saines, mais plutôt excentriques, hystériques, voire même malsaines et une profondeur quasi-nulle. Gratter un peu la surface et c’est tout ce que tu vous y trouverez. Un long et profond vide. Rien de plus.

Je n’enviais pas ces gens-là, et ne les détestaient pas plus. Ils ne me sont que plus indifférents. Ils ne m’atteignent pas, et me fiche bien de savoir ce qu’ils peuvent penser parce que ça ne compte pas, n’a pas le moindre poids. Le seul jugement qui avait pu compter n’était autre que le regard que mon paternel avait sur moi, mais il n’est plus là désormais. Qu’importe que l’on ne me trouve pas à son gout, que l’on ne m’apprécie pas ou que je n’inspire pas confiance. Je ne force personne à me porter intérêt et ne souhaite en rien soigner mon image. Tout ça ce n’est que du vent. Que peut-on donc attendre d’un mec comme moi qui se fiche de tout, que l’argent n’intéresse pas, que l’on ne peut acheter ? Rien. Je n’agis que dans mon intérêt propre, dans le but que j’affectionne sur le moment et pour les personnes qui encore en valent la peine. Le reste m’est égal. Quoi de plus simpliste existence. Et elle me convenait. Je ne suis pas du genre compliqué.

Alors qu’on se trouve tous deux assis sur le sable, l’un à côté de l’autre, c’est la spontanéité et le naturel qui priment notre échange, et ça fait du bien d’entretenir enfin une conversation sans ambigüité, ni intentions. J’éclate de rire à sa remarque qui m’a l’air plus que pensé à voir la tête qu’elle prend pour m’en parler.

« Je ne pense pas que vous alliez quelque chose à voir avec ces cruches, vous êtes juste maladroite c’est tout, ce n’est pas un si mauvais défaut ... ». Lui répondis-je, pensant sincèrement ce que je venais de lui dire, ne cherchant pas seulement à la réconforter. En comparaison de la mentalité de certains, de leur assurance faussée qui cache souvent une bien plus grosse réalité, au moins, elle ne dissimulait rien. Bien qu’elle devrait se donner beaucoup de mal, dans son cas, pour le faire... Je remarquai que ma franchise la désappointa un instant, bien que je ne cherchais nullement à la mettre mal à l’aise.

« C’est bien vrai ! ». Approuvais-je en souriant. Et alors que l’on discutait tranquillement, laissant filer le temps sans inquiétude, sa chienne jugea bon de s’en mêler et vint se ruer sur moi. Surpris et peu entrainé, je ne pus esquiver sa lèche bien baveuse qui la fit rire. Elle me tendit un mouchoir peu de temps après avoir récupéré sa chienne.

« Merci beaucoup mais il faut lui dire qu’on ne met pas la langue au premier rendez-vous!», lui dis-je en riant de bon cœur, m’essuyant la joue. « Je vous le promets ! », l’informais-je alors qu’elle m’avoue qu’un tel plan peut s’avérer plus dangereux qu’il n’y parait. Mais quitte à mettre son mal à l’épreuve autant le faire correctement. Sa chienne ouvrit la marche partant devant moi comme si elle découvrait la plage pour la première fois, fofolle et pleine d’enthousiasme. Faisant quelques mètres, elle relance la conversation que je n’hésite pas à entretenir.

« Ça m’arrive oui, j’aime le son des vagues, c’est apaisant ». Les effets transitoires et extatiques du joint se dissipaient lentement. Ils ne duraient jamais longtemps et heureusement, puisqu’elle testa mes réflexes une nouvelle fois en s’entravant avec je ne sais quoi et tomba à la renverse, s’agrippant fortement à moi pour éviter la chute. Je la rattrape aussitôt, lui permettant de ne pas se blesser et contient un rire.

« Oui, je comprends, ça doit être ça, c’est San Diego qui n’est pas adapté à vous », l’exprimais-je à elle m’efforçant de ne pas rire. On fit quelques mètres de plus, sans incident supplémentaire pour le moment et je lui dis, totalement subitement.

« Au fait, moi c’est Darian, et tu peux me tutoyer, on a plus besoin d’être poli maintenant », lui fis-je remarquer dans un petit sourire. « Et tu vivais où avant ? Ça fait longtemps que tu es ici ? ». Repris-je par curiosité et surtout pour prolonger au maximum notre échange, ne souhaitant que la solitude ne réapparaisse trop vite. J’appréciais beaucoup sa compagnie, ce nouveau souffle qu’elle redonnait à ma vie et surtout en cette chiatique journée. On ne pouvait pas dire qu’elle m’avait réussi. Mais j’étais plutôt satisfait de la façon dont elle s’achevait.

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MessageSujet: Re: Moment d'insouciance ... s'il n'y en avait qu'un ... |Mila T. Newton-Holmes| Mer 22 Mai 2013 - 17:24


Moment d’insouciance... s’il n’y en avait qu’un...
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Ce n’est pas un si mauvais défaut... Malheureusement, ma mère ne pense pas comme lui. Du moins, ma nouvelle mère, celle qui se trouve dans cette clinique depuis qu’elle a perdue les pédales suite à la mort de Logan. Je ne suis même plus capable de la reconnaître et je pense que parfois, elle ne sait plus non plus qui se trouve en face d’elle. Et comme je ne suis pas cet enfant qu’elle a abandonnée quelques années plus tôt, elle me balance tous les défauts du monde sur le dos sous prétexte que je ne fais jamais rien comme les autres. Je l’aime ma mère, aucun doute là-dessus, mais son comportement -même involontaire-, me blesse énormément. Mais je ne dis rien, je ne lui montre jamais parce que je pense que dans son état, elle s’en ficherait. Je ne le dis pas non plus à mon père, il me dirait qu’elle ne le fait pas exprès et que je dois prendre sur moi. Évidemment, je dois toujours prendre sur moi, pour tout, tout le temps, même quand rien ne va. Je prends toujours sur moi parce que je ne veux pas être blessante envers les gens, du coup, je ferme ma gueule et je garde toutes mes émotions bien ancrées en moi et tant pis si je pète un câble toute seule, au moins, ça ne dérange personne. Et après, certains ne comprennent pas pourquoi je me montre si méfiante et si distante... Il ne faut pourtant pas que je fasse un dessin ; je suis mal dans ma peau depuis très longtemps et personne ne s’en rend compte parce que le monde en a rien foutre des gens comme moi. Mais on fait avec, on a pas le choix. Il faut toujours se battre et faire en sorte que ça aille mieux, parce que si on se remue pas de nous-mêmes, personne ne viendra nous mettre un pied aux fesses afin que l’on réagisse plus rapidement. Le monde, la vie, les gens fonctionne de cette manière depuis longtemps et ce n’est pas moi qui pourrait faire en sorte que ça change -j’essaie déjà de construire ma vie, c’est déjà bien-.

Heureusement que j’ai Lula qui est ma plus fidèle amie -n’est-ce pas là, la qualité principale d’un chien ?-. C’est un ami fidèle, à partir du moment où on en prend soin et moi, je la bichonne comme si elle était mon propre enfant -je sais, c’est bizarre-. Mais cette chipie aime rapidement faire la connaissance des autres personnes et de suite, elle s’attaque à ce jeune homme qui a déjà été victime de ma maladresse (décidément, ce n’est pas sa soirée !). Je fais partir Lula rapidement afin qu’elle ne bave pas trop sur lui, mais elle a déjà pas mal commencé le travail. Je ris, je ne peux faire autrement et lui donne ensuite un mouchoir afin qu’il essuie le reste de bave qui traîne sur sa joue. Sa remarque m’arrache un petit rire. Il faudrait en effet que je fasse comprenne à ma chienne qu’on ne fait pas ce genre de choses, mais quand les animaux sont complètement fous, c’est peine perdue. « Je lui enseignerait ce point. » promis-je rapidement avant que nous nous remettions sur nos pieds afin de faire quelque part sur le sable. Une marche ne fait jamais de mal et même si cela peut paraître banale pour le commun des mortels, pour moi, c’est une véritable épreuve. Il fait nuit, je n’ai pas un équilibre très stable, alors franchement... la chute ne tarde pas à venir ! Lui qui dit aimer cet endroit puisque le son des vagues est apaisant, en ma compagnie, il ne peut pas franchement en profiter à cause de ma maladresse légendaire... et en plus, je me rattrape à lui ! Rha, j’ai vraiment une chance folle qu’il ne le prenne pas mal -au bout d’un moment, il pourrait très bien en avoir marre et me laisser faire une chute hallucinante-.

Je souris doucement à sa remarque et mordille ma lèvre. « Mais le pire, c’est que c’est vrai ! » affirmai-je, sûre de moi. Franchement, je suis certaine que cette ville me porte la poisse. Chez moi, je mettais presque que des bottes parce qu’en Alaska, on a pas beaucoup d’autres choix, en fait. Vint le moment où il se présente. Je souris et tourne mon visage vers le sien. Je ne sais pourquoi je fronce les sourcils rapidement, mes pensées disparaissent à la vitesse de la lumière. Du coup, je reprends un air normal et lui répond naturellement. « Oui, tu as raison. Je m’appelle Mila. Mais tu te souviendras surtout de moi comme étant la fille qui enchaine le plus de chutes en un temps record. » lui dis-je le plus sérieusement du monde. Lorsque j’étais à l’école, c’était un peu mon titre et jamais personne n’a su me battre -malheureusement-. Lorsque je chute, je ne fais pas semblant et lorsque je commence, je ne m’arrête plus. Pourtant, on me dit toujours d’être attentive, mais non... je suis vraiment stupide, moi. « J’étais à College, en Alaska. Cela ne fait pas très longtemps que je suis dans cette ville... J’ai encore un peu de mal à m’y faire, c’est vraiment différent de chez moi... » avouai-je dans un soupir. Mon Dieu, ma ville me manque atrocement, j’aimerais y être de nouveau, ne jamais l’avoir quitté. Je ne sais même pas comment je survis dans cet endroit trop chaud, trop bizarre, trop... trop ! « Enfin, j’avoue que je ne fais pas de gros efforts pour m’adapter. Je passe ma vie entre mon appartement et l’université. Parce que oui, en plus d’être maladroite, je suis du genre solitaire... à moins que ce soit les gens qui fuient ma présence, mais peu importe ! » déclarai-je dans un large sourire. « Et je ne sais même pas pourquoi je te dis ça, désolée. » j’ajoute rapidement. Non pare que franchement, il doit s’en foutre de mes pauvres histoires d’étudiante à la noix !

« Et toi, alors ? Que fais-tu dans la vie ? » demandai-je finalement en regardant où je mets les pieds -il est hors de question que je fasse une nouvelle chute, je suis déjà assez ridicule comme ça ! Je surveille également Lula qui court un peu partout et qui fait la folle comme pas possible. Pourtant, je l’emmène souvent sur la plage, mais à chaque fois que nous y sommes, elle se comporte comme si c’était la première fois qu’elle y mettait les pattes.

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MessageSujet: Re: Moment d'insouciance ... s'il n'y en avait qu'un ... |Mila T. Newton-Holmes| Dim 23 Juin 2013 - 23:05

Qu’il était si bon de se trouver en si bonne compagnie. J’avais l’impression que ça faisait une éternité que ça m’était pas arrivé. Partager un moment avec une inconnue, et ne se sentir saisi par aucune barrière qui peut nous brider face à des personnes que l’on connait. Se sentir libre autant dans nos gestes que dans nos mots. Je ne craignais pas de me dévoiler à elle ou à lui confier certaines choses dont je ne parle en temps normal, parce qu’elle tient ce statut particulier. Celui qui lui confère un jugement totalement inédit sur ma personne, qui lui laisse le choix de décider de qui je suis à ses yeux, ne sachant rien de moi, ni de mon passé. Elle peut choisir de s’en tenir à cet inconnu qu’elle a rencontré sur la plage un soir. De cet homme avec qui elle a rit et discuté une grande partie de la nuit, improbable rencontre dans cette ville encore méconnue. Et le portrait peut juste se définir ainsi. Alors oui, un peu que je l’apprécie ce moment. Un peu que c’est bien plus que de discuter avec son voisin d’étage qui en sait toujours plus sur vous que vous ne l’espérez. Ça n’a absolument rien à voir. Qu’elle soit la seule à me voir tel que je suis ne m’embarrasse pas, pas plus que jouer franc jeu avec elle, parce que les probabilités de retrouvailles futures sont si minimes que le risque n’en est que plus infime. Un vieux proverbe dit même que c’est avec les inconnus que nous avons les meilleures conversations. Le genre de conversations profondes, et existentielles qui nous pourrissent l’existence mais avec qui il est si simple d’aborder parce que ne cherchant à impressionner personne, à se montrer plus beau que nous le sommes réellement. Tombe le masque si facilement. La circonstance de notre rencontre avait énormément joué en notre faveur. Je n’avais pas eu d’attitude à adopter pour l’intéresser, elle n’avait pas eu à se sentir sympathique, flattée ou captivée. Rien de tout cela. Bien qu’elle ne me paraisse pas du genre à tricher sur qui elle est, et au vu de la maladresse qui la poursuit elle aurait bien du mal, elle n’a pas de norme à tenir ferme. On n’a pas eu à passer par un tel stade pour se sentir à l’aise l’un avec l’autre, malgré que l’on ne se connaisse, et hormis le fait qu’elle me soit littéralement tombée dessus.

Elle me confirma de toucher deux mots à sa chienne sur le comportement à tenir en public et me fit sourire. Elle semble très liée à Lula. Surement qu’elle n’a pas le temps de s’ennuyer avec un engin pareil. Nous entreprîmes ensuite de marcher de peu sur le sable et elle ne put empêcher ses pieds de lui faire un mauvais coup que je parvins à rattraper de justesse. Son rire, mélodieux et naturel, me plaisait énormément. Je me sentais prêt à lui sortir toutes les énormités du monde juste pour l’entendre rire. Il avait quelque chose de communicatif et d’atrocement charmeur.

« Bah voila tu as résolu le problème de ton déséquilibre ! », m’amusais-je, pour la taquiner. On continuait d’avancer ainsi, et j’apprenais peu à peu à la connaitre, j’aimais ça. « Au moins tu ne ressemble à personne, et on t’oublie pas », lui répondis-je, sentant bien qu’à la longue c’est devenu un véritable handicap pour elle. Son prénom lui allait bien, peu commun. Il semblait tout aussi réfléchi que le mien et pas un que l’on donne à la volée à l’accouchement, sans y avoir murement pensé à l’avance avec tout l’amour du monde. Le mien m’interrogeait énormément, et je n’avais plus à présent les réponses à portée de main. Mon père n’avait jamais voulu revenir là-dessus, parce que la douleur ne s’était pas apaisée avec les années et que je n’avais pas souhaité le torturer avec ça. Maintenant, c’était trop tard. Il ne pouvait plus répondre à aucune de mes questions. J’évitais donc trop de m’interroger, ça ne sert plus à rien. Je sens croitre en elle le malaise lorsqu’elle me parle de sa ville natale et cet éloignement, pas des moindres, pour San Diego. Je ne m’interrompis pas durant son discours saisissant son besoin de parler mais aussi son mal du pays.

« Bah la preuve je suis encore là ... Tu sais la ville, c’est pas ce qui importe, c’est ce que tu y fais qui est important et le pourquoi tu le fais ! Mais je peux comprendre que ta ville te manque, tu as y a vécu assez longtemps pour avoir laissé derrière toi des êtres chers et de nombreux souvenirs, je suppose », m’avançais-je, conservant mon sourire pour lui redonner un peu de peps. Je ne souhaitais pas la contrarier en faisant allusion à des choses de sa vie qui ne sont que suppositions de ma part. Plus rien ne me retenait nulle part, alors tracer la route pour moi n’a pas été difficile. Je ne laissais personne derrière moi, si ce n’est des souvenirs, parce qu’on ne les efface pas en leur tournant le dos.

« Un besoin de parler peut-être ... » esquissais-je dans un sourire à sa question qui n’en était pas une, avant d’inspirer profondément pour lui répondre le plus franchement possible. « Je bosse comme barman dans un night-club dans les quartiers ouest ... j’ai toujours su m’adapter et saisir ce qui me passe sous la main. ». (Je marque un silence avant de reprendre.) « J’en ai passé des villes avant de résider ici, et je crois que je ne sais toujours pas ce que je cherche », lui confie-je tournant le regard vers elle, dans un léger haussement d’épaules, ne sachant si je le saurais un jour.

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MessageSujet: Re: Moment d'insouciance ... s'il n'y en avait qu'un ... |Mila T. Newton-Holmes| Mer 31 Juil 2013 - 16:15


Moment d’insouciance... s’il n’y en avait qu’un...
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C'est agréable. Cette conversation. La découverte de l'autre au travers de quelques questions et de ces réponses que l'on donne sans faire semblant, sans jamais faire comme si tout allait au mieux. J'aime la franchise avec laquelle il aborde mes questions et j'aime tout autant la façon dont je suis capable de lui répondre ; comme si je le connaissais depuis toujours et que je me confié à une personne en qui j'ai toute confiance. Chose que je n'avais jamais fais parce que je n'ai jamais vraiment du d'amis proches. Oh, certes, j'avais bien quelques connaissances, mais jamais de personne très proche que je pouvais appeler à trois heures du matin sans craindre que cela la dérange. J'ai toujours été un peu seule. Un peu solitaire. Un peu trop dans mon monde parce que je ne supportais pas celui dans lequel je vivais. Je ne voyais que les études, les résultats scolaires et avec la dépression de ma mère, c'est devenu pire... Je ne voulais pas que les gens voient mes faiblesses, mes problèmes et connaissent mes états d'âme... Alors, je ne disais rien. Je restais juste Mila ; la fille qui tombe plus vite que son ombre et qui passe sa vie le nez dans les bouquins avec l'idée de toujours faire mieux que les autres. Être le rat de bibliothèque n'a jamais été insultant pour moi.

Lorsqu'il me parle des souvenirs que j'ai laissé derrière moi, je ne peux m'empêcher de sourire tristement. J'en ai tellement, là-bas, lorsque tout allait bien. Lorsque j'étais heureuse. Lorsque maman n'était pas folle. Lorsque maman m'amait encore. Lorsque papa avait toujours le sourire... Tous ces souvenirs, j'aimerai qu'ils soient de nouveau des faits et non plus des images qui tournent inlassablement dans ma mémoire et qui me torture un peu plus tous les jours.
Je sens que mes yeux piquent et je sais que j'ai envie de fondre en larmes comme une enfant de cinq ans qui a un trop gros chagrin, mais qui ne sait pas exprimer le pourquoi. Mais je me retiens un maximum. Je ferme fort les yeux et les rouvre quelques secondes plus tard, le visage rivé vers les vagues afin que Darian ne remarque rien de mon manège. Je ne veux pas l'importuner avec mes larmes en plus de mes chutes ; avec moi, je crois qu'il a déjà bien assez à faire. Et puis, il ne serait pas agréable pour lui que je me mette à pleurer comme une fontaine !

« Ouais... » dis-je dans un murmure et merde ! Je sens les sanglots dans ma voix. Pourvu qu'il ne remarque rien ou qu'il ne dise rien.
*Allez Mila, merde, tu peux te reprendre ! Jouer la comédie devant les gens, c'est l'histoire de toute ta vie, tu peux encore le faire, peu importe le flot de souvenirs qui vient en toi. Tu ne vas quand même pas jouer les chialeuse devant un mec sympathique qui t'écoute - ce qui en soit, est déjà un vrai miracle !*
Mon petit monologue intérieur m'aide un petit à me reprendre, et c'est dans un nouveau sourire que je tourne mon visage vers lui.
« Il faut toujours voir le bon côté des choses ! Être positif, tout ça, se dire que tout s'arrange et qu'un jour, tout va mieux. Fin, tu vois le tableau. » je finis par dire dans un petit rire. Parce que c'est ainsi que je fonctionne. Je m'efforce d'être toujours positive, même si parfois, je ne le suis pas du tout... Mais les gens sont pas censé être au courant, pas vrai ?

« Hum, je crois comprendre. » finis-je par dire. Et c'est probablement mon côté étudiante en psychologie qui refait brusquement surface.
« Généralement, on ne sait jamais réellement ce que l'on cherche avant de l'avoir trouver, ou tout du moins, en avoir eu un aperçu... Et lorsque c'est là, qu'on le touche du bout des doigts, on se dit : mais oui ! c'était ça ! c'était ce dont j'avais besoin. » j'ajoute dans un sourire, prenant en même temps un instant de réflexion. Personnellement, dans cette ville, je sais ce que je cherche, mais peut-être que cet éloignement me permettre également de me trouver moi-même.
« Je crois que nous avons tous une sorte de quête personnelle. Et parfois, la seule chose que l'on cherche, c'est soi-même... » dis-je dans un murmure.

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MessageSujet: Re: Moment d'insouciance ... s'il n'y en avait qu'un ... |Mila T. Newton-Holmes| Mer 28 Aoû 2013 - 21:01

J’avais une telle facilité à parler avec Mila sans que je parvienne à savoir pourquoi. On m’avait dit un jour que les meilleures conversations sont celles que nous avons avec les inconnus. Peut-être est-ce vrai. L’impartialité de l’autre et du regard qu’il porte. C’est peut-être ça le vrai secret. Ne pas être là dans le but de déblatérer sur sa vie, mais se prendre à le faire un peu quand même, pour partager son expérience, ou énoncer nos points de vue afin de se trouver des points communs. Dans un but purement personnel tout en étant altruiste. Tirer profil de ce qu’on nous a dit tout en cherchant à rendre la pareille. Parce qu’on juge ça plus sincère, plus profond, plus réel, puisque ne souffrant d’aucune connaissance contraire ou influençable. On en se pose aucun jugement l’un envers l’autre, je cherche seulement à savoir quelle femme elle est dans toute sa complexité. Et même si je ne peux avoir la certitude de la revoir un jour, ce que beaucoup préfèrent, les confidences s’avérant gênantes, j’aurais partagé un moment comme aucun autre avec une personne à la fois surprenante et tellement énigmatique .... Bien que j’espérais grandement la revoir. Peu importe ce qu’on se dit ce soir, je suis certain de ne pas vouloir en rester là.

Il ne s’agit plus d’instant sans plus de réflexion, mais de connaissance, et de véritable intérêt. Si jusqu’à maintenant elle m’avait été une compagnie agréable, une gaieté en cette sombre nuit, j’avais, à présent, vraiment envie d’approfondir les choses. Demeure néanmoins, la frayeur d’un moment nocturne de courte durée, pour ce qu’il a d’unique et d’exceptionnel mais qu’aussitôt le jour levé, disparaisse avec elle. Je n’avais jamais compris pareil phénomène mais il n’en demeure pas moins réel. Comme si l’espace d’un temps tout devient possible, et celui d’après, plus rien n’existe. Ce qui se passe entre les deux, un flot de regrets qui provoque distance et rupture. J’espérais vraiment qu’il en serait autrement entre nous deux. Bien que je puisse prétendre n’avoir rien à cacher, je serais plutôt pour qu’elle ne connaisse que mes meilleurs côtés. Je manque bien trop de classe pour lui apparaitre tel que je suis. Et quand bien même lui apparaitraient mes mauvais côtés, elle saura à quoi s’attendre. Après la bagarre que je venais d’essuyer, difficile de s’affirmer équilibré. Je n’avais pas envie d’avoir à mentir une nouvelle fois, de me cacher derrière des apparences que même moi me rebutent. Et si parler de moi reste toujours aussi problématique, je me chercherais pas outre mesure à me montrer plus glorieux que je ne le suis.

Lorsqu’elle me répondit, je sentis une faiblesse dans sa voix, comme quand vous submerge la peine et comprit que je m’étais bien trop avancé dans mes propos mais elle renchérit aussitôt, comme pour effacer sa pensée précédente par une autre plus positive.

« Je crois oui ... » lui répondis-je, évasif, n’arrivant pas à me faire à ses discours, ayant toujours fait au mieux avec ce que j’avais. Je lui rendis son sourire lorsqu’elle vint relever une interrogation que je n’arrive jamais à me sortir de la tête. Je l’écoute avec réflexion retenant son point de vue. Et c’était agréable de ne pas toujours avoir à se faire la question et la réponse à défaut de ne pouvoir la poser à quelqu’un d’autre. J’acquiesce d’un signe de tête sachant qu’elle avait parfaitement raison.

« Peut-être bien ... quelque chose qui sache nous satisfaire autant que nous définir ... » lui dis-je pour achever sa phrase. Il est vrai que l’image que j’ai de moi n’est pas très positive, qu’elle ne se chiffre qu’en nombre d’erreurs et de ratés, de blessures que je n’arrive à colmater, et d’occasions manquées. Je n’ai pas toujours fait les bons choix, et n’est pas d’exemple valable pour témoigner du contraire. La vie m’a conduite là où elle a pu me conduire dans la limite de mes choix et opportunités. On ne peut se retrouver sur la route qui mène à l’or sans avoir fournit le moindre effort. Je ne crois pas en la chance et n’envie pas non plus les arrivistes. Peut-être suis-je un brin démodé, ou manquais-je seulement d’ambitions, mais qu’importe dans le fond puisque c’est moi que ça regarde. Je tourne le regard vers elle et lui demande, plein de réserve.

« Et pourquoi San Diego ? Un besoin de changer d’air ou simplement l’idée folle qui nous fait penser que ça sera toujours plus simple ailleurs ? Enfin je dis ça mais tu n’es pas obligée de répondre ... », lui dis-je ne voulant être trop curieux. Mais je sais trop bien ce que c’est que de déménager constamment en pensant que l’éloignement est salutaire, alors qu’il ne guérit aucun mal. Mais comme j’avais senti que le sujet était sensible pour elle, je ne voulais être celui qui remue le couteau dans la plaie.

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MessageSujet: Re: Moment d'insouciance ... s'il n'y en avait qu'un ... |Mila T. Newton-Holmes| Sam 28 Sep 2013 - 17:56


Moment d’insouciance... s’il n’y en avait qu’un...
Darian & Mila



Pourquoi San Diego ? Mon Dieu, mais je pourrai lui faire un roman des raisons qui m’ont poussées à quitter ma ville natale pour me rendre dans cette grande ville dans laquelle je ne suis clairement pas à l’aise et dans laquelle je ne me sens pas à ma place. Malheureusement, je crains que ce serait trop long et peut-être qu’il ne comprendrait pas ces raisons qui ne devraient pas être des priorités à mes yeux puisque ce ne sont pas mes histoires, mais je me retrouve au milieu de tout cela parce que ma mère n’a pas eu le cran de faire les choses correctement avec son ancien compagnon et l’enfant qu’elle a eu de lui. Je paye les conséquences de ces actes et même si j’aime énormément ma mère, même si je la respecte, je dois bien avouer que parfois, j’en ai plus qu’assez.
Je suis là, dans une ville que je ne connais toujours pas bien, je suis toujours aussi seule et je ne m’intègre pas comme je le devrais. Je passe toujours autant de temps dans les bibliothèques et le nez plongé dans les livres, je discute plus souvent avec ma chienne qu’avec des êtres humains et je m’attire des problèmes à cause de quelques crétins qui se croient drôles sous prétexte que je suis « étrangère » à cette ville. Je ne vais pas en faire une grosse généralité, mais la plupart des mecs sont des idiots et je serai heureuse lorsque je ne ferai plus partie de cette université, lorsque je serai de nouveau chez moi ou lorsque je serai enfin prête à exercer mon travail. Mais pour le moment, il faut que je m’accroche et que je recherche ce frère inconnu.

« J’en avais marre du froid. » dis-je dans un petit sourire avant de hausser les épaules.

Bon, personne ne pourrait croire à ce mensonge parce c’est la chaleur qui me cause le plus de problèmes. Moi, j’adore le froid, la neige, les tempêtes et tout le reste. Avec mon père, on adorait faire des batailles de boules de neige lorsque j’étais petite et on s’amusait toujours comme des fous. Mais depuis que maman est là-bas... On ne fait plus rien ensemble. C’est comme si sa folie avait prit tout ce que l’on avait de plus précieux en ce monde.

« Plus sérieusement, je recherche quelqu’un... Un membre de ma famille que je ne connais ni d'Ève, ni d’Adam, mais je le fais pour ma mère parce que voilà... Je suis le genre de personne qui ne refuse jamais de rendre service et qui n’hésite pas à mettre sa vie entre parenthèses si cela peut être utile aux autres... » j’avoue en croisant les bras contre ma poitrine.

Je ne pensais pas que j’allais lui dire la vérité, en fait. Je pensais que j’allais dire une nouvelle connerie, mais les mots sont sortis tout seul et je dois dire que cela fait un bien fou, en fait... Je ne suis plus « seule » avec ce secret sur les épaules. Bon, après, je ne pense pas que je vais entrer dans les détails, mais il en sait déjà bien plus que les autres...
Quels autres, en fait ? Il n’y a personne dans cette ville qui puisse s’en faire pour moi au point de me poser des questions sur ma vie avant San Diego. Bon, certes, j’ai bien quelques « connaissances », mais ce n’est pas franchement des amis à qui l’on confie toute son existence.

« Puis bon, même en Alaska, à part à mon père, je ne vois pas à qui j’aurai vraiment manqué... Comme je l’ai dis, je suis plutôt du genre solitaire et les gens n’aiment pas toujours les rats de bibliothèques. » j’ajoute, tandis qu’un petit rire m’échappe.

À College, j’avais bien quelques « amis », mais ils approchaient plus des « connaissances » qu’autre chose... Je veux dire, je n’allais jamais chez eux, ils ne venaient jamais chez moi et on ne sortait pas tous les week-end ensemble. Bref, tout ceci résume bien l’histoire de ma vie : la solitude.

« Et malheureusement, ici, rien n’est plus simple qu’ailleurs... Même si j’aurai bien aimé. » je dis, en faisant la moue.

Cela aurait été un gros avantage si les choses avaient été simples. Au moins, j’aurai été moins seule au monde, dans ma petite bulle et j’aurai des personnes avec qui échangé et avec qui faire quelques soirées qui me changeraient les idées... Mais heureusement, les rencontres hasardeuses (faites de maladresse) permettent de faire connaissance avec des personnes qui rendent une soirée plus agréable.

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MessageSujet: Re: Moment d'insouciance ... s'il n'y en avait qu'un ... |Mila T. Newton-Holmes| Sam 7 Déc 2013 - 23:21

A trop raisonner sur la vie, on finit par oublier de la vivre tout simplement. Trop de réflexions viennent tuer les actes, et sans actes, pas d’avancement possible. Agir avec le plus d’inconscience possible, faire en sorte de se ficher de tout et de tout le monde, faire ce qu’on a à faire et s’en tenir là. Est-ce suffisant ? Cela me suffisait-il ? Définissais-je ma vie de la sorte ? Est-ce réellement ce que je veux ou n’est-ce que faute de mieux ? Quand on croit avoir touché le bonheur, l’avoir approché de si près, est-il encore possible de se contenter du minimum ? Etait-il trop grand, trop important, trop vivifiant que si court, il me reste tel un souvenir qui demeure à ma mémoire, éthéré. Inatteignable presque mystique. Remercier la vie de l’avoir connu ne serait-ce qu’un court laps de temps et se satisfaire d’une condition bien moindre à présent. Peut-être en étais-je là. A la manière d’un blasé, sur lequel la colère a passé, d’incompréhensions que j’ai appris à assimiler sans réponse qui me boufferont toujours mais pour autant, ne m’enflamment plus comme avant. Et si encore m’emporte la violence, elle n’est que la résultante d’une désapprobation du genre. Quand encore me saisit la révolte, bien que je sache le fondement dérisoire et la peine encourue, ridicule. Erreurs du système. Je doute pouvoir me refaire. On n’est tel qu’on est, point barre. Je ne cherche plus à être formidable, exemplaire, envié et jalousé. De toute façon, je n’ai plus personne pour être fier de celui que je suis, plus personne qui viendra me dire qu’il me faut avoir foi en la vie, foi en ce que je fais, en les motivations que je revendique. Alors, j’ai cessé de m’illusionner. Il avait cessé d’y croire, pourquoi je devrais encore ? Il était ma seule famille qu’à la vue des années qui passent, le terme me parait bien lointain. Il a emporté avec lui tout ce qui me rattachait au passé et m’a déraciné. Je me sens parfois si loin de chez moi, et pourtant, je n’ai plus vraiment de chez moi. Je ne fais que continuer d’en chérir l’idée, le souvenir parce qu’il m’est apaisant, parce qu’il me rassure. Il me rappelle d’où je viens et celui que je suis.

Je ris à sa réponse, comprenant qu’il ne s’agissait là que d’une esquive de sa part ; il ne peut en être autrement. Elle avait toujours été habituée au climat froid, ça ne pouvait qu’être un problème pour elle. Néanmoins, je respectais son silence, surement ma question avait été trop indiscrète ou trop abrupte. Elle me surprit et renchaine m’expliquant la véritable raison de sa venue à San Diego et saisit l’importance qu’elle accordait à sa famille. Il n’y avait pas plus important pour elle, malgré que ce ne soit pas aussi facile que ça. J’aurais pu trouver son explication douteuse, mais ne le put tant mon histoire est tout aussi atypique. Se déplacer autant dans une vie est loin d’être un modèle d’équilibre.

« C’est courageux de ta part, tu sais, de te sacrifier comme tu le fais pour les tiens, j’espère vraiment que tu trouveras ce que tu cherches. » Lui dis-je plein de sincérité, n’étant moi-même pas sûr d’en être capable. J’avais pas connu ma mère, mais ce n’était pas pour autant que j’éprouvais le besoin de la retrouver, de savoir si elle était morte ou si elle se la coulait douce quelque part. Au décès de mon père, il avait emporté tout ça avec lui. Je ne suis contenté que de vivre avec, sans remords aucun. À défaut de considération, je ne vais pas en faire preuve. Ça marche ainsi.

« Je crois savoir ce que tu veux dire, la différence ne plait qu’à peu de monde, et suffit qu’on ne sache aller vers les autres, on est vite oublié », lui dis-je pour appuyer ses propos m’étant pas non plus du genre très sociable. Je ne m’entends qu’avec peu de monde et ne recherche pas forcément la présence bien que parfois j’aimerais qu’elle vienne d’elle-même. Mais on a rien sans rien ...

« Mais tu es sur la bonne voie, regarde, tu es en train de discuter avec un parfait inconnu et jusqu’ici on s’en sort pas si mal, tu crois pas ? », renchéris-je lui souriant, sincère, cherchant à redonner un peu de positivité dans nos propos. Débarquer dans une nouvelle ville sans connaitre personne. C’est à tout un processus d’intégration qu’il faut se soumettre. Poser ses repères, se familiariser avec la ville, et ses occupants. Se réadapter à un cadre de vie foncièrement tranchant de son Alaska natal. Pas évident, j’en convenais. J’espérais vraiment qu’elle saurait se faire à ce mode de vie si loin de chez elle. Ça serait dommage qu’elle ne profite pas, un peu, des bienfaits indéniables bien que maigres qu’offrent les nouveaux départs. Tirer un trait sur le passé, quand on y parvient. La méthode rêvée pour recommencer à zéro. Mais encore faut-il y croire dur.

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MessageSujet: Re: Moment d'insouciance ... s'il n'y en avait qu'un ... |Mila T. Newton-Holmes| Lun 1 Sep 2014 - 23:02

Je ne sais pas vraiment si c’est courageux, ce que je fais. En réalité, je me sens assez lâche. Lâche, parce que je n’ai pas su dire « non » à une mère devenue folle. Je n’ai pas su dire que je n’en n’avais pas envie, que cette situation me faisait beaucoup de mal et que je n’en pouvais plus qu’on me mette ainsi la pression. Je n’ai pas la moindre once de courage en moi. Je ne fais que faire ce qu’on me demande ; peut-être parce que cela me permet de ne pas prendre mes propres décisions. Cela me permet de mener une existence entre certitudes et incertitudes. Je n’ai pas l’impression de vivre ma vie. J’ai l’impression de vivre la vie que ma mère m’a choisit. Une existence qu’elle m’a réservée dès l’instant où elle a abandonnée son premier enfant. Et c’est maintenant à moi de recoller les morceaux. C’est à moi de remettre la main sur lui, comme si j’en avais les moyens, comme si j’allais être assez à l’aise pour lui dire clairement que je suis sa demi-sœur. Je ne sais même pas qui il est. Mais je sais déjà que je ne serai pas courageuse face à lui. Cela explique probablement pourquoi je ne le recherche pas plus activement. Je repousse le moment. Je le remets à plus tard. Je passe reine dans l’art de procrastiné.

Je n’ai jamais vraiment été à l’aise avec les autres et pourtant, je me sens bien en compagnie de Darian. Cela peut paraître étrange, mais j’ai l’impression de le connaître depuis toujours, ce qui fait que je me confie plus facilement, avec une aisance déconcertante. Pourtant, je ne suis pas la plus bavarde et je cache mes angoisses derrière mes sourires, mais il arrive que les sourires ne suffisent plus. Ils ne cachent les émotions et les sentiments que quelques minutes, sauf que ce masque s’efface parfois comme les nuages effacent le soleil.

« Je l’espère aussi. Non pas spécialement pour moi, mais pour enfin passer à autre chose. J’ai le sentiment d’être prisonnière d’une existence qui n’est pas la mienne. Il n’est pas facile de vivre sous les mensonges de ses proches. Je me sens étouffée. Ça m’oppresse. Trop de secrets ternissent l’image que j’avais de ma famille. »

Je la voyais si parfaite, si extraordinaire, si merveilleuse. Je faisais erreur sur toute la ligne. Elle n’était que mensonge. Ma mère ne faisait que cacher son ancienne vie, comme si elle avait trop honte de dire ce qu’elle avait fait. Si je lui en veux ? Un petit peu. De ce qu’elle a fait et de ce qu’elle fait encore. La folie la pousse à être méchante, cruelle et sans cœur. Elle me blesse et elle s’en fiche. Elle ne veut que son « fils ». La perte du petit dernier aura tout déclenché. Je le regrette.

Être oubliée fait mal. C’est blessant de se dire qu’on ne compte pas réellement dans la vie de quelqu’un. Qu’on est qu’un être de passage, remplaçable. Je ne veux pas qu’on me remplace. J’aimerais qu’au moins une fois dans ma vie, quelqu’un me regrette. Mais je ne sais pas si ça arrivera un jour. Je ne me pense pas assez intéressante pour cela.

« Ouais, je crois qu’on s’en tire bien. C’est même presque un exploit. Je pense que je vais faire une croix sur mon calendrier. L’air de me souvenir qu’en cette soirée, j’ai été plus que sociable. »

J’esquisse un sourire que je lui adresse en me tournant vers lui. Je lance aussi un rapide coup d’œil à Lula qui se balade toujours un peu devant nous, calme, tranquille, j’envie presque l’existence de mon animal de compagnie.

« En plus, pour une fois que je tombe sur un type bien, ça me change… ! J’espère que t’es pas un tueur en séries… Quoique, j’aimerais que tu me le dise, que je m’y prépare psychologiquement. Et puis, ça me prouvera que j’étais vraiment nul dans mes études. »


Je fais la moue, il faudrait que je me taise. Ouais, que je me taise une bonne fois pour toute.

« Je parle trop quand je suis à l’aise. Pardon. C’est juste que tu as une tête qui m’inspire confiance. C’est presque inconscient, non ? Peu importe. Tu crois qu’on se reverra ? J’aimerais bien. Beaucoup. »

Oh, Mila, shut the fuck up.

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MessageSujet: Re: Moment d'insouciance ... s'il n'y en avait qu'un ... |Mila T. Newton-Holmes| Mar 2 Sep 2014 - 1:33

Il y avait quelque chose chez Mila qui m’attendrissait. Je parvenais à me sentir proche d’elle sans la connaitre. Il y avait comme une certaine alchimie entre nous. Régnait en maitre la sincérité, sans faux-semblant ni surimpression d’un nous que l’on cherchait à embellir. On se confiait l’un à l’autre comme on le fera après des tas d’années de confidence et de grandiose intimité. Un stade que je n’atteins jamais avec personne. L’étonnement me gagnait mais ne m’effrayait pas. Je n’arrivais pas à déclencher l’alarme qui me fait aussitôt reculer et me refermer sur moi-même, tel on se rend compte soudainement que l’on en dit trop. J’avais le sentiment qu’elle pouvait tout entendre parce qu’elle semblait en avoir vécu autant que moi. Se pouvait-elle être mon égal ? Une fille discrète, solitaire et torturée ? Prête à sacrifier sa vie pour celle d’autrui, pour au final se rendre compte d’un manque cruel de considération, pour services rendus dont elle se passerait bien mais continue … parce que c’est dans sa nature. Une femme délicate et sensible, mais qui n’ignore pas la vie et les bleus qu’elle peut laisser à jamais. Qui se pense peu forte et insignifiante mais qui en réalité est bien plus grande et plus bien admirable qu’elle ne le pensera jamais. Au cœur bien trop grand dans un si petit corps, qui forcément panique d’arriver à le contenir, de ne plus savoir comment gérer tout ce qui l’envahit et la domine, d’un impact sur le monde qu’elle pense dérisoire … Pourtant bien là et bien réel. Elle ne ment pas, elle ne triche pas. Elle reste juste elle-même, si peu et pourtant tellement à la fois. Je la regarde et me fascine de l’entendre penser à voix haute sur le fil fébrile de ses émotions. De ce qui fait celle qu’elle est aujourd’hui.

« Je te comprends, tu estimes faire ce qui est juste sans trop savoir ce qui l’est réellement, ni même si tout ça rime à quelque chose. Mais après tout ça, tu n’auras plus à regarder en arrière », lui répondis-je avec certitude, étant tout autant passé par là. Certainement pas de la même façon qu’elle, mais telle une promesse que l’on jure bien qu’elle nous pèse et nous pèsera jusqu’à ce qu’elle soit accomplie. On se cherche au milieu de tout ça, au milieu d’un tel dessein jusqu’à ce que l’on comprenne que la place que l’on tient en son centre n’est autre que celle que toujours on tiendra, quel qu’en soit la situation. Et bien qu’elle nous tiraille, nous empêchant même de la comprendre quelques fois, elle nous détermine en tout et pour tout.

Quand survient cet instant où nos parents nous déçoivent et tombent du piédestal sur lequel nous les avons érigé. Se rendre compte qu’ils commettent eux aussi des erreurs, et qu’ils ne les gèrent pas toujours de la meilleure façon. Mais on continue de galvaniser, cependant, d’une tout autre façon. A la faveur d’un souvenir, d’une action que l’on a trouvé héroïque ou totalement lâche et incompréhensible … D’un exemple que l’on fuit, de similitudes que l’on recherche, d’attitudes que l’on garde.
Elle se prête au jeu participant à véhiculer un peu de positif en cette soirée. Je l’encourage et lui rends son sourire. Me surprend le besoin de la protéger, d’être toujours à ses côtés. Elle me fait du bien, et ramène le sourire à mes lèvres depuis longtemps disparu, avec un tel naturel. Sa phrase suivante me fait pouffer de rire. Un type bien ? Un tueur en série ?

« Je ne suis pas un tueur en série, rassure-toi. Mais je doute qu’il l’officialise comme ça pour être sympa. Jsuis pas non plus un type bien, j’ai foiré quelques critères », lui dis-je en riant. Elle reprend nonobstant, consciente de notre débit de paroles et surtout de la facilité de le faire en si peu de temps. Je ne sais déjà plus depuis combien de temps on marche.

« J’aimerais beaucoup aussi Mila. Je bosse dans un night-club pas très loin d’ici, « Le Volia ». Viens donc y faire un tour un de ces soirs, ça te sortira un peu, et je serais content de t’y voir », lui répondis-je spontanément, ne me mouillant jamais autant sur ma vie, d’ordinaire. Mais j’avais le sentiment que quelque chose se construisait entre nous. J’ignorais quoi et ça m’allait très bien. Mais quelque chose se passait et j’avais très envie de poursuivre. Il n’en allait pas d’un risque que l’on prend les yeux fermés sachant pertinemment que l’on va finir par le regretter. Je ne craignais aucune retombée en sa présence.

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MessageSujet: Re: Moment d'insouciance ... s'il n'y en avait qu'un ... |Mila T. Newton-Holmes| Ven 2 Jan 2015 - 18:07

« Exactement ! C’est ce que je ressens actuellement. Mais je ne suis pas sûre d’être de ces personnes qui ne regardent plus jamais en arrière. Parce que je le fais tout le temps et je cherche dans ces visions du passé des indices qui me permettraient de reconstruire une grosse partie de ma pourtant jeune existence. J’ai l’impression que ma reconstruction dépend essentiellement des coups de pouce du destin. »

Je n’étais pas franchement certaine de ce que je disais actuellement, mais c’est ce que je pensais. Il n’y avait que le destin qui m’aidait actuellement parce que je n’avais rien, pas une seule piste en ce qui concernait son frère aîné que je ne connaissais pas et que je ne connaîtrais probablement jamais parce que je ne faisais rien pour être en sa présence. Je ne le cherchais pas franchement, je faisais semblant, je rassurais mes parents, surtout mon père, parce qu’il pensait naïvement que ça aiderait ma mère. Mais je savais bien que non. Elle était folle. Elle le resterait jusqu’à la fin de ses jours. Ces décisions l’avaient conduite à cela. Je priais pour ne pas faire les mêmes erreurs en être ainsi dans quelques années.

Je passais une main dans mes cheveux et je revenais sur un ton plus léger, plus amusant. Je ne voulais pas qu’on se perde dans une conversation trop sérieuse qui me déprimerait pour les trois semaines suivantes alors que j’étais sortie parce que je voulais me changer les idées. J’étais tombée sur Darian et voilà que je lui parlais comme jamais encore je ne l’avais fais. Je n’étais pas la fille la plus bavarde, j’étais même plutôt solitaire, toujours dans son coin, mais avec lui, tout me semblait si facile que les mots m’échappaient le plus naturellement du monde. Il devait avoir ce don de mettre à l’aise les gens. En tous les cas, cela fonctionnait bien avec moi.

Les réponses qu’il donnait me faisaient bien rire. Je m’amusais d’un rien actuellement. Si c’était ça, une alchimie, je voulais bien que ça m’arrive tous les jours… ou non, cela perdrait de son sublime. Je secouai alors la tête négativement et me tournai vers Darian, les mains contre les hanches, à la manière d’une mère qui gronderait son enfant.

« Les types trop parfaits sont souvent les pires ! Alors tu sais, même si tu as foiré quelques critères comme tu dis, cela ne fait pas de toi un mauvais gars pour autant. Moi, je suis convaincue qu’t’es un type bien. Et t’es pas un serial killer alors c’est tout bon ! »

J’esquissai un sourire avant de reprendre ma marche. Je regardai Lula qui venait à présent vers nous et qui ne s’arrêtait que lorsqu’elle se trouvait à mes pieds. Je me penchai pour la prendre dans mes bras et je la serrai contre moi. Elle devait être épuisée la pauvre bête.

« Je ne connais pas cet endroit, mais je regarderai l’adresse sur internet et promis, je viendrais te rendre une petite visite ! »

Et je comptais bien le faire parce que j’en avais réellement envie. Cela me semblait être une bonne idée et puis, il avait raison : cela me donnerait l’occasion de sortir un petit peu de chez moi parce qu’en dehors des cours, je ne faisais pas grand-chose de ma pauvre existence.

« Cela ne te dérange pas si on va dans l’autre sens ? Ma voiture se trouve par là… Et puis je me connais, même sur une plage et avec quelqu’un, je suis bien capable de me perdre. »

C’était là, l’un des drames de mon existence.

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MessageSujet: Re: Moment d'insouciance ... s'il n'y en avait qu'un ... |Mila T. Newton-Holmes| Dim 1 Fév 2015 - 0:29

Pouvions-nous construire notre vie ainsi ? Faites des rencontres dans un futur proche, des choses que nous raterions sans le moindre doute, et d’autres pour lesquelles nous serions capables de tout ? Devions-nous éprouver de l’impatience à cette idée ? De la frénésie, de l’exaltation ? Ou alors de la crainte et de l’appréhension ? Certainement que notre comportement en situation ferait toute la différence. Des rencontres auxquelles nous accorderions du crédit et de l’importance, à tort ou à raison, et d’autres que nous délaisserions, convaincus de n’en avoir besoin, de ne pas vouloir de ça, d’être d’un autre monde. Ces expériences seront-elles nous changer ? Le feront-elles profondément ? Au point de bousculer notre vie entière et la conception que nous en avions ? J’avais fait des rencontres de ce genre-là et ai toujours pensé m’en être nourri, d’une façon comme d’une autre. Des personnes qui croisent votre route, qui la marquent et dont on se détache à mesure des années, à mesure des événements.

Je vis pourtant sans attaches. Aussi paradoxal est la chose, je ne m’attache à rien, ni à personne. J’y ai trop perdu. Parce qu’une expérience a su brutalement redéfinir mon environnement. Parce que j’ai toujours eu l’impression de me trouver là, d’absorber certaines choses et d’en rejeter d’autres. Une sensation difficile à expliquer, difficile à décrire, et où trouver les mots justes n’est que peu aisé. Peut-être que je ne vis qu’au travers de la vie des personnes que je croise. Ouais, peut-être que c’est ça que je fais dans le fond. Un traveller. Sans avoir réellement le sentiment d’avoir une réelle vie, sans plus de famille, ni de patrie. Peiner à me définir. Décliner mon identité, et puis quoi ? Difficile de trouver ce qui vient ensuite.

« Je partage ta vision des choses, ça se tient dans le fondement », lui dis-je en souriant. Nous continuons à faire quelques mètres alors que je lui confiais des pensées dont je n’avais jamais débattu avec personne d’autre, et elle fit semblant de s’empourprer à mes propos.

« Voilà, c’est tout bon ! », répétais-je, parvenant même à m’en convaincre. Tout paraissait si simple alors qu’il pouvait m’arriver à ne pas décrocher d’une réflexion pendant des jours et des nuits … Son chien fit demi-tour et revint vers nous stoppant sa course aux pieds de Mila. Je viens gratouiller le sommet de sa tête, elle avait l’air de ne plus en pouvoir la pauvre bête. Je souris face à son enthousiasme, certainement que sortir lui ferait du bien, néanmoins, le « Volia » était très souvent blindé de monde, mais elle saurait peut-être s’y amuser. Je ris à ses paroles, acquiesçant d’un signe de la tête.

« Non, tu déconnes, tu n’as aucun sens de l’orientation ? Tu aimes vivre dangereusement ! », Lui répondis-je en plaisantant. Elle venait de tout quitter pour une ville qui lui était totalement inconnue, avec cette angoisse de risquer de se perdre à tous les boulevards. C’était plutôt courageux. On finit par faire demi-tour, et revenir sur nos pas.

« Et alors tu fais des études de quoi ? », lui demandais-je alors qu’elle n’en avait rien dit, et que j’étais plus que curieux d’en savoir plus sur elle. Finalement, peut-être aboutirait-elle à l’objectif qu’elle s’est fixée mais d’ici. Ce brusque changement lui apporterait plus d’opportunités qu’elle n’aurait pu en avoir. La Californie avait aussi ses bons côtés, bien que j’ignore encore la voie dans laquelle elle souhaite s’engager. Mais les universités du coin semblent réputées. Et elle m’avait tout l’air d’être une fonceuse, elle devait certainement s’en sortir très bien. A tort qu’elle en néglige sa vie privée, mais dans une ville dont on ne connait rien ni personne, ça reste assez difficile, sorti des traditionnelles soirées étudiantes dont elle doit également se limiter.  

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