Partagez|

Enjoy the crowd is an art |Audrey B. Tyler|

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
AuteurMessage
Asher Hayes
avatar
MESSAGES : 34
DATE D'INSCRIPTION : 06/04/2016
MessageSujet: Enjoy the crowd is an art |Audrey B. Tyler| Lun 6 Juin 2016 - 21:13

De jeter un regard en arrière sur ma vie me faisait toujours le même effet. J’avais la sensation d’être à la fois dedans et dehors. Je subsistais par procuration des histoires d’autres personnes. Je tenais un rôle dans les vies des autres, mais au final, perdurait cette impression de ne rien vivre de concret. Peut-être est-ce parce que j’ai la fâcheuse tendance de toujours tout contrôler, de rythmer ma vie sur la même onde, de prendre des risques qui ne sont que considérés. Et, en définitive, si ma vie a été marquée par son lot de joies et de malheurs, rien ne semble avoir laissé de trace visible, suffisante, durable, pour me laisser croire qu’elle puisse être intéressante, importante, valable. Certes, la mort de mon père a déterminé bon nombre de mes actions dans le futur et continue d’influer encore sur mon avenir, cependant, rien ne semble en avoir valu la peine. Sa mort ou sa vie n’aurait surement pas fait de différence majeure. Peut-être aurais-je connu moins de difficultés pour me lancer, mais l’aurai-je cherché ailleurs. Mes rapports avec ma mère seraient certainement plus souples, néanmoins, elle n’aurait rien lâché pour autant. Et surement me serai-je aussi crashé sentimentalement que je l’ai fait. Un joli discours sur l’importance d’un engagement que l’on prend à l’égard d’une femme ne doit être pris à la légère, et je reste persuadé qu’il aurait su le tenir avec toute la prestance et la sincérité du monde. Toutefois, le résultat aurait été le même. Dérisoirement.

Parce que rien ne semble compter à mes yeux. Rien. Pas plus les relations que je tâche de lier et qui ne vont jamais bien loin, que le pognon que j’amasse au plaisir qu’il procure. Tout semble si factice. Tout autant le suis-je. Aussi loin remontent mes souvenirs, je n’ai connu que trop peu de coups de cœur, de ceux qui vous impliquent à fond sans les comprendre, sans même vous comprendre vous-mêmes, mais qui valent le coup. Cette jeune fille, à ce bal costumé, à laquelle je n’ai qu’entraperçu le visage. Un bal costumé ! Ridicule vous en conviendrez. Mais il en allait des coutumes de rigueur. Une jeune fille avait qui tout semblait correspondre. Tout semblait s’associer à la perfection. Maintenant, avec le recul, je m’en dis que j’ai été victime du moment, de l’instant, de la providence. Cette même providence qui voulait que ce soit elle et moi et personne d’autre. Aussi insensé et chimérique cela puisse être. Et toutes ces années, j’ai recherché cette providence. J’ai tout mis en œuvre pour en être à nouveau la cible. Pour ressentir à nouveau cette transe de joie intense. Mais rien ne vint. Alors peut-être la providence n’avait rien fait cette nuit-là. Peut-être que c’était elle qui avait tout fait. A la manière d’une magicienne. D’une ensorceleuse. Et j’avais cru à ce que j’avais voulu. J’avais alors bêtement cru que tout était possible. Néanmoins, aucun autre moment dans toute ma vie n’a été similaire à celui-ci. La faute à la jeunesse et son innocence ? A une vision des choses plus libre et moins obtus ? A une volonté, féroce, de sortir du cadre ? Une soif, loin d’être étanchée, de connaissances, de surprises, d’émerveillement, de vie, oui. Beaucoup de vie. Et depuis … Je m’en suis détourné. Pour assumer mes responsabilités, pour en finir avec ma vie d’enfant, pour grandir … inévitablement.

Alors qu’avait lieu ce vernissage dans les quartiers des lampes à gaz, tout le gratin de San Diego y était convié. Il y aurait des gens importants, des personnalités montantes, des représentants de toute sorte. Et il y aurait de l’art. Toutefois, aussi beaux seraient-ils, il en allait pour moi plus d’une corvée qu’autre chose. Ma mère m’avait fait savoir qu’elle comptait sur ma présence à cette réception, et je ne pouvais aller contre ses espérances une nouvelle fois. Il nous fallait, impérativement, faire bonne figure, et feindre une entente des plus envieuses, alors qu’il n’en était rien. Une occasion supplémentaire de sa part pour en mettre plein la vue comme toujours elle fait. Néanmoins, je connaissais les enjeux, et m’étaient inculqué depuis bien trop d’années pour que j’en décide autrement. Il nous faudrait donc être présents d’autant plus que notre nom soutenait maintes associations et levait des fonds pour voir perdurer la création de notre siècle.

Sortant ma Porsche Panamera pour l’occasion, je passe prendre ma mère en début de soirée au domicile familial puisqu’elle y tient tant. Elle ne peut s’empêcher de refaire mon nœud de cravate et de me faire part du ton, qu’elle juge trop fade, de mon costard. Complet bordeaux de chez Brioni, sur une chemise noire et une cravate de la couleur du costume. Couleur qu’elle déteste au passage. Ma manière à moi de lui signaler que la hache n’est pas enterrée qu’importe ce que disent les apparences. Dans la voiture, nous n’échangeons pas un mot jusqu’à ce que nous arrivions à destination.
Invitations en main, nous passâmes l’entrée pour découvrir une multitude d’œuvres contemporaines et interactives dans tous les recoins de la structure en brique ornée d'immenses baies vitrées, qui offre un regard nouveau sur l’art. Et cet authentique piano suspendu au plafond en fond de galerie, n’en finit plus de séduire les invités déjà présents. Nous n’avions pas faits quelques pas, qu’on nous abordait déjà de sourires d’apparat et de fausse sympathie. Après moult politesses à nourrir le culte de l’intérêt, je parviens enfin à me frayer un chemin dans la galerie pour me nourrir de meilleures cultures en ce lieu.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Audrey B. Tyler
avatar
MESSAGES : 14
DATE D'INSCRIPTION : 15/04/2016
MessageSujet: Re: Enjoy the crowd is an art |Audrey B. Tyler| Mer 8 Juin 2016 - 17:36


Enjoy the crowd is an art
ASHER && AUDREY



Je pris une grande inspiration et lâchai un souffle, plaquant un sourire sur mon visage. C'était ce que j'aimais, ce bain de foule, de gens bien, riches, beaux, cultivés. C'était ce pour quoi je m'étais battue depuis le début de ma carrière, depuis mon adolescence même. Je regardais la télé avec les étoiles dans les yeux et chaque fois que je passais un magasin de luxe, je ne pouvais m'empêcher de laisser échapper une exclamation d'admiration. Tout était si beau dans ce monde, si brillant et si propre. Et maintenant, j'y étais. J'avais appris à m'habiller comme eux, parler comme eux, être comme eux et ils m'y acceptaient. Nous n'étions pas tant de conservateurs/restaurateurs que ça dans cette ville et, il fallait être sincère, j'étais la plus charismatique d'entre tous. J'étais dès lors devenue celle à qui toutes les invitations parvenaient. Je me faisais un certain plaisir de toutes les honorer, surtout quand il s'agissait de vernissages, tels que celui-ci. Je m'avançai tranquillement dans la foule, sûre de mon aura. Je portais mes cheveux blonds en un chignon compliqué, surmonté d'une tresse et mon bronzage soigné ressortait grâce à ma robe bustier blanche. Celle-ci moulait mon corps et rehaussait mes formes. Je m'étais maquillée de manière sobre, naturelle, parce que c'était ce qui convenait à ces évènements. Perchée sur mes talons hauts et blancs en pointe, je sentais les hommes m'observer et je m'en gaussais. Un petit sourire par ci, et un autre par là m'assureraient d'avoir une invitation pour le prochain évènement ou vernissage. En dehors de l'atmosphère, de la flûte de champagne qu'on me proposait et que je pris avec plaisir, je restais intéressée par l'art.

Pour plusieurs raisons... Tout d'abord, quoi qu'on en dise, j'aimais l'art par-dessus tout. J'aimais passer des heures à examiner la profondeur d'un coup de pinceau et la technique utilisée dans chaque œuvre. J'aimais étudier les œuvres d'art et apprendre tous les secrets qu'elles décelaient. Et ce n'était pas tout à fait désintéressé, car toute œuvre pourrait être mon gagne-pain. Le peintre de ce soir avait joué sur les tendances actuelles du fluo et du rétro. Il avait réétudié à sa guise divers objets de la vie des années 70 et leur avait appliqué les teintes fluo qui sont à la mode de nos jours. En soi, le concept n'a rien d'original... N'importe qui peut s'adonner à ce genre de fantaisies. Cependant, ces fantaisies, mises entre les mains des bonnes personnes, peuvent devenir des fortunes colossales. Je serrai quelques mains et discutai poliment avec certaines personnes. Riant, feignant mon admiration profonde pour cet artiste au talent si exquis et félicitant ce coup de pinceau lourd de signification. Notre société qui ne veut qu'avancer et qui pourtant régresse perpétuellement, n'est-ce pas tragique? Laissez moi rire! La science-fiction commence à tellement ressembler à de la science, qu'on est plus dépaysés par le passé que par le progrès, voilà tout. Mais je me prêtais de bonne grâce à ce jeu, sachant que c'était mon ticket d'entrée dans ce monde de riches. D'ailleurs, me voilà invitée par une sorte de Cow-boy des villes, millionnaire ne comprenant rien à l'art mais essayant d'avoir l'air d'avoir du goût, à une fête dont le thème sera "Baroque". J'acceptai de bonne grâce, je vous l'ai dit, je tiens à mes tickets d'entrée et je n'en rate pas une. Sans doute parce que je n'ai toujours pas trouvé ce que je cherchais...

Je ne parle pas d'une œuvre d'art, non... Enfin, ce soir je cherchais une œuvre d'art, mais quelque part en moi, j'espérais toute jeune retomber sur cette rencontre qui avait duré une soirée. Je n'avais que 16 ans, j'ai menti et prétendu en avoir 19... Il doit sûrement être marié à l'heure qu'il est. D'une certaine manière pourtant, j'espérais le recroiser un jour. Voir au moins ce qu'il était devenu, après avoir senti tellement d'atomes crochus ce fameux soir. Pourtant, si je le croisais, je ne le reconnaîtrais pas. Ça pourrait très bien être ce beau brun qui s'intéressait à la même pièce qui occupait mes pensées depuis le début de la soirée. Je n'arrivais même plus à me souvenir s'il était brun d'ailleurs. C'était fou comme le temps pouvait brouiller tous les souvenirs, y compris les plus précieux. Je souris en voyant l'homme qui contemplait la pièce, sur laquelle je portai mes yeux à mon tour.

"Sacrée pièce, non?"

L'œuvre était hideuse. Ce n'était ni plus ni moins qu'un transistor, sur une toile de 120cm x 120cm, coloré dans les teintes fluos, peint sur un fond dans lequel se dessinaient toutes les icônes de la pop. Une horreur vous dis-je... Chiffrée à environ 360'000.- et pour laquelle je toucherai 36'000.-, une fois mon méfait accompli. Mais je me trouvais un peu distraite, je trouvais l'homme à côté de moi absolument à tomber, je n'avais pas peur de l'admettre. J'avais toujours aimé les belles choses. Je reportai à nouveau mon attention sur lui et lui offris mon plus brillant sourire. "Je m'appelle Audrey, enchantée... Je ne crois pas que nous ayons été présentés." Et avec cela, je lui tendis la main, charmante, sûre de moi.
© ACIDBRAIN

_________________
At the end of the day you're another day older

« At the end of the day you get nothing for nothing
Sitting flat on your bum doesn't buy any bread »
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Asher Hayes
avatar
MESSAGES : 34
DATE D'INSCRIPTION : 06/04/2016
MessageSujet: Re: Enjoy the crowd is an art |Audrey B. Tyler| Mer 20 Juil 2016 - 0:07

J’avais beau avoir une certaine pratique dans le genre, je n’arrivais toujours pas à comprendre l’intérêt voire carrément le mode de vie que l’on peut attacher au superflu. Vivre de superflu et évoluer dans le superficiel. Au final, tout cela vous donne un air con à n’en pas douter et l’expression même de ne rien avoir dans la caboche. Et plus on se prend à faire à l’identique, et plus on se rend compte la hauteur de leur stupidité. La simplicité exclue, ils s’abreuvaient de complexité qui ne rime à rien, mais passionne si elle se mesure en, au moins, six chiffres. Qui a, un jour, osé dire que les goûts et les couleurs ne se discutent pas ! Et bien si ! Que tous ceux ne sachant apprécier toutes les œuvres qui se trouvent ici manquent cruellement de goût et souffrent de profondes lacunes intellectuelles et culturelles. En résumé, n’auraient rien à faire ici et ne sauraient clairement pas faire partie du milieu. Selon moi, bien trop intelligents pour perdre leur temps, pourtant précieux en activités plus harmonieuses. Comme siroter une bière au comptoir d’un pub irlandais, ou s’enfermer durant des heures à l’ombre d’une salle obscure devant un film, qu’importe qu’il ne soit pas oscarisé. Des pensées, me diriez-vous, totalement infâmes et inentendables, alors que cela fait bien trop de temps que je « contemple » cette toile ridicule où l’artiste avait fait preuve d’un concentré pur de loufoquerie à l’article d’un symptôme pathogène – Il ne pouvait en être autrement – il n’y avait ici clairement rien à y comprendre voire même à y chercher.

Ma concentration désaxée vint être troublée par la voix suave et sensuelle d’une jeune femme qui se porte à mon niveau pour me faire part de son jugement qui incitait nettement à la critique.

« Je n’aurais pas mieux dit », lui répondis-je, me tournant vers elle, happé par la beauté de son visage et la splendeur de son corps que j’en vins à me demander si elle n’était pas l’œuvre désespérée de mon imagination pour rendre cette soirée un peu plus intéressante. Elle se présenta à moi, main tendue, arborant un magnifique sourire, qui devait sans mal lui assurer tout ce qu’elle pourrait convoiter. Un regard et un sourire pareils sauraient même vous faire vendre à un prix carrément démentiel cette toile hideuse qui s’interposait entre nous et qui n’avait, soudainement, plus le moindre intérêt pour nous deux.

« Appelez-moi, Asher, juste Asher », lui répondis-je en lui serrant la main, un sourire béat, affiché sur le visage. « Tout le plaisir est pour moi, Audrey, sachez que j’aurais su me souvenir de vous si tel avait été le cas », repris-je retrouvant contenance, quand bien même, elle avait su me troubler. Je ne compris le pourquoi je n’avais pas cherché à mettre mon nom en avant. Certainement, cela nous aurait fait prendre une tournure que je ne souhaitais pas dans l’immédiat. Néanmoins, cela suffisait à piquer ma curiosité. Elle se mariait à la perfection à la prestance et l’élégance du lieu que je ne pouvais croire qu’elle puisse se trouver là par hasard. Mais il y avait quelque chose d’autre dans ses yeux. Un brin d’audace et d’ingéniosité qui ne ment pas sur la femme brillante et cultivée qu’elle parait être. Rien à voir avec toutes ces greluches sans cervelle qui ne servent à rien d’autre qu’à la décoration. Et je me savais bien plus sensibles aux femmes capables de me détrôner qu’à toutes les autres. L’ambition a toujours fait des femmes être plus désirable encore et elle semblait avoir toutes les qualités requises au point de me demander quand surviendrait son vice caché. Dans ce genre de milieu, les gens s’ennuient tellement qu’il faut s’attendre à tout. Avoir la sensation que rien ne nous est refusé, que tout nous est acquis, sans craindre de limites éventuelles, entraine dérisoirement des déboires présumables. Lorsque rien n’est interdit … Il en allait d’un point que je m’empresse d’éclaircir.

« Êtes-vous passionnée par l’art ou n’êtes-vous là, comme moi, que pour la forme?», lui demandais-je, amical, sans porter de jugement sur sa personne ni la raison de sa présence ici. J’assistais à tellement de mondanités qu’à l’arrivée, elles se ressemblaient toutes pour parvenir encore à m’enthousiasmer. Toutefois, cette soirée prenait lentement un tournant inattendu, qui me laissait croire, à une rencontre surprenante et ravageuse. On s’exprimait l’un à l’autre comme deux inconnus, sans en oublier les formes qui semblent nous définir tout autant, mais je ne pouvais m’empêcher de ressentir autre chose. Très souvent, on ressent très vite de la gêne ou de l’embarras. On ne sait d’avance qui arrêtera de parler le premier et on se demande même ce qui nous a pris d’ouvrir la bouche. Mais pas cette fois. On se prend à vivre comme si notre conversation avait quelque chose de spécial, comme si elle détenait de l’importance et qu’il y ait, en cet instant, rien de plus captivant. Tout l’intérêt résidait dans ce que cette femme allait me répondre, et tout ce que j’aurai gré de dire pour conserver son attention suffisamment longtemps pour la fasciner et qu’elle n’ait plus envie de s’éloigner.

_________________


« So we beat on, boats against the current, borne back ceaselessly into the past »
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Audrey B. Tyler
avatar
MESSAGES : 14
DATE D'INSCRIPTION : 15/04/2016
MessageSujet: Re: Enjoy the crowd is an art |Audrey B. Tyler| Mar 23 Aoû 2016 - 16:17


Enjoy the crowd is an art
ASHER && AUDREY





Elle adorait tous ses jobs. Elle adorait passer des heures à faire des recherches et découvrir de nouvelles oeuvres d'art, sillonner la ville pour en connaître dans les moindres détails ses oeuvres d'art et apprendre à leur rendre éclat et splendeur lorsqu'il semble perdu. Non, vraiment, elle adorait ce travail là. Elle aimait même les petits bonus qui allaient avec, comme par exemple, ces évènements auxquels elle était fréquemment invitée. Petits canapés, un verre de champagne à la main, pour peu que les gens aient quelque  chose à dire, elle pouvait passer un très bon moment. D'un tout autre côté, elle avait son autre job. Tapie dans l'ombre, elle guettait la sécurité des musées et des diverses galeries de la ville afin d'accomplir ses méfaits, qui lui permettaient de vivre à la hauteur de ses envies. Elle pouvait s'acheter sa villa avec sa cave sécurisée. Elle pouvait s'acheter cette robe hors de prix qui pourtant mettait en avant tous les avantages de sa silhouette. Elle pouvait se servir d'un de ses travails pour aider l'autre, c'était ce qu'elle voulait. Et elle pouvait faire ces rencontres fugaces, qui égayaient sa vie le temps de quelques heures, voire le temps d'une nuit. Oh, elle adorait ses emplois. Elle n'en aurait changé pour rien au monde.

Son oeil était aiguisé à la longue, elle savait facilement déterminer les matières, la qualité, elle était une artiste accomplie. Le costume de l'homme face à elle était impeccable. Son odeur était élégante, loin d'être du parfum pas cher qu'on trouvait en soldes au super marché. Une coiffure soignée, une barbe mesurée, si une chose était évidente, c'était bien qu'il faisait partie des gens d'une certaine société. Il se dégageait de lui cette aura de noblesse que seuls possédaient les plus riches. Mais au-delà de cela, il se dégageait surtout une intelligence et une confiance qui l'attiraient comme un aimant. Audrey ne pensait pas peu d'elle-même, ni au niveau de ce que la vie lui avait donné, ni au niveau de ce qu'elle avait acquis à force de dure labeur. Passer des heures à écouter les conseils des prostituées sur la manière don’t une femme devait se tenir, des jours entiers à recopier les divers dessins qu'elle trouvait, les semaines à dévorer des livres et faire en sorte d'être toujours la meilleure. Oui, elle s'était battue. Elle avait fait en sorte d'obtenir les armes nécessaires pour se faire un chemin dans la vie et elle avait aiguisé les atouts que la nature lui avait donnés, pour arriver à ce niveau là. Aussi, elle avait une confiance en elle inébranlable. Lorsque cela n'effrayait pas les hommes, cela les rendait complètement soumis à son charme et son bon vouloir, alors elle s'ennuyait. Ils s'écrasaient devant elle, si bien qu'elle demeurait frustrée. Mais bon, rien ne l'empêchait jamais de s'amuser avec eux, le temps de quelques heures ou quelques nuits. Pour le coup, l'homme en face lui donnait l'impression qu'il lui ressemblait en cet aspect. Son assurance, son port, tout lui disait que cet homme était habitué à avoir ce qu'il y avait de meilleur. Et il risquait bien de l'avoir s'il était malin. Et il semblait l'être. Elle rit doucement lorsqu'il dit qu'il n'aurait pas mieux dit. De toute évidence, ils étaient sur la même longueur d'onde.

Et il lui offrit un sourire qu'elle trouva plus qu'à la hauteur de l'image qu'il offrait. Il serra sa main en lui faisant un sourire un peu béat, mais elle en avait l'habitude, c'était l'effet qu'elle faisait aux hommes, aussi pleins de confiance soient-ils. Mais son sourire en disait long aussi. En fait, son regard aussi. Il était évident que les étincelles volaient entre les deux personnes, ce qui la surprenait un peu. Décidément, cet homme lui réservait bien des surprises. Asher, selon ses dires, juste Asher. Elle serra sa main un peu plus longtemps que ce qu'elle aurait dû et elle hocha la tête, un sourire amusé aux lèvres. "Très bien, "Juste Asher", c'est ainsi que je vous appellerai désormais." Cet instinct en elle lui disait que cette étincelle était importante, son corps entier trépignait à l'idée d'un événement futur don’t elle n'avait aucune connaissance mais qui ne tarderait pas à se dévoiler à elle. Comme on sent la pluie arriver, ses instincts sentaient un changement, sentaient quelque chose chez cet homme et elle ne pouvait que lui sourire et retenir un peu trop sa main, avant de finalement la libérer, notamment lorsqu'il lui posa la question sur sa présence là. Il n'était là que pour la forme, amener son sourire, présenter sa tête à qui? Galériste? Artiste? Le reste de la ville? Tout n'était qu'apparence dans le petit monde élitiste de San Diego. En tous cas, quelle que soit la raison de sa présence ici, elle ne pouvait en êter que reconnaissante. Parler devant cette oeuvre hideuse permettrait à son regard expert d'avoir le temps de repérer tous les détails… Sans compter que la compagnie était plus qu'intéressante. Elle sourit en reportant ses yeux bleus sur l'oeuvre.

"Je suis passionnée par l'art… Mais rien que pour cette raison, je ne serais pas venue si c'était pour la forme." Elle dit en se penchant un peu vers lui, sur le ton de la confidence, son regard pétillant se plongeant à nouveau dans les yeux bruns de Juste Asher. C'était une petite plaisanterie, mais elle n'en pensait pas moins. Elle sourit et reprit une gorgée de son champagne. "Je suis conservatrice d'art pour la ville, alors j'assiste généralement à ces vernissages dans l'espoir de trouver une oeuvre d'art susceptible d'intéresser la ville. Et vous? Qu'est-ce qui vous oblige?" Elle avait envie d'en apprendre plus sur lui, savoir qui était cet homme qui dégageait tant de charisme et surtout un air incroyable de déjà-vu qui la fascinait totalement. Elle adorait ses jobs.
© ACIDBRAIN

Spoiler:
 

_________________
At the end of the day you're another day older

« At the end of the day you get nothing for nothing
Sitting flat on your bum doesn't buy any bread »
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé
MessageSujet: Re: Enjoy the crowd is an art |Audrey B. Tyler|

Revenir en haut Aller en bas

Enjoy the crowd is an art |Audrey B. Tyler|

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

Sujets similaires

-
» Deux Blondes dans une laverie. [ft. Audrey M. McCarter]
» Présentation d'Audrey Hepburn
» [END]Oh a sunny day, why can't I enjoy it![PV James Lornay]
» b. lullaby cavalletti ► Audrey Kitching
» ♣ Enjoy life and smile ♣
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Ride Or Die : After that you run ...  :: LIEUX-DITS :: Gaslamp Quarter :: Sparks Gallery-
Sauter vers: