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Baby-sitting || Anya

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Misha Invanov
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MessageSujet: Baby-sitting || Anya Mar 26 Avr 2016 - 15:30

L’horloge de la Jaguar indiquait 3h 14 quand Misha s’engagea sur le parking du Volia, garant la voiture dans un emplacement réservé. Il avait laissé les rènes à Anya pour la soirée, et il était faux de dire qu’il n’avait pas stressé à ce sujet. Il le savait, pourtant, que la petite danseuse était parfaitement capable, sinon il ne lui aurait pas donné la place, mais il n’empêche, à l’idée de confier son bébé, le russe était nerveux. La réunion s’était éternisée, et même son père lui avait fait remarquer que s’il préférait être ailleurs, autant qu’il le dise de suite. Sa réponse avait été non, bien évidemment, mais cela perturbait Misha de s’être montré aussi transparent. Soupirant, passant la main sur ses yeux fatigués, il finit par sortir de la voiture, consultant son téléphone une dernière fois. Aucun message. Tout s’était bien passé... À priori.
Il détestait déléguer, tout le monde le savait. C’était même devenu un sujet de plaisanterie chez ses employés, même si personne n’avait été surpris de la promotion d’Anya. Elle travaillait pour lui depuis tellement longtemps qu’elle faisait partie des piliers du club, et malgré son jeune âge, elle avait largement les capacités pour se trouver où elle se trouvait. D’abord le Volia, puis, plus tard, la Mafia. Sans que personne ne le remarque réellement, la jeune fille - femme, corrigea Misha dans sa tête - avait su se rendre indispensable. Récupérant un paquet cadeau sur le siège passager, Misha claqua la portière avant de pénétrer dans le club, saluant les videurs, prenant un bref moment pour s’emplir tout entier de la familiarité de l’endroit. Son bébé, son terrain de jeu, là où il avait su faire ses preuves. Il ne pouvait s’en défendre, confier la gérance à anya avait un air de passage de flambeau qu’il n’était pas sûr d’apprécier. Mais, à nouveau, Anya était une partie essentielle de sa vie, il l’avait compris durant les semaines où ils s’étaient brouillés.

Le russe se dirigea vers le bar, évitant avec la force de l’habitude clients enivrés et serveuses pressées, échangeant quelques mots avec le barman qui officiait ce soir. Ce dernier avait aperçu Anya dans son bureau, aussi Misha savait-il où diriger ses pas.
Son bureau. Pendant leurs vacances à Los Angeles, lui et la jeune femme avaient étudié les plans, mais le russe s’était chargé seul de l’aménagent. Une sorte de cadeau de bienvenue. Il avait fait casser la cloison, rajoutant des baies vitrés qui donnaient sur la piste, aménageant la pièce qui servait autrefois de salon privé pour en faire don à Anya. Pas qu’il refusât qu’elle entre dans son bureau, mais Misha avait besoin d’un endroit pour recevoir ses clients et fournisseurs, et Anya, au moins, pouvait bosser tranquillement pendant ce temps.
Empruntant les escaliers après s’être assuré que rien ne requérait son attention immédiate, le russe finit par arriver devant le bureau de sa petite danseuse qui, même si elle avait pris du galon, aurait du mal à se voir débarrasser de son surnom de Kukolka. La porte était entrouverte, aussi se permit-il de frapper deux coups avant d’entrer. La pièce était sobrement décorée, Anya n’ayant pas pris ses fonctions depuis longtemps, et il y régnait encore une subtile odeur de peinture fraîche. Sans doute aurait-elle à coeur de faire de ses endroits le sien, parce que comme Misha le clamait à qui voulait l’entendre, la décoration, ce n’était pas son truc. C’était d’ailleurs une des choses qu’il s’était refusé de commenter quand Kathleen lui avait présenté différents thèmes pour leur mariage : il n’en savait absolument rien, et ne prétendait même pas s’y intéresser. Son mariage... Dix jours, et il serait un homme marié. Et il avait beau en être heureux, du moins, il en avait l’impression, il ne pouvait se défendre du sentiment d’abandonner quelque chose en échange.

Alors? Tes premières impressions en tant que gérante du Volia?


Demanda Misha avec le sourire, observant avec amusant la jolie poupée russe assise derrière un bureau bien plus gros qu’elle. La pièce était meublée avec goût, malgré ses négations, et semblait être un chaleureux cabinet de travail : bureau, chaises, tables de réunion, rien n’y manquait. Même pas une cafetière flambant neuve, compagne idéale des longues nuits de boulot."Oh, et joyeux anniversaire, un peu en retard, désolé. Je n’ai pas vraiment eu le temps avec... Tout ça."Expliqua Misha avec un geste vague, englobant la préparation de son mariage, la trahison de Kathleen, la passation de pouvoir du Volia, et les démarches administratives de création de l’hôtel, en collaboration avec Sakura. Honnêtement, il faisait de son mieux, mais l’impression désagréable qu’il n’avait pas assez d’heures dans la journée pour faire tout ce qu’il avait à faire ne le quittait pas.
Il déposa le paquet sur le bureau, attendant que la jeune femme ne l’ouvre. Un sac à main : là encore, il ne prétendait pas y connaître grand chose, mais il avait vu Anya le dévorer des yeux dans la boutique Chanel, lors de leur escapade à Los Angeles.

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Anya R. Davieson
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MessageSujet: Re: Baby-sitting || Anya Sam 30 Avr 2016 - 10:47

La journée s'était passée dans une sacrée boule de nerfs. Elle s'était changée des dizaines de fois, avait changé de coiffure au moins trois fois et s'était posée dix mille questions sur les chaussures qu'il convenait de porter pour etre manager. Ce night-club, c'était sa maison, c'était le seul endroit ou elle se sentait à l'aise d'etre Kukolka sans aucune contrainte. Mais ce soir, des contraintes, il y en aurait. Il y en avait toujours, paradoxalement, il y en avait toujours eu. Et en meme temps, Anya//Kukolka était toujours soumise aux exigeances des roles qu'elle revetait et elle avait beau toujours arpenter les couloirs, ce soir, ce serait la première fois qu'elle découvrait ce nouveau role, cette nouvelle peau qu'on lui pretait: Manager du Volia. Après un moment, beaucoup de sport pour se défaire de l'adrénaline et la remplacer par l'endorphine, aller plus détendue. Finalement, après de longues délibérations avec elle-meme, ce fut une robe violette aux fines bretelles qui gagna ses faveurs, cintrée à la taille par une petite ceinture noire. Par dessus ses épaules, elle portait un élégant blazer noir. Elle habilla ses pieds d'une paire de sandales Louboutin et elle se sentait prete. Elle se regardait dans la glace et ne voyait plus une danseuse, ne voyait plus une gamine. Son maquillage sobre la rendait un peu plus jeune que le maquillage voyant au point d'etre presque un masque. Anya... Lorsqu'elle se voyait dans la glace, elle n'était plus Kukolka, elle était Anya. Celle que la famille fréquentait, pleine d'ambition et se donnant les moyens pour atteindre ses objectifs. Elle se voyait telle qu'elle se percevait dans ses bons jours: forte, sévère, capable et imaginative. Anya avait enfilé ses nouveaux habits de travail et elle était prete à prouver à Misha et à la Mafia Rouge qu'elle était à la hauteur de confiance et de loyauté. En lui confiant le Volia, Misha lui faisait la plus belle preuve de confiance et elle la lui rendrait au centuple, rendant le Volia tellement incontournable que la famille toute entière devraait comprendre qu'elle-meme était incontournable. Malgré les doutes, Anya bénéficiait d'une grande certitude: elle connaissait les rouages de la machine mieux que quiconque.

Et c'était pour cette raison qu'à peine arrivée, elle s'était assurée pour que tout soit en place. Elle avait vérifié la liste des VIP, les gens qu'il faudrai fidéliser avec une bouteille ou deux, ceux dont il faudrait se méfier. Elle avait fait le tour du bar, demandant à ce qu'on aille chercher ce qui manquait, s'il manquait quelque chose. Elle avait controlé le tableau des horaires des serveurs, barmans et danseuses et s'était assuré que tout soit parfait. Dans le Volia, on ne tolérait que ce qui se faisait de mieux et elle montrerait à Misha que c'était ce qu'elle ferait. Puis, elle s'était dirigée vers ce qui était son nouveau bureau, décoré avec soin malgré tout ce que Misha pouvait prétendre.Tout était en ordre , mais ce soir, elle voulait voir les chiffres, elle voulait vor les fournisseurs, etre au clair sur la partie officielle à montrer et celle à cacher. Elle n'avait pas besoin que Misha lui dise de quoi il en retournait, elle connaissait les codes de la famille suffisamment bien pour elle-meme tout découvrir. Bien sur, elle ne fouillerait rien du coté de Misha, mais il restait des documents auxquels elle avait accès. Par la suite, elle avait rejoint la piste de danse, la fete. Elle s'était présentée auprès des clients fidèles et avait souhaité la bienvenue aux nouveaux. Elle avait aboyé les ordres pour en virer certains et était meme passée faire un tour auprès du videur pour sélectionner silencieusement des gens qu'elle tenait à voir sur sa piste de danse, donnant une impression de sélection aux heureux élus et de jalousie aux autres. C'était ainsi qu'on se créait une réputation. Tout le monde la connaissait, tout le monde la respectait. Finalement, la machine était bien rodée et on avait peu besoin d'elle. Au bout d'un moment, elle se retira dans son bureau pour respirer un peu.

Lorsque Misha entra, elle se trouvait à examiner les bons de commande auprès des fournisseurs, les jambs délicatement croisées, dans un air de concentration qu'il lui connaissait peu. Elle découvrait ce monde. Elle avait l'intention de le connaitre assez bien pour impressionner. Elle ne le décevrait pas. Elle leva la tete en entendant la voix qu'elle reconnaissait déjà et en voyant le grand sac blanc avec un logo qu'elle aimait bien. Elle posa sa feuille et le regarda s'installer, se levant afin de mieux ouvrir le sac blanc, en répondant à sa première question. "C'est très prenant... Le temps passe vraiment vite, je réalise meme pas l'heure qu'il est...Il est quelle heure d'ailleurs?" Elle posa son regard sur l'horloge de son bureau et cligna des yeux. Comment la journée pouvait-etre si courte? "Décidément..." Elle reporta son attention sur l'objet de son attention. Son regard s'éclaira, elle aimait ce qui brillait, ce qui attirait l'attention, ce qui lui permet de mieux se cacher. Avec un sac à main pareil, les regards se tourneraient automatiquement vers lui.Porté sur l'épaule, la longue chaine dorée tomberait confortablement le long de son blanc.Les petites mosaiques brillantes et vernies le rendaient jeune et attiraient le regard. C'était un de ces sacs qu'on croisait sur les podiums... ou au bras des mafieux russes qui avaient les moyens de les offrir et de les avoir. Le regard d'Anya pétillait autant que son sac à main et son sourire s'élargit. "Oh, tu t'en es souvenu!! Il est magnifique!" Ils étaient rares les moments ou Anya laissait son élan de bonheur s'emporter, ou elle sautillait et trepignait comme une enfant qui recevait son nouveau jouet. Pour ses 23 ans, elle avait un plus beau jouet que ce que la plupart des femmes recevaient de toutes leurs vies. Elle savait que les limites entre Misha et elle étaient claires, mais elle devait tout de meme le remercier aussi dignement qu'elle le pouvait, aussi se précipita-t-elle vers lui pour poser un bruyant baiser sur chacune de ses joues. "спасибо! ça pardonne ton retard" Elle lui fit un clin d'oeil et s'installa à nouveau derrière son bureau, gardant son sac dans la main, le regard encore brillant.

Mais ce n'était pas assez pour tout à fait la distraire de sa formation professionnelle: détecter les besoins des hommes et y satisfaire au mieux. La seconde partie, ce n'était pas professionnel avec Misha. Il était bien trop important pour elle, d'un point de vue purement amical. Elle savait que Misha subissait une pression terrible ces jours et que son mariage approchait à grand pas. Il avait beau ne pas lui en parler, elle savait que ce mariage étant un sacrifice pour un homme comme lui. Elle n'était pas dupe, elle le voyait probablement plus souvent que sa propre fiancée, à force de travailler au meme endroit... Quelque chose clochait salement chez lui. Et elle voulait le soutenir, mais la question était toujours, avec ces mafieux russes, la meme... La laisserait-il? Elle sourit doucement, plus calme. "Je vais nous demander du café... Et tu pourras me parler de tout ça. Je sais bien que t'aimes pas parler, mais permets moi d'etre honnete après nos longues années d'amitié: t'as vraiment mauvaise mine." Elle se permettait des choses qu'elle ne se serait pas permise par ailleurs, mais elle s'inquiétait de voir cet air torturé et préoccupé sur son visage en permanence, lui l'enfant chéri de la mafia, habitué à toujours obtenir ce qu'il voulait et simplement savoir gérer son affaire correctement. Elle voulait l'aider, au moins etre une épaule sur laquelle il pourrait se reposer. Il était son seul ami... Enfin, lui et Curtis...Mais elle ne voulait meme pas penser à cette histoire pour le moment.

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Misha Invanov
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MessageSujet: Re: Baby-sitting || Anya Lun 30 Mai 2016 - 14:48

Il avait longuement résisté à lui envoyer des messages. Évidemment, il était coincé dans cette réunion interminable avec son père et d’autres associés, mais personne ne l’aurait vu sans doute. Mais il faisait confiance à Anya, sinon il ne lui aurait pas donné ce poste. Confiance, oui... Anya était sans doute la seule, ces derniers temps, qui se montrait digne de ce sentiment. Alors il n’avait pas appelé, n’avait pas envoyé de messages, la laissant gérer seule. Ce n’était pas la première fois qu’il s’absentait, tout s’était toujours bien déroulé, le Volia était une machine parfaitement huilé qui savait se gérer tout seul. Autant d’arguments qu’il s’efforçait de croire, pour éviter de s’inquiéter de l’heure tardive. Pour dissimuler de son mieux son anxiété.
Et enfin, quand il avait pu s’échapper, il avait refréné son désir de rouler à toute allure vers le night-club. Ca aurait été puéril, il le savait, comme si son arrivée quelques minutes plus tôt que les limitations de vitesse ne l’escomptaient changerait quelque chose. Alors, il s’était contenté d’une arrivée calme et mesurée. Raisonnable, presque décontractée. Presque. Il avait fait le tour du propriétaire, serrant des mains, s’assurant de l’ambiance de la soirée. Tout allait bien. Au fond, il le savait, mais s’en apercevoir par soi-même était comme respirer de nouveau après une trop longue descente en apnée. Il détestait déléguer, et ça ne changerait probablement jamais.
Il avait fini par se diriger vers le nouveau bureau de la jeune femme, qu’il trouva occupée à examiner des papiers. Elle semblait si jeune, perdue dans sa chaise derrière l’imposant bureau, que Misha ne pût s’empêcher de sourire. Il appréciait Anya, et ce n’était un secret pour personne. Son comportement, lorsqu’ils s’étaient disputés après la soirée d’anniversaire de son père, n’avait pas trompé quiconque, et mieux que tous, les employés du Volia savaient à quel point le patron avait fait de Kukolka sa petite protégée. Il n’avait pas l’impression de la traiter différemment des autres, mais chacun savait qu’on ne cherchait pas de noises à la petite danseuse sans rencontrer la colère du boss. Tout comme chacun savait que ce n’était pas parce qu’il l’appréciait qu’elle était dans ce bureau, nouvellement nommée gérante. Non, Anya avait fait ses preuves, durant toutes ces années, et personne ne lui déniait ce droit d’être là où elle se trouvait.

Le russe s’était laissé tomber dans le fauteuil réservé aux invités après avoir déposé son paquet sur le bureau. Il ne pouvait se défendre d’un léger sentiment de malaise en se trouvant à cette place, dans le Volia, mais il savait que c’était une pensée stupide... Bien qu’extrèmement dérangeante. La petite danseuse lui avoua que le temps passait trop vite, et il esquissa un sourire amusé. «Trop à faire et pas assez de temps pour le faire, l’histoire de ma vie.» Plaisanta-t-il à mi-voix. C’était bien pour ça qu’il avait eu besoin d’embaucher quelqu’un, et qu’Anya était la recrue idéale. Il n’avait pas assez de temps, et maintenant que la jeune femme pouvait le seconder en toute efficacité, cela lui laisserait davantage de temps libre. Vite remplacé par ses devoirs pour la Mafia Russe, ceci dit : son père avait été ravi qu’il prenne Anya comme gérante, voyant déjà l’opportunité de charger un peu plus l’emploi du temps de son aîné. Misha lui succéderait à la tête de la Mafia, et mieux valait qu’il prenne une place de plus en plus grande avant la passation de pouvoir.
Anya ouvrit son cadeau avec l’air enchanté d’une enfant le matin de Noël, appréciant visiblement l’attention, si sa joie et les baisers reçus étaient une quelconque indication. Amusée et visiblement ravi, Misha la contempla se remettre assise, sans qu’elle ne lâche le sac. C’était loin d’être une babiole, et son prix était ridiculement prohibitif à son sens, mais visiblement, c’était un cadeau parfait pour sa petite protégée. Kathleen ne serait peut-être pas de cet avis, ceci-dit. Le regard d’Anya rencontra soudain le sien, et il y discerna sans la moindre difficulté l’air concerné qu’elle éprouvait pour lui. Misha fut le premier à détourner le regard, le posant sur les murs encore vierges, les lumières du Volia sur la baie-vitrée, partout, sauf sur la jeune femme. «Du café, c’est parfait.» Noir, sans sucre, le plus fort possible... Il n’avait même pas besoin de le préciser.

Soudainement, rester assis et immobile devint une torture, et il se releva. Secouant la tête, il offrit son sourire le plus convainquant à la danseuse. Elle ne serait pas dupe, pourtant, elle le connaissait depuis trop longtemps pour ça. Maudites soient Anya et sa perspicacité, parfois. «Je te remercie de ta sollicitude, sincèrement, mais il n’y a rien qui cloche. J’ai juste beaucoup à faire, beaucoup à penser, et pas asse d’heures pour mettre mon cerveau sur pause. La routine.»
Oui, la routine. Il allait se marier à une traître à la Mafia Russe, risquait sa tête en gardant le silence, mais ne pouvait se résoudre à la balancer, et encore moins à la tuer. Parce qu’il l’aimait toujours, et parce qu’en plus elle était enceinte. Il en avait envie de se bébé, parfois, et à d’autres moments se disait que cela ne le toucherait pas de s’en débarrasser, et sa mère avec lui. Oh non, ce n’était pas la routine, mais il ne pouvait pas se confier, pas même à quelqu’un de confiance comme Anya. Quelques mots, et cela signerait sa perte, celle de Kathleen, et celle d’Anya peut-être aussi. Il savait comment cela marché, il avait ordonné des meurtres pour de moindres trahisons.
«Tout ira mieux quand je serais marié.» Cela sonnait avec beaucoup plus de confiance qu’il n’en éprouvait réellement. «Tu as déjà trouvé une robe? Je n’ai pas trop changé tes plans en t’offrant ce sac?» Ironisa-t-il. Le changement de sujet était minable, mais il espéra qu’il ferait l’affaire, pour le moment. Tout plutôt que de parler de lui.

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Anya R. Davieson
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MessageSujet: Re: Baby-sitting || Anya Jeu 2 Juin 2016 - 17:09

Normalement, le lieu de travail constituait la seconde maison d'une personne. Ce n'était pas le cas d'Anya, ni de Misha vraisemblablement. Le Volia éait leur première maison, leur foyer, l'endroit où tous les soucis s'envolaient pour ne converger qu'autour du club et de son bon fonctionnement. Anya y régnait en princesse, sa parole faisant autorité en l'absence de Misha. Tout le personnel la connaissait, tous les habitués aussi. D'ailleurs, à l'annonce de la nouvelle, beaucoup l'avaient félicitée en disant que c'était une promotion méritée. Et elle le trouvait aussi. Anya n'avait jamais été une grande amatrice de livres ou d'études. Elle trouvait peu d'intérêt à passer de longues heures derrière un bureau, assise dans une même position... Mais pourtant, elle aimait utiliser son cerveau pour trouver des solutions à de vrais problèmes complexes. Elle aimait se retrouver confrontée aux défis de la vraie vie et exploiter tout son potentiel intellectuel, ce qui n'était pas forcément le cas lorsqu'elle n'était qu'une banale danseuse. Certes, Misha la réquisitionnait souvent pour qu'elle séduise des clients et des cibles potentielles de la Mafia, mais ce n'était jamais assez constructif pour elle. Elle comprenait pourquoi son patron aimait autant son restaurant, parce qu'il l'avait créé de ses mains et que désormais il faisait partie des figures incontournables de San Diego. Elle voulait faire quelque chose de semblable et, à défaut de pouvoir commencer de 0, peut-être que cette expérience lui donnerait l'occasion de mettre enfin son cerveau à contribution. Et pas à contribution de n'importe quoi... Non, elle était là chez elle. Elle contribuerait à rendre son foyer connu, ces murs qui l'avaient portée, elle avait l'intention de les entretenir et les chérir mieux que quiconque. Tout comme elle avait l'intention de faire cela pour la famille. Et c'était pour ça que Misha pouvait lui faire confiance: elle aimait ces murs et la famille autant que lui, ce que personne d'autre ne pouvait dire.

Son arrivée l'avait faite sourire. Elle s'était presque attendue à ce qu'il arrive plus tôt. Après tout, c'était le premier soir au cours duquel il laissait son bébé à la nouvelle gérante et, même s'il n'y avait objectivement aucune raison pour que les choses se passent mal, il était toujours plus agréable de s'en assurer par soi-même. En outre, il apportait un cadeau, ce qui ne passait pas inaperçu. Malgré les années qu'ils se connaissaient et travaillaient ensemble, bien que les frontières entre les deux fussent solidement établies depuis de nombreuses années, Anya avait l'impression que leur relation évoluait toujours de plus en plus. Sans doute était-ce le fait que petit à petit, elle perdait son image d'enfant à ses yeux pour atteindre le statut de femme. Sans doute était-ce que la vie leur avait parsemé les derniers mois d'embûches et qu'ils avaient pu en sortir grandis, l'un comme l'autre. Sans doute était-ce qu'ils osaient enfin réellement profiter de l'amitié qui avait depuis toujours enrichi leurs rapports de travail. Mais elle était heureuse de cette évolution, car elle sentait que, petit à petit, elle passait d'employée à amie et qu'elle arrivait au stade de confidente. Les deux se connaissaient plutôt bien désormais et s'il parvenait à lire en elle et se souvenir parfaitement d'un sac à main vu dans une boutique le mois précédent, elle pouvait également déceler ses émotions dans ce visage qu'il souhaitait si impassible. "C'est pour ça que je suis là, Boss. Pour que tu aies plus de temps et moins de choses à faire. Tu sais que tu peux compter sur moi à tous les niveaux." Et par ça, elle voulait juste qu'il pense à elle tant pour le Volia que pour les autres affaires de la famille. Elle n'avait pas l'intention de laisser tomber ses autres tâches uniquement parce qu'elle était devenue la gérante du Volia. Elle ne pourrait pas. Elle aimait trop être une part active de la famille, même si cela lui demandait parfois de grands sacrifices. Elle savait qu'ils étaient généralement récompensés. Lorsqu'il accepta le café, elle prit le téléphone et appela le bar, commandant son café à lui comme il l'aime et une eau gazeuse avec une rondelle de citron pour elle.

Misha se voulait impassible, alors qu'elle lui faisait remarquer sa mine déterrée, pourtant, le simple fait qu'il ne tînt pas assis lui en dit plus qu'elle n'avait besoin de savoir. Il ne pouvait pas être tranquille comme ça, pas avec ce sourire absolument figé qu'il offrait à n'importe qui. Mais elle laissa passer cela pour l'instant. Un serveur risquait de débarquer à tout moment et elle ne prenait jamais aucun risque avec les secrets de son vieil ami. Elle sourit simplement en coin. "Tu sais, parfois j'ai de la peine à réaliser que tu vas te marier! Mais oui, ça ira sans doute mieux à ce moment là. Ce sera déjà bien moins de choses à préparer pour commencer. Et puis, petit à petit, tu apprendras à me faire confiance et quand ton cerveau ne pensera pas automatiquement au Volia à chaque fois que tu as une seconde de répit" Elle le taquinait, mais elle connaissait sa tendance à vouloir tout contrôler, tout le temps, que ce soit en amitié, en amour ou dans la vie professionnelle. C'était ainsi qu'on l'avait élevé, à la dure, à la "homme solide qui peut porter le monde sur ses épaules". Kukolka en avait manipulé assez pour savoir à quel point cette image était un mensonge et Anya en voyait un face à elle qui ne parvenait pas à tomber le masque et qui ne parvenait pourtant pas tout à fait à tout cacher. Elle le laissa encore une fois détourner le sujet et sourit. "Oh oui, j'ai déjà ma robe, depuis que j'ai reçu l'invitation, tu penses bien! Je ferai juste en sorte de ne pas éclipser la beauté de la mariée, il paraît que ce serait mal vu." Elle lui fit un clin d'œil et une serveuse entra avec leurs boissons, saluant Misha au passage, posant tout sur la table avant de ressortir. "Ferme bien la porte, s'il te plaît." C'était, pour les subalternes, le signal que la discussion serait sérieuse. Mais même Anya ne savait pas à quel point. Elle attendit que Misha revînt vers sa chaise et qu'il eut pris une gorgée de son café. Elle prit à son tour une gorgée d'eau et l'observa attentivement.

"Misha... Tu sais qu'on se connaît depuis trop longtemps. Je vois bien que quelque chose ne va pas. Parle moi, tu n'es pas toujours obligé de tout porter tout seul, je suis là pour ça. Tu peux me faire confiance." Elle dit calmement. Elle savait ce qu'il se passait quand il décidait de trop prendre sur lui. Il devenait irascible, irrationnel, prenait des décisions qui auraient pu être plus réfléchies. Il le savait aussi, c'était ce qui avait causé leur dernière dispute. Elle ne voulait pas revivre ça, elle voulait simplement qu'il se sente mieux et libre de dire les problèmes qu'il avait à une des rares personnes au monde qui ferait pratiquement tout pour lui, probablement plus fidèle encore que ce que sa femme ne serait jamais. Elle le pensait elle-même, même si elle ignorait à quel point c'était vrai.

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Misha Invanov
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MessageSujet: Re: Baby-sitting || Anya Ven 10 Juin 2016 - 17:32

Ils avaient grandi ensemble, tous les deux : il était le grand chef, l’ami, elle était la petite soeur qui venait toujours s’immiscer dans leurs jeux, qu’importe qu’il parvienne à convaincre Dimitri de la caser avec sa propre petite soeur. Anya, Misha l’avait connu au berceau, ou presque. Il l’avait classé dans un coin de sa tête comme boule de nerfs qui traînait avec eux, et ne faisait pas vraiment attention à elle : elle faisait partie de de l’ombre de son frère, elle était là, souvent, presque tout le temps. Lui qui entretenait des relations difficiles avec sa propres soeur, faite de colères, de jalousies et d’amour fraternel emmelés, lui qui ne supportait pas son petit frère, s’emerveillait parfois de voir la relation qui unissait Anya à son propre frère. Mais il ne l’avait jamais considéré importante : elle était trop jeune pour cela, trop bébé, et il ne se sentait pas l’âme d’un grand frère.
Et puis, tout avait changé, aussi brusquement que l’on souffle une chandelle. Le départ de dimitri, la mort des parents d’Anya, la mort de sa mère... Tout avait évolué, envoyant leur monde dans un abîme de ténèbres, et ils s’étaient rapprochés. Elle avait travaillé pour lui, s’insinuant sans qu’il ne la voit à ses côtés, comme elle l’avait toujours fait. Et elle était devenu indispensable, sans même qu’il ne s’en rendre vraiment compte.

Il n’avait jamais trouvé l’occasion de coucher avec elle. Oh, cela lui avait traversé l’esprit, évidemment : elle était jeune, belle, désirable, et il ne pensait pas vraiment à elle comme une petite soeur, surtout lorsqu’il la regardait danser. Mais ça aurait été une trahison envers Dimitri, envers ces années qu’ils avaient passés dans leur enfance, et du coup, Misha n’avait jamais concrétisé la chose. L’idée lui revenait, de temps en temps, comme une envie passagère que l’on s’efforce de reléguer dans un coin jusqu’à la prochaine fois, mais il n’y avait jamais succombé, craingnait de perdre ce qu’ils avaient mit des années à construire. Car qu’il le nie ou non, Anya lui était aussi essentielle que l’oxygène qu’il respirait. Leur dispute lui avait au moins fait comprendre ça, il avait besoin d’elle, désespérément, même s’il se refusait à l’admettre. Et elle était nécessaire, il le savait, à bien d’autres gens. Elle était... Anya, comme si ce prénom n’exigeait aucune autre définition. Sa promotion n’avait étonné personne, tellement elle avait su gagner une place au sein du Volia, grimper les échelons sans se mettre à dos plus de gens que nécessaire. C’était un miracle, ou presque, pour Misha : lui qui collectionnait les ennemis et les inimités avec une passion frisant la dévotion, elle semblait se fondre naturellement dans l’univers de chacun. Ca en été presque digne de jalousie.
Alors oui, elle était à sa place Kukolka, derrière cet immense bureau. Gérante, conseillère, mais aussi soutien indefectible. Le russe ne répondit pas quand elle lui assura qu’il pouvait compter sur elle, se contenter d’un bref hochement de tête. Il savait, tout comme elle, que sa loyauté lui était acquise, à lui, avant même peut-être celle qu’elle devait à son père comme Parrain de la Mafia Russe. Il ne l’aurait pas hissé où elle se rouvait si ça n’avait pas été le cas, et tous les deux le savaient parfaitement.

Mais dans son affirmation, Misha n’avait aucune peine à discerner l’allusion qu’il pouvait lui parler, et ne voulait clairement pas aborder le sujet. Peut-être parce que c’était bien trop dangereux, mais surtout parce que lui-même ne savait plus réellement où il en était. Anya aurait sans doute pu l’aider, et il avait désespérément besoin d’aide, mais l’enjeu était trop important pour qu’il ne puisse faire confiance à quiconque. Il était coincé dans ses problèmes, et douloureusement conscient que s’en sortir seul serait compliqué.
La conversation dévia sur son mariage, et il esquissa un pâle sourire lorsqu’elle lui avoua qu’elle avait encore du mal à y croire. Lui aussi, en vérité, avait du mal à croire qu’il allait s’unir à Kathleen : avec tout ce qu’il avait appris ces dernières semaines, cela lui semblait la pire chose à faire. Et la seule logique, en même temps. «Pour ça, n’en soit pas si sûre : le Volia est et restera mon premier bébé, et j’ai tendance à être un tantinet possessif.» Affirma le jeune russe, et Anya savait à quel point c’était vrai. Tout le monde savait l’attachement de Misha pour son club, en vérité, même ses ennemis.
L’arrivée d’une serveuse les interrompit, et Misha lui rendit son salut en glissant une main sur son bras, lui murmurant quelques mots à l’oreille qui firent rire la jeune femme avant qu’elle ne s’éclipse, fermant la porte soigneusement. Le Volia, ce n’était pas que le bébé du Russe, c’était sa famille, une famille un peu éloignée mais qu’il aimait avec passion. «Kathleen en prendrait ombrage, oui : elle espère bien être la reine de cette soirée» Plaisanta-t-il, avec un rien d’ironie dans la voix, sans même se rendre compte à quel point ses paroles pouvaient sonner étrangement aux oreilles de ceux qui ne savaient pas ce qui se passait réellement entre la jeune femme et lui.

Mais Anya ne le laissa pas dévier du sujet très longtemps, et ramena la conversation là où elle avait débuté. Elle était têtue, aussi têtue que lui, et Misha laissa échapper un soupir quand elle insista. «Ce n’est pas une question de confiance Anya. Pas réellement. C’est... C’est un problème que je dois régler moi-même, et je ne suis pas sûr de savoir comment m’y prendre exactement.» Ses doutes, c’était à Kathleen qu’il les exprimait, et uniquement à elle. Maintenant qu’elle l’avait trahi, il ne savait plus bien comment faire, ou à qui parler. Anya semblait être une confidente de confiance, mais s’il se trompait encore? Il s’était bien trompé pour Kathleen...
Mais il savait comment détourner la conversation, comment l’emporter sur d’autres rails qui ferait qu’Anya oublierait totalement de l’interroger sur ce qu’il ne voulait pas lui dire. Il l’avait déjà confié à son père, de toute façon, et cela lui paraissait juste qu’Anya soit au courant également. Ils étaient proches, et il ne voulait pas lui annoncer comme il allait le faire aux autres. «Et actuellement, de toute façon, c’est plutôt censé être une bonne nouvelle.» Il la dévisagea, pensif, avant de demander. «Comment réagirais-tu si je te disais que le Volia ne sera plus mon seul bébé?» C’était une façon comme une autre de l’annoncer, après tout.

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Anya R. Davieson
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MessageSujet: Re: Baby-sitting || Anya Dim 7 Aoû 2016 - 8:31

Misha était un bon patron et un excellent leader. Un peu froid parfois, au goût de certains, mais on ne prenait pas la tête d'une mafia en distribuant baisers et gentillesses. Il se devait d'être distant, de montrer aux gens qu'il était capable de faire tant le meilleur que le pire, mais surtout le pire, en cas de trahisons. Et à vrai dire, il s'était également guindé contre les trahisons, faisant en sorte de laisser assez de doutes sur tout le monde pour ne jamais être surpris si quelque chose de mal arrivait. Anya savait qu'il y avait peu de gens en qui il avait réellement confiance. Et jusqu'à peu, elle pensait qu'il n'avait pas réellement confiance en elle. Leur dispute le lui avait prouvé. Mû par une colère qu'elle ne lui connaissait pas et qu'elle ne comprenait pas toujours, il avait semblé croire qu'un autre pourrait soudainement devenir plus important que lui à ses yeux. Qu'elle pourrait laisser tomber les années passées à bâti leur relation au profit de quelque chose de plus charnel… Si Anya avait réussi à le convaincre que ce n'était pas le cas, elle se demandait parfois s'il comprenait à quel point elle lui était dévouée. Misha Invanov était son patron, son ami, son pilier. Il était la personne qui lui avait permis de vivre malgré le décès de ses parents et qui continuait perpétuellement à lui donner des chances de montrer sa valeur. Ce n'étaient pas des signes qu'on négligeait. Ce n'était rien qu'Anya ne négligeait. Elle avait appris à lui faire très confiance. Et le fait qu'elle se trouve à ce bureau alors qu'il était à la place des clients prouvait qu'il lui faisait confiance également. Il le disait lui-même, c'était son premier bébé. Alors non, elle ne doutait plus de la confiance qu'il plaçait en elle. Mais elle doutait de lui-même. Ah, elle l'avait vue la belle éducation russe, qui enseignait aux hommes que rien n'était plus précieux que leur petit égo et que rien ne valait la peine de montrer des émotions. L'homme russe est froid, sans pitié et dénué de sentiments. Toute démonstration contraire ferait d'eux des mauviettes indignes de leur position. Son laïus n'était pas forcément pour lui faire comprendre qu'il pouvait avoir confiance en elle, mais aussi pour qu'il réalise qu'il avait le droit de s'ouvrir à quelqu'un.

Mais Anya savait mieux comment caresser son patron dans le sens du poil, alors elle lui permit un peu de répit en parlant de son mariage, de Kathleen. Elle crut sentir une pointe d'amertume dans sa voix. Dans tous les cas, la formulation était étrange pour un homme parlant de sa future épouse le jour de son mariage. Si elle avait dit cela comme une plaisanterie, cela restait tout de même une remarque tout à fait sérieuse, dans la mesure où Kathleen avait déjà démontré être jalouse de la danseuse. Comment ne pas l'être, après tout? Anya passait sans doute plus de temps avec Misha que toute autre femme, du simple fait de son travail et de leur collaboration proche en dehors. Après, il y avait le fait qu'ils étaient amis en plus. Bien sûr qu'il y avait de quoi être jalouse. Même si Anya savait qu'il ne se passerait jamais rien, car il y avait entre Misha et elle ce lien particulier. Sans doute ne la voyait-il pas réellement comme une femme à part entière. Mais leur lien allait au-delà de toutes ces considérations basiques. Ce n'était pas de l'attirance qui les unissait, ce n'était pas une sorte d'affection passagère. C'était un respect mutuel et une confiance infinie qui était difficile à briser. Aux yeux de la danseuse, c'était plus important que n'importe quel autre lien. Elle espérait, dans sa position, le renforcer de plus belle, pourquoi pas devenir son bras droit et l'aider à accéder au sommet. Elle le ferait avec acharnement s'il le fallait, en tuant et même en couchant si elle était correctement récompensée et reconnue. Finalement, peut-être que Kathleen était jalouse d'Anya pour de justes motifs… La jeune danseuse serait tout autant capable de donner sa vie pour Misha. Elle sourit à sa plaisanterie, préférant ne pas relever le ton. "Ne t'en fais pas, je me fondrai dans la masse. Elle sera la plus belle femme de la soirée et tu n'auras d'yeux que pour elle." Elle prit une gorgée de son eau. "Mais j'espère que j'aurai quand même droit à une danse avec le marié." Elle lui fit un clin d'œil et rapporta la conversation sur le terrain qui l'intéressait vraiment.

Elle l'observa soupirer et sut alors à quel point elle avait raison, à quel point il avait besoin d'elle à ce moment-là. Le simple fait qu'il admette, sans encore trop de préambules, qu'il y avait un problème, démontrait la gravité de la chose. Elle l'observa avec attention, étudiant son visage. Il avait beau dire, il semblait avoir envie de lui en parler, il avait l'air sincèrement au bout et épuisé. Et la nouvelle qui suivit la laissa sans voix. Vraiment, sans voix. Ce n'était pas si surprenant en soi. Après tout, la Mafia tient à ses lignées et tôt ou tard, il ferait des enfants qui pourraient reprendre le flambeau de son père. Mais cela lui semblait si soudain, si sorti de nulle part. Ces derniers mois avaient été chaotiques pour les deux et à bien des égards, il avaient tous les deux eu l'impression que le ciel leur tombait sur la tête et qu'ils n'étaient pas capables de sortir la tête de l'eau. Alors qu'un enfant arrive maintenant, cela semblait être le cheveux sur la soupe. Il put lire qu'elle ne savait pas exactement comment réagir et c'était sans doute qu'elle connaissait son patron trop bien. Comment lui-même réagissait-il? Il avait beau être très amoureux de sa fiancée, il restait plutôt réticent à l'engagement, allant parfois voir ailleurs et n'ayant pas peur de flirter un peu pour parvenir à ses fins. Elle savait aussi qu'il prenait de plus en plus de responsabilités pour prouver à son père qu'il était digne de sa place, mais comment pourrait-il continuer avec un enfant? Enfin, ce serait forcément Kathleen qui s'en chargerait. Après tout, on était dans une société patriarcale. Mais la jeune femme semblait avoir de la peine avec la position qu'elle tenait au sein de la Mafia en tant que simple "femme de" et rien d'autre. Alors comment le vivrait-elle une fois l'enfant né et étant devenu sa seule préoccupation? La tête d'Anya tournait sous les informations et les données qu'apportait un simple bébé dans l'équation compliquée de la vie au sein de la Mafia. Elle ne réagit ni bien ni mal, se contentant de lâcher un long soupir. "Я должен был заказать что-нибудь покрепче…*"

Elle ancra son regard gris dans les yeux bleus de Misha, observatrice, pensive, occupée vraiment à deviner comment lui le vivait. Il n'en avait pas l'air ravi. Il avait l'air de dire que c'était un problème plus tôt… À moins qu'il se réfère à autre chose. Mais en même temps, l'information qu'il avait lâchée était tellement lourde de conséquences. Ne parvenant pas à lire une réelle émotion sur son visage elle secoua doucement la tête. "Ces mois agités sont loin d'être finis on dirait… Comment tu réagis toi?" C'était une réaction somme toute naturelle, que de calquer sa réaction sur celle de son patron, de son ami. Un bébé n'était pas une mince affaire. Un bébé, c'était énormément de pression dans le monde qu'ils habitaient… Misha et un bébé, c'était une image trop lourde à assimiler pour le moment.

*J'aurais dû commander quelque chose de plus fort…

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