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Interrogatoire de routine - Darian

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Declan O'Brady
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MessageSujet: Interrogatoire de routine - Darian Jeu 4 Fév 2016 - 22:26

Longue journée. Très longue. Declan n’était pas particulièrement un couche-tôt, mais les patrouilles de nuit avaient le don de le mettre sur les rotules, et il les enchainait depuis le début de semaine. Et même si certaines nuits étaient plutôt calme, le changement de rythme était parfois dur à appréhender. Rien de spécial à signaler ce soir là : quelques bagarres entre ivrognes, un cambriolage avorté et un appel anonyme pour dispute conjugale, qui s’était soldé en rien du tout, puisque tout le monde dormait dans la maison, et qu’ils avaient visiblement réveillé tous les occupants en tambourinant à la porte. Bref, nuit tranquille !
La patrouille se terminait dans à peine 10 minutes que la radio grésilla. ++ Un 10-50 sur Ocean View ++  Declan était au volant, et un bref regard à son collègue qui venait de saisir la radio lui confirma la marche à suivre. D’un geste il activa la sirène, tandis que son collègue, et supérieur, se chargeait de confirmait qu’ils s’y rendaient aussitôt. Tant pis pour la fin de service ! Se remémorant les codes utilisé par le dispatcher, le jeune irlandais réfléchit. 10-50. Accident de la circulation, avec blessé. Il avait toujours une petite appréhension en se rendant sur ce genre de cas, la peur, subtile et presque inconsciente, d’avoir à faire à quelqu’un qu’il connaissait. Certes, il connaissait bien peu de monde dans cette ville, mais ce qu’il s’était passé avec son père lui avait fait comprendre que personne n’était jamais à l’abri. Que ça n’arrivait pas qu’aux autres. Malheureusement.
La voix de son collègue, qui lui indiqua de prendre à gauche, l’obligea à se concentrer sur la route. « Je sais » Grogna-t-il, faussement vexé. Depuis qu’il était arrivé à San Diego, il avait eu le temps d’explorer la ville et d’en sillonner ses principales artères. Son sens de l’orientation n’étant pas si mauvais que ça, il savait encore comment faire pour se faufiler à travers la circulation, encore clairsemée à cette heure matinale. La sirène hurlante colorait le monde en 2 tons, rouge et bleu, tandis que les rares voitures s’écartaient à la hâte.

Declan adorait être flic. Et il adorait être au volant d’une voiture de police, dépassant aisément les limitations de vitesse, chose qu’il ne s’autorisait pas lorsqu’il n’était pas en service. Etait-ce cela qui poussait les Drivers à aller toujours plus vite, fonçant dans les rues sans se préoccuper des possibles accidents ? Cette sensation enivrante de vitesse, de toute puissance, l’obligation de se concentrer sur la route et non sur ses problèmes ? L’irlandais n’était pas un pilote, il avait bien assez de lucidité pour le reconnaître, et se faufiler, gyrophare en marche, requerrait tout, sinon une bonne partie de son attention. Même si les rares véhicules s’écartaient devant lui !
Son collègue et lui finirent par arriver à bon port, précédé d’une ambulance. Une autre voiture de patrouille était déjà sur place, formant un périmètre de sécurité. Ce n’était pas beau à voir : voiture contre vélo, cela pardonne rarement. Le jeune policier eut une pensé pour Sonic, qu’il avait failli renverser lui-même, mais ce n’était pas elle qui était impliquée dans cet accident. Heureusement. Declan souffla de soulagement en constatant qu’il ne connaissait personne…. Encore une fois, il savait qu’en faisait ça il passait sans doute pour quelqu’un d’insensible, mais son histoire personnelle avait laissé des traces, il ne pouvait s’en défendre. Et puis, n’était-ce pas le lot quotidien de tous ceux qui exerçaient dans ce genre de métier ?

Ses collègues semblaient avoir les constatations bien en main, aussi le jeune homme se vit-il désigner la tâche d’interroger les éventuels témoins. Etant donné l’heure matinale, ils n’étaient pas beaucoup, seulement deux, près des barrières de sécurité. D’un sourire accompagné d’un geste de la main, le collègue de jeune homme se chargea de la femme, tandis que Declan se voyait désigné pour interroger un jeune homme à l’air renfermé. Un fêtard qui rentrait de boîte, ou un lève-tôt… quoi qu’il en soit, il avait probablement vu quelque chose, aussi Declan s’avança-t-il vers lui, zippant la fermeture de sa veste pour se prémunir de la fraîcheur matinale.
« Monsieur, bonjour. J’aurais quelques questions à vous poser, si vous n’y voyez pas d’inconvénient. » Et même s’il avait un beau millier d’autres choses à faire, en vérité. Il avait été témoin de cet accident et c’était son rôle de citoyen que de témoigner, qu’il soit totalement volontaire ou pas vraiment d’humeur.

Declan s’efforçait de paraître totalement professionnel, mais il savait que son jeune âge et la légère trace d’accent irlandais qu’il conservait de chez lui trahissait sa relative jeunesse dans le métier. « Je peux connaître votre nom ? » Ajouta-t-il, observant l’homme avec attention. Et curiosité. Honnêtement, il n’avait pas l’apparence d’un type qui passe toute la nuit avec ses potes. Alors quoi ? Quel genre de boulot nécessitait qu’on bosse si tard la nuit… ou si tôt le matin ?
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Darian Parks
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MessageSujet: Re: Interrogatoire de routine - Darian Mer 17 Fév 2016 - 21:50

La vie professionnelle d’un barman se fait assez linéaire. On gère les réserves, on sert des verres, on échange quelques mots avec les clients et on fait la plonge. Et toujours dans cet ordre. À la longue, les soirées se ressemblent et finissent par devenir les mêmes. Il peut arriver qu’une personne retienne votre attention. Comme l’avait fait Domino avec moi, à chaque soirée où elle se trouvait là, elle parvenait à perturber ma routine et l’ordre préétabli. Elle redéfinissait l’environnement et rendait soudainement tout plus beau, plus brillant, important. Elle avait même réussi à me rendre agréable, et sympathique, presque humain.
En règle générale, tout se fait stable, gérable, conventionnel et prévisible. Les fluctuations sont rares, mais pour un mec de mon espèce, certainement est-ce mieux ainsi. Cependant, une fois le pied dehors, tout s’en trouve bouleversé. Il est difficilement possible de contrôler les évènements à venir et d’en considérer l’incidence que cela aura sur nous. Quant à déjouer le sort … autant pas y compter.

Ma journée de travail se finissant tard dans la nuit ou plutôt tôt le matin, je préférais venir au travail à pied et en revenir par le même moyen. Lincoln Park ne se trouvant qu’à une vingtaine de minutes du Volia, cet espace-temps me permettait de méditer sur mes actions à venir et les mauvaises décisions que certainement je prendrais. Néanmoins, en m’engageant dans Ocean View Boulevard par une rue annexe, le crissement des pneus me parvint aux oreilles et lorsque je débouche dans la rue, une voiture, visiblement pressée me frôle à toute vitesse avant de percuter un cycliste dont le bruit de l’impact me fit comprendre la violence du choc avant qu’elle ne prenne la fuite et le cycliste sur le macadam. Dégainant aussitôt mon téléphone, j’appelle le 911 pour leur faire savoir qu’un automobiliste vient de percuter un cycliste sur Ocean View boulevard. Néanmoins, je me trouve encore trop loin de l’accident pour confirmer le nombre de personnes présentes dans la voiture, et si le cycliste est mort ou vif. Lorsque j’arrive sur les lieux, quelques personnes se trouvent auprès de l’accidenté dont une jeune femme, lui prodiguant les premiers soins avant l’arrivée de la police – certainement pour la plupart des personnes résidant dans les buildings voisins et qui ont entendu l’accident et qu’ils sont descendu pour voir.

Cinq minutes plus tard, la foule a doublé, pullulé par des badauds voulant à tout prix voir des drames et constater l’horreur du spectacle en espérant le plus grave possible. Cependant, la police du secteur prend les choses en main, établit un périmètre de sécurité et facilite l’accès à l’ambulance. Quelques personnes s’expriment vivement, répétant le même discours dans des mots différents puis, la foule est dissipée. Ne reste seulement que la jeune femme et moi. Elle semble calme, prête à donner sa version des faits et rappeler les gestes qu’elle a faits pour porter secours à la victime. Pour ma part, je pouvais clairement expliquer ce qu’il venait de se produire. Se regardant en chien de faïence et grillant ma deuxième cigarette, sans que ni elle ni moi ne dise mot, une nouvelle voiture de police fait son entrée, et deux policiers se dirigent vers nous.

A sa première phrase, je hausse les sourcils, bien conscient que dans la situation dans laquelle je me trouve, je peux difficilement faire autrement. Oh certes, j’aurais très bien pu tracer mon chemin et estimer ne rien avoir vu, toutefois, en grand opposant pour la triste cause …

« Darian Parks », lui répondis-je, nonchalant, comprenant clairement que je viens de tomber sur le plus bleu de tous les flics de cette ville et que, niveau procédure, on risquait d’y passer un moment. « Mais vous savez, le plus important ce n’est pas mon nom, mais bien cette Impala de 2010 gris métallisé qui a renversé votre vélo et qui vient de filer vers le sud avec certainement le pare-brise en sale état », lui dis-je alors, conscient que de la même manière je venais de le juger, il en avait fait autant de moi, et clairement ne s’est-il pas dit que je puisse être un honnête citoyen qui passait par là pour promener le chien mais bien un mec qui n’avait pas franchement de raison évidente de s’y trouver. Soit, je renvoie rarement la tête des bons jours ni même l’attitude du mec cool et avenant à qui on a envie de parler, mais je ne suis pas non plus du genre à laisser crever mon prochain, ou à ne pas rendre service quand je le peux. Alors peut-être saurions-nous en mesure de nous accommoder l’un à l’autre.

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Declan O'Brady
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MessageSujet: Re: Interrogatoire de routine - Darian Mer 16 Mar 2016 - 23:02

Ce n'était pas son premier interrogatoire, pas son dernier non plus mais clairement, cela ne faisait pas partie des facettes les plus palpitantes du boulot de flic. Sur les plaquettes de l'Académie, ou dans les reportages à sensations, on vous parle volontiers de courses-poursuites et de protection des opprimés, plutôt que de la paperasse, des procédures et des aspect beaucoup moins excitants. Moins excitant, mais pas moins important, par contre, et le jeune irlandais savait clairement faire la différence. La Justice n'était pas rapide, mais il fallait bien ça pour être sur qu'aucune erreur ne soit commise.
Parler avec les gens ne le dérangeait pas, il n'était pas un asocial non plus. Mais clairement, fraîchement diplômé de l'académie, il imaginait que dans un cas comme ça, la police du district se précipiterait sur les caméras de circulation, localisant la voiture fautive, la traquant jusqu'à en avoir la plaque et le propriétaire. C'était comme ça que ça marchait dans les séries télé, après tout ! La réalité était tout autre, et si la police finissait par arriver à la même conclusion, le chemin était bien plus long et tortueux. Maudit soit celui qui avait inventé la paperasse et les procédures ! Il avait peut-être l'air cynique et quelque peu désabusé malgré son jeune âge, mais la réalité était parfois bien stupide. Et si Declan s'efforçait de positiver, parfois, il n'en avait pas franchement envie.

Ceci dit, personne n'était coupable de cet état de fait, ni lui, ni même le jeune homme en face de lui. Darian Parks. Comme un policier des plus zélés, l'irlandais inscrivit son nom dans son carnet, avant de relever le nez. Il ignorait si c'était une pique déguisée ou un réel étonnement de la part du jeune homme, d'être interrogé alors qu'il y avait bien plus important à faire, aussi choisit-il de répondre avec un sourire entendu. Calme, professionnel, courtois. Toujours. « Je comprends bien Mr Parks, seulement, j'ai besoin d'un témoin visuel, et de son témoignage à présenter devant mon boss. Donc on va suivre la procédure, si vous le voulez bien. Mes collègues ont le reste bien en main, ne vous inquiétez pas ».
Si ça ne tenait qu'à lui, il y aurait déjà des barrages sur les principales avenues, et des flics en alerte pour toute voiture cabossée de façon suspecte. Sauf que pour mettre la machine en branle, il fallait avertir le procureur, et vu l'heure, ce dernier ne bougerait pas sans un dossier béton. Les lenteurs de la procédures. Avertir les garagistes de la ville, les casses, les assurances... ce serait fait, plus tard. Bien plus tard.

Ceci dit, la réponse de l'homme avait capté l'attention du jeune policier. Évidemment, il n'était pas une référence en la matière, mais être capable de citer l'année et le modèle d'une voiture qui avait du, au mieux, le dépasser en trombe, c'était plutôt impressionnant. C'était un atout dans la recherche de la voiture, mais sans preuve, sans autre argument que la parole d'un témoin oculaire, c'était risque de lancer une recherche. Et si l'homme se plantait ? L'irlandais soupesa un instant son interlocuteur du regard, avant de prendre sa décision et de décrocher la radio. ++ Ici 75 David. Ouvrez l'oeil sur une impala Gris métallisée au pare-brise endommagé. ++ L'accord du dispatcher, qui se chargerait de relayer le message aux autres patrouilles, et planta son regard dans celui du jeune homme en face de lui. «  J'espère que vous ne vous plantez pas. »
Pourquoi lui faire confiance ? Declan était d'un naturel confiant en l'être humain, et un tel sens du détail amenait un certain respect. Évidemment, il y avait toujours le risque que l'homme se trompe, auquel cas, il aurait lancé ses collègues sur une fausse piste. Le blâme en reviendrait à l'irlandais, mais pas de quoi fouetter un chat. Une soufflante du boss, quelques semaines passées à faire la circulation, et tout rentrerait dans l'ordre. Il était prêt à prendre le risque, si cela permettait d'arrêter le coupable.

« Donc, Mr Parks »
finit-il par enchaîner, « je peux connaître votre adresse et votre numéro de téléphone, au cas où nous aurions besoin de vous contacter ?  Et savoir ce que vous faisiez dans le coin à cette heure. » Pas que l'homme soit suspect, mais disons que les témoins les plus fiables étaient ceux avec un boulot en rapport avec ce qu'ils avançaient. « Et tant qu'on y est, dites moi comment vous avez fait pour identifier une voiture que vous avez du voir une poignée de secondes tout au plus. » Amateur éclairé, ou professionnel ? Bien qu'il espérait sincèrement pour ses fesses que ce soit la seconde option, Declan était prêt à tout entendre.
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Darian Parks
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MessageSujet: Re: Interrogatoire de routine - Darian Sam 2 Avr 2016 - 16:31

Ce jeune flic ne semblait pas être un amateur du vite fait bien fait. La soirée risquait donc d’être longue … Certes, je n’avais pas franchement bien mieux à faire, et vivant la nuit, mes heures diurnes comblent mes carences de sommeil quand encore il m’est possible de rêver. A cheval sur la procédure, je ne coupe pas au refrain dont rien de ce que je peux dire ne le fera changer de direction. Si je m’inquiétais ? Oh, ce n’est pas comme si San Diego s’apparentait à une ville fantôme où rien ne s’y passe. A défaut d’un accident ou d’un autre, des gens meurent, ça fait partie de la vie et il n’existe aucun endroit qui saurait nous en préserver. Toutefois, les mots que je lui sers l’intéressent assez pour qu’il se munisse de sa radio et passe l’info à ses collègues. Je hochais la tête d’approbation alors qu’il me renvoyait ce regard qui veut dire que j’ai pas intérêt à me planter au risque que faute d’exactitude, mes infos l’éclaboussent d’une mauvaise intuition entrainant une mauvaise décision. Bien que dans le fond, il n’avait pas totalement tort. Je ne pouvais lui débiter le numéro de châssis, et même faire erreur d’une ou deux année sur la sortie du modèle que je venais de voir, mais j’étais presque certain qu’il s’agissait du modèle de 2012 qui d’une année sur l’autre, ajoutait de subtils changements qui n’échappent guère à un connaisseur. Mais soit, on ne peut pas non plus avancer que je sois l’homme le plus fiable qu’il existe sur cette terre quand bien même mon paternel avait su véritablement m’intéresser à une chose. Quoi qu’il puisse en être, j’étais sûr du modèle et de la couleur, et ne parierais pas sur l’année ; ce flic avait l’air d’avoir en main de trop bonnes cartes, bien plus fortes que celles que je pouvais posséder, pour m’y risquer.

Néanmoins, sa réponse créa comme une connexion qui nous liait par une sorte d’entente totalement factice qui pourtant me fit croire en ce qu’il faisait. Il ne réagissait pas comme face à une répétition supplémentaire qui en deviendrait trop routinière pour qu’on en nourrisse encore le moindre « espoir ». Il était différent. Il paraissait véritablement préoccupé par le sort de la victime et semblait vouloir faire son maximum pour attraper le coupable, pour protéger cette ville et ses citoyens. Je relève la tête pour saisir chacune des paroles qui franchit ses lèvres à défaut de l’entendre correctement. Je hausse les sourcils face à tant de procédure qui me fait l’effet d’un interrogatoire truffé de pièges.

« Je réside dans un appartement à quelques pâtés de maison d’ici et j’ai pas de numéro fixe, j’en change régulièrement mais je bosse dans un bar dans les quartiers ouest, en fait, je viens de finir et je rentre tranquillement chez moi comme tout bon citoyen Monsieur l’agent », lui répondis-je, n’aimant que peu les insinuations qui pourraient lui courir dans la tête à mon sujet. Lorsqu’il reprit la parole, je fus froissé par sa mégarde et la méfiance qu’il éprouvait alors qu’il avait toutes les raisons du monde d’agir de la sorte face à mes propos. « Est-ce que vous êtes en train de dire que j'suis un menteur ? » Lui répondis-je aussi sec. « Si je le sais si bien c’est parce que je m’y connais en bagnoles, vous devriez plutôt vous réjouir que je m’intéresse à quelque chose et qu’en plus ça vous serve », repris-je pour justifier mes propos, n’aimant guère que l’on remette ma parole en doute et encore plus quand le manque de sommeil se fait cruellement sentir. Je pouvais comprendre qu’il ne devait pas être évident d’avoir à essuyer un nombre considérable de supposés témoins qui prétendent avoir vu quelque chose alors qu’il n’en est rien. Et qu’en prime, le discours de référence doit être du genre de vérifier et revérifier toujours les faits dans une enquête. Toutefois, je n’appréciais que peu qu’il puisse penser à tort à mon égard. Quoi qu’il en soit, il nous fallait faire l’un avec l’autre. Tel le voulait le protocole. De toute manière, nous n’étions pas là pour nous, mais bien pour un autre. Et en cela, j’étais convaincu que nous parviendrons à nous entendre et à mener à bien le pourquoi nous nous trouvions ici. De ce fait, il n’était pas là pour me nuire. Je ne me trouvais dans aucune situation compromettante, ni la main dans le sac, donc je pouvais relaxer. Pour une fois que je pouvais être utile aux forces de l’ordre, il me fallait en profiter, bien que je ne sois que peu ravi que mon nom puisse figurer dans un quelconque rapport. Ce n’est jamais bon de se retrouver dans les petits papiers de la police, mais pour le coup, je ne pouvais décemment pas faire l’autruche après ce que j’avais vu.

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Declan O'Brady
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MessageSujet: Re: Interrogatoire de routine - Darian Lun 11 Avr 2016 - 21:55

Pointilleux, Declan? Résurgence de ses années en médecine, sans doute, où tout devait être carré, net, précis, et sans grande place à l’originalité, au risque de se retrouver avec un mort sur les bras, ou un handicapé à vie suite à une banale erreur médicale. Sans oublier de mentionner le procès ruineux et la carrière fichue. Alors oui, le jeune homme s’efforçait d’être à cheval sur les procédures, même si jouer les secrétaires n’était pas particulièrement l’attrait le plus important du boulot. Mais si ça pouvait éviter une erreur ou pire, permettre à un criminel d’échapper à sa sanction sous prétexte qu’il avait oublié une signature au bas d’un rapport, il se disait que cela valait le coup. On le disait intransigeant et droit, parfois même trop pour son propre bien et clairement, ce n’était pas quelque chose dont il avait à rougir. Il était chiant... Et franchement, il pensait l’assumer pleinement.
Et pourtant. Faisant fi de toute procédure, il avait quand même lancé cet appel radio. Pourquoi?

Évidemment, cela n’engageait à strictement rien : au pire il se ferait taper sur les doigts, mais aucun innocent n’aurait à pâtir de son initiative, au contraire même. Si par malheur il arrivait que son témoin se soit planté, Declan aurait sollicité les autres patrouilles pour rien, mais à part ça, il n’y aurait aucune conséquence fâcheuse.
Ce qui laissait, tout de même, la question du pourquoi? Pourquoi croire ce type? La détermination dont il semblait faire preuve? Le fait qu’il n’avait pas un grand intérêt à mentir? Un besoin de justice, ou tout au moins un cri de rébellion face à une procédure souvent trop lente?
Declan n’en savait strictement rien. Il avait agi, simplement, plantant ses yeux dans ceux de son témoin, y lisant sa certitude et choisissant de le croire. C’était tout simple, en réalité. La confiance en l’autre, l’espoir de faire avancer les choses. Bien difficile à croire, pourtant, en ce bas-monde. Et encore plus ici, à San Diego. Mais après tout, chacun devait avoir sa chance, et cette fois ci, Declan avait choisi de croire un parfait inconnu. L’instinct du flic... Il en doutait très fortement. Un signe divin? Encore moins.

Pensif, le jeune flic écrivit les renseignements demandés dans son calepin, sans pour autant omettre de noter mentalement que l’homme était fort pour éviter les réponses directes. Pas de moyen de le joindre, un descriptif plutôt vague de son boulot... Si Declan avait envie de se montrer particulièrement obsédé par la procédure, il aurait même demandé l’adresse exacte du bar. Mais pas ce soir : après tout, l’homme l’avait bien aidé, avec cette histoire de voiture.
Ce que, d’ailleurs, Darian souligna à nouveau. Amusé, le flic le considéra un instant. Allons donc, l’embetait-il tellement avec ses questions? Ce n’était pourtant pas bien méchant, du moins, rien qui puisse se prêter à cet énervement soudain. Susceptible? Pressé? N’aimant pas les flics? Ou ayant déjà un casier, et donc quelque chose à se reprocher? «Je ne vous traite pas de menteur Monsieur Parks» Répondit posément Declan, supprimant toute trace d’amusement dans sa voix. Professionnel et courtois. Même si c’était lassant, en réalité. «De toute façon, quel intérêt auriez vous à mentir, à moins d’être impliqué, ou de connaître quelqu’un qui l’est?» Poursuivit l’irlandais, l’air de ne pas y toucher. Accusateur? Pas vraiment : en réalité, Declan avait de la peine à concevoir que tout ça n’était qu’un coup monté. Allons bon, deux témoins visuels, une scène d’accident à priori banale... On était à San Diego certes, mais de là à être paranoïaque, il y avait un grand pas que le jeune homme se refusait à franchir. Par acquis de conscience -et peut-être aussi par curiosité- il irait regarder dans le fichier si le dénommé Darian Parks avait un casier, mais honnêtement, il ne le soupçonnait de rien du tout. «Tout le monde peut se tromper, voilà tout.» Il hésita un bref instant de terminer ironiquement. «Ca arrive même aux meilleurs, vous savez?»

Visiblement, Darian n’était pas d’humeur, et c’était compréhensible. Il se trouvait au mauvais endroit, au mauvais moment, et rien que pour ça, devait se résigner à ne pas rejoindre son lit tout de suite. Du coup, ils étaient à égalité, songea Declan : lui aussi était fatigué, et lui aussi profiterait bien de la nuit, ou journée, de sommeil qui suivrait. «Vous sauriez me décrire ce qui c’est passé?» Demanda-t-il, son regard se posant fugitivement sur les gyrophares des voitures non loin. «Ecoutez, vous êtes naze et moi aussi» Expliqua-t-il rapidement, rompant pendant quelques minutes avec le professionnalisme dont on aimait l’accuser, «mais c’est vous qui voyez. Sinon je peux vous convoquer au commissariat demain à la première heure? Mes collègues se feront une joie de vous recevoir» L’informa-t-il, se demandant ce que l’homme choisirait : resté collé avec lui encore un peu, ou sacrifier son sommeil pour se rendre dans un endroit sans doute détestable demain matin?
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Darian Parks
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MessageSujet: Re: Interrogatoire de routine - Darian Lun 6 Juin 2016 - 22:45

Quoi que je puisse en penser et quel qu’en soit les faits, il avait raison. Je n’avais nullement envie d’être contraint de faire une déposition dans un commissariat dès demain matin ni à aucun autre moment d’ailleurs ! Et aussi étrange cela était-il, je n’avais nullement envie de parler à un autre flic que lui. Peut-être est-ce à raison d’un processus psychologique que je ne saurais comprendre voire même expliquer, il n’en reste pas moins que je sentais que le contact passait entre nous, autant je savais être aussi désagréable et désapprobateur en cette heure. Toutefois, le flic en face de moi semblait en capacité de s’adapter à tout et à tout le monde et avait su tout de suite trouver les mots et le ton pour s’exprimer à moi. Pas que je sois du genre à ne parler qu’à un genre particulier de personnes ou que je puisse me prendre au sérieux au point de songer qu’il puisse être digne de s’adresser à moi, uniquement parce que je suis un con, et un con fini. Néanmoins, j’admirais son sang-froid, certainement en avait-il vu d’autres.

J’approuve d’un long signe de la tête ses propos lorsqu’il me fit savoir qu’il n’insinuait pas que je puisse lui mentir, d’autant plus que je ne possède aucun intérêt de le faire vis-à-vis des cas de figures qu’il énonce. Je crois même que je ne pourrais couvrir quelqu’un pour un truc aussi grave, pas même mon meilleur pote, qui, cela m’arrange, je n’ai pas. Je préfèrerais finir en taule que vivre avec un truc pareil sur la conscience et d’y avoir participé de mon plein gré.
Alors quoi ? Ça fait de nous les meilleurs amis du monde à présent ? Je ne crois pas. Il n’en restait pas moins un flic et moi un témoin. Et autant l’un peut faire avancer l’autre, autant il peut le faire plonger dans la direction opposée. Je ne lui reprochais nullement sa méfiance à mon égard, seulement je n’appréciais que peu qu’on me le fasse trop sentir. Après tout, j’étais bien le premier à ne faire confiance à personne, et pourtant, aucune vie ne dépendait de mon job à part peut-être, celles des alcooliques.
Je pouffe à sa remarque, délibérée – cela va s’en dire – en risquant même de m’étouffer, comme s’il cherchait à me faire savoir que oui, même à moi, cela peut arriver.

« Oh je vois, vous en connaissez un rayon c’est ça ? », lui répondis-je, un fin sourire sur les lèvres. Question qui, toutefois, n’appelait à aucune réponse venant seulement appuyer ce qu’il cherchait à me faire passer. J’avais donc à faire à un p'tit malin, je préférais ça. Il irait loin dans le métier, il n’était pas du genre à se faire écraser et s’arrangeait toujours pour dire ce qu’il a à dire. Et cela jouait pour lui. Il n’était pas influençable et en cela, difficilement corruptible et j’aimais ça. Qui pouvait, en cette ville, prétendre en connaitre seulement un ? A présent, moi je le pouvais.
A sa proposition des plus alléchantes, je ne pus qu’obtempérer, comprenant bien que toute autre option n’engagerait qu’à faire durer le processus. Et il s’agit bien là de la seule chose que l’on a très peu envie de voir s’éterniser.

« OK, OK ! », lui répondis-je, en un signe de reddition. « La voiture est arrivée par le nord », lui dis-je en montrant la droite. « Peut-être qu’il arrivait de l’autoroute ou de Logan Heights, je peux pas vous dire, je débouchais de Millbrae Street, quand la bagnole est passée à toute vitesse devant moi et a bien failli me tailler un short ! », repris-je, reprenant mon souffle. « Et c’est là qu’il a tamponné le vélo et qu’il s’est barré », achevai-je plus calmement avant de très rapidement ajouter. « Et je dis « il » mais c’est impersonnel, jpeux pas vous dire s’il s’agissait d’un homme ou d’une femme au volant, désolé, IL est passé trop vite », lui dis-je, ne le quittant pas du regard, dans l’attente qu’il reprenne la parole et me questionne sur des détails que j’aurais pu omettre de dire en cherchant à faire bref et concis. Parce qu’il ne voulait pas recueillir mes présomptions, mes suppositions ou autres extravagances, seulement ce que j’avais vu et uniquement ce que j’avais vu. Et en cela, j’étais plutôt limité. Il me fallait relater un événement qui n’avait pas duré plus longtemps qu’un quart de seconde, et être le plus précis possible. Je comptais donc sur lui pour qu’il m’oriente un maximum dans ce qu’il attendait, afin que nous fournissions, l’un l’autre, un travail des plus efficaces.

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