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Rendez-vous chambre 106 || Sakura

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Misha Invanov
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MessageSujet: Rendez-vous chambre 106 || Sakura Dim 29 Nov 2015 - 23:02

Sakura et lui s'étaient dit à bientôt, mais il s'était presque écoulé un mois entier depuis leur entrevue dans le bureau du russe. En même temps, ces dernières semaines avait été bien mouvementées, et il aurait été bien en peine de voir la jeune femme avant. Sa rencontre avec les Italiens n’avaient pas été de tout repos, engendrant bien des soucis, et l’humeur du russe n’était pas au beau fixe. Se battre avec Sakura n’apporterait absolument aucun bienfait, aussi avait-il choisi de calmer ses nerfs avant de la revoir. Mieux valait qu’il soit suffisamment maître de lui-même pour pouvoir vendre cet hôtel. Le projet lui tenait à cœur, et puisqu’il comptait déléguer un peu de la gestion du Volia à Anya, il aurait tout le temps libre nécessaire pour s’y consacrer. Si Kathleen avait espéré que déléguer ferait revenir plus vite son homme à la maison, elle devait sérieusement déchanter. De toute façon ces derniers temps, moins il passait de temps chez lui, mieux il se portait. Et dire qu'ils devaient se marier...
Bosser avec l’américano-japonaise l’enchantait, à vrai dire. Ils se comprenaient parfaitement bien, savaient s’amuser, et leur entente était excellente, depuis qu’ils avaient dépassé le fait de vouloir coucher l’un avec l’autre. Ou pas. Les règles étaient établies entre eux, mais Misha n’était pas certain que la jeune femme n’accepte pas de les bousculer quelque peu, étant donné leur nouvelle relation. Leur bébé commun. Dans son bureau en tout cas, elle n’avait pas eu l’air de vouloir refuser grand-chose, et n’avait même pas protesté contre ce baiser qu’ils avaient échangé…. Baiser qui, si Misha se souvenait bien, lui avait valu de se faire vivement rabrouer quand il s’y était tenté quelques années plus tôt.

##Rendez-vous vendredi prochain à 11h devant l’hôtel ?
A toi de me dire si tu préfères
que je réserve une chambre ou le resto… même si je n’ai rien
contre réserver les deux.##


Misha savait qu’elle ne prendrait pas sa proposition au sérieux, même s’il n’avait rien contre la mettre dans son lit… si ce n’est que ça engendrerait un tas de problèmes qu’il n’avait pas envie d’affronter. A commencer par le financement de l’hôtel. Mais cela faisait partie du jeu, et jusqu’à maintenant, s’ils jouaient, ils n’étaient jamais passé à l’étape supérieure. Le baiser échangé n’y avait probablement rien changé. Probablement. Comment en être sûr, sinon en se risquant à de telles propositions ? Sakura était assez grande pour décider par elle-même de quoi elle avait ou non, de toute façon. Qu’elle le surprenne, il ne demandait que ça/ En attendant, il s’acquitterait de son rôle de professeur, pour peu qu’elle finance cet hôtel sans qu’il ait à toucher à ses deniers personnels, mais surtout à l’argent de la Mafia Russe. Son père n’aurait sans doute pas refusé, mais Misha préférait largement faire les choses à sa façon, et rendre des comptes à la jeune femme le dérangeait moins que le droit de regard de son paternel.
C’était un placement sur, il n’avait pas menti. Il avait étudié le dossier, monté les devis (sous un autre nom évidemment, il n’était pas aussi stupide que ça), fait discrètement une étude de marché. Le Quartier Ouest avait besoin de ce genre d’établissement de luxe, la clientèle était nombreuse et internationale, ce qui, en vérité, l’arrangeait encore plus. C’était une couverture parfaite pour quelques activités illégales, et il lui fallait un endroit luxueux pour loger les VIP du Volia… parfait. Il n’avait qu’à convaincre la jeune femme, et le russe ne pensait pas, honnêtement, que cela serait une tâche très compliquée. Surtout si elle voulait se faire les dents sur quelque chose.

A l’heure dite, il gara la Jaguar devant la porte de l’établissement quelque peu décrépi. La voiture avait avantageusement remplacé son Aston Martin détruite par les Italiens, et Misha avait, de nouveau, succombé au charme discret des anglaises, plutôt que d’opter pour un modèle plus m’as-t-u-vu. Quoique question belle carrosserie et jolie mécanique, la Jaguar donnait largement la réplique à ses concurrentes. Il ne l’avait pas depuis très longtemps, mais il était ravi de ses capacités.
Laissant ses lunettes de soleil sur le tableau de bord, le jeune russe observa son reflet dans les vitres teintées. Il avait revêtu un costume, rendez-vous d’affaires oblige. Certes, c’était avec Sakura, mais le sujet était assez important pour qu’il ne s’agisse pas que d’un déjeuner entre amis, précédé d’une balade champêtre. Un dernier coup d’œil à sa montre, sauvée des griffes d’Oksana, lui apprit qu’il n’était pas en retard, et que la jolie jeune femme qu’il attendait ne saurait tarder. Pour un peu, on aurait pu croire qu’il s’agissait d’un rendez-vous galant… ce qu’ils sauraient jouer à merveille, il le savait pertinemment. Enfin, on aurait pu rêver mieux comme emplacement : l’hôtel était parfaitement situé, mais l’aspect vieillot de la façade, malgré son charme rustique, aurait pu en faire reculer plus d’un. Cet hôtel avait des atouts indéniables, Misha le savait. Il lui suffisait juste de les mettre suffisamment en lumière pour que l’asiatique achète son projet les yeux fermés.

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Sakura Richards
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MessageSujet: Re: Rendez-vous chambre 106 || Sakura Lun 7 Déc 2015 - 12:26

Give in to the same old sin

Sakura se regarda une dernière fois dans le miroir de sa chambre avant d’attraper son sac à main et ses clés de voiture. Elle avait revêtue une robe gris foncé très sage. La jupe moulait certes son corps mais lui descendait jusqu’aux genoux et le haut en col rond ne dévoilait pas le moindre centimètre de sa poitrine, tout comme les manches courtes, couvraient tout de même le haut de ses épaules. Une tenue qui ne lui ressemblait pas véritablement, malgré la paire d’escarpin blanc vertigineux. Mais la belle se rendait à un rendez-vous d’affaires, pas à une fête entre pote ou même un déjeuner. Cela aurait peut-être le mérite de déstabiliser Misha qu’elle devait retrouver à l’hôtel qui lui servirait de classe pour apprendre le métier de femme d’affaire. Cela lui paraissait donc justifier de s’habiller en conséquence et surtout elle portait ainsi encore un peu le deuil de sa meilleure amie Emma, qui était finalement sa seule famille dans ce monde. Ses parents ne comptaient pas pour le nombre de fois qu’elle les voyait par an. C’était d’ailleurs souvent à cette occasion qu’elle mettait cette robe, pour avoir l’air de la fille qu’ils avaient souhaité avoir. Elle se redressa à cette pensée, gonflée par la fierté qu’elle allait le devenir, qu’elle serait cette femme qu’ils voulaient voir en elle, mais qu’ils s’en mordraient les doigts en le constatant.

L’asiatique avait également vérifié son maquillage qu’elle voulait naturel mais qu’elle avait été contrainte de forcer un peu pour faire disparaître les traces de chagrin de son visage. Elle était encore régulièrement rongée par la tristesse d’avoir perdu un être cher, et ignorait si elle aurait tenu le coup sans le soutien de Terrence. Elle pensa d’ailleurs à lui en sachant qu’elle allait se rendre dans un hôtel en compagnie d’un homme qui n’attendait que de pouvoir coucher avec elle. Il fallait dire que la japonaise lui avait clairement laissé entendre qu’il pourrait y parvenir lorsqu’elle était allée frapper à sa porte pour obtenir son aide. Elle ne le regrettait pas comme cela l’avait conduite un peu plus proche de son but, mais il était hors de question de recommencer ce jeu dangereux aujourd’hui. Cette fois le russe retrouverait la jeune femme qui lui tendait souvent la perche sans jamais le laisser l’attraper. Aujourd’hui, c’était purement business, comme l’attestait sa tenue et les contrats qu’elle avait dans son sac à main qui pour l’occasion ressemblait plutôt à une serviette professionnelle. Elle descendit ensuite jusqu’au garage de son immeuble et monta dans sa BMW pour rejoindre son ami à l’adresse qu’il lui avait transmis dans le quartier Ouest de la ville.

Elle l’y retrouva rapidement, mais avec un bon quart d’heure de retard par rapport à l’horaire prévu. Sakura l’avait fait exprès adorant savoir que l’on attendait après elle. Elle se gara sur un emplacement interdit, mais s’en moquant totalement et descendit de sa voiture, dont elle claque la portière avec son fessier avant de la verrouiller et de se diriger vers Misha qui l’attendait devant l’entrée du bâtiment. Elle constata avec plaisir, que le russe arborait lui aussi une tenue des plus adapté à une rencontre professionnelle et s’approcha pour l’embrasser amicalement avant de reculer pour admirer la façade du bâtiment. Elle ne doutait pas un instant que dans les années trente, il avait été au sommet de la beauté mais tout ce qu’elle voyait pour le moment étaient les travaux qu’il faudrait pour lui redonner son éclat du passé. « Et bien…je comprends mieux le nombre important de devis. » Déclara-t-elle sans s’excuser un instant de son retard. La japonaise savait que ce n’était pas un comportement très pro, mais elle savait aussi qu’elle se le permettait parce qu’il s’agissait de Misha, quand elle devait voir son courtier ou une personne autrement importante, elle arrivait toujours pile à l’heure. Même si son cœur n’y était pas véritablement, elle lui avait offert son plus beau sourire dès que leurs regards s’étaient croisés et ne s’en était pas défait pour lui parler.

Elle reporta son attention sur lui plutôt que sur l’immeuble et s’approcha pour lui prendre le bras. « Alors on visite ou on mange d’abord ? » L’ordre lui importait peu, même si elle aurait aimé pourvoir faire signer les papiers au russe le plus rapidement possible. D’un autre côté, elle ignorait s’ils allaient manger dans leur futur hôtel ou dans un établissement des environs. Cela lui paraissait illogique que les cuisines fonctionnent car l’endroit paraissait à l’abandon, mais elle ne doutait pas des capacités du blond à faire en sorte que tout fonction pour sa venue à lui. Et puis elle ne savait pas s’ils achetaient une entreprise en activité mais au bord de la faillite ou s’ils acquéraient un établissement vide avec tout à faire depuis zéro. Cela aurait certainement une incidence sur le prix de la bâtisse et sur le boulot qu’il y avait à faire à l’intérieur. Mais Sakura savait qu’elle le découvrirait bien assez vite, comme Misha lui devait une visite guider, et c’était aussi là qu’elle se rendrait compte si elle avait bien fait de le choisir lui comme enseignant plutôt que n’importe quel autre homme d’affaire de la ville.


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Misha Invanov
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MessageSujet: Re: Rendez-vous chambre 106 || Sakura Jeu 10 Déc 2015 - 0:06

La vie reprenait son cours et franchement, bosser était ce qui permettait le mieux d’oublier un peu toutes les déconvenues personnelles. Et ces derniers temps, Misha en avait affronté, jusqu’à le faire douter de ses allégeances, ses sentiments, et même de qui il était. Il avait un peu tergiversé avant d’inviter la jeune femme à venir visiter l’hôtel, mettant ainsi en branle leur collaboration, mais au final, il était ravi de trouver de quoi lui occuper un peu l’esprit. Maintenant qu’il avait fait d’Anya la gérante du Volia, le temps libre dont il disposait, et dont il n’avait clairement pas l’habitude, l’obligeait à être un peu plus chez lui… et honnêtement, il ne savait pas s’il aimait cette idée ou non. Un peu des deux peut-être. Surement même. Il aimait être occupé, mais lever le pied, et prendre le temps d’être avec Kathleen, il savait que ce n’était pas une mauvaise chose. La seule chose qu’il n’arrivait pas à déterminer, c’était s’il en avait envie. Et à moins de se pencher très sérieusement sur cette question, il n’arrivait pas à le savoir.
Et puis parler mariage, il trouvait ça barbant au possible. Qu’Oksana s’en mêle, en plus… il n’avait rien dit, ne voulant pas raviver une nouvelle dispute entre lui et Kathleen, mais franchement, il n’était pas fan de l’idée. Alors, bosser sur le projet de l’hôtel lui permettait de se concentrer sur autre chose. Et clairement, c’était bienvenue : plus Misha était occupé, moins il était de mauvaise humeur, en réalité. Et puis cet hôtel, il y croyait. Sincèrement. Il savait que cela lui serait utile, non seulement pour les revenus qu’il engendrerait, mais aussi par rapport à son boulot, disons, moins légal.

Sakura était en retard. Le russe jeta un nouveau regard agacé à sa montre, sachant pourtant qu’elle agissait ainsi parce que… eh bien, c’était elle, et c’était lui. Elle aimait se faire désirer, attendant qu’on se languisse d’elle pour faire enfin son apparition, comme la jeune femme superbe qu’elle savait être. Un jeu, encore et toujours. Un jeu de duperie, d’apparence, qu’ils jouaient tous les deux depuis bien longtemps. Un jeu de gens pleins de tunes, qui ne vivaient que pour ce que l’on pouvait dire d’eux. Et si Misha avait depuis longtemps compris que Sakura n’était pas une sotte écervelée, il savait pourtant qu’elle collait à la perfection à son rôle. Et qu’il n’avait qu’à prendre son mal en patience, peu importe qu’il détestât attendre ou non.
Il se retint de pousser un soupir agacé quand elle daigna enfin se montrer, garant sa voiture de luxe et se dirigeant vers lui à pas mesuré. Sa tenue était sage, sans doute la plus sage qu’il est jamais vu sur elle, et il ne put s’empêcher de le remarquer. Elle était autrement plus sexy lors de leur dernière entrevue, et pour le coup, le russe se sentit presque déçu. Pas un seul endroit de peau mis à nu, du moins, pas assez pour qu’il puisse en profiter. L’américano-japonaise l’embrassa amicalement avant de se reculer pour observer la façade, ne laissant même pas le loisir à son rendez-vous de la matinée de goûter à ses retrouvailles. Navrant. Sérieusement, il la préférait dans son bureau, sexy en diable, plutôt qu’ici.

« Ah ah » Répondit Misha sans se départir de son sourire devant ce qui aurait aisément pu passer pour une petite pique. Il le savait, l’extérieur ne payait pas de mine… c’était justement ce qui était intéressant. Moins d’acheteurs potentiels. « Toi et moi, nous savons très bien qu’il ne faut pas s’arrêter sur les apparences… j’adore ta tenue. » Précisa-t-il en la rejoignant, laissant nonchalamment sa main glisser sur les fesses de la jeune femme. Bien sûr qu’elle savait qu’il ne fallait pas se fier à l’extérieur : c’était l’enjeu même de leur petit monde, après tout. Et elle savait qu’il ne l’aurait pas fait se déplacer pour rien : même s’il était volontiers joueur et pas forcément très recommandable, Misha savait pour autant gérer un business, surtout quand il s’agissait de se faire de l’argent. C’est pour ça qu’elle était venu le voir, après tout. Le russe s’éloigna pour récupérer un dossier dans sa voiture, avant de prendre le bras offert par la jeune femme. « Business d’abord, plaisir ensuite ma belle. Et je préfère signer devant un bon Bordeaux personnellement. » Il marqua un temps d’arrêt avant de la défier du regard « Mais ma proposition pour la chambre tient toujours. » ajouta-t-il, faisant référence au message qu’il lui avait envoyé un peu plus tôt.
Le russe tendit à la jeune femme le dossier qu’il venait de prendre avant de lui en faire un bref résumé. « Tu l’auras constaté, l’emplacement est idéal, avec vue sur mer et plage privée. L’histoire est classique : un palace au bord de la faillite, un emprunt pour rénovation, puis un deuxième emprunt pour rembourser le premier. L’hôtel tourne au ralenti depuis presque trois ans, et il a fermé définitivement il y a six mois. »

Misha marqua un temps d’arrêt devant les portes closes avant de sortir un trousseau de clé de sa poche. « Le proprio me doit une ou deux faveurs. » Tu parles… inutile de préciser à la jeune asiatique que Misha n’était pas tout à fait étranger à l’obtention du second prêt, et que plutôt que de retrouver le corps du propriétaire dans la baie, ce dernier avait négocié avec le jeune Invanov. Le rachat de l’hôtel et du terrain ne couteraient pas un centime… bien qu’il en irait de même sur les papiers que signerait Sakura. De là à accuser Misha de jouer sur plusieurs tableaux à la fois et de se servir de cette vente immobilière pour enrichir un peu plus la Mafia… Après tout, Sakura était intelligente, elle savait bien que parfois, trafiquer la vérité était essentiel. Et elle ne s’en apercevrait probablement même pas. Pour le jeune russe, gérer le Volia avait été un cours de comptabilité grandeur nature, il avait appris à manier les chiffres et à leur faire dire exactement ce que le fisc attendait qu’ils disent. C’était d’ailleurs ce que la jeune femme attendait de lui, non ? Qu’il lui apprenne à gérer une société, et c’est ce qu’il comptait faire. Il n’était pas obligatoire qu’elle sache où allait chaque centime de son argent… ni qu’elle sache que les devis étaient, pour la plupart, en lien avec des sociétés de constructions gérées par certains lieutenants de la Mafia Russe. Tout n’était que magouille, après tout. Bienvenue chez les requins… elle l’apprendrait assez vite.
« После вас, прекрасная леди » Prononça-t-il en russe, s’effaçant galamment devant sa future associée après lui avoir ouvert la porte.

++Après vous, belle dame++

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Sakura Richards
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MessageSujet: Re: Rendez-vous chambre 106 || Sakura Ven 25 Déc 2015 - 22:29


Sakura avait tellement l’habitude des petits jeux de Misha qu’elle n’avait même pas fait attention à sa main baladeuse qui se retrouva rapidement sur son fessier où il peut en touchant bien deviner les coutures de son tanga en dentelle. Elle se félicita cependant pour sa tenue très sage comme il le lui fit remarquer et se contenta de relancer la conversation sur la raison de leur venue à l’hôtel. Lors de leur rencontre au Volia, la japonaise avait agi dans la précipitation, emportée par le hasard de le croiser alors qu’elle sortait avec des copines et de penser à lui pour lui venir en aide dans son OPA hostile. Elle s’était laisser prendre dans l’ambiance chaude de la boite de nuit et de mettre le blond dans de bonne disposition pour répondre favorablement à ses demandes. Certes cela l’avait doublement mise en position de faiblesse face au russe mais elle avait bien l’intention de rectifier le tir aujourd’hui. Elle contrôlerait le robinet du dollar dans cette affaire et elle contrôlerait également la dose de sexe qu’il y aurait entre eux. Même si sur ce dernier point elle ne ferait que reprendre son rôle naturel de dominante. Misha pouvait tenter tout ce qu’il voulait, tant qu’elle ne lui donnerait pas son accord, il pourrait juste se la mettre sur l’oreille et la fumer plus tard.

D’autant plus qu’elle avait promis à Terrence de ne pas agir pour se faire une réputation de fille facile et manipulable prête à tout pour parvenir à ses fins. Non, elle devrait juste apprendre à doser un peu plus son charme et ses attitudes tout en faisant croire que tout était possible. Le russe lui répondit qu’ils allaient commencer par les affaires, ce qui lui convenait très bien et la métisse hocha sensiblement la tête en le regardant aller à sa voiture récupérer un dossier qu’il lui tendit. Sakura l’ouvrit sans attendre pour scanner rapidement les documents qui se trouvaient à l’intérieur mais sans les lire véritablement, attendant de voir s’ils seraient des annexes au cours de Misha ou l’inverse. Elle le regarda ouvrir la porte après avoir expliqué rapidement l’historique financier de l’hôtel qu’elle allait peut-être acheter si son ami savait ce montrer assez convainquant. L’américano-japonaise avait en effet l’intention d’être très attentive à l’argumentaire de son désormais professeur de commerce, gestion, économie et tant d’autres matières encore particulier. Pas qu’elle fut difficile à convaincre mais si elle ne sentait pas l’affaire elle n’hésiterait pas à lui dire non. Et si le blond ne parvenait pas à la convaincre elle n’avait rien à apprendre de lui. Cela en tout cas était clair dans l’esprit de la demoiselle qui referma rapidement le dossier dans un claquement expert.

« Je ne veux même pas savoir ce qu’il a fait pour t’être redevable. » Déclara-t-elle toujours sans se départir de son sourire mais qui se fit plus entendu. Sakura n’ignorait évidemment pas ce qui se disait sur Misha. Toutefois si comme toutes les rumeurs tout n’était jamais vrai, il n’y avait pas de fumée sans feu. Il y avait forcément un fond de vérité dans ce qu’on pouvait entendre et elle n’aurait qu’à demander à Terry pour avoir certaines confirmations. Mais ce n’était pas son but de mettre le russe dans la merde en demandant des précisions sur lui, et ce n’était pas non plus dans son intérêt. Aussi s’abstiendrait-elle, mais elle voulait surtout lui faire comprendre qu’il n’avait pas à jouer aux agneaux innocents en sa présence. Même si finalement cela rentrait dans le cadre de la mascarade des apparences à laquelle ils étaient tous les deux rodés. Ne parlant pas la langue russe, ce fut plus la gestuelle que la phrase que l’asiatique compris et elle pénétra donc dans le hall de l’hôtel en s’attendant au pire aux vues de la façade du bâtiment. Elle se fit au même moment une note mentale de prendre quelques cours pour apprendre aussi la langue Tolstoï, son intuition lui disait qu’elle en aurait besoin pour ne pas perdre trop souvent le contrôle de la situation face à Misha.

Évidemment elle pouvait le perdre en lui répondant en japonais mais apprendre une nouvelle langue n’était jamais une perte de temps et s’il s’avérait les rumeurs de mafia soviétique étaient vraies concernant Misha alors, pouvoir sortir quelques mots susceptibles de la rendre crédible et de lui sauver la vie ne serait pas un luxe. Cette réflexion faite, Sakura prit le temps de regarder ce qu’il y avait autour d’elle en tentant de l’imaginer sans poussière, en lumière et avec du monde, comme si elle montait un film dans sa tête pour mieux se rendre compte du potentiel de voyait son ami dans cet édifice en plus de son emplacement en effet idéal pour une clientèle touristique. Elle n’oubliait pas non plus qu’il voulait bénéficier des deux derniers étages pour son usage exclusivement personnel et que malgré sa demande de savoir ce qu’il y tramerait, elle n’avait encore eu aucune réponse. Ne décelant rien de particulier avec son œil de néophyte, la japonaise reporta son attention exclusive sur Misha et se rapprocha de lui pour lui reprendre le bras. « Très bien fais-moi la visite de ce petit diamant brut que tu dis voir ici. Et n’oublie pas, je ne veux pas seulement savoir si c’est bon pour moi ou pas de placer mon argent dans ces murs. » Elle ne voulait pas qu’il oublie le but premier de cette visite dans son enthousiasme de la convaincre de la faire investir dans son nouveau jouet.

Sakura ne doutait pas de ses capacités à se montrer professionnel mais dans cette remarque elle avait la volonté de lui montrer qu’elle était peut-être venue chercher après lui pour de l’aide mais que cela ne l’empêchait pas d’être celle des deux qui avait la main supérieure dans cette relation. Elle ne doutait pas que le russe serait capable d’acquérir l’hôtel et de le monter sans son aide, il en avait eu l’intention de toute façon mais s’il s’agissait véritablement d’une occasion à ne pas rater, elle la lui servait sur un plateau d’argent. Et elle ne voulait pas qu’il oublie cela non plus. Cependant pour adoucir le tout elle se colla un peu plus à son bras qui se retrouva alors pile entre ses deux seins, faisant disparaître pour un instant la courbe sobre de sa robe. « Et si en plus tu transforme le Bordeaux en Pinot Noir, la chambre se trouvera peut-être sur notre chemin. » Elle ajouta un clin d’œil à sa déclaration et recula pour reprendre sa position initiale, détachée de lui et prête à ouvrir le dossier pour faire des associations entre le concret et le papier. La métisse préfèrerait avaler du verre pilé que de rompre sa promesse à son petit-ami mais Misha n’avait pas à le savoir.


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Misha Invanov
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MessageSujet: Re: Rendez-vous chambre 106 || Sakura Jeu 14 Jan 2016 - 21:48

Tout chez Sakura criait business aujourd’hui : sa tenue, leur brève accolade, et même le signe poli qu’elle esquissa quand il s’éclipsa chercher les dossiers. Tout. Et Misha se sentit bien plus désappointé qu’il ne voulait l’admettre : au moins, elle prenait conscience que c’était sérieux, mais il n’arrivait pas à se sortir de la tête que, justement, sérieux et Sakura ne faisait pas bon ménage. Il ne l’avait jamais connu sérieuse, même si il savait qu’elle jouait à la fille légère et superficielle. Même quand elle était venue le voir dans son bureau, parler affaires, il ne l’avait pas réellement prise au sérieux, ou du moins, s’était imaginé que ce serait comme avant. Mais là, clairement, ce n’était pas comme avant : pas de flirt, ou si peu, pas de mains baladeuses ou de sourires coquins. Sage, trop sage… il poussa un soupir en se disant que c’était peut-être le mieux. Kathleen ne serait surement pas ravie d’apprendre avec qui il avait rendez-vous, alors si tout se passait plus sagement qu’à l’accoutumée, cela ne pouvait pas être si mal, n’est-ce pas ?
Il l’observa tandis qu’elle regardait le dossier, ne cachant absolument pas l’intérêt qu’il lui portait, avant de lui ouvrir la porte à l’aide des clés que le propriétaire lui avait confié. Le russe afficha un sourire carnassier quand elle lui assura ne pas vouloir en savoir plus, avant de s’effacer pour la laisser pénétrer dans l’établissement. Evidemment, elle soupçonnait où elle mettait les pieds... mais Misha savait que ce n’était que des soupçons. Elle était loin, très loin de la vérité, et malgré leur collaboration, elle ne ferait que sous-estimer le pouvoir du jeune russe. Comme lui sous-estimer sans doute le sien : Misha avait fait quelques recherches, mais les connexions entre Sakura et son père étaient plutôt opaques, et l’entreprise sur laquelle la jeune femme avait des vues ne lui avait pas apporté grand-chose, si ce n’est la certitude que financièrement, Sakura n’avait clairement rien à craindre. Vu la petite fortune personnelle qu’elle devait posséder, elle aurait sans doute dû se lancer dans le soutien politique plutôt que dans le monde de l’entreprise, mais bon, il n’appartenait pas à Misha de lui faire cette remarque. Et puis, tant qu’à faire, autant que cet argent profite à lui qu’à un éventuel politicien !

Ils avaient pénétré dans le grand Hall, qui présentait, malgré la poussière et la pénombre, une grande surface pleine de promesse. L’hôtel avait été un joyau dans les années passées, et il ne tenait qu’à eux de lui faire retrouver sa splendeur perdue. « Chef oui chef » plaisanta Misha en effectuant un salut amusé. Il n’était pas stupide, et savait que cette remarque innocente cachait en réalité une volonté de lui rappeler qui décidait. Il aurait pu s’en offusquer, qu’elle le traite de haut après être venue demander son aide, mais il décida de ne pas s’en formaliser : d’abord parce qu’à nouveau, s’énerver contre elle ne servirait pas ses intérêts, et ensuite parce que, consciente d’avoir peut-être été un peu trop autoritaire, elle se plaqua contre lui, dans une posture suggestive qui ne pouvait pas lui déplaire. Et si la posture ne l’était pas assez, la remarque de la jeune femme suffit à lui faire miroiter une promesse tout autant alléchante.
Son père aurait été fier de lui, songea Misha. Lui qui tenait tant à ce que son fils aîné maîtrise sa colère aurait vu un geste encourageant quant au fait qu’il se laisse gentiment rabrouer par la jeune femme. Elle avait l’argent, pour le moment, et le russe se tiendrait donc à carreaux : il préférait, et de loin, lui faire croire qu’il se montrerait docile pour qu’elle n’aille pas chercher plus loin. Elle lui avait laissé la jouissance des derniers étages, et jusqu’à présent, ne l’avait pas beaucoup questionné sur ce qu’il comptait en faire. Toute cette opération visait à enrichir non seulement le jeune russe, mais aussi le clan tout entier des Invanov : malgré la menace qu’avait fait peser Kathleen, les affaires devaient bien continuer. L’hôtel drainerait beaucoup d’argent, et sa rénovation sans doute tout autant : Misha savait exactement à qui s’adresser pour que cela rapporte.

« Je ne vais pas te faire l’affront d’expliquer la balances des recettes et des dépenses, des bénéfices, de l’investissement… c’est assez basique et j’imagine que tu sais à peu près dans quoi tu mets les pieds. Donc, on va commencer directement par cet hôtel » Expliqua Misha. « L’emplacement est idéal : quartier touristique, beaucoup de restaurants, de boîtes de nuits… et peu d’hôtels de ce type. C’est bien ce qui compte : la nouveauté, l’unique. On ne vise pas une clientèle bas de gamme, et toi et moi, on sait bien ce que recherchent ceux qui veulent claquer leur fric. Cet hôtel leur offrira tout ça. » Le jeune russe marqua une pause avant de se diriger vers le comptoir de la réception : de là, on avait une vue imprenable sur le rez-de-chaussée. « C’est le produit qui compte, pas le prix auquel on le vend : si ton idée vaut le coup, les gens l’achèteront, quel que soit le montant à aligner. Les gens veulent de la nouveauté, du spectaculaire, en prendre plein la vue, et en mettre plein la vue. La plupart des établissements de ce genre ont été détruits ici, dans le Quartier Ouest, car avec la montée du tourisme, il fallait satisfaire la clientèle, vite, au détriment de la qualité. C’est pour ça que cet hôtel nous intéresse : il a le charme, la location, la promesse, à nous d’exposer ses qualités. »
Misha lui fit signe d’ouvrir le dossier, avant de reprendre. « La rénovation aura un coût, certes, mais les revenus permettront un retour sur l’investissement rapide, si tant est qu’on a la bonne communication ». Et le regard entendu du jeune démontrait bien qu’il avait son idée sur la question.
« Un établissement de luxe attire la foule, Sakura. Il ne suffit pas de présenter un bon produit, il faut aussi le connaître par cœur, et savoir à qui le présenter. Il faut se poser les questions avant, plutôt que d’y faire face une fois qu’il sera trop tard : planifier, calculer, démarcher, et tout ça bien avant l’ouverture. Ne pas laisser la moindre faille, la moindre chance à un concurrent de s’engouffrer par une fenêtre entrouverte. » C’était ce que contenait le dossier, en réalité : les prévisions, les coûts, les devis. La moindre pensée de cet hôtel se trouvait dans la chemise cartonnée. « Si tu veux réellement t’imposer dans l’entreprise de ton paternel, tu n’as pas le choix, tu dois être prête à avoir réponse à tout, absolument tout. Présenter des plans d’avenir, imposer tes idées, prouver qu’elles sont les meilleures. Montrer que tu maîtrise ton sujet. Planifier tout ce que tu peux, et donner le change quand tu ne sais pas. » Les apparences, donner le change, ils maîtrisaient tous les deux, après tout.
« Mais pour en revenir à cet hôtel », reprit Misha en déroulant un plan sur le comptoir de la réception, « le voilà dans son ensemble. Tout ce qu’une clientèle de luxe recherche : restaurant, bar, salle de réception… plusieurs suites, des chambres plus simples, le tout sur 45 étages. » Misha marqua une pause avant de regarder la jeune femme : « Mais surtout la proximité de la plage. Aucun hôtel à San Diego n’offre une telle possibilité. Nous sommes les premiers sur le coup, il ne tient qu’à toi de dire oui ou non. »

Il n’avait pas parlé argent. Pas encore. L’achat, la rénovation, la publicité… tout cela avait un coût certain, et Sakura ne devait pas l’ignorer. Misha avait calculé la rentabilité à 5 ans, plus ou moins, mais il ne savait pas si la jeune femme était désireuse de rentrer dans ses frais plus rapidement. Il avait les contacts, elle ne l’ignorait pas, et même si elle gérait l’argent, il était capable de se débrouiller sans elle. Le savait-elle ?

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Sakura Richards
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MessageSujet: Re: Rendez-vous chambre 106 || Sakura Mar 2 Fév 2016 - 14:37


Commença alors pour Sakura un discours pour le moins long et ennuyant qui avait le mérite de ressembler suffisamment à un cours pour lui faire cet effet. Elle se souvint alors pourquoi elle n’avait jamais eu de bonnes notes à l’école, juste de quoi passer au niveau suivant et obtenir son diplôme de lycée : parce qu’elle trouvait cela véritablement chiant et éprouvant. Et il lui fallut toute la volonté du monde pour rester attentive à ce que lui disait le blond. Il était dans son intérêt d’une prêter attention et d’en retenir le contenu. Déjà parce qu’il aurait été malheureux que Misha s’époumone pour rien et parce que son avenir en dépendait. Théoriquement ce qu’elle avait pu faire au lycée aussi mais à l’époque, la japonaise avait choisi les rodéos et l’amusement. Aujourd’hui il était temps pour elle de faire son entrée dans le monde des adultes et de reprendre en main les rênes de sa vie. Elle voulait l’avenir que ses parents avaient un jour rêvé pour elle mais elle le voulait en mieux et surtout sans eux. Cela signifiait se donner du mal et ne pas demander aux gens de se démener pour elle sans contrepartie. Et dans le cas présent il s’agissait de son oreille la plus attentive et de sa concentration sur ce que le russe lui expliquait.

Et en effet la métisse avait tout de même une base assez solide des termes avec lesquels il avait ouvert le bal. Son premier gestionnaire avait eu au début l’intention de lui apprendre un peu à quoi correspondait les sommes qui arrivaient sur son compte en banque avant de se rendre compte que c’était peine perdue. Sakura n’en avait cure du moment qu’elle avait accès à de l’argent pour faire ce dont elle avait envie. Le second avait eu plus d’intuition la concernant, comprenant vite qu’il devait se contenter de lui faire son chèque et de lui faire apposer sa signature sur les papiers qui pouvaient nécessiter un tel acte, sans jamais lui expliquer par ailleurs ce qu’elle signait véritablement. Cela correspondait à peu près au moment où son père avait décidé de transmettre son entreprise à son bras plutôt qu’à elle, prévoyant juste qu’elle continuer de toucher l’argent qui lui revenait et qu’elle se présente à la réunion annuelle des actionnaires pour donner son accord sur les plans du fameux bras droit. Tout le monde craignant bien sûr qu’elle ne coule l’empire en moins de temps qu’il n’en fallait pour le dire. Et elle avait bien l’intention de leur laisser croire que c’était mieux ainsi pendant encore un bon moment. Aucun ne se rendrait compte de ce qu’il se passait avant qu’il ne soit trop tard. Une fois devant le fait accompli, ils seraient obligés de reconnaitre qu’ils l’avaient sous-estimé.

Toutefois cela signifiait d’abord écouter les directives de Misha. Elle comprit assez vite où il voulait en venir concernant la qualité du produit proposé et l’importance de le faire avant qu’un autre ait la même idée. Elle était d’accord et nota se principe dans un coin de sa tête pour s’en souvenir quand il lui faudrait faire des investissements pour sa propre entreprise. Evidemment visé le même type de clientèle que eux-mêmes représentaient semblait une bonne idée, car ils pouvaient aisément deviner ce que eux voudraient trouver en se rendant dans cet hôtel. La brunette l’avait suivi au comptoir et ouvert le dossier au moment désigné pour regarder un peu plus en profondeur les papiers que ce dernier contenait. Elle s’était attendue à ce que cela représente une somme certaine de retaper ce qu’elle considérait, depuis qu’elle avait posé les yeux dessus, comme une ruine mais elle ne s’était pas attendue à autant. L’américano-japonaise n’émit pour autant aucune objection pour le moment. Elle savait que pour être efficace elle devrait s’y replonger plus tard et éplucher chaque devis et business plan que le russe avait jugé bon de lui fournir. Comme il venait de le lui dire dans son long monologue, il fallait toujours venir préparer et apte à répondre à toutes les interrogations. Et puisqu’elle comptait s’impliquer dans le moindre recoin de cet établissement, le moins que Sakura pouvait faire était d’appliquer ce conseil à la lettre.

Elle se pencha ensuite sur le plan qu’elle comptait bien embarquer aussi pour le regarde de plus près une fois au calme et l’écouta sortir sa dernière carte : la plage. Pour les touristes elle reconnaissait qu’il s’agissait d’un argument de choix surtout s’ils privatisaient cette partie du sable pour permettre à leur clientèle de ne pas se mêler au commun des mortels et relevant le visage pour lui répondre, il put sentir son souffle sur sa peau tant ils étaient proche. « Tu commences à me convaincre, je reconnais qu’il y a du potentiel dans ces murs mais je ne pourrais te dire oui ou non qu’une fois que j’aurai épluché ces documents à tête reposée. » Elle recula un peu mais tout en restant appuyer sur le comptoir. « Je vais mettre beaucoup en jeu et comme tu l’as dit je dois connaître mon sujet par cœur. » Pas seulement parce que son courtier et son banquier allaient un minimum lui demander des comptes quand elle sortirait les milliers de dollars que demanderaient cette affaire mais pour aussi être en mesure de répondre à Misha sur telle ou telle question, sur n’importe quel sujet sur lequel ils pourraient ne pas être en accord. Et son intuition lui disait qu’il y en aurait quelques-uns. Ils avaient des tempéraments de feux tous les deux, il ne pouvait qu’y avoir des étincelles de temps à autre.

« Bon si on allait voir les étages maintenant ? Pendant que tu me racontes comment tu aurais fait pour obtenir un bon prix du propriétaire si tu n’avais pas eu besoin de lui broyé les phalanges ? » Déclara-t-elle en se redressant plus franchement et arborant un sourire taquin sur les lèvres. Elle avait pris la première torture ou menace qui lui passait par la tête pour le taquiner un peu. Une personne redevable au russe ne recevait surement pas juste une lettre en accusé/réception ou la visite d’un huissier. Pas si ce qui avait pu parvenir à ses oreilles était vrai. Et comme elle le savait, tout ne devait pas l’être mais une rumeur ne partait jamais de rien. Pour tout avouer Sakura était assez curieuse de savoir ce qui était faux et ce qui ne l’était pas concernant son ami. Outre le côté party boy et business man, elle ne le connaissait finalement pas en profondeur et l’idée de jouer avec le feu en sa compagnie tout en ignorant une partie de ce qui faisait de Misha, cet homme mystérieux ne lui plaisait que moyennement. Après tout, elle savait que la famille Ivanov était dans le collimateur d’Emma de son vivant et ce n’était pas un hasard. Tant qu’elle avait besoin de lui pour aller au bout de son projet la métisse n’en avait cure mais sa curiosité lui demandait d’en savoir un peu plus si l’occasion se présentait.

Elle avait aussi ajouté un clin d’œil pour lui signifier qu’il s’agissait d’une plaisanterie. L’illégalité ne lui posait aucun problème de conscience et si la russe avait eu à maltraité quelqu’un, elle doutait qu’il prenne le risque de salir sa propre chemise pour se faire mais elle souhaitait surtout lui montrer qu’elle ne le jugerait pas là-dessus. Elle aurait toujours ses doutes et ses suspicions mais la métisse était capable de fermer les yeux sur beaucoup de choses si cela pouvait servir ses intérêts à elle. Elle mettait la franchise et l’honnêteté au cœur de beaucoup de ses relations et de sa vie en général mais cela avait le mérite de camouflé au mieux les moments où elle se montrait plus secrète et moins droite dans ses Louboutin. Personne ne se doutait jamais qu’elle pouvait dissimuler des choses ou faire des coups en douce. Comme elle l’avait expliqué au blond, son père serait un des premiers à regretter cela de la part de sa fille et s’il la sous-estimait trop, Misha pourrait lui aussi s’en rendre compte à ses dépens. Bien sûr elle n’avait pas l‘intention d’en arriver là avec lui, d’autant que pour le moment elle était celle qui réclamait un peu plus de transparence entre eux.

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Misha Invanov
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MessageSujet: Re: Rendez-vous chambre 106 || Sakura Mer 10 Fév 2016 - 23:38

Evidemment, Misha n’avait pas besoin de lire dans les pensées de la jeune femme pour savoir qu’il la soûlait : il n’était pas mauvais pour lire les gens, et il se doutait que ce genre de théorie, assommante s’il en était, n’était pas sa tasse de thé. Mais elle n’avait pas le choix, il fallait bien en passer, un minimum, par là. Combien de fois avait-il dû subir les discours de son père ou de ses associés, histoire de bien comprendre où il mettait les pieds ? Combien de fois avait-il dû écouter les leçons de son paternel sur sa façon de se conduire ? Et c’était des sujets qui l’intéressaient… ses profs n’avaient clairement pas eu le droit à la même oreille attentive. Oh, il avait obtenu son diplôme, à la fin, grâce à ses talents dans une moindre mesure, l’argent de son père comblant ses lacunes. Après tout, ce n’était que justice : c’était ce dernier qui avait insisté pour que son fils obtienne sa licence, alors que Misha était visiblement occupé à tout autre chose qu’à suivre des cours magistraux. Sakura aussi, visiblement. Ils avaient le même profil en vérité, même si elle n’avait pas eu ses parents derrière pour insister sur l’utilité des diplômes, ni la volonté de se faire un prénom par elle-même. C’était sans doute ce qui était la plus grande différence entre la jeune femme et lui : le Volia. Cette volonté d’exister autrement que dans l’ombre de son père, de faire ses preuves, de prouver qu’il pouvait être à la hauteur de ce que l’on attendait de lui. Et c’était bien pour ça qu’elle était venue le chercher.
Il ne lui fit aucune remarque, cependant : elle était assez grande pour déterminer toute seule si elle avait envie de l’écouter ou non, et qu’elle l’écoute ou non d'ailleurs, il obtiendrait d’elle ce qu’il voulait. C’est-à-dire de l’argent, cet hôtel, et le tout sans aucune possibilité, ou si peu, de remonter jusqu’aux Invanov. Un très bon plan, et c’est bien pour cela qu’il la voulait dans la partie. En tout cas, élève studieuse ou non, elle suivit ses instructions, plongeant ses yeux dans les papiers, survolant les devis, les coûts et les promesses de gains. Devis que Misha avait soigneusement établi pour que l’argent retombe dans le giron de la Mafia. Après tout, business is business, non ? Il n’avait aucun scrupule à tirer tout ce qu’il pouvait de la jeune femme, partenaire ou non. De toute façon, le remord n’avait jamais étouffé le jeune russe, et il était à peu près certain que, les rôles étant inversé, Sakura en aurait fait de même.

Elle s’était rapprochée de lui, en une proximité qui en aurait troublé plus d’un. Pas lui. Pas eux : ils pratiquaient ce jeu depuis bien assez longtemps pour qu’un détail de ce genre leur fasse perdre leurs moyens. Son souffle sur sa peau, le parfum qui émanait d’elle, sa bouche si sensuelle… il n’avait qu’à se pencher pour l’embrasser, comme ce soir-là, dans son bureau. La pensée l’amusait bien plus qu’il ne saurait dire, et il avait presque envie de le faire, rien que pour la déstabiliser. Quitte à se prendre une rebuffade totalement méritée. Seulement, Misha savait que si la dernière fois elle avait accepté de franchir la ligne avec lui, c’était uniquement parce qu’elle se posait en demandeuse : aujourd’hui, ce n’était pas le cas, et risquait son financement pour un petit jeu bien amusant ne semblait pas des plus intelligents. Ses yeux bleus trahirent sa gaîté, et sa déception sans doute, quand elle se recula légèrement. « Je suis prêt à donner de ma personne pour te convaincre totalement » assura-t-il avec un sourire, l’étincelle amusée de ses yeux flamboyant de plus belle. « Le dossier est pour toi », ajouta-t-il, grand prince, en désignant la pochette. Elle pouvait l’étudier, il avait veillé à blinder les connections entre les Invanov et les entreprises cités, et avait parcouru les moindres détails. Il faut dire qu’il avait plus d’expérience que la jeune femme à ce petit jeu. Evidemment, il pouvait toujours avoir laissé une faille… mais Misha avait une opinion de lui-même, et l’idée lui semblait bien peu probable.

La jeune femme avait repris la parole, et Misha effectua une petite courbette, obéissant à sa demande. Il la mena vers les ascenseurs, étant donné que le courant avait été rétabli, tandis qu’elle continuait de parler. Sa remarque lui arracha un léger rire, sans qu’il ne prenne la peine de le camoufler. Que savait-elle exactement à son sujet ? S’il savait qu’elle connaissait la procureur Talbot, pour l’avoir vu à son enterrement, il n’avait pas la moindre idée de leur lien. Bien sûr, les rumeurs allaient bon train, mais si certaines étaient vraies, la plupart étaient inventées de toutes pièces. Elle le soupçonnait certainement de ne pas être blanc comme neige, mais qui l’était, réellement ? Et puis, le clin d’œil de la jeune femme ne lui avait pas échappé : il se doutait qu’elle prenait le risque de jouer avec le feu, dans le but ultime de doubler son père. Ils se ressemblaient trop pour être deux blanches colombes, après tout. « Sakura » Expliqua-t-il d’un ton presque peiné « Tu crois franchement que je trempe dans ce genre de combines ? Je paye des gens pour ça, c’est beaucoup moins fatiguant » Acheva-t-il avec un sourire, la laissant déterminer de la réalité ou non de ses propos.
Il s’effaça pour laisser la jeune femme grimper dans la luxueuse cabine de l’ascenseur avant de reprendre. « L’électricité a été remise aux normes il y a moins de deux ans, et les ascenseurs sont de dernières générations. Le propriétaire a investi dans l’intérieur plutôt que l’extérieur avant de faire faillite » Expliqua-t-il rapidement, avant de presser le bouton menant au 38ème étage, où étaient localisées les suites les plus luxueuses de l’établissement. « Et comme je te l’ai dit, il me devait quelques services. C’est toujours utile d’avoir un carnet d’adresse bien rempli » indiqua le jeune russe avec un léger sourire, conscient que sa réponse ne satisferait peut-être pas totalement la jeune femme. Mais après tout, elle s’était dirigé vers lui pour apprendre, non ? Pas pour connaître tous ses secrets, à moins d’être une taupe. La pensée de Kathleen fit naître un léger frisson dans son esprit, particulièrement désagréable, et il s’efforça de la rejeter. Peut-être que Sakura s’en était aperçue, mais à moins d’être à même de suivre le cheminement tortueux des pensées du jeune russe, elle ne pourrait en deviner la cause. « Les contacts, Sakura. Tu tires les bonnes ficelles, tu obtiens tout ce que tu veux » Affirma Misha, justifiant par là-même le choix de la jeune femme de faire de lui son professeur. Il ne s’embarrassait pas de morale, et elle non plus. L’argent à gagner, la gloire, la reconnaissance… la fin justifiait les moyens, toujours, même si les gentils des histoires affirmaient le contraire.
Tandis que la cabine s’élevait, les obligeant malgré sa taille à une proximité certaine, Misha s’approcha de la jeune femme, bien plus que la décence ne le permettait. Une de ses main se posa sur la hanche de sa partenaire d’affaires, dans un geste possessif qu’il n’était guère difficile de reconnaître, tandis que la deuxième se posait à côté d’elle, sur le mur de la cabine. L’américano-japonaise se retrouvait ainsi dangereusement proche, et tout aussi dangereusement prisonnière, coincé entre Misha et le mur de l’ascenseur. Il plongea son regard azur vers elle, la mettant au défi de dire quelque chose, de le repousser, de tenir sa place dans ce jeu auquel il ne se lassait pas de jouer. « Evidemment, tu possèdes bien plus d’arguments que moi » ironisa-t-il, ses yeux descendant vers le décolleté trop sage, bien trop sage qu’elle abordait aujourd’hui. « Et je suis sûr que tu sais t’en servir ». Misha se pressa un peu plus contre la jeune femme, sans jamais se départir de son sourire, avant d’expliquer. « Tu veux savoir comment j’aurais fait ? J’aurais cherché une faiblesse. Une faille. Il suffit de la trouver, et les gens se soumettent à tes moindres caprices ». La main du russe quitta le mur de l’ascenseur pour venir caresser la courbe du sein de Sakura, ses yeux rieurs plongés dans ceux de sa proie. Parlait-il pour elle ? Elle lui avait bien démontrait qu’elle entendait reprendre la main sur leur association, étant donné que c’était elle qui avançait les fonds… mais le russe ne semblait pas décidé à la laisser prendre la main, même si au fond, il se doutait que la faiblesse de la jeune femme n’était pas forcément son désir ardent de démontrer ce qu’elle valait aux yeux de son père. Quoique. Jusqu’où était-elle prête à aller pour prouver à son paternel qu’elle n’était pas que son écervelée d’héritière ?

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Sakura Richards
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MessageSujet: Re: Rendez-vous chambre 106 || Sakura Mer 2 Mar 2016 - 21:19


Ce fut cette fois au tour de Sakura d’émettre un petit rire. La réponse de Misha était tout à fait celle qu’elle attendait de lui. Elle avait beau ignorer dans quoi il trempait réellement, à quoi correspondait ses liens avec la mafia, à quel point ce qu’elle avait entendu était vrai, mais elle n’ignorait en aucun cas que dans n’importe quel cas de figure, il n’aurait jamais pris la peine de se salir les mains lui-même. Sauf peut-être pour une occasion marquante. Elle le suivi donc à l’ascenseur en hochant doucement la tête car à sa place elle en aurait fait autant. Elle l’écouta ensuite répondre avec moins d’humour à sa question mais sans l’honnêteté qu’elle lui avait demandée. La japonaise décida de le laisser s’en sortir pour le moment car de toute façon si elle voulait véritablement savoir, elle en avait les moyens. Elle préférait juste respecter leur amitié et le laisser lui dire les choses lui-même. La jeune femme fut par ailleurs déçue de voir justement des élévateurs derniers cris, elle qui aimait beaucoup le style des années folles, aurait adoré monter dans un ascenseur décoré comme à l’époque, mais elle se rassura en se disant qu’il n’était pas encore trop tard pour que cela soit le cas. Elle pourrait se permettre cette dépense en économisant sur d’autres. Comme elle l’avait précisé, elle avait l’intention de revenir sur tous les documents désormais en sa possession. A cette pensée elle resserra un peu la pochette entre ses doigts.

Misha était peut-être son professeur attitré mais pour bien apprendre, elle ne pouvait pas le laisser décider de tout. D’ailleurs ce n’était pas ce qu’elle voulait. Non, Sakura souhaitait des indications, des directions, mais il était hors de question qu’elle lui laisse une carte blanche totale sous couvert de n’être que l’élève. Si un devis ne lui plaisait pas, elle en ferait refaire autant de fois qu’il faudrait pour en trouver un qui les satisfasse tous les deux. Mais cet immeuble serait en parti son hôtel, c’était son investissement, et en conséquence il se devait d’être en parti à son image. De nouveau elle hocha la tête sur le détail du carnet d’adresse. Ce n’était pas un problème pour elle, la métisse connaissait beaucoup de monde et dans pas mal de milieu. Elle était une personnalité attirante, les gens voulaient faire partie de son cercle et elle saurait où trouver les gens dont elle avait besoin. La présence du blond à ses côtés à ce moment en était la preuve. Et son séjour au Japon, en était une autre. Les contacts, cela n’avait jamais été un problème pour elle. Pour autant il lui manquait un peu la dernière partie de cette leçon ? Savoir quelle ficelle tirée, à quel moment et avec qui. L’américano-japonaise ne jouait pas à ce jeu avec assez de personne pour le maitriser aussi bien que Misha semblait s’en vanter, mais elle connaissait tout de même quelques techniques. Sinon il ne serait pas là avait-elle.

Il lui avait suffi d’appuyer sur les boutons argent et sexe pour l’amener à lui prêter main forte. Mais elle se fit un devoir de penser à développer un peu plus ce talent. Et elle pensa que cela justifiait parfaitement le temps qu’elle avait pris pour mettre cela à plat avec Terrence. Il méritait de savoir qu’elle s’engageait sur une pente glissante et que se rattraper ne serait pas toujours facile, surtout pour une femme en talon aiguille. Pourtant elle espérait qu’elle pourrait toujours compter sur sa main à lui pour la saisir si jamais elle perdait pied. Tout à ses pensées, Sakura ne remarqua que trop tard la façon dont le russe s’était rapprochée d’elle mais finalement ce n’était pas pire que ce qu’elle avait pu faire par-dessus le comptoir de l’accueil et puis comme elle l’avait dit, elle avait tiré sur cette ficelle précisément avec le jeune homme, il était normal qu’il en profite. Et jusqu’à un certain point elle ne dirait rien. Telle la majeure partie des hommes qu’elle fréquentait, elle lui laisserait toujours croire qu’un jour il aurait le droit à plus. Mais Misha avait déjà eu plus que son dû en lui volant un baiser lors de leur rencontre au Volia. Cela ne l’empêcha pas de poser une main dominatrice sur sa hanche et l’autre sur la paroi pour l’emprisonner. Elle soutint son regard avec un air un peu triomphant qui lui servi à répondre positivement à la question indirect de son compagnon.

Oui elle avait des arguments qu’il n’avait pas et oui elle savait s’en servir et n’allait pas abandonner une arme aussi puissante aussi facilement. Misha lui-même s’était pris dans ses filets plus d’une fois, mais il tentait toujours de s’enfuir ou d’être celui qui était en réalité le chasseur. « Oh Je vois… » Répondit-elle distraitement en suivant la main qui se posa sur sa poitrine sans sourciller un instant. Sakura reporta ensuite son regard dans les azurs du russe et se lécha les lèvres. Elle utilisa sa main libre pour venir caresser son torse même si elle ne pouvait pas sentir grand-chose de ses muscles sous son costume. Lentement, très lentement, elle descendit sur son ventre et puis son bassin pour finir par prendre délicatement ses gonades au creux de sa main. L’asiatique combla ensuite l’espace qu’il restait entre leurs deux corps, portant son visage au niveau de l’oreille du blond dont elle titilla doucement le lobe avec le bout de sa langue. Puis sans le moindre avertissement elle ferma la main qui se trouvait sur la masculinité de Misha sans la moindre délicatesse et dans le but de lui faire mal sans pour autant risquer son gourou. Simplement pour que cela devienne suffisamment inconfortable pour lui, pour qu’il recule. Oui elle savait tirer parti des faiblesses de gens et oui elle saurait toujours se servir de cette capacité en temps voulu elle venait de le lui démontrer. Mais également qu’elle ne se laisserait pas manipuler autant qu’il le souhaitait certainement et que dans cette relation c’était elle qui décidait.

Sakura relâcha sa prise au bout de quelques secondes, n’ayant pas besoin de plus pour prouver son point, elle défroissa ensuite un pli invisible sur sa robe et se redressa de toute sa hauteur. « Je suis une lady Misha, il faut toujours dit s’il te plait. » Déclara-t-elle comme si elle ne venait pas de lui broyer les bijoux de famille. Mais il devait comprendre qu’elle avait beau se présenter comme la demande et lui l’offre, elle pouvait aller chercher ailleurs si elle le désirait vraiment. Et surtout, il ne devait pas oublier que sur ce plan, il y avait avant tout le jeu entre eux, mais son avis n’avait pas encore changé, coucher avec lui ce n’était pas pour demain. Bien sûr, il n’avait pas besoin de savoir que c’était parce qu’elle était en couple et amoureuse de l’homme qui partageait sa vie. Le russe avait juste besoin de se souvenir qu’avec elle il n’était pas avec une de ses filles qui vendaient leur amour propre dans les toilettes de sa boite. « Il va falloir revoir tes bonnes manières si tu veux avoir un jour le droit à moi…quelques diners et des cadeaux aussi. Je ne suis pas bon marcher et finir dans un lit avec moi ça se mérite. Tu devrais pourtant le savoir depuis le temps. » Et avec un peu de chance cela serait suffisamment décourageant pour qu’il n’ait pas envie de poursuivre sur ce terrain. C’était aussi un risque qu’il abandonne complètement la partie et qu’il fasse redescendre l’ascenseur au rez-de-chaussée car sa colère elle ne retomberait pas.

Mais si au Volia, Sakura avait pu se montrer désespérer de recevoir son aider, elle n’était pour autant pas prête à le faire à n’importe quel prix. Et si cette remise en place signifiait la fin de leur accord alors soit. Elle le regretterait surement parce qu’elle ne trouverait jamais mieux que Misha pour cette combine et qu’il pouvait encore aller baver auprès de son père mais dans le pire des cas, elle aurait quand même appris un minimum auprès de lui et elle trouverait bien un autre moyen de duper son père si la supercherie venait à être découverte. Cela serait dur et éprouvant, mais la japonaise avait assez de volonté pour passer le reste de sa vie à détruire ses parents s’il le fallait. Et si Misha savait où se trouvait son intérêt dans cette histoire, il prendrait tout cela avec l’humour avec lequel elle avait accompagné son geste. Car elle avait tout du long gardé un petit sourire rieur et un ton léger pour déclarer qu’elle n’était pas un dû mais bel et bien un prix à gagner. Dommage pour lui qu’il n’ait pas la moindre chance de le remporter un jour. Pensa-t-elle au moment même où le gong retentissait pour les avertir qu’ils avaient atteint l’étage désiré.

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Misha Invanov
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MessageSujet: Re: Rendez-vous chambre 106 || Sakura Sam 12 Mar 2016 - 22:58

Misha ignorait totalement ce que pouvait bien penser la jeune femme de sa petite visite : il connaissait bien Sakura, mais ne la côtoyait pas suffisamment pour pouvoir dire avec certitude si elle semblait emballée par son projet ou non. Leur projet, si tant est qu'elle le suivait là-dedans. Il n'avait aucun doute de pouvoir trouver un financement ailleurs, et ce ailleurs représentant en grande partie son père, mais à choisir, il préférait traiter avec la jeune femme. Pas seulement parce qu'elle était désirable en diable, d'ailleurs : plutôt parce qu'elle était nouvelle dans ce monde, au-dessus de beaucoup de soupçons, et qu'elle avait tout autant intérêt que lui à ne rien dévoiler de leur engagement réciproque. Et parce qu'elle était diablement sexy, également. Bien sûr que cela jouait : il était Misha, elle était Sakura. Ils n'avaient rien besoin de dire d'autre.
Et c'était bien pour ça qu'il s'était rapproché d'elle dans cet ascenseur. Pour la défier, pour mener le jeu, pour s'amuser. Un peu des trois à la fois. Parce que c'était leur façon de communiquer, après tout, et le baiser échangé dans son bureau avait été un avant-goût prometteur. Jamais ils n'avaient franchi cette barrière tacite, malgré les sous-entendus, malgré le flirt et les caresses. Jamais. La dernière fois que Misha avait été trop loin avec la jeune femme, il s'en était mordu les doigts, et elle l'avait si bien remis à sa place qu'il en avait été mortifié. Il était plus jeune, à l'époque, et elle aussi, mais depuis ce temps, jamais ça n'avait été plus loin. Jamais. Sauf qu'aujourd'hui, les règles avaient changées, et elle en était sans doute toute autant consciente que lui.

Est-ce qu'il avait réellement envie de coucher avec Sakura Richards ? Honnêtement, Misha ne s'était même pas posé la question. Il était bien loin de l'envie dévorante qu'avait représentée Mya, loin de la pulsion soudaine à laquelle il n'avait fait que céder. Évidemment, la mettre dans son lit serait un bonus, mais l'américano-japonaise représentait bien plus un défi qu'une quelconque proie. Un jeu, voilà ce que c'était. Celui qui dominerait. Celui qui irait le plus loin, sans rien donner à l'autre. Domination. Possession. Adrénaline. Elle était venu le trouver, et il comptait bien avoir la main... surtout qu'elle n'avait pas refusé ce baiser. Elle avait joué de ses charmes, et il comptait bien lui rendre la monnaie de sa pièce. Jouer, ils savaient le faire tous les deux. Gagner... c'était autre chose.
Et à cet instant, si proche de la jeune femme que son souffle faisait voler quelques mèches échappées de sa coiffure, sa main posée sur le corps chaud de Sakura, Misha savait qu'il venait de faire un nouveau pas en avant. Incursion dans le camp adverse, en vue d'un touch-down. Restait à savoir s'il allait se faire plaquer avant.

Le visage de la jeune femme ne lui offrit aucune indication sur ce qu'elle projetait de faire. Sa main sur son corps, son souffle dans son oreille, rien de tout cela n'était un indice. Combien de fois avaient-ils flirté de la sorte ? Des dizaines, sans doute. Misha était bien trop avisé pour penser avoir gagné : s'il savait une chose sur la jeune femme, c'était qu'elle ne se laissait pas soumettre aussi facilement. Aussi risqué pour le sexe que pour leurs affaires mais, après tout, où serait le défi sinon ? Misha aimait le risque, et traiter avec Sakura était un jeu des plus intéressant, et il soupçonnait que ses sentiments étaient réciproques.
Mais la jeune femme ne semblait pas encore prête à plonger dans ses filets. D'une main ferme et dénuée de la moindre douceur, elle lui attrapa l'entrejambe, serrant juste assez pour le forcer à reculer, relâchant sa prise seulement lorsqu'il se fût exécuté. Cela faisait mal, certes, mais bien plus à sa fierté qu'à cet endroit plus qu'intime. Une main posé sur la paroi de l'ascenseur, l'autre sur sa cuisse, le russe se pencha légèrement en avant, bien plus loin de Sakura qu'il ne l'avait été jusqu'à présent. « J'ai déjà une fiancée, je n'ai pas besoin d'une pute de luxe en supplément » grogna-t-il, peu enclin à mâcher ses mots dans l'espoir qu'elle les prenne comme il le fallait. Après tout, avec son intimité et sa fierté meurtries, il n'avait pas envie de perdre du temps sur le choix de ses mots.
Mais quand le gong annonçant l'arrivée à leur étage retentit, le jeune russe avait repris suffisament de sang-froid pour passer outre la vexation. Il venait de se faire renvoyer dans ses filets, d'une manière pas vraiment élégante mais plutôt efficace, et il devait reconnaître que c'était, en partie, sa faute. Mais quand Misha reconnaissait-il ses erreurs, surtout devant quelqu'un ? « Mais promis, je vais essayer d'être sage ». Pas d'excuse. Pas de remords. Pas de vexation, non plus... en apparence du moins. « Tu viens ? C'est tout droit ».

Sans vérifier si la jeune femme le suivait, le jeune russe s'engagea dans le couloir, expliquant brièvement :  « Trois suites par étages, toutes donnant sur la baie de San Diego. 70 m3. Luxueuses, mais la déco et les installations sont à revoir. Après toi » Déclara Misha en s'effaçant après avoir ouvert la porte, tel un parfait gentleman. Il attendit que la jeune femme s'engage dans la suite pour la suivre avant de refermer la porte, tournant le verrou dans un geste délibéré, afin que sa future associée ne perde pas une miette du spectacle. Le dos appuyé contre la porte, empêchant toute sortie, le russe croisa les bras avant de regarder la jeune femme. « Ceci dit, toi et moi nous savons que ce n'est pas parce que je suis un garçon sage que tu es venue me trouver. Tout comme toi et moi savons que tu n'as pas du parler à grand monde de ton escapade ici, en ma compagnie ».

Un sourire naquit sur ses lèvres, mais il ne bougea pas. Si ses menaces étaient voilées, Sakura serait à même de les comprendre : Misha n'était pas un enfant de cœur. Ceci dit, avait-il réellement dans l'idée de la malmener, ou voulait-il seulement lui faire peur, dans une volonté bien puérile de reprendre la main après la vexation subie ?
Laissant un instant planer le silence, le russe finit par reprendre. « Tu as autant besoin de moi que j'ai besoin de toi, alors je te conseille de te montrer un peu plus gentille. »  Avertit-il, sans laisser le moindre indices concernant ses intentions.

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Sakura Richards
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MessageSujet: Re: Rendez-vous chambre 106 || Sakura Jeu 24 Mar 2016 - 20:55


Le terme pute de luxe ne dérangea absolument pas Sakura qui tenait plutôt ces femmes en haute estime. Elle trouvait qu’il fallait énormément de culot pour jouer à ce jeu et un certain courage aussi. Pour les prostituées basique, c’était bien souvent le désespoir qui les guidait, une absence de choix et cela équivalait à en faire de pauvre fille qui lui faisait pitié. Alors que finalement à son niveau, la japonaise s’était un peu toujours présenter comme une jeune femme intéresser par le luxe et prête à se vendre au premier venu. Elle n’agissait pas de la sorte mais elle pouvait admettre qu’il devait être aisé de confondre pour un œil non avertit. Misha l’était et deux fois plus maintenant qu’elle n’était définitivement pas à traiter comme la dernière des catins. Ni comme une escorte d’ailleurs mais bel et bien comme une femme qu’il fallait courtiser et surtout mériter. Ce qui n’était pas encore son cas. Il se reprit cependant un peu lorsque le gong résonna en promettant de faire un effort pour se tenir à carreaux. Elle n’y croyait pas un instant mais elle estimait qu’il devait avoir compris la leçon pour quelques heures au moins. Elle le suivit dans le couloir et l’écouta parler des suites que possédait l’hôtel. Une partie de sa personne redouta d’entrer dans une de ces pièces en compagnie du russe.

Avançant émerveillée par la vue qu’offrait la baie vitrée sur la baie de San Diego, Sakura nota néanmoins le bruit du verrou. Mais sans pour autant faire taire la peur qui venait de s’insinuer en elle, elle ne montra aucun changement de comportement. Elle jeta sa pochette négligemment sur le lit qui avait besoin d’une nouvelle paire de draps et de bien meilleure facture et continua vers la fenêtre. Elle posa délicatement ses doigts dessus pour admirer le paysage puis écouta les paroles du blond. Elle se tourna lentement vers lui à la fin de sa phrase pour savoir si elle avait bien compris ce qu’elle venait d’entendre. Il n’avait pas tort sur le point où oui elle l’avait choisi parce qu’elle avait besoin de quelqu’un à la morale relativement basse pour comprendre ses motivations et être donc capable de les embrasser avec elle, mais elle ne l’avait pas choisi lui particulièrement. Bien sûr Misha ignorait que le hasard avait joué en sa faveur pour sa participation à ce plan et elle n’allait pas le lui dire maintenant, pas avant qu’il ne signe le contrat. Mais elle haussa un sourcil à son sous-entendu. Pourquoi s’intéressait-il au fait qu’elle ait parlé ou non de ce rendez-vous ?! Et surtout pourquoi cela ressemblait-il autant à une menace, se demanda-t-elle avant d’avoir le temps de lui répondre que déjà il reprenait avec une intimidation plus marquée.

Pour information, deux personnes étaient au courant de sa présence dans cet hôtel. L’une savait qu’elle rencontrait le russe et que c’était dans l’optique d’apprendre les ficelles d’une entreprise pour voler celle de son père. Emma aurait été tellement contre ce qu’elle était en train de faire si elle avait pu lui répondre lorsque Sakura lui téléphonait. Cela ne servait à rien et ne l’aidait certainement pas à faire son deuil mais elle avait besoin de pouvoir continuer de se confier à sa meilleure amie et continuait du coup à payer pour elle son forfait téléphonique. Mais de fait s’il lui arrivait la moindre chose, madame le procureur ne pouvait rien pour elle. Et puis il y avait Terrence. Il ne savait pas que le contact qu’elle rencontrait était Misha, il aurait probablement essayé de la dissuader de faire affaire avec lui si cela avait été le cas, mais il savait en tout cas qu’elle voyait quelqu’un pour son projet et ils devaient se retrouver chez lui après son travail et trouverait immédiatement louche que la métisse ne se présente pas et ne s’excuse d’aucun retard. Toutefois, la japonaise refusait de sauter aux conclusions et de laisser la paranoïa l’envahir. Son ami souffrait juste de fierté malmenée par une femme. Il s’en remettrait avec un peu de temps.

Afin de mettre un terme au silence devenu pesant et l’ambiance tendu, la brunette éclata de rire et revint dans le centre de la pièce pour s’asseoir sur le lit, grimaçant légèrement à ce moment précis, doutant de la propreté des tissus. « Allons Misha ! Tu ne vas pas me faire croire que tu ne l’avais pas vu venir ! Pas toi ?! Pas à moi. Tu me connais mieux que personne et tu sais que n’aime pas quand tu me prends pour acquise. Tu voulais voir si j’allais réagir ainsi, avoue. » Elle appuya son propos par un sourire doux et gentil, celui qui trompait souvent son entourage sur son véritable caractère et qui pourtant était le plus sincère qu’elle possédait. Sakura venait de tenter un coup de poker pour retourner la situation. Loin d’elle l’idée de prendre le russe pour un idiot mais elle le connaissait suffisamment pour savoir comment le manœuvrer. Plutôt que de le faire passer pour un mec blessé dans sa masculinité, elle préférait le faire passer pour un plaisantin qui faisait semblant d’avoir eu mal et de n’avoir pas su qu’elle ne se laisserait pas faire. Elle espérait qu’il saute sur l’occasion de passer pour le dominant dans leur relation même si l’américano-japonaise savait qu’elle ne perdrait jamais le dessus sur lui parce qu’elle n’attendrait jamais le moment où leur relation passerait la limite posée au tout début.

Elle secoua ensuite la tête comme pour dire qu’il avait gagné et qu’elle avait bien marché dans son petit piège et puis reprit la pochette dans ses mains pour faire revenir la conversation sur le sujet le plus important, leur petite entreprise. Elle se mit à jouer avec le système de fermeture et repris. « Enfin trêve de plaisanterie, tu avais raison, la vue est le meilleur argument que nous n’aurons jamais. Mais il faudrait que je la compare à l’hôtel le plus proche pour savoir s’il sera suffisant pour convaincre une clientèle, en plus de tous les services que l’on pourrait proposer. Mais je suis agréablement surprise, cet endroit à quand même l’air d’un taudis de l’extérieur et je suis certaine que ce matelas n’a pas été changé depuis la construction du bâtiment. » Sakura n’osait même pas penser aux acariens et autre micro bestioles qui devaient pulluler sous son postérieur. Elle préférait songer au futur et espérait aussi que sa petite diversion avait suffi à faire revenir le côté professionnel de Misha, le côté pour lequel elle le voyant ce soir-là au club, elle s’était dit qu’il serait parfait pour lui venir en aide.

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Misha Invanov
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MessageSujet: Re: Rendez-vous chambre 106 || Sakura Jeu 31 Mar 2016 - 14:24

Ils avaient déjà franchi la limite, quelques semaines plus tôt, dans son bureau. Ce n’était pas la première fois, sans doute pas la dernière, mais à chaque fois, Sakura avait tenu à remettre les choses en règle. Cette fois-ci ne dérogeait pas, au final, de ce qu’elle avait l’habitude de faire. La première fois, il en avait été mortifié, sa fougue et son jeune âge considérant ce refus comme une insulte mortelle. Mais depuis, il avait grandi, Et avait bien moins tendance à se sentir vexé pour rien... Ou, s’il l’était, il le laissait bien moins paraître. La réponse de Sakura, si tant est qu’il pouvait considérer son geste comme une réponse à son avancée un peu trop rapide, l’avait pris au dépourvu, mais pas assez pour qu’il ne regagne rapidement une attitude bien plus mature. Il n’était plus un gosse, après tout, vexé qu’on puisse lui dire non. Et puis, il tenait toujours à faire affaire avec elle, alors, regagner contenance n’était pas superflu. Même si ça faisait mal. Ils jouaient assez à ce petit jeu pour qu’il en connaisse les règles par coeur, et s’il les transgressait, après tout, il ne pouvait s’en prendre qu’à lui-même de la punition qui suivait. Ce qui ne l’empêcherait pas de retenter, de toute manière. Transgresser les règles établies, c’était sans doute l’un des passe-temps favoris du russe.
Mais si la jeune femme le croyait maté pour quelques temps, elle dût vite déchanter. La suite était superbe, et même défraîchi et nécessitant clairement de meilleures accommodations, son verrou restait en parfait état de marche, comme Sakura pût sans problème s’en rendre compte. Misha était-il sérieux? Ses menaces, en tout cas, semblaient l’être. Simple fanfaronnade de petit garçon blessé dans sa fierté ou projet bien plus sérieux, il laissa le choix à sa future partenaire d’affaires de le décider. Au crédit de la jeune femme, elle ne semblait pas plus effrayée que ça, même si elle devait ressentir une certaine appréhension. Forcément. Elle et Misha se côtoyaient depuis des années, elle l’avait vu agir, et savait que lorsqu’on le provoquait, il n’était pas une compagnie des plus agréables. Adossé contre la porte verrouillée, le russe avait le sourire satisfait de celui qui mène à nouveau la danse, et il observa sans mot dire la jeune femme. C’est elle qui choisit de rompre le silence pesant qui s’était installé après ses menaces, et l’évocation plus ou moins voilée du fait que personne ne viendrait lui porter secours s’il décidait de ne pas se comporter en parfait gentleman. Quoique l’américano-japonaise était certainement en mesure de se défendre... Peut-être pas de faire le poids très longtemps, mais de se défendre, ça oui, Misha n’en doutait pas.

En la regardant grimacer avant de s’asseoir sur le lit, le jeune russe ne put s’empêcher de se remémorer l’épisode sanglant du centre-ville. Il avait évité la jeune femme pendant des mois après ça, craignant qu’elle se souvienne de sa présence sur les lieux, de quoi que ce soit qui lui permettrait de remonter jusqu’à lui. Kathleen, Lucas... Lucas qui, décidément, lui mettait des bâtons dans les roues à chaque fois qu’ils se croisaient. Il n’avait jamais évoqué le sujet avec elle, se contentant de lui faire envoyer des fleurs, comme tout ami l’aurait fait, mais il s’était tenu loin d’elle jusqu’à présent. Et désormais qu’ils allaient devenir partenaires d’affaires, il se trouvait là, à la menacer plus ou moins explicitement. La vie était... Étrange, parfois. Compliquée, assurément.
Alors que le rire de la jeune femme venait de résonner dans la place, Misha se contenta d’un sourire amusé. Elle en appelait à son bon sens et à ce jeu auquels ils jouaient tous les deux sans pour autant franchir la limite de ce qui leur semblait convenable. Les règles avaient été bousculées ce soir-là, dans son bureau, mais Sakura ne semblait plus aussi câline désormais. Dommage. Elle n’avait pas l’air d’avoir autant de scrupules la dernière fois. Mais en même temps, sa tenue bien trop sage avait donné, dès le début, le ton de la rencontre. Professionnel. Dommage, à nouveau. Il resta silencieux, se contentant de la regarder alors qu’elle reprenait la parole, la laissant douter de ce qu’il ressentait réellement. Est-ce qu’il savait qu’elle réagirait? Oui. Non. Peut-être, en fait. Pour être honnête, il n’y avait pas beaucoup réfléchi avant de vouloir prendre ce qu’elle semblait lui offrir. Il n’était pas stupide au point de croire qu’elle s’offrirait si facilement à lui, mais avec ce qu’elle lui avait laissé croire... Avec sa relation plus que compliquée avec Kathleen ces derniers... Ce mariage qui n’était plus qu’une question de semaines...

Il n’avait pas vraiment réfléchi, c’était le moins que l’on puisse dire, avant d’agir. Un des points qui lui était le plus reproché quand on abordait le sujet de son ascension dans la Mafia Russe. Il avait cru que, peut-être, Sakura accepterait de plier puisqu’elle semblait avoir besoin de lui. Il s’était trompé : ce n’était pas la première fois ces derniers temps, mais c’était toujours aussi vexant. Aussi douloureux aussi. Inconsciemment, sa main se porta à sa mâchoire, là où les poings de Tiziano Nicolosi avaient laissé de belles marques quelques temps auparavant. Là aussi, il avait fait l’erreur de penser qu’il s’en tirerait sans dommage. Comme avec la dispute avec Anya. Comme avec la trahison de Kath. Décidément.
Le trouble qu’il ressentait n’était pas difficile à deviner dans ses yeux clairs, mais il s’en fichait. Jamais Sakura ne pourrait en déterminer la cause, de toute manière. Sans pour autant laisser davantage le silence s’installer, le russe s’efforça de passer outre ses pensées perturbantes et reprit la parole, son ton amusé guère en adéquation avec le trouble qui l’habitait. «Je te proposerais bien une nuit à l’hôtel, pour comparer» L’ironie mise dans ce dernier terme indiquait clairement que comparer était la sans doute la dernière chose qu’il souhaitait faire dans une chambre d’hôtel avec Sakura. «Mais mon égo ne supportera pas un nouveau refus» avoua-t-il sans la moindre gène. «Tu vas donc devoir te faire une idée seule, ou prendre pour argent comptant mon avis.»

Elle se trancherait sans doute les veines plutôt que de le suivre les yeux fermés, il le savait. Elle était manipulable dans une moindre mesure, mais pas assez naïve pour le croire sans autre preuve que sa parole. Pas assez stupide non plus.

S’avançant dans la pièce, il contempla quelques secondes le panorama, avant de se tourner vers sa future partenaire d’affaires. Dans ses yeux bleus rieurs, on ne discernait plus la moindre once de trouble. Ou d’une quelconque colère. Sakura avait sans doute assez de sagesse pour comprendre que l’énervement était retombé, et que son idée de s’enfermer dans cette pièce avec elle n’avait plus aucune raison d’être. Pas qu’il lui ai pardonné son geste, non, mais il était passé à quelque chose d’autre. Changeant, Misha? Assurément. Si sa mère le surnommait petit orage quand il était enfant, ce n’était pas pour rien. « Donc, à défaut d’une nuit d’hôtel, on va déjeuner?» demanda-t-il, rebondissant sur la proposition qu’il lui avait faire en début de visite. Elle ne signerait peut-être pas le contrat tout de suite, vu qu’elle semblait visiblement méfiante, mais cela n’empêcherait pas le russe de lui payer un déjeuner. Après tout, Sakura l’avait dit elle-même : pour la glisser dans son lit, il devait la mériter. L’inviter au restaurant était un premier pas.

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Sakura Richards
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MessageSujet: Re: Rendez-vous chambre 106 || Sakura Jeu 7 Avr 2016 - 15:51


Pour Sakura, le trouble visible du blond correspondait à ce qu’elle venait de lui dire. Elle avait tenté d’inverser les rôles, de faire passer son geste de refus pour un piège que lui aurait tendu Misha et il réfléchissait à la possibilité de prendre pour lui le crédit de cette victoire plutôt que de taper du pied par terre comme un enfant à qui ses parents viennent de dire non. Elle ne pouvait de toute manière pas se douter de ce qui le tracassait véritablement, comment aurait-elle pût ?! C’était pour cela qu’elle avait choisi de ramener leur conversation sur un sujet sans équivoque. Leur collaboration et leur entreprise. Ils venaient d’en poser les premières pierres, tout comme l’enseignement que lui dispensait son ami et elle avait bien l‘intention de mettre le moindre de ses conseils en pratique. Comme le fait de ne pas lui faire aveuglément confiance car il fallait être celui en pleine possession des choses. Elle allait revoir ses devis un par un et faire faire les siens avec d’autres entreprises pour comparer. C’était la moindre des choses pour elle qui signerait les gros chèques à chaque fois. Et parce qu’elle ne pouvait définitivement pas prendre son avis pour argent comptant comme il venait de le suggérer.

Personne ne devrait jamais prendre l’avis de quiconque et le suivre aveuglément. Il fallait toujours se faire son propre avis. Cela ne l’empêcha cependant pas de sourire de façon sexy quand il avait proposé de comparer les chambres avec elle. Oh la métisse n’avait jamais eu le moindre doute sur cela. Dès le départ Misha avait montré qu’il s’intéressait nettement plus à ses courbes qu’à n’importe quoi d’autre chez elle. Et autant cela ne l’avait jamais dérangé chez d’autres personnes mais pour le blond cela ne s’était pas passé comme avec la majorité des hommes qui gravitaient autour de Sakura. Peut-être la suffisance qu’il affichait sur son visage ou le fait qu’il se croit déjà gagnant là où les autres savaient se montrer réellement chanceux de la conquérir, l’avait poussé à lui dire non. A lui mettre un stop d’entrer de jeu. Ce que l’américano-japonaise ne regrettait finalement pas car si elle avait couché avec lui dès le départ, ils n’auraient jamais sympathisé et elle n’aurait en conséquence jamais pu trouver un tel partenaire de choix pour progresser rapidement et efficacement dans la vie professionnelle. Tant pis si cela devait froisser son petit égo de temps à autre. Personne n’en mourrait jamais et lui ne serait pas le premier.

La preuve en était qu’il n’avait pas compris la leçon la première fois et qu’elle l’avait encouragé en lui accordant un baiser à leur dernière entrevue. Une erreur de sa part mais un bon jeu pour arriver là où elle le désirait. Et jouer avec les sentiments du russe à son égard ne lui posait pas le moindre problème de toute manière. Il pouvait lui faire peur par moment et comme elle s’était déjà fait la réflexion, elle n’ignorait pas ce qu’on disait de lui et savait qu’il y avait un fond de vérité dans les rumeurs, mais elle ne pouvait pas s’arrêter à cela. Elle n’avait pas laissé ce détail l’arrêter pour trouver des alliés au Japon en demandant à des entreprises clairement affilié aux yakusa de financer une partie de son projet. Si elle commençait à se poser des questions de conscience elle ne parviendrait à rien car, vouloir subtiliser l’entreprise de son père, qu’il avait monté de rien et dont il avait fait un empire, n’était clairement pas ce qui allait lui ouvrir les portes du paradis. Non elle n’était plus à une faute près de ce point de vue. Elle devait juste songer à mieux protéger ses arrières et par chance elle sortait avec un flic qui serait certainement ravi de lui filer un coup de pouce de ce point de vue en particulier.

« Oui allons déjeuner, j’ai une faim de loup. » Déclara-t-elle, prompt à se lever pour ne plus ressentir le fourmillement imaginaire de l’écosystème qui vivait dans le coton des draps et retrouva Misha près de la porte. Sakura était loin d’être aussi affamée que cela, mais elle aurait dit n’importe quoi pour avoir une raison de se lever et pour aussi entendre le verrou faire du bruit mais dans le sens inverse cette fois. L’asiatique avait beau gonfler la poitrine comme un coq et faire semblant de rien, elle n’était pas rassurée. Plus elle grattait la surface de la personnalité du russe moins elle aimait ce qu’elle découvrait. Et même si elle n’arrêterait pas de le cherche, de le provoquer, elle commençait à entrevoir qu’elle pourrait amèrement le regretter si elle ne faisait pas attention. Il était trop tard pour revenir en arrière, bien que rien n’est été officiellement signé, et elle n’avait pas l’intention de reprendre ce pan de son projet à zéro mais elle serait clairement sur ses gardes à partir de maintenant. Sans rien laisser voir bien sûr car il s’agissait là des plus beaux talents de la belle. Sa capacité à dissimuler la moindre de ses émotions. Les personnes capables de voir à travers son jeu se comptaient sur les doigts d’une main.

Et Misha n’en faisait pas partie, mais elle savait très bien lui faire croire que oui. C’était pour cela qu’en entrant dans la suite la brunette avait su conserver son calme et retourner la situation. Mais serait-elle toujours aussi prompt à réagir avec adresse, elle ne pouvait pas le prédire. D’un autre côté c’était aussi pour cela que le jeu en valait la chandelle, il y avait toujours plus de mérite à marche au-dessus du vide avec un bâton de dynamite dans la main plutôt qu’une perche stabilisatrice. Et la japonaise aimait jouer avec le feu, c’était bien connu. Elle attendit donc ensuite le bon vouloir de son ami, qu’il ouvre la porte et l’escorte jusqu’à l’ascenseur pur se sentir plus en sécurité même si la vie lui avait appris que ce n’était le cas nulle part, sauf peut-être au creux des bras de Terrence. Bien que ce type de pensée soit un peu trop romantique pour la jeune femme qui découvrait encore ce que cela signifiait d’être en couple et surtout avec quelqu’un qui comptait pour elle. Elle savait ce qu’elle représentait pour lui et elle espérait qu’il n’ignorait pas qu’elle ressentait exactement la même chose, bien qu’elle ne fût pas encore en mesure de lui exprimer correctement.

Cela lui fit d’ailleurs penser que le blond avait beau la courtiser de toutes les manières possibles et imaginables, il n’en était pas moins sur le point de se marier. Et le russe était bien la dernière personne qu’elle aurait vu en train de se passer la corde au cou. Cela ne lui ressemblait tellement pas et la façon dont il la pourchassait ne laissait pas véritablement la place à l’amour qui devait ressentir pour sa fiancée. La pauvre malheureuse passait-elle encore seulement sous les portes avec les cornes qu’elle devait porter depuis le début de leur relation ?! Avec un sourire malicieux sur le trajet Sakura demanda. « Et sinon ton mariage ça en est où ? Est-ce que tu as besoin que je vienne habillée sagement pour te tenir à carreau ? » Demanda-t-elle avec provocation si peu de temps après avoir tenté de broyer sa virilité mais elle était curieuse de la femme qui avait réussi à coincé Misha Ivanov dans la cage du mariage.

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Misha Invanov
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MessageSujet: Re: Rendez-vous chambre 106 || Sakura Jeu 14 Avr 2016 - 7:17

Tous les deux étaient pleinement conscients que leur collaboration serait parfois compliquée. Ils se ressemblaient trop pour que ce ne soit pas le cas, et qui plus est, Misha n’avait jamais caché son caractère parfois difficile. Il était un enfant gâté, il l’avait toujours été, et semblait se complaire dans ce rôle. Bien sûr, il y avait plus que ça derrière, ce n’était jamais aussi simple, mais au fond, Misha était toujours ce petit garçon qui ne supportait pas qu’on lui tienne tête. Ou alors, qui y trouvait un défi à sa hauteur. Après tout, Kathleen était de celle qui ne se laissait pas impressionner par qui il était ou ce qu’il faisait. Sakura également, dans une moindre mesure. Etait-ce pour cela qu’ils étaient devenus amis, alors qu’il aurait pu facilement l’oublier après qu’elle se soit refusée à lui? Misha ne vivait que pour le défi, le risque, et la confrontation.... Et l’américano-japonaise semblait être un défi à sa mesure.
Sans oublier le fait qu’elle s’était bien jouée de lui, ce soir là, dans son bureau. Elle l’avait appâté, bien assez pour qu’il finisse par se soumettre à ses envies. Oh, évidemment, Misha y trouvait aussi son compte, plus que largement, mais il n’empêche, elle avait bien avancé ses pions. Ce qu’il c’était passé dans l’ascenseur n’était qu’un retour de bâton qu’elle aurait pu, et même dû, prévoir. Quand Misha s’était-il contenté de rester sage? Le flirt, c’était leur façon à eux de se montrer leur affection. Et il n’avait pas l’intention de lui laisser la main dans ce rapport étrange qu’ils entretenaient tous les deux, peu importe que celui ci ce soit mué en quelque chose de plus professionnel. Tout en ne l’étant pas vraiment. Un nouveau défi? Assurément.
Il avait verrouillé la porte de la suite, restant suffisamment vague dans ses menaces pour qu’elle n’ait pas d’autres choix que de le croire sur paroles, et la laissant s’inquiéter. A son crédit, Sakura ne semblait pas le moins du monde apeurée par son comportement, ou ses menaces. Même si le russe n’était pas dupe, il lui laissa le bénéfice du doute... Et puis après tout, l’effrayer tellement qu’elle ne voudrais plus faire affaire avec lui était loin d’être l’idée du siècle.

La jeune femme s’était levé avec enthousiasme à sa proposition, attendant qu’il lui ouvre la porte tel un gentleman. Avec un sourire moqueur, le russe fit coulisser le verrou, ouvrant grand la porte qui l’avait retenu à sa merci jusque là avant de s’effacer pour la laisser passer. Et si elle était soulagée qu’il ouvre enfin cette porte, elle n’en montra rien du tout, avançant sans hâte vers les ascenseurs. Sakura n’avait pas froid aux yeux, Misha le savait pour l’avoir déjà testé, mais en cet instant, elle ne faisait que lui remémorer qu’il avait raison de s’associer avec elle : elle n’était pas du genre à battre en retraite au moindre problème, ni à vendre père et mère en cas de contrôle policier inopiné. Elle était forte, déterminée, et pas du genre à se laisser marcher sous les pieds : un tas de qualités pour pouvoir traiter avec Misha. «Harbor House?» Proposa d’ailleurs le jeune homme pour le déjeuner, avançant le nom d’un des restaurant huppé de la ville, situé non loin de là. Il était Misha Invanov, et savait pertinement qu’on lui trouverait une place, avec ou sans réservation. L’avantage d’être propriétaire d’un club huppé, sans doute. Ou fils de Nicolaï invanov, mais Misha préférait croire en sa propre valeur.
Une fois engouffré dans l’ascenseur, la jeune femme reprit la parole, et le russe ne put s’empêcher de rire de bon coeur devant son sourire malicieux. «Mis à part que la fleuriste me harcèle au téléphone? Tout va bien.» Plaisanta Misha avant de secouer la tête, amusé. «Merci de ta sollicitude, mais ça ira. Je suis un bon garçon, et je n’aurai d’yeux que pour la plus jolie femme de l’assemblée, la mienne. Ou future mienne» ajouta-t-il avec un sourire. Il avait longtemps freiné des quatre fers pour ce mariage, et encore plus devant la situation actuelle, mais petit à petit, il se faisait à l’idée que Kathleen allait devenir sienne, et qu’il allait devenir sien, par la force des choses. Cela ne changerait pas grand chose, dans les faits... Du moins, en théorie. En pratique, c’était plus compliqué, surtout avec un bébé en route. Bébé dont personne ne saurait rien avant le mariage, si ce n’est, peut-être, la styliste qui s’occupait de la robe. Peut-être même pas elle, en réalité.

«Et puis» indiqua-t-il à la jeune femme, alors que l’ascenseur indiquait qu’ils arrivaient bientôt au rez-de-chaussée «je n’ai pas envie de me mettre à dos ton cavalier». L’invitation, pas encore envoyée, précisait bien que les invités étaient autorisé à venir avec quelqu’un de leur choix, et Misha doutait que Sakura laisse passer une occasion de venir faire la fête accompagnée. «Tu as déjà une idée de qui va t’accompagner?» Demanda-t-il avec curiosité. Ces temps-ci, il s’était éloigné des soirées et du monde de la fête, se concentrant uniquement sur son club et les affaires en cours de la Mafia. Il avait encore la formation d’Anya à gérer, sa femme, son mariage... Bref, pas une seule seconde pour s’intéresser de près aux ragots communs, de qui sortait avec qui, et qui venait de plaquer qui. Misha aimait être un homme occupé, mais même lui avait besoin de quelques heures de sommeil par-ci par-là.

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Sakura Richards
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MessageSujet: Re: Rendez-vous chambre 106 || Sakura Mar 26 Avr 2016 - 11:19


Même si elle ne laissait rien apparaître, Sakura avait été bien contente de sortir de la chambre saine et sauve. Non pas qu’elle croyait véritablement Misha capable de lui faire quelque chose de létal mais elle ne douterait jamais de sa violence envers une femme. La soumettre par la force ne lui poserait aucun problème et autant que faire se peut, elle préférait éviter cela tant qu’elle n’était pas la patronne de sa propre entreprise. Quand elle aurait obtenu ce qu’elle voulait et bien à ce moment-là, elle aviserait son avenir avec le russe selon le comportement de ce dernier. En attendant ce moment qui n’était pas encore suffisamment proche au gout de la métisse, elle accepta avec plaisir d’aller déjeuner dans un des restaurants les plus huppés de la ville. Soit Misha s’était chargé de réserver en homme prévoyant, soit de toute façon avec leurs deux noms, on leur trouverait une table. Il était si bon dans certains cas d’avoir de l’argent et d’être connu pour cela. La japonaise imaginait assez mal le quotidien du commun des mortels dans ce genre de cas et elle préférait ne pas y penser, elle qui se battait pour devenir encore plus riche.

Dans l’ascenseur donc, elle décida de faire un peu la conversation et demanda à son ami comment se passait les préparatifs de son mariage, auquel bien sûr elle était invitée. L’américano-japonaise se félicitait dans ces moment-là de ne jamais avoir cédé aux avances du russe. Elle n’avait que peu de valeurs morales bien qu’elle mette un point d’honneur sur l’honnête aussi se retrouver face à la future femme d’un homme avec qui elle aurait couché l’aurait mise très mal à l’aise. Dans les faits elle s’en moquait bien de ce que Misha pouvait faire subir à cette pauvre femme et de ce qu’elle acceptait de sa part, puisqu’elle restait avec lui. Mais elle aurait eu du mal à lui faire des sourires polis ou la conversation sur la pluie et le beau temps alors qu’elle aurait brûlé d’envie de lui dire la vérité. Et surtout de lui demander comment elle pouvait accepter de rester avec un homme dans son genre. C’était dans ces instants que Sakura se rendait aussi compte de la confiance qu’elle avait exigée de Terrence en lui avouant qu’elle utiliserait tous les moyens à sa disposition pour obtenir ce qu’elle voulait.

Il devait véritablement l’aimer pour la croire ainsi sur parole. Bien sûr il avait raison de le faire car si cela ne posait pas le moindre problème d’être l’autre femme, elle n’avait aucunement l’intention de mettre son couple en danger. Mais il fallait véritablement que son petit ami croit en elle pour lui accorder sa confiance dans ces circonstances. Et elle espérait pouvoir la lui rendre si un jour le doute s’installait dans son esprit. Pour le moment l’asiatique ignorait si elle était ou non une personne jalouse. Elle ne l’était pas sur le bien matériel mais elle n’avait jamais au auparavant à se soucier de garder un homme rien que pour elle. Et elle avait de toute façon du mal à imaginer d’autres femmes tourné autour de Terry. Pas parce qu’il manquait de charme ou de sex appeal, loin de là, juste parce qu’elle savait ce qu’il l’avait elle et n’avait en conséquence aucune raison d’accorder le moindre intérêt à une autre personne du sexe féminin. Elle avait confiance en sa propre beauté et en lui finalement. Ce qui pour le moment la classait dans la catégorie des personnes non jalouse.

Misha répondit donc à sa question avec un brin d’humour et elle sourit, surprise de voir qu’il prenait réellement part aux préparations alors que sa fiancée et un wedding planner aurait très bien pu le faire sans lui. D’un autre côté, une personne comme lui qui voulait toujours tout régenter n’aurait jamais pu se tenir loin d’un tel évènement. Elle rigola ensuite lorsqu’il annonça qu’il ne souhaitait pas se mettre son cavalier à dos. Les chances indiquaient que c’était déjà le cas mais elle préféra taire de menu détail en déclarant simplement. « Vu comme ça évidemment. » Même si Sakura douta fortement que le ruse redoute quiconque, pas avec un égo comme le sien. Il lui demanda ensuite si elle comptait inviter une personne en particulier et un fois encore elle préféra restée évasive mais en répondant tout de même par l’affirmative. « Oui je fréquente quelqu’un et j’aimerai bien venir avec lui mais je ne lui ai pas encore demandé. Ne t'inquiète pas je le ferai avant que ton traiteur ne commence à te harceler lui aussi. »

Il lui paraissait plus sage de ne pas présenter Terrence d’emblée pour que Misha ne se doute pas de la profondeur de leurs sentiments mutuels et pour ne pas avoir à donner son métier tout de suite non plus. Elle sortit ensuite de l’ascenseur et se dirigea vers la porte de l’hôtel. « On se retrouve au restaurant, je t’emmène ou on y va à pied ? » Demanda la japonaise pour continuer sur une conversation des plus légères et des plus banales. Elle souhaitait laisser au blond suffisamment de temps pour se remettre de son râteau certainement douloureux avant de lui reparler affaire. Ils étaient d’accord sur tous les points mais il leur restait encore à signé le contrat qu’elle avait fait établir pour régenter leur accord. Il était hors de question pour elle, de laisser cet aspect de son plan soumis à la bonne volonté du russe.

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Misha Invanov
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MessageSujet: Re: Rendez-vous chambre 106 || Sakura Dim 29 Mai 2016 - 13:18

Sakura ne semblait guère choquée de passer d’un moment où il lui faisait des vacances à celui où ils parlaient de son mariage. Dans l’esprit de bien des gens, pourtant, la transition aurait été plus que difficile. Mais telle était leur vie : prendre, jeter, s’amuser et flirter. Si Sakura se demandait pourquoi il se mariait, en tout cas, elle n’en fit pas mention, sachant probablement que c’était le plus sage. La petite scène dans la chambre d’hôtel lui avait sans doute donné un avant-goût de ce que pouvait faire le russe lorsqu’il était de mauvaise humeur et, de toute façon, elle le connaissait trop pour se risquer à le mettre en colère. Sans oublier qu’elle avait besoin de lui, pour le moment.Tout ça compliquait assurément leur relation, si facile auparavant, faite de flirt, de sourires et de propos à peine implicites. Mais si chacun y mettait du sien, peut-être pourraient-ils parvenir à quelque chose de prometteur. Après tout, cet hôtel, Misha en avait fait son projet, et il ne laisserait pas sa relation avec Sakura le lui gâcher.  
Comme il l’avait prédit, elle viendrait bien accompagné de son dernier rencart, ayant elle aussi une certaine réputation à préserver. Ce mariage, c’était un peu une fête du m’as-tu-vu, le russe en était parfaitement conscient : après tout, se faire inviter au mariage de Misha Invanov était une façon de se proclamer au-dessus de la masse, de montrer que l’on était quelqu’un d’important et de particulièrement privilégié. De même que tout un chacun n’entrait pas au Volia, il avait supervisé les invitations lui-même, même si son rôle de futur Parrain avait nécessité quelques concessions, et surtout quelques invités dont il aurait préféré se tenir éloigné. Les joies de la politique...
Il adressa à la jeune femme un sourire soulagé. «Merci de ta sollicitude, cela me touche beaucoup.» Répondit-il avec ironie avant de sortir son portable de sa poche et de grogner au vu des appels manqués. «Je le connais, ou c’est un mystérieux étranger que tu as sorti d’on ne sait trop où?» Après tout, ils avaient à peu de choses près le même cercle de connaissance, celui de la jeunesse doré de San Diego, et si l’heureux élu de la semaine fréquentait ces mêmes cercles, il le connaissait forcément, sinon de nom. Pas qu’il ne fasse pas confiance à Sakura pour amener quelqu’un qui ne saurait pas se tenir : pour ça, elle avait autant concscience que lui des apparences nécessaires à tout bon évenement mondain.

A peine sorti de l’ascenseur, la jeune américano-japonaise lui porposa de l’emmener, où d’y aller à pieds. A pieds. Misha lui adressa un regard incrédule et un rien condescendant, avant de faire un geste vers la voiture de Sakura. «Et m’ôter le plaisir de me faire conduire par un des plus beaux parti de San Diego?» Surtout qu’il connaissait, et appréciait, la façon de conduire de la jeune femme. Elle ne le ramenait pas souvent, puisqu’il s’arrangeait en général pour être récupéré par l’un de ses gardes du corps quand il ne pouvait pas conduire, mais c’était déjà arrivé par le passé. «Bien sûr que tu conduis. Tu m’accordes un instant?» Demanda-t-il avat de s’eclipser vers sa propre voiture, récupérant quelques documents à l’intérieur avant de s’appuyer contre la carosserie, son portable à l’oreille. Il appela le restaurant d’abord, décrochant sans le moindre soucis une réservation pour dans une demi-heure, avant de se charger des appels plus professionnels. Hors de portée de voix de la jeune femme, évidemment : ils étaient associés, certes, mais plus elle ignorait ses petits secrets, mieux cela vaudrait pour chacun d’eux. Il finit par raccrocher, se rapprochant de la jeune femme qui serait son chauffeur non-officiel. «Tu te rends compte» Lui lança-t-il avec un amusement qu’il ne chercha même pas à dissimuler, «que tu es probablement la dernière personne que j’ai embrassé avant de me marier? Tu aurais au moins pu m’accorder un peu plus qu’un simple baiser.» Il n’était pas ennuyé, non, seulement moqueur. Et quelque peu vexé, au fond.
Il comprenait pourquoi elle l’avait rabroué, vraiment. Entre eux, dépasser le stade du simple flirt bien appuyé ne conduirait sans doute qu’à un désastre, et il appréçiait l’amitié de Sakura, d’autant plus maintenant qu’ils étaient partenaires d’affaires. Mais il n’empêche, cela ne manquait pas de le vexer, cette idée qu’elle se refuser obstinément de succomber à son charme. L’idée que c’était parce qu’il était bien trop dangereux ne l’effleura même pas. «Qu’a donc ce type que je n’ai pas?»Demanda-t-il, curieux. Et un rien agacé. Etait-ce de la jalousie? Non, absolument pas, Misha Invanov ne s’abaissait pas à de tels sentiments. Il était curieux, voilà tout. Et c’était bien Sakura qui avait lancé le sujet de son mariage plutôt que de s’en tenir à une conversation typiquement professionnelle, alors, le russe ne faisait que se conformer à ses désirs. En quelque sorte.

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Sakura Richards
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MessageSujet: Re: Rendez-vous chambre 106 || Sakura Lun 6 Juin 2016 - 11:56


Sakura s’était contentée de haussée les épaules avant de sortir de l’ascenseur pour répondre à la question posée par Misha. Elle n’avait jamais demandé concrètement à Terrence s’il connaissait le russe personnellement et l’ignorait donc. Toutefois elle ne doutait à aucun moment que la réputation de ce dernier le précédait. Il lui paraissait évident qu’au poste de police on savait qui était la famille Ivanov, ne serait-ce que parce que le Volia avait dû avoir son lot de bagarre et de suspicion de drogue, comme n’importe quel club digne de ce nom. Et ce qu’elle-même avait pu entendre concernant l’hypothèse de la mafia, ne devait pas être un facteur inconnu de la police non plus. Terry se devait de savoir qui était Misha, mais est-ce qu’ils se connaissaient, elle pensait que non, mais toujours dans un souci d’épargner son petit ami pour le moment, elle préféra rester évasive et reporta la conversation sur leur déjeuner et comment ils allaient se rendre au restaurant.

Si le blond paru surpris, voir incrédule à l’idée de marcher, la japonaise ne compris pas pourquoi. Elle marchait très souvent lorsqu’il s’agissait de faire du shopping et en plus il faisait beau et bon, ce qui justifiait d’en profiter pour se balader. Mais en tant que driver, elle ne refusait jamais de conduire non plus et son ami sembla ravi à l’idée de ce faire conduire. « Un des plus beaux partis, il ne faut rien exagérer, mais vas-y, je fais chauffer le moteur. » Déclara-t-elle avant de se diriger vers sa BMW. Elle n’avait rien contre un petit temps mort. Sa relation avec Misha était plus épuisante que jamais ces derniers temps, et ce n’était pas simplement parce qu’ils se voulaient désormais associés d’affaire. Elle avait un petit ami maintenant et ne pouvait plus se permettre de flirter aussi ouvertement avec le russe sans craindre qu’il ne saisisse sa chance comme dans l’ascenseur. Et la métisse ne souhaitait pas se retrouver dans cette position de sitôt. Le russe lui avait montré un morceau de son côté sombre et elle n’était pour le moment pas en position de riposter. Aussi préférait-elle rester sur une note plus amicale et elle avait pour cela besoin de retrouver un peu ses esprits.

Elle s’éloigna donc vers sa voiture et balança ses affaires sur la banquette arrière du cabriolet avant d’ouvrir la portière. La japonaise posa son postérieur derrière le volant et mit le contact faisant un peu ronronner le moteur. Un bruit qui la mettait toujours en émoi et l’excitait au même titre que l’acte sexuel. Certes le son ne valait pas celui de sa Honda, mais elle avait de quoi se faire plaisir sous le capot. Puis attendant que Misha termine ses coups de fils, elle s’empara de son propre portable pour consulter ses messages et ses réseaux sociaux. Elle envoyait un simple emoji cœur à Terry lorsque le blond fini par la rejoindre avec une phrase digne de lui et son côté coureur de jupon. Sakura rigola doucement en passant sa vitesse, car les boites automatiques la faisaient un peu vomir. « N’importe quoi ! Il reste tellement de temps avant ton mariage que tu trouveras forcément une autre fille à embrasser et même à sauter. »

Il possédait une boite de nuit par tous les Dieux. Ce qui signifiait plus ou moins un vivier de jeunes femmes n’attendant que de visiter les toilettes en bonne compagnie. Elle ne se faisait donc aucun souci pour la vie sexuel du russe. Elle effectua un demi-tour et épousa ensuite son éternelle conduite sportive à travers les rues de la ville, se moquant royalement des limitations de vitesse, des panneaux et surtout de la couleur des feux de signalisations. Misha lui posa ensuite une question difficile. Terrence possédait tellement plus que lui mais d’une façon indescriptible qu’il aurait été trop dur de lui répondre sans le vexer. « Il n’a rien que tu ne possèdes pas mon chéri, mais il sait me traiter comme une déesse. » Lâcha-t-elle finalement en référence à la scène de l’ascenseur. Le russe la prenait un peu trop pour un objet à son goût, ou du moins ne semblait-il s’intéresser qu’à ce qu’il y avait entre ses cuisses, hors le flic le traitait comme une femme et non comme un objet ce qui la changeait véritablement des mecs qu’elle croisait ordinairement.

Alors oui Sakura entretenait cet aspect d’elle-même, pour garder les choses légères et pour ne pas avoir à s’impliquer émotionnellement, mais c’était si agréable de trouver quelqu’un qui lui donnait envie de le faire sans que cela paraisse compliqué ou dangereux. « D’ailleurs ta fiancée doit bien avoir quelque chose de plus que moi elle aussi puisque tu l’épouses. » On disait que chaque pot avait son couvercle et Sakura était assez encline à croire à cela. Qu’il existait une personne capable de vous compléter mais pas dans le sens où sa personnalité s’ajoutait à la vôtre, mais bien que cette personne vous améliorait, rajoutait des morceaux pour vous rendre meilleur et plus complet. Et Misha en dérogeait peut-être pas à la règle, il y avait bien un truc chez cette fille qu’il n’avait trouvé nulle part ailleurs pour décider de se ranger pour elle.

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Misha Invanov
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MessageSujet: Re: Rendez-vous chambre 106 || Sakura Mar 14 Juin 2016 - 11:39

Elle ne lui avait pas répondu, et Misha ne put s’empêcher de la regarder avec suspicion, et un rien d’agacement. Elle aimait faire planer le mystère, et il soupçonnait que c’était uniquement pour l’embêter. A moins qu’il connaisse ce fameux cavalier mystère, en réalité, et qu’il ne soit pas très heureux de le savoir au bras de Sakura. Misha réfléchit rapidement, dressant une liste d’ennemis potentiels et de ceux capable de s’approcher, et de demeurer un moment, auprès de Sakura. Aucun, sans doute : le tempérament de la brune était bien trop volcanique pour que les noms de sa liste risquent de s’y associer. Lui-même avait rendu les armes et pourtant, dieu savait à quel point il ne s’embarrassait guère de ce genre de considérations d’habitude! Donc, elle gardait le mystère pour le plaisir de le faire languir, ou de le surprendre... Ce qui ne lui plaisait ni l’un ni l’autre. S’il y avait quelque chose que le russe détestait plus que d’attendre, c’était sans doute de ne pas être en mesure de contrôler sa vie. Et là, Sakura semblait se jouer de lui en lui apportant les deux.
Il se contenta donc d’un grognement visiblement agacé en réponse à son absence d’élaboration, mais ne lâcha pas le sujet pour autant, songeant que si elle était têtue, il l’était sans doute autant qu’elle. Pas grave, il attendrait son heure, et la harcelerait s’il le fallait : Misha étant qui il était, ne pas avoir de réponses n’était pas la bonne façon de faire avec lui. Il avait bien trop l’habitude de se considérer supérieur et de voir toutes ses demandes obéies sans discuter pour battre en retraite sur ce genre de sujet. Mais pour l’instant, elle lui offrait de le conduire, et quel meilleur endroit pour relancer le sujet que l’intimité de l’habitacle?

Après avoir terminé de traiter ses affaires du jour - et être encore une fois tombé sur la messagerie de cette foutue fleuriste qui lui sortait par les yeux -, Misha finit par rejoindre son amie qui s’était déjà installée dans sa BMW, n’attendait visiblement que lui. Elle lui répondit avec bonne humeur, et il ne put s’empêcher de rétorquer. «Je vais me marier certes, mais as-tu donc si peu foi en moi pour croire que je me contenterais de la première venue? Je ne suis pas si désespéré.» Comme si cela l’avait arrêté par le passé. Certes, il aimait encore ça, flirter, coucher, s’étourdir dans des ébats qu’il savait appelé à se terminé le lendemain, mais... Moins, maintenant. Il était devenu bien plus raisonnable depuis Kathleen, et si sa dernière faute en date avait été particulièrement retentissante, il n’avait plus pris le risque depuis. Il avait été assez sage, bien qu’associer sage et Misha dans une même phrase semblait assez compliqué. Mais si Sakura s’était laissé faire, il n’aurait certainement pas dit non. Il n’aurait clairement pas dit non, parce qu’elle représentait le fruit défendu qu’il n’avait aucune chance de toucher, ce qui rendait l’ensemble de la chose encore plus excitante.
La conversation continua, et Misha réussit, sans trop se fatiguer, à la ramener encore sur ce futur cavalier dont il ne savait rien, ce qui le frustrait encore davantage. A la réponse de Sakura, le russe se contenta d’un tssss qui marquait bien sa désapprobation, même s’il avait bien comprit qu’il s’agissait d’une pique lui remémorant son comportement dans l’ascenseur, et dans cette chambre d’hôtel. La jeune femme avait visiblement bien peu apprécié. «Je t’aurais aussi traité comme une déesse, si tu t’étais laissé faire.» assura-t-il en glissant sa main sur le genou de la jeune femme qui conduisait, s’attendant à moitié à se voir rejeté d’une claque empressée. Et quand la question lui fût retournée, il se contenta de soupirer. «Kathleen? Elle n’a rien de plus, et en même temps, tellement plus que je ne sais pas par où commencer.» expliqua-t-il, conscient pourtant que ce n’était pas une explication. Il ne savait pas lui-même, parfois, pourquoi il voulait l’épouser, pourquoi il éprouvait ce besoin viscéral de la clamer sienne, de l’attacher à lui et de ne plus jamais la laisser repartir. Parce qu’il l’aimait? Non, c’était trop simple comme explication. Parce qu’elle était à la fois sa maîtresse, sa confidente et la seule à savoir s’opposer à lui, si l’on excluait son père et sa soeur? Peut-être. «Mais en tout cas, elle ne refuse jamais mes avances.» Claironna-t-il, moqueur, faisant lui aussi allusion à la scène de l’ascenseur. Pourquoi Sakura serait-elle la seule à en appeler à sa culpabilité, après tout?

«Et il a un nom, ce prince charmant?» insista le russe après quelques secondes, bien déterminé à pousser le sujet jusqu’à ce que Sakura craque. Ce qu’elle ne ferait probablement pas, mais c’était amusant de la taquiner là-dessus, en vérité. Il pouvait être très agaçant quand il s’y mettait, et Misha comptait bien endosser ce rôle de casse-pieds jusqu’à ce qu’elle lui réponde, ou le gifle et lui hurle dessus. Au choix. Bien qu’à vrai dire, cela l’arrangerait d’avoir mangé avant qu’elle ne fasse ça.

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MessageSujet: Re: Rendez-vous chambre 106 || Sakura Ven 24 Juin 2016 - 11:30



Sakura manqua de s’étouffer avec le rire moqueur qu’elle retint à la dernière réplique de Misha. Il n’avait clairement pas compris ce que c’était que de traiter une femme comme une déesse, si elle devait se laisser faire. C’était là tout ce qu’il lui manquait en réalité pour avoir une chance de séduire la japonaise, il ne comprenait pas qu’elle devait être libre de ses choix, sans la moindre pression et sans peur des conséquences. Même si elle disait non à Terrence, alors il trouverait un moyen romantique de la faire céder, il trouvait une chose à dire pour la mettre en valeur de façon qu’elle est envie, elle, de lui faire connaître monts et merveilles. Tandis que le russe exigeait par la force et tapait ensuite du pied comme un gamin capricieux lorsqu’il n’obtenait pas ce qu’il voulait. Un comportement avec lequel la brune avait l’habitude de jongler depuis des années aux vues de son environnement social mais qui l’agaçait de plus en plus à mesure de son incursion dans le commun des mortels.

Pour autant elle le laissa profiter de ce qu’il du considérer comme une victoire lorsqu’elle ne repoussa pas la main qu’il avait malicieusement posée sur son genou. Ce n’était pas très pratique pour conduire et un peu dangereux pour l’intégrité de l’asiatique qui avait été obligée de remonter sa robe sur ses cuisses pour être plus à l’aise au volant, mais puisqu’il n’aurait rien de plus de sa part, elle pouvait au moins lui laisser ça. L’américano-japonaise se contenta de lui répondre qu’il ne devait pas non plus avoir choisi Kathleen pour rien et la réponse qu’il lui fit la conforta dans cette idée. Un petit sourire amusé et attendrie naissant sur ses lèvres. Il était appréciable de voir que le russe pouvait avoir un cœur, et fondant par-dessus le marché. C’était presque mignon. Mais bien sûr le blond ne resta pas sur cette note positive mais il se senti dans l’obligation de rajouter un commentaire sur l’épisode de l’ascenseur. S’il espérait la faire culpabiliser, c’était raté pour lui.

Sakura ne regretterait jamais de se refuser à lui parce qu’elle ne cherchait pas à lui plaire à tout prix. Elle avait un homme dans sa vie, avec qui elle voyait un avenir et avec qui elle voulait construire quelque chose. Et elle ne construirait rien sur des mensonges et des tromperies. Ce n’était pas son genre et elle n’avait pas se sentir coupable d’avoir dit non. Si Misha n’était pas content, c’était pareil. Ce n’était plus le Moyen-Âge où les femmes devaient obéissance et soumission à la gente masculine, et si c’était ce que le russe attendait véritablement d’elle, alors il n’avait rien appris de sa personnalité, sur toutes leurs années d’amitié. La métisse se contenta donc de secouer la tête pour chasser cette remarque idiote et pour ne rien répondre qui envenimerait les choses. Et comme s’il avait vu qu’il n’obtiendrait rien de plus sur ce sujet, il réattaqua sur celui de son compagnon, cherchant à avoir un nom. Ce qu’elle n’allait certainement pas lui donner. Pour qu’il découvre qu’il s’agissait d’un flic, non merci.

Par chance, avec sa conduite, ils arrivaient déjà devant le restaurant et elle se mit dans la file de voiture pour le voiturier et rigola doucement en déclarant avec humour. « Non il n’en a pas, je le siffle voyons ! » Elle avança encore sa voiture et s’arrêta au niveau d’un jeune homme en uniforme, elle mit sa voiture au point mort et coupa le contact. Puis elle retira gentiment la main de Misha avant d’ouvrir sa portière pour sortir. Elle lança ses clés au valet et lui annonça sans la moindre gentillesse. « Si tu l’abimes, j’abime ta tête, c’est clair ?! » La japonaise connaissait sa voiture par cœur et saurait voir le plus petit défaut s’il avait le malheur de ne pas prendre le plus grand soin de son bébé. Elle avait déjà eu le problème dans un autre établissement de la ville et avait réellement envoyé son poing dans la figure du voiturier pour lui faire comprendre que ce n’était pas bien c’est micro rayure sur sa carrosserie.

L’asiatique contourna ensuite sa BMW et pris le temps de replacer sa robe avec grâce avant de se tourner vers son ami. « J’ai une faim de loup alors j’espère que c’est toi qui paie. » Lança-t-elle avec amusement et pour éloigner le sujet de Terrence. En réalité cela lui importait peu qui allait régler la note, ils avaient tous les deux de quoi manger là, tous les jours et à tous les repas pendant de longues années s’ils le souhaitaient. Mais Sakura aimait bien que l’on dépense pour elle et elle n’avait pas honte de le dire. Et puis quoi de mieux pour taquiner Misha et le fait qu’il ne sache pas la traiter autrement que comme une fille que l’on paie pour ses faveurs. Après tous les hommes qui payaient un restaurant à une femme avaient tous l’intention d’obtenir quelque chose en échange. Et le russe comptait parmi ces hommes elle le savait et cela ne lui posait pas le moindre problème de lui faire connaître son opinion sur lui.

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