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Même pas peur || Isa

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Misha Invanov
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MessageSujet: Même pas peur || Isa Lun 19 Oct 2015 - 23:54

Trouver le numéro du portable d’Isabella n’avait pas été bien compliqué pour Misha. Inutile même de s’appeler Invanov : il avait filé 200 billets à un gamin de quinze ans qui s’était chargé de bousculer une des amies de la jeune italienne et de lui voler son téléphone. Le petit avait gardé le téléphone, Misha avait remercié sa sœur pour le tuyau sur les amies d’Isabella Nicolosi, et tout le monde était content, sauf la jeune fille volée. Tant pis pour elle après tout : le russe se souvenait d’elle, il l’avait croisé au Volia, du coup, si elle avait assez de fric pour entrer, Papa et Maman se chargerait surement de lui racheter le dernier téléphone à la mode.
Quoiqu’il en soit, Misha n’avait aucun moyen de s’assurer qu’il parlerait bien à Isa. Lui téléphoner était difficile, parce qu’il voulait voir comment elle réagirait à ses propos. Il était persuadé que son père avait démonté un à un tous les propos que le russe avait pu tenir, et pour continuer à lui mentir, il devait absolument voir ses réactions. Qu’est-ce que Tiziano avait pu lui dire du beau monde que Misha avait dressé pour elle ? L’histoire de sa sœur n’avait pas tenue, il en était à peu près persuadé, mais qu’avait pu dire l’homme sur lui-même ? Sur qui était Isabella ? Et elle, qu’avait-elle raconté ?

Autant de questions qui constituaient un problème, car Misha ne savait absolument pas comment parler à la jeune femme sans risquer qu’elle détecte le mensonge. Si toutefois elle n’avait pas encore retrouvé la mémoire, ce qui était une autre inconnue. Il y en avait décidément bien trop pour qu’organiser une rencontre soit raisonnable. Sans compter que si Tiziano, ou ses hommes, lui remettait la main dessus, le jeune Invanov savait pertinemment qu’il ne s’en tirerait pas aussi bien. Il avait eu de la chance une fois, il doutait d’en avoir une deuxième… enfin, si on pouvait appeler ça de la chance. Il avait gardé les marques de cet affrontement quelques longues semaines, et pire encore, cela avait fait vaciller sa confiance en lui, qu’il pensait inébranlable. S’il retombait entre les mains des Italiens cette fois, il savait que ce serait pire. Tiziano ne laisserait pas passer le fait qu’il cherche à corrompre sa petite fille chérie.
Non, ce n’était pas raisonnable. Mais Misha n’avait jamais eu pour objectif de l’être, après tout. S’amuser avec Isabella Nicolosi ne pouvait que servir ses intérêts. Apprendre quelques secrets italiens, voire retourner la petite princesse contre son père… les promesses étaient bien trop avantageuses pour qu’il recule devant les problèmes éventuels. Non, parler à Isabella ne pourrait que s’avérer intéressant. Tant qu’il ne se faisait pas chopper, cette fois.
Il lui avait du coup envoyé un simple sms, histoire de rester prudent pour un premier contact. De fil en aiguille, il lui avait donné rendez-vous dans les Quartiers Est, petit test pour s’assurer qu’il parlait bien à Isa et, surtout, qu’ils seraient tranquilles.

La Mafia Russe dominait les Quartiers Est de San Diego. Rien ne s’y passait sans que Nicolaï Invanov ou ses lieutenants ne soient de la partie, ce qui n’arrangeait pas tellement Misha, pour le coup. En vérité, il préférait taire à son paternel qu’il avait repris contact avec la petite Nicolosi. Son père n’en serait pas ravi, tant pour les problèmes que cela engendrerait avec les Italiens que pour la sécurité de son fils aîné. Du coup, mieux valait que le Parrain ne l’apprenne pas… mais dans les Quartiers Est, Misha savait qu’il ne risquait pas de voir débarquer les Italiens. Il avait très peu goûté l’irruption de Lucas et des Nicolosi, et n’était pas pressé de réitérer l’expérience. Mais on avait appris à Misha qu’il était plus simple de fournir des excuses que des explications, alors… tant pis. Il aviserait après. Surtout qu’Isabella Nicolosi était une proie idéale, si tant est qu’elle demeurait aussi crédule que quand il l’avait rencontrée après son coma.
Cette fois, Misha avait fait attention de s’entourer de personnes de confiance. Ses hommes, qui n’étaient loyaux qu’à lui, et aux Invanov dans une moindre mesure. Il avait bien précisé à Isa de venir seule, arguant que son père ne serait pas ravi de savoir qu’ils étaient en contact, ce qui ne pouvait être plus vrai. Rester à savoir si la jeune fille échapperait à ses gardes du corps… dans le cas contraire, les hommes du jeune russe savaient parfaitement comment s’en débarrasser.

Misha avait opté pour le parc. Un endroit ouvert et dégagé, assez touristique pour ne pas faire flipper la petite italienne, mais qu’il connaissait assez pour avoir la main sur tout ce qui était susceptible d’arriver. Une petite buvette jouxtait le terrain de jeu pour enfant, et c’était là qu’il avait donné rendez-vous à la jeune fille. Les cris des enfants parvenaient au jeune russe qui attendait à l’une des tables : d’ordinaires, il aurait pensé à Kath dans ces moments-là. Kath et leur mariage, et le bébé qui viendrait, vraisemblablement, s’ajouter à leur bonheur. Mais pas cette après-midi.
Cet après-midi, Misha Invanov, le puissant héritier de la Mafia Russe, était pas mal stressé. Une casquette des Padres enfoncé sur la tête, il attendait, et ce n’était pas son point fort. Tiziano avait laissé une forte impression la dernière fois, et même ici, sur son terrain de jeu, Misha devait bien se l’avouer : il appréhendait quelque peu que l’italien apprenne ce qu’il était en train de manigancer.


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Isabella Nicolosi
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MessageSujet: Re: Même pas peur || Isa Dim 25 Oct 2015 - 22:34

Sa mémoire ne s’ouvrait toujours pas. Elle continuait à vagabonder dans San Diego, telle une ombre, telle une âme en peine et perdue dans les limbes de cette ville dynamique mais si étrangère. Si effrayante. Il faut dire que depuis sa sortie d’hôpital, elle refusait de se mêler à la foule, de côtoyer qui que ce soit dans la maisonnée ou même l’école. Tout le monde l’étouffait. C’est ainsi, dans cette agoraphobie qu’elle reçut des sms insistants d’une amie. Elle ne tarda pas à comprendre que ce n’était nullement cette fille, mais tout bonnement un certain Misha Invanov.

« Ce type ? » pensa-t-elle, surprise.

Elle avait pensé qu’il ne souhaiterait pas la revoir à nouveau après les « ennuis » entre son père et lui, qu’il se tiendrait loin d’elle par peur ou par orgueil brisé. Au contraire, il revenait vers elle …. Elle ne savait quoi en penser, et comment interpréter. Dans un premier temps, elle jugea bon de refuser, surtout qu’on lui avait mis en garde des quartiers indiqués dans le sms. Puis, elle se ravisa. Curiosité malsaine de la nature humaine, elle avait besoin de savoir pourquoi elle ne pourrait pas se rendre à ces quartiers, et prit comme excuse la nécessité de remercier cet homme pour ses bienfaits et s’excuser platement pour les actions de son père.

Dire était une chose, faire en était tout autre. Leurrer ses gardes du corps avait été une tâche complexe. Elle avait prétendue vouloir manger quelque chose, puis vouloir aller aux toilettes …. Pour au final s’échapper par la porte de service des cuisines. Ensuite, il fallait dégotter à une vitesse incroyable un taxi – ses gardes du corps élite se rendront bien vite compte du pot aux roses !-.

- Où voulez-vous aller mademoiselle ?
- Au … Euh …


Dans sa panique, elle renversa tout sur le siège – elle était sur le siège arrière, forcément –, retrouva son portable, relu mot pour mot l’adresse, puis rangea à nouveau le tout, le rouge aux joues par sa honte ! Ses mains tremblaient encore, et sa gorge était toujours plus sèche au fur et à mesure de l’avancée du taxi.

« Je ne devrais pas, je ne devrais pas » disait-elle, répétant inconsciemment sa petite voix intérieure, voix d’outre-tombe provenant d’une mémoire capricieuse et verrouillée pour une durée indéterminée. Arrivée à destination, elle attendit un certain temps pour s’aventurer dans le parc, ayant pesé lourdement avec l’absence de ses souvenirs, le pour et le contre de cette décision qui – pour une raison inconnue – ne lui disait rien qu’y vaille.

Ainsi, en conclusion, tout en se répétant « qu’elle ne devrait pas », elle se lançait au sein de cette grande verdure pour rejoindre Misha Invanov. A peine avait-elle fait quelques pas que déjà un homme vint à sa rencontre pour lui indiquer d’une main le lieu où se trouvait le Russe. Intimidée, apeurée également, elle remerciait d’une faible voix cet inconnu.

- Bonjour … hum … Misha. Merci pour l’invitation, introduisait-elle. Je m’excuse vraiment pour tout ce que … ce qui s’est passé. Je ne comprends pas … Je …

Isabella Nicolosi, la petite princesse des Italiens, qui savait toujours ce qu’elle voulait, qui savait toujours s’en sortir d’une manière ou d’une autre n’était plus qu’une feuille tremblotante et friable.

- Pourquoi toute cette haine ?

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Misha Invanov
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MessageSujet: Re: Même pas peur || Isa Ven 30 Oct 2015 - 22:36

La contacter n’avait pas été difficile, l’inviter non plus. En vérité, Misha savait que c’était la partie la plus simple de son plan. Non, la véritable difficulté constituait à faire demeurer secrète cette rencontre… et clairement, que l’affaire vienne aux oreilles de son père n’était pas ce qui l’inquiétait le plus. Tiziano saurait, que sa fille le lui dise ou non. Il doutait qu’elle réussisse à semer ses gardes du corps très longtemps, tout comme il doutait qu’elle ne vienne réellement à cette rencontre.
Mais elle était là. Sa petite silhouette fine et fragile n’était que l’ombre de la petite Isa si décidée qu’il avait connu, mais il s’en contentait volontiers. Il avait planifié ce moment à la perfection, avait révisé dans sa tête ce qu’il avait à dire ou faire. Il devait aller droit au but, ne sachant exactement de combien de temps il disposait avant que la petite italienne ne lui échappe à nouveau, pour un temps bien plus long cette fois. Son père allait sans doute la séquestrer à la villa familiale après cette petite virée ! A moins qu’elle ne finisse par retrouver la mémoire, ce qui n’était, visiblement, pas le cas. Elle n’avait, en réalité, aucun intérêt à lui mentir. Et si sa frêle silhouette tremblante était un indice, elle semblait complètement perdue… ou alors, elle méritait un Emmy pour sa prestation. Mais Misha était sûr que si Tiziano avait été au courant, jamais il n’aurait autorisé cette rencontre. Et il n’aurait sans doute jamais autorisé les excuses de la jeune fille, non plus.

Sérieusement, s’excuser pour tout ça ? S’il n’avait pas été convaincu de la nécessité de tenir le rôle qu’il s’était attribué, le russe aurait éclaté de rire. Il savait avoir mérité ce déchainement de violence, étant, après tout, le premier coupable dans l’affaire. Evidemment, il aurait préféré y échapper, mais ça ne s’était pas déroulé comme prévu. Mais voir Isabella Nicolosi s’excuser pour ça était particulièrement plaisant. Levant ses yeux bleus vers elle, Misha la dévisagea un petit moment avant de hausser les épaules. « Ce n’est pas de ta faute. Je savais que ton père ne prendrait pas très bien notre rencontre. Tu veux boire quelque chose ? » Demanda-t-il aimablement. Il semblait parfaitement crédible dans ce rôle de jeune homme malmené par le père complétement fou, presque innocent de ce déchainement de violence. Et pourtant. La petite buvette était un endroit tranquille, les familles s’y installaient pour boire un verre, et Misha songea que lui et Isa se fondaient parfaitement dans le décor, en apparence. En apparence seulement, parce qu’en vérité, cet endroit ne devait pas souvent recevoir la Mafia, ni même être le théâtre de la rencontre entre deux ennemis. Sur le papier du moins : Isa, désormais, n’était l’ennemie de personne. Elle qui semblait, auparavant, si sûre d’elle, donnait l’impression de mourir de peur à chaque fois que quelqu’un passait trop près d’elle.

Le russe réfléchit quelques instants avant de lui répondre. « Pourquoi ? Tu ne te souviens vraiment de rien ? » Evidemment, elle avait l’air de tout, sauf de quelqu’un qui savait qui il était vraiment. Mais c’était bien mieux ainsi pour Misha, qui plongea la main dans sa veste avant de sortir deux faire-part. Inutile de les ouvrir pour savoir que les nouvelles qu’ils annonçaient n’étaient pas des plus heureuses. « Les faire-part de décès de tes infirmiers. L’un d’entre eux avait un gosse de dix mois, qui ne verra plus jamais son père ». Perso, il s’en fichait complètement, mais c’était assez mélodramatique pour impressionner Isabella, il en était sûr.
Misha marqua une longue pause, la laissant réfléchir à ce qu’il venait de dire. Il savait ne pas disposer de beaucoup de temps, mais brusquer les choses était risqué. Saisissant son portable, il fit mine de regarder l’écran avant d’indiquer à la jeune italienne :  « Excuse-moi, c’est ma fiancée. On prépare notre mariage, et elle est un peu sur les nerfs. Je lui réponds juste ». Se servir de cette excuse était brillant : après tout, attirer la sympathie de la jeune femme était tout ce qu’il cherchait à faire. Un sms à ses gardes du corps, les prévenant de guetter ceux qui étaient censés veiller à la sécurité d’Isa, et Misha revint à la conversation. Se servir de Kathleen ne lui posait pas le moindre souci de conscience. De toute façon, les scrupules, ce n’était pas ce qui étouffait le jeune russe. Une fois son téléphone reposé, il décida qu’il était temps de passer aux choses sérieuses. Franchement, il aurait préféré prendre plus de temps, l’était d’Isabella laissant à désirer. Mais si elle était venu ici, c’est qu’elle lui faisait confiance, un minimum. Et il était bien décidé à ne pas laisser cet avantage à Tiziano.

« Je m’inquiète pour toi. Tu es sûre que tu es en sécurité chez toi ? » Le ton, le regard, tout y était. « Tu devrais parler à la police, Isa. Je ne blaguais pas à propos de ton père, il est dangereux. Ne me dis pas que tu n’as pas remarqué qu’il tramait des choses louches. »
Et voilà. Misha avait lancé la ligne, il n’avait qu’à espérer ferrer le poisson. Et convaincre Isa de parler, soit au flic, soit à lui. Réduire à néant les Nicolosi à cause de leur petite princesse, l’idée était splendide.

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