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[Poste de police de Gaslamp Quarter, 28 septembre] Let me in | Curtis

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Anya R. Davieson
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MessageSujet: [Poste de police de Gaslamp Quarter, 28 septembre] Let me in | Curtis Sam 17 Oct 2015 - 14:18

     

Anya ♦ Curtis

Let me in
C
'était une chose peu commune pour un criminel que de recevoir un coup de fil de la part de la police. Pourtant, c'était ce qui avait attendu Curtis ce soir-là, aux environs de 3h du matin. "Vous êtes Curtis Marshall? Vous êtes inscrit dans la liste de contacts d'urgence d'Anya Rose Davieson. La connaissez-vous?" Il lui laissa le temps de répondre, avant d'expliquer. "Surtout, ne vous inquiétez pas, ce n'est pas grand-chose… Elle a été trouvée dans un état d'ébriété avancé, alors il serait bien que quelqu'un vienne la chercher. Pouvez-vous venir au poste de police de Gaslamp Quarter? Nous vous attendons." Le policier regarda la jeune fille rire et plaisanter avec sa compagne de cellule, apparemment inconsciente de ce qu'il se passait. Elle s'était fait amie des femmes de sa cellule en un rien de temps, complimentant l'une et posant des questions à l'autre. À présent, elle était appuyée sur une femme de forte corpulence noire, qui avait été arrêtée pour trafic de drogue. Et elles échangeaient des informations sur leur quotidien, la jeune Anya riant, s'arrêtant parfois lorsque l'envie de vomir la prenait. Parfois, aussi, elle essayait de se lever, mais cela se soldait rapidement par une chute qui devait être douloureuse du haut de ses talons de vingt centimètres. Parfois aussi, elle rampait jusqu'aux barreaux de sa cellule et commençait à discuter avec le garde et le charmer de ses grands yeux gris, avec un sourire enfantin. Le policier se demanda ce qui l'avait amenée dans cette situation. Il était toujours triste de voir des femmes se mettre dans des états pareils. Il secoua la tête et partit se servir un café. Il ne revint que plus tard lorsque Curtis Marshall fut annoncé. Il lui serra la main en le guidant vers la cellule. "Je suis content de voir qu'elle a une personne qui peut l'amener. On l'a trouvée qui déambulait dans la rue en chantant joyeux anniversaire, à tue-tête. Les agents ont dit qu'elle ne tenait pas droit et qu'elle avait une bouteille de vodka à la main. Ils ont essayé de l'aborder, mais ils étaient en civil. L'un d'entre eux s'est retrouvé à terre sans comprendre comment… Lorsque l'autre s'est identifié, elle s'est excusée en disant que son père était Marine et qu'il lui avait tout appris." Il soupira. "Après ça, elle a refusé de les suivre et s'éloignait en buvant la vodka, qui avait l'air d'avoir été faite maison. Les agents ont fini par la faire rentrer dans la voiture et l'amener ici."

Lorsque Curtis arriva à la cellule, il put la voir de dos, appuyée sur les barreaux de la cellule, ses longues jambes étendues et croisées devant elle. Elle portait une très courte et très moulante robe verte qui laissait peu de place à l'imagination et elle chantonnait joyeusement. Le policier l'interpella. "Miss Davieson." Aussitôt, elle se retourna, avant de laisser sa tête s'appuyer contre la barre en marmonnant. "Pas cool commissaire, pas cool". Malgré le monde qui tournait autour d'elle, elle parvint à lever le regard et repérer un visage qu'elle reconnaîtrait entre mille. Son expression s'éclaira. "Hey Curtis! Tu t'es fait arrêter toi aussi? T'as fait quoi?" Le commissaire l'interrompit. "J'ai appelé Mr Marshall pour qu'il vienne vous chercher, Miss Davieson. Il va vous ramener chez vous." ses sourcils se froncèrent en signe d'incompréhension et elle tenta de se lever comme elle pouvait en se tenant aux barreaux. Le garde ouvrit la porte et elle lui offrit un sourire charmeur. "Surtout, n'oublie pas de passer au Volia, tu verras, ce sont les plus jolies filles de la ville." Et puis, elle se retourna vers les filles de la cellule et leur envoya un baiser. Elle rappella à la grande noire de la tenir au courant de son régime, et à une punkette dans le coin à la coupe affreuse de lui donner l'adresse de son coiffeur. Tout le monde lui dit au revoir aussi joyeusement que possible vu la situation et Anya se retourna, s'accrochant solidement aux barreaux de la cellule en riant. "Je vais bien, je vais bien!" Le commissaire fit signe à Curtis d'aider Anya et regarda la demoiselle avec un air de réprobation. "Considérez votre libération comme un cadeau d'anniversaire. Qu'on ne vous y reprenne plus, Miss Davieson." Pour seule réponse, Anya s'accrocha à Curtis en chantonnant encore une fois "Joyeux anniversaire". Elle ne fit que ça jusqu'à ce qu'ils soient hors de la station. Elle leva alors lentement la tête vers lui, sentant que son corps entier rejetait chacun de ses mouvements. Elle força un sourire quand même. Ce soir, elle voulait simplement penser à autre chose. "La nuit est encore jeune et c'est mon anniversaire. On va faire la fête Curtis, dis, s'il te plaît, s'il te plaît?" Comme elle put, elle se haussa jusqu'à son oreille où elle murmura de son souffle fortement alcoolisé. "Si on va faire la fête, je ferai touuuut ce que tu voudras, absolument tout." Mais son discours était lent et traînant et lorsqu'elle tenta de poser ses lèvres sur son cou de manière sensuelle, le mouvement maladroit dérapa alors qu'elle retombait brusquement de la pointe de ses pieds.

L'anniversaire d'Anya n'était connu de personne. Tout comme son âge réel d'ailleurs. Elle était trop proche des opérations et surtout, trop connue dans son travail au Volia comme pour permettre que quelqu'un laisse échapper par mégarde qu'elle avait travaillé là-bas avant même d'en avoir le droit. D'ailleurs, dans la Famille, peu savaient l'âge réel qu'elle avait. Ceux qui connaissaient son âge étaient les Invanov et quelques autres membres qui étaient là depuis toujours. Et maintenant Curtis.

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Curtis Marshall
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MessageSujet: Re: [Poste de police de Gaslamp Quarter, 28 septembre] Let me in | Curtis Sam 17 Oct 2015 - 23:08

Depuis les meurtres que nous avions commis et la soirée que nous avions passée, totalement décrochée de toute réalité, il m’était difficile de trouver le sommeil. Pas parce que j’avais tué un homme, non … ça il y a bien longtemps que ça ne m’embarrasse plus sous peu que ça puisse avoir été le cas une seule fois. Mais parce que j’avais pris conscience du réel attachement que je nourris pour elle, et de la place, trop grande, qu’Anya a pris dans ma vie.
Moi, l’homme que l’on n’attache pas. L’homme d’aucune femme. Dont la vie ne tourne que dans un seul sens, dans son seul intérêt, ne prêtant guère attention au monde qui l’entoure. Fait pour une vie sulfureuse, ne connaissant les interdits et se fichant bien de l’image qu’il renvoi. Une existence qui ne m’avait, jusqu’à présent, posé aucun désagrément. Seulement des avantages à court terme, le temps qu’il faut pour parvenir à s’en lasser avant de recommencer. Une existence à ma convenance. Jusqu’à elle.

Depuis cette soirée où rien n’avait présagé de ce qui est arrivé, compte tenu des circonstances auxquelles nous avions été confrontés, elle m’avait laissé entendre vouloir la même chose que moi. Ses lèvres sur les miennes, sans que je n’ai à forcer les choses, sans que je n’ai besoin de la mettre en condition, ou de la persuader à ma manière … avait laissé sur moi plus d’empreintes que je n’aurais pu le penser. Notre proximité des plus naturelles, son étreinte, et toute sa confiance … Les jours qui avaient suivi … Il m’avait été impossible de me ressembler. Impossible d’agir à l’identique d’un comportement que je connais pourtant par cœur. Facile. Parce que mon esprit était ailleurs. Et à nouveau, elle s’évertuait à mettre le plus de distance possible entre elle et moi. Alors peut-être que Misha n’avait rien à voir derrière tout ça, peut-être que ce n’est que ce qu’elle veut. Sa décision, son choix, son besoin. Mais il allait à l’encontre de nous, mais aussi d’elle-même. Je refuse de croire à sa versatilité qui lui ferait prétendre une chose et son contraire l’instant d’après. Il y avait autre chose … mais quoi ?
N’ayant plus l’âme à la drague, il ne m’avait plus été possible de reposer les pieds au Volia en quête de compagnie agréable, pour la voir s’ébattre sur scène, et la voir me jouer l’indifférence. Je n’avais pas envie de ce jeu-là. De la regarder, une femme à mon bras, et de lui faire savoir que ça ne m’émeut point. Que sa réaction ne m’affecte pas. Tout comme je ne saurais prévoir d’une réaction incontrôlée de ma part si un client se montre impudent à son égard. Alors, à sa manière, j’ai tenu mes distances. Cherchant à me complaire dans cette posture à laquelle elle m’a, inconsciemment, assigné. Et il en fut ainsi jusqu’à ce que mon téléphone sonne à 3h du matin.

Rejetant l’oreiller que je maintenais contre mon visage dans l’espoir que l’asphyxie m’accorde le sommeil que j’implore, je me relève et me saisis de mon téléphone portable, posé sur la table base du salon. A l’autre bout de la ligne, la police. Mais pour un tout autre fait que celui auquel j’aurais pu m’attendre et qui m’aurait mis sur la défensive. D’un ton posé et calme, il me fit savoir qu’Anya se trouve en cellule en raison de son fort état d’ébriété et que je suis la personne à contacter en cas de besoin. Marquant un silence, je lui réponds un très direct « j’arrive tout de suite », avant de raccrocher. Vêtu d’un simple survêtement et d’un T-shirt, j’attrape ma veste à la volée et prends la direction des Gaslamp Quarter. Une foule de questions envahissait mon esprit alors que je ne relâchais la pédale d’accélération que pour amorcer un virage. Arrivant à destination, je décline mon identité et  le flic à l’accueil me fait part du topo de la soirée et de ce qui l’a conduit à se retrouver en cellule alors qu’on marchait pour la rejoindre. Son anniversaire ? J’ignorais totalement cette information. Mais qu’est-ce qui lui avait pris de se mettre dans un état pareil ? Et avec qui avait-elle passé la soirée pour finir dans une telle condition ? Je pouvais déjà reconnaitre sa voix à l’autre bout du couloir tellement elle parlait fort. Lorsqu’on arriva, elle se releva avec tellement de difficulté qu’il fallut qu’elle se tienne aux barreaux pour y parvenir. Ce qu’elle portait avait tout de ce qu’il fallait pour attirer le regard et l’y reprendre à plusieurs reprises. Elle me reconnut aussitôt, forçant mon sourire à la vue de ses propos. Je lui file un coup de main pour sortir de la cellule, passant son bras par-dessus mes épaules et maintiens fermement sa taille pour qu’elle ne perde une nouvelle fois l’équilibre. Le policier se retourne sur elle pour lui faire savoir qu’il est prêt à passer sur son écart de conduite de ce soir considérant son anniversaire aussi important qu’elle pouvait l’avoir fêter mais qu’il ne l’y reprenne plus. Anya se contenta de reprendre sa chansonnette à tue-tête en réponse et je me sentis contraint de l’en remercier d’un signe de la tête pour la sollicitude dont il faisait preuve. Une première !
Lorsqu’on fut hors de l’enceinte et que j’étais déjà soulé de l’entendre chanter sans s’arrêter, je marque un temps d’arrêt et elle me regarde sans parvenir vraiment à ne pas tanguer d’un sourire qu’elle ne contrôlait déjà plus. Elle ajoute tel un secret que l’on passe sous silence à mon oreille pour conserver toute sa sensualité, qui me fit éclater de rire.

« Je vais surtout te ramener chez toi, il te faut dormir Anya », lui répondis-je avant de la conduire jusqu’à ma BRZ. Arrivant devant la voiture, je lui adresse un regard des plus sérieux bien que je sais qu’elle aura certainement tout oublié de la soirée à son réveil, mais ça ne fait rien.

« Je te défends de vomir dans ma bagnole, si tu le fais, tu rentreras chez toi à quatre pattes ! », lui dis-je, impératif, sachant pertinemment qu’il était hors de question que je la lâche pour la soirée. Certes, les circonstances jouaient encore contre nous, mais j’étais plus que flatté d’être la personne à contacter en cas de besoin. Néanmoins, cela en disait long sur l’état de sa famille et certainement sur l’état dans lequel elle se trouve en cet instant. Je dissimule l’inquiétude qui s’empare de mon regard et l’installe côté passager. La banquette arrière de mon coupé ne pourrait lui offrir un tant soit peu de confort. Prenant la route de Grantville dans les quartiers Est, mon regard se porte plus souvent sur elle que sur la route.

« Tu as eu de la chance que ce soit la Police qui t’ai trouvé en premier, tu te rends compte de ça», lui dis-je, cherchant à rappeler à elle la raison dont elle s’était déchargée pour la soirée. Je ne savais comment appréhender pareille situation tout en devant conserver mon calme face aux événements qui promettaient une fin de soirée très longue, soirée qu’elle regretterait très certainement demain. Cependant, je n’avais pas envie de lui pourrir plus la vie. Elle en vivait assez. Et qui sait, peut-être serait-elle lui ouverte à la confidence qu’elle ne peut l’être en temps normal … Mais qui saurait, d’elle ou de moi, qui a le plus abusé en cette nuit ?
Une aubaine d’avoir décidé de faire entorse à mes principes en cette soirée. Et peut-être continuait-elle de me sauver la mise sans même s’en rendre compte …

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Anya R. Davieson
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MessageSujet: Re: [Poste de police de Gaslamp Quarter, 28 septembre] Let me in | Curtis Dim 18 Oct 2015 - 0:07

     

Anya ♦ Curtis

Let me in
L
a vie d'Anya ne se simplifiait pas avec le temps. Au contraire, il lui semblait que plus le temps passait, plus elle se compliquait et plus elle avait envie de la fuir. Elle avait eu un rôle simple en tant qu'enfant: simplement être enfant/adolescente. Depuis qu'elle travaillait pour la mafia, elle avait appris à endosser de nombreuses casquettes, aussi différentes les unes que les autre et elle avait largement compté sur ses capacités intellectuelles pour y parvenir. Mais ces derniers temps, son cerveau semblait faire un court-circuit et avoir de la peine à tout assimiler. En quelques semaines, sa vie entière avait beaucoup changé et certaines de ses convictions ébranlées. Elle avait offert sa virginité, elle avait tué un homme, elle avait pris une semaine de vacances à Los Angeles avec Misha et elle se préparait à devenir la manager du Volia, énorme preuve de confiance de la part de Misha. Pire que tout, elle avait réalisé qu'elle s'était attachée à cet imbécile d'américain, cédant au même appel de la sirène auquel sa mère avait cédé trente ans auparavant. Mais Anya n'était pas prête à le faire. Elle ne savait même pas comment faire ni ce qu'il fallait faire de ces sentiments encombrants. Ils s'étaient dit au revoir après qu'elle se fut réveillée dans son lit, le bras toujours endolori. Elle était allée voir son médecin, qui ne posait jamais aucune question, et elle avait passé des semaines de convalescence terribles. Mais le pire, ce n'était pas la douleur physique, c'était psychiquement tout ce qu'elle voyait lorsqu'elle fermait les yeux ou qu'elle se prenait à réfléchir. Anya avait horreur d'avouer ses faiblesses, mais il fallait avouer que ces derniers mps, elle avait beaucoup de peine à vivre dans l'instant présent et dans la réalité. Elle pensait à sa victime, elle revoyait son bourreau, elle sursautait au moindre bruit dans la rue et elle était devenue paranoïaque. Sa semaine de vacances avec Misha avait un peu calmé ses nerfs, mais le traumatisme demeurait.

Avec tout cela, elle savait que son anniversaire approchait et ses insécurités ne se faisaient alors que plus présentes. C'était toujours un moment qu'elle craignait à cause des traditions que sa famille avait instauré depuis sa jeunesse. La semaine d'anniversaire… Toute la semaine précédant leur anniversaire était remplie de surprises et culminait par une nuit blanche pour être réveillé à minuit. Ce serait sa huitième année sans ça, sans une famille, sans cadeaux précieux, sans moments et souvenirs à chérir. Oh, bien sûr, les Invanov lui offriraient bien quelque chose en l'honneur du bon vieux temps où ils assistaient à ses anniversaires. Mais cela s'arrêtait là. Elle fêtait toujours son anniversaire toute seule. Ce jour-là, elle avait mené une journée tranquille, se préparant à bientôt entrer en fonction comme manager du Volia, prenant note de toutes les tâches qui lui incomberaient bientôt. Elle savait qu'en plus d'être une opportunité, cette promotion était une épreuve qu'elle devait réussir si elle voulait avancer davantage. Elle savait qu'ils attendaient beaucoup delle, mais ce qu'ils attendaient d'elle ne pouvait être comparé à ce qu'elle attendait d'elle-même, qui allait au-delà de tout. Ce soir-là, en sortant du Volia et en rentrant chez elle, elle avait décidé qu'elle allait fêter son anniversaire toute seule s'il le fallait. Mais heureusement, Anya était Anya, extrêmement sociable et connaissait beaucoup de gens de qui elle ne craignait pas grand-chose. Elle avait appelé un de ses amis passagers et elle avait trouvé une soirée à laquelle se rendre. Elle y était allée et avait bu quelques verres, beaucoup de tequila, avant de sortir la bouteille d'Ivan. Et puis, elle avait promis de se rendre avec eux à une soirée dans les quartiers résidentiels de Gaslamp Quarter, après avoir parlé avec un ou deux autres amis passagers qu'elle avait croisés. Le seul problème, c'est qu'au moment d'aller à la fête, elle s'était perdue en chemin. Et des policiers en civil l'avait interpellée.

Anya se trouvait dans un état qu'elle aimait. Elle sentait sa tête légère et ses membres engourdis avec un sourire de pur bonheur. Elle voulait encore ça, la facilté, l'oubli, le manque d'inhibitions. Elle voulait être toujours cette femme qui ne craignait pas la proximité entre l'homme qui lui plaisait et elle. Elle ne comprenait pas ce que Curtis faisait là, mais elle s'en fichait pas mal. Il pouvait la faire sortir danser. Néanmoins, lorsqu'il refusa, elle fit une moue boudeuse et croisa les bras."Je ne suis pas fatiguée, je veux aller danser et je ne bougerai pas de…" Mais en réalité, c'était inutile, elle n'avait aucune force et tenait pas debout et le monde tournait. Aussi, lorsqu'il la conduisit jusqu'à sa voiture, elle ne put faire autre chose que ricaner de dédain en s'installant sur le siège passager. Sa tête était si lourde, mais elle voulait continuer cet état. Il était pour elle hors de question de redescendre de ce nuage de bonheur. "De toutes façons, je ne vomis jamais." Et c'était vrai, mais vu la qualité et la quantité d'alcool ingurgitée, elle avait parfois de sérieux doutes en cette longue soirée. Elle appuya son front sur la vitre et ferma les yeux, son esprit embrumé et délicieusement silencieux.  À sa remarque sur la chance, elle ricana. "De la chance? Qu'est-ce qu'il aurait pu m'arriver d'autre? J'aurais pu passer une bonne soirée et faire la fête jusqu'au bout de la nuit! Et toi, t'es un rabat-joie." Elle dit, boudeuse, alors qu'il se parquait devant chez elle. Elle tenta de sortir de la voiture, en oubliant totalement que sa ceinture était encore mise. Elle grogna. "Mais ça sert à quoi à part embêter, tout ça?" Elle défit sa ceinture et sortit de la voiture, trébuchant presque sur le trottoir, zigzagant pour arriver à sa porte, contre laquelle elle s'appuya en cherchant ses clés dans sa minuscule pochette. Les clés trouvèrent toutes seules le chemin de la sortie, puisqu'elles tombèrent au sol en clinquant bruyamment. "Shhhhhhhhhh" Elle murmura encore plus fort que les clés. Mais elle ne parvint à les ramasser, aussi fût-elle reconnaissante d'avoir Curtis à ses côtés. Elle le guida ainsi jusqu'à la porte de son appartement, qu'elle le laissa ouvrir.

Le petit studio était accueillant. La petite kitchenette à l'entrée, le petit salon à gauche, avec son grand canapé et surtout ses rangées interminables de vieux films, encore plus loin son lit confortable, des petites lumières, le tout très féminin, agrémenté partout de photos de son enfance, de cette famille qu'elle ne voulait pas oublier avec le temps. Des photos de Misha, Dimitri et elle, la petite fille de trois ans tenant la main des deux grands garçons. Des photos d'elle assise à côté de son père qui jouait à la guitare. Des souvenirs d'une époque révolue et d'un passé qui la hantait encore. "Bienvenue chez moi. Une vodka d'Ivan? Cet homme de main avait un sacré don pour sa vodka maison et elle en avait en quantité, elle se dirigea vers la petite étagère de la cuisine pour en sortir une, s'accrochant à tous les meubles qu'elle croisait et vraiment pas en état de continuer à boire, mais pourtant bien déterminée.

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Curtis Marshall
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MessageSujet: Re: [Poste de police de Gaslamp Quarter, 28 septembre] Let me in | Curtis Sam 24 Oct 2015 - 16:11

Que savions-nous l’un de l’autre ? J’ignorais tout de son anniversaire et tant d’autres choses dont nous n’avions jamais parlé, jamais abordé, jamais saisi. Ma connaissance n’excédait pas le peu qu’elle m’avait dit sur elle et ce que j’avais pu découvrir à force de la fréquenter. Mais c’était insuffisant. Ça ne fait de nous que de simples connaissances dans le fond. Cela rapproche mais ne lie nullement. Que pouvais-je donc prétendre après ça ? Lui faire le coup de lui dire qu’elle pourra toujours compter sur moi, qu’elle peut s’appuyer sur moi en cas de besoin, que je peux devenir pour elle ce qu’elle veut. Un proche confident comme un ami sincère ? Pourquoi en viendrait-elle à se confier à moi, et surtout pourquoi le ferait-elle ? Et si elle se prend à me parler sincèrement d’elle, saurais-je en faire autant ? Saurais-je prêt à tout ça ?
La voir dans cet état, totalement seule et désemparée, et pourtant bien mieux que dans celui dans lequel je l’avais quitté la dernière fois que je l’avais vu, me laissait songeur. Elle était là, à presque m’engueuler de venir lui gâcher sa fête d’anniversaire, de ne pas être dans le même trip qu’elle et la brimer dans son attitude des plus libérées et en même temps, loin, si loin de moi. Je n’avais pas la moindre petite idée de ce qu’elle pouvait vivre au quotidien, ce que sont ses pensées, ce qui la tient aussi fermement chaque matin pour l’abandonner totalement dès la nuit tombée. Mais certainement, avons-nous voulu tout ça. De ne connaitre de l’autre que le strict minimum pour s’en tenir à ce que l’on croit de l’autre pour tout le reste. Pour se donner l’impression que les choses restent sous contrôle, qu’elles ne prennent qu’une ampleur modérée. Mais c’était faux. Une lamentable erreur. Ce serait comme accepter de faire les choses à moitié, de ne se contenter que de 50%. Et qu’autorisaient ces 50% ? Que je puisse franchement la draguer mais pas la toucher, que je puisse imaginer autant que je veux sans concrétiser, que je fasse semblant de la connaitre sans véritablement la connaitre ?

Ça n’a aucun sens, aucun sens. Et puis qui fixent les limites ? Qui considère qu’une telle parole ou une telle action franchit le 51ième pourcent interdit si ce n’est nous ? Pourquoi ne pourrais-je pas savoir véritablement qui elle est, ce qui l’engage au quotidien, qui elle est vraiment ? Parce que tout pourrait venir rompre le sortilège d’un mythe que l’on a entretenu autour de chacun de nous ? Quand bien même cela peut être vrai, ce n’est pas celle que je vois qui m’intéresse mais bien celle qu’elle est. Et je sais la barrière si fine entre les deux. Une barrière derrière laquelle nous nous sommes réfugiés, elle et moi, pour ne pas avoir à trop en dire, à trop en montrer, à trop y croire. Mais je voulais que tombe cette barrière bien qu’il soit plus facile à dire qu’à faire.
Dans la voiture, elle ne cessa de râler et de m’apostropher à chacune de ses paroles, comme si j’étais responsable de sa si mauvaise fin de soirée.

« Tu veux que je te dises, si ce n’était pas un rabat-joie que tu cherchais pour une telle situation, tu ne m’aurais pas inscrit sur ta foutue liste ! Alors cesse de te plaindre ! ». Lui répondis-je, amusé de notre petite querelle sans importance. Ni elle, ni moi n’étions prêts à véritablement accepter les propos de l’autre, la capitulation ne pourrait venir aussi tôt. Même dans l’état dans lequel elle se trouvait, elle parvenait à trouver quelque chose à me reprocher, c’était un monde !
Arrivés devant chez elle, elle maugréa après la ceinture de sécurité qui la retenait attachée dans son siège, finissant par réussir à sortir. Mais parvenir à entrer risquait d’être plus compliqué que prévu. Ses clés chutèrent au sol alors qu’elle dévastait son minuscule sac à main dans l’espoir d’y mettre la main dessus. Je les ramasse alors qu’elle tempête, les agitant d’une main, soulignant toute la facilité de la tâche. Nous parvenons jusqu’à la porte de son appartement que je prends soin d’ouvrir à sa place. Son studio très cosy, offrait une ambiance agréable, simple et très sobre. Le design très féminin laissait apercevoir des photographies un peu partout dans son appartement. A la différence du mien, il donnait envie d’y vivre. Il ne ressemblait pas à une illustration type trouvée dans un magazine où tout y est à sa place, sans que cela ne puisse être jamais déplacé, jamais animé au risque d’en perdre tout l’agrément. Sa réplique me fit sourire alors que parvenir jusqu’à la cuisine était un véritable parcours du combattant pour elle. Je pris soin de refermer derrière nous, quitte à ajouter une difficulté supplémentaire si l’envie lui prend de s’en aller.

« Tu peux boire autant que tu veux, tu ne ressors plus d’ici de toute façon », soulignais-je sans la regarder s’acharner à se mettre minable, attiré par les images placardées au mur. Je reconnus Misha, qui avait bien meilleure tête étant môme, et un autre garçon dont la complicité du trio transparaissait sur le cliché. Les deux garçons étant cependant, bien plus âgés qu’elle. La suivante la montrait enfant, aux côtés d’un homme que je n’avais jamais vu, peut-être un proche parent de la fillette, peut-être même son père. Des instants à elle, des souvenirs qu’elle chérissait encore aujourd’hui, malgré le temps qui passe. Et une fraction de secondes, je fus jaloux de ce qu’elle avait. Il n’y avait que moi pour attester de celui que je suis, et ne restait rien de ma vie passée, mais certainement était-ce mieux ainsi. Je me détourne pour revenir vers elle, qui avait déposé sur le comptoir deux verres à shot, pleins, et une bouteille fournie d’aucune étiquette. Une garantie du fabricant.
Je me saisis du verre que je descends cul sec, appréciant la brulure le long de ma gorge et repousse définitivement de lointaines pensées de ma conscience. Je la regarde alors, si obstinée et ravageuse.

« Tu devrais arrêter de boire Anya, ça ne te rajeunira pas », lui dis-je, un demi-sourire sur les lèvres. Elle devrait faire avec moi toute la nuit, indirectement par sa seule faute, bien que ce soit le plus à moi que la situation profite. La vie s’acharnant à nous réunir dans les pires moments, j’aime à penser que ce n’est nullement pour nous nuire mais bien pour nous apprendre à tirer parti du négatif en quelque chose de positif. Que dira-t-elle dans quelques heures, une gueule de bois monumentale et moi dans son salon ? Pourrions-nous à nouveau occulter toute question et choisir de n’avoir rien de plus à nous dire ?
Et si cette soirée changeait tout ?



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Anya R. Davieson
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MessageSujet: Re: [Poste de police de Gaslamp Quarter, 28 septembre] Let me in | Curtis Sam 24 Oct 2015 - 18:38

     

Anya ♦ Curtis

Let me in
E
lle avait décidé avec un plaisir non mesuré de boire toute seule, de s'oublier. Lorsqu'elle rentrerait chez elle, elle savait qu'aucun gâteau ni aucun cadeau ne l'attendrait. Alors elle avait simplement décidé de boire assez pour oublier, chaque soir d'anniversaire, que personne ne l'attendait. La police avait gâché sa fête et toute soûle qu'elle était, elle n'avait pas d'idées de nom à donner. Elle n'avait pas de famille qui l'aimerait et la chercherait inconditionnellement. Sergueï lui ferait la morale et Misha, il valait mieux ne pas en parler… Encore moins maintenant qu'il l'avait nommée et formée au poste de Manager. Même lorsqu'elle était légèrement pompette avec lui à Los Angeles, elle ne s'était pas mise dans des états pareils. Lorsque le policier lui avait demandé le numéro de quelqu'un à appeler, Anya avait eu un gros moment de réflexion: qui pouvait-elle appeler, qui se soucierait assez pour se lever au milieu de la nuit et qui pourtant ne se tracasserait pas trop comme pour lui en vouloir? La solitude l'avait profondément blessée à ce moment-là et le seul nom qui avait effleuré son esprit embrumé relevait d'un désir, autant que d'une crainte et d'un piège. Curtis. Le seul nom aux lèvres et dans la tête de la demoiselle depuis quelque temps. Elle savait qu'il viendrait la chercher, ne serait-ce que pour ne pas briser le long progrès qu'il était parvenu à accomplir jusqu'à maintenant. Et à nouveau, il y avait cette étrange sensation de confort et de soutien, qui ne la quittait pas après cette effroyable nuit dont les images la hantaient encore. Mais Curtis aussi parce qu'il était le seul à ne pas être réellement investi de son bien-être. Il se souciait d'elle, certes, mais pas autant que les rares personnes dont elle s'était entourée. Et pas de la même manière. Avec un sourire en coin, elle s'était même dit que si elle se montrait assez soûle et assez insupportable, il pourrait même préférer fuir celle qu'elle était, la trouver trop jeune, trop seule, trop pathétique pour qu'il continue à la courtiser de la sorte. Même si ces derniers temps, la cour s'était résumée à un lourd silence qui lui faisait plus mal qu'elle n'aurait voulu l'admettre. Elle avait donc donné son nom au policier en toute connaissance de cause. Curtis ignorait qu'il était son option la moins rabat-joie pour éviter la nuit en prison. En réalité, il ignorait sans doute qu'il était sa seule option. Alors elle cessa de se plaindre pour regarder au dehors, se perdant un instant dans le vide béant de sa vie sociale. Mais elle ne se permettait pas de s'apitoyer sur son sort. Anya Davieson était belle, intelligente et fière et il était hors de question qu'elle se laisse abattre devant quelqu'un.

Mais son état d'alcoolisation avancé ne convainquait personne, pas même elle. Lorsque Curtis la nargua, ses clés en main, elle ne put s'empêcher de lui tirer la langue. Elle voyait la tête de l'homme pendant qu'il ouvrait chez elle et elle sentait dans son estomac ces papillons embarrassants et horriblement prenants. Alors elle lui avait souhaité rapidement la bienvenue et était allée rechercher l'agréable confort de ce liquide transparent. Elle ne répondit pas lorsqu'il dit qu'elle ne ressortirait pas de là. Elle n'avait pas vraiment besoin de sortir, tant qu'elle oubliait pourquoi elle existait et la soirée que c'était. Avec un peu de chance, le lendemain matin, elle aurait un mal de tête terrible et Curtis serait parti. Elle n'oserait se l'admettre, mais elle appréciait le côté protecteur qu'elle décelait chez l'homme qui l'accompagnait. Se pouvait-il que plus le temps passait, plus elle lui trouvait de qualités? Elle le vit se descendre son shot et son sourire confus montra une certaine malice qu'il lui connaissait bien. Anya était ivre et joueuse et s'il y avait une chose qu'elle avait toujours su faire, c'était pousser les hommes à consommer. Elle se pencha légèrement sur la table, lui offrant une jolie vue de son décolleté, et poussa le deuxième verre vers l'américain. Elle souffla, d'un ton joueur et provocateur. "Oh non, Darling, ils sont les deux pour toi. Tu as beaucoup, beaucoup de retard à rattraper." Ce qu'elle espérait de cette soirée en le faisant boire ainsi? Elle n'en savait rien, et finalement, toutes ses inhibitions se trouvaient éteintes à cause de l'alcool, ce qui convenait bien. Elle sortit un troisième verre qu'elle servit pour elle, avant de resservir les deux autres. "Je pense qu'il va falloir que tu boives deux alors que j'en bois un… Ce serait injuste que je sois la seule soûle non?" Elle lui fit une petite moue suppliante en battant des cils. L'alcool ne la faisait pas oublier comment être charmeuse, malgré la légère brume qui recouvrait ses prunelles grises.

Et la remarque qu'il lui dit la fit éclater de rire juste après qu'elle eut descendu sa vodka. Cela ne la rajeunirait pas et c'était tant mieux. Anya avait déjà mille ans dans sa tête, pourtant son corps, mince, innocent, son sourire enfantin et si pur, continuaient à montrer une jeune fille, même si elle faisait de son mieux pour se vieillir avec son maquillage. Elle le regarda avec un lueur amusée dans le regard. "Qui a dit que je voulais rajeunir? Au contraire, si je pouvais prendre une année pour chaque shot, je les prendrais. Je suis beaucoup trop jeune pour mon propre bien je crois. Quel âge tu crois que j'ai, hein?" Elle resservit les verres vides en le regardant avec un sourire, partant dans le salon amusée, bougeant doucement la tête, alors qu'une mélodie commençait à l'envahir. Elle savait désormais la musique qu'elle mettrait pour la suite de soirée et bougea doucement son corps en entendant la musique dans sa tête, alors même qu'elle bidouillait le iPod placé sur une étagère et connecté à un système home cinéma. Son appartement avait beau être petit et discret, il avait tout ce dont elle avait besoin pour passer un moment seule et s'entraîner. Elle lança la musique en fermant les yeux et en avalant son deuxième shot. Pour une raison qu'elle ignorait, elle s'était imposée à elle pendant qu'elle buvait avec Curtis. La demoiselle était un jukebox ambulant en général. Elle avait accumulé un certain plaisir pour la musique d'autres époques qu'elle entendait dans ses films et son père l'avait éduquée au son du blues et de la country. Enfin, tous les jours, elle s'était habituée à danser sur tous les types de musique et elle ne tenait pas à dévoiler son amour pour des musiques particulières. Cependant, sans le réaliser, se sentant sans doute malgré elle en confiance en compagnie de l'homme de main, elle avait mis une de ses chansons favorites, avec une playlist de ces chansons anciennes qui la faisaient toujours se sentir femme et confiante. Ainsi, lorsque les premières notes de Fever emplirent le confort du salon, elle ne put que fermer les yeux un instant et laisser un sourire confiant reprendre place sur ses lèvres, alors que son corps ondulait doucement au rythme de cette chanson.

Il n'était pas rare qu'on la confonde pour plus âgée, car c'était l'effet qu'elle tenait à faire aux gens en dansant, se maquillant, se comportant comme une adulte responsable depuis qu'elle avait quinze ans. Parfois, elle avait envie d'être irresponsable et d'oublier tout ce qu'elle était et les conséquences de ses actes. Mais il y avait aussi des fois  où elle ne réalisait simplement pas les possibles conséquences de ses actes, où elle ne mesurait pas l'impact de ses courbes dans cette robe flatteuse ou le sourire joueur que lui offrait cette chanson. Depuis de nombreuses années, elle avait entretenu des rapports de séduction avec les hommes qu'elle côtoyait et ainsi, sans le réaliser, ses réflexes et ses gestes avaient tous pour but d'entraîner l'homme à tomber sous son charme. Malgré le fait qu'elle soit soûle et qu'elle ne tenait pas en place. Elle masqua son chancellement alors qu'elle retournait reprendre la bouteille par un simple mouvement de danse, s'approchant de Curtis pour cela, leurs hanches se frôlant. Elle lui lança un regard sous ses cils, toujours ce sourire joueur sur ses lèvres. "Installe toi sur le canapé, puisqu'apparemment, on va passer la nuit ensemble. Profite, tu n'es que le troisième homme à passer cette porte." L'alcool ne lui permettait pas de réaliser la portée de ce qu'elle disait, ni de ce qu'elle faisait. Elle reprit la bouteille et la ramena en dansant doucement, ondulant son corps, jusqu'à se retrouver assise sur le canapé à côté de lui, croisant élégamment ses longues jambes claires. "ça risque d'être long, si on ne peut pas sortir… J'espère que tu as des idées de comment on pourrait s'amuser." Le pire était sans doute qu'elle ne voyait aucun sous-entendu dans la phrase qu'elle venait de dire, alors qu'elle s'envoyait son troisième shot. Elle savait qu'elle n'était pas en état de courir vers la porte pour sortir et se trouver libre. Elle ne se faisait pas confiance pour ne pas simplement tuer la prochaine personne qui la toucherait dans la rue non plus. Mais elle n'était pas non plus totalement sûre d'avoir totalement sûre d'être capable de passer une nuit avec Curtis dans la chaleur et le confort de son appartement.

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MessageSujet: Re: [Poste de police de Gaslamp Quarter, 28 septembre] Let me in | Curtis Dim 25 Oct 2015 - 19:01

Quelles étiquettes serais-je prêt à porter pour elle, et m’y tenir le plus sincèrement possible ? Cela relève certainement de compétences que je pense, ne pas détenir. Comment réagirais-je si elle vient me dire qu’entre nous elle n’envisage rien d’autre qu’une relation professionnelle, au mieux, une grande amitié ? Je ne crois pas en une amitié sincère entre un homme et une femme sans que s’en mêle un tant soit peu de séduction. Alors devoir être l’ami d’Anya serait impossible pour moi. Je ne saurais pas tenir ce rôle avec authenticité. Je ne saurais la regarder sans la dévorer du regard, je ne saurais pas poser sur elle un avis des plus neutres, je ne pourrais pas m’en tenir à la sagesse et la sympathie. Irrépressible serait le besoin de me trouver tout près d’elle, d’être en mesure de frôler son corps, de provoquer le contact entre nous aussi accidentellement que volontairement. Il ne peut demeurer si peu entre nous. La tentation ne serait pas aussi forte sinon. Elle n’hanterait pas mes pensées comme elle sait si bien le faire lorsqu’elle se trouve en ma présence, et lorsqu’elle m’impose ce manque, incommensurable.
En cette soirée, bien qu’elle se trouve dans un état d’ébriété plus qu’avancé, elle conservait tout ce charme et cette beauté que je lui connais, et ses manières des plus sensuelles pour convaincre. Une jeune femme qui assume pleinement sa féminité et sait jouer de ses charmes. Une femme qui ne se cache pas d’être belle et qui sait qu’elle plait aux hommes sans en faire trop. Dont les regards qu’on lui porte savent la flatter autant qu’elle sait s’en détourner. Une femme qui a le monde à ses pieds et autant de suppliants à l’agonie d’un de ses regards, d’une plus personnelle attention de sa part. Et bien que je n’ai qu’à demander pour être accompagné, je saurais me trainer à ses pieds. Certainement, écraserais-je pour triompher, provoquerais moult soulèvement et autant de dommages collatéraux pour épuiser ma concurrence et faire en sorte qu’elle ne voit plus que moi, mais je serais au milieu de ceux-là.

Revenant vers le comptoir, elle me faisait face et j’appréciais l’intimité de cet instant pour nous seuls, sans le moindre spectateur, sans un seul regard. Autant j’aimais captiver l’attention, en cet instant, ne voulais plus que la sienne. Etrange sensation que celle qui me fait me sentir bien en sa présence au-delà que quelques heures, envisager même que la situation puisse se reproduire indéfiniment. Était-ce insensé que de raisonner de la sorte vis-à-vis de notre condition ? De se prendre à imaginer des choses simples, et de les apprécier pour leur simplicité autant que pour leur rareté ? De rechercher un bien-être durable et non ostentatoire, pour savourer chaque jour qui passe jusqu’au dernier ? Et si tout cela est interdit, profitons du délice d’échapper à toute prohibition que voudrait la raison sur notre esprit, vagabond, le temps que dure ce moment de songe.
Elle s’avance, s’accoudant au comptoir, ne donnant une vue imprenable sur son décolleté que je ne refuse en rien. Elle retrouve ses traits à la fois charmeurs et aguicheurs que je lui connais tant, appelant, indéniablement mon sourire, alors que je me saisis du second verre.

« Je pensais que c’était moi qui enivrait les femmes et non l’inverse », lui répondis-je avant de le descendre, sourire aux lèvres. Je ne craignais aucun mal en cette nuit, et que le bien m’emporte, je lui ouvrais grand les bras, qu’importe l’innombrable quantité de mauvaises pensées qui envahissent mon esprit. Quelque chose de bien accomplit dans un but malsain reste-t-il un bien en tout et pour tout ? J’y réfléchirais plus tard … plus tard.

« Absolument trop injuste ! Ce serait vraiment dommage que tu sois la seule à profiter de cette divine vodka », lui répondis-je, étouffant un rire avant de m’enquiller les verres qu’elle venait de resservir. Son expression, adorable, pourrait être en mesure de tout obtenir, mais néanmoins, il en fallait un qui reste suffisamment clair en cette soirée, et sur cela, je ne pouvais irrévocablement pas compter sur elle. Et si nous cessions d’être sérieux l’instant d’une soirée ? Les dégâts seraient-ils irréparables sur nos êtres, en somme, si peu conformes ? A ma remarque sur son âge, elle éclata franchement de rire avant de retrouver son petit air malicieux avant de me répondre. Et c’est à cet instant que je me pris à imaginer qu’elle pouvait être beaucoup plus jeune que l’âge que je lui donnais, bien que me concernant, l’âge n’est en soi qu’un nombre relatif. Je n’avais aucun scrupule à choper des femmes ayant la quarantaine bien tassée ni même à draguer des minettes de dix-sept ans pour m’amuser mais de là à penser qu’il puisse en être de même pour Elle !!

« Je dirais vingt-quatre ans, peut-être vingt-six pour te faire perdre quelques années parce que tu me plais bien », lui répondis-je, puisqu’elle tenait tant à paraitre plus vieille bien que je redoutais intérieurement sa réponse. Elle partit dans le salon, en se dandinant, ondulant son corps au rythme d’une musique qui semblait se jouer dans sa tête. Elle actionne son ipod toujours branché et laisse sa playlist défiler. Le son qui emplit la pièce n’est pas récent, hymne qui ne m’évoque rien, mais lui convient à la perfection, alors qu’elle danse au milieu du salon, se déhanchant avec sensualité tel elle en a la technique que l’excédent d’alcool ne lui avait pas enlevé. Je la regardais faire profitant du spectacle, avalant mes shots l’un après l’autre. Elle revint vers le comptoir pour se saisir de la bouteille, s’approchant si près de moi que je n’avais qu’à tendre le bras pour enserrer sa taille. Elle relève le regard sur moi, et je ressens tout le défi qui prend possession de ses traits et la température qu’elle fait monter en moi. Elle me lâche ses mots, sans préparation aucune, comme s’il n’y avait rien de plus naturel et je reste bouche bée un moment, face à l’ampleur de ses paroles qu’elle ne semble pas avoir mesuré.

« En effet oui, on va faire ça », lui répondis-je amusé par ses propos alors que jamais elle n’aurait dit une chose pareille dans un état plus normal. Ou si elle en avait mesuré la portée, ce serait-elle aussitôt empressée de nuancer ses dires pour éviter que je m’enflamme trop vite. La soirée allait être très intéressante ! Je rejoins le canapé, réfléchissant aux deux hommes précédents qui avait eu le privilège de pénétrer dans son appartement. Certainement que le premier fut Misha, indéniablement, il devait passer la voir de temps à autre et le deuxième … Je me pris à penser à cet abruti de barman avait qui elle flirtait, et dont j’avais complètement oublié le nom d’ailleurs, Darian, non, celui-là était bien trop désagréable et trop malsain, pour elle … Qu’importe, visiblement, elle avait cessé de le voir. Il aurait été regrettable que je passe lui faire une petite visite pour le dissuader de s’approcher de trop près d’elle. Un tel fait qu’elle aurait fini par apprendre et qui l’aurait mis hors d’elle ! Mystère demeurait donc sur cette deuxième personne … Prenant place sur le canapé, déposant mes verres sur la table basse, elle finit par me rejoindre sans cesser de danser, entrainée par le rythme de la musique. Lorsqu’elle l’eut fait, elle  laissa glisser ses jambes l’une sur l’autre en un geste très élégant. Elle reprit la parole, et je hausse les sourcils prenant conscience de ce qu’elle venait de dire, sans toujours s’en rendre compte.

« Et bien justement, si je n’étais pas parti aussi vite de chez moi, j’aurais pensé à prendre un jeu de cartes mais …. », lui dis-je, faisant glisser mon bras sur le rebord du canapé pour me tourner vers elle. « Heureusement, je connais des tas de jeux très intéressants ... », achevais-je, laissant mes doigts caresser son genou pour remonter très lentement le long de sa cuisse sans la quitter des yeux.  

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MessageSujet: Re: [Poste de police de Gaslamp Quarter, 28 septembre] Let me in | Curtis Mer 4 Nov 2015 - 19:53

     

Anya ♦ Curtis

Let me in
Q
ue l'alcool lui était agréable. Le monde tournait autour d'elle et sa tête lui semblait légère alors qu'elle bougeait. C'était comme si sa tête était enfermée dans une bulle dans laquelle raisonnait la voix de Peggy Lee en lui racontant la féminité qu'on pouvait ressentir en étant désirée. Anya était souvent désirée et elle savait l'effet que cela faisait, même si cela venait de la personne la plus crade du monde. Elle adorait se sentir belle et désirée et c'était d'autant plus plaisant lorsqu'elle avait cette bulle autour d'elle qui la rendait intouchable au commun des mortels. Elle était cette belle femme qui dansait devant les autres, se déhanchait et se dénudait pour leurs yeux et pour leurs billets, mais dont les mains ne pouvaient jamais dépasser bien des barrières et caresser ces courbes dont pourtant ils rêvaient. L'alcool lui donnait une autre assurance incroyable, c'était que rien de ce qui pouvait se passer ce soir n'aurait de conséquence, tout pouvant lui être imputé et tout risque envolé. Qui pouvait l'atteindre dans sa bulle d'éthanol et de Peggy Lee? Qui pouvait l'atteindre alors que sa tête légère s'envolait à des kilomètres de là. Elle sourit simplement en coin lorsque Curtis lui dit qu'habituellement, c'était lui qui enivrait les femmes. Elle ne dit pas tout ce qu'elle pensait et qui aurait pu le taquiner. Elle était dans sa bulle et elle ne voulait pas qu'ils en sortent. Déjà qu'elle était obligée de passer sa soirée d'anniversaire coincée dans son appartement, plutôt qu'à faire la fête sur la plage ou en soirée, il était hors de question qu'elle passe encore une soirée à montrer à Curtis à quel point elle était supérieure à lui et aux autres femmes qu'il avait fréquentées jusqu'à présent. Car c'était ce qu'elle aurait voulu lui dire: Bien sûr que c'était lui qui enivrait les femmes, elle le savait bien, c'était parce que jamais une femme n'avait été assez forte pour lui tenir tête. Elle était une des rares et elle le savait pour l'avoir vu partir avec ces femmes. La douce piqûre qui envahissait son sang ne lui était pas familière et elle ne lui plaisait pas. Elle se contenta de lui servir encore à boire en levant son verre à elle. "C'est une bonne manière de parler, dans mon pays, on ne refuse jamais la vodka!!" Elle sentit sa tête tourner en descendant son shot, et puis elle sentit encore sa tête tourner alors qu'elle dansait tranquillement. Il lui donnait vingt-six ans, vinqt-quatre pour lui faire plaisir. Elle rit doucement en entendant ça.

Qu'ils pouvaient être naïfs les hommes, se laisser berner par les apparences, le maquillage, quelques robes moulantes. Avait-il seulement regard son visage au-delà de son corps? Avait-il scruté ses yeux et ses nombreuses nuances de gris avec autant de précision qu'il avait scruté la cambrure de ses reins? Avait-il vu l'absence de maquillage sous son visage tuméfié quelques semaines auparavant? Bien sûr que non, il ne les avait pas vus, parce qu'il était Curtis et finalement, il n'était qu'un homme. Elle secoua doucement la tête, toujours aussi joueuse. "Nan nah… J'ai encore moins que ton estimation gentille… Je ne sais pas comment prendre le fait que tu ne saches pas." Elle rit. "Pas beaucoup plus jeune cependant, et puis après tout, il faut dire que ça fait huit ans bientôt que je danse pour Misha, t'imagines?" Jamais Anya sobre n'aurait fait des révélations pareilles à qui que ce soit, sachant que dans la famille, un secret bien gardé est un secret jamais raconté. Cependant, elle en riait en s'installant à côté de Curtis et en le regardant. Il posa ses deux verres et elle les resservit aussitôt en lui en tendant un. Ce fut là qu'il la surprit en posant sa main sur sa cuisse et en lui faisant remarquer qu'il connaissait plein de jeux. Cela la rappela à la réalité qu'elle avait tant tenté de fuir, à celle sur laquelle elle croyait se tromper et qui pourtant était là, à la regarder, à la fixer du regard, à caresser sa cuisse. Dans sa bulle, Peggy Lee cessa de chanter Fever, pour remplacer cela par un lourd silence. Le froid qui envahit sa tête ne se montrait pas dans ses traits, son visage étant toujours souriant et amusé, toujours soûl, les joues légèrement rosies par l'alcool. Soudainement, elle reprenait conscience et oubliait tout ce qu'il s'était passé chez lui quelques semaines auparavant et elle comprenait tout. Ne lui avait-il pourtant pas dit, il y a quelques semaines, qu'il avait l'intention de faire ce qu'il pourrait pour l'avoir? N'avait-il pas démontré, depuis des semaines une ténacité qu'elle ne lui connaissait pas? Le chasseur qu'il était n'était-il pas habitué à harponner sa proie? Mais cette proie en avait assez d'être chassée. Pouvait-elle seulement prétendre être déçue alors qu'elle s'était convaincue qu'elle n'attendait rien de lui?

Anya se sentait bafouée et trahie et elle s'envoya le verre à shot qu'elle lui destinait, avant de se tourner vers lui. Avec un peu de chance, si elle lui offrait ce qu'il voulait, peut-être la laisserait-il tranquille? Peut-être s'en irait-il une bonne fois pour toutes, disparaissant comme auprès de toutes ces conquêtes qui revenaient parfois le chercher au Volia? Peut-être pourrait-elle être un mouchoir jetable juste un soir. Après tout, qu'avait-elle à préserver? C'était son anniversaire, avec son tableau de chasse, sans doute saurait-il au moins lui montrer ce que les gens trouvaient de si intéressant dans le sexe. Avec un sourire en coin, elle caressa sa joue. "Oh Curtis…" Sa voix était légèrement rauque, de désir ou de déception, ou de peine ou d'alcool, elle aurait été incapable de le dire elle-même, mais elle l'était. Elle se pencha vers lui et posa un baiser sur sa mâchoire, près de son oreille, avant de décroiser ses jambes et de bouger prestement pour l'enjamber. Son sourire était joueur et allumeur, exactement comme il l'était au travail. Ceci n'était pas grand-chose, ceci n'était qu'un instant à passer, un moment flottant qui lui permettrait la délivrance, qui le verrait partir au petit matin et la libèrerait pour toujours. Elle posa ses avant-bras sur ses épaules, posant ses doigts froids sur sa nuque. Sa robe était encore remontée, couvrant à peine ses parties intimes et révélant ses fines jambes musclées contre son survêtement. Ses cheveux tombaient en cascade le long de son visage, alors qu'elle approchait leurs têtes. Ses doigts caressèrent sa nuque et doucement, elle se pencha vers son oreille. "C'est bien pour ça que je t'ai appelé toi… Parce que je ne connais personne qui aime jouer autant que toi." Elle posa encore un baiser sur sa mâchoire et remonta ses lèvres jusqu'à son menton, où elle murmura encore. "Mais ce soir, je ne joue plus… Ce soir, tu as le droit de réclamer ton prix de vainqueur."

Elle lâcha sa nuque et prit ses deux grandes mains d'homme pour les poser sur sa taille. Elle en avait marre de jouer. Et après tout, il avait acquis sa victoire. Il lui avait fait croire qu'elle aurait pu être plus, qu'elle aurait été autre chose qu'une simple conquête. Sa chemise trônait encore dans son armoire et elle se demandait quand elle la lui rapporterait. En réalité, elle se demandait si elle aurait la force de lui faire face après l'autre soir. L'état dans lequel elle se trouvait ce soir avait forcé la rencontre et finalement l'alcool avait permis une lucidité qu'elle n'aurait pas eu sans ça. Elle avait tant rêvé de ces mains sur elle qu'elle se sentait maintenant stupide et qu'elle avait l'intention de les sentir autant qu'elle le pourrait, pour se souvenir qu'elle s'était fait avoir. Elle remonta doucement une de ses mains vers la fermeture éclair de sa robe pour qu'il la déshabille lui, en éloignant son visage de lui pour le regarder. "Bravo pour ta victoire" Elle avait un grand sourire en coin, qui ne rejoignait pas son regard. Ce soir, elle lui proposait son corps dans un plateau d'argent. L'aboutissement de tant de semaines de jeu…

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MessageSujet: Re: [Poste de police de Gaslamp Quarter, 28 septembre] Let me in | Curtis Ven 6 Nov 2015 - 0:14

Sa remarque me surprend, autant que l’on puisse dire que l’alcool délie les langues. Était-elle vraiment prête à tomber le masque et me parler sans le moindre filtre ? Sans choisir le moindre de ses mots, se fichant bien de ce qu’elle pourrait dire, parce qu’indirectement protégée par son état d’ébriété qui ne pourrait m’assurer sa sincérité ? Ou alors croyait-elle au réel bénéfice qu’apporte la vodka de s’exprimer sans barrière pour une fois ? Difficile à dire … Elle maintenait ce voile entre nous depuis tellement de temps que je ne saurais me fier à son irrépressible envie de faire tout le contraire dans le seul but de bousculer un peu ses conventions. Parce que je demeurais certainement le dernier quel souhaite avoir à ses côtés dans pareil état. Tout comme dans le précédent dans cet hangar … Parce que je ne suis pas homme sur lequel on peut se fier en dehors du boulot, pas plus celui que l’on choisirait pour soutenir sa propre vie qui fout le camp. Alors dans les méandres de sa conscience, il me fallait faire chemin vers une vérité qui s’interdisait à moi à chaque pas que je fais vers elle, dans l’attente, insoutenable, de trouver la bonne direction quitte, pour ça, à prendre le mauvais chemin. Celui qui censura tout faux semblant et brimera tout jeu bien trop rôdé. La pousser dans ses retranchements … Oui peut-être bien. Et peut-être n’est-ce que la seule chose qui me reste à présent pour l’atteindre encore. Puisqu’elle est convaincue d’une réalité qui n’est pas la mienne. Et qu’en rétablir le contraste appellera bien plus de douleurs que de bonheurs. Toutefois, elles nous seront salvatrices. A passer toute sa vie à ne prendre aucun risque, ou du moins, aucun qui puisse nous engager véritablement, dans notre propre intérêt, et ne servir autre cause que la nôtre, me pousse à m’accrocher à celle qui nous lie, qu’importe qu’elle puisse être perdue. Qu’elle nous brûle pour notre acharnement, et nous consume en remords d’une raison que l’on a décidé d’ignorer.

Je pressens bien à la manière dont elle prend mes paroles, que je suis loin de la vérité concernant son âge. Et ma réponse semble même l’amuser d’y parvenir si bien. Alors non je n’imaginais pas la voir se dénuder pour les bons soins de Misha depuis autant de temps et refusais même de l’imaginer ! Néanmoins, elle n’avait pas pour autant répondu à la question. Toutefois, mes calculs ne me rassuraient en rien et me confortaient dans l’idée qu’il n’y aurait pu avoir de meilleur présent que celui qui se joue entre nous ce soir. Qu’elle n’ait toujours connu que la mafia ne m’étonnait guère, que son adolescence se soit résumée à danser pour ses ainés ne démontre que plus sa loyauté et son sens du sacrifice. C’est tout qu’elle avait déposé sur la balance.
Elle continuait à s’envoyer verre après verre sans que cela ne fasse plus la différence à ses yeux. Comme l’on s’oublie si facilement, dans l’espoir de ne jamais, jamais ressurgir. De faire disparaitre tout ce qui l’entoure, et moi avec. Comme si plus rien ne comptait, plus rien n’avait d’importance. Mais rien n’apaise vraiment le mal, jamais. Si je n’ai pu le noyer, j’ai su l’exploiter. Cette première pensée, toujours la mauvaise. Cet éclat qui t’émerveille avant d’être révoqué. Qui te plonge dans cet état presque primitif à la bestialité dévorante, capable de tout ravager. Que tu ne peux expliquer, et surtout pas raconter.

Lorsqu’elle vient s’assoir près de moi, à la fois nonchalante et incomplète, jouant de ses charmes et à portée, survient cette première pensée … Celle qui me pousse à la croire encline à cet instant qui pourtant ne mène nulle part. D’un contrat si simple qu’on s’en défait aussi vite. Un contrat que j’ai passé tellement de fois dans ma vie, aux règles presque enfantines, que l’on pourrait s’offusquer de ses conséquences, qui me font toujours partir à la sauvette dès que s’installe le soleil. Et ne voulant pas d’un après qui viendrait transformer ces règles si faciles. Restant maitre de ma méthode, de cet instant où elle bascule enfin en position allongée, et espérer qu’elle ne se mette pas à s’attacher. Qu’elle se prenne à croire à quelque chose sous-tendu qui m’est pas là pour autant. Tout n’est qu’illusion. Tout demeure dans le dosage. Pour ne jamais avoir à y mettre trop de cœur, trop de corps à l’œuvre. Que vienne s’en échapper une pensée qui n’aurait pas sa place. D’une concentration trop importante, survient le drame. Mon geste à son égard, ma main qui glisse le long de sa jambe et ne laisse que peu de doute quant à mes intentions primaires, sa réaction m’étonne autant qu’elle me perturbe ne m’attendant que peu à ce qu’elle coopère aussi facilement. Pas après des semaines sans nouvelles d’elle, et un attachement qui se fait attendre, qui ne prend pas. Elle se tourne vers moi, conservant son sourire, et répondant au jeu sans même s’en offusquer. Sa main sur ma joue et sa voix suave lorsqu’elle prononce mon nom. Qu’est-ce qui a changé ? Un peu d’alcool et elle se sent prête à céder ? Aussi facilement que ça ?

Elle m’enjambe et sa robe remonte le long de ses jambes. Mes mains accompagnent son mouvement et remonte à ses hanches. Ce contact me donne furieusement envie d’y croire. Envie de me laisser complètement aller sans me soucier d’un quelconque dosage cette fois, mais pour s’éprendre cette fois, néanmoins, en ignorant que certainement l’alcool parle à sa place. Que je ne peux croire en une Anya plus vraie que les précédentes fois parce que ce serait me mentir. Ce serait accepter de me suffire aussi peu que la moitié de sa personne, et si je m’attarde sur son besoin d’aussi mal finir, sur seulement 25% d’elle-même. Ses lèvres contre ma mâchoire, ses mots en incohérence … Elle se fait convaincante. Mais ce qu’elle me vend ne saurait plus être amusant. « Mon prix de vainqueur » ? Mais qu’entendait-elle par là ? Que rien ne vient après ? Aussi follement je le fuis avec elle ne peut m’en contenter. En cette nuit, mon esprit est sain, lourd de conscience autant peut-il être aliéné lorsqu’il répond à toute pulsion dont il a tout le contrôle.
A l’assaut de ses caresses, et de toutes ses fois où mes scrupules m’ont épris du meilleur en sa présence, lui résister semble impossible. Elle était incroyablement belle. Et parce qu’elle se sait irrésistible, qu’elle en maitrise le jeu aussi bien que moi, survient la traitrise. De celle qui fait passer un non jamais pour un oui trop brusque.  
Mes mains rejoignent sa taille guidées à la fermeture éclair de sa robe à son action, qui descend lentement, promettant bien des délices. Mais ses mots viennent faire barrière à toute concrétisation qui aurait pu se jouer dans mon esprit, près d’un millier de fois, en tout instant et en tout lieu. Son regard est lointain et perd en intensité. Ma main remonte sa fermeture éclair.

« C’est insuffisant … », lui répondis-je alors dans l’espoir de voir changer son regard, conscient de passer à côté du meilleur moment pour me la faire. Sur quoi aurais-je à me rabattre ensuite ? Sur ses regards emplis de dédain pour ma personne ? Sur ces mêmes regards qu’elle porte à ses clients lorsqu’ils se pensent être en phase avec elle ? Pas celui qu’elle affiche mais celui qui se détourne …
Quelle satisfaction tirerais-je, si je ne peux l’avoir empreinte de la même folie qui me possède déjà pour elle, et cette impression de l’avoir toute entière, d’enfin atteindre cette osmose évidente et non simulée … Comment me satisfaire de 25% d’elle seulement ? Non inadmissible pour le grand Curtis !! Que l’on saurait appâter avec les restes de quelque chose d’envolé entre nous, qui a pourtant bien été là, que j’aurais juré cru voir ! Mais qui en cette nuit, n’est plus là …
Mes mains redescendent à ses hanches aussi vite est redescendue la verdeur. J’expire profondément n’estimant néanmoins chanceux de ne pas avoir à m’expliquer sur ma réaction, tout autant qu’elle n’aura pas à se casser la tête pour la comprendre … Du moins, je l’espère.

« Hhh … On se fait un poker ? », lui proposais-je pour me dérouter de cet instant de tension intense, en profitant toutefois pour faire claquer mes mains sur ses fesses en signe d’ultime sauvetage, tel sonne le gong.

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Anya R. Davieson
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MessageSujet: Re: [Poste de police de Gaslamp Quarter, 28 septembre] Let me in | Curtis Lun 9 Nov 2015 - 20:38

     

Anya ♦ Curtis

Let me in
E
lle soignait son corps et s'occupait d'elle-même. Sa mère lui avait appris depuis toute petite qu'il s'agissait d'un temple qu'elle devait préserver. Elle lui avait enseigné comment tresser ses longs cheveux bruns et comment accorder les couleurs qu'elle portait. Elle lui avait inculqué l'art de la nourriture saine afin qu'elle nourrisse toujours son corps de ce qu'il lui fallait. Elle lui avait montré à quel point son corps pouvait prendre des formes flexibles quand elle le poussait plus loin de ce qu'elle-même croyait possible. Son père lui avait appris à respecter les limites qu'elle atteignait et à progresser doucement. Il lui avait appris à défendre becs et ongles ce corps qu'elle bâtissait petit à petit. Il lui avait enseigné le combat et le respect du corps d'autrui. Alors même après leur départ, elle avait continué une routine de soins impeccable, sa peau était toujours douce, parfaitement épilée et hydratée. Son visage était radieux, même lorsqu'elle ne portait aucun maquillage, grâce à l'attention qu'elle portait à sa peau. Il en allait de même pour ses cheveux. Elle faisait des efforts et mangeait sainement pour soigner ce temple qui était également devenu son outil de travail. Elle était fier de ce qu'elle avait bâti, des courbes conservées, de son ventre plat, de ses fesses joliment dessinées et de ses longues jambes fines. Elle avait suivi chacun des conseils de ses parents, jusqu'au plus insignifiant, peut-être encore une manière de leur rendre hommage au-delà de la tombe. Son corps était sa perle, sa plus belle œuvre. Mais ces derniers temps, elle avait l'impression qu'il ne lui appartenait plus. Elle en avait perdu le contrôle involontairement face à Pratt et elle en avait cédé le contrôle à Guillermo le temps de quelques heures pendant lesquelles il avait soufflé sur sa peau et avait caressé cette douceur qu'elle avait si longtemps cultivée. Elle ne contrôlait plus qui le regardait et qui le touchait, elle ne contrôlait plus grand-chose dans sa vie qui semblait petit à petit dérailler. Bien sûr, elle avait pris volontairement la décision de s'offrir à Guillermo, pour le bien de la famille. Mais elle savait qu'elle devait se rendre indispensable si elle souhaitait accéder à d'autres rangs et faire comprendre à Misha qu'elle ferait toujours passer la famille avant tout, même avant elle. Avec son paiement, il avait mis un prix à sa virginité: 15'000 dollars. C'était le prix de quelques heures à lui voler ce qu'une femme avait de plus précieux.

Même si elle n'avait plus cette virginité, elle savait très bien que son corps vaudrait encore quelques milliers de dollars lorsque l'occasion se représenterait. Et elle savait qu'elle se représenterait un jour ou l'autre. Kukolka se savait l'atout charme de la famille, celle qu'ils envoyaient pour trouver les faiblesses des réfractaires ou alors simplement pour qu'elle devienne cette faiblesse sur laquelle ils pourraient appuyer. Cela ne disparaîtrait pas parce qu'elle devenait manager du Volia, bien au contraire, elle ne serait que d'autant plus exposée, maintenant qu'elle devrait réellement discuter avec les clients et les faire se sentir chez eux. C'était une chose de danser sans échanger, c'était autre chose d'échanger. Alors oui, elle savait que tôt ou tard la requête reviendrait. Misha n'hésiterait pas à lui écrire ou toquer à sa porte encore une fois, lui donnant un client à séduire. Et quand le travail serait fait, il la rémunèrerait en fonction. Curtis refusait ce soir un cadeau de plusieurs milliers de dollars. Elle proposait pourtant de s'offrir à lui, de lui donner ce qu'il poursuivait depuis leur rencontre: son corps.

La dernière fois que l'américain et elle s'étaient trouvés dans la même pièce, c'était chez lui. Faible, elle avait cherché le réconfort dans la solidité de ses épaules et l'étincelle de son regard, l'attention unique qu'il lui accordait et qui la rendait reine de l'univers. Il avait été là quand personne d'autre ne l'avait été et elle faisait des cauchemars sur ce qu'il se serait passé s'il n'avait pas été là… Cette nuit avait changé sa vie de bien des manières et elle ne savait comment elle pourrait un jour le remercier d'avoir été là. Et ce n'était pas seulement d'avoir été là lorsque Pratt l'avait frappée, c'était plus que ça. C'était pour le remercier de l'avoir ramenée chez lui, de l'avoir soignée, de l'avoir laissée en silence lorsqu'elle le demandait et d'avoir supporté sa tête sur son épaule alors qu'elle s'était laissée aller à la fatigue. Ce soir-là, elle avait refusé qu'ils parlent de ce qu'ils étaient, elle l'avait coupé et avait supplié qu'il se taise, qu'il se contente d'être là avec elle quand elle avait besoin de lui. Ce soir-là, Anya était terrifiée et il avait rassuré ses craintes. Elle était terrifiée pour les événements, bien sûr, mais elle était aussi terrifiée à cause de sa présence, si proche, si agréable, si incroyablement rassurante. Elle avait envie de céder, elle avait envie de dire des mots qu'elle regretterait plus tard, de lui dire qu'il avait raison, qu'ils étaient quelque chose, qu'elle voulait qu'ils soient quelque chose et qu'elle voulait évoluer avec lui. Qu'elle était seule tout le temps et qu'elle se sentait incomprise par tout le monde, sauf par lui, qui pourtant ne la connaissait pas. Elle voulait lui dire qu'elle savait qui il était et qu'il savait qui elle était et que ça lui suffisait. Elle voulait lui dire qu'elle avait envie de l'avoir toujours auprès d'elle et de continuer à passer du temps avec lui, de découvrir le moindre détail de sa vie et d'apprendre à dessiner son corps les yeux fermés. Elle avait envie de lui dire qu'il y avait entre eux quelque chose de fort qui méritait d'être exploré. Pourtant, elle s'était contentée de le supplier de ne rien dire, parce qu'elle était terrifiée de tout ce qui aurait pu traverser ses lèvres. Elle avait fait quelque chose d'injuste pour lui, se contentant de prendre ce qu'elle voulait elle, sans lui donner ce qu'il voulait lui. Parce qu'elle avait peur… Elle savait à quoi elle s'exposait. Et ce soir, il avait confirmé toutes ses craintes.

Elle le connaissait, elle le savait pourtant, elle n'aurait pas dû être surprise ni déçue. Elle l'avait vu charmer des filles, tenter de découvrir leur faiblesse, les pousser jusqu'à ce qu'elles craquent pour lui, lui offrent leurs baisers, leurs sourires et surtout leurs nuits. Elle voyait à quel point il jouait avec elle, les baladant de gauche à droite jusqu'à parvenir à ses fins. Elle savait ces gestes discrets qui amorçaient ce qui scellerait leur nuit et le dernier moment sans doute que la jeune femme passerait avec Curtis. C'était ce qu'il avait fait avec elle. Son sourire et son regard n'étaient pas ceux qu'il lui avait offert des semaines auparavant. Ils étaient ceux du joueur qui voyait une opportunité de gagner enfin. Elle avait eu raison tout du long. Et même alors qu'elle prenait les devants, la surprise passée, ses mains à lui n'avaient aucune peine à suivre ses mouvements, à anticiper ce qu'elle avait en tête. C'était sa danse à lui, scrupuleusement répétée et chorégraphiée. C'était ce qu'il connaissait par cœur. Elle était si près de lui. Elle pourrait l'embrasser, sa fermeture éclair baissée, lui offrir ce qu'il désirait depuis longtemps. Elle sentait venir son salut. Son cœur brisé ne serait plus sollicité, une fois qu'il commencerait sa stratégie de fuite si finement rôdée. Pourtant, elle sentit la fermeture éclair monter et sa voix, son ton, la repousser. C'était insuffisant disait-il. Pourtant, elle n'était pas prête à donner plus. Son corps ne lui appartenait déjà plus. Son cœur était encore à elle et maintenant enfermé à double tour. Il proposa un poker en claquant ses mains sur les fesses, comble de l'humiliation. Elle le fixa un instant, comme pour s'assurer que c'était bien ce qu'il pensait. D'un mouvement, elle se détacha de lui et se leva, sentant l'alcool la faire tanguer sur ses pieds. Devant lui, elle se pencha, lui offrant une vue sur sa cambrure, histoire de prendre la bouteille de vodka et de boire directement au goulot. "Tu ne sais décidément pas voir les occasions où il y en a, mon cher ami." Elle lui fit un sourire en coin avec une certaine condescendance. Elle s'éloigna de lui et partit retrouver sa pochette. "Je vais trouver quelqu'un qui sera prêt à profiter de l'occasion. Tant pis s'tu veux pas profiter. J'vais pas passer mon 23e anniversaire enfermée chez moi à jouer au poker. Tu f'rais mieux d'aller trouver de la compagnie pour la nuit, moi, j'me casse."
Elle tenait très peu debout, mais ce qu'il venait de lui dire, les deux fois, lui donnaient envie de fuir aussi loin que possible de lui, de ce qu'elle avait pensé il y a quelques semaines, de ce qu'elle éprouvait en sa présence. Elle avait terriblement mal au cœur et le monde tanguait et alors qu'elle cherchait ses clés, cela la prit, cette envie qu'elle n'éprouvait jamais quand elle buvait et qui pourtant venait d'arriver après lui avoir offert son corps et avoir été repoussée. Elle n'était qu'un jeu, c'était tout ce qu'elle retenait de cela, peut-être conclusion hâtive, mais elle en avait marre de cette situation avec lui, qui causait des conflits avec son meilleur ami et patron et lui donnait envie de s'arracher les cheveux ou de s'enfermer pour ne plus jamais le revoir. Avec la grâce et la stabilité d'une faon qui apprenait à marcher, elle traversa son appartement en s'accrochant aux meubles, pour se ruer sur la salle de bains où elle se laissa durement tomber sur les genoux pour mettre la tête dans la cuvette et vomir. L'alcool brûla sa gorge et elle sentit des larmes piquer ses yeux, mais elle refusait de les laisser couler. Ce soir, de tous les soirs possibles, son fameux corps décidait de la trahir... Elle s'en voulait soudain de lui avoir consacré tant de temps.

GleekOut!

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Curtis Marshall
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MessageSujet: Re: [Poste de police de Gaslamp Quarter, 28 septembre] Let me in | Curtis Ven 13 Nov 2015 - 16:23

L’insuffisance … Avais-je parlé uniquement pour moi ? Ou aussi pour elle qui ne devrait pas s’en contenter ? Qui ne devrait pas avoir à le prendre avec autant de légèreté comme l’on se détourne de tout, pourvu que cela nous soulage, immédiatement, efficacement. Pour ne plus avoir à réfléchir de rien, sur rien, simplement apprécier le calme quand il est encore là, et l’envahissement d’une solitude qui a fini par nous rendre dépendants, indispensable.
Qui de nous deux serait celui qui partirait au petit jour quand l’abrupte réalité sera venue nous cerner de vérité ? Et moi qui n’aurais aucune envie de la quitter … De fugaces pensées qui n’ont lieu que dans les rêves, seul endroit où elles peuvent s’épanouir à loisir en faisant fi des conséquences. Dans la réalité qui est la nôtre, et bien qu’on ne puisse véritablement jouir du contexte, on ne peut se contenter que de pensées agréables, de feelings sauvages et sourds, d’impressions que l’on ressent. Les choses ne fonctionnent pas ainsi. Et le regard qu’elle m’adresse face à mon refus catégorique n’est que plus révélateur d’un schéma dont on ne maitrise aucune ligne, aucune courbe. Qui mue et se transforme selon des orientations contraires que l’on n’explique pas. Ces mêmes orientations qui la font se relever pour se tenir le plus loin possible de moi bien qu’elle ne tienne pas sur ses deux pieds, alors que je ne requiers que sa présence, me levant du sofa pour la voir tituber dans la pièce à la recherche, frénétique, des clés qui la ferait sortir d’ici. Mais demeure entre nous un champ magnétique qui brouille tout signal de communication. Rien ne semble en mesure de le traverser, et en son centre tout s’en trouve déformé.
Ne savions répondre autrement que par la fuite ? A la moindre sensation inexpliquée, à la première distorsion survenue, au faux pas de trop. Marcher sur une corde raide menaçant de nous faire vaciller au moindre pas, et plutôt que d’en faire un de plus, on en fait un de moins sachant que derrière la terre n’en est que plus ferme. On connait sa stabilité, on sait le refuge qui nous y attend. Alors on renonce … Et si le vide en dessous n’en était pas aussi profond, et si la chute qui se pressent n’en serait pas aussi douloureuse … Comment pouvons-nous être si sûrs de choses que nous ignorons totalement … certainement par peur du risque. S’en tenir à ce que nous savons, et qui ne peut trembler, qui ne peut s’effondrer sous nos pieds. Enfin, est-ce que nous croyons ? Et les croyances se doivent d’être inébranlables … Le sont-elles vraiment ?

Je sentis bien que mes quelques mots ne furent pas à son goût et à la manière dont elle me répondit, prenant soin d’emporter avec elle la bouteille de vodka qui se trouvait sur la table, me faisant comprendre au passage ce que j’avais manqué à la vue de l’échancrure de sa silhouette, je n’eus rien d’immédiat à lui répondre. J’espérais pour nous les occasions à venir, mais elle n’avait su définitivement le comprendre. Et dans l’état dans lequel elle se trouvait, tout semblait perdu. Mais je ne voulais pas d’un tel scénario entre nous, parce qu’il s’était trop répété pour encore l’apprécier. Je ne voulais pas d’une coucherie d’un soir et d’un gout amer d’un « tu as eu ce que tu as voulu, maintenant dégage de ma vie » comme intermède à notre histoire, qui peinait tant à s’écrire. Certainement parce que mon imagination est moindre et simple, qu’elle ne se gorge que d’illusions dans une réalité où elles ne peuvent tenir.
Parvenir jusqu’au comptoir où elle avait laissé son sac lui porte peine mais elle semble d’une volonté extrême. Ce qu’elle me claque m’apprend alors qu’elle n’a que 23 ans, et qu’en prime, je viens de gâcher son anniversaire ! Néanmoins, ses plans semblent vite compromis alors qu’elle se déchaine pour arriver jusqu’à la salle de bains pour évacuer tout l’alcool qu’elle vient d’ingurgiter en trop peu de temps. Et si elle m’avait juré ne jamais se mettre dans de pareils états, telle est la fâcheuse tendance de vouloir toujours repousser ses limites plus loin. Néanmoins, j’ignorais le pourquoi elle en avait tant besoin, le pourquoi elle s’inflige tout ça.

Je veux bien être pour elle une source de désagrément intense et insupportable, tout comme admettre que nous sommes faits pour nous opposer l’un à l’autre, d’être constamment en désaccord pour refuser toute avancée de l’un ou de l’autre sur un terrain que nous convoitons ensemble, toutefois, je n’en comprenais pas sa réaction de faire de son anniversaire un puits sans fond, dont chaque étage lui donnerait envie de plonger encore plus bas. Et si j’en représentais le dernier étage, devais donc m’assurer qu’elle ne tombe pas plus bas. Peut-être était-ce ma mission de la soirée. Quoi qu’il puisse en être, ma patience sera mère de toute raison face à son caractère des plus explosifs cette nuit. D’autant plus que je ne souhaitais pas tout gâcher entre nous, comptant tous les faux pas que j’avais déjà faits de travers et qui ne cesseraient d’affluer si je ne me raisonnais pas. J’avais bien failli céder une fois … Certainement que la tâche demeurait bien en deçà de mes compétences et mes qualités, mais je ne renoncerais pas. J’aurais tout le loisir de douter plus tard lorsque j’aurais rejoint l’immensité de ma solitude qui m’attendais sagement à mon appartement et viendra m’envahir de questions sur le pourquoi et le comment de la situation présente.

Je marche alors en direction de la salle de bains jusqu’à la trouver avachie au-dessus des toilettes, perdant tout contrôle d’elle-même. Un sentiment que l’on envie jusqu’à cet instant présent qui nous fait soudainement regretter pareil comportement et la folie qui nous a pris de vouloir boire autant. Même les raisons brusquement nous paraissent floues. Autant j’appréciais ressentir les premiers effets de l’alcool sur mon corps, autant jamais je n’avais bu au point de mal finir ou de ne plus me souvenir de la veille … Ou alors disons plutôt en présence de trop de personnes pour lesquelles ma confiance ne serait pas entière. Appuyé contre l’encadrement de la porte, je la regarde un instant, avant de lui soumettre une pensée des plus pertinentes :

« Et bien apparemment, la fête tu l’as trop fait, tu crois pas ? », lui dis-je conscient que cela risquait de ne pas lui plaire et d’autant plus lui donner envie de se casser d’ici, toutefois, elle pourrait difficilement défendre le contraire à moins peut-être de prétendre que je lui file la nausée … De sa part, et en cette soirée, je devais m’attendre à tout ! Toutefois, à sa manière de raisonner, et sans s’arrêter sur ma grande générosité et mon inconditionnalité, je lui évitais de faire une bêtise qu’elle regretterait le lendemain d’avoir voulu célébrer son anniversaire au point d’en perdre tout contrôle. Il n’y avait rien d’agréable à attendre que les souvenirs nous reviennent par vagues d’éléments qui nous accableraient plutôt que nous embelliraient. Seulement une poignée des flics de cette ville et moi pouvions attester de son lamentable état en cette soirée, elle s’en sortait plutôt bien !

« Ne vois pas tout en noir, tu veux, tout n’est pas si moche, regarde, quel autre cadeau d’anniversaire pourrais-tu rêver de mieux que moi ? », lui dis-je hilare, avant de me reprendre aussitôt. « Non, c’était une blague, te fâche pas, mais je doute que te noyer dans l’alcool t’aide à trouver ce qu’il te manque vraiment … », repris-je conscient que son attitude présente avait tout à voir avec ce qu’elle pouvait désirer au plus profond d’elle-même et qui ne lui est malheureusement plus accessible aujourd’hui. Quelque chose de simple, certainement, qui saurait être en mesure de marquer son anniversaire mais qui ne dépend plus d’elle. Une coutume qui s’est perdue peut-être, des personnes dont elle s’est éloignée ou bien qui l’ont laissée. Difficile à dire, cette femme est une véritable forteresse qui renferme le plus complexe des labyrinthes qu’en franchir le seuil après l’ascension du rempart extérieur n’est que le commencement d’un plus dur pensum à venir.

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Anya R. Davieson
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MessageSujet: Re: [Poste de police de Gaslamp Quarter, 28 septembre] Let me in | Curtis Mer 18 Nov 2015 - 16:49

     

Anya ♦ Curtis

Let me in
Q
ui pouvait se mettre dans sa tête? Qui avait vécu ce qu'elle avait vécu? Un abandon volontaire, un abandon involontaire, quelqu'un qui sombre dans l'oubli, qui devient insignifiant et qui disparaît totalement dans la carte d'une vie, quelqu'un dont on se débarrasse comme d'un insecte qui gêne. Quelqu'un qu'on subit et qu'on supporte, qui nous colle aux basques parce qu'on n'a pas le choix. Quelqu'un qui se bat pour trouver sa place, mais qui n'ose se dévoiler pleinement de peur qu'on souhaite s'en débarrasser. Petit à petit, après les années, après les épreuves, un caractère se forme, fort ou faible, flexible comme le roseau ou au contraire, rigide comme le chêne. Autour d'un cœur fragile et brisé s'érige une barrière que personne ne peut franchir, qu'il s'agisse d'une clôture ou d'un mur de trois mètres de haut surmonté de barbelés. Avec le temps et les blessures, l'être humain apprend à se protéger pour ne plus jamais subir ces douleurs qui ont failli nous emporter une fois ou l'autre. L'amour qu'Anya avait porté à ses proches n'avait jamais servi à rien. Son frère, pour lequel elle pensait pourtant être importante, était parti très loin d'elle, sans qu'elle sache exactement où. Malgré toute l'affection entre eux, malgré ses suppliques larmoyantes lorsqu'il menaçait ses parents de partir, il s'était glissé hors de sa chambre le matin de sa majorité et il était parti en laissant un mot. Il demandait à ses parents de ne pas le chercher, mais que disait-il à Anya? Que lui promettait-il, à quoi la laissait-il se raccrocher? Sans doute était-ce une des raisons qui poussa sa rébellion lorsqu'elle était jeune… Et ses parents, eux, étaient partis sans rien dire. En avaient-ils eu le temps? Quels conseils sa mère lui aurait-elle donnés avant de la laisser seule faire face au monde? Quelles promesses inutiles son père lui aurait-il fait faire? Elle ne savait pas exactement comment ils avaient été emportés, mais elle savait qu'elle n'avait pas voulu savoir. Elle ne voulait pas imaginer les souffrances qu'on pouvait infliger par désir de vengeance.

Elle se souvenait de cet instant où elle avait su que sa vie serait brisée, lorsque l'homme de main des Invanov l'attendait à la sortie de son bus scolaire. Lorsqu'il lui dit qu'elle devait l'accompagner et qu'il la mena plus loin à une voiture où Nicolaï l'attendait. Lorsqu'elle avait entendu les mots fatidiques quitter ses lèvres comme au ralenti. Dans un état second, proche de celui dans lequel elle se mettait maintenant, dans lequel rien ne l'atteignait et aucun bruit ne perçait sa bulle. Les mots du patron résonnaient dans sa tête avec force et leur écho embrouillait leur sens. La tête dans la cuvette, elle les recevait de plein fouet. Elle n'avait jamais vomi à cause de l'alcool et elle savait qu'elle ne se pousserait plus jamais à ce stade, parce qu'elle avait horreur d'entendre Nicolaï et ces mots, sans arrêt. Elle avait envie de hurler et malgré elle des larmes coulaient sur son visage. Anya pensait avoir bâti un mur digne du Mur de Berlin autour de son cœur. Mais les sentiments semblaient fuir petit à petit depuis quelques semaines et pire encore avec l'alcool. Plus jamais elle se promettait en vomissant, plus jamais elle ne laisserait l'alcool affaiblir ses défenses de la sorte, plus jamais elle ne se laisserait aller à ressentir encore cette douleur vive émanant de la plaie à laquelle elle ne laissait pas l'occasion de se refermer. Anya était forte, Anya était solide, Anya était imperturbable, Anya était indifférente, Anya était heureuse, Anya était puissante. Anya ne se laisserait pas vaincre par la douleur d'avoir perdu les siens, parce qu'elle était une enfant de la Mafia et qu'elle savait que c'était leur finalité à tous, mourir pour la Famille. Anya ne pleurerait pas la mort de ses parents parce qu'elle devait montrer à la Bratva qu'elle était fiable et implacable. Anya ne pleurerait pas d'avoir perdu sa virginité parce qu'elle l'avait fait avec la dévotion qu'elle devait à la famille. Anya ne pleurerait pas son baptême du sang parce qu'elle était un petit cosaque et que c'était sa destinée. Anya ne pleurerait pas son frère qui l'avait abandonnée parce qu'il avait trahi les Russes. Anya ne pleurerait pas son petit cœur en miettes de s'attacher à cet homme qui ne lui apporterait rien de bon. Pourtant, elle était là, à sentir son estomac se contracter et se révulser, une main serrant la cuvette à s'en blanchir les jointures et l'autre main retenant ses cheveux de caresser cette souillure. Pourtant, elle sentait ce liquide mouiller ses joues et le nœud dans sa gorge reflétait celui dans sa poitrine. Elle avait si mal qu'elle ne parvenait même pas à croire que c'était l'alcool qui la faisait vomir. Ce qui la faisait vomir, c'était elle-même, c'était sa faiblesse face à cette vie qui lui avait tout pris.

Elle entendait les pas de Curtis s'approcher et elle avait honte de ce qu'elle faisait. Le monde continuait à tourner et elle réalisait encore à quel point c'était beaucoup trop rapide pour elle. Elle n'arrivait plus à suivre ce rythme. Elle finit par appuyer sa tête contre son avant-bras, lorsqu'elle eut l'impression que son estomac s'était calmé. Son corps entier tremblait et était recouvert d'une fine sueur. Elle avait encore envie d'ouvrir la bouche, mais cette fois c'était pour hurler. Pourquoi avait-elle appelé Curtis? Mais qui d'autre aurait-elle appelé? Son ventre se nouait encore à la pensée alors qu'elle écoutait l'américain essayer de faire des blagues, lui dire qu'elle ne pouvait pas sortir dans cet état à sa manière. Bien sûr, Anya le savait. Elle le savait depuis le début, elle le savait depuis qu'elle avait mis les pieds hors de chez elle, mais elle espérait tellement pouvoir disparaître ses pensées, ignorer la blondeur de sa mère, ne plus sentir l'odeur de son père, devenir sourde à la voix de son frère. Comment expliquer ça à quelqu'un sans être faible? Elle voulait oublier la sensation de Guillermo et le goût du sang du partenaire de Pratt. Comment expliquer ça à Curtis sans paraître fragile? Elle voulait ne plus penser à lui, ne plus le vouloir, ne plus rêver et ne plus imaginer un monde où tous les deux pourraient être heureux, en seraient capables et le souhaiteraient. Comment expliquer ça à un joueur qui aurait tout à y perdre? Elle entendait sa voix résonner très loin, lui dire que l'alcool ne l'aiderait pas à trouver ce qui lui manquait. Mais Curtis n'avait rien compris. Elle ne cherchait pas à trouver quelque chose, elle cherchait à effacer quelque chose. Elle respirait difficilement, elle devait être affreuse et ressembler à un panda, mais elle ne pouvait pas lever la tête de la cuvette tant que Curtis serait là, appuyé contre le cadre de la porte. Elle ne savait pas quoi lui dire, ce qu'il voulait entendre de sa part, ce qu'il venait faire là, ce qui serait suffisant pour qu'il la laisse tranquille et cesse de la faire douter à chaque seconde de toutes ses convictions.

Elle ne pouvait pas se voiler la face, encore une fois, quand elle était faible, il était là. Il était le chant de la sirène auquel elle ne pouvait pas céder. Il y avait ce regard qu'il lui lançait, et la douceur des gestes à son égard et même… Il était venu la chercher. Quelle heure pouvait-il bien être? Doucement, le brouillard dans sa tête semblait se lever, la douleur aigüe dans sa poitrine. Il devait être tard, ou tôt. Elle l'avait fait appeler, par la police en plus, et il était venu. Elle savait que Curtis aimait son confort et son temps à lui. Elle savait aussi qu'il passait rarement ses nuits seul. Avait-il laissé une conquête pour venir la trouver? Il était venu. Elle eut un élan de douleur au ventre à nouveau, mais ce n'était pas pareil. Avec lenteur, elle releva sa tête des cuvettes, qui tournaient le dos à l'américain. "Tu devrais aller au salon… Je vais… prendre une douche rapide. Si tu as faim ou soif, sers toi…" L'odeur à vomi, l'alcool qui l'embrumait encore, le maquillage qui avait coulé, cette fine couche de transpiration, elle devait s'en débarrasser. Elle ferma les yeux et se releva lentement, laissant ses chaussures au sol, perdant quelques dix centimètres de hauteur. Il l'avait déjà vue si basse, mais encore une fois, elle était à nu. Elle continuait à lui tourner le dos lorsqu'elle descendit la fermeture éclair de sa robe. Elle sentait encore sa présence. "Et tu peux fermer la porte en sortant". Il aurait l'occasion désormais d'étudier sa chambre, des nombreuses photos de sa famille, de ce qu'elle était avant, de ses récitals de danse, de son frère, de la famille Invanov même parfois. Mais toute cette vie semblait s'arrêter à 15 ans. La seule photo récente était un selfie de Misha et elle sur une plage, tout sourires. Et elle était très récente.

Elle tremblait de tous ses membres et attendit qu'il fût sorti de la salle de bains pour s'extirper de sa robe et de ses sous-vêtements, se démaquiller et se brosser les dents plusieurs fois. Elle fila ensuite prendre une douche rapide et s'enrouler dans ce qui était son peignoir favori. Très souvent, elle dut se tenir au mur pour ne pas tomber. Sa tête se brisait en mille morceaux à chaque inspiration et le monde continuait à tourner, la douleur persistait. La voix de Nicolaï aussi. Elle voulait les effacer, mais elle se sentait si mal, si sale. L'alcool ne l'avait menée qu'à la cuvette et à s'offrir à Curtis comme s'il ne s'était jamais rien passé entre eux. Mais en réalité, que s'était-il passé entre les deux? Il voulait quelque chose, elle le savait, même si elle n'était pas sûre du quoi. Les cheveux mouillés, confortable dans son peignoir, elle quitta la salle de bains avec un pas incertain et elle s'appuya à son tour contre le cadre de la porte, regardant cette fois en direction de Curtis. Elle se sentait petite, à nu, humiliée, elle se sentait fragile et ridicule, mais elle se sentait lasse et épuisée. "Je ne veux pas trouver ce qui me manque… Je veux oublier ce qui me manque." Sa voix était douce et c'était la plus grande confession qu'elle aurait pu faire à Curtis. D'un pas hésitant, s'accrochant aux meubles en chemin, elle s'approcha. "S'il te plaît, Curtis, dis-moi ce que tu veux. J'en ai marre de jouer. Dis-moi ce qu'il faut que je fasse pour que ça s'arrête." Son regard était suppliant et avec un peu d'attention, il aurait pu voir qu'elle refoulait les larmes. "J'en ai vraiment marre de jouer."

Son comportement avait changé du tout au tout, mais quelle façade entendait-elle maintenir désormais? Quelle façade existait-il encore? Malgré ses réactions toutes différentes les unes des autres, elles exprimaient toutes une chose: sa lassitude de ce jeu avec Curtis, de ce qu'ils étaient malgré eux mais ne devraient jamais être. De ce qu'elle savait au fond de son cœur mais que son cerveau refusait d'admettre, préférant encore et toujours se cacher derrière le caractère séducteur de l'américain pour amoindrir leurs sentiments à tous deux. Curtis faisait partie des rêves inatteignables d'Anya et l'avoir si près ne faisait qu'empirer la frustration et la douleur. Mais elle n'était pas prête à le dire.

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Curtis Marshall
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MessageSujet: Re: [Poste de police de Gaslamp Quarter, 28 septembre] Let me in | Curtis Jeu 19 Nov 2015 - 22:07

Qu’avions-nous à attendre l’un de l’autre ? Certainement que cette question saurait répondre à toutes les autres … Saurions nous prétendre combler toutes les attentes de l’autre sans jamais craindre d’échouer ne serait qu’une seule fois ? Si par instants, elle savait me faire sentir que ma présence lui est importante à d’autres, me convaincre du contraire. Mais certainement est-ce parce qu’il nous est impossible de déceler les attentes de l’autre, et de tâtonner à les trouver commettant en cela un bon paquet d’erreurs. Pour la seule et unique raison qu’il serait inadmissible de les demander, ou de les exploser clairement. Tout comme nous en revenons à ce code que nous avons établi entre nous sans en connaitre véritablement les règles ni même leurs fondements. De choses que nous nous sommes pris à appliquer l’un en présence de l’autre pour leur facilité d’usage, apparemment. Ou seulement là pour nous borner à une attitude qu’il ne faut surtout pas dépasser, telle une ligne invisible à ne pas franchir. Profusément parce que nous ne sommes pas encore prêts à assumer bien plus, parce que ce plus serait bien trop grand, et dans son immensité, inbornable et incontrôlable. Et en accepter son existence, serait accepter pleinement aussi tous les paramètres qui l’entoure. Des paramètres qui nous incombent, peut-être même en mesure de tout renverser, de tout bouleverser, de nous … changer ? Ce qui est à craindre n’est pas ce que nous vivons en un temps présent mais ce qui est à venir ? Qu’importe puisque notre futur ne sera que plus limité. Et en retarder l’échéance comme nous le faisons en supposant qu’il saura nous passer ne fait qu’aggraver la sentence qui nous accable déjà. Face à une vérité que nie le menteur. Elle ne lui est pas inconnue, et il l’a su autrefois, à présent, souffre de tant de distorsions qu’elle lui apparait être sa plus grande peur … Alors qu’elle n’est que pureté et innocence, d’une simplicité si évidente qu’il en devient difficile de remonter à ce qui nous a fait la masquer autrefois. Une évidence est rien de plus.
Quel est homme qui s’effraie d’une évidence, aussi parfaite qu’une lueur dans les ténèbres. Cet aperçu fugace, et pourtant authentique, d’un savoir absolu. Comme l’on en croise peu dans toute une vie.

Devais-je donc y rester sourd ? L’ignorer au point de me borner à ces règles faites uniquement pour nous pousser loin l’un de l’autre ? Pour destituer tout ce que nous entreprenons dès que nous le faisons ? Pour maintenir une empreinte de réalité sur nous deux qui ne fait pourtant que bafouer tout le reste. Je ne voulais plus avoir à ignorer tout ce qu’il se passe entre nous, juste parce que le moment n’est pas le bon, parce que nous ne sommes pas prêts à l’entendre ou à le supporter. Et si mon intention n’est pas de la surcharger d’émotions que l’on aurait certainement peine à gérer, il ne viendrait aucun bon moment, aucun meilleur instant. En arriver à cesser de nous comprendre, à nous user à essayer pour finalement renoncer, n’est nullement la direction que je veux prendre. Le seul sens contraire que je souhaite voir sera celui qui me fera foncer vers elle et elle vers moi. L’ampleur du cataclysme pourrait être sans précédent pour elle comme pour moi, et saurait possiblement nous causer bien des dommages mais qu’importe lorsque l’on sait progresser dans la bonne direction. Lorsqu’enfin on se sait sûr de soi …
Devions-nous nous en tenir à la façade que l’on érige l’un envers l’autre, l’un contre le monde ? Devions-nous nous satisfaire de ça, et seulement de ça ? Sans chercher à voir plus loin quand, s’esquisse parfois, tellement plus ? Timide et craintive esquisse qui disparait aussitôt être apparue. Que l’on a pourtant bien vu ! Pas un mirage, ni une hallucination. Est-ce les apparences qui comptent le plus ? Par elles que nous nous sommes façonnés, sommes-nous en droit de les repousser, de les briser ? Cela fera-t-il de nous de fervents menteurs ? Mais n’est-ce pas ce que nous sommes déjà ? Des menteurs, des manipulateurs, d’infâmes personnages ? Et cela doit-il nous cantonner à une seule façon d’être et de penser ?

Et alors que j’étais là à la regarder vomir son horrible soirée et la bassiner d’une quantité de mots invraisemblables, elle parvint enfin à reprendre le dessus me faisant savoir indirectement qu’elle avait envie d’être seule. Chose que j’aurais su comprendre au vu de la situation, néanmoins ne bougea pas. Du moins, jusqu’à ce qu’elle me fasse expressément comprendre que j’étais de trop dans cette pièce … Je referme la porte derrière moi et erre dans le salon à la recherche que de ce que je pourrais bien lui dire pour justifier mes actes qui n’ont rien eu de conventionnel chez moi, et certainement que personne ne serait en mesure de croire si je me prenais à le raconter, chose que je ne ferais pas. Pas même Oksana ne me croirait. De toute façon je n’avais pas fait ça pour uniquement démonter qu’il peut m’arriver d’être surprenant moi aussi. Et pas une fois je ne remettrais en cause ce que j’avais fait parce que cette fois-ci j’avais vraiment eu l’impression de faire le bon choix. Pas que l’abstinence soit l’équilibre dont je pourrais avoir besoin, ou qu’il serait la réponse à certains problèmes, mais parce qu’il s’agit d’elle et qu’elle sait être le problème et la réponse en même temps. Tout comme elle sait me rendre meilleur, un fait inespéré.
Faisant les cent pas dans le salon, entendant l’eau couler sous sa douche, je me saisis de la bouteille qu’elle a laissé choir sur le comptoir et bois quelques gorgées directement au goulot. Au point où nous en sommes je doute que nous puissions faire pire. Il y avait des tas de choses que je ne m’explique pas encore tout comme le fait que je me trouve là dans son appartement. Mais ce sont ces mêmes choses qui me poussent vers elle et me font prendre conscience que cela n’a rien d’un raté et que, malgré tout, mes raisons sont bonnes et cela même si elle refuse de les entendre, de les intégrer, de les concrétiser.

Elle finit par sortir de la salle de bain, d’un pas toujours aussi mal assuré, et son visage marque l’expression de nombreuses nuits sans sommeil. Et il n’en allait pas que de la dernière. Le visage de Pratt me revint en mémoire et depuis, elle avait été la seule à perturber mes soirées et nuits. Mais pour elle ? Avait-elle réellement retrouvé un sommeil paisible ? Sans en repasser interminablement les souvenirs qu’elle en a ? Difficile à dire … Emmitouflée dans son peignoir, ses cheveux mouillés n’étaient pas attachés, je la trouvais belle quoi qu’elle porte et quel qu’en soit son état. Elle s’adresse à moi et sa voix a perdu toute trace d’ivresse, ne laissant qu’un ton à la fois doux et résigné. Je cherche à comprendre ce qu’il en est, et ce qu’elle cherche désespérément à oublier, et le pourquoi elle me dit tout ça. Peut-être dans l’espoir infime que je le devine … que j’ai tous les moyens pour ça. Elle se rapproche de moi aussi périlleusement cela est-il, et j’avance à sa rencontre. Ses mots s’échappent de sa bouche, avec une telle lassitude que je pourrais la penser à bout de forces. Comme l’on arrive en butée du terminal. Et bien que la course touche à sa fin, n’avoir plus l’énergie suffisante pour parvenir à s’en réjouir. A l’épuisement, nous y étions arrivés. Sa manière si fébrile de me regarder, comme si mes paroles en retour sauraient lui donner le coup de grâce. Ce n’était pas ce que je voulais … Je voulais seulement que nous puissions enfin parler, le faire vraiment sans détour ni contournement. Je me rapproche d’elle ne laissant que quelques imperceptibles centimètres nous séparer.

« Enfin … », laissé-je échapper, la rejoignant, un sourire tendre sur les lèvres. Mes mains se posent sur ses épaules, et plongeant mon regard dans le sien, les mots sortent d’eux-mêmes, sans effort, naturellement, sans l’œuvre d’aucune programmation.

« Je veux arrêter de jouer moi aussi, je veux qu’on se donne une chance », lui dis-je alors, déposant mes lèvres sur les siennes et étreins son corps passionnément, dont mes doigts se perdent dans ses cheveux humides, ne souhaitant que prenne fin ce moment, bien que ne pouvant chasser de mon esprit, cette crainte, qu’elle ne partage pas la conception de cette réalité qui est la mienne.

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MessageSujet: Re: [Poste de police de Gaslamp Quarter, 28 septembre] Let me in | Curtis Ven 20 Nov 2015 - 10:46

     

Anya ♦ Curtis

Let me in
C
ette peur qui la paralysait depuis toujours la tenait fermement entre ses griffes. Elle s'était construite dans l'adversité, se faisant des promesses visant à sa propre préservation lorsqu'elle avait réalisé que le monde ne lui ferait jamais de cadeau et qu'elle ne pouvait compter que sur sa loyauté et son travail. A la fin de chaque relation, c'étit ce que faisait l'être humain, plus jamais il ne souhaitait retomber dans ce piège qui lui causait une douleur si vive et lancinante. Il souhaitait vivre sa vie sa encombre, sans problèmes, mais surtout sans douleur. Il craignait de ressentir ces papillons qui se transformeraient tôt ou tard en couteaux qui transperceraient ce qu'il y avait de primordial chez lui. Comme la fourmi, l'humain mettait alors en place des mécanismes de défense pour lorsque les temps difficiles viendraient. D'autres personnes se faisaient cigales et donnaient tout ce qu'il y avait à offrir sans penser à ces temps difficiles qui viendraient tôt ou tard. Anya n'était ni cigale ni fourmi. Elle avait eu, dans son enfance, plus d'amour qu'une personne peut en avoir pendant une vie. Malheureusement, comme elle ne savait pas ce qui l'attendait, elle n'avait pas pris de dispositions en prévision de cette catastrophe, se contentant de prendre tout cela pour un acquis. Le sevrage de tant d'affection et de tant d'amour avait été violent. Elle avait fini par assimiler l'amour et l'affection à une drogue à laquelle elle ne voulait plus jamais goûter. Son instinct avait jusqu'à présent extraordinairement préservé son corps de cette nouvelle souffrance. Jusqu'à présent… Elle avait pourtant essayé de courir, de fuir loin de lui, mais elle se trouvait pourtant là, dans ce cul de sac, trahie par cet instinct qui avait pourtant su être efficace autrefois.

Elle ne saurait exactement dire quand cela était arrivé. Elle ne saurait pas dire le moment auquel cet agacement amusé avait laissé place à une sincère affection, à une attirance magnétique et irrésistible. Elle se souvenait de lui il y avait quatre ans, lorsqu'il avait rejoint la famille, un homme de main parmi tant d'autres. Ils l'avaient évidemment fait visiter le Volia, un soi, alors qu'elle dansait. L'avait-il remarquée à ce moment-là? Pour sa part, elle ne l'avait pris que pour un soldat parmi tant. Le plus probable était qu'il ignorait à ce moment l'implication dela très jeune Kukolka dans la Bratva. Et voilà une année et demie, Misha leur avait confié une mission à tous les deux. Elle avait vu son caractère là, l'arrogance et l'assurance dans sa séduction, son sourire en coin et sn regard pétillant. Elle avait beau l'avoir trouvé beau, il ne lui avait pas réellement plu tout de suite. Elle ne voyait chez lui que ce goût du jeu et des paris, ce collectionneur de trophées qui passait sa vie à chasser les femmes. Évidemment, la jeune russe avait fièrement résisté à ses assauts avec sa bonne humeur et son sarcasme habituels, ne laissant à l'américain le choix que de tenter encore et encore. Mais la poupée connaissait les hommes et refermait la porte à ceux qu'elle n'avait pas pris au sérieux. Repousser ses avances avait néanmoins ses avantages: cela permettait de connaître un peu l'homme réel sous le masque de séducteur, celui qui s'énervait, se frustrait et partageait son mépris du monde extérieur. Elle apprenait à découvrir le professionnel qui n'hésiterait pas à tuer implacablement une de leurs cibles et le membre dévoué qui ferait ce qu'il fallait pour la famille. Avec le temps, elle en était venue à apprécier de le voir, vouloir ces moments d'amusement et de jeu entre eux. Les sentiments, c'est rarement quelque chose de soudain. Petit à petit, ils avaient pris possession du cœur de la brune, passant par les fissures dans le mur qui le protégeait. Petit à petit, l'affection amusée avait laissé place à plus. La chute avait été si douce que son instinct ne l'avait pas réellement alertée. Ce n'était pas en posant son regard sur l'américain, ni un jour par magie. C'était un sourire qui vient après un geste qui vient après une parole qui vient après un regard et qui soudain semble plus brillant qu'avant.

La chute avait été si douce qu'elle n'avait réalisé être tombée qu'une fois qu'elle avait atteint le fond. Ce moment, elle savait très bien à quand il remontait. Depuis, elle ne cessait de se débattre pour remonter la pente, mais ce n'était plus possible, quoi qu'elle préfère croire. La fuite était futile dès ce moment-là, mais elle ne l'avait pas encore réalisé. Tant d'événements s'étaient déroulés dans sa vie et, d'une manière ou d'un autre, il avait été là avec elle. Il lui avait sauvé la vie, il l'avait embrassée, il l'avait voulue. Mais au-delà de ce qu'il lui avait fait, il y avait ses pensées à elle, ses rêves qu'il envahissait toutes les nuits au cours desquelles elle parvenait à trouver le sommeil. Elle avait promis à Misha qu'il n'avait pas à s'inquiéter, mais elle était celle qui cherchait à se convaincre d'une chose contre laquelle elle ne pouvait pourtant plus se battre. Son cœur était déjà gangréné par Curtis. Elle avait presque espéré qu'il la laisserait, qu'il se contenterait de ce baiser égaré après une mission, de cette offrequ'elle venait de lui faire. Mais le blond était plus à l'écoute de lui-même qu'elle ne l'était.

Pour sa part, Anya préférait encore la facilité de dire qu'il n'était pas sérieux, qu'il n'était qu'un dragueur et qu'il jouait. Combien de fois avait-elle utilisé ce prétexte, encore ce soir. Mais elle savait la réalité. Elle avait lu ses regards et senti son toucher lorsqu'il se posait sur son corps. Elle savait qu'il était tombé autant au fond qu'elle et qu'il ne souhaitait que de se laisser aller à cela, cette promesse de bonheur et de risque. Comme elle, sans doute, rêvait-elle de sa voix, remémorant chaque baiser, encore et encore, imaginant des scénarios dans lesquels ils pourraient finalement se laisser aller à ce qu'ils éprouvaient. Jour et nuit, elle souhaitait son corps contre le sien, voir son sourire et entendre sa voix. Jour et nuit, elle luttait contre l'envie de le voir, le chercher. Jour et nuit, elle priait pour se réveillait de ce cauchemar que de ressentir tant d'émotions. Mais ce n'était plus possible de le nier, cette connexion,  lorsqu'ils se touchaient, ces regards toujours complices qu'ils échangeaient, détenteurs d'un secret qu'ils n'auraient pas admis, même sous la torture, ces lèvres qui savaient se trouver. Ce soir, Anya aurait pu se battre, taper du pied comme une enfant capricieuse qui n'a pas ce qu'elle souhaite. Mais il était là, c'était ce qu'elle voulait vraiment. Il approchait d'elle avec ce regard qui la rendait nauséeuse tellement il était transparent pour elle. Son cœur battait, ou peut-être avait-il quitté son corps? Les larmes qu'elle retenait menaçaient de couler, mais il était si proche. Et ce sourire sur ces lèvres qui ne cessaient jamais de l'appeler, et cette voix qui la faisait chavire. Les mots qu'il prononça sonnaient si vrai, faisant écho à son désir enfoui à elle, le vrai, pas celui qu'elle s'efforçait de mettre en place pour se protéger. Curtis l'embrassa, scellant les mots qu'elle aurait pu prononcer. Que pouvait-elle répondre à ça? Il enfouissait la main dans ses cheveux et elle se sentait défaillir sous son étreinte. Anya était si fatiguée.

Alors pour une fois, elle cessa de se battre contre elle-même. Elle se haussa sur la pointe des pieds et passa ses deux bras sur les épaules solides de l'américain. Les yeux fermés, elle se perdit dans le ballet de lèvres et de langues qui ne cherchaient qu'à se découvrir. Son corps entier était parcouru d'électricité et se collait à lui. La jeune russe, laissant pour l'instant tomber son masque, dévoilait de quoi elle était faite, lâchant enfin cette passion trop longtemps contenue, cette fougue qui la faisait profiter de ce baiser comme si c'était le dernier qu'ils échangeraient. Sa tête tournait encore, mais elle aurait été incapable de dire s'il s'agissait de l'alcool ou non. Il était là et il la voulait. Parmi tous les gens de sa vie, tous ceux qui l'entouraient, il était toujours revenu vers elle, il s'était accroché et s'était battu pour l'avoir. Il avait tué pour elle. Il la voulait. Sa tête, son corps et son cœur étaient remplis de lui. Quoi qu'elle puisse lui dire, ce baiser était sa manière à elle de s'exprimer. Et ce n'est que lorsqu'elle fut à bout de souffle qu'elle se détacha de ses lèvres. Et encore, pas totalement. Elle posa encore un ou deux baisers tendres sur ses lèvres, les yeux encore fermés. Elle appuya son front contre celui de l'américain et souffla doucement. "Tu ne sais pas ce que tu dis… Tu ne te rends pas compte de ce que ça signifie…" Mais elle n'avait pas ouvert les yeux. Elle était intoxiquée encore de lui et ses doigts caressaient doucement sa nuque. Pouvait-elle rêver au bonheur un peu plus longtemps? Elle posa encore doucement ses lèvres sur le coin des siennes. "Toi et moi, c'est..." Fou? Impossible? Inutile? Dangereux? Beau? Puissant? Ravageur? Agréable? Parfait? Essentiel? Elle ne savait plus.


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MessageSujet: Re: [Poste de police de Gaslamp Quarter, 28 septembre] Let me in | Curtis Sam 21 Nov 2015 - 22:07

A quoi devais-je céder ? A cette vérité qui m’est si évidente et me fait face sans me permettre d’en chercher encore un mensonge dissimulé ou alors à mes craintes qui me rappellent qu’il n’y a dans nos vies pas le temps, pas la place pour ce genre de choses. Qu’elles ne devraient nous être permises, mais pourtant se trouvent bien là. N’est-ce pas en vérité tout ce qui compte le plus ? Dans un monde où il demeurera toujours des missions à accomplir, des personnes à éliminer, des femmes à séduire … Des choses que nous accomplissons parce que nous sommes faits pour ça. Comme un routinier se lève chaque matin pour aller travailler. En droit de s’interroger, il se lèvera implacablement. Mais existe-t-il quelqu’un fait pour nous ? Cette autre personne que l’on saurait deviner sans trop s’avancer, que l’on ne veut apercevoir avec exactitude, clairement, qui nous plait dans ce flou ambiant sur lequel s’épanche nos rêves. Dans ce flou qui n’obéit à aucune règle, qui permet tout, et laisse éclater cette vérité si bien clairsemée au quotidien, ne pouvant la laisser nous envahir. Alors qu’est-ce qui nous porte en cette soirée ? Qu’est-ce qui est à l’origine d’une telle convergence qui nous empêche de rester trop longuement loin de l’autre qu’importe la raison ou le sujet que l’on invoque. Que le sujet soit pénible ou évité, détourné ou affirmé, reste cette proximité entre nous qui semble s’exprimer à notre place et combattre chacun de nos mots. Parce que quoi qu’il en soit, nous ne sommes bien que lorsque nous sommes proches. Soudainement s’effondre cette angoisse profonde, teigneuse, atroce, nous offrant ce répit qui nous donne une zone franche dont ni l’un ni l’autre ne sait comment l’aborder ni même s’il est très bon de l’aborder. Et si cette même angoisse m’agonise de ne pas être à la hauteur qu’est la sienne, de ne pas faire le poids, de n’être en mesure de la combler totalement et surtout pour longtemps, je suis incapable de renoncer, conscient que l’impact pourrait être redoutable sans préparation aucune. Autant de questionnements qui s’évaporent à compter d’une seule nuit.

Et ce désir de la vouloir continuellement, dont une seule soirée ne serait m’assouvir, me satisfaire et me suffire, en proie à une viscérale folie, que celle de vouloir tout remettre en cause pour elle. De changer radicalement de direction pour la suivre elle qui s’enfuit dans l’autre sens. Maintenir une telle distance m’aurait encore paru incroyable voire clairement inutile, jusqu’à cette ignition entre nous deux. Admirer les unes après les autres, toutes ses petites choses que j’ai toujours recherché chez une femme, toutes ses petites choses qui la font elle et pas une autre. La puissance de son regard qui redouble de vivacité lorsqu’elle refuse de se laisser troubler par ses pensées, par cet écart de tristesse d’une autre voix qu’elle combat en elle, son sourire qui vient affirmer les deux faces d’une même pièce toujours maitresse, qui la définissent à la perfection. A l’horizon de ce qu’elle laisse voir, de ce qu’elle veut montrer et de tout ce qu’elle veut cacher. Qui lutte avec ses propres armes, celles que la vie lui a laissé, et d’autres qu’elle a appris à dompter. Et toute cette force qu’elle transporte avec elle, qu’elle amoindrit faute de mauvais jugements. Insoupçonné est le potentiel qu’elle maintient en sommeil au fond d’elle, qu’elle oublie si vite, et renie trop souvent, comme l’on s’assassine inévitablement … Mais pourtant bien là, dont l’apparition témoin ne cesse de m’éblouir à chaque réminiscence. Comment ne pas s’en laisser subjuguer …

Dans ce tournant où la vie vous arrête franchement pour vous pousser à vous retourner et songer à tout ce qui pourrait être devant vous, de tout ce qu’il vous manque. Prétendre le moins mais viser le plus. Pour se donner le temps d’y penser, pour laisser le temps à l’importance d’accomplir son œuvre, pour ne surtout rien manquer et profiter des sensations diverses que la situation permet, sans ne jamais trop s’éprendre jusqu’à ce que survienne cet instant qu’on ne peut plus remettre plus au suivant, qui nous saisit farouchement de le vouloir pleinement. Comme il avait failli survenir la fois d’avant dans mon appartement, et celle d’avant à l’anniversaire avant qu’elle ne s’enfuit à nouveau … Du temps pour qu’elle y pense, pour qu’elle n’en réfute l’idée trop vite, pour ne pas qu’elle prenne peur une nouvelle fois … Parce qu’elle me l’avait demandé … Et sa demande m’avait confirmé qu’elle y songeait elle aussi, que peu à peu, l’idée s’insinue en nous pour ne plus jamais nous quitter, et nous laisse désorientés à la recherche d’un retour à la normale que l’on ne peut plus à présent … Parce qu’ils nous manque quelque chose. Parce qu’elle me manque et qu’irrémédiablement, sans elle, je ne parviens plus à être le même. M’envahissait alors ce vide sans provenance, venu de nulle part, m’atteindre en plein cœur pour causer ce trouble, ce changement, cette perturbation réelle et efficace imposant à ma vie un coup de frein sans précédent. C’était toi. Cette déesse à l’orée de chacun de mes rêves, à la danse suave et ravageuse, à m’observer sans me lâcher feignant l’indifférence, dont ton regard de braise me brûle encore. Veillais-tu sur moi ? Dans l’attente d’une évolution entre nous qui se prépare, lentement, lascivement, sans parole ni objet que l’on montrerait du doigt, seulement entre toi et moi. Sa manière de me faire savoir qu’elle est là, qu’elle est toujours là, et souhaite cette place privilégiée m’offrant d’y être durablement. Cette révolution, passionnée, dans laquelle nous nous sommes lancés pour seulement obtenir cette confirmation suprême qui nous délivrera, enfin, de cet insane enchainement.

Je l’enserre avec fermeté, elle ne m’interdit plus. Sa peau est chaude malgré l’humidité de ses cheveux, elle n’ait parcouru d’aucun frisson, celui de l’interdit qui vous glace sur place vous empêchant de ressentir quoi que ce soit, de ne pas être là à 100%. La peur semble, l’espace d’un instant, avoir passé. Elle me rend ce baiser que l’on prolonge, son corps contre le mien, elle désire la même chose que moi. Il n’est plus question de céder à une envie primaire et délectable comme l’on se rit du danger ou que l’on vibre à l’idée de flirter avec le défendu. C’est à présent bien plus que ça. Une envie bien plus profonde, nécessaire, essentielle. Qui vous prend aux tripes d’avoir bravé le plus grand des obstacles qui n’est autre que vous-même. Ses bras autour de mon cou, je la sens pleinement là avec moi, plus à cette fête, plus dans ce hangar, plus à la torpeur de son anniversaire, ou à la vindicative vodka au goût trop empreint de passé. Mes gestes se font plus affirmés en réponse aux siens, soutenus et approbateurs.
A bout de souffle, nos lèvres se séparent, seulement pour reprendre haleine d’une situation que l’on ne maitrise plus mais que l’on se fiche de ne plus maitriser. Elle entretient le contact de baisers à la dérobée réponse à un refus que ne cesse cet état ambiant. Mon cœur bat la chamade, ma respiration se saccade, ses mots qu’elle glisse entre nous me font l’effet d’un doux rappel à une conscience lointaine qui n’a plus aucun contrôle sur nous. Un infime doute qui refait surface sans ne plus produire l’effet qu’il produisait jusqu’alors.

« Je n’ai jamais été aussi sûr de moi », lui répondis-je, mon front appuyé contre le sien, pour emporter cet élément insignifiant qui n’a plus de place entre nous deux. La douceur de ses caresses, ses lèvres qui cherchent les miennes, comme l’on maintient notre lévitation ne voulant plus redescendre sur terre. Sa phrase, elle aussi, reste en suspens.

« Réel … », lui répondis-je pour l’achever concrètement. « Toi et moi, ce n’est que le commencement », repris-je, laissant percer un sourire d’une félicité absolue au regard de ce qui se présage et ne s’efface plus. Mon bras enserre sa taille et n’en démord plus, je caresse son visage dans un geste tendre pour apaiser définitivement l’ombre de tout tourment qui saurait la saisir encore.

« Tout va bien se passer », lui assurais-je d’un ton des plus convaincus, ne craignant plus pour nous deux qu’un brutal revirement de sa part, qui pourtant n’en cessera plus de me souffler la réalité de notre analogie.

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Anya R. Davieson
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MessageSujet: Re: [Poste de police de Gaslamp Quarter, 28 septembre] Let me in | Curtis Jeu 3 Déc 2015 - 22:48

     

Anya ♦ Curtis

Let me in
L
a perfection était plus qu'un mot pour la jeune russe. Elle était son but dans sa vie et son moyen de l'achever. Elle se voulait parfaite en apparence et mentalement. Elle trouvait l'apprentissage par cœur débile, mais appréciait néanmoins énormément la réflexion et perdait parfois u temps à faire des sudokus ou des casse-têtes. Elle pratiquait le sport et entretenait des relations plus ou moins superficielles selon les besoins. Elle regardait des films classiques et critiquait les nouveautés musicales bien qu'elle danse dessus. Elle se coiffait parfaitement et avait depuis longtemps appris à maîtriser la limite tenue entre trop maquillée et esthétiquement mise en valeur. Elle ajustait parfaitement son ton à la personne qu'elle avait face à elle et faisait en sorte que tout reste dans le cadre qu'elle avait préétabli. De l'extérieur, Anya était parfaite, joviale, brillante, sportive. De l'intérieur, Anya était un désastre, une zone sinistrée qui brûlait encore et dont la braise pouvait à tout moment faire repartir un incendie ravageur qui ne laisserait alors rien d'autre que des cendres. L'instabilité de ses humeurs intérieures ne pouvait être gérée que par cette perfection extérieure qu'elle s'évertuait à maintenir et qui requérait d'importants investissements en temps et en argent. S'il y avaient des certitudes dans sa vie, elles étaient limitées. Il y en avait une: elle servirait à jamais la cause de la Bratva. Et puis une autre: Elle chérirait à jamais la mémoire de ses parents. Tout le reste n'était que structure branlantes, plus encore ces temps. C'était pour cela que son cadre était si strict et qu'elle était si exigeante avec elle-même tout le temps. Elle avait établi que si elle se permettait un jour de s'attacher à quelqu'un à nouveau, cette personne s'en irait et la laisseriat seule à nouveau. Alors elle avait décidé qu'elle ne le ferait plus jamais. Elle avait établi que les amis trahissent tous, à moins d'avoir un intérêt à vous être fidèle, alors elle n'avait pas de réels amis. Oh, elle était si parfaite cette petite fille. Incapable de cuisiner, de s'attacher, de se montrer telle qu'elle était vraiment à qui que ce soit, incapable de se laisser aller à cet ouragan qui pourtant tirait de toutes ses forces.

Loin de la confiance tranquille qu'elle exsudait, il n'y avait pas une seule personne au monde en laquelle Anya avait moins confiance qu'elle. Elle craignait ses démons et ses limites, elle craignait ses émotions et leur emprise. Elle aurait voulu simplement vider son cœur de toute sensation et de tout sentiment, mais c'était impossible, peu importe à quel point elle luttait. Curtis était un de ces démons, avec son sourire charmeur et ses yeux pétillants, ses cheveux qu'elle ne pourrait définir comme négligés ni comme soignés. Cutis avec… lui-même. Il était qui il était et ce démon était sur son épaule, la guettait à tous les coins de rue dernièrement. Parce qu'elle s'était habituée à sa présence et comme elle la souhaitait. Certaines expériences ne peuvent pas être oubliées quels que soient les moyens déployés pour le faire, comme ses lèvres sur les siennes ou son regard caressant, la chaleur avec laquelle il l'avait enlacée et la facilité avec laquelle elle s'était endormie sur son épaule. Curtis Marshall était entré dans sa peau et dans ses veines et il menaçait tout son système. Il venait construire une brique de souvenirs et d'émotions fortes, d'envies, de rêves, de désirs et de passion qui ne pouvait pas tenir avec la vie qu'ils menaient. Mais plus elle luttait, moins elle parvenait à l'éviter, à éviter de le toucher, de le voir, de le vouloir, de le chercher à chaque seconde qui passait. Pour peu, elle aurait presque cru que tout ce qu'elle faisait, c'était pour attirer son attention, pour qu'il vienne à elle et qu'elle puisse mieux le rejeter. Mais elle ne le rejetait pas lui. Elle rejetait l'idée de lui et sa faiblesse face à lui. Se rendait-il compte que lorsqu'elle s'éloignait de lui ce n'était pas une victoire sur lui mais sur elle-même? Chaque jour passé sans lui était comme un jour passé en sevrage, loin de sa drogue et de cette présence essentielle. S'il savait à quel point elle le voulait vraiment avec elle, à quel point elle voulait le toucher, sentir ses lèvres sur les siennes et s'endormir la tête dans son cou. Elle voulait qu'il soit là avec elle, en tout instant, comme une présence réconfortante à laquelle se raccrocher. Malheureusement, elle rêvait que Curtis puisse lui apporter cette nouvelle stabilité dont elle avait tant besoin, une nouvelle certitude à laquelle se raccrocher lorsqu'encore une fois, son monde menacerait encore de s'écrouler. Mais comment pourrait-elle compter sur lui pour ça?

Il était là, il caressait son visage, la gardait contre lui, lui offrant son torse puissant comme ancre, ses baisers entêtants comme ports d'attache et pourtant, malgré la fatigue et malgré l'alcool, Anya savait qu'elle devait refuser. Elle n'arrivait pas à se détacher de lui, à se défaire de cette étreinte dont elle se languissait depuis tant de mois, elle n'arrivait pas à ouvrir les yeux pour faire face à ceux de l'américain. Elle ne se faisait pas confiance, elle avait envie de fuir, de s'en aller loin de là, mais il était si ferme, si sûr. Il murmurait des mots que toute femme rêverait d'entendre, d'autant plus d'un vilain garçon comme Curtis. Il est sûr de lui, mais elle mord ses lèvres, secouant la tête presqu'imperceptiblement. S'il savait, s'il avait la moindre idée de la ruine qu'elle était, la voudrait-il encore? La voudrait-il à ce point? Il dit ensuite qu'eux, c'était réel, c'était le commencement. Les yeux toujours fermés, une larme coula le long de la joue de la brune. Pourquoi cette tendresse, pourquoi ce sourire qu'elle entendait dans sa voix? Pouvait-elle réellement rendre quelqu'un aussi heureux simplement en étant présente? Non, elle ne le croyait pas. Elle ne lui suffirait pas, elle le savait. Il pouvait lui dire que c'était réel autant qu'il le voulait, elle savait la vérité, d'autant plus lorsqu'il dit que tout irait bien. Elle voulait lui hurler dessus, elle voulait se dégager et tout casser, craquer en hurlant, lui expliquer qu'il racontait n'importe quoi, qu'il ne savait pas qui elle était, qu'elle ne savait rien de lui, qu'il n'y avait rien de réel dans ce masque de fille parfaite auquel il s'était attaché. Mais plutôt que de faire ça, elle se mordait les lèvres en versant des larmes silencieuses, poussant sa tête contre sa main. "Oh Curtis." Ce n'était pas la première fois qu'elle utilisait ces mots, mais elle ne savait plus quoi faire. Elle était soûle, elle sentait ses jambes trembler sous le coup de l'émotion, de l'alcool et de tout ce qu'elle avait vomi sans avoir mangé pendant la soirée.

"Il n'y a rien de réel ici… Dans celle que tu tiens, Anya… Je ne suis pas ce que tu vois, je ne suis pas ce que je prétends être et toi… On sait tous les deux que tu n'es pas celui que tu prétends non plus. Dis-moi ce qui est réel dans deux personnes qui ne se détachent jamais de leurs masques. Tu es dangereux à mon équilibre, Curtis." Sa voix trembla lorsqu'elle révéla ça. C'était le nœud du problème, la réalité, cette crainte sourde. Il disait que tout irait bien, mais elle ne le croyait pas. Comme tous les autres, il partirait, et alors quoi? Comment ferait-elle pour éteindre cet incendie qui ne laisserait d'elle que des cendres? Elle osa finalement ouvrir les yeux. "S'il suffisait de dire que tout ira bien, tu crois que je serais ici, avec toi, le soir de mes 23 ans? Avec une famille décimée, disparue et absente? Aucun ami parce que je sais que mon mode de vie ne convient à personne?" Elle secoua doucement la tête et prit la main de Curtis entre deux mains à elle et elle posa un baiser dessus, faisant un pas en arrière. "Je suis juste un désastre que tu n'auras pas envie de rattraper Curtis, quoi que disent les hormones en cet instant. Oui, elle offensait ses sentiments, oui, elle voulait le fuir encore, oui, elle le craignait tellement, oui, elle le voulait plus que tout en cet instant et depuis des semaines. Oui, elle rêvait de lui et peut-être, oui, peut-être qu'elle espérait juste qu'il s'accroche, qu'il se batte pour elle, qu'il lui dise qu'il s'en fichait, qu'il la voulait et qu'il apprendrait à découvrir qui elle était. Ou alors peut-être, oui, peut-être, essayait-elle simplement de se construire une porte de sortie pour avoir le dessus lorsqu'il la rejetterait lui. Ou alors peut-être, juste peut-être, elle était à ce point un désastre qu'elle ne réalisait pas à quel point chacun des deux était devenu essentiel au bien-être de l'autre. Peut-être, juste peut-être, ne réalisait-elle pas qu'il faisait partie de la perfection de son tableau.

GleekOut!

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Curtis Marshall
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MessageSujet: Re: [Poste de police de Gaslamp Quarter, 28 septembre] Let me in | Curtis Lun 7 Déc 2015 - 23:02

Il n’y avait de plus unique instant que celui que je vivais en sa présence, prêt à faire tomber toutes mes barricades et mes censures pour qu’enfin on s’exprime vraiment l’un à l’autre. Qu’on laisse derrière nous subterfuges et ruses de grande élégance pour s’imprégner de nous deux. Si le jeu nous avait menés là où nous nous trouvions en cette soirée, il était désormais de trop entre nous. Il n’était plus question de se cacher derrière je ne sais combien de non-dits ou de mots aussi habiles qu’insaisissables pour ne jamais avoir à ne prendre de risque que nous n’aurions pas mesuré au préalable. A présent, je ne voulais plus me complaire dans son ombre pour qu’elle reste la mienne. Je ne voulais plus qu’elle soit pour moi cette femme à l’arrière-plan, subtilisée mais pourtant bien présente. Cette même personne que l’on saurait voir dans chacune des images de ma vie. Toujours reculée, inaccessible, imprenable. Mais dont le protagoniste au premier-plan ignore tout d’elle … Non, pas plus que je n’étais pas, n’étais plus, un quelconque voyeur dans la masse informe qui sévit au Volia lorsqu’elle danse. Mais nous n’étions pas ces deux personnages-là qu’un semblant de connaissance permettrait d’y subsister. Indéfectiblement, je n’avais jamais cessé de savoir qui elle était. Et les années en sa circonstance, m’avaient permis d’apprendre sur elle, de cerner toute sa complexité, et l’étendue de sa perfection. Autant d’années qui n’ont fait que me conforter dans l’idée qu’elle seule serait en mesure de me combler si j’osais l’apprivoiser. Si j’osais me poser la question durablement et m’interroger vivement … La question posée, le cœur empoigné, je me lançais indubitablement dans le combat le plus rude de toute mon existence.

Et la seule impression qui se propageait dans ton mon corps et me faisait agir tel un ivre fou dont la folie aurait eu raison, n’était autre que l’euphorie. Nullement due à la vodka que nous avions ingurgitée plus tôt, je me sentais imbibé d’un sentiment intense de bien-être, d’aisance et de confort comme l’on croit faussement que rien ne peut venir perturber notre état. Je n’oubliais pas que la difficulté est grande et que les obstacles ne cesseront de nous barrer la route. Cependant, la foi en nous deux qui naissait au plus profond de mon être me laissait croire qu’on saurait faire face. Et cette conviction, qui lentement fait son chemin en moi et m’emplit d’assurance et d’une force presque divine. Et cette même sensation redoublait d’intensité en sa présence pour m’assurer de la réalité de la chose et me faire comprendre que je ne saurais plus me passer d’elle. A la manière dont on s’accroche à la vie, c’était à elle que je m’accrochais. Viruleusement, férocement. Elle donnait à ma vie le sens que j’avais longtemps cherché, pensant être en mesure de le découvrir au-delà des rayures et convaincu qu’il n’y réside, persuadé d’être le seul à pouvoir le trouver, elle se porte à ma hauteur, de toute sa splendeur et le rayonnement qui l’incombe, pour enfin me signifier qu’il n’est plus temps de chercher.

Ne cesse de couler ses larmes chaudes le long de ses joues sans qu’elle ne les contrôle et à sa manière de se torturer la lèvre je compris que chacun des mots que je lui décernais me revenait en rebond d’une barrière infranchissable. Je saisissais son trouble et le tiraillement qui s’emparait d’elle lui empêchant toute phrase complète. Mais il était hors de question que je la lâche. Je ne voulais plus qu’elle quitte notre sphère isolante mais qui lentement se fissure d’incontenables entre nous. Ses mots sortirent comme une vérité absolue que l’on ne pouvait ignorer. Et pourtant, ses yeux restent clos. Tel un discours qui ne convainc qu’à la répétition et qui ne parait vrai que lorsqu’il est dit. Sans réflexion, sans faiblesse. Mais il l’avait convaincu et me fit mal de l’entendre. Néanmoins, il ne parvint pas à ébranler mes persuasions. Elle releva le regard vers moi et la seule chose que j’y vu, ne fût autre que la peur qui la paralysait de se sentir bien à nouveau alors qu’elle s’est habituée, depuis bien trop d’années, à vivre en permanence avec cette douleur lancinante, qui avait fini, lentement, péniblement à la caractériser toute entière. A la représenter lorsque se fissure ce masque qu’elle exprime avec autant de ferveur que de vérité et qui lui permet de se reconnaitre encore. Comme s’il n’y aurait rien de plus vrai en cette heure. Je secoue nerveusement la tête de droite à gauche à ses mots alors qu’elle ne souhaite que fuir à nouveau. Elle avait trouvé un équilibre au bord de l’instabilité la plus constante, au centre même du déséquilibre, néanmoins, cela ne faisait pas d’elle un funambule qui n’en finirait plus de tanguer. Je ne souhaitais pas menacer son eurythmie et faire contrepoids dans sa vie, seulement lui montrer qu’elle n’a pas à endurer cela toute seule telle une plaie qui ne se résorberait jamais.
Son pas en arrière me fait comprendre qu’elle n’est pas prête pour tout ça, pour se risquer sans considérations à des états d’âme qu’elle ne voulait avoir à assumer. Ou peut-être refuse-t-elle de se projeter dans quoi que ce soit de trop perturbant pour être agréable durablement. Des plans qui engendreraient bien plus que le jour suivant, que la nuit suivante, sans compter les efforts considérables que cela demanderait de, tous les jours, se convaincre du contraire. Tous les jours, se persuader du bien-fondé de la chose. Tous les jours, apprendre à l’apprécier pleinement et frémir du jour à venir. Sans aucun doute, beaucoup trop d’un coup.

« Anya, je suis certain d’être le mieux placé pour savoir ce que je veux vraiment et ce que je suis prêt à faire pour y parvenir », lui répondis-je dans une tentative inespérée de la convaincre.
« Je te connais, on se connait, et dans le fond on a toujours su », repris-je me fichant bien que mes mots ne sortent dans l’ordre ou expriment un pourparler des plus décousus. « Enfin, toutes ces fois, tous ces instants que l’on a passé ensemble, tu ne peux pas les ignorer, tu ne peux pas faire comme si ce n’était rien », la questionnais-je dans l’espoir de provoquer un moindre écho en elle. « Tu l’as ressenti comme moi … Je sais bien que l'on n'agit pas comme la plupart des gens et que l’on a beau le prétendre ça ne sera très certainement jamais le cas, mais ne renonce pas avant même d’avoir essayé ... Anya, ne nous fait pas ça », achevais-je, faisant glisser mes mains à ses avant-bras ne voulant rompre le contact entre nous deux qui ne rendrait que plus évidente cette barrière et lui offrirait une facilité supplémentaire à son évitement. Quand bien même j’avais conscience de ce que je lui demandais, et de la surcharge que cela provoquait sur elle en cette soirée, il m’était impossible de renoncer à elle et cela même si elle me le demandait ou me suppliait. Quel goût aurait la vie si l’on se détournait de cette empreinte sucrée et délicieuse qui rend tout plus vrai que nature et qui se fiche éperdument des apparences, pour un peu de vérité aussi laide qu’elle est belle ?

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Anya R. Davieson
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MessageSujet: Re: [Poste de police de Gaslamp Quarter, 28 septembre] Let me in | Curtis Mar 26 Jan 2016 - 18:35

La jeune russe ne savait plus comment se battre. Toutes les barrières érigées autour de sa personne, il les avait escaladées, il les avait traversées, puis il les avait fait tomber. À chaque fois qu'elle pensait avoir réussi à repousser l'invasion de ce virus, il montrait qu'il avait progressé toujours plus loin. Quoi qu'elle tente, quoi qu'elle lui envoie dessus, chaque fois il persistait et s'accrochait. Il y avait une place qui lui était réservée auprès de la jeune femme et il s'accrochait de toutes ses forces à ce droit qu'il avait. Si habituée à éloigner tout le monde, si habituée à se méfier de tout le monde, laisser ce virus s'incruster au centre de ce qui constituait sa propre personnalité relevait du plus gros défi que la vie lui ait proposé et pourtant, elle se trouvait là en ce moment même. Les baisers échangés se comptaient sur le doigt d'une main, les caresses étaient rares et les regards pourtant plein de signification portaient le poids d'une complicité presque ancestrale. Ils se lisaient et se devinaient sans cesse, se cherchaient, en voulaient plus, à chaque instant. Anya avait peur des mots, de leur poids, de leur signification, de tout ce qu'ils pouvaient être et de tout de ce qu'ils pouvaient devenir, de comment ils pouvaient commencer pour finir bien plus loin de ce qui était prévu au départ. Les mots faisaient peur car ils s'attachaient toujours à quelque chose de précieux et les mots que Curtis lui inspiraient en ce moment étaient rares et presque inutilisés dans son vocabulaire depuis de nombreuses années. Elle refusait de les utiliser, pourtant plus le temps passait, plus ils s'imposaient à elle. Elle luttait, elle luttait encore et toujours, ancrant la tempête de ses yeux nuageux dans le ciel limpide que lui offrait l'Américain. Peu importait son conflit intérieur, il savait ce qu'il voulait et c'était elle. Anya, la stripteaseuse qui danse pour la Bratva depuis qu'elle est une adolescente. Anya, la femme qui l'envoie dans les bras d'une autre. Anya, la jeune qui repousse sans cesse ses avances et ses sentiments. Anya, qui le fait taire à chaque fois qu'il essaie un peu trop de s'approcher de son cœur. Anya, la méfiante qui croit toujours qu'il joue avec elle, bien que les règles de son jeu à lui soient trop strictes pour être réellement du jeu.



Ce n'était pas facile pour elle, mais elle devait se rendre à l'évidence de ce regard et de ce désir. Il peuplait ses pensées et dans les moments où elle semblait se perdre, récents ces dernières années, il était son ancre, son accroche, la seule personne à laquelle il valait la peine de s'accrocher pour se sortir des ténèbres dans lesquelles elle pouvait se plonger. Cet homme, petit à petit, avait fissuré son masque si savamment construit et elle n'avait plus envie de le porter en sa présence, elle n'avait plus envie d'être cette femme forte capable de tout affronter, elle avait envie de se laisser aller avec lui, lui montrer que finalement elle n'était qu'une enfant fragile, mais qu'elle pourrait se faire forte pour le porter. Le temps avait passé et la jeunesse lui avait été volée. Pour elle, il n'avait jamais été question de naïveté et de rêves, jamais été question de fantasmes, ni de croire à un amour éternel qui l'étreindrait toute sa vie. Elle n'avait jamais cru à un soutien indéfectible et à une amitié à l'épreuve de toutes les difficultés de la vie. Pourtant, il lui offrait exactement ça, sans même le réaliser. Et le problème avec ce genre d'offres, c'était qu'on s'y habituait et que la présence de la personne devenait soudainement la chose la plus importante qui existe. Elle avait tellement perdu dans sa vie, qu'elle en venait à avoir peur de perdre même ce qu'elle n'avait pas. Sans doute, une part d'elle préférait-elle encore s'attacher au rêve qu'il représentait, l'inaccessible bonheur d'être aimé gardé à portée de main et pourtant à distance de bras, afin qu'il n'entache pas sa détermination et sa fermeté dans la vie. Les mots de Curtis confirmaient ce qu'elle savait. Elle le connaissait et il la connaissait et dans le fond, ils ont toujours su, depuis l'instant où ils ont commencé cette danse entre les deux, se tournant autour en se frôlant pour se tenter mutuellement. Au début, cela avait été un jeu, mais le danger avait toujours été là et le prix du vainqueur ne cessait de gagner en valeur... Au début, c'était une nuit, une aventure, c'était ce qu'elle avait été prête à lui offrir à peine quelques minutes plus tôt. C'était insuffisant, et il avait raison. Après un moment pareil, après lui avoir donné son prix, elle serait restée seule dans son lit froid et elle aurait pleuré la perte d'une compagnie qu'elle s'était pourtant déjà habituée à avoir. Après une nuit à goûter la saveur de sa peau, elle ne ferait qu'en redemander pour l'avoir auprès d'elle toutes les nuits. Elle ferma les yeux, refusant de les laisser se perdre dans l'océan implorant que Curtis lui offrait, mais ses mots résonnaient en elle.



Elle l'avait ressenti comme lui, ce cœur qui battait, ce baiser qui promettait, ces instants volés qui contredisaient chaque instant de malheur vécu jusque là, ces moments où le soleil semble briller et que la vie obtient un meilleur goût. Et il avait encore raison, jamais elle ne pourrait agir comme la plupart des gens. Elle savait que lui non plus, elle les avait lus en lui, les indices des personnes brisées par la vie, à qui on avait essayé de tout voler pour finir par tout rendre, ces nombreuses fissures qui apparaissaient dans un masque... Les deux se reflétaient et se comprenaient. Les deux se voulaient et quoi qu'elle en dise, se nécessitaient mutuellement. Cette réalisation l'étouffait, il était si beau, il était si important et si un jour la vie venait à la séparer de lui, elle n'était pas sûre de tenir le coup, mais le comprendrait-il? Les yeux fermés, sa mâchoire se crispa et ses larmes cessèrent doucement. Elle l'observa sans répondre, se concentrant sur lui et uniquement sur lui, les suppliques qu'il lui faisait, les mains qui la caressaient, cette voix qu'il prenait pour lui parler et ce petit désespoir qu'elle entendait dans sa voix. Cet attachement, cette tendresse qu'elle ne voulait que nier et qui était pourtant là. Curtis était là et contre toute attente, alors que son monde entier semblait tourner, il était l'axe autour duquel tout semblait se révolutionner. Elle lui faisait mal à chaque fois qu'elle fuyait et elle le savait. Et elle ne voulait pas lui faire mal, elle ne voulait pas être une blessure ouverte de plus, ni une raison de s'enfermer davantage. Doucement, lentement, presque résolue, elle s'approcha encore de lui pour seule réponse, et l'attrapa par la nuque pour le regarder dans les yeux. "Si tu me fais du mal, je demanderai à Misha de te descendre." C'était une simple affirmation, mais il savait qu'elle était sérieuse et que la sanction serait sans appel. C'était sortit calmement, pourtant, ses lèvres s'approchèrent encore de celles de Curtis pour l'embrasser doucement, brièvement, avant de murmurer. "Tu as gagné, Curtis... Tu as une chance." Elle essayait de paraître froide, de ne montrer aucune émotion, mais son cœur battait à tout rompre, menaçant à chaque instant de quitter sa poitrine. Elle tremblait de tous ses membres et elle avait peur de ce que l'avenir lui réservait, pourtant une petite voix lui disait que l'avenir ferait moins peur sans l'américain à ses côtés. "Mais je ne sais pas très bien comment faire, et Dieu sait que toi non plus, alors on va devoir apprendre ensemble et ce sera pas facile et il y aura sûrement des cris et des moments où je voudrai fuir et partir, parce que tu me fais peur... Mais comme tu t'es battu pour cette chance, tu as intérêt à t'y accrocher." Elle ne voulait pus entendre sa voix. Elle se sentait déjà ridicule de s'être autant ouverte à lui et pourtant il y avait encore tellement à dire.



Elle allait encore l'embrasser lorsqu'elle se ravisa et posa la tête sur son épaule. Elle était à un moment déterminant de sa vie, elle le savait et pourtant, les nausées liées à l'alcool la reprenaient. Elle grimaça doucement, mais huma son odeur. La panique la saisit, mais elle ne partit pas. Sa vie pouvait changer maintenant. Elle devait juste laisser faire. "Commandons une pizza." Elle se détacha doucement de lui et tituba doucement. Elle ne savait pas quoi faire et se sentait gauche et cela se lut dans sa manière de se tenir dans la pièce. Elle haïssait de se trouver dans ce terrain inconnu, les papillons vrillant son ventre d'une nervosité qu'elle ne connaissait pas. Elle n'avait pas envie de rater ça, elle ne savait pas quoi faire pour réussir, mais pourtant elle savait qu'elle le voulait, ce rêve inconcevable qui semblait capable de lui apporter du bonheur. Elle l'observa un moment en silence, comme si elle retenait gravés dans sa mémoire tous les détails de son visage, comme si elle risquait d'oublier ou que ce moment pouvait s'envoler. L'alcool jouait beaucoup dans cet instant magique pendant lequel elle croyait tout possible et lucide, elle savait que le lendemain, ses craintes reviendraient et pourraient la pousser à s'enfuir de nouveau aussi loin de lui que possible.

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MessageSujet: Re: [Poste de police de Gaslamp Quarter, 28 septembre] Let me in | Curtis Mar 16 Fév 2016 - 23:17

En lévitation. Ainsi c’était mise ma vie alors qu’elle semblait la retenir entre ses doigts, qu’une faiblesse de son étreinte la consumerait aussitôt. Nos pensées s’activent trop vite, et il n’est plus possible de réfléchir. Plus possible de voir clair ni même de parvenir à ralentir la machine. Notre esprit quitte étrangement notre corps et on se sent si soudainement dérisoire, insignifiant, inconsistant. Et si certains parviennent à trouver leur place dans l’univers tout entier, moi, me faisait comprendre qu’il n’y avait rien de plus important que cet instant présent. Celui qui déterminerait toute la suite. Ce même instant qui m’avait fait penser avec entêtement « Qu’est-ce que je vais devenir ? », des pensées bien trop encombrantes pour le gamin que j’étais par le passé. Et alors que cela se reproduisait à nouveau, j’avais conscience du tournant que prenait ma vie et qu’il n’y aurait plus de retour en arrière. La panique aurait pu me saisir et me faire ficher le camp aussi loin que possible de la perturbation qu’elle créait en moi, mais je n’avais plus envie de reculer. Pas après l’avoir cherché tout ce temps. Pas après avoir œuvré à m’en faire péter le palpitant pour qu’elle m’accorde un instant comme celui-ci. Un instant que je m’étais refusé d’imaginer au-delà de mon fougueux inconscient qui toujours la ramenait vers moi, pour que jamais ne vienne parasiter une quelconque imperfection entre nous d’un sentiment d’inachevé qui entrainerait une déception sans précédent. Parce que ce n’est pas l’idée que j’ai d’elle qui me plait mais bien elle. Au summum de son assurance comme la proie de l’incontrôlable. Autant lorsqu’elle me ravit que lorsqu’elle me fait mal. Qu’elle me rejette avec véhémence ou que la saisit le doute. Lorsqu’elle sait parfaitement ce qu’elle a à faire, et quand elle se retrouve au cœur de l’inconnu. Dans la clarté comme dans l’obscurité. Et que l’on se complaise plus dans l’un que dans l’autre, il n’existe nul autre paradis que celui dans lequel elle ne se trouverait pas. Et si c’est en enfer qu’est notre destinée, je ne craindrais autre mal que celui dont elle est l’origine. Acceptant fièrement et la tête haute, la sentence qui me sera due.

Il ne s’agissait plus de croire, de rêver ou d’imaginer mais bien de vivre. Et la crainte qui nous avait saisi se ferait à présent plus vivace que jamais, et muterait certainement en une difficulté d’un tout nouvel ordre, et dont l’aperçu qu’elle avait eu par le passé, avait laissé sur elle une marque indélébile en son cœur qui ne cesserait de la faire souffrir pour la rappeler à l’ordre d’une fin qu’elle connait, qu’elle s’est habituée, qu’elle ne doit surtout pas négliger. Mais je serais là pour lui rappeler, aussi insensé cela puisse être, qu’elle peut s’accrocher à moi, que je ne flancherais pas, dans le défaut, aussi magnanime d’avoir toujours rêvé d’en être empreint. De connaitre enfin un attachement réel et purement désintéressé, de deux personnes présentes l’une pour l’autre en tout temps et toute épreuve. D’exister vraiment pour elle. D’être important pour elle. Et qu’elle me soit aussi vitale aurait pu m’effrayer et pourtant, mon étreinte sur son corps ne se relâche pas.
Cessent ses larmes de couler sur son visage. Elle relève la tête, me regarde sans mot dire et je sens venir ce moment déterminant qui viendra tout changer entre nous, quelle que soit sa réponse. Mais elle se rapproche, ses mains se portent à ma nuque, et elle ne dévie pas le regard. Les mots qu’elle exprime font apparaitre un fin sourire sur mes lèvres. Sa manière à elle de me dire oui.
Me gardant bien de lui répondre « Ça vaut pour toi aussi », comprenant parfaitement ceux que ses mots impliquent, et ô combien elle n’hésitera pas à tenir parole, je me rapproche d’elle, la serrant plus fermement, pour rencontrer tendrement ses lèvres dans un baiser à la fois tellement évident, et plus qu’attendu. A ses paroles, j’aurais pu sauter au plafond comme un petit garçon la veille de Noël, mais à la façon qu’elle eut de me répondre, j’en saisis le sacrifice qu’elle en fit de franchir elle-même les barrières qu’elle érige depuis bien trop d’années. Et je sais que ce que je lui demande est énorme, mais il n’est question pour moi de la décevoir d’une quelconque façon. Néanmoins, je reste lucide, le pas que nous avions fait était difficile, mais il nous attendait encore tellement d’obstacles à franchir qui nous feraient commettre de nombreuses erreurs mais je ne voulais m’inquiéter pour la suite. J’avais son consentement et rien que cela tenait de la bénédiction. En cette nuit si chaotique qui pourtant la rendait si spéciale …

« On construira tout ça ensemble, quoi qu’il arrive, que l’on s’accorde à avoir peur et que l’on panique, parce que ça en vaut la peine », lui répondis-je afin de la rassurer mais aussi de m’apaiser de conflits à venir et qu’elle énonçait déjà. Certes, nous ne faisions rien comme personne, et ce que l’on vivait en cet instant relevait de l’inédit, mais j’avais plus qu’envie d’y croire. Pour une fois, je voulais vraiment que ça marche. Elle était la première à me faire tenir les armes si fort et pour qui j’ai envie de me battre. On surmonterait nos difficultés. On connaissait nos ennemis, en commençant par nous-mêmes. Et depuis toujours, c’est un combat que l’on livre au quotidien. À présent, c’est ensemble qu’on le ferait. Elle sera ma barricade dans ma déchéance, et moi, sa voie de garage dans sa fuite en arrière. Sa tête appuyée contre mon torse, je la sentais comme vidée de toute force, de toute énergie, de toute … vie. Attendait-elle désespérément ce regain en la vie qui, se faisant désiré, en avait fini par la lasser ? Par l’accabler ? Par la rebuter ?
Elle tachait de se défaire de toute émotion et pourtant, quelque part au fond d’elle, elle en était tout aussi convaincue que moi. De cette évidence entre nous qui venait s’imposer comme une vérité que l’on ne peut plus ignorer. Que s’y obstiner ne ferait que nous nuire et détruirait ce que nous sommes vraiment.

Et lorsqu’elle reprit la parole, ce fut pour me faire connaitre ses intentions immédiates qui m’amusa sur le moment avant qu’elle ne rompe le contact entre nous. Aussi inconsciemment cela était-il, elle s’éloignait et j’avais l’étrange impression que les paramètres s’en trouvaient modifiés. Qu’à nouveau, un rien pouvait s’immiscer entre nous. Une personne, une parole, un mot de travers, un geste de trop … On se prend à chercher à deviner les pensées de l’autre, on ne se focalise plus que sur ça, et on néglige tout le reste. Bien qu’en soi, passer ma vie à déchiffrer l’énigme qu’elle représente ne me posait aucun problème. Sans savoir jusqu’où nous sommes prêts à aller l’un pour l’autre. Tout ce que l’on est prêt à faire, et défaire, pour pérenniser cet espace de bien-être rien qu’à nous. Devions-nous nous en méfier ? Jusqu’à quel point devions-nous nous engager ? Quel degré ? Quelle manière sera jugée excessive, déraisonnée, toxique ? L’en viendra-t-elle à me dire un jour que j’envahis trop sa vie, dans l’étroitesse de mes manières, de ne savoir comment lui démontrer les choses, de lui prouver de quoi je suis capable ? Qu’elle puisse trouver ma détermination trop insistante ? Et ma possessivité ? Moi l’homme qui ne s’attache à rien, ne s’importe de personne, ne désire rien assez fort plus que quelques minutes ?
Elle l’avait bien dit … Il nous faudrait apprendre l’un sur l’autre, l’un avec l’autre. Mais ne surtout pas s’effrayer de se sentir bien à nouveau.

Anya tituba dans la pièce à la recherche d’un équilibre égaré ne lui assurant qu’une stabilité précaire dans une position qu’elle cherche encore. Cette nuit ne ressemble à aucune autre et il n’existe aucun modèle préétabli. Il ne s’agit que d’instinct, de feeling, et de confiance. Je me munis de mon téléphone pour appeler la pizzeria la plus proche afin que l’on se fasse livrer dans les moindres délais, et me rends compte, au moment d’annoncer ma commande, que je ne connais rien de ses goûts ni de ses préférences. Après une courte pause, je lui fais savoir qu’il prépare tout ce qu’il a avec des champignons et un max de fromage et communique l’adresse. Je reviens vers elle et la regarde, avec prévention et tendresse.

« J’espère que tu aimes les champignons », lui dis-je un fin sourire sur les lèvres. « Comment tu te sens ? », lui demandais-je alors qu’elle subissait l’étendue de sa folle nuit dont les désagréments surpassaient, à présent, le bénéfice envisagé au départ. Certes, nos souvenirs peuvent nous trahir, ils ne sont pas des plus exhaustifs et se rappellent à nous toujours par d’étranges manières, et pourtant, on n’oublie rien pour autant. C’est avec toutes ses émotions, tous ses ressentiments qu’il nous faut vivre. Et j’espérais que le temps l’aiderait à en faire des alliés et non plus ses mêmes ennemis qu’elle fuit en permanence et qui la pousse sur des routes bien sombres.


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MessageSujet: Re: [Poste de police de Gaslamp Quarter, 28 septembre] Let me in | Curtis Ven 1 Avr 2016 - 21:32

     

Anya ♦ Curtis

Let me in
E
lle était autant dans le déni qu'elle était lucide. Elle savait que ce qu'elle faisait n'était pas sain, mais s'ouvrir au monde allait au-delà de tout instinct de préservation qu'elle pouvait éprouver. Le monde l'avait bâtie ainsi, fragile et ouverte à l'extérieur et pourtant prête à toute éventualité à l'intérieur. Elle menait chacune de ses journées comme une bataille contre l'amour et l'affection et la plupart du temps, ces termes gagnés. Finalement, laisser la porte ouverte à Curtis pouvait sembler comme l'étape la plus difficile. Ça ne l'était pourtant pas, elle en était persuadée. Ce qui serait difficile, ce serait d'apprendre à lui laisser la place qu'il pouvait mériter. Avec toute l'indépendance qu'elle avait acquise au cours des années, accepter l'opinion et les envies de quelqu'un d'autre vis-à-vis de sa propre personne serait difficile, pourtant elle savait que c'était ainsi que les relations durables fonctionnaient. Son père et sa mère étaient devenus au fil des années une équipe efficace et toute décision importante était prise à deux, au risque que l'un d'entre eux oppose un véto à la décision de l'autre. Certes, c'était une place qui s'acquérait avec les années, mais Anya se verrait-elle arriver jusque là? Et puis, même sans ça, être dans une sorte de relation, donner une chance à ses sentiments pour Curtis de se développer, qu'est-ce que ça voulait vraiment dire? La plupart des gens voulaient découvrir qu'ils avaient trouvé l'âme sœur, une personne avec laquelle rester pour toute leur vie, ne jamais quitter, tout partager, un partenaire pour la vie… Elle n'était pas certaine que cela fonctionnait comme ça, car elle avait vu tellement de trahisons autour d'elle. Les seules personnes qui ne s'étaient pas trahies étaient ses parents et cela posait la barre très haut pour la jeune femme. Elle n'était pas sûre qu'un jour elle pouvait ouvrir son cœur suffisamment pour aimer avec l'intensité avec laquelle ses parents avaient su s'aimer, se battre pour être ensemble, finalement tout donner pour ne jamais se quitter. Son père avait abandonné une partie de ses revenus. En se spécialisant sur la Mafia Russe, il avait simplement abandonné les contrats plus juteux que la concurrence pouvait lui offrir. Sa mère, quant à elle, en ayant Dimitri et elle, avait abandonné sa carrière et danseuse et simplement son rôle de séductrice, Jon étant beaucoup trop jaloux pour qu'elle se permette de flirter avec d'autres hommes, même pour de faux. Serait-elle prête à faire les mêmes sacrifices alors qu'elle souhaitait monter les échelons et devenir un pilier pour la famille?

L'alcool tournait en elle et les dizaines de questions qui la torturaient lui donnaient l'impression de bénéficier d'une grande lucidité, sur elle, sur Curtis, sur le monde. Cette proximité qu'ils éprouvaient les deux n'était pas rien, même si elle la gênait dans son optique d'être sans attaches. Mais elle était tellement agréable pourtant. Elle regardait souvent tous ses films favoris sans réellement comprendre, trouvant stupides et idiotes les réactions des gens, s'attacher de la sorte, stupidement, agir bêtement, parfois contre son intérêt, simplement pour voir le sourire de quelqu'un, éprouver son contact et s'abandonner à une étreinte qui transporte. Dans le fond, elle s'en moquait sans cesse, mais elle n'était rien d'autre qu'une peureuse qui n'osait admettre à quel point elle craignait l'addiction. Maintenant, dans ses bras, son odeur emplissant son nez, ses mains sur son corps et ses lèvres sur les siennes, elle découvrait une nouvelle religion qui la rendait dépendante et stupide. Elle l'avait su depuis leur premier baiser, depuis que le monde s'était arrêté de tourner sous ses pieds pour ne devenir que lui et uniquement lui, emplissant chacun de ses sens et son esprit. Et il était resté là ce bougre, comme une tache qu'on ne pouvait effacer, qui s'étendait de jour en jour, peu importait à quel point elle tentait de l'éviter à tout prix. Pourtant, quelque chose en elle approuvait cet abandon soudain, cette lucidité que l'alcool lui procurait lui disait aussi à quel point elle avait été malheureuse, à quel point elle avait été seule dans son désespoir, alors que maintenant quelqu'un lui proposait son soutien, et finalement, sa lumière. Quelque chose en elle lui disait qu'elle apprendrait à détester ce sourire… Mais en attendant, il était contagieux, il l'appelait et lui donnait envie de le partager, malgré ses réticences. Ce bonheur réel et sincère qu'elle lisait dans les yeux bleus de Curtis se reflétait dans le sien, même si elle tentait de contrôler ses lèvres pour ne pas sourire autant et se laisser aller. Elle avait tellement peur, malgré cet instinct qui lui soufflait que c'était un pas important vers quelque chose de plus grand et de plus déterminant. Elle ouvrait la porte à une sacrée histoire… L'avenir lui dirait si elle serait bonne ou mauvaise, mais elle ne doutait pas qu'il y aurait ses bons moments.

Ils apprendraient ensemble. Certes, peut-être, mais l'un comme l'autre, en étaient-ils capables? Ils étaient deux animaux, férocement indépendants, habitués à ne rendre de comptes qu'à eux-mêmes et à leurs consciences usées depuis longtemps par le fait qu'ils étaient des soldats de la famille. Faire en sorte que ça marche requérait tant de sacrifices… Mais il lui assurait que ça en valait la peine. Elle ne savait ce qui la désespérait le plus… Qu'il le mentionne, qu'il y croit tellement, ou alors qu'elle en avait déjà la certitude. Le reflet de tous ces sentiments qui faisaient peur la terrifiaient toujours autant, mais la lucidité les rendait plus aisés. L'amour et l'attachement rendaient faibles, ils donnaient, lorsqu'ils étaient perdus, une douleur que rien ne réparait jamais, créant un trou béant dans la vie, une absence que rien ne savait combler. Certes, la douleur se modifiait avec le temps, mais elle restait là. Une fois qu'on a aimé une personne, il est impossible de savoir totalement s'en passer, de ne pas penser aux petits aspects, aux petits détails qui la rendaient importante. Elle le savait avec ses parents, elle y pensait dans les moments les plus ridicules. Mais c'étaient dans ces moments-là que l'absence lui faisait le plus mal. Cette douleur ne patirait jamais et elle craignait par-dessus tout de l'éprouver à nouveau. Mais elle se souvenait maintenant à quel point être avec eux était un bonheur, comme elle aimait les balades à cheval avec son père, lorsqu'ils se perdaient dans la nature pour aller tirer et s'entraîner, quand il jouait de la guitare et la faisait chanter. Elle se souvenait des leçons de danse sans merci de sa mère, ne permettant aucune erreur et pourtant lui offrant les meilleurs cadeaux lorsqu'elle en était satisfaite, la manière dont elle jouait avec ses cheveux et la berçait quand elle faisait des cauchemars. Elle se souvenait du bonheur que c'était de jouer avec Dimitri, d'avancer dans la vie avec lui, l'embêter sur ses copines, filer en douce observe ce qu'il faisait avec Misha, se faire chouchouter par les autres adolescents. La douleur de l'absence tend à ternir ces souvenirs et ces moments heureux, pour n'en faire que des rappels encore plus vifs. Pourtant, dans cet instant de lucidité, Anya réalisait que c'étaient ces bons moments les plus importants, et qu'elle souffrirait mille morts plutôt que de perdre ces souvenirs. Dans son élan de lucidité, la jolie brune comprenait soudainement que s'enfermer dans sa peur l'empêchait de connaître le bonheur que des gens proches pouvaient procurer, le réconfort de trouver des bras familiers et une oreille attentive. Elle se souvenait soudainement que la vie, ce n'était pas simplement se barricader, mais aussi partager. À commencer par une pizza.

Pendant qu'il commandait, elle décida finalement de se laisser tomber sur le canapé pendant qu'il commandait. L'alcool rendait ses idées floues, serait-elle capable de se souvenir de tout ceci le lendemain? Elle laissa tomber sa nuque en arrière et ferma les yeux, l'entendant revenir vers elle, lui demandant si elle aimait les champignons et surtout, comment elle se sentait. Elle grimaça. Comment elle se sentait. Elle grogna doucement. "Comme si j'avais bu trois litres de vodka… Mais je crois bien que c'est plus ou moins ce que j'ai fait… Si je n'étais pas russe, je serais probablement dans le coma à l'heure qu'il est…" Elle rouvrit les yeux et tourna la tête vers lui, lui faisant signe de s'asseoir à côté d'elle, attendant qu'il vienne avant de parler. "Profite du fait que je sois encore bourrée, je risque d'être moins agréable dès demain…" Elle leva doucement la tête et le regarda avec attention. Son visage était si familier, son sourire et ses yeux, elle les connaissait par cœur. Et d'une certaine manière, elle connaissait son caractère tel qu'il était en ce moment précis. Mais il y avait des choses qu'elle ignorait et elles étaient nombreuses. Dans la mafia, tout le monde a ses secrets, mais elle savait que généralement, ils finissaient par ressortir et faire plus de mal que de bien, surtout dans ce qu'ils étaient censés faire. "Tu sais que je suis une enfant de la Bratva… J'ai une bonne excuse pour être où je suis… C'est quoi la tienne?" Anya ne savait pas communiquer, ni s'ouvrir, ni demander à autrui de s'ouvrir à elle. Kukolka était une experte, agissant avec finesse et élégance, manipulatrice à souhait. Mais elle n'était pas Kukolka avec Curtis et elle ne souhaitait pas l'être… Au contraire, elle avait décidé qu'elle ne serait plus jamais Kukolka avec lui, juste Anya… Elle ne savait pas bien combien de temps elle y parviendrait, mais elle était prête à essayer, pour lui.

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MessageSujet: Re: [Poste de police de Gaslamp Quarter, 28 septembre] Let me in | Curtis Jeu 21 Avr 2016 - 22:43

Parce que ce n’est pas se rendre compte que l’autre a eu de l’influence sur nous, dans notre propre vie, sur nos propres choix qui est difficile, mais bien d’en être arrivé à baisser sa garde, d’avoir obtempérer, d’avoir outrepassé notre jugement qui est insurmontable. Et dans une telle épreuve, au désespoir de ne parvenir à se retrouver un beau jour s’il peut l’être encore, on commet des erreurs. Les mêmes erreurs qui nous ont blessé par le passé et continuent de nous torturer. Parce qu’empreint de souffrances, qu’est-ce qui peut frapper plus fort que le fouet que l’on abat sur soi en permanence ? Qui peut rivaliser avec pareille douleur, si on n’y laisse aucune place, s’il ne peut égaler au point d’en comprendre toutes les meurtrissures qu’elle laisse, que cet autre comme nous, que l’on ne faisait qu’apercevoir au départ, dans un même processus de distance et d’exclusion. C’était exactement ce qui était en train de nous arriver. Parce que ce n'est pas notre blindage qui est attaqué. Pas lui qui subit d’intempestives tentatives de fracture. Mais bien nous qui en levions chaque couche pour le rendre inefficace. Pour le démanteler brique par brique, parement après parement, avec la conscience de ce qu’il renferme, de ce qu’il contient, de ce qu’il protège … Et s’exposer à vif en toute connaissance de cause. Prendre un risque. Non prendre LE risque. De celui qui ne se répare pas après son exécution. Celui qu’on ne colmate pas de mensonges, d’analyses erronées, de raisons toutes faites. Terrifiante en était l’idée. Et c’était ce que je lisais dans ses yeux en tout instant. Défait de toute contrainte, sans avoir à se faire violence, mais appesantit d’une conscience qui nous rappelle chaque seconde ce que nous risquons. Et sans la garantie qu’un moindre faux pas ne viendra engendrer le pire. Puisque nous ne pouvons percevoir le chemin au-delà de ce qu’il nous ait donné de voir à chaque fois que nous échangeons un regard, un mot tendre, une affection même déguisée. Sans autre certitude que les sentiments qui nous tenaillent et auxquels nous avons envie de croire. Pour un partage fragile, inconstant et pourtant bienveillant. Que vaudrait toute une vie passée dans la méfiance et le repli, dans l’ombre d’une peur que l’on a refusé de combattre, que l’on a refusé d’affronter convaincu d’échouer. À l’instar d’une certitude qui n’a cessé de causer notre malheur. Qui, à présent, résonne à nos oreilles mais nous parait si dérisoire. À la manière d’une ombre que l’on craint, qui n’est en définitive, qu’une projection de nous-mêmes dans un futur aléatoire. Une image que l’on redoute et qui nous fait foncer dans la direction opposée sans savoir réellement ce qui nous y conduira.

Néanmoins, nous ne pouvions écarter les conséquences que nos décisions provoqueraient et qui ne s’étendraient pas qu’à nous deux. Au pouvoir de redéfinir nos vies, il nous fallait avoir conscience de ce que cela engendrerait. Il n’était pas juste question de s’éprendre sans que cela ne change en rien le quotidien qui est le nôtre. Je doute très fortement que nous puissions tout cloisonner. Au-delà de choix que nous aurions à faire, nous nous heurterons à des obstacles aussi grands qui, cependant, ne rendaient frénétique à l’idée qu’ils nous concernent tous les deux. Parce qu’ils viendraient marquer de leur empreinte le réel qui est le nôtre et cimenter nos bases. Une réalité que l’on ne pourra plus dissimuler et nous fera avancer. Quant à penser à ceux que nous serions capable et en mesure d’accepter, il n’était pas question de tout régenter en un claquement de doigts. Tout autant nous serions prêts à tout pour servir la mafia, autant assaillir nos cordes sensibles et exciter nos limites devaient se faire avec le plus de précaution possible aussi progressivement qu’il est permis. Et si nous sommes du genre à sauter tête la première alors, j’espérais vivement que le vertige engendré par la chute ne sépare pas nos mains enfin jointes.

Lorsque je reviens vers le salon, je la trouve étendue sur le canapé, la tête posée en arrière pour retrouver un tant soit peu de contrôle. Néanmoins, je sais qu’elle m’a écouté. Elle me répond sans avoir à tourner la tête ni ouvrir les yeux et ses propos n’ont rien d’exagéré quand on constate son état actuel. Elle fait ensuite ce geste qui ne trompe pas, m’invitant à venir près d’elle. Et il n’avait rien à voir avec son attitude soudainement câline du début de soirée, dont l’alcool la rendait plus séductrice et plus malléable. Mais elle n’avait pas besoin de s’enivrer pour être sensuelle, et je ne voulais plus la voir résignée au point de se ficher de son sort, de son corps et de ses sentiments. Mon instinct avait toujours su me montrer la voie, quant à ce que je ressens, on s’y trompe rarement. Ses façons de faire mon cœur s’emballe, sa beauté fébrile, sa manière de dire oui dans un non … Toutes ces petites choses qui font elle, et avoir le privilège de la connaitre, elle, et non pas une version d’elle, un acte d’elle fait de courtes scènes successives qui n’en disent jamais assez. Je la rejoins et m’assois à ses côtés, mais positionné de façon à être suffisamment tourné vers elle, le bras appuyé sur le dossier du canapé. Elle reprend alors la parole me mettant en garde de ce qu’il pourrait advenir de cette soirée, et de nous tout particulièrement, une fois le soleil levé. Néanmoins, je fis mine de n’y voir que des désagréments purement prévisionnels.

« Ouais, tu dis cela uniquement parce que tu auras la gueule de bois et les cheveux en bataille», lui répondis-je, un fin sourire sur les lèvres. Etions-nous vraiment soumis à cette condition sine qua non qui veut que ce qui appartient à la nuit reste à la nuit et s’évapore au petit jour ? Toutefois, nous n’étions plus éligibles à cette condition-là. On se connaissait trop pour ça, même après quelques verres de trop. Que me dirait-elle ? Qu’elle n’a aucun souvenir de la veille ? Qu’elle ne savait plus ce qu’elle faisait ? Qu’elle ne pensait pas un mot de tout ce qu’elle a pu dire ? Ça ne pourrait tenir la route. Je n’endosserais pas le rôle du coup d’un soir qui s’en tient à un « merci » ou « c’était bien hier mais c’était hier ». Ça non, pas avec elle. Elle allait m’avoir sur le dos encore longtemps. Mais je comptais bien profiter de chaque minute de cette soirée autant que du petit matin avec l’espoir qu’il en vienne d’autres.
Elle me regarda longuement comme si elle cherchait à confirmer ce qu’elle savait déjà de moi, et je lui renvoyais son regard si doux au cœur d’une analyse pourtant si fine. Lorsqu’elle reprit la parole, se fut pour savoir ce qui lui manquait, pour s’aventurer là où elle ne voit qu’une brume épaisse et sombre. Je déglutis un instant avant de lui répondre et de capter à nouveau ses yeux.

« Je n’ai pas d’excuses, je suis exactement là où j’ai toujours voulu être ... (Je caresse son visage et laisse mes doigts se perdre dans ses cheveux, comme s’il en allait d’une destinée pour moi) auprès des miens » achevais-je, d’une voix plus basse. « Je ne suis l’enfant de personne, la mafia est ma seule famille », repris-je, d’un ton neutre pour partager avec elle l’importance que détient mon appartenance au clan russe. Toutefois, il y avait dans sa réponse quelque chose qu’elle avait dit sans dire et qui m’intriguait terriblement.

« Qu’aurais-tu fait si les choses s’étaient passées autrement pour toi ? Tu t’en serais éloignée?», La questionnai-je sans m’imposer ni porter de jugement sur l’éventuelle réponse qu’elle pourrait me donner, si toutefois, elle décide de me répondre. Après tout, elle pouvait tout aussi bien me faire savoir que ce ne sont pas mes affaires, et que ce n’est pas parce que j’ai joué la carte de la sincérité qu’elle se voit contrainte d’en faire autant. Néanmoins, l’alcool ayant tendance à délier les langues, peut-être se permettrait-elle, en cette soirée, de parler aussi librement qu’elle l’entend. Pas qu’elle ne puisse pas le faire quotidiennement, seulement c’était une première pour nous deux, de se risquer en confidences. Et puis quoi qu’il en soit, sa résistance à l’alcool devait la protéger d’un grand nombre de paroles déplacées. Si j’avais quelque chose à y gagner en cette nuit, ce ne serait pas par ce biais-là et cela me plaisait d’autant plus que cela rendrait tout argument en contre dérisoire de sa part dès demain matin si elle prend le risque de miser là-dessus. Autant elle tâchait de m’avertir d’un comportement contraire à venir derrière lequel elle pourrait se réfugier dans un futur proche, autant elle m’en donnait les moyens de le parer. C’est pas à pas qu’il nous faut avancer et quand bien même un seul engage deux à reculons, l’important réside dans le fait que nous le faisons ensemble, dans l’optique prochaine de parvenir à ne faire plus que des pas en avant. Et j’estimais nos chances très hautes, comment pourrait-il en être autrement ? Si elle se laisse le temps d’y croire autant que j’y crois, et que nous considérons nos échecs comme inhérents au processus, nous y parviendrons.

Je n’avais qu’à craindre qu’elle perde haleine et non qu’elle défaille d’une intensité trop forte pour que nous puissions la contenir allègrement, convenablement.

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Anya R. Davieson
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MessageSujet: Re: [Poste de police de Gaslamp Quarter, 28 septembre] Let me in | Curtis Jeu 2 Juin 2016 - 16:22

     

Anya ♦ Curtis

Let me in
D
es histoires... C'était ce que nous étions tous à la fin, des histoires plus ou moins joyeuses, plus ou moins tristes. À certains, on expliquait que c'était le karma, que dans une ancienne vie ils avaient dû être très bons, ou très mauvais. À d'autres, on parlait de chance. Anya, personne ne commentait sa vie et c'était tant mieux. Les seules personnes qui auraient pu la commenter étaient celles qui n'avaient aucun intérêt à le faire. Personne ne connaissait sa vie, car elle avait fait en sorte de la tenir secrète. Certaines personnes qu'elle avait fréquentées pensaient qu'il s'agissait de se donner un genre: la bombe mystérieuse. Mais peu réalisaient à quel point sa vie, sa survie même dépendait de son aptitude à tenir sa langue et à assister sans rien dire. Les secrets avaient un prix dans le monde de la nuit et ils pouvaient simplement vous tirer d'une affaire banale ou vous sauver purement la vie. Et celle d'Anya était restée un secret complet pour les gens qui la connaissaient pour les préserver autant que cela la préservait elle... Si elle avouait la vérité, si elle racontait ses malheurs, la Mafia la trouverait et n'aurait aucune peine à faire d'elle une bouchée pour les chiens de combat. Et elle ne tenait pas à parler, même si bon nombre de gens voulaient comprendre. Ce qui était le plus comique, pour la jeune femme, c'étaient parfois ces clients qui la demandaient dans une salle de danse privée. Alors qu'elle se déhanchait langoureusement, qu'elle se prélassait sur leurs genoux en les poussant à la consommation, ils voulaient tout deviner d'elle. Son nom, son âge, pourquoi elle en était arrivée là. La curiosité malsaine des gens leur donnait envie de connaître son histoire, parce que finalement, aucune fille bien ne se trouvait jamais danseuse au fin fond d'un night-club. Les habitués avaient fini par comprendre qu'au-delà d'être une danseuse, Anya s'était rapidement établie comme un des piliers du club. Mais chaque semaine, de nouveaux arrivants la voulaient elle. Et son refus leur coûtait cher. Avec son rire cristallin, elle secouait la tête et leur promettait un bout d'histoire s'ils revenaient, un peu de temps avec elle s'ils donnaient un bon pourboire. Et le temps passait, leurs porte-monnaie se vidaient et Anya ne donnait rien, elle ne lâchait rien. Elle aurait inventé des excuses, elle se serait battue, elle aurait fait n'importe quoi avant de leur donner un morceau d'elle-même, qu'il s'agisse de son corps ou de son histoire.

Jamais elle ne l'avait fait. Elle n'avait pas envie d'entendre qu'elle était dans un environnement criminogène. Elle n'avait pas envie qu'on essaie de la sauver. Pire encore, elle n'avait pas envie que les gens la prennent en pitié. Pauvre enfant restée seule et orpheline à 15 ans, grandissant dans les tréfonds d'un club, renonçant à toute éducation et se contentant de regarder des films pour s'instruire. Pauvre adolescente à qui le père a tout juste eu le temps d'apprendre à se battre et à se défendre, sans lui expliquer que ce cela pouvait faire de se retrouver perdue dans le monde. Pauvre petite poupée à laquelle sa mère avait eu le temps d'apprendre comment se pomponner et se faire belle, mais qui n'avait jamais appris à garder son cœur face à un homme. Heureusement, en réalité, tous ces évènements l'avaient appris à s'enfermer elle-même à double tour à l'intérieur d'une carapace de joie et spontanéité. Le problème, c'était qu'elle avait appris à s'enfermer d'elle-même, trop craintive des effets que cela pourrait lui faire de se retrouver confrontée à ses propres émotions... Et ce soir en était un extrait. Boire à en vomir, à ne plus tenir debout, à finir en prison. Ce n'était tellement pas Anya, pourtant c'était une suite tellement logique à ce qu'avait été sa vie jusqu'à présent. Peut-être était-ce en partie pour cela qu'elle repoussait sans cesse Curtis et ses avances. Il l'obligerait à s'ouvrir et, par conséquent, à se regarder dans un miroir et réaliser à quel point sa vie avait été un parcours du combattant qu'elle avait effectué sans même sourciller. Les yeux fermés, elle se demandait à quel point il pourrait changer qui elle était, quelle influence il pourrait avoir sur elle. Elle était terrifiée à cette idée et c'était à cela qu'elle pensait lorsqu'elle disait qu'elle allait être moins agréable. Pourtant, Curtis n'en démordait pas. Il persistait à ne voir dans leur situation qu'une normalité qui leur était inconnue, comme s'ils n'étaient que deux individus qui parvenaient enfin à se trouver pour partager un bout de vie. Il s'asseyait près d'elle et alors qu'elle tournait le visage vers lui, elle eut envie de s'approcher et elle le fit. Elle posa sa tête contre son épaule, s'émerveillant de trouver ce contact agréable alors qu'elle l'avait si souvent subi d'autres personnes. Les cheveux en bataille et la gueule de bois... Elle sourit doucement. "N'importe quoi, je t'assure que je suis très sexy, avec les cheveux en bataille." Sans s'en rendre compte, elle lui offrait là quelque chose d'unique, son côté enfantin et plaisantin qui sortait parfois. Il voulait la connaître, fort bien... Elle voulait aussi le connaître, savoir tout de lui, dans les moindres détails.

Il déglutit, Anya s'était aventurée sur un terrain difficile qu'il aurait sans doute préféré ne pas encore avoir à pratiquer, mais c'était important pour elle. S'il y avait bien une chose dont elle devait être certaine avant de s'ouvrir à qui que ce soit, c'était qu'ils prêtaient bel et bien allégeance à la même famille et sa réponse fut suffisante pour l'en assurer, tout en lui donnant envie d'en savoir plus. Elle l'observait et elle avait furieusement envie d'en savoir plus. Mais elle était distraite par ce qu'il faisait, par ses doigts dans ses cheveux, par sa voix basse trop près d'elle. Anya était une jeune femme qui découvrait la vie et qui pour la première fois se découvrait une réelle sensation de désir, désir de tellement de choses à la fois qu'elle ne savait plus où donner de la tête, encore moins alors que celle-ci tournait encore et toujours furieusement. Elle était distraite, elle entendit à peine la question et n'eut pas envie de répondre. L'espace d'un instant, elle eut encore envie de s'éloigner de lui, de couper tout contact entre eux, pour que leurs peaux ne puissent plus s'effleurer. Mais en même temps, il la distrayait encore de ces doigts qui passaient dans ses cheveux humides servant de points de départ à des frissons, de sa voix basse et douce, comme si ce soir n'était qu'à eux. Elle se résigna à rester près de lui, mais elle avait besoin de courage pour s'ouvrir... Elle regarda brièvement la table, hésitant à reprendre une gorgée de vodka, mais rien que l'idée causait une révolte dans son estomac. Elle détailla le visage de l'homme face à elle. Il serait si facile de le faire perdre concentration... Cela avait toujours été le cas non? Elle pourrait le faire, juste le faire oublier la question qu'il avait posée. Elle porta sa main fine sur le visage bien ciselé de l'homme, glissant le bout de ses doigts sur sa peau mal rasée. Et puis elle se haussa légèrement pour poser à nouveau ses lèvres sur les siennes, l'embrasser, le faire oublier qu'il voulait découvrir qui elle était, le faire oublier tout, comme elle l'avait si souvent fait alors que la discussion la gênait.

Et c'était sans doute ça qui la poussa à ne profiter de ce baiser que quelques instants. C'était le fait que c'était trop différent. Lorsqu'elle utilisait ce subterfuge pour éluder une question, elle n'éprouvait rien d'autre qu'un grand vide en elle, la satisfaction d'une manipulation réussie, la joie de s'en être tirée. Alors qu'elle l'embrassait lui, elle ressentait toute cette panoplie d'émotions qu'il déclenchait chez elle, le cœur qui bondissait, l'estomac qui se retournait, la peau qui se hérissait. Autant de symptômes qui indiquaient qu'elle était atteinte du même mal que lui... Et que ça méritait plus que la réponse qu'elle lui offrait... ça méritait plus que la réponse qu'elle offrait à qui que ce soit. Après tout, elle avait déclaré céder et elle ne pouvait pas faire ça à moitié. Profitant encore quelques instants du baiser et des sensations, elle détacha doucement ses lèvres des siennes et posa son front contre celui de Curtis, soupirant, agacée contre elle-même d'être si faible, mais quelque part satisfaite de faire un choix qu'elle sentait être le bon. Sans doute ne comprendrait-il pas en quoi un baiser avait tout changé, mais c'était comme prendre un shot de vodka: un peu de courage pour la suite. "Je suis exactement là où je dois être..." Elle ne réalisait pas elle-même la portée de ses mots et pourtant, elle les pensait en cet instant. Elle se détacha un peu de lui pour s'asseoir en tailleur sur le canapé et pouvoir le regarder. Elle releva ensuite les genoux, qu'elle entoura de ses bras en réfléchissant. "Mon frère l'a fait... Quand j'avais 11 ans, il avait 18 ans, il a décidé que la Mafia, c'était pas pour lui et il est parti. Il a rejoint les Marines, persuadé cela rachèterait les assassinats de mon père." Elle réfléchit. "Mais je ne crois pas que ça fonctionne comme ça... Mon père était aussi un marine, au début, et il a complètement perdu foi dans le système étatique. Quant à ma mère, ses parents travaillent encore pour la Bratva à Saint Petersbourg, alors elle n'avait jamais vraiment eu le choix. Je n'ai pas eu le choix non plus..." Elle regarde un peu au loin, vivant à nouveau ce moment. "C'était la famille ou la rue... Et c'était déjà ma famille à l'époque... J'avais joué avec Nina, je suivais Misha, Sergeï et Dimitri partout... C'était déjà ma vie. J'avais 15 ans, qu'aurais-je pu faire d'autre? Si mes parents avaient vécu, je serais quand même restée auprès d'eux, alors... Je ne pense pas que j'aurais pu m'en éloigner." Elle avait un ton profond et sérieux qu'il ne lui connaissait pas. Que peu, hormis Misha, lui connaissaient. "Sans doute aurais-je pu éviter de devoir me dénuder tous les soirs pour des hommes à partir de l'âge de 15 ans... Mais j'aurais trouvé quelque chose d'utile à la Bratva." La question est difficile pour elle, qui est endoctrinée par la famille et son rapport de dépendance à Misha. Mais elle y répondait. À Curtis, avec toute la franchise du monde, et c'était un miracle. En quelques phrases, il avait appris d'elle des informations que personne ne détenait, les clés de ses secrets et de ses mystères, et elles les lui avait données volontairement, sans se forcer, en évitant la réponse cryptique. Quelque chose en elle avait décidé de complètement s'abandonner à Curtis et alors qu'elle en était terrifiée la seconde d'avant, à présent, elle se sentait bien.

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Curtis Marshall
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MessageSujet: Re: [Poste de police de Gaslamp Quarter, 28 septembre] Let me in | Curtis Dim 27 Aoû 2017 - 23:24

Qu’était-il en train de nous arriver ? L’un à l’autre ? L’un avec l’autre ? Était-ce ça l’amour ? Cette sensation diffuse qui nous fait du bien sans qu’on parvienne à l’identifier clairement ? Qui laisse sur mon visage un sourire incompréhensible ? Qui m’envahit d’une plénitude qui je ne connais pas et qui, dans son vertige, pourrait m’amener à commettre écarts et faux-pas ? Moi cet être suprême qui me perd jamais, ô grand jamais, le contrôle !
Je m’abandonnais pleinement et consentement, à ce sentiment qui par elle, saurait me faire commettre l’impensable. Parce qu’il n’y a pas de force mystique, de vertige paranormal, d’ondes célestes, de coup de foudre ou de voile aveuglant ou je ne sais quoi d’autre qui transparait dans leur discours plus mielleux les uns que les autres quand on en vient à demander de poser des mots sur des impressions. Non, il y a juste elle ! Elle … et voilà toute la différence.
Parce que je ne suis atteint d’aucun tourment, d’aucune contagion, d’aucune fièvre passagère qui s’en passera le soleil levé non … Je la regarde en cet instant, et je sais. Tout ce que je ressens émane d’elle et seulement d’elle. Pas d’une soirée qui nous serait opportune, surtout pas au regard du contexte qui nous a conduit ici. Pas non plus de l’alcool, pourtant exquis, que nous avons bu. Et tout cela, je l’ai su à la minute où j’ai posé mon regard sur elle au « Volia ». Cette électricité … cette morsure qui vous saisit à la manière d’un frisson qui vous prend à adorer ça … Mais je sais que je ne l’aime pas pour ce qu’elle me fait ressentir, quand bien même elle puisse être la seule à me faire encore ressentir quelque chose, mais bien pour la femme qu’elle et celle qu’elle prétend être.

Chaque version d’elle, chacune de ses facettes toutes aussi énigmatiques les unes que les autres, qui me torturent et me fascinent, qui me demandent tant de mal et pourtant m’élèvent à chaque défi qu’elle dresse sur ma route. Telle une quête éternelle de sa personne sur laquelle je m’engage sans frayeur. Bien que conscient de la rudesse et de la difficulté que cela va entrainer. Toutefois, craignant viruleusement son désintérêt total pour ma personne, lui laissant penser que je ne saurais parvenir à la connaitre vraiment. Qu’il ne peut exister homme pour ce combat et encore moins en ma personne. Dans le fond, je restais éperdument convaincu qu’elle aurait beau le nier de toutes ses forces et s’évertuer à me le prouver maintes fois, elle et moi, nous sommes pareils. Saisit des mêmes angoisses, des mêmes peurs, des mêmes rages, des mêmes combats. Néanmoins, elle avait cette propension insupportable à briller bien plus que moi, mais je saurais en mesure de lui pardonner tant j’en approuve le constat. Nos passés ont beau être très différents et avoir fait de nous des êtres à part, à contre-courant d’un monde que nous avons cessé de comprendre, il n’en fait pas moins deux êtres faits pour se compléter. J’ignore encore l’ampleur que prend le phénomène qui progressera, sans nul doute, plus vite que nous saurions avancer, il ne me faisait plus peur à présent. Et si la serrer dans mes bras et profiter de la douceur de ses baisers y est surement pour quelque chose, j’ai totalement confiance en elle. Elle m’assurait sérénité et provoquait sur moi un tel apaisement que me confiait à elle, sur de pareils sujets – sujets que d’ordinaire fuis sans égal – ne me posait aucun problème. Parfaire à la difficulté qui était nôtre de se retrouver là à se confier l’un à l’autre, les mots venaient d’eux-mêmes, naturellement, facilement. Un tel fait aurait dû nous surprendre, nous faire peur ou encore nous faire reculer, et pourtant, ni l’un ni l’autre ne semblait vouloir rompre ce contact si intense dans l’angoisse que n’explose cette bulle dans laquelle on venait de s’enfermer. Confortablement … Mais ce n’était pas de nous qu’il nous faudrait avoir peur …

La hâte me gagne à chacune de ses paroles, au moindre de ses mots, qui me font la découvrir un peu plus. Qui lève, lentement, ce masque qu’elle porte en permanence. Parce que ce n’est pas en la mettant en échec ou en la poussant dans des situations incontrôlées que je parviens à la connaitre le plus. Mais bien lorsque … d’elle-même, elle s’ouvre à moi comme elle le fait en cet instant. Etat que je cherche à provoquer depuis des mois sans franc succès que de ne la retrancher plus profondément encore en elle-même et me fermer la porte, par des actions de ma part, trop brutales, trop spontanées, trop calculées ?
Je l’écoute avec attention sans l’interrompre et partage ce baiser, intense, que l’on échange comme s’il n’y avait rien de plus naturel entre nous, avant qu’elle ne se recule pour s’assoir dans une position plus confortable et se rassembler, enserrant ses genoux de ses bras comme pour se donner le courage d’exprimer ses pensées. Sa façon de parler. Une première entre nous. Et je ne lui reproche pas de vouloir prendre un peu de recul, comme elle prendrait un peu de recul sur sa vie, sur son passé et ce qui l’a conduite à ce qu’elle fait aujourd’hui, pour en parler clairement. La mafia, c’est toute sa vie. Et elle est devenue la mienne. Evidente destinée. Mais cruelle … diabolique et misérable est-elle. Je ne voulais pas lui renvoyer l’impression de m’apitoyer sur sa malheureuse existence et qu’elle puisse, par cela, avoir un mouvement contraire qui viendrait tout briser. Et je ne pouvais pas non plus lui dire que je comprenais ce qu’elle avait vécu parce qu’il n’y aurait rien de plus faux. Il me fallait donc trouver les mots, et cette fois-ci autrement que pour lui faire du baratin ou pour qu’elle soit folle de moi mais bien pour la sortir de cette prostration dans laquelle je l’avais, volontairement, plongée.

« Quoi qu’il puisse en être, ce n’est pas ton lien avec la mafia qui m’intéresse, c’est toi et seulement toi, le reste n’a aucune importance », lui répondis-je alors, sans exploit ni performance, juste ce que je pense. Je me rapproche d’elle et caresse ses bras avec affection. Le bruit de la sonnette m’arrache un léger sursaut alors qu’on sonne à la porte. Le livreur de pizza … « Bouges pas, j’y vais », lui dis-je alors, faisant glisser ma main le long de son bras tout en me relevant. Mes lèvres viennent taquiner sa nuque avant que je me résigne, non sans regret, à aller voir. J’ouvre la porte, et mon corps domine l’interstice d’espace qui permettrait regard entre l’intérieur et l’extérieur. Je me saisis de la pizza tout en lui filant mon fric, généreusement d’ailleurs compte tenu de ce que je lui dois, mais c’est surtout pour qu’il disparaisse très vite plutôt qu’une pulsion de bonté de ma part déjà le maudissais-je de nous avoir dérangé !
Je referme la porte derrière moi et vient poser la pizza sur la table basse à côté de la vodka. Je me rassieds auprès d’elle et la regarde, sans cesser d’être charmé.
« Allez manges un peu que tu dois être affamée », lui dis-je alors pour ne pas la laisser sur une pensée trop sombre et éprouvante.

« Tu ne pourras plus dire que je ne pourvois pas à ton bonheur », glissais-je alors, un demi-sourire sur les lèvres. J’avais beau ne pas ignorer que la route ne serait pas simple entre nous deux, j’avais confiance. Inébranlable était mon état d’esprit. La vie m’avait permis de me rapprocher d’elle à un point que je n’aurais cru possible, alors elle pourrait bien me torturer autant qu’elle le voudrait à présent je me craignais aucun mal. Tant qu’Anya et moi voudrons la même chose … Je pris une part et laisse couler quelques minutes manière de lui donner un peu de répit avant de la harceler de questions. Au risque que cette soirée soit la seule opportunité qu’il me reste de percer sa carapace, ne sachant quand se reproduirait un tel instant, mais convaincu qu’il en viendrait d’autres, je repris, sur un ton aussi neutre que possible pour ne pas la mettre mal à l’aise.

« Et tu n’as jamais cherché à retrouver ton frère ? ». Le silence qui marqua mes mots semblait tellement définitif que je ne pus m’empêcher de reprendre, assez maladroitement. « Enfin, tu n’es pas forcée de me répondre si tu n’en as pas envie … On peut aussi bien changer de sujet si tu le désires », ajoutai-je alors, saisissant combien le sujet pourrait être sensible. La bulle venait-elle d’éclater ?

Après tout, elle pouvait tout aussi bien me renvoyer la question. J’ignorais tout de l’identité même de mes propres parents et si même la vie, aussi grâce soit-elle, m’avait donné des demi-frères ou sœurs. Cette question ayant terminé de me torturer depuis longtemps. Ma culpabilité avait fini par prendre mon propre parti. Et si nous avions beau être semblables, l’égoïsme et l’égocentrisme ne faisaient pas partie de sa personnalité et n’en ferait jamais parti. Il est évident que les êtres de sa famille qui lui restent encore, doivent être au centre même de ses préoccupations. Au centre des miennes, il n’y avait que moi. Et maintenant, elle. Je vins caresser son dos avec douceur en signe d’apaisement, mais surtout pour ne pas qu’elle me repousse de me montrer trop curieux à son égard, alors qu’elle n’avait qu’à me faire savoir jusqu’où je peux me permettre d’aller et à partir de quelle limite il en est trop pour elle. Comme je lui avais dit, l’important est que nous avancions à notre rythme et non que nous précipitions les choses. Bien que je ne sache comment de temps je saurais en mesure de réfréner ma curiosité à son égard, je pouvais bien, pour elle, me montrer patient et sage. Deux qualités, qui, en soi, ne me caractérisent en rien.
Mais elle mérite que j’en fasse l’effort et encore, reste convaincu que je suis loin de mériter son attention et l’importance qu’elle m’accorde tant pullule mon karma d’actions néfastes et d’actes rédhibitoires. La seule chose qui me faudrait apprendre encore serait de savoir jusqu’où je suis prêt à aller pour dompter ma prodigieuse impétuosité pour elle. Et cela ne sera pas une mince affaire surtout lorsque l’on sait comment je peux me comporter quand je la vois danser pour d’autres hommes et constate leur façon de la regarder qui ne me donne que plus envie de provoquer une tuerie générale. Néanmoins, elle avait déjà commencé à agir sur moi aussi bénéfiquement que je ne doutais pas qu’elle saurait m’aider à rectifier le tir en temps voulu. Pour l’heure, je n’avais pas envie de penser aux difficultés qui s’imposeraient à nous, mais seulement profiter du temps que nous avons pour ne penser qu’à nous et seulement à nous.


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Anya R. Davieson
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MessageSujet: Re: [Poste de police de Gaslamp Quarter, 28 septembre] Let me in | Curtis Lun 25 Sep 2017 - 17:56

Anya R. Davieson a écrit:
     

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Let me in
J
amais, jamais, jamais, jamais, elle n'aurait cru être capable de ça. Elle se trouvait là, vulnérable, dans son endroit le plus intime, cet endroit que peu connaissaient, regorgeant de ses secrets les plus enfouis et surtout, les plus précieux. Ces amours qu'elle avait perdues avec le temps, cette solitude dans laquelle elle se plaisait par sécurité. Qui pouvait l'atteindre si elle ne laissait personne l'approcher? La vie d'Anya avait été une fuite perpétuelle vers des horizons plus sûrs. La sécurité, elle ne l'avait trouvée qu'auprès de Misha, qui la protégeait, lui faisait confiance et lui donnait sa chance. Il faisait d'elle son pilier et sa présence constante. Grâce à lui, elle croyait en elle, en ses talents et en ses capacités. Il lui donnait envie d'aller de l'avant et d'être meilleure encore pour l'impressionner toujours plus et lui donner l'envie de travailler avec elle. Et cela avait payé. De simple enquêtrice/séductrice, elle était maintenant gérante du Volia. Mais on n'arrivait pas là par hasard. On y arrivait encore moins en montrant ses faiblesses. Non, il fallait savoir être fort, faire les sacrifices qu'il fallait, calculer ses émotions et leurs démonstrations et elle était douée à ça. Mais depuis quelques mois, ce contrôle qu'elle perdait progressivement se faisait plus facile à accepter. Sans doute, était-ce encore l'alcool qui rendait son jugement nuageux et instable. Ou peut-être était-ce qu'avec le temps, sa présence certaine, Curtis avait réussi à se frayer une place dans son cœur, comme l'eau finit à un moment ou à un autre par éroder la roche. C'était ça... Il avait érodé sa muraille et il y avait quelque chose de chaleureux et réconfortant à l'idée qu'il se tiendrait là, à ses côtés. À l'idée qu'il voulait partager avec elle quelque chose qu'il n'avait pas partagé jusque là. Peut-être plus souvent qu'elle, après tout, il restait un grand charmeur. Mais il voulait partager avec elle et il la choisissait elle. Ce serait mentir que de dire que cela ne la touchait pas. C'était une sensation agréable et inconnue et malgré elle, c'était comme si son cœur lui souriait, comme s'il commençait à devenir une lumière au bout de son tunnel.

Anya ne le réalisait pas encore. Enfermée dans son monde où tout le monde l'abandonne et où l'amour n'est qu'une excuse pour mieux se servir des gens, les sentiments étaient quelque chose de futile qui se mélangeaient tous les uns aux autres. Elle s'était tellement enfermée à l'idée d'aimer qu'elle ne savait pas réellement ce que c'était. En fait, elle en était tellement terrifiée que chaque fois qu'il lui semblait effleurer le sujet, elle partait en arrière, aussi vite que possible, courant de toutes ses forces. Et Dieu savait qu'Anya était athlétique. Pourtant, même dans son déni, elle percevait certaines choses. Comme la lumière dans les yeux bleus de Curtis, la douceur de ses mains et le son de son rire. Elle sentait ces petits battements dans son cœur lorsqu'il était là, près d'elle et elle sentait cette sécurité, ce calme qu'il dégageait pour elle. Elle percevait cette confiance qu'il avait gagnée et ce sourire qui se déclenchait en pensant à lui. Elle avait peur des mots, mais elle n'avait pas réellement besoin des mots, du moins pas pour l'instant. Elle avait simplement besoin de savoir qu'il était là, pour elle, et qu'elle serait là, pour lui. Et elle était prête à s'ouvrir à lui, à se dévoiler et se montrer telle qu'elle était réellement: Une jeune fille pitoyablement effrayée qui faisait de son mieux pour garder la tête haute en toutes circonstances, sachant que dans son monde, la baisser ne servirait qu'à se ramasser une balle dans la nuque. Elle dévoilait qui elle était et lui, l'écoutait. Elle sentait son regard comme une caresse rassurante, un encouragement et un manteau enveloppant. Elle savait qu'elle pourrait continuer avec lui. Lorsqu'elle finit son histoire, elle ne savait à quoi s'attendre. En fait, peut-être s'attendait-elle à une réaction digne d'un homme de main. Un ricanement, une blague, en disant qu'elle ne pourrait pas s'apitoyer sur son sort de la sorte. Et peut-être qu'il aurait eu raison. Mais sa réponse l'étonne, la déstabilise complètement de par sa sincérité. Il n'en avait rien à faire de ses liens avec la Mafia. Mais se serait-il autant attaché à elle s'il ne l'avait pas vue se déhancher tous les soirs quasiment nue? Quelque chose dans la manière qu'il a de la toucher l'électrifie, parce qu'elle sent que c'est vrai.

Toujours enroulée sur elle-même, elle sent le monde tourner autour d'elle et elle se surprend à regretter sa présence à peine parti. Elle ferme les yeux un instant, se retenant de souffler. Tout lui semblait trop fort ce soir, ses sentiments, sa tristesse, sa solitude, même ce bien-être qu'il lui apportait. Mais il commençait à la connaître et revint rapidement auprès d'elle pour lui dire de manger. Elle rouvrit les yeux et hocha simplement la tête. "Il faut que j'absorbe tout l'alcool..." Elle ne se sentait pas bien, mais elle sentait avoir besoin de manger. Depuis combien de temps étaient-ils là? Une heure? Deux heures? Verraient-ils pour la première fois la lumière du jour ensemble? Quelque chose semblait changé en elle et Anya ne voyait plus seulement ce qu'elle avait perdu, mais quelque part en elle, une pointe d'optimisme naissait, juste une petite voix qui lui disait qu'un chemin de premières fois s'ouvrait à eux et qu'elle le découvrirait toujours plus, ce regard doux, ces attentions, cette présence réconfortante. Elle prit un morceau de pizza et roula ses yeux à sa blague sur le fait qu'il pourvoyait à son bonheur. "Quel charmeur. M'offrir une pizza pour mon anniversaire..." Elle se moquait évidemment de lui, avec un petit sourire. Le premier qu'elle lui offrait depuis le début de la soirée, à mesure qu'elle se laissait aller au confort et à l'agréable bourdonnement de l'alcool dans ses oreilles. Elle mangea avec plaisir et en silence, appréciant le goût de ce fruit défendu qu'était la pizza, et qu'il lui faudrait des heures de sport pour compenser. Elle n'était pas sûre de si elle continuerait à danser encore au Volia, même en tant que manager. Après tout, elle restait une favorite. Dans le doute, elle entretiendrait son corps.

Elle fut tirée de ses pensées par la question de Curtis, qui la déstabilisa un peu. Cherché Dimitri? Elle n'eut même pas besoin de réfléchir, la réponse vint toute seule. "Il a choisi tout seul de nous abandonner, pourquoi courir après quelqu'un qui ne veut pas de moi?" Elle ressentait une certaine rancœur à l'égard de Dimitri. Elle l'aimait de tout son cœur, et après tout, il était parti pendant qu'elle était encore trop jeune pour qu'elle puisse le voir comme autrement que comme un prince charmant, mais elle lui en voulait terriblement de l'avoir laissée. Ce n'était même pas une rancune inconsciente. Non, elle savait qu'elle l'aimerait toujours, mais qu'elle ne pourrait jamais lui pardonner totalement le mal qu'il lui avait fait en la laissant seule. Il aurait dû être là pour prendre soin d'elle et pourtant il n'est jamais revenu. Malgré la mort des parents... Ce genre de détails ne s'oubliaient pas et ne se réparaient pas juste parce qu'on réapparaissait. Elle mourrait d'envie de le revoir, tout autant qu'elle souhaitait lui hurler à la figure qu'il l'avait abandonnée comme si elle ne valait rien. Elle se crispa autour de sa pizza, mais préféra prendre son souffle et le regarder. Son visage l'apaisait, ses yeux bleus qui la regardaient avec un tel calme et une telle confiance... Elle prit une inspiration et souffla. Il ne servait à rien de s'emporter plus. Elle ne courait pas après les gens, encore plus s'ils rendaient clair qu'ils ne voulaient plus d'elle. Mais elle était avec l'autre catégorie ici... Une personne qui voulait d'elle. Elle sentait la main de Curtis caresser doucement son dos et la réconforter. Qu'il était agréable de se laisser aller à être le centre de l'attention de quelqu'un, pour une fois... Elle soupira et haussa les épaules. "De toutes façons, je doute que ça serve à quoi que ce soit maintenant. J'ai grandi, j'ai fait mon chemin et j'ai pris ma place. Je n'ai plus besoin de personne..." Elle le regarda avec intensité. "Et puis, tu ne pensais quand même pas t'en sortir comme ça? Je t'ai beaucoup raconté... Comment tu as fini à la famille, toi?"

Il y avait une curiosité sincère, un désir qui naissait en elle de percer son mystère à lui, de savoir ce qu'il y avait derrière lui, ce qui pouvait se cacher derrière ses marques d'affection et son sourire sincère, munis de poings assassins et d'une robustesse entraînée. Elle n'était pas aussi tactile que lui naturellement, peu habituée à avoir des gens qui valent la peine pour elle. Mais cela n'empêchait pas qu'elle appréciait son contact à lui et qu'elle voulait lui montrer que leurs rapports étaient réciproques et qu'elle voulait le faire se sentir autant en sécurité qu'il la faisait sentir elle. Avec hésitation, presque peur, elle posa sa main sur son genou et caressa du pouce. Pour une fois, ce geste n'avait rien de faux ni de calculé, il était juste là pour lui.  

GleekOut!

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