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God doesn't love me |Isabella|

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Gabrielle P. Daaris
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MessageSujet: God doesn't love me |Isabella| Ven 16 Oct 2015 - 21:52

Je m’étais rendu à l’église la plus proche, j’avais l’air conne,  assise sur un de ces bancs à demander je ne sais quoi à je ne sais qui. Je n’étais pas particulière croyante, enfin si … j’ai toujours été convaincue qu’un imbécile  s’amusait à mettre des merdes sur mon chemin mais de la à l’appeler "dieu", il ne fallait pas trop me demander. Qu’est-ce que je foutais là ? Très bonne question. Aujourd’hui c’était l’anniversaire de la mort de Robin, aujourd’hui je fêtais une autre année ou ma vie n’avait pas changé, je fêtais une autre année ou la came avait repris le dessus sur moi et surtout, aujourd’hui je me souvenais du fait que ça aurait pu être moi, étalée sur le bitume à sa place il y a deux ans.
Je me sentais coupable et en colère, je ne savais pas si la colère lui était destiné parce qu’il n’avait pas pu se contrôler ou si elle se dirigeait vers moi parce que je n’avais rien fait pour empêcher ça.

J’allumai une clope à l’intérieur même de cette petite église sous le regard inquisiteur d’une des nones qui était occupée à ranger. Je tirai fortement dessus avant de lever les deux mains, incarnation de l’innocence et de marmonner « C’est bon j’ai capté, je me casse. » Je me levai lentement, laissant échapper un petit rire moqueur et je me dirigeai vers la sortie, ne pouvant pas m’empêcher de critiquer intérieurement tous ceux qui étaient assis là. Ils me faisaient penser à ma mère, ils sont là, à demander des miracles alors qu’ils sont certainement incapables de dire qu’ils ont foutu eux même la merde.  J’avais au moins ce mérite, celui d’être sincère avec moi-même, peut-être pas avec les autres et je ne m’en suis jamais vanté mais je savais qui j’étais et je l’assumais.

Je me dirigeai d’un pas nonchalant vers ma voiture avant de m’installer au volant et de tirer une nouvelle fois sur ma clope. La vérité, c’est que je n’avais aucune idée de ce que je foutais là, je ne savais pas ce que je voulais ni ce que j’attendais. Je me contentais juste de vivre au jour le jour, en attendant qu’il y ai un truc, le truc qui me ferait me réveiller. Je trouvais de la satisfaction dans mon travail mais je le faisais seule et je ne partageais l’excitation d’une nouvelle mission qu’avec moi-même. Je sentais cette boule dans ma gorge grossir de plus en plus, comme mes lèvres commençaient qui commençaient à trembler malgré moi. Je déglutis, inspirant lentement et étrangement je me moquais de moi-même intérieurement, je me trouvais pathétique et ce genre de réaction ne me ressemblait pas. Je ravalai mes émotions pathétiques  et démarrai la voiture, il fallait de l’alcool, beaucoup d’alcool cette journée passerait plus vite avec quelques bouteilles.

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J’ignorais quelle heure il était mais cette journée me semblait interminable. Le soleil c’était couché depuis quelques heures déjà et ma lucidité avait disparu avec lui. J’avais multiplié les rails et les verres et je ne comptais pas m’arrêter en si bon chemin, ce soir je voulais littéralement finir ivre morte. J’avais pris ma voiture, une bouteille de vodka sur le siège passager, je n’osais certainement pas me l’avouer mais j’espérais certainement m’encastrer dans un mur, au moins je partirais défoncée, sans avoir conscience de ce qui m’arrive.

La faucheuse avait un drôle de sens de l’humour, j’étais défoncée, je voyais à peine la route devant moi et pourtant, je fis cette route sinueuse sans encombre. On devait vraiment se foutre de ma gueule là-haut. Je les imaginais, cette bande connard, se demandant certainement à quel moment je péterais un câble, jusqu’où ils pouvaient pousser le bouchon avant que je leur montre le doigt du milieu et que je me colle une balle de crane. Puis merde, rien ne forçait à endurer tout ça plus longtemps, rien ne me forçait à supporter une autre crise de manque, d’autres réprimandes de ma mère, ni le regard faussement empathique de ma sœur, rien ne me forçait à porter mes souvenirs plus longtemps.

Au fond, ce que j’avais à faire n’était pas si compliqué, je pourrais juste … mettre fin à tout ce bordel.
J’arrivai au sommet des montagnes ou je garai ma voiture sur le bas-côté avant de me diriger vers le point de vue accompagnée de mon arme et de ma bouteille de vodka. Voilà des alliés fidèles, avec moi jusqu’à la fin. J’eus un fou rire incontrôlé pensant à la façon merdique dont j’allais finir et le rire laissa vite place aux sanglots. Je pointai mon arme sur ma tempe et fermai les yeux avant de boire une autre gorgée de Vodka.

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Isabella Nicolosi
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MessageSujet: Re: God doesn't love me |Isabella| Lun 19 Oct 2015 - 22:42

Isabella avait perdue toute innocence et toute joie de vivre. Elle n’était plus qu’une petite vaguelette insaisissable qui observait son monde avec des regards étrangers et inquisiteurs. Malgré tous les efforts de son entourage, et des médecins, sa mémoire se refusait à déverrouiller tous ses souvenirs et, par conséquent, son passé. Dorénavant, et jusqu’à nouvel ordre, elle avait à se construire une nouvelle existence, et une toute nouvelle personnalité. Malheureusement, et contré gré, elle partait d’un mauvais pied. Toute l’assurance accumulée au fil des années avait laissé place à la peur de l’inconnue. Il faut dire, elle en était entourée …

- Peut-on aller en montagne ?

Les deux molosses qui servaient de gardes de corps – la crème de la crème, à ce point-ci de la mafia italienne – acquiescèrent, et conduisirent la brunette là où elle désirait. Quel que soit l’heure, elle appréciait la balade en forêt, ou les petites divagations intellectuelles du haut d’une falaise. Ici, il n’y avait pas un monde constant et mobile, aucune information à ingurgiter sans cesse, pas un médecin sur le dos avec mille et une théories et thérapies, pas de parents inquiets et « bizarres », pas une tripotée d’hommes aussi menaçants que silencieux … En somme, ici, dans la nature, elle pouvait se permettre de « respirer ».

La voiture ne tarda pas à rouler sur Mulholland drive Road, et monter et monter jusqu’au sommet. Au fur et à mesure de l’avancée, les étoiles n’étaient que plus visibles dans le ciel. Ce n’était que dans ces moment-là où les yeux de la jeune femme brillait à nouveau, mais était-ce sa lueur malicieuse ou le seul reflet de ces soleils glacés et blancs ? Personne ne pourrait le dire. On ne se contenterait que d’interpréter ce que l’on désirait interpréter.

- Eh merde, elle fout quoi ? finit par dire le chauffeur à son coéquipier, plissant les yeux pour mieux distinguer la silhouette.

Isabella aussi pencha sa petite tête, allongeant autant qu’elle pouvait son cou pour comprendre ce qui intriguait ses gardes du corps.

- On la laisse là ? Une autr… SIGNORINA !

Malheureusement il était trop tard. Instinctivement, l’Italienne avait quitté la voiture pour s’approcher de cette étrangère qui désirait mettre fin à sa vie. Les deux autres armoires humaines sortirent, mais leurs pas étaient moins assurés et moins confiants que ceux d’Isabella. D’une, ils craignaient l’instabilité de cette femme armée, de deux ils ne désiraient nullement que leur « Signorina » subisse encore une blessure physique, ou un enième traumatisme. Cette fois-ci, Tiziano ne pardonnera personne.

- Hey … Je m’appelle Isabella. Tu peux m’appeler Isa. Tu veux bien te tourner vers moi ? disait-elle doucement, d’une voix douce.

Elle espérait ne pas brusquer la demoiselle. Les phares encore allumés, elle ordonna à l’un des hommes de couper moteur et lumière. Quant à l’autre, elle trouva une excuse quelconque pour qu’il s’éloigne aussi un tantinet, notamment une histoire de vestes à récupérer dans un coffre. Il mettra aisément cinq minutes à farfouiller avant de comprendre qu’il n’y en avait pas.

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Gabrielle P. Daaris
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MessageSujet: Re: God doesn't love me |Isabella| Sam 24 Oct 2015 - 0:13

J’étais là, San Diego était à mes pieds, je n’étais venu ici que rarement et pourtant c’est cet endroit que j’avais choisi. Pas ma salle de bain et une aiguille, ou encore ma voiture, non, je voulais crever avec la sensation d’avoir San Diego à mes pieds, avec la sensation même irréelle d’avoir accomplie quelque chose. J’avais cette sensation d’ivresse, l’excitation et la peur de se laisser aller à l’inconnu mais aussi le sentiment d’avoir abandonné beaucoup trop. Des milliers de pensées me traversaient l’esprit, toutes aussi brèves et incohérentes les unes que les autres.

J’avais mon flingue pressé contre ma tempe et pourtant j’étais en train de me dire à l’instant qu’il ne fallait pas que j’oublie d’aller chercher ma dose demain. Putain de délire de toxico, à penser à sa came même dans ce genre de situation. J’avais la rage contre moi-même à être là, à pleurer comme une conne alors que Robin lui, doit bien se foutre de ma gueule pour importe où il se trouve.

J’étais pathétique à vouloir sortir par la petite porte alors que je pourrais prendre mon courage à deux mains et essayer de mettre un peu d’ordre dans le bordel qui me sert de vie. Seulement voilà, je n’ai jamais dit que j’avais assez de courage pour ça et je suis du genre à ma défiler, à planter quelqu’un si je peux m’en sortir et surtout, je suis du genre à prendre la fuite quand ça devient trop coriace et là, c’était le cas.

De la lâcheté ? Non, juste de la raison, mon cerveau avait peut-être grillé mais je n’étais pas encore totalement folle et ce serait de la folie de me dire que j’allais prendre un nouveau départ et que tout se passerais bien. Je savais, que comme à mon habitude, j’allais foirer … et pas qu’un peu. Debout là, les yeux fermés je me donnais toutes les raisons possibles pour faire retentir le bruit du coup de feu. Mon acte fut interrompu par le bruit d’une voiture, et des phares postés sur moi.
J’ouvris doucement les yeux, aveuglée et mon regard se posa sur la gamine debout à côté de moi. Visiblement elle n’était pas seule puisqu’elle avait ordonné à un des types d’éteindre ses phares et qu’elle avait essayé d’embobiner l’autre. J’étais dépitée intérieurement, sérieusement ? Une gamine avec deux gros costaud, encore quelqu’un d’important, comme si je n’avais pas assez d’emmerdes.

Elle se présenta à moi, Isabella … un prénom de poupée … comme elle, qui sera plus tard tout le contraire de moi. J’avais la rage, parce que pour une fois j’allais prendre une bonne décision et qu’il a fallu qu’une jolie poupée à la vie surement parfaite se ramène. Je poussai un léger soupire en levant les yeux au ciel en marmonnant  « J’ai horreur de ton sens de l’humour connard », je baissai ensuite mon arme avant de me tourner vers elle.

« Ecoute gami … Isabella, je suis certaine que tu as de très belles choses à me dire mais … regarde l’heure … sérieusement, tu as encore le droit d’être dehors à cette heure-là ? » Je n’étais pas vraiment disposée et je le lui faisais savoir en étant méprisante et en la traitant de gamine. J’essuyai rapidement les larmes sur mon visage, avant de renifler « Tu devrais rejoindre tes deux potes la bas … je veux pas avoir d’ennuis et j’ai un truc à faire, je n’ai pas le temps de taper la discute avec toi ». Le but pour moi était de la faire fuir, qu’elle me foute la paix, qu’elle me trouve tellement insupportable qu’elle s’en aille en me disant de me dépêcher de finir le boulot.

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Isabella Nicolosi
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MessageSujet: Re: God doesn't love me |Isabella| Dim 25 Oct 2015 - 22:15

Isabella était intimidée devant cette demoiselle au bord du désespoir. A vrai dire, elle ne se sentait plus aussi maline : en effet, dire « Stop » était aisée mais les mots n’étaient pas faciles à trouver. Ainsi donc, elle restait les bras ballants, le regard bien vide, à regarder cette parfaite inconnue. Cette dernière prétendait qu’Isabella aurait une petite vie parfaite, et qu’elle devrait continuer cette existence de poupée avec ses deux gardes du corps. A ses paroles, un sourire ironique s’étira sur ses lèvres.

- Je voudrais bien savoir si j’ai une belle vie ou pas. Je … J’ai perdu la mémoire. Suite à un accident. Je dirais que j’ai une belle vie … mais quelque chose ne va p…

Elle se tut soudainement lorsque ses gardes du corps se rapprochèrent d’elle. Son silence immédiat n’était qu’un signe qu’elle se sentait pris au piège, entourée non pas de gardes mais de bourreaux. A son malaise – qu’on pouvait ressentir à des kilomètres – et à ses regards fuyants, on se rendait compte que quelque chose n’allait pas.

- Au moins … Tu as quelque chose dont te souvenir, se contenta de clôturer Isabella.

La situation de cette droguée était presque plus enviable pour l’Italienne. Car oui, elle savait pour quoi elle mourrait. Depuis son grand réveil, le monde de la Nicolosi n’avait été que chamboulement, violence, sang et faux-semblants. Par contre, comme un mécanisme naturel de défense, elle se taisait et s’adaptait sagement et docilement. Il y a quelques semaines, elle avait pensé « fuir » mais elle avait fait face aussitôt au grand vide de sa mémoire : où devrait-elle aller ? Où est-ce qu’elle s’y plairait ? Où est-ce qu’on la retrouverait ? Comment se débrouiller, tout simplement ?

Actuellement, elle ne valait pas mieux qu’une enfant qu’on devait tenir de la main en emmenant à l’école. C’était pitoyable, certes, mais la vérité.

- Si tu veux … on peut en parler. Tu feras de mes premiers … nouveaux souvenirs, tenta-t-elle de dire avec un sourire amical.

Elle n’était pas bête : elle se rendait compte à quel point son idée était stupide.

- Et … ils ne feront rien, je suppose, finit-elle par dire en haussant les épaules d’une manière nonchalante. Du moins, tant qu’on ne me tape pas …

Elle avait menti sur cette partie-là. Son tout premier souvenir avait été un blond et deux médecins adorables qui se chargeaient d’elle … tapaient, violemment, et menaçaient avec un pistolet par un homme et des gardes et son père – soit tout le gang Nicoloso-. Ce qu’elle ne savait pas l’amnésique, c’était que ces « gentils » infirmiers ou blond n’étaient rien d’autre que les Russes profitant de l’amnésie de la demoiselle.

- Je ne veux pas vraiment avoir comme souvenir …. D’une cervelle explosée.

Ce dernier détail, pour certaines raisons, la rendait étrange. Comme si … elle y avait déjà assisté. Mais elle ne s’en souvenait pas. Non, sa mémoire se refusait de s’ouvrir à elle.

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