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No more lonely night? (Lucas)

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Alexandra R. Weaver
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MessageSujet: No more lonely night? (Lucas) Mar 11 Aoû 2015 - 2:50

Le trousseau de clefs retrouve sa place sur la table de style Louis XVI à côté de la porte d'entrée. Du bout du doigt, je relève l'interrupteur et le petit plafonnier éclaire faiblement, mais suffisamment le salon. J'enlève le foulard enroulé autour de mon cou et le suspends à l'un des crochets du mur. J'ai déjà retiré mes chaussures à talon, Dieu seul sait à quel point c'est un délivrance de le faire chaque soir. Un bruit sourd vient à mes oreilles, comme un objet qui tombe puis des petits pas qui accourent en ma direction. Le chat apparait au coin du couloir et vient immédiatement se frotter contre mes bas collants noirs pour les couvrir de fourrure blanche.

"Tu dois avoir faim! La journée n'a pas été trop longue?"

Ce petit matou à qui il manque un oeil partage mon logement depuis un peu moins de 2 semaines. J'ignore d'où il vient, mais il est apparu comme par hasard sur mon balconnet et n'a jamais voulu repartir après que je lui ai, malencontreusement, donné une assiette de lait.  Depuis, il m'accueille tout les soirs de la même façon, ensuite, il attend que je lui verse quelques croquettes dans son bol avant de retourner faire le guet sur rebord de la fenêtre.

J'ai aucune idée de ce qu'il a bien pu faire aujourd'hui, probablement a-t-il dormi sur mon lit et fait ses griffes sur le cuir de mon sofa? Il n'a probablement même pas vu le temps passer alors qu'il est déjà 21h45. Pour ma part, après le fiasco du procès de ce matin et l'absentéisme récurant de Lucas, je ressens le fort besoin de me détendre un peu. Incapable d'aller au lit, le taux de caféine dans mon sang étant encore trop élevé, je prends un vin rouge du support à bouteille et sans vraiment regarder l'étiquette, je le décapuchonne. L'odeur fruitée du pinard me saute au nez.  Mon regard s'arrête sur l'étiquette pour découvrir qu'il s'agit en fait du cadeau offert par mon père 2 ou 3 ans plus tôt, un vin de la région de bordeaux, qui date de 1989  et qui est probablement hors de prix. De quoi se faire pardonner tous les récitals de ballet auxquels son travail l'empêchait toujours d'assister. Et dire que je me faisais un plaisir de le voir pourrir sur l'étagère. Tant pis, ce soir, j'en versais la robe rouge pourpre dans une large coupe et le savourerait comme un simple apéritif.  Au goût, il n'éveillait rien de particulier, quoique je ne m'y connaisse pas tellement en vin, je pouvais relever un arôme d'écorce et d'orange. Pour l'accompagner, je sors un morceau de fromage du réfrigérateur.

Debout au comptoir-lunch, je me surprends déjà à me resservir. Je plonge dans ma lecture d'un rapport du procureur général en lien avec le trafic de la mafia italienne. Une nouvelle affaire sur laquelle je dois me mettre à jour afin de trouver les preuves qui pourraient inculper une fois pour toutes Nicolosi.  Je me surprends même à sourire à l'idée de mettre un malfrat aussi influant derrière les barreaux. Ce n'est jamais trop beau de rêver un peu, non? Alors que je m'apprête à tourner la page, mon regard s'arrête sur ce vieux portable qui affiche maintenant 23h30. On est le 10 aout et je n'ai pas eu de nouvelles de Lucas depuis déjà une semaine. Aucune trace ne pouvant m'indiquer où il se trouve, j'ai même demandé à son concierge de m'ouvrir la porte de son appartement au cas où il y serait mort. Heureusement, je n'y avais trouvé qu'un léger désordre, le téléviseur encore allumé, mais aucun cadavre. À voir l'état des lieux, j'avais jugé qu'il avait dût quitter rapidement oubliant même... son portable sur comptoir. Non pas que cela soit étrange, mais sachant que Lucas possède un iPhone de dernière génération pourquoi donc s'encombrait-il d'un grelot comme celui-là? Encore une fois, j'en ouvrais le clapet et en parcourait rapidement la liste des contacts, aucun nom, mis à part celui d'Isabella ne sonne familier à mon oreille. D'autant plus, à cet instant même, il se remet à vibrer, comme il le fait sans arrêt, un autre numéro confidentiel, pas surprenant, c'est la même chose à chaque fois. J'inspire profondément et remets l'appareil où il était, j'ai peine à ne pas devenir parano. Avec mon travail, j'ai parfois tendance à me faire des scénarios improbables. Encore une fois, je me convaincs qu'il s'agit probablement du téléphone d'un ami, d'un collègue... son téléphone du boulot? J'ai besoin d'une autre coupe de vin.

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Lucas Truelove
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MessageSujet: Re: No more lonely night? (Lucas) Mar 11 Aoû 2015 - 22:31

Depuis l’accident d’Isabella alors qu’on se promenait tous les trois en ville, ma vie avait connu un brutal tournant. Alors que je pensais tous les jours qu’elle allait mourir, culpabilisant de n’avoir pu lui sauver la vie, lui empêchant de se jeter sur cette voiture ... ma relation avec Alex en avait pris un coup. Je demeurais absent malgré ses attentions, ne parvenant plus à être le même avec elle, alors qu’elle faisait son maximum pour me soutenir et m’aider à traverser cette épreuve. Sa présence me réconfortait et m’apaisait, mais je me trouvais comme déconnecté. Cette culpabilité et la terreur qu’avait engendrées son accident rappelait à moi la douleur vive et insurmontable que j’avais ressenti à l’internement de ma mère. Parce que j’avais su au fond de moi que jamais plus je ne la retrouverais, jamais plus les choses ne seraient comme avant. Une sensation que je n’ai jamais su gérer et ai choisi de fuir toute attache pour ne jamais plus avoir à le ressentir à nouveau. Et si au départ, veiller sur Isabella n’avait été qu’un job comme un autre, à mesure des années, un véritable lien s’est établi entre nous, d’une nature que je ne saurais définir clairement. Elle en avait fini par m’importer plus que ma propre vie, et je m’étais senti près à tout pour qu’elle vive. Et voilà que la vie se jouait de moi une nouvelle fois, m’apprenant que je ne peux contrôler ça, que le rachat coûte cher, et que je continue d’en payer le prix. Même si les litres de whisly que j’avalais ne changerait rien, on a beau le savoir, on se dit toujours qu’après un verre ça ira mieux, on saura voir plus clair, puis un autre, et un autre.

Il en fut de cette couleur jusqu’à ce qu’une de mes visites à l’hôpital tourne au cauchemar. Alex travaillant ce jour-là, elle m’avait déposé à l’hôpital et j’avais ensuite disparu de la circulation pendant près d’une semaine recherchant la trace d’Isabella kidnappée par deux infirmiers à la solde du fils Invanov. Si la retrouver n’avait pas été une mince affaire, désenclaver la situation avait été pire. Néanmoins, Tiziano, en renforts, nous avait épargné une mort certaine. Mes griefs envers Misha étant toujours les mêmes si ce n’est plus soutenus à mesure du temps qui passe. Bilan, Isabella s’en trouvait plus amochée qu’au départ, amnésique dû au choc post-traumatique qu’elle a subi, ne pouvant dire si la mémoire lui reviendrait ou pas, et sous combien de temps. Pour ce qui était d’Invanov, il continuait de bénéficier d’une vie clémente à son égard, mais la roue tournerait.

Le temps étant aux retrouvailles familiales et à la réadaptation d’Isa au sein de son foyer, je ne souhaitais envahir les Nicolosi de ma présence. Certainement Tiziano et moi auront une discussion sur le sujet, mais pas encore. En cet espace de délivrance, je ne pensais plus qu’à elle. Alexandra. J’avais besoin de la voir, de la serrer contre moi, et de sentir, envahissante, cette plénitude qu’elle m’apporte, addictive. Mais qu’allais-je bien pouvoir lui dire ? J’avais fait le mort pendant toute une semaine ... Il y avait tant de choses qu’elle ignorait à mon sujet... J’étais parti sans me retourner, laissant mon appartement habité par le chaos, n’ayant eu le temps de le ranger un peu ou de masquer les traces de mon passage comme toujours j’ai l’habitude de faire. Et si elle était tombée sur les clefs de ma piaule des quartiers Nord ? Sur les valises pleines de billets que je planque dans le faux-fond de la penderie ... Et si elle avait trouvé mon téléphone portable que j’ai égaré dans la semaine sans parvenir à y mettre la main dessus ?
Qu’importe, il fallait que je la vois. Je lui devais bien une explication, tout aussi bancale serait-elle. Alors je demande au chauffeur de taxi de prendre la direction du centre-ville, et de me déposer à son appartement situé à Oak Park. Pas rasé depuis des jours, la gueule défaite pour avoir voulu sauver mon honneur, ensanglantant mon t-shirt, je viens sonner à sa porte, dans l’espoir de parvenir à trouver les mots, chose que je ne sais, que peu faire.
Mais il le fallait. Parce que cette fille fait partie de ma vie, et que je veux pas risquer de la blesser bien que l’issue, entre nous, soit inévitable. Je l’avais impliqué au premier regard que nous nous étions échangé. Mais malgré tout ça, j’arrivais encore à croire en nous deux, aussi fou cela était-il.

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Alexandra R. Weaver
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MessageSujet: Re: No more lonely night? (Lucas) Mar 18 Aoû 2015 - 2:36

De nouveau, je replonge dans ma lecture quoique distraite par les questions qui se bousculent dans ma tête. À qui pouvait appartenir ce téléphone? Et si c'était celui de Lucas, pourquoi en possédait-il un deuxième? Pourquoi tous ces numéros confidentiels? L'envie de faire analyser la carte et de traquer les appels me prenait de plus en plus. Secouant un peu la tête et inspirant profondément, j'essayais de me raisonner. Lucas reviendrait bientôt, il m'expliquerait tout, son absence, l'impossibilité de le joindre, le bordel dans son appartement, ce portable... Peut-être est-ce que je pourrais seulement faire une copie de la carte SIM, au cas où j'en aurais besoin? Non! La première qualité d'un couple qui veut durer, c'est la confiance en l'autre. Mais, au juste, en somme-nous un? Depuis cette mésaventure avec Isabella, Lucas est tellement distant, tellement qu'il lui arrivait de me faire l'impression d'être un inconnu. De suite, l'idée qu'il lui soit arrivé quelques choses me prend par les tripes. C'est clair que je l'aime, mais lui? A-t-il le moindre sentiment pour moi? Je soupire et referme le porte-document, c’en est assez pour ce soir! Pour m'enlever toutes ces idées de la tête, je me dirige à la salle de bain et fais couler l'eau du bain.

Au moment où j'allais y plonger le pied, quelqu'un frappe à la porte. Dubitative, j'attends d'entendre le frappement une seconde fois avant de me saisir d'une serviette. En direction vers l'entrée, j'enroule solidement linge blanc autour de ma poitrine de sorte à me couvrir suffisamment. Par précaution, je m'empare du combiné de téléphone avant de m'approcher de la porte. Il est tard et personne ne devait passer me voir ce soir. Qui sait, il s'agit peut-être d'un collègue ou d'un voisin, j'ai peut-être laissé tomber quelques choses dans les escaliers et on vient me le rendre. Avant tout, sur la pointe des pieds, je jette un coup d'oeil au travers du judas optique. Je me mords la langue en reconnaissant Lucas, sur le coup, une vague de rage m'envahir. Retirant le crochet puis déverrouillant la poignée, j'ouvre sèchement la porte, en colère, j'ai envie de lui hurler dessus... jusqu'au moment ou j'aperçois le sang qui s'écoule de sa gueule en quantité suffisante pour teindre son t-shirt de rouge. Décontenancée, choqué par la vue, mes traits s'adoucissent, la gorge nouée, je le laisses entrer.


"Lucas.... qu'est-ce que... ne reste pas là, rentre, il faut te soigner!"

L'interrogatoire viendrait, mais pour l'instant, son sang dégoulinait sur son paillasson. Refermant derrière nous, je m'empresse de remettre le verrou puis me dirige vers la salle de bain. Avant, je lui dicte quoi faire, probablement un peu paniquée par la situation.


"Installe-toi sur le sofa, je... je vais chercher des compresses!"


Je disparais quelques minutes et dois fouiller le fond de mes armoires pour retrouver une vieille trousse de premiers soins. Pourquoi est-il venu ici? Pourquoi n'a-t-il pas été à l'hôpital? Je ne m'énerve pas aussi facilement habituellement, j'ai pour habitude de garder mon calme, mais en ce moment, mes doigts tremblent. Le boitier de métal contient des bandages, des onguents antibiotiques, les adhésifs de rapprochement, des ciseaux et une tonne d'autres trucs qui ne serve jamais. De la glace! Il lui faut de la glace, oui, ça et des cachets pour la douleur!

Quand je le retrouve au salon, il m'a écoutée, assis sur le canapé, il m'attendant avec un air de chien battu, accoudé sur ses propres genoux. Il a la barbe longue, les yeux cernés, le regard vide... il est sale, crasseux même, il a carrément l'air d'un SDF. Doucement, je lui tends un sac de petits pois que j'ai récupéré dans le congélateur avant de m'asseoir sur la table basse avec la trousse médicale ouverte sur les genoux.


"Mets ça sur ton oeil... ça va réduire l'enflure!"


J'aperçois pour la première fois l'ampleur des dégâts. En même temps, je comprends pourquoi j'ai choisi le droit et pas la médecine, la simple idée de toucher du sang me donne envie de gerber. Son sourcil comme sa lèvre sont fendus, ses dents sont teintées d'hémoglobines, ses mains sont aussi gravement égratignées... Il s'est battu! Avec qui? Pourquoi? Je me retiens de lui cracher une tonne de questions au visage et m'occupe plutôt d'imbiber un coton d'alcool.

"Attention, ça va probablement chauffer un peu..."

L'avertis-je avant de tamponner doucement la plaie près de son sourcil gauche avec le désinfectant. Ça ne suffirait qu'à désinfecter un peu, pour nettoyer le reste, il aurait besoin d'une douche.

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Lucas Truelove
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MessageSujet: Re: No more lonely night? (Lucas) Mar 18 Aoû 2015 - 23:01

Je ne sus avec précision quel sentiment avait la primeur sur l’autre lorsqu’elle m’apparut derrière la porte. Est-ce le soulagement, l’intense réconfort qui emplit ses yeux pourtant furieux au premier regard, ou alors l’attirance que j’éprouve pour elle et qui m’a porté jusqu’ici. Impossible pour moi de mettre de l’ordre dans mes pensées. Mais ce n’était en rien le hasard qui m’avait conduit à son appartement. J’avais conscience que mon état allait l’alarmer et l’envahir de milles questions auxquelles je n’aurais pas toutes les réponses. Et quand bien même je les aurais, ne pourrais les lui fournir. Pas uniquement parce qu’elle est assistante du procureur, mais parce qu’elle a cru en l’homme que j’incarnais. Mes fréquentations n’ayant rien d’honorable, je ne voulais pas qu’elle puisse y être mêlée bien que n’ignorant pas qu’elle le souhaiterait par tous les moyens. Parce que c’est dans sa nature. Et je ne veux pas avoir à lui demander de fermer les yeux pour moi. De faire quoi que ce soit qui irait à son encontre. Alors je n’avais à lui offrir qu’une semi-vérité. Et j’espérais que cela lui suffirait, dans l’attente d’un mieux plus favorable entre nous. Néanmoins, quoi que nous décidions ou fassions, rien ne se passait jamais comme prévu et jamais dans un idéal quelconque ...

Alors que je m’étais préparé à ce qu’elle m’explose à la figure de reproches et de contrariétés plus que légitimes, elle se ravisa, me faisant rentrer, désemparée à la vue de la gueule cassée que j’avais. Situation qu’elle ne vivait certainement que rarement alors que j’en avais une certaine habitude. Je compris qu’elle s’apprêtait à prendre un bain alors qu’elle ne portait qu’une simple serviette de bain nouée autour de sa poitrine. La vie continue ... mais combien avait-elle passée d’instants de ce genre à espérer que je lui donne signe de vie ? Je n’eus pas le temps de lui expliquer qu’elle m’indiqua le canapé et alla chercher le nécessaire de soins pour arranger ma sale tête. Je n’en étais mangé des pires, je n’étais pas inquiet pour ça, mais face à sa déroute, je choisis de ne pas répliquer.

M’asseyant sur le canapé, je réfléchissais à ce que j’allais bien pouvoir lui sortir, la tête entre les mains, et me jurer de faire payer Invanov la prochaine fois que ma route recroiserait la sienne. Profiter de la faiblesse d’Isabella tel qu’il l’avait fait faisait monter ma colère à son paroxysme. Elle revint avec des compresses à la main et un sac congelé qu’elle me tend. Je m’en saisis et l’applique au-dessus de mon œil, l’arcade sourcilière saigne toujours abondamment mais je m’enquérais des dégâts plus tard. Elle revient s’assoir face à moi sur la table basse, une trousse de secours sur les genoux. J’étais loin d’imaginer que la soirée finirait de la sorte, mais quoi qu’il en demeure, il n’y avait qu’en sa présence que je parvenais à me sentir réellement en sécurité. Un sentiment que je méconnais et qui m’étonne encore aujourd’hui. J’approuve ses mots d’un signe de la tête, retirant le sac congelé, afin qu’elle y aille, tamponnant la plaie de sa compresse imbibée de lotion désinfectante. Je ne cessais de la regarder tout le long, cherchant à comprendre le pourquoi on s’attachait l’un à l’autre de la sorte. Elle semblait prête à m’écouter après ce que je lui avais subir, alors qu’elle aurait tout aussi pu refuser toute explication et en finir avec notre histoire. Mais peut-être que cela viendrait. Peut-être qu’elle me jetterait à la porte estimant en avoir assez entendu.

Essuyant le sang qui perle de ma bouche du revers de la main, je viens la poser sur son avant-bras, en un geste de sollicitude et de remerciement mais aussi pour faire disparaitre l’affolement et l’inquiétude de son visage.

« Alex, je suis désolé ... désolé de t’avoir fait endurer tout ça », lui dis-je enfin, caressant sa jambe tendrement, bien que tous mes mots n’effaceront pas ce par quoi elle a eu à passer par ma faute. Dans l’immédiateté de la situation, il m’avait été impossible de faire les choses correctement. Mon obsession pour la survie d’Isabella a pris le dessus sur tout le reste.

« J’ai très mal géré les derniers évènements et je ne t’ai pas épargné, la situation m’a totalement échappé et la dernière chose que je voulais c’est que tu subisses les répercussions de mes actes », repris-je, restant très évasif. Si j’étais prêt à m’expliquer avec elle, les mots me manquaient soudainement. Comme à chaque fois que j’avais besoin de m’exprimer clairement ou de faire savoir ce que je ressens ... Des fissures qu’on ne colmate jamais ... jamais.

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Alexandra R. Weaver
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MessageSujet: Re: No more lonely night? (Lucas) Dim 23 Aoû 2015 - 18:53

Je dirige, je lui dis quoi faire, où s'asseoir et ne lui laisse pas le temps de placer un mot. C'est ma nature, je prends le contrôle même si au fond, j'ai l'âme en panique. J'ai la peur au ventre, l'inquiétude me submerge et la colère veille encore. Je fais ce qui me semble le mieux, le soigner d'abord, ensuite j'aviserai creuser au fond des choses. Malgré mes compresses, le sang ruisselle sur sa joue abondement, c'est la plaie près de son sourcil : trop profonde pour que je puisse en arrêter l'hémorragie.

"Tiens ça!"


Je lui ordonne de mettre sa main sur les gazes qui font office de pansement temporaire. Il s'excuse, bafouillant qu'il est désolé pour tout. Moi, j'ai les mains qui tremblent, je dois retrouver mon calme, ce n'est que du sang après tout. Tu as déjà vu bien pire! Tu as vu des cadavres, des gens mutilés, décapités et tu as toujours su garder ton sang-froid. Pourquoi est-ce que ce soir c'est différent? Ce ne sont que quelques égratignures superficielles. Je farfouille dans le coffre et trouve des pansements de rapprochement, ça devrait suffire à refermer l'entaille de son sourcil.

Il pose sa main sur ma cuisse, sa main froide contraste avec la chaleur de ma peau. Le contact est saisissant, comme un baume, il m'apaise involontairement. J'arrête mon geste, je comprends que je ne dois pas m'affoler, qu'il est bel et bien là, qu'il est vivant... que j'ai eu si peur de le perdre. Mon cœur me cri de tout lui pardonner, peut importe où il était où ce qu'il a pu faire, mais de l'autre côté, ma curiosité me tue de savoir les choses. Pendant ces 8 jours, on ne peut compter les innombrables scénarios que j'ai pu me faire.  Toutefois, un seul n’a du sens à mon esprit, un seul explique son absence...


"J'ai cru que j'allais te retrouver mort Lucas... "

Après l'accident d'Isabella, il sombrait de plus en plus dans une détresse insurmontable. Tous les jours, je le voyais tenter d'émerger, de prendre une bouffée d'air, mais sans succès. Il se rongeait de culpabilité pour la malchance de la jeune italienne et rien que je peux faire ne l'aidait. Ce soir où je me rendis à son appartement, j'avais craint le pire : de le retrouver mort, ballottant et pendu à l'une des poutres du plafond... Toute la semaine, j'avais craint que mon téléphone ne sonne et que l'on m'annonce que son véhicule avait été retrouvé au fond d'un lac avec son corps à l'intérieur. Voilà pourquoi je tremble, parce qu'il est là, un peu amoché, mais vivant.


"Tu n'as pas à t'excuser...Ça va aller d'accord, tu es là et c'est tout ce que compte..."

Avec douceur, je repousse sa main pour avoir accès à sa blessure. J'approche mon visage du sien, pour mieux voir, l'éclairage n'est pas idéal et loin d'être suffisant. Je pinces les lèvres, je me concentres, en même temps, j'ai envie de l'embrasser.... mais il y a tout ce sang...

"Ne bouge pas..."

En tentant de ne pas lui faire mal, je lui applique les diachylons de façon à rapprocher les lèvres de la coupure.  Ça devrait tenir le coup! Satisfaite, je dépose la trousse de soins à côté. Le sang de Lucas est un peu partout, sur mes doigts, sur ma serviette, sur mes genoux et même sur le sofa... Un vrai carnage. Malgré tout, je suis rassurée, parce qu'il est là, en chair et en os, un peu amoché, mais vivant. Au moment où je baissais la garde, où j'étais prête à tout lui pardonner, cette sonnerie vient casser le silence, celle de ce téléphone que j'ai retrouvée chez lui...

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Lucas Truelove
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MessageSujet: Re: No more lonely night? (Lucas) Mer 2 Sep 2015 - 17:16

Etrange aperçu que celui qui projette votre vie dans une intangible réalité à l’aube d’un renouveau futur et vous accorde d’entrevoir votre vie s’il vous étiez possible de faire le bon choix. Mais un choix auquel je ne peux céder. Un choix duquel toujours je me détourne, sachant pertinemment que ces projections ne sont en capacité de prendre en compte tous les facteurs mesurables. Qu’ils appartiennent à une illusion irréalisable, alimentée par des souhaits et autres rêves que l’on ne peut empêcher de nous envahir. Des choses que l’on se prend à espérer dans un monde idéal, qui n’est en rien le nôtre. Mais comment se refuser à le vouloir ? Comment, l’espace d’un instant, ne pas imaginer notre vie dans un contexte complètement différent ?
Tout ceci ne reste que des subterfuges pour se défier d’une réalité qui nous déplait, pour nous rassurer sur nos propres intentions qui n’ont rien d’héroïques.

Et en cet instant, mon regard posé sur elle, je nous prenais à imaginer notre vie dans un tout autre contexte. Je n’aurais rien du mec décentré et instable, et elle, ne consacrait pas sa vie à traquer toute sorte de hors-la-loi. On aurait une vie plus calme, peut-être même des enfants … Mais je secoue frénétiquement la tête ne pouvant continuer à me désancrer de la réalité. Il ne nous apportait absolument rien de le faire, tout comme nous ne serions jamais ces personnes-là.
A mes excuses, elle ne répondit rien tout de suite, concentrée sur ma blessure dont elle s’évertuait à arrêter le sang de couler. Je pouvais nettement sentir qu’elle n’était pas non plus dans son état normal. Le contact de ma peau contre la sienne sembla l’apaiser tout autant que moi, et elle finit par me répondre. Je pus ressentir l’étendue du tourment auquel elle avait eu à faire face durant mon absence. Je baisse légèrement la tête, n’ayant rien à répondre à ça.
Elle se rapproche de moi, absorbée par ma plaie, se mordillant légèrement la lèvre de manière très sexy.

« Tout va s’arrang… », parviens-je à dire avant qu’elle ne me coupe pour m’ordonner de ne pas bouger et m’exécute immédiatement, ne souhaitant la troubler davantage. J’estimais lui en avoir assez fait voir, sachant qu’aucune de mes paroles ne sauront en mesure de réparer le mal causé. Mais jamais je n’aurais cru penser que le pire était à venir en cette nuit … Jusqu’à ce que retentisse la sonnerie significative de mon téléphone portable. Mais pas celui que j’avais sur moi. Bien celui qu’il me semblait avoir égaré … Mon regard se porte machinalement vers l’endroit d’où provient le son avant de revenir sur elle. Et le trouble qui vient m’assiéger me partageait entre colère, trahison et évidence.
Je savais pertinemment qui se trouverait au bout du fil. Un homme de la mafia italienne, qui, ne parvenant à joindre Tiziano, chercherait à savoir ce qu’il se passe. Je regarde Alexandra d’un regard où se mêle déchirement et culpabilité. Elle n’était pas celle qu’on accuserait de traitrise la première. J’avais été le premier à lui mentir, le premier à jouer avec la vérité et déguiser la réalité. Elle avait juste cherché à dénouer le vrai du faux et pour cela, elle n’avait pas eu d’autres choix que de jouer selon mes règles, à ma façon aussi malhonnête soit-elle.

Je me relève brusquement et m’éloigne du canapé, cherchant à mettre de la distance entre elle et moi, ne cherchant comment il me fallait réagir. Tout se bousculait dans ma tête, et je n’arrivais pas à yremettre de l’ordre. Qu’est-ce qu’elle savait au juste ? Comment me percevait-elle à présent ? M’avait-elle joué l’inquiétude, la compagne amoureuse terrassée par l’angoisse ? Je fis les 400 pas dans la pièce, dans l’espoir que ça m’apaise un peu.

« C’était toi qui l’avait depuis tout ce temps … », lui dis-je, plus comme une certitude que pour obtenir une affirmation de sa part. En moi, la tempête mais je n’arrivais même pas à lui en vouloir. Parce que son attitude était on ne peut plus légitime. Qu’aurait fait à sa place ? Certainement, la même chose. Je n’étais pas du genre à accorder ma confiance à la légère, et certainement que je fais plus confiance à la méfiance qu’à tout le reste, mais elle avait su me faire nourrir en elle, des espoirs inespérés. Et à présent, je sentais tout s’écrouler sous mes pieds.

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Alexandra R. Weaver
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MessageSujet: Re: No more lonely night? (Lucas) Sam 5 Sep 2015 - 6:37

La sonnerie le force à se relever, sèchement, il me force à me reculer. Il s'éloigne, comme affoler ou enrager, je restes immobile, muette, je l'analyse.  Pendant ce temps,  les idées s'entremêlent dans ma tête. J'ai l'impression de me retrouver devant le barreau, de mettre en ordre les pièces d'un puzzle, de devoir plaider avec une ébauche de doute. Le remord de ne pas avoir fouiller ce téléphone me prend violement. Faire une copie de la carte SIM aurait été un jeu d'enfant, trouver le moyen de le déverrouiller ou répondre à l'un de ces appels aurait balayer tous les doutes. Sa réaction, son regard embrasé, la panique qui se voit dans chacun de ses mouvements et ses mains qui tremble, tout le trahit. À mon tour, je me lèves, je retiens ma serviette serrée contre ma poitrine et le regarde tourner en rond comme un fou. Qui est-il? Qui est cet homme qui vient de débarquer chez moi à cette heure tardive de la nuit?  J'ai envie de lui hurler dessus, de lui demander qu'est-ce qu'il me cache et où est-ce qu'il avait été cette semaine. Mais même si à l'intérieur de bouillonne, je restes impassible. C'est l'avocate en moi qui prend le dessus. Je me résonnes, tente de me convaincre qu'il aura une explication rationnelle à me donner mais tout ce qu'il trouve à faire, c'est de m'accuser. D'affirmer impunément, comme si mon geste n'était pas légitime, que j'avais pris son téléphone.

"J'ignorais où tu étais! Qu'est-ce que tu aurais fais à ma place! Parce que je réalises que ce n'est peut-être pas réciproque Lucas, mais je t'aimes! J'avais peur que tu sois mort, je ne connais rien de toi, je n'ai aucune autre moyen de te rejoindre, je ne connais même pas l'endroit où tu travails! Tout ce que j'ai trouvé... c'est ce téléphone! Et tu vas m'en vouloir de t'aimer? D'avoir voulu trouver une façon de te retrouver? Parce que mise à part moi! Je ne connais personne qui te cherchais! Je ne connais pas ta vie... "

Je perdais mon sang froid et plus je parlais, plus ma voie criais une sorte de désespoir, plus je me sentais désabusés de mes sentiments envers lui. J'ignorais le fond de l'histoire, je m'emballais peut-être trop rapidement mais s'en était assez, il me devait des explications et ce soir, je ne me contenterais pas de son regard de chien battu et d'une baise pour le pardonner.  Je l'évites, le contourne, m'éloigne de lui, passe de l'autre côté de comptoir, referme avec colère mes dossiers de travails. Toute cette paperasse ne devrait pas trainer sur le comptoir, ma confiance s'effrite, pèle mêle, je fourres tous les documents sur l'affaire Nicolosi dans mon sac. Je sers ma mâchoire pour ne pas lui hurler des injures, j'ai envie de l'envoyer se faire foutre mais quand mon regard se pose sur lui à nouveau, j'ai une hésitation, j'ai la gorge nouée. Je l'aimes, c'est ça mon problème!

À nouveau, le portable casse le silence qui nous sépare, impulsivement, je m'en empare et lui tend.


"Tu me dis la vérité ou je réponds...!"

Le menaçais-je sérieusement. Je sais qu'il me ment, je peux facilement le comparer à un de ces misérables qui ose mentir sous serrement. Pour rien au monde je me mettrais à sa place, les sueurs froides, le coeur qui débat contre vos côtes, le goût de bile au fond de la gorge, l'envie de vomir qui monte à mesure qu'on vous piège contre le mur. Je ne lui laisses que quelques secondes de réflexions, mon doigt est déjà sur l'interrupteur, si j'appuie, le haut parleur s'enclenche.

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Lucas Truelove
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MessageSujet: Re: No more lonely night? (Lucas) Sam 5 Sep 2015 - 21:54

La fureur que je ressentais n’était rien face à la réponse que m’offrait son comportement. Elle semblait se débattre face à une vérité qu’elle ne possédait pas et qu’elle voulait atteindre par tous les moyens. Et le seul obstacle qui demeurait entre elle et cette vérité n’était autre que moi. Une vérité qu’elle n’aurait jamais eu à affronter si je n’étais pas entré dans sa vie, prétendant être un autre plus respectable, digne de se porter à sa hauteur. Les choses s’accélérant entre nous, faites d’attirance et d’attachement, je n’avais su m’éloigner d’elle. Et en cette nuit, je payais la note d’une addition bien trop longue pour ne jamais souffrir de dysfonctionnement. Nous étions tous les deux dans un tel état d’énervement, que nous expliquer sans que le ton monte serait difficile. Néanmoins, je lui devais bien une explication, et l’accuser de la sorte n’arrangerait rien.
Les mots qu’elle m’envoya tombèrent comme une pluie de rasoirs acérés me transperçant de toute part, de n’avoir su voir tout ce qu’elle me disait. Mais j’envoie valser son raisonnement d’un geste du bras, comme si ses mots pouvaient justifier notre dispute actuelle. Cependant, je savais tout le vrai qui sortait de sa bouche et m’accusait de ne savoir réagir en conséquence. Comme toute personne censé, normalement constituée. Je n’étais pas de ceux-là et ne le serait jamais, aussi loin pourrais-je le feindre. Je n’avais pas la capacité de lui avouer mon attachement réciproque comme elle venait de le faire, avec une telle facilité, sans aucune barrière. Mais me sentit blessé qu’elle ne parvienne à deviner ce que je ressens véritablement pour elle, bien que je ne le lui aie jamais dit … jamais dit.

Elle vagabonde, me tourne autour et fait les 100 pas, cherchant un moyen de se calmer les nerfs face à mon silence de mort. J’inspirais et expirais longuement, les deux mains fermement appuyées sur le montant du canapé, alors que je la voyais ranger les dossiers qu’elle avait laissé trainer sur le comptoir de la cuisine. S’éloigner l’un de l’autre semblait opérer alors que je ne me sentais bien que lorsqu’elle se trouvait près de moi. Elle devait certainement faire autant qu’elle pouvait pour se maitriser et tenter de canaliser son énervement, tout autant que moi. Je m’en voulais déjà de lui faire subir tout ça, mais on empêche rarement l’inévitable, qui tôt ou tard vient vous frapper, jamais au bon moment. Je pressentais que cela allait nous arriver, mais espérais qu’on pourrait le jouer d’une manière plus consentie. Raté.

Ce fichu téléphone sonne à nouveau et avant que je n’ai eu le temps de l’attraper, elle s’en saisit et avance vers moi dans un geste menaçant, le doigt posé sur la touche qui la mettrait, inévitablement, en communication. Je la dévisage, la défendant du regard d’en arriver à de pareilles extrémités, mais mes arguments en comparaison des siens, ne valent plus grand-chose. Ma respiration s’accélère et l’étau qui m’enserre ne fait que se resserrer autour de moi, pris dans un mensonge dont on a perdu tout contrôle. Les secondes me paraissent interminables et je sais qu’elle le fera si je ne dis rien.

« OK … tu as gagné. J’ai jamais été très propre en affaire, et j’ai marchandé avec des personnes qui l’étaient encore moins que moi. J’ai perdu mon taff la semaine dernière et maintenant, ils veulent récupérer ce qu’ils ont misé .... avec les intérêts », lui dis-je, le plus calmement possible pour désamorcer notre situation.

« J’aurais jamais dû te mentir Alex, j’ai déconné. Mais je pensais que tu ne t’intéresserais pas à la raclure que je suis si je n’enjolivais pas un peu le contexte», achevais-je des plus sincères, alors que la sonnerie cessait, terminant de faire pression sur nous deux. Certes, il ne s’agissait que de l’arbre qui cachait la forêt, mais pour une fois, on semblait avancer dans le bon sens. Je n’étais pas en mesure de tout lui avouer. Ça ne ferait que la mettre davantage en danger. Et en cette soirée, c’était notre couple qu’on mettait sur la sellette, et je n’étais pas certain qu’elle soit en mesure de me pardonner mes erreurs, ou même qu’elle ait encore envie de me voir après ça. Mais je ne pouvais plus la laisser croire à une idéalité qui n’existait pas et à laquelle elle ne croyait plus. Je devais la sortir de ce tourbillon infernal d’incertitude et de doutes. Elle était en droit de savoir qui je suis et avec qui elle passe le plus clair de ses nuits. Je ne voulais plus avoir à lui mentir là-dessus et cela même s’il en engageait de devoir faire un trait sur elle et renoncer à notre relation, décemment, impossible.

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Alexandra R. Weaver
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MessageSujet: Re: No more lonely night? (Lucas) Sam 26 Sep 2015 - 16:36

"Vous jurez de dire la vérité, toute la vérité, rien que la vérité?... Levez la main droite, dîtes : Je le jure !..." Cette phrase que j'entends trop souvent et qui me coule dans le sang, comme si j'en avais besoin pour vivre. Je suis endoctrinée, atteinte de ce qu'on appelle communément la déformation professionnelle. Toujours à la recherche du mot, du sourcillement, toujours douteuse et à la conquête de l'imposture. Le visage de Lucas de fronce, s'assombrit, il transpire le stress. Ses pupilles cherchent follement une idée de génie. Je le vois, il chute, la corde est tendue à sa limite, il est sur le point de tout dire, d'avouer tous ses secrets. Mais cette fois, contrairement aux autres, je ne ressens pas cette sensation enivrante que me donnait un témoin sur le point de se livrer au bourreau. J'ai peur, j'ai envie de lui crier de se taire parce que je sais ce qu'il est, mes idées se mettent en place, elles me giflent le visage me faisant bouillonner à l'intérieur, mais, l'écoutant, la gorge nouée, je reste de glace.

Il a menti, il le concède. Puis rajoutes deux ou trois détails, mais je ne l'écoute plus. Je n'ai plus confiance. De quel travail il parle? Était-ce celui qu'il disait faire? Était-ce autre chose? Encore, encore! Tout ce qui sort de sa bouche n'est que demi-mot, des paroles inachevées dont le sens se perd dans le néant. Mes sentiments me chavirent, par colère, j'ai envie de l'envoyer se faire foutre, de lui dire de ne plus jamais oser revenir. Mais au fond, si je me sens si brisée, c'est parce que je l'aime... alors, j'ai pitié, j'ai envie de l'aider, de lui donner ce dont il a besoin pour s'en sortir. Si ce n'est qu'une question d'argent, je peux arranger ça. Je baisse le regard, dévastée, torturée, je n’ose même pas le regarder de peur de lui cracher au visage.

Je devrais le questionner, lui extirper chaque détail jusqu'à ce qu'il vomisse ses tripes, mais je n'en ai pas la force.


"Tu as entendu ce que je t'ai dit! Arrête... Ne dis plus rien! Tu m'énerves!"


Je l'interromps, lui jette son téléphone sur les genoux et m'éloigne. J'ai besoin d'air pour être rationnelle et laisser mes sentiments de côté. Je m'arrête à la porte vitrée et laisse mon regard se perdre dans mon reflet qu'elle me donne. Cette femme, c'est elle qui aurait dût voir la vérité au fond des choses. J'ai été idiote... mais pourquoi est-ce que je ne peux pas le repousser? Me défaire de lui, comme on envoie un criminel en tôle sans remord ni regret. Parce que je doute, parce qu'il m'a embobinée et fait ressentir que c'était mutuel. Mes épaules son raide, mes bras croisés, mes doigts crispés sur ma peau, j'inspire profondément, perdue, je n'arrive pas à faire d'un seul morceau de ce casse-tête. Il peut partir s'il veut! Je ne suis rien pour lui au fond, qu'une autre fille, qu'une bonne baise, qu'un peu de réconfort lorsqu'il se fait défoncer la gueule. Je ferme les yeux en espérant que magiquement, lorsque je me retournerai, il aura disparu. Peut-être est-ce que je ne suis pas faite pour trouver l'amour... j'ai mon travail, ça me suffit. Pourtant, j'essuie une larme sur ma joue, une larme de rage, de colère, de déception, de tristesse... On dit que l'amour nous rend vulnérables, je n'ai pas pleuré depuis la mort de ma mère...

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Lucas Truelove
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MessageSujet: Re: No more lonely night? (Lucas) Dim 18 Oct 2015 - 21:48

Elle s’emporte et n’écoute plus. Je perds le contact visuel, et elle refuse à présent de me regarder. Et la voir comme ça me fait autant de mal qu’elle. Elle me jette le téléphone avec dédain et exaspération, se demandant certainement, le comment elle a fait pour être aveugle à ce point sur mon compte. Le comment elle en a fait pour troquer sa lucidité pour un type comme moi. Et cette question me hante continuellement. Parce que si j’ai tout fait au départ pour qu’elle se méfie de moi, les choses évoluant entre nous, je n’avais plus eu envie de la repousser indéfiniment. Je me suis pris à y croire véritablement et à vouloir quelque chose de sérieux entre nous. Certainement, n’ai-je été que plus égoiste, ne pensant qu’à moi, et cessant de penser à elle et à ce qu’elle ressentirait à l’heure de cet instant qui nous torture le cœur que d’avoir cédé à nos sentiments. Et je ne pourrais lui éviter les regrets. Parce qu’elle ne penserait plus à présent qu’aux choses négatives, à toutes ces fois où j’ai omis de dire la vérité, l’ayant troublé par un diffus mensonge. A toutes ces fois où j’ai préféré changer de sujet plutôt de lui parler de moi ouvertement. A toutes ces fois où j’ai préféré la serrer dans mes bras au lieu de mettre des mots sur ce dont elle avait besoin … sur ce que je pouvais ressentir … sur cette peine constante, qui m’envahit et me transforme en un être totalement différent. Toutes ces choses que je ne lui ai pas dites, font aujourd’hui barrières entre nous. Et je la perds un peu plus à chaque seconde …

Elle s’éloigne de moi et s’immobilise devant la baie vitrée, restant silencieuse, n’ajoutant rien. Mais je sais qu’au fond d’elle, la tempête la ravage de remords dont elle ne se défait plus. D’intenses remords dont je suis à l’origine et contre lesquels je ne peux plus lutter. Qui me font face à présent et me rappellent ô combien j’ai merdé. Ô combien il a été imprudent de s’aventurer dans une telle relation sachant qu’on ne pourrait s’éviter des dégâts considérables. Mais à présent, il n’était plus question de sauver les meubles, mais bien de la sauver elle, quand même je ne pourrais lui éviter de souffrir. Je reviens vers elle me doutant bien qu’elle puisse souhaiter certainement en cet instant que je disparaisse, que je quitte son appartement pour la laisser seule. Mais il me fallait essayer. Je ne voulais pas qu’elle puisse penser que notre relation n’a été que pur mensonge tout le temps qu’elle ait durée. Parce que mes sentiments, pour elle, sont réels, aussi réel que la douleur qu’elle ressent et qui est mienne également.  
Je passe mon téléphone en silencieux d’une pression plus longue sur une touche, et m’approche d’elle, dans le risque qu’elle s’enflamme à nouveau. Sa colère était plus que légitime et la seule chose que je pouvais faire n’était autre que de l’encaisser.

« Alex … Je ne t’ai jamais menti quand je me prenais à te parler sentiments, c’est la vérité », lui dis-je, d’un ton posé, d’une voix calme. Certainement ne se retournait-elle pas pour me faire face, mais ça ne faisait rien, je savais qu’elle m’écoutait. Je fixais son reflet dans la grande baie qui me renvoyait toute la tristesse et la colère qu’elle ressentait. Et pareille vision m'était insupportable.

« J’aurais jamais du te mentir, c’est vrai, mais je voulais tellement arriver à ta hauteur que j’ai manqué de discernement », repris-je avant de marquer un long silence et voir qu’elle n’avait rien de plus à me dire. « Je t’en prie Alex, parles-moi, dis-moi quelque chose, on peut pas rester comme ça », ajoutais-je, profondément dévasté par la tournure que prenait notre relation. Mais incapable, incapable, de lui demander qu’elle m’accorde le pardon.

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Alexandra R. Weaver
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MessageSujet: Re: No more lonely night? (Lucas) Lun 19 Oct 2015 - 6:47

L'impression de vide, de tomber en chute libre sans jamais atteindre le niveau du sol. C'est là où cette relation s'enivre, dans l'adrénaline du grand saut, elle ferme les yeux et sautes. La descente sera plus rapide que la montée et la fin, aussi surprenante que fracassante. Encore un peu, le doute la maintient en apesanteur. Si une larme coule sur ma joue, mon regard est figé dans le vide des rues de San Diego. Le corps crispé de colère, la mâchoire trop serrée, j'entends presque mes dents grincer entres-elles. Tellement que même sa voix calme parvient à faire monter la tension en flèche. Je m'arrête à son reflet que me donne la fenêtre. Au fond, c'est tout ce qu'il est, une image, une illusion, un faiseur de charme... Il s'oblige à couvrir ses aveux, tentant maladroitement d'empêcher la dégringolade. S'il s'imagine que sa gueule, de défoncer va m'attendrir davantage, c'est qu'il se trompe sur tout, sur moi, comme je me suis trompée sur nous. Je le dédaigne, il me donne la nausée et quand il me demande de parler, j'ai envie de lui cracher de s'en aller. Stoïque, je n'en fais pas autant. J'essuie ma joue de ce seul instant de faiblesse et m'éloigne à nouveau. À la cuisine, je sors de l'armoire deux coupes et une bouteille de vin du cellier. La nuit sera longue et j'en ai rarement autant eu besoin.

"Rester comment? ... Je ne t’ai jamais demandé de rester!"


Non, c'est lui, qui ne voulait pas que je parte, c'est lui qui nous avait entrainés jusqu'ici. C'est vrai, on ne pourrait pas rester comme ça, à se contempler l'un l'autre dans la vitre. On le fait depuis déjà beaucoup trop longtemps et le temps est venu de jouer cartes sur table.


"Je ne sais pas ce qui m'énerve le plus... entre le fait que tu m'ais mentis ou le fait que tu essaies de me faire croire que tu as voulu être honnête..."


Et pop! Le liège s'extirpe de la bouteille et puis le vin s'écoule dans les fonds concaves des verres. J'en verse assez pour que les deux verres soient à moitié pleins; enfin, dépendant de la façon qu'on perçoit les choses. Je dépose la bouteille sur le comptoir, non pas sans bruit. À c'est là, à cet instant précis, que je saute, un bandeau noué sur les yeux.


"Alors... ce boulot que tu as perdu? C'est quoi?"


Le dardais-je d'abord avec une pointe d'amertume et le désespoir de ralentir notre chute. Ce nonobstant, ma confiance en lui perdue, demain, je m'engageais à retrouver jusqu'à son acte de naissance. S'il tenait à préserver quoi que ce soit, il ne lui restait qu'à dire toute la vérité... À quoi bon arracher lentement le pansement quand on peut l'arracher d'un seul coup? Piétinant chacun des sentiments que je croyais ressentir pour lui, refoulant colère et tristesse, j'enchaine sur la même note.

"Et ces personnes à qui tu es redevable? Si tu me parlais un peu d'elles?"


Je bois une gorgée de vin, je suis sérieusement pas assez saoule pour entendre les réponses.

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Lucas Truelove
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MessageSujet: Re: No more lonely night? (Lucas) Ven 30 Oct 2015 - 0:21

Je pouvais ressentir sa colère, qui en cet instant, avait pris le pas sur tout le reste, même sur elle-même. Son intégrité mise à mal, elle exigeait des réponses pour rétablir un tant soit peu l’équilibre de toute sa vie. Des réponses que je ne pouvais lui fournir. Pas parce que je ne les possédais pas, seulement parce qu’elles causeraient plus de dégâts qu’elles n’en limiteraient. Et parce que la vérité n’est pas en mesure de tout arranger. Elle fait rarement cela. Comment pourrait-on se sentir mieux après cela ? Elle ne soulagerait pas ma conscience, pas plus qu’elle ne l’apaiserait, elle. Toute mon existence reposait sur un mensonge. J’en connaissais chaque parcelle, chaque écho, chaque sensation et tourment. Et les années m’ont apprises que l’on ne se sent pas mieux quand la vérité éclate. Parce qu’être en mesure de tout dire tout de suite, de se tenir le plus transparent possible n’est pas donné à tout le monde, on s’englue si vite dans le trouble, la confusion puis la fausseté. On se prend à mentir au départ, sur de petites choses. Des choses qui font notre honte, et on ressent ensuite ce soulagement d’être parvenu à en convaincre un seul. Notre blasphème accepté de tous, on se croit même capable de vivre enfin, de le faire véritablement. Mais ce n’est que se tromper. Parce que la vérité finit toujours par éclater et tôt ou tard, nous rattrapent nos erreurs emplies de tant de faiblesses. Des faiblesses si viles et si basses qui finissent par se retourner contre nous et troubler notre image. Et une nouvelle fois, je me retrouvais pris à mon propre jeu. A la fois maladif et illusoire, quand il est enfin question de cesser de mentir, il ne nous ait plus possible de faire marche arrière. De révéler ce qui toujours aurait dû demeurer, sans tromper les apparences.

Alors elle insiste, ma réponse se fait plus longue à venir. Elle passe dans la cuisine, sortant deux verres de vin du cellier et une bouteille de vin dont le débouchage vient solennellement appuyer ses paroles et afficher toute ma culpabilité. Que pouvais-je bien lui répondre ? Qu’au final je ne suis pas aussi pourri que j’en ai l’air, que tout n’est qu’illusion et que mes actions sont bienveillantes ? Non, elle n’était pas en état d’entendre pareil discours, pas plus que j’étais prêt à le plaider. Elle aurait tous les arguments en contre pour ça. C’était son job. Et en cet instant, je ne possédais même plus la considération qu’elle devait à tout accusé. Parce que j’ai tous les torts, et rien, rien pour venir mettre en doute ses accusations.
Elle relève le regard et me fait face, fixant ses yeux dans les miens, reposant brutalement la bouteille sur le comptoir. Je pose mes mains de part et d’autre du comptoir, maintenant fermement ma prise pour me donner la contenance suffisante. Je la regarde et secoue la tête de droite à gauche, comme pour balayer ses questions. Je baisse le regard sur le bois teinté, avant de le relever et de lui dire clairement la seule chose que je peux répondre à ça.

« Je ne peux rien te dire de plus ni te fournir de noms, même si tu l’exiges. Les choses sont plus compliquées que tu le penses, et je ne te tiens pas à l’écart de tout ça sans raison », lui dis-je, dans un souffle, ne voulant qu’elle m’interrompe.

« Je sais ce que tu te dis, que tout ça n’est que foutaises et que ça me vaut rien, mais tout n’est pas tout blanc ou tout noir Alex », achevais-je, convaincu qu’elle s’engagerait dans ce combat quand même, malgré mes avertissements. Et peut-être le rendrait-elle avec plus de hargne que jamais maintenant que notre relation s’effondrait complètement et que plus rien ne pourrait la sauver.

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MessageSujet: Re: No more lonely night? (Lucas) Sam 31 Oct 2015 - 16:54

Les jointures de Lucas deviennent peu à peu blanches alors qu'il s'agrippe au comptoir. Il déglutit sans cesse, à la recherche d'explication, d'un mensonge, mais il hoche la tête des deux côtés. Il ne veut pas parler. Même s'il ne me regarde pas, je fixe mon regard au sien, ne perd aucun détail de son non verbal. La colère m'enlève la le goût de la pitié, mais une vague douleur vient me torde l'estomac. Je sourcilles, perplexes, déçue par cette relation qui s'en va en vrille. Avec mon travail, je ne m'accordais pas le temps d'aimer, pour une fois que j'avais baissé les armes, j'étais tombée sur un con. Aussitôt, une gorgée de vin vient calmer ce chaos de sentiments. Lui, il reste égal à lui même et reste prudent. Sa plaidoirie ne vaut rien. Stoïque malgré la haine qui me brule à l'intérieur, je l'écoute, attentive. En même temps, je me demande si du vin dans de fraiches plaies comme les siennes aurait le même effet qu'un vinaigre. Qu'importe, je chasse l'idée de lui envoyer une si bonne cuvée à la gueule, ça ne vaut pas la peine.

Décidément, il refuse de parler, alors, j'inspire et m'adoucis. Il est aveugle de penser que je vais le laisser repartir sans réponse.

"Tu ne peux rien me dire?"


Commençais-je, fronçant les sourcils le regard interrogateur. Je poursuis.

"Parce que si tu es en danger, Lucas, j'ai des collègues qui peuvent t'aider... ces personnes qui t'ont fait ça, à qui tu dois quelques choses, si tu me dis qui ils sont... je peux m'en occuper!"

J'ignore ses justifications et poursuivis-je sur ce plan d'idée. Pour l'instant, j'essaie d'ignorer son avertissement. Parce que selon lui, c'est moi qui devrais me méfier, ces informations pourraient me porter préjudice. Est-ce qu'il se servait de moi? Au fond, n'étais-je qu'une mine d'information pour ses collègues? Sans pour autant paniquer ou montrer mon inquiétude, je fais un aller-retour au hall d'entrée, prenant mon portable dans mes mains et verrouillant la porte au passage. Je reviens aussitôt, mais de son côté du comptoir.

"Peu importe ce que tu as fais, si ces personnes sont si dangereuse que tu le dis, l'état peut te protéger pour tes aveux, je ferai en sorte que tu sois blanchit... mais si tu m'aimes vraiment, laisse-moi t'aider!"


Qu'il parle ou non, il ne repartirait pas d'ici seul. Que sa vie ou la mienne soit menacée me suffisait comme raison pour devoir faire venir les flics. Furtivement, avant de revenir vers lui, j'avais envoyer un message à l'agent Bolion, le premier sur ma liste par son nom de famille et lui disant de m'envoyer une patrouille à mon appartement.


"Je ferai en sorte que tu puisses avoir la protection des témoins."


Avec délicatesse, je glissai un doigt sur sa tempe pour repousser une mèche déplacée.


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Lucas Truelove
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MessageSujet: Re: No more lonely night? (Lucas) Dim 1 Nov 2015 - 21:27

A ma réponse, Alex semble changer radicalement de tactique. Je relève le regard vers elle mais ne parviens plus à me sentir en sécurité pour autant. Il crie liberté mais je me sens que plus emprisonné. Cette femme pour qui j’aurais été prêt à tout si tellement je n’avais pas eu à maintenir ce brouillard entre elle et moi, ne pouvant lui apparaitre tel que je suis vraiment. La première femme que je ne suis réellement pris à aimer depuis Talia, se transformait, lentement, en un rouage du système. Elle disait s’inquiéter pour moi alors que l’instant d’avant, j’étais la pire ordure que sa route ait croisée. J’avais beaucoup de mal à la croire. Agissait-elle vraiment pour moi ou pour elle ? Pour avoir la satisfaction de rayer quelques hors-la-loi de la liste, et gonfler son tableau de chasse, qui en vérité, ne la conduirait à rien d’autre qu’à un soulagement temporaire d’avoir régler un problème dans sa vie.

J’avais envie de croire à ses paroles, à cette façon déguisée de me dire que tout peut s’arranger, et cela même entre nous si je suis honnête une seule fois. Ressentir cette impression qui me fait croire que pour une fois, une voie de secours s’offre à moi. Mais devais-je la croire ? Alors que toutes ses années n’ont été que désillusion, galères, et débauche. Des années qui m’ont appris que quoi que je fasse, ne m’est pas permis la rédemption, le pardon, la clémence. Il y a bien trop longtemps que je ne crois plus au père noël, considérant que j’ai pu y croire un jour. Ces mots-là ne font pas partie des cartes que l’on m’a donné. Pensait-elle vraiment qu’elle saurait me convaincre que mon existence n’est pas un puit sans fond, dont les profondeurs sont des plus noires et lugubres ? Cherchait-elle à me faire croire que l’obscurité ne m’est plus décernée, et qu’il me reste une chance, une petite chance, de revoir la lumière un jour ? Non, c’était bien trop beau pour s’y laisser prendre. Elle orientait son discours de sorte que je n’envisage que les bons côtés, les meilleurs, mais tout le monde sait que les mauvais sont pires encore. J’avais passé tellement de deals dans ma vie pour savoir que rares les « pour » sont en surnombre. Et brader ma vie pour une existence plus misérable ne m’apporterait aucun réconfort, aucune identité.

Sa voix s’était faite plus douce, son regard semblait lui aussi, plus chaleureux. Et quand bien même je ne parvenais à voir en elle une once de manipulation quelconque, en cet instant, n’était plus sûr de rien. Le contact de sa main n’est là que pour me convaincre qu’elle ne rejette pas totalement l’idée d’un après entre nous qui a pourtant, déjà filé.

« Parce que maintenant tu veux m’aider ? », lui dis-je, interloqué, reculant d’un pas. « Je ne suis plus pour toi le dernier des salauds à qui tu ne tendrais même pas la main ? », lui rétorquais-je, ne comprenant où elle souhaitait en venir.

« Ce que tu n’as pas l’air de comprendre Alex, c’est que tout ça, c’est bien au-delà de nous deux, ça nous dépasse. Il ne suffit pas d’écrire des noms sur un bout de papier ou de prétendre être en mesure de tout arranger », repris-je faisant les cent pas. Je me rapproche alors d’elle, cherchant à déceler la raison de sa manœuvre, conscient que les risques qu’elle encourt à l’aveugle de ma situation pourraient tout aussi bien la mettre en porte à faux. Mais aussi parce qu’en son contact, je parvenais à redevenir plus calme, d’autant plus lorsqu’elle me regarde comme elle est en train de le faire, comme s’il restait un infime espoir pour moi. Ma main glisse dans ses cheveux, et vient enserrer sa nuque tendrement.

« Bébé, j’ai fait des tas de choses dans ma vie pensant qu’elles sauraient me la rendre meilleure, certaines pour lesquelles j’ai pris mon parti et d’autres, que j’ai été contraint d’accepter faute de mieux », lui expliquais-je posément, marquant un temps d’arrêt avant de reprendre. « La dernière chose que je veux est que mes galères causent des dégâts sur toi aussi », repris-je, plus que sincère, quand bien même je ne pouvais être explicite dans les détails. Que ferait le FBI d’entraves qui l’incombent plus que lui rendent service ? Je ne suis pas sans savoir que la protection que m’offre le FBI n’est que limitée et que tôt ou tard, tout finira par me péter à la tronche à un moment ou à un autre.

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No more lonely night? (Lucas)

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