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PROLOGUE - J&S

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Anya R. Davieson
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DATE D'INSCRIPTION : 12/01/2014
MessageSujet: PROLOGUE - J&S Mar 4 Aoû 2015 - 20:02

Chapter I: You were the one mistake I shouldn't have made
But I must explain to you how all this mistaken idea of denouncing pleasure and praising pain was born and I will give you a complete account of the system, and expound the actual teachings of the great explorer of the truth, the master-builder of human happiness. No one rejects, dislikes, or avoids pleasure itself, because it is pleasure, but because those who do not know how to pursue pleasure rationally encounter consequences that are extremely painful.
Jon Davieson finit sa cigarette en sifflotant et en regardant l'heure. Dans quelques minutes, sa longue série de missions serait terminée et il pourrait rentrer dans son grand studio pour s'allonger et dormir peut-être encore quelques heures d'un sommeil ininterrompu. Pourrait-il avoir la paix quelques heures? Il soupira. C'était un peu difficile ces temps. Il lui semblait que certaines des vies qu'il prenait revenaient le hanter la nuit. Ce n'était pourtant pas comme s'il s'agissait d'enfants de chœur tous ces gens. Mais parfois ça revenait comme ça, les rêves, les cauchemars, les réveils en sursaut, les draps en sueur à cause de la fièvre de souvenirs qui le rongeait de l'intérieur. Il soupira une nouvelle fois. Les missions qu'il avait enchaînées n'aidaient pas, mais il ne pouvait pas se plaindre. Au pire, il dormirait paisiblement sur les 300'000 dollars accumulés en deux semaines. Jamais un travail légal aurait pu lui ramener autant, alors il ne pouvait pas se plaindre. Hey, en plus de ça il allait encore toucher les 35 dollars de son nouveau job. Il lança le mégot de sa cigarette et attrapa son petit chapeau, qu'il ajusta correctement sur sa tête, se redressant et lissant du plat de la main le pli de son costume. Il devait être impeccable et vendre l'affaire à la perfection. La plupart des gens trouvaient surprenant qu'il fasse ce métier, lorsqu'ils le croisaient. Voilà trois jours qu'il travaillait là et il ne recevait que des œillades surprises. Il était grand, beau, bel homme et son regard bleu perçait au plus profond de votre âme et charmait toutes les femmes. Pourtant, il se contentait d'un travail comme celui-là? Même celui avec qui il avait passé l'entretien avait été surpris. Mais en voyant qu'il était un ancien Marine et qu'il rentrait tout juste d'Iraq, il avait fini par laisser tomber les questions et lui offrir le travail en se montrant profondément reconnaissant des nombreux services rendus à la patrie. Depuis, Jon ne lui avait donné aucune raison de regretter son choix. Ses manières charmantes et son port droit, ainsi que sa discipline sans faille gagnaient le respect de la clientèle. S'ils savaient. Jon retourna à l'intérieur de l'hôtel, où il exerçait comme steward.

Sous sa veste de costume, il avait un pistolet et divers couteaux qu'il pourrait sortir en un instant et pour ce soir, cela s'avèrerait primordial. Il aimait faire son travail discrètement, sans se faire remarquer, sans faire de vagues, avec sa simple manière d'être. Il expliquerait après trois jours qu'il en avait assez et qu'il se trouvait plus utile au front. Les gens seraient touchés et le laisseraient partir avec une ridicule prime de 100 dollars. Mais en attendant, il devait travailler encore un peu. Son collègue, qui s'occupait du quatrième étage, semblait malade. Il arriva en posant la main sur ses épaules. "Hé Matt, ça va? T'as pas l'air bien…" Le dénommé Matt secoua la tête, osant à peine parler et Jon le regarda avec un air de pitié, serrant doucement son épaule. "Laisse, je m'occupe de tes livraisons, va te reposer." L'autre hoche la tête avec un air de reconnaissance infinie et, avec un sourire, Jon va s'occuper de sa livraison. Il arrive dans la chambre et sonne avec un grand sourire. "Room Service." L'homme lui ouvre. Il est grand, poivre et sel et très sûr de lui. "Enfin, je suis mort de faim. Entrez et déposez tout là-bas." Il va donc au milieu de la pièce et lui découvre le mets. "Aujourd'hui, le mets proposé est un steak parisien avec des frites allumettes. La très grand mode en Europe, dit-on. Avez-vous déjà goûté des frites pareilles? J'ai entendu qu'elles étaient divines." Avec un sourire et un geste de la main, il lui présente le plat. L'homme ne résiste pas à la tentation et va prendre une frite. "Vous avez raison, c'est excellent. Tenez mon brave." Jon prit sans aucune honte le billet de 10 dollars et se dirigea vers la porte, lorsque quelqu'un toqua. L'homme poivre-et-sel continuait de grignoter des frites dans son costume hors de prix. Il lui fit signe d'ouvrir la porte, ce que Jon fit. Il eut la surprise de découvrir de l'autre côté de la porte la plus belle créature qu'il avait jamais vu. D'abord, il ne pouvait que remarquer la cascade de cheveux blonds qui ondulaient sur ses épaules, et ses lèvres retroussées en un sourire et surtout, son regard surpris de trouver quelqu'un d'autre que l'homme poivre et sel. Elle était tellement joliment apprêtée et avait un corps si parfait que Jon ne put s'empêcher de penser qu'il s'agissait là d'une prostituée. Elle le regarda, un peu interloquée et entre eux s'échangea le regard de deux personnes qui reconnaissent les qualités physiques et apparentes de l'autre. Il lui sourit en coin et l'homme Poivre-et-Sel l'invita à entrer. "Tu dois vraiment entrer et goûter une de ces frites, Triss, elles sont divines". Soudainement, Jon comprit la merde dans laquelle il était, alors que la dénommée Triss le dépassait avec un petit sourire. "Je ne crois pas que ce soit une bonne idée…" Il dit un peu timidement, alors qu'elle approchait les frites. Elle se retourna, les sourcils haussés, surprise. "Je vous demande pardon?"

Jon savait la merde dans laquelle il était et il n'y avait pas moyen qu'il risque la peau de quelqu'un d'autre pour son meurtre. Il était payé pour tuer Poivre-et-Sel, pas pour la vie de cette pauvre petite prostituée qui n'avait sûrement rien demandé. Il savait qu'il devait la jouer finement, mais il n'avait pas le temps pour la finesse. Si elle touchait à une seule de ces frites, sa vie n'était qu'une question de minutes. "Je pense que pour une femme telle que vous, il serait dommage de tout sacrifier pour quelques frites." Il n'eut aucune peine à voir l'éclat de fureur dans les yeux de la jeune femme, qui s'avançait déjà vers lui, probablement prête à le gifler. Pourtant, c'est Poivre-et-Sel qui s'avança le premier, le visage rouge de fureur. Ou d'autre chose? "Dis donc petit merdeux, qui t'a fait croire que c'est une manière de parler aux femmes ç…?!" L'américain observa le visage de l'homme se décomposer petit à petit, porter une main sur sa poitrine en ouvrant grand la bouche pour happer un air qu'il n'arrivait de toutes manières pas à contenir. La blonde le regardait, comme paniquée. Elle se précipita vers lui et commença à le secouer. De son côté, il fit semblant d'y aller aussi, pourtant la jeune femme l'arrêta. "Ne le touchez pas!!! Je m'en occupe!!" Mais il resta là, à se demander ce qu'il devait faire, appeler le Room service pour qu'elle ne se doute de rien. Et quelques secondes après pourtant, elle arrêta le massage cardiaque, se laissant tomber sur le sol malgré sa micro-robe, l'air défaite. Cela pouvait sembler étrange, mais il avait eu de la peine à détacher son regard des courbes de la jeune femme, sans aucun égard pour la vie qu'il venait d'ôter. Elle se laissa tomber sur le torse de l'homme Poivre-et-Sel, versant de nombreuses larmes pour un homme qui n'était que son client. Jon s'approcha d'elle et posa une main sur le torse. "Triss… Vous devez le laisser, nous devons appeler la réception, nous devons lui faire venir une ambulance…" Il sentait les sanglots secouer son épaule et son corps entier et rapidement, elle se tourna vers lui, pour verser toutes les larmes de son corps contre son épaule. "Je n'arrive pas à y croire… Il est mort." Jon n'était pas à l'aise avec ces sentiments, avec ces démonstrations. Il se contenta maladroitement de tapoter son dos, sans aucune empathie pour ce que la jeune femme devait ressentir. Il avait fait son travail et même très bien, puisqu'il y avait un autre témoin de la crise cardiaque. Maintenant, il devait uniquement se débarrasser des frites d'une manière qui ne soit pas suspecte avec une jeune femme dans ses bras.

Comme il put, il la prit par les épaules pour la relever et la pousser vers le lit, où elle commença à faire des pas de gauche à droite, réfléchissant à toute allure, les yeux embués de larmes, avant de s'asseoir. "Restez-là, reprenez-vous. Je m'occupe de tout." Triss hocha la tête en se mordillant les lèvres, tremblant de tous ses membres. Il regarda alors autour et s'approcha du téléphone pour appeler le Room Service. Il la regarda. "Vous devriez aller aux toilettes vous rafraîchir." Elle approuva, le regard vide, se dirigeant vers la salle de bains de la chambre. En lançant un regard à la porte qui se fermait, il sut qu'il devait agir vite. Jon s'empara de l'assiette dans laquelle Poivre-et-Sel avait mangé et la lança sous son chariot avec d'autres assiettes, remplaçant l'assiette initiale par une assiette déjà à moitié entamée.

Ce qu'il ne remarqua pas, c'était que la porte s'était entrouverte et que la blonde l'observait. Elle sortit de la salle de bains alors qu'il reposait l'assiette sur le plateau. "Qu'est-ce que vous faites?" Il sursauta, surpris du mouvement silencieux, alors que lui était habitué à capter tous les mouvements. Il regarda la jeune femme et elle avait changé de visage, elle avait désormais l'air résolu et n'était plus du tout impressionnée. "Vous l'avez empoisonné n'est-ce pas? Pour qui travaillez-vous? Les italiens? Le gouvernement? Le FBI?" Jon l'observa, surpris du changement, de la résolution et de la détermination dans la voix. En sentant ce regard scrutateur sur elle, elle croisa les bras, se montrant encore plus ferme. "J'attends… Et j'ai toute la nuit moi, contrairement à vous." Elle leva sa main, indiquant qu'elle tenait un téléphone dans la main. Il vit les trois numéros fatidiques composés, attendant que l'appel parte. Il leva la main en signe de reddition, comme s'il n'allait rien faire. "Je ne sais pas de quoi vous parlez, je suis simplement un garçon de chambre." Elle ricane et s'approche de lui. "Et moi une banale danseuse cherchant le sponsoring d'un ponte de la finance"

Jon leva un sourcil. "Je ne sais pas… L'êtes-vous?" Il s'approchait doucement d'elle, discrètement. Elle était plus belle qu'avant encore, ayant perdu cet air de cruche pour le remplacer par cet air de résolution et de défi. Mais il avait un job à tenir et il le ferait. Soudainement, elle effaça son numéro et un léger sourire envahit sur son visage. "Grands seigneurs non. Et si tu ne l'avais pas tué, j'aurais sans doute dû l'assommer plus tard. Je suppose que je suis chanceuse que tu sois passé passé par là avant…" Jon la regardait, interloqué, alors qu'elle remettait son téléphone dans son sac. Elle regarda le corps de l'homme décédé à ses pieds en le bougeant lentement. "Finalement, je crois que tu m'as rendu un fier service, garçon de chambre. Ou qui que tu sois. Qui est-tu d'ailleurs?" Jon peine à se remettre de sa surprise. Il croyait qu'il ne s'agissait que d'une prostituée de plus qui passait dans l'hôtel, tenir compagnie à ces hommes qui demandaient toujours plus de tout le monde, y compris de leurs relations sexuelles. Il la trouvait magnifique et admirait son caractère, mais pour une fois, Jon était pris de court. Qui était-elle et surtout, pour qui travaillait-elle? Il était clair désormais qu'elle n'était pas tout ce qu'l pensait et qu'elle était plus que ça. "Jon… Je m'appelle Jon. Et toi?" Il était désormais clair qu'elle avait tout vu et que, qui qu'elle soit, elle avait une idée assez claire du genre de personne qu'il était. Peut-être était-ce ça qu'il avait ressenti lorsqu'elle était entrée. L'appartenance au même monde que lui, un monde sombre, de la nuit, qui demandait des sacrifices et des secrets. Elle sourit en coin. "Je suis Svetlana… Et tu me dois une sérieuse faveur désormais. Ce sera le prix à payer pour mon silence." Il regarda la jeune femme, surpris par son audace, et rit. "Je viens de tuer quelqu'un sous tes yeux et toi… Tu veux poser des conditions?" Elle arqua un sourcil, l'observa de haut en bas et haussa les épaules, avec un sourire amusé aux lèvres. "Si tu voulais me tuer, tu l'aurais déjà fait… Alors maintenant, tu vas me laisser appeler l'ambulance avant que le corps soit froid, pendant que tu appelleras la réception. C'était ce que tu allais faire de toutes manières non?" Son assurance et son arrogance le laissaient sans voix, mais il ne put que secouer la tête et aller vers le combiné, les yeux encore ébahis de voir pareille femme face à lui. Il appela la réception pendant qu'elle composait le numéro de l'ambulance, il admirait la femme face à lui. Elle lui offrit un clin d'œil, assurée et séduisante. Il rit doucement, mais se reprit lorsque la réception décrocha le combiné, pour annoncer d'une voix sombre la mort du client. De l'autre côté, Svetlana commença à pleurer, passant d'une émotion à une autre en une fraction de seconde.


Les téléphones faits, il s'approcha d'elle et elle lui sourit à travers ses larmes. "Retrouve moi à l'Irish Bar du Port dans trois heures. Ne sois pas en retard." C'est tout ce qu'elle eut le temps de dire, avant que le personnel de l'hôtel n'arrive pour s'occuper de tout ce bordel. Et tout ce bordel était vraiment déroutant pour lui. Il n'avait pas l'habitude de se faire avoir et encore moins de rencontrer quelqu'un qui le confrontait. Cette fille avait plus de courage et de témérité que la plupart des hommes qu'il avait rencontrés. Le sang froid avec lequel elle avait géré l'instant signifiait pour lui qu'elle était plus qu'habituée au monde criminel et pour lui, cela signifiait beaucoup. Il ne savait pas s'il devait se méfier de cet être incroyable ou simplement la vénérer. Dans tous les cas, une certitude l'avait envahi en la voyant partir en larmes dans les bras de l'ambulancier: Il la voulait.
crackle bones

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let's find a bar so dark we forget who we are and all the scars from the nevers and maybes die. Please take me out tonight. ©️ bizzle.
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