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unbreakable + misha

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Rafaela Alvarez
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MessageSujet: unbreakable + misha Mar 28 Juil 2015 - 9:44


unbreakable  

C’est arrivé un soir, comme la salve d’un tir de mitraillettes : par rafales. C’est arrivé un soir, aussi naturellement qu’appuyer sur l’interrupteur, pour rallumer la lumière. C’est arrivé un soir, après une quantité incalculable de verres. Incalculable, mais assurément trop nombreux.

T’avais quitté le bar en y laissant une part de lucidité, puis tu t’étais lancée à fond sur Mulholland Drive et rien n’pouvait plus t’arrêter. Rien, excepté cette stupide bestiole, surgi de nulle part en plein milieu de la route.

Alors brusquement, ton pied s’est écrasé sur la pédale de frein. Brusquement, la Shelby s’est mise à déraper et à effectuer plusieurs tours sur elle-même. Brusquement, ta vie s'est mise à défiler sous tes yeux. Images après images. Depuis la fin jusqu’au commencement.  Comme l’une de ces vieilles cassettes, que l’on aurait simplement rembobinées pour pouvoir voir le film à nouveau.

Le paysage autour de toi s’est tout à coup transformé en celui plus désertique, des montagnes qui bordent la frontière mexicaine. Puis tu t’es arrêtée de tourner, pour dévaler le vide à coups de tonneaux. A surgit ensuite l’autre caisse, avant même que t’ais pu t’en apercevoir. Et d’un coup t’étais là, au milieu d’San Diego. Rassemblant à la hâte quelques affaires, avant d’échapper à ces putins de ritals. Les mots d’un russe. D’autre ritals. Encore des russes. Des tirs, une explosion. Et pour finir le point de départ, le début de tout ça. L’unique petite cause qui a pourtant su engendrer ces grandes conséquences… Ta famille. Tes parents. Une histoire d’amour et de sentiments, qu’t’avais depuis, appris à laisser de côté.

Et soudain, comme si le film avait enfin atteint la limite, tout s’est subitement arrêté. La caisse a fini sa course. Elle s’est stoppée au milieu de la route. Et avec elle, t’a repris soudainement pied avec la réalité.

A bout d’souffle, t’as mis plusieurs secondes à comprendre ce qu’il venait d’se passer. A bout d’souffle, et plongée dans cet état second qu’provoque un taux bien trop élevé d’alcool dans le sang, tu t’es d’abord demandé si tout ça, tu l’avais pas imaginé. Peut être le verre ne contenait-il pas qu’un simple bourbon... Peut être qu’à force de trop chercher de réponses, ta tête avait fini par en inventer quelque unes pour s’auto satisfaire… Peut être… Ou peut être pas.

Puis ça s’est insinué en toi, comme une évidence impossible à nier…  Alors t’as pris une grande inspiration, glissé une clope entre tes lèvres, et sans qu’la moindre émotion n’marque ton visage, t’as enclenché la première et continué ton chemin.



∞  

J’étais trop sonnée ce soir là, trop concentrée à encaisser l’choc, pour ressentir quoi qu’ce soit. Alors j’ai poussé la porte, balancé les clés sur la table, et sans même prendre la peine de m’déshabiller, j’me suis écroulée.

Ce n’est qu’le lendemain qu’ils ont frappé le rivage. Comme un tsunami ayant eu tout l’temps de grossir pendant cette nuit d’accalmie, la vague est arrivée, énorme, à l’instant où j’ai ouvert les yeux, pour dévaster entièrement tout sur son passage. Joie, haine. Colère. Tristesse... Joie d’renouer avec le passé, d’pouvoir retrouver enfin celle que j’étais. Haine envers ces monstres, qui m’avaient passé les chaines aux pieds. Colère d’réaliser tout c’que j’avais fais, pour servir leurs seuls intérêts. Tristesse d’avoir perdu tout ceux qu’j’aimais,  à qui j’tenais... Autant d’émotions qu’il a fallu essayer d’contenir en moi, comme on essaie d’contenir les flots déchainées dans le lit d’une rivière. Difficilement. J’ai hurlé, frappé. Passer mes nerfs de toutes les façons que j’pouvais. Qu’allais-je faire maintenant ? Est-ce que j’pouvais seulement rester ici, à Diego ? Autant d’questions dont la réponse restait incertaine…

Ensuite, l’téléphone à sonné. Et comme si le son d’sa voix était un signal pouvant éteindre automatiquement tout débordement émotif, j’ai su m’recomposer cette façade impassible qu’je laisse rarement éclater. Ça faisait trois semaines. Trois semaines de silence radio, trois semaines sans aucune nouvelle de lui et d’notre potentiel futur petit marché. Et le voilà qui ressurgissait sans prévenir, débarquait comme une fleur, probablement au moment où j’pouvais le mieux être utile à ses affaires personnelles. C’était bien du russe tout craché ça, et j'ne pouvais qu'en sourire, tant sur certains points, j'avais l'impression d'retrouver un peu d'moi, en lui.

Quelques jours plus tard, au commencement d’une soirée. Penchée au dessus du miroir, j’applique la touche finale pour qu’le tableau soit complet, et l’œuvre parfaite. Paré d’une robe couleur sang, fendu sur l’côté jusqu’à l’indécence, mon corps révèle pour la première fois au grand jour, c’qu’il a pourtant jamais cessé d’être : celui d’une femme. L’inconnue qui me fait face me surprend. Elle me ressemble et en même temps n’est pas moi. Trop bien coiffée. Trop bien habillée. Trop belle, dans cette apparence si soignée.

Mais il avait choisi de n’pas faire les choses à moitié, pour cette fois. Parce que ce genre d’affaire amenait indubitablement son lot d’négociations avant la signature du contrat. Parce que ce genre d’affaires signifiait presque obligatoirement un diner, où les petits plats étaient mis dans les grands. Alors bonne joueuse, j’avais concédé d’me plier exceptionnellement à la règle, et de l'jouer moi aussi à fond. Pour cette fois.

Un sourire s’est dessiné sur mes lèvres. Ah Misha… Mon cher Misha… Quel plaisir de remettre enfin quelques souvenirs sur ton joli visage… Comment allais-tu t’y prendre cette fois, pour habilement me duper et servir tes petits intérêts ? Ou plutôt essayer de duper cette fille à la page vierge, qu'tu voulais faire semblant de combler ? J’étais curieuse… Et rien qu'pour satisfaire cette curiosité, j’étais prête à continuer de jouer celle, qui n’a plus de passé. Pour voir où tu comptais m’amener… Pour voir quel habile artifice tu allais encore employer... N'était-ce pas de bonnes guerres après tout ?

C’est d’abord d’un œil peu convaincu qu’le voiturier s’avance en direction d’mon bolide. Il faut dire qu’elle ne ressemble en rien au reste de ses semblables qui sont rangées ici, de tous les côtés. Mais à l’instant où je sors et me révèle au grand jour, son visage s’illumine, accompagné d’un sourire agréable, bien qu’entièrement professionnel et totalement fabriqué. J’arque à mon tour un sourcil, étonnée. Pas bien certaine de ses intentions véritables.

Alors il me temps la main. Son geste accompagné d’un simple « vos clés s’il vous plait Madame » aussi guindé que l’est sa pauvre personne. Sur le coup, j’hésite entre l’envie d’lui répondre qu’il ferait bien d’se décoincer un peu, s’il ne veut pas finir avec les reins complètement bloqués, et celle de lui dire que personne à part moi, ne conduit ma voiture. Dans tous les cas, ce type m’agace et j’finis par me remettre au volant en lâchant un simple « J’vais l’faire moi-même, merci ».

Ensuite… Je rentre, avance, et reste un moment appuyée à la rambarde du balcon surplombant cette salle luxueuse et démesurée. Je cherche Misha du regard et quand mes yeux rencontrent enfin les siens, j’le fixe un instant avant de descendre lentement l’escalier qui m’permet d’aller le rejoindre.

Un sourire joueur étire mes lèvres. Sa classe et son autorité naturelle brille encore plus que d’habitude. Impeccable dans son costume, j’dois reconnaitre qu’il est très chic. Mais loin de moi l’envie d'partager cette remarque pour flatter son égo, je m'abstiens de souligner ce détail.

C'n’est qu’une fois installée à notre table, que ma voix n’daigne enfin rompre ce silence lourd de sens qui s'est installé entre nous. « Un simple verre aurait suffit, Misha, et ça vous aurez coûté moins cher. En revanche si votre proposition est à la hauteur de la soirée que vous m'offrez, je suis toute à votre écoute. » Air joueur et regard amusé, annonçant déjà le ton d’la soirée. Car s'il avait fait tous ces efforts pour simplement m'faire venir jusqu'à lui, cela n'faisait aucun doute que mes services allaient pouvoir lui être précieux. Et rien qu'cette idée suffisait à me mettre d'une humeur plus qu'agréable. Parce que comme deux joueurs acharnés, on s'renvoyait la balle en permanence. Parce qu'une fois de plus, les rôles se trouvaient inversés.

A lui d’ouvrir le bal désormais.

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Misha Invanov
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MessageSujet: Re: unbreakable + misha Sam 1 Aoû 2015 - 21:50

Misha n’avait pas vraiment eu le temps de penser à Rafe. Il était un homme occupé, mais surtout, les soucis s’étaient enchaînés sans qu’il ait le temps de réellement les voir venir. Trop d’ennuis, en trop peu de temps… autant dire que clairement, le dossier Rafe était plutôt secondaire. Mais maintenant qu’il commençait à peine à sortir la tête de l’eau, en espérant que d’autres choses n’accapareraient pas son attention, il s’était résolu de se consacrer à la jeune femme. La contacter après tout ce temps comportait un risque non négligeable, celui qu’elle est retrouvé les fragments manquants. Qu’elle sache exactement qui il était, et se doute de pourquoi il aurait besoin d’elle. Quoique sur ce dernier point, il doutait légèrement, mais après tout, il n’était à l’abri de rien. Et vu la chance qu’il se trainait en ce moment, il avait intérêt à surveiller le moindre signe qu’elle se rappelât très exactement de lui. Ou de Curtis. Mais vu les derniers évènements, il pouvait probablement oublier l’américain.
Le jeune russe avait contacté l’employeur de la jeune femme, et il avait ainsi obtenu son numéro. Un bref moment, il avait songé laisser Maxim s’en charger, vu que la dernière fois, lui et la demoiselle avait bien accroché. Mais il avait fini par le faire lui-même, lui donnant rendez-vous dans l’un des restaurants les plus chics de San Diego.

Pourquoi ? Si le fait que son dernier rendez-vous loin de tout regard avait tourné au fiasco avait certes joué, Misha avait posé l’invitation comme un défi. Cette fille… elle était tout simplement divine. Féline. Même vêtu des pires fringues, elle dégageait quelque chose d’une puissance telle qu’il était très difficile de l’ignorer. Alors une robe… elle serait exceptionnelle, Misha n’en doutait pas. Il était curieux, et si savoir si elle relèverait le défi l’intriguait, il ne pouvait se défendre d’avoir envie d’admirer ses courbes généreuses de façon un peu plus appuyée. Et quoi de mieux qu’un restaurant chic pour faire affaire ? Il joignait l’utile à l’agréable, et profiterait de la vue tout en dégustant un bon repas. Et puis, mettre Rafe mal à l’aise, dans un environnement qu’il ne pensait pas la voir maîtriser, servirait à coup sûr les intérêts du russe. D’où l’invitation.
L’Aston Martin étant restée au garage, c’est au volant de la Mercedes que Misha fit son apparition. Il n’était pas fan des allemandes, leur préférant définitivement le charme plus discret des belles anglaises, mais pour ce soir, cela suffirait. Tendant ses clés au voiturier, il avait pris le chemin du restaurant. L’avantage d’être un Invanov dans cette ville, il n’avait guère eu de mal à avoir une réservation, même en s’y prenant tard. Le maître d’hôtel le conduisit à une table pour deux, jouxtant les grandes baies vitrées du restaurant.

Sa mésaventure avec les italiens avait laissé quelques séquelles, mais il s’était efforcé de passer outre. Il était impeccable dans son costume sur mesure, n’attendant que son invitée de la soirée pour enfin commencer les choses sérieuses. Il ne doutait pas qu’elle viendrait, ne serait-ce que pour savoir ce qu’il lui voulait. Il était resté volontairement vague au téléphone, et si elle ne faisait mine de rien, il savait que la curiosité de la jolie mexicaine était piquée. Sans oublier qu’elle voulait surement en apprendre plus sur ce que lui savait de son passé… c’est-à-dire pas grand-chose. Autant ne pas le nier, il ne savait pas grand-chose de la jeune fille, et le mieux qu’il puisse lui offrir étaient ses propres suppositions. Mais puisqu’elle n’en savait rien, après tout, autant ne pas le préciser.
Promenant ses yeux clairs dans la salle, survolant du regard les autres convives, le jeune russe était l’image même de l’homme d’affaires sur le point de conclure un gros marché… ou d’un amoureux transi qui attend sa fiancée. Ses pensées ne restèrent pas longtemps fixées sur Kathleen pourtant, puisque Rafe venait de faire son entrée. Une entrée plus que remarquable, d’ailleurs. Elle était tout simplement à tomber, dans sa robe rouge fendue jusqu’en haut de la cuisse. Epoustouflante. Leurs yeux se rencontrèrent, chacun jugeant l’autre avant qu’elle ne se décide à le rejoindre. Et si elle avait conservé sa démarche féline, l’assurance qu’elle dégageait n’en était que plus palpable avec cette robe qui ne cachait guère ses attributs féminins. Les regards qui l’accompagnèrent jusqu’à la table, bien que discrets, le montraient parfaitement.

Galant, le jeune russe se leva à son approche, tandis qu’un serveur empressé avançait la chaise de la jeune femme. Misha Invanov était peut-être l’héritier de la Mafia Russe, un criminel selon certains, il n’en était pas moins un jeune homme bien élevé, qui connaissaient parfaitement les règles de courtoisie. Ses parents avaient veillé à ce que leur aîné, et ses cadets, soit irréprochable en société. Il l’accueillit avec un sourire, mais le silence demeura jusqu’à ce que le serveur s’en aille. Il ne chercha pas à cacher son regard appréciateur, et quand elle prit la parole, son sourire s’élargit.

Et me priver d’admirer votre entrée ? Cela vaut largement l’argent de ce dîner, croyez-moi. Vous êtes splendide.

La complimenta-t-il.

Nous parlerons affaires plus tard, si vous le voulez bien. Je serais curieux de savoir si vous avez pu retrouver quelques souvenirs.

Si c’était le cas, lui dirait-elle la vérité ? Misha n’en avait pas la moindre idée, et quitte à penser au pire, peut-être que non. Quoiqu’il en soit, il savait qu’elle ne le prenait pas pour quelqu’un de naïf au point de la croire sur parole. Cette question n’était qu’une mise en jambe : ni l’un ni l’autre n’y accordait, en réalité, la moindre importance.

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Rafaela Alvarez
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MessageSujet: Re: unbreakable + misha Jeu 17 Sep 2015 - 19:58

Petit sourire et regard franc, braqué droit dans ses yeux. La réponse est immédiate. « Si vous m’connaissez aussi bien que vous l’prétendez alors vous devez savoir que j’ne suis pas sensible à ce genre de flatterie, Misha… ». Parce quelque soit celle qui lui faisait face ce soir, il y avait certains points sur lesquelles sa réaction restait inchangée…

Retrouver l’russe finalement, c’était un peu comme retrouver un vieux camarade qu’on aurait pas vu depuis très longtemps. Il suffisait d’quelques minutes à peine, pour qu’les vieilles habitudes reprennent du service. Lui, jouant d’son petit numéro d’charme, en essayant habilement sous ses airs innocents, d'tirer profit de la situation. Moi, appréciant mentalement tout l’comique de la scène, tout en jouant mon rôle, non sans un certain amusement. Nous, cherchant indéfiniment à prendre l’avantage sur l’autre, pour mieux servir nos seuls intérêts. Et prenant plaisir à cela. Parce que c’est ainsi qu’ça fonctionnait entre nous…

Oui Misha, comme au bon vieux temps…

Et même s’il n’avait rien d’un ami, j’devais reconnaitre qu’il n’était pas déplaisant d’le retrouver. Le russe ne m’faisait, certes, pas peur, mais il avait toujours su m’inspirer du respect. Parce qu’il savait c’qu’il voulait, parce qu’il était prêt à tout pour parvenir à ses fins. Et que quelque part, j’devais reconnaitre que je l’admirais pour ça. Il avait su m’inspirer du respect, et en même temps m’amusait.  Au point d’prendre plaisir à ces petits duels auxquels on s’livrait lui et moi. Au point d’réussir à laisser la douleur, la haine et la peur de côté, au moins pour ce soir. Au point d’réussir à rentrer parfaitement dans c’rôle, à jouer la comédie à la perfection sans laisser l’reste me déconcentrer. Et Dieu sait à quel point j’devais être convaincante, quand on voyait celui qui m’donnait la réplique…

Parce que si la méfiance n’s’était pas appelée ainsi, elle aurait surement portée le nom de Misha. L’blond était rusé, observateur, calculateur. Avec lui, rien n’devait être laissé au hasard. Il suffisait qu’un détail, un seul petit détail n’corresponde pas avec c’que lui attendait, pour qu’son alarme ne s’mettre à sonner... Hors ce soir, j’étais plutôt décidée à la laisser sagement endormie, pour voir réellement jusqu’où l’personnage allait chercher à m’amener...

Mais pour ça, il fallait que mon jeu d’actrice soit parfait. D’une perfection d’un cran au dessus d’la sienne. Sans trop en faire non plus, pour n’pas lui mettre la puce à l’oreille.

Et la première chose à n’pas faire devant son allusion à mes souvenirs, était d’répondre d’une façon trop franche, trop directe. Ma soudaine trop grande sincérité n’aurait paru qu’étrange à ses yeux, et un « absolument aucun Misha, comme vous voyez, c’est le néant complet » était certainement la réponse à n’pas dire. Trop franche pour lui paraitre sincère. Trop franche pour qu’il s’en contente, sans redoubler de méfiance. D’autant qu’le russe me connaissait peu bavarde, surtout quand il s’agissait de choses dérangeantes, de sujets qu’je voulais éviter. Non, ma réaction devait être bien plus subtile. Suffisamment subtile, pour qu’il pense la déchiffrer à travers le masque que j’m’étais composée. Suffisamment subtile, pour qu’il ne doute pas d’ma sincérité. Et c’était là qu’résidait toute la difficulté du jeu. Parce qu’avec lui, chaque détail comptaient. La façon dont j’réagissais, la façon dont j’répondais… Rien n'devait être laissé au hasard.

J’me suis donc contenté d’un bref silence. Un bref silence pendant lequel l'masque faussement radieux qui composait mon visage, s’est fissuré. Une fissure discrète, mais qui a laissé entrevoir un regard qui s’voile et se détourne aussitôt, comme pour lui cacher cet instant de faiblesse. Une fissure discrète, mais qui a laissé discretement apparaitre l’os de la mâchoire qui se crispe, comme pour tenter de refouler des mots déplaisants. Une fissure discrète, avant d’ravaler un sourire faussement triste et forcé, et d’laisser à nouveau place à cet air radieux, comme si rien n’s’était passé...

Autant d’indices censés lui faire croire qu’il vient d’aborder l’sujet qui blesse et que ça n’me plait pas, parce que j’ne peux rien faire pour changer ça. Autant d’indices censés lui faire croire que j’veux juste garder la face, mais qu’il a su toucher là où ça fait mal. Autant d’indices censés l’amener à tirer ses propres conclusions, alors qu'en réalité elles sont miennes, et à n’pas douter d’ma fausse sincérité. Autant d’indices censés passer inaperçu, sauf pour son œil aguerri. « Pourquoi ? Vous avez peur que certains souvenirs gênants de vous et moi n’refassent surfaces…? » Mon regard plongé dans le sien, le ton est amusé, quoi que subtilement provocateur. Parce que c’est l’instant où la fierté et c'côté joueur qui n’peut s’éteindre en sa présence, sont censés prendre le dessus. « … Ou vous regrettez simplement que je n’remette pas votre joli minois ? » . Une manière détournée d’lui répondre, d’éviter la question. Mais n’était-ce pas dans mes habitudes quand la réponse était tristement gênante pour être prononcée ?

Mais il n'a pas l'temps d'prononcer un mot, qu'un raclement de gorge interrompt notre duel oculaire. « Désirez-vous boire quelque chose messieurs dames ? ». C’était l’occasion parfaite. Celle de détourner le sujet, et d'sortir d’un terrain qui pouvait être glissant.

J’prends la carte que le serveur me tend, et lance un coup d’œil interrogateur en direction du blond avec un sourire polie, quoique légèrement séducteur. Après tout n’étions-nous pas ici pour ça ? Jouer un jeu, tromper les apparences ? « Eh bien Misha ? Que décidez-vous ? Allons-nous avoir une occasion de trinquer et fêter quelque chose ce soir ...? » . Ou, autrement dit : occupe toi de ce pingouin à nœud pap’ et dis moi concrètement pourquoi nous sommes là…

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Misha Invanov
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MessageSujet: Re: unbreakable + misha Lun 21 Sep 2015 - 23:05

Oh que non, elle n’était pas sensible à ce genre de compliments. Elle le lui avait vite fait comprendre, en vérité, lors de leur première rencontre. Et pourtant… son physique lui ouvrirait bien des portes, si tant est qu’elle désirait en jouer. Mais ce n’était pas au russe de lui dire ce qu’elle devait faire ou non, après tout. Et il était un garçon bien élevé, qui savait apprécier la gent féminine à sa juste valeur. Alors, elle ne pouvait pas lui reprocher de lui offrir ces quelques mots, surtout qu’ils n’étaient pas faux. Elle était réellement sublime et, en vérité, cela étonnait presque Misha qu’elle ait accepté de jouer le jeu. Le grand restaurant, le paraître impeccable, la conversation courtoise mais pourtant loin, très loin des conversations habituelles du coin. Elle savait manier les apparences, tout comme lui, et si cet assaut se ferait à fleurets mouchetés, il n’en serait pas moins plein de fougue et de volonté des deux côtés.
« Si vous vous rappeliez de moi, vous sauriez que ce n’est pas le genre de détail qui m’arrête. » Répliqua le jeune russe avec un sourire amusé. «Il est difficile de rester muet devant tant de beauté mais soit, si vous le désirez, je resterai discret sur le sujet. Sachez juste que le rouge vous va à ravir » indiqua-t-il d’un ton moqueur, ses yeux bleus ne quittant pas du regard la tenue de sa partenaire pour la soirée. A elle de déterminer si c’était uniquement pour s’amuser ou s’il avait réellement du mal à détacher les yeux d’elle.
Ils étaient joueurs, tous les deux. Si ça n’avait pas été le cas, elle n’aurait probablement jamais accepté cette soirée. Car si, sur les hauteurs de San Diego, elle n’avait pas su qui il était, elle en avait très probablement une vague idée désormais, mémoire retrouvée ou pas. Misha n’avait jamais fait mystère de son accent russe, ou même du pouvoir qu’il devait détenir pour pouvoir, d’un claquement de doigt, obtenir son numéro de téléphone. Si leur première rencontre avait été un pur hasard, celle-ci ne l’était absolument pas… et elle avait surement eu le temps de la préparer. Tout comme lui.

Sa question était on ne peut plus directe, mais elle ne fit pas mine de le relever. Un regard qui fuit, une mâchoire qui se crispe… évidemment, la réponse était non. En même temps, même si c’était le cas, il savait déjà que la réponse resterait non. Elle semblait sincèrement embêtée par sa question, triste et nostalgique à la fois, de ne pouvoir récupérer ces souvenirs qui la fuyaient. Elle n’était pas du genre à aimer se sentir faible et dépendante, et son absence de mémoire ne devait sans doute pas l’aider à passer outre ces sentiments… si elle était sincère. Parce que clairement, si les rôles avaient été inversés, il lui aurait joué exactement la même comédie. Alors, était-elle une très bonne comédienne, ou alors était-elle sincère ?
Dans le doute, mieux valait soupçonner qu’elle se payait sa tête. De toute façon, il n’avait strictement aucun moyen de savoir la vérité, à moins de verser un peu de penthotal dans son verre quand elle tournerait le dos. Il n’en avait pas, mais en réalité, ça aurait pu être amusant. Pour lui, pas pour elle. Cela le désolait quelque peu de la soupçonner si elle lui disait la vérité, mais en réalité, elle devait bien s’en douter. Misha ne prenait jamais rien pour argent comptant, surtout avec des gens qu’il ne connaissait pas vraiment. Et il ne savait pas qui était Rafe, ce soir pas plus que quand elle avait fait irruption dans son bureau, il y avait des mois et des mois de cela.

Alors la croire sur parole, non : il n’était pas aussi stupide que ça, surtout qu’elle avait tout intérêt à le laisser croire qu’elle n’avait aucun souvenir. Son attitude sonnait vrai, il devait bien le reconnaître, et rien que pour ça, il décida de ne pas insister sur le sujet. Elle nierait en bloc de toute façon, et il ne lui ferait pas plus confiance qu’auparavant, alors, autant la laisser croire qu’il était assez naïf pour la croire. La remarque de la jeune femme était un brin provocatrice, mais avant même qu’il ne puisse lui répondre, le serveur vint leur présenter les cartes, et elle changea de sujet. Fêter quelque chose… Misha songea à Kathleen et à la date de leur mariage qui se rapprochait, à Anya et à leur récente réconciliation, à sa récente entrevue avec son père et à sa haine renouvelée des italiens. Oui, s’il fallait boire à quelque chose, c’était sans doute à ce dernier détail. C’était en partie pour ça qu’il était là, après tout. Pour aiguiser le ressentiment de la jolie brune contre ses anciens patrons italiens, histoire de s’amuser à mettre un peu plus de bâtons dans les roues de Tiziano et de sa clique. Tiens, tant qu’il y était, il aurait même pu trinquer au décès de son Aston Martin !
« Contentons-nous d’une bouteille de vin, et je propose qu’on décide au dessert si quelque chose vaut le coup de trinquer ou non. » Il lui sourit avant d’ajouter « Parce que si j’ai bien compris, hors de question de me permettre la moindre allusion quant au fait de vous voir porter une si belle tenue. » La pique était légère, et son sourire le démontrait bien.

Le jeune russe se tourna vers le serveur avant de commander avec assurance un grand cru. L’homme tourna les talons et le russe se pencha vers la jeune femme, lui glissant sur le ton de la confidence. « Français, le vin. Après tout, vous comme moi savons que l'Italien n'est vraiment pas fiable ». S’il faisait allusion à ses bleus presque effacés, ou à tout autre chose, il ne le précisa pas. Il était curieux, en réalité. Ce qu’il lui avait dit à leur dernière rencontre n’était pas passé inaperçu, et il se doutait qu’elle avait décortiqué chacune de ses paroles. Qu’elle s’était renseignée. Il payerait cher pour savoir jusqu’où Rafe avait poussé ses déductions.

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MessageSujet: Re: unbreakable + misha Sam 3 Oct 2015 - 17:03

L’école n’a jamais été mon point fort. Gamine, j’étais l’élève qu’les profs regardent toujours du mauvais œil. Celle perpétuellement assise au fond d’la classe, qui n’écoute rien de c’qu’on essaie de lui enseigner. Mais avec Misha, c’était différent. Le russe ne m’laissait pas vraiment l’choix et en sa présence, j’étais obligée d’apprendre. Apprendre à dissimuler mon impatience, pour commencer. Car si j’avais la fâcheuse habitude d’perdre facilement mon calme en présence d’un certain beau brun, avec le blond au contraire, il fallait savoir prendre son temps. Vouloir l’faire parler plus vite qu’il en avait décidé était perdu d’avance. Et si une personne plus bornée qu’moi pouvait exister sur cette terre, alors c’est bien devant moi qu’elle se trouvait en ce moment même. Non, rien n’servait de chercher à lui arracher des infos. Misha n’parlerait que quand il l’aurait décidé, et ma meilleure chance d’accélérer la cadence, était d’m’abandonner à son petit jeu jusqu’à c’que le rideau n’se soit refermé.

Même si nous n'sommes pas dans un film, le dialogue n'en est pas moins étudié. La façon dont j'lui donne la réplique, impeccablement travaillée. Comme une danse parfaitement chorégraphié, un combat au corps à corps dont l’moindre mouvement est millimétré, nous amenons dangereusement l'assaut de plus en plus près, sans pourtant jamais nous toucher. A sa nouvelle attaque, je pare le coup d’un regard appuyé accompagné d’un léger sourire. Aussi naturel et spontané qu'notre conversation peut être artificielle et calculée. « Puisque l’heure est aux compliments, je dois reconnaitre que vous n’êtes pas mal non plus. A vrai dire, je vous trouve même très élégant… » dis-je sur l’même ton flatteur que le sien. Parce que j’dois reconnaitre que même si j’n'étais pas vraiment sensible à ses compliments, j'n’en prenais pas moins plaisir à alimenter notre petit jeu. Oui, avec Misha j'étais obligée d'apprendre, mais curieusement, ça n'me déplaisait pas. Et j'devais reconnaitre qu'il était doué pour ça. Pour endosser l'rôle du professeur, pour m'donner envie d'atteindre son niveau. Pour révéler c'talent d'actrice caché en moi, et l'faire briller sous le feu des projecteurs. Pour rendre mon rôle crédible. Et surtout, totalement convaincant pour notre public.   « Et si j’ai bien compris, vous n’en ferez de toute façon qu’à votre tête… ». La voix peinte d’un léger ton de reproche, mes yeux n'en brillent pas moins d'une lueur taquine et amusée. Et après avoir jeté un vague coup d’œil à la carte, je n’peux m’empêcher de lancer une nouvelle offensive. « A vos risques et périls, Misha... »

On n’a beau n’rien avoir en commun lui et moi en dehors du jeu, d’une volonté infaillible et d’une haine farouche envers les ritals, sa fréquentation a quelque chose de presque agréable, et d’rafraichissant. Peut être à cause du dépaysement. Le russe appartient au beau monde et j’ne doute pas qu’une soirée comme celle-ci n’fasse partie de son quotidien. Entrer dans son monde finalement, c’est un peu comme voyager en terre inconnue. Et quand on tient à la liberté plus qu’autre chose, toute évasion s’doit d’être appréciée. Peut être à cause du changement. La femme que j’n’ai pourtant jamais cessée d’être s’révèle en sa présence, piquante et acérée. Elle commence à prendre conscience d’la puissance d’un pouvoir dont elle refusait d’se servir jusque là et à revoir son opinion là-dessus. Peut être aussi, parce que l'blond a l’art de rendre les choses légères, même quand l’heure est grave. Peut être parce qu’il réussit à m’faire oublier mon dernier échange avec Matheo, qui occupait jusque là toutes mes pensées. Peut être parce qu’il a su transformer la douleur et la rancœur des souvenirs récupérés, en une volonté nouvelle et exacerbée. Peut être parce que ça rend tout à coup le poids moins difficile à porter. Peut être parce que j’le vois comme mon meilleur allié, même si notre dernière tentative pour anéantir notre ennemi commun a échoué. Après tout, les ennemis de mes ennemis sont mes amis comme on dit. Mais est-ce suffisant pour pouvoir lui accorder ma confiance ?

C'est encore un peu tôt pour répondre, mais lentement, une pièce après l’autre, voilà qu'on y arrive enfin. Misha a l’art de manier les mots tout autant qu’moi j’ai l’art d’les comprendre. Et parce que notre pingouin attitré a de nouveau fait irruption entre nous, j’me contente d’une réponse ironique, soigneusement emballée du même enrobage innocent et sucré que la sienne.   « Je sens comme un léger sarcasme dans votre remarque, j'me trompe ? » . Simplement pour lui dire que le message est saisi.

S’installe ensuite un léger silence, pendant lequel notre vaillant serviteur présente le vin à Misha, attend qu'celui-ci l’ait gouté et approuvé avant d'remplir à son tour,  mon verre. Le ton d'la soirée étant définitivement celui d’un jeu de patience, je laisse le silence s'prolonger, même une fois le pingouin parti. Prenant tout mon temps, je saisis l'verre par son pied, fait tournoyer le liquide rubis dans son contenu, en respire les arômes, l'goûte du bout des lèvres. Avant d’enfin, n’daigner avancer un nouveau pion, plus stratégique cette fois. « Fiable ou non, ça ne l’empêche pas de réussir à contrôler une partie du marché local. Comme quoi, même pour les grands crus la concurrence est rude… » . Parce que j’avais cerné Misha tout autant qu’il m’avait cerné, et qu'répondre par message codé serait l’moyen le plus efficace d’avancer, sans trop prendre de risques.

A défaut de vraiment m'connaitre, le russe m’avait bien cerné. Suffisamment en tout cas, pour deviner qu'après notre dernière entrevue je n'hésiterai pas à aller fouiller dans les rues sombre d'San Diego pour quelques informations. Et la réputation du russe n’était plus à faire ici bas, pas plus qu'celle des Nicolosi. Quand aux certitudes que j’avais pu tirer… Elles semblaient évidentes. « La lutte doit être acharnée j’imagine… Il doit falloir s'livrer une guerre perpétuelle pour attirer la clientèle à son comptoir... » . Nouvelle gorgée, avant d'baisser les yeux sur ma carte, et d’en étudier soigneusement  l'contenu cette fois. Le plat français avait l'air pas trop mal, même si c'n'était pas comparable à la bonne vieille nourriture mexicaine. Pour ce soir, j'pourrais m'en contenter cependant.   « Et vous Misha ? Je suis curieuse. Quels arguments un businessman comme vous possède, pour attirer la clientèle sur son territoire ? » Sourire innocent et regard intéressé. La question semble banale. La perche que j'lui tends en revanche, monumentale. Reste à savoir s'il saura la saisir cette fois.

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Misha Invanov
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MessageSujet: Re: unbreakable + misha Jeu 8 Oct 2015 - 23:09

Le cadre était enchanteur, calme et somptueux à souhait. Loin, très loin des clichés qui voulaient que la Mafia se retrouve dans des bars sordides et des lieux vétustes. Misha n’avait aucun scrupule à étaler son argent à la face du monde, aucun scrupule à s’offrir ce qu’il le voulait, quand il le voulait. L’argent de Papa avait toujours pourvu à tous ses caprices, avant que le sien propre ne vienne y pourvoir. Alors oui, ce restaurant était probablement le dernier endroit où on aurait pu soupçonner un rendez-vous entre un mafieux russe et une repentie de la Mafia Italienne. Ou quoi que puisse être Rafe, en vérité. Misha n’avait aucune idée de ce qu’elle était, maintenant, et à la limite, cela ne lui importait pas plus que ça, tant qu’elle se révélait servir ses intérêts à lui.
La soirée promettait d’être bonne, et le russe n’était absolument pas pressé de dévoiler ses plans. Lui qui était de nature impatiente lorsqu’on le titillait un peu trop, avait appris que ce genre de discussion se faisait dans la délicatesse, que les mots devaient être soupesés avant de partir. Des rencontres comme celle-là, il en avait connu, et avait dû apprendre à réfréner son impatience. C’était un jeu, une partie de poker, où celui qui dévoilait son jeu avait toutes les chances de finir sur la paille. Mais Rafe aussi en connaissait les règles, et il devait bien l’admettre, elle savait jouer aussi.

Elle lui glissa un compliment, qu’il accueillit d’un hochement de tête, se demandant si elle était sincère. Qu’elle le soit ou non n’était pas très important en vérité, si ce n’était pour son égo, mais si elle mentait en tout cas, elle était une menteuse douée. Et convaincante. Ou était l’intérêt de la chasse, après tout, si le gibier se jette docilement entre vos griffes ? La pique suivante ne tarda pas, cependant, et il accueillit la remarque d’un léger rire. « Vous n’êtes pas la première à souligner mon obstination. », confia-t-il avec amusement, une étincelle de gaieté dans ses yeux bleus. La menace, presque voilée, de la jeune mexicaine provoqua un nouvel éclat de rire, avant qu’il ne lui glisse sur un ton plus bas : « Vous ne vous en souvenez pas, mais c’est à peu près pour ça que nous nous sommes associés tous les deux. Parce que vous et moi, nous aimons le risque. L’adrénaline. Cette idée que sans défi, la vie serait bien monotone. » Il l’observa un bref instant avant d’indiquer la carte. « Allez-y, je prends le risque ».
Le jeune Invanov se rassit plus confortablement sur sa chaise, son regard rieur ne quittant pas la jeune femme dans sa splendide robe rouge. Il était à son aise ici, dans son élément, et même si cette rencontre avec rafe ne faisait pas avancer ses pions, il aurait au moins passé une bonne soirée. En charmante compagnie qui plus est. Il appréciait le calme feutré de l’endroit, la déférence du personnel et le confort de sa position. Oui, décidément, ce restaurant était un endroit parfois pour une soirée comme celle-ci.

Le serveur empressé s’agitait autour d’eux, et puisque le silence aurait paru suspect, Misha se contenta d’allusions voilées et de banalités. Mais Rafaela n’était pas une idiote, et à sa question qui démontrait bien qu’elle comprenait, le russe se contenta de lui répondre par un sourire ironique. Evidemment. Même si elle n’avait pas toutes les infos en main, elle avait parfaitement saisi là où il voulait en venir. Il aurait sincèrement payé cher pour savoir de quoi, exactement, elle se souvenait. Il avait l’impression qu’elle n’était plus aussi naïve qu’à leur dernière rencontre, mais cela n’avait rien d »tonnant : mémoire retrouvée ou pas, elle avait fait des recherches. Elle s’était renseignée… et contrairement à la dernière fois, elle savait très exactement où elle mettait les pieds.
Mais pourtant, elle se contenta de le laisser venir en douceur, le silence s’éternisant tandis qu’il goûtait le vin avant de l’approuver. Un jeu de patience, ou il fallait avancer ses pions dans la plus grande discrétion. Où chaque coup comptait. Un jeu d’échecs grandeur nature. Sauf que dans ce cas précis, ce n’était pas elle qu’il comptait mettre mat en trois coups. Rafe n’était qu’un pion. Et si Misha voulait être tout à fait honnête, il se demandait bien ce que lui représentait pour elle ? Sa vengeance, pour avoir perdu la mémoire ? Un moyen de connaître les réponses à ses questions ? Ou simplement une agréable distraction, avant de repartir vers d’autres horizons ? Ou de le doubler… il avait peine à croire qu’elle puisse avoir retrouvé la mémoire et s’allier avec les Nicolosi, mais c’était une hypothèse à envisager. Il devait garder à l’esprit qu’il ne la connaissait pas : il ne savait pas ce qui la motivait, ni même comment elle fonctionnait. Rafe était un atout dangereux, une bombe qui pouvait exploser pour peu qu’il la manipule sans en prendre soin. Tant qu’elle aurait besoin de lui, il pensait pouvoir lui faire un minimum confiance… restait à savoir combien de temps elle penserait pouvoir se servir de lui.

Le jeune russe ne répondit rien à la remarque de sa belle invitée, se contentant d’attendre qu’elle en arrive où elle le désirait. Mais même si son message était codé, il n’avait aucun mal à le déchiffrer. Russes, Italiens… toujours la même guerre, pour toujours le même objectif : dominer la ville. Se faire le plus de blé possible, sans risquer de se retrouver en cellule. Evidemment, elle s’était renseignée. Elle savait parfaitement où elle mettait les pieds, et il n’en attendait pas moins d’elle en vérité. Mémoire retrouvée ou pas, elle avait pris les infos, et n’avait aucune peine à deviner là où lui désirait la mener. Il attendit qu’elle relève la tête et pose sa question avant de faire signe au serveur pour qu’il prenne leur commande. Si Rafaela se sentait d’humeur française, lui se contenta de la suggestion du chef. Ce n’est que quand leur pingouin attitré s’écarta à nouveau que le russe reprit la parole.
«L’argent. La passion. La rage de vaincre. Vous savez, quand on en arrive à avoir à peu près les mêmes capacités, la seule différence au final, c’est la volonté que vous y mettez. Regardez le champagne, par exemple. C’est un territoire minuscule, qui a su s’exporter partout, s’agrandir jusqu’à écraser ses concurrents. Devenir la valeur de référence. »
Il marqua une brève pause avant d’enchaîner. « J’offre à mes clients tout ce dont ils peuvent rêver. L’arrogance de la jeunesse, peut-être, mais je ne m’arrête jamais avant d’atteindre mon but. C’est vous qui me trouvez buté, après tout. » Lui rappela-t-il avec une pointe d’humour.

Qu’est-ce qu’il lui offrait ? Tout. Sa vengeance, ses réponses, une nouvelle vie. Tant que le chemin de Rafe suivait le sien, il n’avait aucunement l’intention de lui faire fausse route. Tant qu’elle se pliait à ses objectifs, évidemment.
« Je n’ai pas l’intention de rester confiné au rôle qu’on m’a confié, ni à laisser la vieille génération dominer le marché. » Misha marqua une pause. Il était que leur conversation n’avait plus rien des banalités échangés, aussi risqua-t-il à son tour une question. Plus directe. « Et vous, Rafe ? Pourquoi avoir accepté ce rendez-vous ? »
Pour avoir des réponses à ses questions ? Ou alors, pour voir s’il pouvait lui être utile à quoi que ce soit d’autre ?

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