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1996 + it's my way or the highway

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Rafaela Alvarez
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MessageSujet: 1996 + it's my way or the highway Dim 19 Juil 2015 - 12:08




“ typical high school day ”

Le réveil sonne. J'roule sur le ventre et m’plaque un oreiller sur la tête. J’ai horreur du lundi matin. Encore plus du lundi matin dans un nouveau lycée. Le lundi matin n’devrait pas avoir l’droit d’exister. Et sur ce fait, j’tends mon bras encore ensommeillé pour couper l'bip qui m’casse les oreilles, et commence à me rendormir. « Rafaela Alvarez, si tu ne te lèves pas tout de suite c’est moi qui te sors du lit ! ». Forcément, ça aurait été trop beau.

Un soupir d’exaspération s’échappe de mes lèvres et j’ouvre les yeux en émergeant lentement. J’adore ma mère, vraiment. Mais il faut que quelqu’un lui dise d’arrêter d’se comporter comme un adjudant. Vraiment. « Tu as deux minutes Rafe ! ». J’lève les yeux au ciel, adressant un ultime adieu à ma grasse mat’. Bon sang, c’qu’elle peut être pénible par moment !

Résignée, j’rabats la couette à mes pieds et m’lève pour m’trainer jusque sous la douche. Une dizaine de minutes plus tard, la voix suprême de l’autorité maternelle s’élève une nouvelle fois depuis la cuisine. J’enfile un jean et un débardeur, lace mes converses et jette ma veste sur l’épaule, avant d’enfin, m’décider à descendre. « Tu as cinq minutes pour avaler ton café, chérie, si tu veux pas qu’on soit en retard. »

Accoudé à l’îlot central de notre cuisine, j’observe mon adjudant achever d'remplir une tasse. Et j'me demande une fois d'plus comment un p'tit bout d'femme comme elle peut être aussi autoritaire. « C’est toi qui veut pas que j’sois en retard m’man, perso’ j’ai bien envie d'rejoindre mon lit qui m’appelle. » Elle n'répond rien et s’contente de lever les yeux au ciel, habitué à mon flegme matinal. J’la gratifie d’mon sourire à la Rafe, celui qui dit « laisse tomber, t'auras beau essayer, tu pourras rien y faire » et avale deux gorgées d’café, avant d’me lever, prendre les clés d’la voiture et m’diriger vers la porte. Ma mère m’observe toujours, s'demandant surement lequel des deux, elle ou le padre, m’a refilé c’fichu caractère. J’la fixe à mon tour, planté sur l’pas de la porte. « Bon tu t’décides m’man ? J’ai pas envie d’arriver en retard » j’lui lance sur un ton moqueur. Elle soupire, attrape son sac et sort  à son tour.

« Et, Rafaela, comporte-toi bien. S’il te plait, ne te fais pas remarquer dès le premier jour ». Rapide baiser sur sa joue en guise de réponse. La chevrolet s’arrête devant les grilles du lycée, et j'jette mon sac sur l’épaule en sortant, avant d’la regarder s’éloigner.

Il est huit heure.

Promis m’man, j’vais essayer d’faire un effort. J’vais essayer d’faire un effort pour n’plus devoir changer d’lycée avant la fin d’l’année. Allé, trois mois, c’est pas si long après tout.

Et puis j’tourne les talons. Mes yeux s’posent sur la grande allée menant vers l'bâtiment principal. Mon regard s’promène le long d’une bande de cheerleaders répétant leur enchainement à l’ombre d’un arbre. S’arrête sur un groupe de footballeurs roulant des mécaniques au passage de Barbie en personne. Et j’lève les yeux au ciel.

Putin. Si, en fait. Trois mois, c’est long. C’est très long…

« RAFAELA ALVAREZ TU TE FICHES DE MOI ! ».

Il est huit heure trente.

La voiture est arrêtée au feu rouge. Les vitres sont ouvertes, et un passant s’retourne au son d’sa voix. J’implore la madre d’un regard d'faire un peu moins d’bruit, mais elle me renvoie l’sien à son tour, tueur, assassin. J’aimerai lui répondre qu’j’y suis pour rien cette fois. Comme j’y ai pas été pour grand-chose les fois précédentes. C’est pas moi qu’ai commencé, j’n’ai fais qu’lui rendre la monnaie d’sa pièce à cet imbécile. « T’as de la chance que les parents n’aient pas porté plainte ! Et que le Directeur ne t’ait pas foutu à la porte dès le premier jour ! » Mais j’crois pas qu’ce soit l’bon moment pour lui faire entendre raison, et j’choisis d’garder le silence.

Une dizaine de minutes plus tard, la voiture s’arrête devant la maison. Ma mère sort sans un mot et disparait à l’intérieur en claquant la porte. Elle ne m’punit même pas. Elle sait qu'c’est peine perdue. J’me mordille un instant la lèvre, en m’disant qu’cette fois, j’y ai peut être été un peu fort. Et puis un sourire espiègle balaie mes remords : je viens d'remarquer, non sans une légère once de fierté, qu'j'ai battu mon propre record. Et tandis qu'je sors à mon tour d'la chevrolet, j'commence à réfléchir à la façon dont j’vais bien pouvoir occuper cette magnifique journée.

C’est alors que j’le vois de l’autre côté d’la rue. Comme toujours, penché au dessus du capot ouvert d’une de ses fameuses caisse. Son t-shirt moulant recouvert d'cambouis. Et comme toujours, mon cœur ratte un battement. Putain c’qu’il peut être beau, quand il est concentré. Putain c’que j’aimerai moi aussi, être un moteur qu'a besoin d'être sauvé.

Qu'les choses soient claires. J’n’ai jamais été c’genre de chienne qui  s’traine aux pieds d’un homme pour qu’il n’daigne simplement lui accorder un regard. Et même si, à mes yeux, il s’détachait un tant soit peu du reste d'ces imbéciles aux hormones surexcitées qui peuplaient l'lycée, Marco Viretti n’ferait pas exception à la règle. J’n’ai jamais compris comment ces filles pouvaient s’montrer aussi niaise devant la gente masculine, et j’crois que j’comprendrais jamais. La femme était suffisamment rabaissée comme ça dans l'monde, pas besoin d’en rajouter une couche. J'partais du principe que notre devoir, au contraire, était d'prouver qu'le sexe fort n’se définit pas seulement à la taille d’un biceps et au volume d’un caleçon.

« Déjà d’retour ? »
Sa voix m’tire brusquement d’mes pensées, et mon regard s'pose aussitôt sur lui. Lui, qui a enfin relevé la tête du capot d’sa caisse. Lui qui m’adresse un petit sourire, à mi chemin en l’amusement et la curiosité. Lui, qui m’offre enfin l’occasion rêvé d'l’approcher d’un peu plus près. « Yap… » Bref haussement d’épaules et air blasé sur l’visage. Main dans les poches, j’traverse la rue et m’approche lentement du garage. «  Prof absent ? » J’secoue la tête. « Mise à pied » . Il arque un sourcil et un bref sourire étire ses lèvres. «  Et qu’as-tu fais pour être renvoyée ici aussi vite ? ». Nouveau haussement d’épaules, tandis qu’mes yeux s’promènent sur les engins qui remplissent le garage. C’est la première fois qu’j’m’approche vraiment de son antre. « Mon crétin d’camarade a trouvé marrant d’tirer ma chaise au moment où j’allais m’asseoir, alors je l’ai frappé avec. » . Et tandis qu’ma voix est la plus naturelle du monde en disant ça, la sienne a du mal à dissimuler un léger rire. J'arque un sourcil, un peu surprise d'sa réaction. Au moins un qu'ça amuse. J'devrais peut être lui dire d'en toucher deux mots à la madre.« T’as frappé un élève avec une chaise ? ». J’lui jette un regard, comme pour lui demander s’il est sourd, ou bien… « C’est exactement c’que j’viens d'dire. » Il secoue la tête, sans rien ajouter. Et j’remarque à nouveau ce p’tit sourire qu’étire ses lèvres. Et sans l’vouloir, j’me mets à sourire aussi. Marco Viretti, tu m’énerves déjà.

L’silence retombe, et il met à nouveau son nez dans l’capot. Et ça m’énerve encore plus. C’est comme si j’étais là, et la seconde d’après j’existais plus. Et voilà que j’me mettais à réagir comme ces parasites manucurées qui envahissaient l'école. Rafe, t’es vraiment pathétique.

Alors j’gratte un instant une poussière invisible avec le bout d’ma converse, observe la caisse qu’il est en train d’réparer. « Chouette caisse. » Les mots sortent d’eux-mêmes, plus pour combler la conversation qu’autre chose. Mais j'parviens au moins à lui faire relever la tête. « Elle te plait ? » J’hausse les épaules. C'est vrai qu'elle est plutôt jolie, mais pas d'quoi fouetter un chat non plus. Et puis, c'est pas vraiment mon genre de bagnole. « J'préfère les vieilles sportives américaines. Sans artifice. Avec beaucoup d'caractère. Et un bruit d'moteur grave et puissant. » L'genre qui sonnait comme une douce mélodie à mes oreilles. J’y connaissais pas grand-chose aux bagnoles, mais j’étais au moins sur de ça.

Ma réponse l'fait à nouveau sourire et pendant les dix secondes qui suivent, nous nous fixons droit dans les yeux. Puis après un instant de c'que j'devine être une brève hésitation, il m'tend une clé à molette. « Tu me files un coup de main ? ». Sur l'coup, j'ai du mal à croire c'qu'il vient de dire et il m'faut quelques secondes pour enfin réagir. Et tandis que j’commence par retirer ma veste, un p'tit sourire en coin étire à son tour mes lèvres.

En fait, j'retire c'que j'ai pu dire tout à l'heure. J’aime le lundi matin. Et des lundis matin comme celui-là, on devrait les rendre obligatoires.

Bref, c’était ni plus ni moins qu’un jour banal de lycée.




“ to be continued ”
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Dernière édition par Rafaela Alvarez le Mer 13 Avr 2016 - 16:44, édité 1 fois
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Rafaela Alvarez
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MessageSujet: Re: 1996 + it's my way or the highway Lun 27 Juil 2015 - 10:35




“ does he run it deep enough to take you there ? ”

« Rafaela Alvarez, tu essaies de faire quoi là ? ». J’sursaute. Me fige, pétrifiée par cette voix qu’a surgi de nulle part dans mon dos. Ma main reste bloquée sur la poignée et j’lève les yeux au ciel en soupirant. Eh merde. Mais c’est pas vrai, comment elle a fait cette fois !? Encore un peu et j’en viendrais presque à croire qu’elle a planqué un traqueur dans mes fringues. Non mais sérieusement ! « Rien, j’m’assurais juste que la porte soient bien fermée. Tu sais pour les voleurs, tout ça… » J’me retourne en essayant d’afficher mon sourire le plus innocent. Elle m’accueille d’un regard noir, les bras croisés et l’air vraiment pas commode. « Il est vingt-trois heure, un soir de semaine. Et au cas où tu l’aurais oublié, tu es puni jusqu’à nouvel ordre jeune fille. » « Mais m’man… » « Il n’y a pas de « mais » qui tienne Rafe. Et puis où tu comptais aller comme ça ? Je t’ai déjà dis que le quartier était dangereux le soir ! ». Bla, bla, bla... J’écoute à peine son quart d’heure de morale. Les mots rentrent aussi vite par mon oreille gauche qu’ils en sortent par la droite. Et la dernière chose que je l’entends prononcer est « remonte dans ta chambre et retourne te coucher ». Bien. Si mon adjudant le veut comme ça alors…

L’air résigné, j’obéis en fronçant les sourcils et en trainant des pieds. Mais une fois en haut, un sourire discret s’dessine sur mes lèvres. Allé quoi m’man… Depuis le temps que tu m’connais... tu pensais quand même pas qu’ça allait suffire à m’arrêter…?

Non parce que ce soir, à part m’enfermer à double tour et installer des barreaux en aciers à la fenêtre de ma chambre, tu pourras rien faire pour m’empêcher d’m’échapper. Et quand j’ai une idée en tête, tu sais qu’j’lai pas ailleurs...

Le nez collé à la vitre, je continue d’surveiller l’autre côté de la rue. L’aiguille du réveil posé sur la petite table à côté de mon lit indique qu’il est onze heure dix. « Dépêche Viretti, allé dépêche… » Les nerfs à fleur de peau et le cœur qui cogne dans ma poitrine, j’ai du mal à contenir l’excitation qui s’empare de moi. Je n’tiens plus en place. Je trépigne d’impatience. En face, la porte du garage est grande ouverte, et le capot de sa Dodge l’est encore aussi. Ça fais des jours que j’tente de connaitre la suite. Mais à chaque fois, la scène s’coupe toujours exactement au même endroit.  

Et depuis des jours, impossible de savoir comment s’termine l’épisode. J’ai beau lui avoir posé la question un milliards de fois, il n’a pas daigné lâché un seul minuscule et petit indice. Mais ce soir, Viretti... Ce soir, j’te promets que j’vais enfin le savoir. Parole de Rafe.

Et parce que j’m’contente pas seulement des paroles mais aussi des actes, j’réagis au quart de tour à l’instant où il s’apprête à partir. Cette fois on y est. c’est l’signal. En quelques secondes, j’parviens à m’emparer des clés de la Chevrolet qu’j’ai pu voler au passage, en bas tout à l’heure. En quelques secondes, je jette quelques coussins habilement positionnés sous ma couette pour tromper mon absence - on est jamais trop prudent. En quelques secondes, j’me retrouve pendu par les bras au rebord d’ma fenêtre. Puis en bas. J’encaisse la chute. M’redresse en silence, l’œil aux aguets. Mais cette fois, rien n’bouge dans la maison. J’pousse un cri de victoire silencieux.

Ensuite… Tout va très vite. Je saute dans la Chevrolet, garée quelques mètres plus loin et au moment d’allumer le contact, il m’a déjà distancé d’une centaine de mètres. J’écrase aussitôt la pédale d’accélérateur et tente tant bien qu’mal de le rattraper, slalomant entre les voitures qui n’arrêtent pas d’me klaxonner. Mais Viretti file, et il file vite.

Quand j’baisse un instant les yeux pour regarder l’aiguille du compteur, j’réalise alors subitement à quel point c’mec est fou. Complètement fou. Et moi barge. Complètement barge, pour tenter d’le suivre ainsi. Mais cette constatation n’efface pas pour autant l’immense sourire qui s’dessine sur mes lèvres, et n’m’incite bizarrement pas à lever le pied. Je n’sais pas comment l’expliquer, mais à cet instant, l’plaisir que j’prends est  bien trop fort, l’excitation qui parcoure mes veines, bien trop puissante. Et loin d’vouloir freiner, le p’tit grain d’folie qui m’anime, m’intime gentiment d’continuer à accélérer...

Et puis soudain, c’est le drame...

Le feu passe au rouge. Viretti accélère et passe quand même. Putain ! Bien sur, j’hésite à peine un instant et accélère à mon tour. Mais le klaxon d’une voiture arrivant à la perpendiculaire m’ramène à l’ordre. Non, non. Non ! J’écrase la pédale de frein, donne un coup d’volant pour l’éviter de justesse et m’arrête quelques mètres plus loin, l’cœur au bord d’l’explosion. Et tandis qu’le conducteur de l’autre bagnole m’envoie une rafale d’insultes en tous genre qui n’m’effleure même pas, mes yeux explore à toute vitesse l’horizon.

Mais il n’est pas là. Viretti à réussi à s'évaporer. Et mon poing s’écrase aussitôt rageusement sur le tableau d’bord. Merde ! MERDE, MERDE, et RE-MERDE. J’continue d’guetter les alentours, sans vraiment espérer. J’étais censée faire quoi moi, maintenant ? Demi-tour ? Non, même pas en rêve. C’était hors de question.

J’commence par retrouver mon calme, avant d’réfléchir à une solution.

Quand soudain, celle-ci m’tombe du ciel. Ou plutôt, roule furieusement sur l’asphalte. Car à l’instant où une Honda Civic suivit d’près par une Toyota Supra passent en fronde devant moi, ça n’fait aucun doute : ceci est la lumière divine qui m’guidera jusqu’au paradis.

J’atterris quelques minutes plus tard entre deux vieux hangars occupés par des dizaines de voitures. J’coupe le contact, après m’être garée un peu en retrait. Mais mes doigts ont du mal à desserrer l’volant qu’ils ont trop serré. J’inspire lentement pour tenter d’retrouver un minimum de calme et contenir l’excitation en train d’bouillir au fond d’moi. Cette même excitation qui m’anime chaque fois qu’j’m’apprête à faire un truc que j’devrais pas. C’est un peu comme la lave d’un volcan, qui bout d’l’intérieur. Qu’vous sentez monter lentement en vous, et qui  tout d’un coup, sans prévenir, vous explose à la figure. Vous n’pouvez rien faire pour l’en empêcher, et toute façon, vous n'avez même pas envie d’essayer. Parce que cette sensation, vous vous mettez à n'plus pouvoir vous en passer.

J’finis enfin par sortir et j’aperçois Viretti au loin, en train d’serrer la main d’un autre homme. J’décide de me fondre dans la foule pour n’pas me faire repérer. Je circule entre plusieurs caisse tunnés, exposées, capots ouverts. Je suis fascinée. Viretti m’en a assez appris pour l’instant, pour deviner jusqu’à combien peuvent monter ces bolides. Mais subsiste une ultime interrogation... Tout ça, c’est quoi ? Et comme pour répondre à ma question silencieuse, l'rugissement d’un moteur que je n'connais que trop bien retenti. Alors j'me précipite et suis l'mouvement de la foule. J'm’approche, et reconnais sans surprise, la Dodge aligné près d’une Porsche.

En un éclair, se connectent alors les neurones qui s'agitent dans mon esprit déchainé. Un p'tit éclat d'euphorie embrase mon regard, et j'peux sentir ma bouche, qui refuse de se refermer.  Il m'en faut pas plus pour comprendre... Et sans plus chercher à me maîtriser, ou à maîtrise quoi qu'ce soit, j’me laisse à mon tour, emporter par la folie ambiante qui règne ici bas. Moi aussi, j’me mets à crier.

Alors les voitures démarrent, et en quelques secondes à peine, s'mettent à filer aussi vite que la lumière.

La course se termine, et j'continue mon exploration, fascinée par cette jungle sauvage qui vient de pousser là, en quelques heures, dans les rues de la ville. Une jungle que j'n'ai désormais plus envie de quitter.

Quand une Mitshubishi s'arrête tout à coup à ma hauteur, sans prévenir. « C’est qu’t’es plutôt mignonne poupée. Ça t’dirait d’monter ? J’tamène faire un tour ! ». « Poupée ?! » J’me retourne aussi sec. Si on dit qu’un regard peut tuer, j’vous garantis qu’en cet instant, le mien est pire qu’un fusil mitrailleur et un lance grenade réunis. « Appelle-moi encore une fois poupée et j’te fais bouffer c’qui t’sert de fierté nabo. Tu sais, le truc là, qui pend entre tes jambes ! » De toute façon sa voiture était moche. Elle n'avait pas l'charme des muscles cars américaine. Et puis une deuxième voix nous a interrompu avant qu’on aie pu finir les présentations. Dommage. « Rafe ? »

Oups. J’ai fixé l’type s’éloigner la queue entre les jambes, avant d'faire disparaitre mon costume de vilaine fille, pour celui de l’ange innocent. « Salut. » ai-je dis simplement en lui faisant un p'tit signe de la main. « Mais qu’est ce que tu fais là ?! » J’ai arqué un sourcil, étonnée par la stupidité de sa question. Ça semblait pourtant évident, non ?« Ben tu vois, comme tout l’monde… J’profite du spectacle… » Apparemment pas pour lui, car j'pus lire dans ses yeux qu'il n'était pas totalement ravi d'ma petite surprise. « Ta mère sait que tu es là ? » J'ai aussitôt levé les yeux au ciel. Oh non pitié Viretti, tu vas pas t’y mettre aussi ! « Oui bien sur, elle m’a même donné sa bénédiction ! Pourquoi tu demandes si tu connais déjà la réponse ? » Et avant qu’il aie pu répliquer quoi que ce soit, j'ai lèvé une main pour l'forcer à garder le silence. « Et épargne moi le couplet sur la morale, t’es pas mon père et t’as à peine deux ans de plus que moi. » Il a cependant croisé les bras, peu décidé à en démordre. « Ça reste un endroit dangereux. » Le problème, c’est qu’moi non plus, j’étais pas prête à lâcher. « J’suis pas en sucre. » « Ça, j’avais remarqué… » Alors on fait quoi ?

Sans ajouter un mot, il ouvre la portière côté passager de sa Dodge avec un air plus que décidé.  Tu m’emmerdes Viretti. J’commençais seulement à vraiment m’amuser. Mais j’ai beau lui sortir un milliards d’excuses. Lui dire que j’ai la Chevrolet, que j'peux m'débrouiller pour rentrer. « Je m’en occupe, ne te fais pas de soucis pour ça. » Qu’après tout ce que j’ai fais pour réussir à venir jusqu’ici, il pourrait au moins me laisser. « Hors de question. Et puis t’en as déjà assez profité. ». Y'a rien à faire. Malgré toutes mes protestations, ce type n’en démordra pas.

Alors je soupire. Rafe ma vieille, cette fois la fête est finie. Je lève les yeux au ciel, et monte avec un air agacé dans sa caisse. Le début du trajet s'fait en silence. J'note simplement qu’il ne roule pas aussi vite qu’à aller. Pourquoi ? A cause de moi ? J'secoue la tête. Ce serait tellement stupide...

Et tandis que, bras croisés et air boudeur bien ancré au visage, j'garde le nez collé à la vitre, dans ma tête, je n'peux m'empêcher d'cogiter.

Quand il s’arrête au feu rouge, c'est plus fort que moi, j'me décide enfin à rompre le silence, et à balancer la demande qui me brûle les lèvres. « Apprends-moi. » « Quoi ? » Il reste bouche bée. A voir sa tête, j’suis persuadée que s’il était pas arrêté, il aurait pilé au milieu de la route. « T’as bien entendu. » Non parce que s’il pensait qu’il était l'seul à pouvoir s’amuser, il se mettait les doigts dans le nez. « C’est pas un jeu, Rafe. Ici, c’est conduire ou mourir, c’est comme ça que ça fonctionne. » « J’ai pas l’intention d’mourir, j’suis trop jeune pour ça. » Il fallait dire que ce soir niveau répondant, j'étais plutôt en forme. Il pouvait dire c'qu'il voulait, j'aurai d'quoi répliquer. « T’es trop jeune pour le reste aussi. » « Ah ouais ? Parce que t’as commencé à quel âge ? Vas-y, dis-moi ! J’suis curieuse. » Cette fois, j'ai touché exactement où il le fallait. Il ne répond pas, et j'prends son silence comme une invitation  à continuer. « Très bien. J’apprendrais par moi-même. Ma mère est d’accord d’me laisser la voiture pour aller au lycée de toute façon. Ça fera un bon entrainement. » Et tandis qu’après quelques secondes, je tourne la tête dans sa direction, je peux voir qu’un sourire en coin étire ses lèvres, à lui aussi. « Tu lâches jamais rien, n’est ce pas ? » J’arque un sourcil, l’attitude joueuse et provocatrice. « Jamais. Va falloir te faire une raison. »

Au même instant, la voiture ralentit. Il s’arrête à quelques maisons d'la mienne et coupe le moteur. Alors sans prévenir, j'me penche et lui vole un baiser sur la joue. Il reste immobile, sans cesser d'me fixer. Je soutiens son regard, sans qu'il ne réussisse à me déstabiliser. « J’obtiens toujours c'que je veux, Marco Viretti. » Il ne peut réfréner son sourire.

Et tandis qu'je claque la portière et qu’il redémarre, l'écho de sa voix reste un moment en suspend derrière moi. « C’est ce qu’on verra, Rafaela Alvarez. »


“ to be continued ”
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