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Avancer, c'est ce qu'il y a de plus dur ⎜ Domino a 17 ans

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Domino M. Cooper
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MessageSujet: Avancer, c'est ce qu'il y a de plus dur ⎜ Domino a 17 ans Sam 11 Juil 2015 - 15:56


Avancer, c'est ce qu'il y a de plus dur

Oublier est impossible


- Cette photo a été prise par votre père le matin même du drame. Que ressentez-vous aujourd’hui lorsque vous la regardez ?

Qu’es-ce que l’ont peut bien ressentir hein ? Je n’en sais rien, et je crois que je ne le saurais jamais. Elle se crois drôle avec ses questions ? Pense-t-elle vraiment que j’ai des réponses à lui apporter ? D’ailleurs, qu’es-ce que je fiche ici, sur son divan ? Ah oui, ma tante, elle tenait absolument à ce que je parle de ce que je ressentais, maintenant que je savais la vérité sur ce qui avait précipité ma famille six pieds sous terre.

Je la regarde cette bonne femme avec son tailleurs noir strict, son chignon pincé, son demi-sourire sur les lèvres, et son foutu crayon à papier qu’elle tapote sur sa plaquette. J’ai bien envie de lui prendre des mains pour faire taire se son insupportable. Elle est insupportable, si elle cherche à me faire perdre mon sang froid elle risque bien d’y arriver cette vielle bique.

Je détourne les yeux de son visage, sinon, cela pourrait mal finir. Je me concentre sur le plafond, à force des séances, je crois que je le connais par coeur, tous ses défauts. Sa couleur perd de son éclat, le blanc se noircie, morbide. Je n’ai pas envie de parler, mais j’ai comme l’impression qu’elle n’a toujours pas compris. Surtout cette photo, pourquoi devrais-je en parler ? Ce n’est qu’une banale photo de moi enfant qui a été prise juste avant que je n’aille à l’anniversaire de ma copine, même que depuis le temps, j’avais oublié le nom de la copine, alors c’est pour dire.

Que pouvait-elle représenter ? Je me souviens de la petite balade que mon père et moi avons effectuer tout les deux ce matin là, il avait pris son appareil, et quand il avait vu se paysage, il avait tenu à prendre cette photo. J’étais encore toute bronzé à l’époque, j’avais perdu tout ça en grandissant, devenant presque aussi blanche qu’un cachet d’aspirine. Je me souviens du sourire de mon père ce jour là, ce qui m’arracha un pincement au coeur. Savait-il déjà ce qui allait ce passé ? Si oui, pourquoi ne m’avait-il pas supplier d’emmené mon petit frère avec moi à ce maudis anniversaire ? Pourquoi, alors qu’il semblait si charmant et aimant avait-il fait ça ? Qu’es-ce qui avait bien pus le pousser à trafiquer avec ses hommes ? Je n’en aurai jamais la réponse.

Je pousse un profond soupire, je n’ai pas l’intention de parler. Je ne le ferai pas, pas avec elle en tout cas. Cette maudite bonne femme me sort par les yeux depuis la première fois que j’ai posé les yeux sur elle. Comment voulez vous avoir confiance en une femme pareille ? Elle sortait tout droit sorti d’un conte pour enfant, mais là, elle tenait le rôle de la méchante sorcière. Elle avait déjà le nez crochu, ne lui manquait plus que la verrue.

Divagation, comme à chaque fois que je me retrouvais dans cet espace. J’en ferais presque une crise d’angoisse. J’ai envie de partir, j’ai rendez-vous ce soir, il va y avoir une course et j’ai bien l’intention d’y aller. Elle ne fait que me mettre en retard, je dois encore passer chez moi me changer… Elle agite de nouveau la photo devant mon nez, si elle continu, je vais lui faire avaler.

Le temps s’écoule et je ne parle toujours pas. Je ne veux toujours pas parler. Je regarde fixement l’horloge qui sonnera ma libération dans quelques minutes. Je sais aussi qu’elle ne reparlera pas. Souvent elle commence la séance avec une question et ne reparle plus, attendant que je prenne la parole, chose que je n’ai encore jamais fais depuis un an. Une fois elle m’a dis une chose qui m’a laisser à réfléchir. « Au fond, que tu ne parle pas n’est pas très grave, je sais que mes questions te pousse à la réflexion, même si tu ne parle pas, tu travail sur toi même. » Tu parle oui. Je ne faisais que me renfermer sur moi-même, mais elle, elle n’aurait rien, je ne lui dirai jamais rien. Je ne veux tout simplement pas, il faut qu’elle comprenne que cette histoire est la mienne pas la sienne et que je na la partagerai pas.

La trotteuse fait un nouveau tour et enfin l’heure de la libération à sonné, je saute sur mes pieds et m’élance vers la porte. Je pose la main sur la poignée, mais je me retourne pour la regarder, je la sens me fixer. C’est bien ce qu’elle est en train de faire en plus. Il y a une lueur dans les yeux qui me pousse, je ne sais pas pourquoi à parler pour la première fois. Mais juste après je quitte le cabinet en trombe, juste après avoir dit ce que représentait cette photo pour moi.

- Le mensonge.



Je me laisse tomber sur le divan, ma psy est déjà installé, elle me regarde. Je ne savais pas que la dernière fois, lorsque j’étais partie en prononçant un mot elle avait parler à son tour pour dire « On progresse ». Je n’avais rien entendu. J’étais simplement partie. Pourtant, je crois bien que parler m’avais fait du bien, même si je n’avais pas dis grand chose, juste ce que j’avais sur le coeur en un petit résumer simple et facile.

Aujourd’hui, je me sens assez détendu, même si j’ai toujours en horreur mes séance de psychanalyse avec cette bonne femme. Je joue avec mes doigts, j’attends qu’elle parle, c’est toujours elle qui parle la première. Aurais-je envie de parler aujourd’hui ? Arriverait-elle à me faire dire quelques choses ? Il serait peut-être temps pour elle de montrer à ma tante pourquoi elle la paye, mais moi, j’aime bien lui mettre des bâtons dans les roues. Elle n’a qu’à pas essayer de rentrer dans ma vie.

- Bonjour Domino. Je ne te demande pas comment tu vas, tu ne répondre pas, comme toujours. Aujourd’hui, nous allons aborder un nouveau sujet. Nous ne l’avons encore jamais évoqué réellement, et j’espère que celui-ci t’enthousiasmera plus que les autres.

Je relève un sourcils, de quoi cette sorcière veut-elle parler ? Pour le coup, je me redresse, elle à une lueur dans les yeux qui me donne envie de savoir ce qu’elle a derrière la tête, et je lâche :

- Et c’est quoi ce sujet ?  

Mince, elle sourit, elle voie que je commence à m’intéresser un tant soit peu à ce qu’elle me raconte ou ce qu’elle est en mesure de faire pour moi. Je détourne le regard, comme ci cela m’étais égal, je regarde son bureau où trône toujours son cadre photo. Y a t’elle enfin mis une photo ? J’avais remarqué que celui-ci était vide.

- J’aimerais que tu me parle de ton petit frère.

Mon coeur fait un arrêt. Brian. Je tourne vivement la tête vers elle, est-elle sérieuse ? Veut-elle vraiment que je lui dépeigne quel être merveilleux il était ? Fauché si jeune par des monstres ? Je ne sais pas si j’en suis véritablement capable. Pourtant, je crois que j’en ai envie, mais je ne sais pas comment.

- Tu peux peut-être y réfléchir aujourd’hui, et parler à la prochaine séance.

Elle ne parle jamais autant d’habitude, je la fixe longuement. Mais je crois que je suis incapable de décrocher un mot. Je suis figer dans mon horreur à tel point que je ne voie plus le temps passer. Soudain, c’est la petite sonnerie qui annonce la fin de la séance. Le temps c’était-il vraiment écoulé ? Je ne m’en étais même pas rendu compte. Je n’avais toujours rien dis. J’attrapais mon sac à la volé, quittant le bureau à vive allure, laissant même la porte ouverte pour courir me réfugier dans l’air frais du mois de Décembre.



J’ai poussé les réflexions jusqu’au bout. J’ai besoin de le dire, c’est un besoin vital maintenant, je ne peux pas faire autrement. J’entre dans le bureau sans même frapper. Elle relève la tête, elle me regarde surprise. Je tombe lourdement assise sur le divan, elle est sur le point de parler, je lève la main pour l’en dissuader :

- Je parle, vous écouté, et pas d’interruption.

Je lui lance un regard déterminé, elle voulait que je parle depuis si longtemps, elle ne pouvait pas me l’empêcher. Et elle pouvait voir dans mes yeux qu’elle n’avait de toute façon pas le choix. Je triture ma jupe et pousse un grand soupire, puis enfin je me lance :

- C’était l’être le plus merveilleux que je n’ai jamais vue. Il avait toujours le sourire aux lèvres, il riait pour tous, s’enchantait pour tous. Il adorait venir se nicher dans mes bras le soir lorsqu’il n’arrivait pas à dormir, alors il restait là dans mes bras et s’endormait, pareil lorsqu’il faisait des cauchemars, j’étais la seule en mesure de le calmer. Il avait cette petite manie de caresser ma joue avec sa petite main d’enfant et de murmurer un je t’aime à tomber par terre. J’étais complètement folle de mon petit frère. Et vivre chaque jour sans lui c’est comme avoir arrêter de respirer. Il était le centre de mon univers. Je rentrais de l’école et il me sautait dans les bras, j’enfouissais mon visage dans ses cheveux, respirant son odeur, qu’elle soit bonne ou mauvaise. Parfois il était crasseux, plein de terre, de boue, des feuilles dans les cheveux et ça me faisais rire, tellement rire. Ou lorsqu’il mangeait du chocolat il en avait partout. Je me souviens que la veille de sa mort, on avait manger des glaces au chocolat, il s’en était mis partout, comme toujours. Et comme je me moquais de lui, il à pris sa glace et la tartiné sur mon visage. Je lui ai courue après dans tous l’appartement avant de l’attraper et de la chatouiller jusqu’à plus soif. C’était le dernier soir, le plus beau.

Je m’arrête dans mon élan, je regarde la psy qui m’écoute avec attention. Elle veut encore parler, mon regard l’en interdit et elle ne dit rien :

- Mais il était aussi capricieux, lorsqu’il voulait quelques choses il fallait qu’il l’ait tout de suite. Parfois je le maudissait parce qu’il entrait dans ma chambre et trouvait le moyen de casser quelques choses. Il le faisait presque à chaque fois. La semaine juste avant sa mort je me souviens lui avoir hurler dessus parce qu’il avait déchirer une page d’un de mes livres, vous savez ses livres pleins d’images que l’ont lit quand on à 7 ans ? Ses livres qui parles de princesses barbie ? J’avais hurler si fort que finalement, c’est moi que mes parents ont punis. Je lui en ai voulu, mais pas bien longtemps, je n’arrivais jamais à être en colère contre lui. La nuit même, il a fait un cauchemar et est venu se blottir contre moi. Il était pardonné.

Je crois que j’aurais aimé pleurer maintenant, mais j’en étais incapable, j’avais bien trop pleurer le jour de leurs morts, depuis, je n’avais plus versé une seule larmes, je ne savais plus faire. Je ne savais pas pleurer, et pourtant, en cet instant, j’en avais envie, mais je ni arrivais pas.

- Il me manque un peu plus chaque jour et je commence à oublier sa voix, c’est comme s’il mourrait une nouvelle fois. Depuis sa mort, plus rien ne me rends vraiment heureuse, lorsque je voie un petit garçon dans la rue, je me retourne, l’espoir que ce soit lui, mais je sais la chose impossible. Parce que des hommes sont entré dans mon appartement et on tirer à vu. Je ne pourrais plus jamais le reprendre dans mes bras parce qu’il est mort.

Et j’arrêtais de parler. J’en avais assez dis. La psy compris que j’avais fini, elle me fit même un sourire, mais je ne lui répondais pas, à la place c’est elle qui parla :

- Et bien voilà. Tu ne te sens pas mieux d’avoir lâché tout ça ? On progresse vraiment Domino.

On progresse ? Comment pouvait-on progresser alors que je ne respirais plus ? Ma vie n’était qu’un château de carte plus qu’à moitié écroulé, il ne restait qu’une tour, celle du malheurs. Je n’étais plus capable de vivre, mais j’avais envie de retrouver cet engouement. Je la regardais une nouvelle fois :

- Je veux vivre.
- Et tu vas vivre Domino.

La séance se termina sur ses mots, et je me levais. Exténué, je n’étais pas capable de pleurer, mais je savais qu’en rentrant, je m’écroulerai sur mon lit et dormirai jusqu’au lendemain matin.
code par slana


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