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R.A.S ? |Gabrielle P. Daaris|

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Terrence Lewis
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MessageSujet: R.A.S ? |Gabrielle P. Daaris| Mer 14 Jan 2015 - 0:19

Il y avait eu cette conversation qui avait filtré à mes oreilles dans ce bar des Gaslamp quarter alors que je venais y boire une bière après le travail. Beaucoup m’y connaissaient depuis ma prestation d’il y a quelques mois qui avait valu au patron trois jours d’hospitalisation mais ce n’est pas pour autant que la vie n’avait pas repris son cours. Et heureusement pour le business de Jed. Il gérait son affaire de la plus honnête des façons et gagnait humblement sa vie. Et c’est certainement une des raisons de ma présence ici. Être entouré d’une personne qui me ressemble, bien que dans le fond, il était sans le moindre doute, plus réglo que je ne pouvais l’être. La chaine locale passait en boucle les faits divers survenus en cette journée à la télévision et deux femmes assises à une table sur ma gauche ressassaient les évènements comme si elles cherchaient encore à comprendre le monde. Elles se faisaient la conversation sans nul doute, partageant les mêmes opinons, les mêmes torpeurs, les mêmes bonheurs. C’est alors qu’elles se mirent à parler de la dangerosité qui régnait en cette ville et des multiples trafics de drogues qui circulaient de toutes parts. Elle enchaina en disant même que son propre fils semblait avoir repéré une planque à dealers à proximité des hangars qui longent le port, et qu’il aurait même entendu des coups de feu.

« Mais t’sais, le p’tit s’est pas fait prier pour pas trainer dans l’coin. Il a jamais été très sportif mais jte dis qu’il a couru le petiot » , disait visiblement sa mère. A l’âge que je présageais qu’elle ait, son fils devait avoir quoi, la vingtaine. Je n’avais pas souvenir qu’on ait reçu le moindre coup de téléphone à ce sujet. « Enfin, tu sais c’ment c’est, on est plus en sécurité … nulle … part », reprit-elle achevant faiblement son discours. Je compris alors que j’étais en train de les fixer longuement et qu’elle venait de me remarquer. Je perdis aussitôt l’air grave que j’affichais, lui adressant un faible sourire avant de me lever. J’aurais été curieux de savoir si elle se serait permis de parler de la sorte si j’avais porté l’uniforme. Mais soit … Je règle ma bière au comptoir et salue Jed avant de quitter le bar. Je savais parfaitement qu’un détachement spécial était monté pour ça, pour régler les trafics de stup’ mais à en croire ses dires, c’était autre chose qui se tramait là-bas. Elle a tout aussi pu exagérer et réajuster l’histoire à sa façon, mais il me fallait en avoir le cœur net.

Je montai dans ma Dodge Charger et prit la direction du port. La nuit tombait lentement, mes projets pour la soirée étaient tous autres, mais il fallait que je m’occupe de ça d’abord. Arrivé à destination, je stoppe le moteur avant de pénétrer dans le port. Je me saisis de mon téléphone et préviens par message Sakura que je risquerais d’être légèrement en retard pour raisons explicitées plus tard. Elle comprendrait surement. Elle sait la place qu’occupe mon job dans ma vie, au centre de tellement de préoccupations qui cherchent à se voler la vedette constamment. Mais j’espérais grandement qu’elle sache l’importance qu’elle représente pour moi. Je retire ma veste, et passe mes doigts dans mes cheveux pour me décoiffer. Autant pas donner l’air trop soigné. Certes, c’est s’exposer à quelques risques, mais comment réellement savoir sans y jeter un coup d’œil ? Peut-être auraient-ils déserté ? Après tout, comment savoir que l’information en question reste actuelle ou pas. Je me saisis de mon arme mais finis par me raviser, la calant sous le siège passager. Autant pas risquer de déclencher de réactions incontrôlées. Je m’extirpe de ma bagnole, et me dirige vers les hangars. S’il me fallait les passer tous, je pourrais en avoir pour un temps certain …

Les premiers que s’inspectent sont plus déserts les uns que les autres. Certains laissent des traces d’un passage certain mais rien de très suspect. Je continue de progresser et finis par entendre du bruit dans le hangar suivant, visiblement cinq personnes s’y trouvaient. Mais rien qui puisse m’affirmer un plus grand nombre. Et puis, il pourrait tout aussi bien s’agir de jeunes venus se retrouver ici pour x raisons. Je finis par entrer dans le bâtiment comme l’on se pointe, convaincu de se trouver au bon endroit parce que possédant le tuyau qu’il faut. Mais mon attitude est hésitante, mon regard filant et m’évite de trop vite m’intéresser aux personnes qui m’entourent. Néanmoins, j’ai déjà repéré plusieurs personnes dans le fond et d’autres sur les côtés, allongées à même le sol. Le premier sur les cinq encore en état de communiquer s’avance vers moi, pour connaitre la raison de ma présence ici.

« J’viens de la part de « Chill » il m’a dit qu’on trouvait tout ce qu’on voulait ici », lui dis-je, me grattant alors frénétiquement la nuque en signe de nervosité, purement contrôlé. Il approuve d’un œil averti mes paroles. Mais certainement ne va-t-il pas s’en tenir à cela.

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Gabrielle P. Daaris
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MessageSujet: Re: R.A.S ? |Gabrielle P. Daaris| Mer 4 Fév 2015 - 15:38

Le regard fixé sur la pendule, la main tremblant légèrement et l’impossibilité d’arrêter de bouger mes jambes autant de signes qui trahissaient le fait que je devais me casser d’ici, chose que monsieur Lee, mon psychologue attitré pour le semblant d'efforts que j’essaye de faire, ne semblait partager. " Vous avez remarqué des progrès ? Vous y pensez moins ? Vous vous souvenez de l’exercice pour la confiance en soi que je vous avais demandé de faire ?" Wow, wow, wow… de quoi ? Il posait trop de questions, sérieusement je ne suis pas en état pour ce genre de truc. C’est quoi cette histoire d’exercice, de quoi il me parle, nos 45 min ne sont pas encore passé ? Bordel j’ai l’impression d’avoir passé une dictature de 70 ans avec ce type. "Heu … ouais ouais c’est ça." Je saisis mon sac et fis mine de me lever, lorsque son regard inquisiteur se posa sur moi, oh non désolée mon pote mais c’est hors de mes compétences de te supporter plus longtemps à cet instant. Je me levai rapidement " oui, on se voit la semaine prochaine hein !" et je pris la porte assez vite pour qu’il n’ait pas le temps de réagir. J’arpentais les couloirs rapidement, en fouillant maladroitement de mon sac, c’est bien ce que je pensais, il ne me reste plus rien j’avais épuisée ma dernière dose hier soir et si on comptait mon état de manque en ce moment, il me serait impossible de me satisfaire du traitement de substitution. A ce moment précis je n’avais aucun remord, ma conscience était totalement éteinte, mon désir de me passer de cette merde c’était complètement envolée, je ne voulais qu’une chose, avoir ma dose.

Mes pas se faisaient de plus en plus précipités vers le parking, ma main tremblante cherchait aussi activement que maladroitement mes clés dans mon sac, j’arrivais à la voiture et je n’avais toujours pas trouvé les clés « merde, merde, merde … » mon autre main tapait nerveusement contre la portière alors que je fouillais toujours mon sac de l’autre. Le contacte froid du métal sur mon doigt me fit sourire, je les agrippai avant d’ouvrir rapidement la porte et de me mettre au volant de ma Chevrolet. Je pris une grande respiration, je devais me remettre en état avant de conduire, il était hors de question que j’attire l’attention sur moi et que je prolonge ce supplice. Je démarre et me dirige vers le port, j’ai l’habitude d’y aller depuis que mon arrivé à San Diego et la qualité me convient très bien.

Il était assez tard et il commençait déjà à  faire sombre, j’arrivai au port et décidai de garer la voiture non loin de celui-ci, je pris juste de quoi payer dans mon sac, une arme que je dissimulais sous ma veste, par précaution, on tombe toujours sur un con qui essaye de nous voler et je descendis de la voiture. Mes pas étaient toujours aussi pressés alors que je me dirigeais vers le hangar ou je pourrais trouver mon bonheur, puisque oui, à cet instant précis mon bonheur se résumait à ça. J’allumai une clope pour essayer de calmer mes nerf mais rien n’y faisait, la clope avait un gout horrible en ce moment. J’extirpais la fumée et pénétrai dans le hangar, mes yeux parcouraient les personnes présentes et s’arrêtèrent sur les deux debout en train de parler. Je reconnu un de mes contacts, mais le mec avec qui il parlait, le blond, lui ne me disait absolument rien. Enfin bref, peu importe je m’avançais vers eux, aspirant la fumée avant de la rejeter et de m’adresser à eux " hey … " je regarde le blond " désolée blondie mais il semble que tu peux encore attendre " je revins sur mon contact et lui fis un regard entendu. Ma nervosité, mon incapacité de rester en place et la main tremblante tenant ma clope traduisaient mon état urgent présentement.

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Terrence Lewis
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MessageSujet: Re: R.A.S ? |Gabrielle P. Daaris| Ven 20 Fév 2015 - 19:45

Les minutes me parurent des heures alors qu’on se lâchait pas du regard et que j’étais prêt à toutes les éventualités. Il me montrait le moindre signe d’hostilité, il aurait droit à ma riposte. Je savais bien qu’il cherchait à savoir qui m’avait envoyé ici et ce qui précisément avait pu m’être dit. On aime rarement les langues trop bavardes dans ce milieu. Toujours préférer les centres les plus restreints et les plus fermés possibles. Ça évite de répandre le business un peu trop loin et surtout là où il ne faudrait pas. On aime moyennement se faire piquer ses clients ou se faire doubler par regain d’ambition. Et pourtant, on peut difficilement parler de confiance ici. Alors c’est quoi ? Du feeling ? J’étais prêt à parier qu’ils étaient tous armés, tous autant qu’ils étaient, et que si vraiment ça venait à barder, se volatiliserait très vite le feeling ...
C’est alors que débarque cette femme, sortie pour ainsi dire de nulle part, pour se porter à ma hauteur et s’adresser à mon interlocuteur. Je la dévisage alors qu’elle laisse échapper ces mots à mon encontre, clairement en manque de sa dose. Il rebrousse chemin nous laissant régler notre différend allant chercher ce qu’elle demande. Il est évident que c’est une habituée. Elle n’a pas besoin de présenter la couleur de l’argent, ni même de montrer patte blanche pour obtenir ce qu’elle veut. Et si je misais sur elle pour savoir ce que je veux ...

« Hé, on t’a pas appris à attendre ton tour comme tout le monde, ma jolie ... », lui rétorquais-je feignant de perdre patience et de contenir difficilement ma colère. Je la saisis brutalement par les épaules et la secoua nerveusement pour lui faire peur et attirer l’attention sur moi.

« Conneries tout ça ... », repris-je, relâchant mon étreinte sur elle avant de dévisager chacune des personnes qui me regardait. « Quoi ?! », leur dis-je avant de quitter le bâtiment sans demander mon reste et de frapper dans le premier truc qui me passait sous le pied pour attester de l’ascendance de mon énervement. Une fois à l’extérieur, je m’assure que personne ne me suis et fais quelques mètres. Je repère ensuite un amas de tôles délaissées là, et vient me mettre à couvert derrière à l’abri des regards. De cet endroit, j’avais toute vue sur l’entrée du hangar et pourrait l’en voir ressortir. Elle passerait à proximité de moi, j’aurais tout le loisir de la filer ensuite jusqu’à son véhicule si elle est venue en voiture, voire même jusqu’à son domicile si elle habite à côté et qu’elle est venue à pied.
Une fois qu’elle aurait pris son remontant, elle serait, je l’espère, plus malléable, et encline à répondre à mes questions. En espérant qu’elle le fasse sans que je n’aie besoin de faire pression sur elle. Qu’est-ce que ça engageait pour elle après tout ? Se trouver un autre revendeur ? Ils courraient tellement les rues qu’elle n’en aurait pas trop de difficultés. Je comptais sur son entière coopération dans l’espoir qu’elle n’irait pas avertir le premier intéressé que les flics s’intéressaient à son cas de trop près. Difficile de parier là-dessus. Même si dans l’histoire, elle n’avait pas beaucoup à y perdre, elle n’y gagnait rien non plus. Il faudrait certainement que s’aligne quelques conditions pour être certain de conserver son silence le temps que l’on puisse mettre en place un plan d’attaque.

Je n’aimais que moyennement agir ainsi. Faire pression sur le plus mal loti pour être certain d’obtenir ce que je veux. Mais dans ma situation, je n’avais pas franchement de meilleure option qui s’offrait à moi. Avoir le malheur de se trouver au mauvais endroit, au mauvais moment, en présence des mauvaises personnes, devait lui être chose courante. J’ignorais tout de cette femme en cet instant, mais j’étais sûr d’une chose : j’avais besoin d’elle. Que pouvait bien désirer une femme comme elle ? La tranquillité ? Surtout pas d’emmerdes ? De se faire oublier le plus vite possible ? Un nouveau chez elle, plus grand, plus confortable, moins craignos ? Une nouvelle vie ? Heum ... J’étais loin d’être le Père Noël et elle s’attendait certainement pas à le rencontrer dans un coin aussi miteux. Qu’est-ce que je pourrais bien lui promettre ? On ne se leurrait pas, ni elle, ni moi.


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Gabrielle P. Daaris
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MessageSujet: Re: R.A.S ? |Gabrielle P. Daaris| Lun 6 Avr 2015 - 23:03

Mon dealer me répondit d’un sourire en coin avant d’aller me prendre ce que je lui demandai sans même prononcer un mot.  Je n’arrêtai pas de gesticuler, incapable de rester en place, de me concentrer sur autre chose que sur le fait que dans quelques minutes j’allais enfin avoir mon fix et mettre fin à ma torture. Je ressentais déjà la douleur du manque, les crampes, ma température qui fluctue, des tremblements incontrôlés et ses horribles démangeaisons sur tout le corps.
Bordel il me faut ce fix. Je ne faisais plus attention au blond à côté de moi il pouvait parler, crier, me menacer que je m’en ficherais et pire, lui mettre une balle si il m’empêchait d’avoir ce que je veux ne représentait absolument rien pour moi. Je ne voyais qu’une seule chose, l’héroïne. J’étais en train de me concentrer pour ne pas complètement péter un câble lorsque cet abrutit pensa qu’il était bon de me secouer. Non mais qu’est-ce qu’il cherche sérieusement ! Intérieurement j’avais une envie de la tabasser qu’il puisse enfin la ferme, je ne sais pas si c’était le peu de raison que j’avais à ce moment-là qui m’empêcha de lui sauter dessus ou si mes muscles étaient tellement endoloris par l’état de manque que je n’eut pas le courage de le frapper ou de lui mettre mon arme dans la bouche.

Il finit par s’en aller et moi j’étais déjà passé à autre chose, je ne m’étais même rendu compte que personne ne m’importunait et que ce petit con avait disparu. Mon dealer revenait enfin, les quelques minutes qu’il prit pour aller chercher mon produit me semblaient interminable, je détestais cette merde pour ce qu’elle me faisait faire et l’état dans lequel elle me mettait en même temps elle m’avait conquise, j’en étais tombé amoureuse, je cherchais son réconfort et je n’étais pas seule, elle pouvait être là aussi souvent que j’en avais besoin, pas comme ma mère ou Leah ou cet abrutit de Robin qui prend un produit trop fort pour ce jeter par le balcon. Pourquoi je pense à Robin moi ? Bordel il me faut vraiment ma dose. Le mec me tend le petit sachet alors que je sors discrètement les billets de ma poche avant que nous procédions à l’échange. J’y étais, j’avais ce que je voulais en main dans quelques instants je n’aurais plus cet impression de perdre la tête. Je le remerciai vaguement d’un léger hochement de tête avant de tourner le dos et de sortir du hangar.

Je marchai rapidement, beaucoup trop rapidement pour ne pas être suspecte mais je m’en foutais à ce moment à vrai dire. Je n’avais qu’une envie c’était d’arriver à ma voiture le plus vite possible. Je savais que j’allais m’injecter ce truc et je savais aussi que je n’aurais pas la patience d’attendre d’arriver chez moi pour le faire. Heureusement la nuit était tombée depuis peu et je pourrais me prendre mon fix dans la voiture plus ou moins discrètement. Je me faisais la scène mentalement alors que j’avançai vers ma voiture qui était à peu près à 5 minutes de l’endroit, je me voyais préparer l’héroïne, cherche une veine et me l’injecter. Je ne ressentais absolument aucune culpabilité, aucuns remords par apport à la scène que j’imaginais et j’allais reproduire.  J’en venais même à me demander comment j’avais fait pour m’en passer si longtemps. Je continuai à marcher sans faire attention aux personnes autour de moi, j’en bousculais certains mais je m’en fichais complètement, ils n’avaient qu’à se pousser ! Ils ne voyaient pas que j’étais pressée !  

J’arrivai à ma voiture à bout de souffle et comme à mon habitude dans les moments critiques, je ne trouvais pas ces putains de clefs ! Je vidai mes poches sans aucune délicatesse, laissant tomber au sol mes clefs, mon briquet et une photo. Beaucoup trop pressée d’ouvrir la porte je ramassai rapidement mes clefs et mon briquet mais ne m’attardai pas sur la photo que je ne trouvais pas. Une fois la porte ouverte je m’installai sur la banquette arrière avant de saisir une petite boite que je laisse sous mon siège ou je peux trouver, une seringue propre, du coton de l’eau et de l’alcool. Il manquait cependant quelque chose … je n’avais pas de garrot, j’ai oublié de remettre le garrot à sa place. Je poussai un long soupir avant de détacher précipitamment ma ceinture pour la serrer autour de mon bras. Le produit était prêt, dans la seringue que je tenais entre mes dents  et on y était je me l’injectais lentement à l’arrière de ma voiture alors que la porte était à peine entrouverte.

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Terrence Lewis
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MessageSujet: Re: R.A.S ? |Gabrielle P. Daaris| Ven 8 Mai 2015 - 17:15

C’était certainement le moment ou jamais. Ce moment qui te pousse à passer à l’action. Tu ignores encore si c’est la meilleure solution mais il est déjà trop tard pour réfléchir. Tu sais que c’est le moment, tu sais pas comment tu le sais mais tu le sais. Un de ces mêmes moments qui me fait foncer droit devant quand je me trouve au volant. Les risques sont déjà derrière moi et pourtant, je ne connais pas encore ce qui va suivre, ni ne peux prédire la fin de l’histoire. Tout devient si secondaire en cet instant. A la vitesse d’une futile pensée, d’un songe sur lequel on ne veut pas s’attarder ... Parce que notre choix est déjà fait.

Je la vois sortir du hangar, totalement larguée, hagarde et absente. Elle ne prête même plus attention au monde qui l’entoure. Focalisée par une idée fixe. Totalement éprise. Je me rapproche et la suis discrètement, sans faire de bruit, sans qu’elle puisse ressentir ma présence, et dans l’état dans lequel elle se trouve, il y a peu de risques. Une fois que je me trouve assez près d’elle je me planque. Elle semble tellement à bout ... Parvenant à son véhicule, trouver les clés est une véritable épreuve, manquant de renverser le contenu de son sac à main au sol. Maladroitement, elle ramasse ce qu’elle peut, mais ces gestes sont imprécis et trop pressés. Son idée fixe ne la lâche pas. Elle finit par déverrouiller son véhicule et s’y engouffre à la manière d’une habitude, mais pas celle de tout le monde. Je la vois se faufiler à l’arrière. Il m’est plus difficile de la distinguer mais je sais exactement ce qu’elle fait. Pas besoin de dessin. Je lui accorde quelques minutes, je peux bien lui offrir ça. Ce qui va suivre risque de ne pas être des plus agréables. Je risque certainement de ne rien pouvoir tirer d’elle mais bien plus qu’auprès de ces larbins ou en état de manque. Ces quelques minutes, précieuses, me permettent de récupérer ce qu’il me faut dans ma Charger garée tout près pour me donner suffisamment d’appui au cas où la situation tournerait mal. Mon flingue plaqué à ma ceinture – impossible de savoir si elle n’en dissimule pas un dans sa voiture – je reviens sur mes pas.

Le compte à rebours enclenché, je marche jusqu’à sa voiture et m’engouffre à la place conducteur, la porte n’ayant, dans la précipitation, pas été refermée que je prends soin de claquer. Je me tourne vers elle, encore au cœur des effluves de l’héro’, et pose ma main sur sa jambe pour la ramener sur terre et lui faire prendre conscience de ma présence.

« Hey !!! Dites-moi comment s’appelle le type qui vous revend sa merde, jveux tout savoir sur lui et pas dans dix ans ! », M’exprimais-je à elle, fermement pour être certain de capter son attention. A grand besoin, les grands moyens. Bien qu’intérieurement je n’avais nullement envie de la malmener, ni même de lui faire subir tout ça, elle était assez connue du cartel pour n’avoir juste qu’à se présenter pour être servi. C’est qu’elle les fréquentait depuis un bout de temps. Et peut-être même qu’elle avait un nom ou un surnom qui me permettrait de mettre la main sur l’un d’entre eux. Remonter la filière ne serait pas simple mais il fallait bien partir de quelque part ... Et malheureusement pour elle, elle devenait mon point de départ. D’ici que se termine la soirée, on parviendrait peut-être à un accord tacite. Sa route avait, malencontreusement croisé la mienne, et à présent, il n’était plus question de la lâcher. Il n’était plus question pour moi de fermer les yeux. Qu’elle souhaite se pourrir la vie n’était en soi, pas mon problème, sauf qu’elle venait de le faire sur mon terrain.
Néanmoins, je restais conscient qu’il y avait bon nombre de dysfonctionnements que l’on s’efforce de corriger mais rarement dans le bon sens. Et que la rencontrer en cette nuit ne tenait pas du hasard. Elle n’était pas le cas sur un million, pas même que la hauteur de mes efforts sauront en mesure de déranger momentanément le crime qui sévit en cette ville. Mes attentes, en cette soirée, mes buts, mes objectifs, mes devoirs ... je les laissais loin derrière, ou alors loin devant. On ne changerait pas la face du monde ce soir elle et moi, mais j’espérais qu’on saurait avancer. Que je parvienne à établir le contact entre nous, serait déjà une étape de franchie. Mais avoir son entière coopération, j’en doutais très fortement. On était des étrangers l’un pour l’autre, et ma mise en scène de tout à l’heure ne jouerait certainement pas en ma faveur à son égard. Mais on le dit ... qui ne tente rien n’obtient rien.





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Gabrielle P. Daaris
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MessageSujet: Re: R.A.S ? |Gabrielle P. Daaris| Dim 14 Juin 2015 - 13:16

Au fur et à mesure que cette douce merde se rependait dans mes veines, je sentais l’extase parcourir mon corps. Putain que ça m’avait manquée, j’en étais à me demander comment j’avais pu m’en passer si longtemps. C’était comme si je n’étais pas dans ma voiture, dans ce parking près du port, non j’étais tout autre part. J’étais dans un endroit où je voulais être, j’avais la vie que je voulais avoir, je n’étais pas une putain de toxico en train de prendre sa dose, j’étais heureuse.

Voilà ce que cette cochonnerie m’apportait, une illusion de quelques secondes seulement, pour une chute et un retour à la réalité douloureux. Je savais que le cercle vicieux recommencerait, je savais ce qui allait suivre ce moment d’extase. La culpabilité, l’impression de n’être qu’une pauvre merde, l’enfermement et bien sûr j’allais recommencer à me shooter en me disant que ce n’est pas si grave, que c’est juste pour mieux me sentir.

Je connaissais la chanson et pourtant, j’étais là dans ce parking du port, à l’extérieur de ma voiture à me shooter comme une merde. Bordel … voilà déjà la chute, l’extase n’est présente que quelques secondes. La réalité me rattrape beaucoup trop vite à mon gout, le manque ne devrait pas tarder à pointer son nez dans quelques heures aussi. Putain qu’est-ce que j’allais faire, pourquoi j’ai foutu en l’air des semaines d’efforts pour une putain de dose. Je me voyais déjà zoner dans les quartiers pourris, fait chier. J’étais en proie à des émotions complètement contradictoires. D’un côté l’extase pour moi était irremplaçable, je l’aimais, je ne pouvais pas m’en passer. De l’autre, je venais de commettre une erreur, je me sentais déjà coupable, en colère contre moi-même et j’avais envie de tout envoyer valdinguer. Putain fais chier … je suis vraiment une putain de toxico.

J’accusais le contre coup du shoot, l’extase étant plus courte à chaque fois, j’étais plongé dans mes pensées et avais des réflexions complètement farfelues. A ce moment précis ma pensée défiait toute logique, on m’aurait interrogé à ce moment-là qu’on m’aurait foutu dans un hôpital psychiatrique avec le mot "irrécupérable" écrit sur la porte de ma chambre. Remarque j’aurais la paix comme ça, puis les tranquillisants ça ne doit pas être si mauvais. Je rigole toute seule à ma propre réflexion, qu’elle conne sérieux. J’étais là, à me marrer toute seule de moi-même quand un bruit qui m’a paru violent me sorti de ma petite bulle. C’est quoi ce bordel ?! Mon cerveau prit quelques instants avant de pouvoir se rendre compte de la situation. C’était la porte de ma caisse. Mais pourquoi la porte de ma caisse venait de claquer, bordel ?!

Je me posais réellement cette question, la réalité et la logique n’avaient pas encore percutées mon pauvre cerveau de toxico. Les secondes passèrent, la réalité se faisait plus prenante, plus présente et mes yeux se posèrent sur l’étranger assis juste devant moi. Non … ce n’était pas en train de m’arriver, pas maintenant. Je n’avais repris totalement mes esprits mais j’étais assez consciente pour me rendre compte que j’étais dans la merde. Paradoxalement, la conne que je suis n’a pas flippé et n’a pas essayé de faire profil bas. Non, bien sûr que non, j’avais tellement bien avancé sur le chemin de la connerie et de la stupidité ce soir que je ne pouvais m’arrêter maintenant, évidemment. Je n’avais pas peur, j’étais en rogne, salement en rogne. J’avais l’impression que le con au-dessus de nos têtes s’amusait à poser des éléments merdiques pour moi aujourd’hui.

Bien sûr que je savais qu’agir en écoutant ma colère était con, tout comme je savais que la came était mauvaise pour moi … Voyez ou ça m’a mené. Vu la question qu’il m’avait posé sur son petit ton de merdeux autoritaire, c’était soit un flic, soit un concurrent de mon dealer. Vous n’allez pas deviner ce que j’ai fait, tellement c’est con. J’ai sorti mon arme en la pointant sur la tête du blond, alors que ce type pouvait être un putain de flic ! J’articulai alors, les dents serrées montrant clairement ma colère « Qu’est que tu fous dans ma caisse blondie ?! »

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Terrence Lewis
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MessageSujet: Re: R.A.S ? |Gabrielle P. Daaris| Mar 7 Juil 2015 - 22:21

La tension était palpable entre nous. D’un côté parce qu’il me fallait lui soutirer des informations, et de l’autre parce qu’elle n’aurait certainement pas envie de me les fournir. Les conditions actuelles ne jouant nullement en notre faveur, il faudrait cependant s’en accommoder. Et agir seul entraine parfois d’agir dans l’improvisation la plus totale. J’en connaissais cependant les risques. La personne, au summum de sa vulnérabilité, prise dans un étau qui ne cesse de se renfermer sur elle, qui tente le tout pour le tout afin de s’en réchapper, et les dégâts sont déplorables. Le plan vire au drame et on perd tout contrôle sur la situation. On compte les balles perdues et à l’arrivée, on n’a rien obtenu. J’avais envisagé ce scénario. Je n’étais pas en mesure de prévoir la réaction de cette jeune femme mais j’espérais pouvoir la tempérer suffisamment pour la faire redescendre à un seuil acceptable, propice à la communication. Mais avant cela, il me fallait être certain qu’elle me soit réceptive, et dans l’état actuel dans lequel elle se trouvait, j’en doutais très fortement.

Pénétrant, sans y être invité, dans sa voiture, je la secouais un peu pour capter son attention et la faire redescendre de l’endroit où elle s’était perchée. La redescente fut lente, mais lorsqu’elle atterri, elle n’omit pas ses réflexes de survie. Je n’eus le temps de réagir qu’elle braquait déjà un flingue sur ma tête. Je pouvais lire sa colère dans son regard, et la frustration toujours plus croissante, d’une retombée qui survient toujours trop vite. Je mis mes mains bien en évidence pour lui faire comprendre que je n’étais nullement là pour la braquer ou lui faire payer de m’avoir doublé à l’entrepôt.

« Calmez-vous, je ne suis pas là pour vous nuire, je suis de la police » », lui répondis-je, baissant le ton pour qu’elle puisse déceler mes intentions. « Maintenant, je vais lentement glisser ma main dans la poche de ma veste pour que vous puissiez voir mon insigne, OK ? », lui expliquais-je, sans attendre son approbation en effectuant le geste très lentement. Le but n’étant pas qu’elle pense que je cherche à mon tour à dégainer pour y voler l’avantage. Lui faire savoir qu’elle maitrise la situation serait bon pour moi par la suite. Je lui donnais les rennes sans pour autant baisser la garde. Rien ne pouvait me promettre qu’elle ne chercherait pas par tous les moyens à se tirer d’ici. Pour ça, je ne pouvais que miser sur ma chance. Prendre des risques fait aussi parti du métier. Elle n’avait aucune raison de me faire confiance, pas même de croire en la police de la ville, alors que je ne représentais, peut-être à ses yeux, qu’un ripou de plus placé du bon côté. Lorsque je fus sûr qu’elle en avait pris connaissance, je remis mon insigne à sa place avec toute la précaution du monde. Mais pas une fois je n’ai dévié mon regard du sien. Veillant bien à ne faire aucun geste qui saurait la crisper, je reprends, d’une voix toujours aussi calme et ferme :

« Baissez votre arme, je souhaite seulement vous poser quelques questions », lui dis-je tachant de la convaincre quant à la suite des évènements. Toutes les combines de flics commencent ainsi. On souhaite au départ obtenir des réponses à certaines questions, sans qu’il soit question d’une enquête en cours, ou d’avocats. Il ne s’agit pas de la suspecter de quoi que ce soit. Et ensuite, se resserre l’étau qui n’offre qu’une porte de sortie possible. Mais, dans notre cas, la procédure était tout autre. Je n’allais pas lui réciter ses droits, pas plus que je vais l’arrêter ou la conduire en salle d’interrogatoire si elle refuse de me répondre, non. Bien que je pourrais le lui faire croire. Ce serait conduire l’affaire beaucoup trop loin en besognes et la prétendre complice ou du moins, en lien direct avec le cartel, n’est nullement ce que je veux. N’est ici que la méthode d’un flic solitaire et marginal qui fait de son mieux pour rééquilibrer le système quand bien même il se doit d’agir contre lui.

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Gabrielle P. Daaris
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MessageSujet: Re: R.A.S ? |Gabrielle P. Daaris| Jeu 9 Juil 2015 - 21:51

Mon arme était posée sur sa tempe, c’était con, très con même puisque je ne savais rien de ce type mais c’était la seule réaction que ma colère me dictait et à cet instant précis je ne pouvais écouter rien d’autre que ma colère. Il faut dire que j’avais connu plus doux comme descente et que le fait d’être secouer juste après avoir eu un flash d’extase ne me mettait spécialement de bonne humeur. Mieux, le fait d’être descendu de mon flash d’extase tout court, ne me mettait pas de bonne humeur.

Je savais combien le contact froid d’un canon pouvait être déconcertant, la salle impression que la personne qui tient l’arme à le doigt un peu trop lourd, ou les nerfs un peu trop à vifs. Je m’étais retrouver de nombreuses fois à sa place … beaucoup trop de fois pour être honnête, non pas que je sois particulièrement imprudente mais mes fréquentations sont du genre à avoir des rituels étranges. Il m’affirmait qu’il était flic … flic, vraiment ?! A cet instant précis je ne savais pas si j’étais rassurée que ce ne soit pas un abruti qui veuille faire le malin avec moi ou si j’étais dépitée d’avoir braqué mon arme sur un flic. Il y a un code chez les criminels, jamais sur un flic du moins pas à visage découvert, les flics c’est emmerdant quand ça disparait on les cherche.

J’étais toujours en rogne mais à mon tour j’étais déstabilisée, je ne pouvais clairement pas séquestrer un flic ou encore le blesser ou l’abattre, c’est trop risqué et j’aime trop le fric pour finir en prison maintenant. D’un autre côté, je n’avais aucune preuve de ce qu’il avançait et il tentait de me rouler pour je ne sais quelle raison et là … même si je n’aime pas ça je devais m’en débarrasser. Je m’apprêtais à lui dire que moi aussi je pouvais raconter ce genre de conneries quand il m’expliqua qu’il allait me montrer son insigne. Je suivi sa main du regard en exerçant une pression supplémentaire sur son crâne, histoire de lui rappeler que si jamais il comptait sortir une arme, la mienne était plus proche de sa tête.

Une fois sorti, j’observai l’insigne avec beaucoup d’attention avant de relâcher la pression et de décaler légèrement mon arme. « Ok » Je fis un léger mouvement, désignant l’insigne du bout de mon arme avant d'ajouter « On va dire que c’est vrai, qu’est-ce que tu me veux ? ». Tout mon être me disait de me tirer d’ici, ça puait trop, si j’écoutais mon instinct j’aurais opté pour deux options. Le dégager à coups de crosse et me barrer ou m’en aller rapidement à pied en ouvrant la porte arrière. Évidemment, je n’ai opté pour aucune de ces deux options, pourquoi ? Parce que premièrement même s’il m’embarquait je ne risquais pas grand-chose, je consomme et ne vend pas, sauf s’il s’applique à faire croire le contraire, là je serais dans le merde. Ensuite, j’étais quand même sacrément curieuse de savoir ce qu’il voulait et pourquoi il était  tout seul.

« Qu’est-ce que tu veux ? Tu vas me coffrer ? » En gardant mon arme et mes yeux vers lui, je farfouillais de l’autre main dans la boite à gant en me penchant légèrement pour y saisir un paquet de clope avant d’en porter une à mes lèvres et de l’allumer. « Sois mignon blondie et laisse-moi finir ma clope avant, mais autant te le dire dès maintenant, j’vends pas. » Il disait vouloir me poser des questions, je vois, il cherchait une balance et dans mon milieu balance égale trou dans le désert, autant dire que ça me tente pas. Je tirai sur ma clope avant de baisser mon arme et de lui tendre le paquet de clope, le fixant toujours.
Autant être sympathique avant de finir dans un trou pour avoir été vu en compagnie d’un flic ou encore au fond d’une cellule avec toute celles à qui j’ai certainement cassé la gueule ou arnaquée dans le passé. « Pourquoi t’es tout seul ? T’as un micro » En marmonnant ses quelques mots, clope aux lèvres je désignai ses vêtements du bout de mon arme.

« Qu’est-ce que tu veux savoir ? Moi j’sais rien, j’entends rien » J’expirai lentement la fumée avant de tourner ma tête vers lui « J’crois que t’en as vu assez à l’intérieur, tu peux me coffrer pour deux jours pour possession de drogues, alors pourquoi t’es là à me causer dans ma caisse plutôt qu’au poste ? ». S’il était là et s’il avait procédé de la sorte, c’est qu’il ne me suivait pas et qu’il ne savait pas grand-chose sur moi. Je suppose que si son histoire de flic était vraie, ses supérieurs ne savaient pas qu’il se trouvait ici.

Il y a deux types de flics qui réagissent comme ça, les idéalistes qui veulent combattre le crime par tous les moyens … des fanatiques quoi, ou ceux qui font de certaines histoires une histoire personnelle et d’habitude ce genre de type est capable d’aller très loin. Si je voulais lui répondre ? Nan certainement pas, mais par contre je voulais en savoir plus sur lui, ça sert toujours.

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Terrence Lewis
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MessageSujet: Re: R.A.S ? |Gabrielle P. Daaris| Jeu 16 Juil 2015 - 14:49

Il y avait quelque chose de grisant chez cette femme. J’ignorais son existence jusqu’à cette nuit, mais depuis que ma route avait croisé la sienne, je ne parvenais plus à en changer la trajectoire. Elle semblait irradier tel un champ magnétique alors que tout ce qu’elle pourrait souhaiter le plus au monde, serait qu’on lui fiche la paix. Cruel destin.
Je me retins de pousser un soupir de soulagement lorsqu’elle dégagea son arme de ma tête. Certes, bien que je puisse avoir un bon feeling la concernant, on ne peut jamais être sûr que celui qui vous tient en joue ne tirera pas. Surtout qu’elle ne m’aurait pas raté, et qu’une telle idée a certainement dû faire son petit chemin dans son esprit ; il n’y aurait rien eu de plus facile. Elle semble me croire et fait signe d’obtempérer. J’inspire profondément bien qu’elle reste sur ses gardes mais elle éloigne suffisamment son flingue de moi pour que je parvienne à me détendre. Il me faudrait la jouer fine si je souhaite qu’elle coopère avec moi étant donné la forte réticence dont elle fait preuve. Néanmoins, je sens qu’elle a mordu à l’hameçon. A la façon dont elle me canarde de questions, il est évident qu’elle souhaite savoir de quoi il en retourne et le pourquoi je m’intéresse autant à elle. L’idée même de foutre le camp d’ici venait de lui passer. On avançait. Je ne disais pas qu’il ne pourrait pas lui reprendre à mesure qu’on avancerait mais c’était un bon départ malgré tout. Avec certains, franchir le seul cap d’amorcer une discussion reste impossible. On n’a pas le temps d’avancer nos arguments qu’il sait déjà fait la malle. Je savais bien qu’il ne me fallait pas la considérer différente pour la simple et bonne raison que cela pourrait jouer contre ma vigilance, mais un tel fait était indéniable. Elle n’avait rien à voir avec les raclures avec lesquelles elle traine.

« Je ne suis pas là pour vous arrêter, seulement je pense que l’on peut mutuellement se rendre service », lui répondis-je sans rien ajouter. Sans plus de réaction de sa part, je la vis chercher dans sa boite à gants pour en retirer quelque chose. De toute façon, elle tenait le flingue, elle ne pouvait rien me sortir de plus dissuasif. Elle se saisit d’un paquet de clope qu’elle porta à ses lèvres pour en extirper une et l’allumer. J’approuve ses paroles d’un signe de la tête. Je pouvais bien lui accorder quelques minutes pour en griller une. Il n’était nullement question de jouer au méchant et au gentil flic. Elle finit par me tendre son paquet que je décline d’un geste de la main. La cigarette semble agir sur elle comme un calmant. Mais le ton de sa voix restait sec et suspicieux et lorsqu’elle reprit la parole, elle souhaitait s’assurer de n’être tombé dans aucun traquenard.

« Je ne porte aucun micro mais il va falloir me croire sur parole. Personne ne vous attend dehors quoi que vous disiez, sachez-le », lui répondis-je clairement, tâchant de la convaincre de mes bonnes intentions à son égard. Je me doutais que pour elle, la différence serait mince et qu’elle ne me ferait pas plus confiance qu’à un autre, mais il était important qu’elle ne contre pas mes dires.
Alors qu’elle semblait enfin encline à m’écouter, laissant la fumée envahir ses poumons avant de l’expulser à l’extérieur de son corps, je n’aurais pas de meilleure opportunité pour lui vendre ce que j’avais à lui vendre en cette nuit.

« Ça fait longtemps que vous êtes dans le circuit, à la façon dont vous vous êtes présentée tout à l’heure et êtes passée devant tout le monde, c’est qu’on vous connait et que vous brillez pour votre régularité, je me trompe ? », lui dis-je, sur un ton des plus neutres. Il me fallait la conduire sur le même cheminement que le mien pour être certain qu’elle me suive jusqu’au bout.

« Et si donc vous êtes connu, c’est que vous les connaissez aussi si je ne m’abuse, et donc que vous avez du certainement entendre des noms, ou alors des surnoms qui pourraient me mettre sur la piste et me donner un point de départ », lui dis-je continuant de lui exposer ma théorie.

« Je vous en prie, n’allez pas me dire que vous n’avez jamais entendu un seul nom depuis que vous traitez avec eux, juste même pour vous en servir d’assurance ou pour savoir avec qui vous traitez. Vous êtes loin d’être idiote, et vous n’êtes certainement pas du genre à vous frotter à n’importe qui », achevais-je pour lui laisser le temps de cogiter sur ce qu’elle allait me répondre et me préparer à ce qu’elle allait me demander par la suite. Uniquement des noms ne suffiraient pas. Il me faudrait savoir où ils s’alimentent, si elle a entendu parler de certaines livraisons, ou s’il lui arrive de se servir ailleurs qu’ici, dans le port. Peut-être même qu’elle connait des personnes, qui comme elles, ont leurs habitudes ici. Des gens à qui elle aurait parlé, avec qui même elle pourrait trainer pour se dépanner les soirs d’urgence. Mais lui soutirer autant d’informations ne seraient pas une mince affaire et surtout, ne serait pas le boulot d’une seule nuit. Mais il ne me fallait pas aller trop vite. Tout comme je ne pourrais garantir qu’elle souhaite participer à un tel projet au-delà même de nos arrangements.

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Gabrielle P. Daaris
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MessageSujet: Re: R.A.S ? |Gabrielle P. Daaris| Ven 2 Oct 2015 - 21:56

J’avais encore du mal à  réaliser la situation dans laquelle j’étais. Mes étoiles devaient être franchement mal foutues à ma naissance parce que coté situation merdique … putain j’étais bien servi.  J’avais cette salle impression, le genre d’impression que les paranos exerçant un métier dans mon genre ressentait, le genre d’impression qui fait le panneau « barre toi » scintiller comme les décos de noël dans ta tête. Pourtant je restais toujours dans cette putain de caisse et pire j’écoutais le discours de mon interlocuteur, le flic envahisseur. Il semblait penser qu’on pouvait s’entraider, je ne pus m’empêchai  de rire doucement manquant, par ailleurs, de m’étouffer avec la fumée de la clope, l’action provoquant une quinte de toux. Soit blondie avait pété un câble, soit il pensait que la camée que je suis, n’avait tellement rien à perdre qu’elle prendrait le risque de balancer pour finir dans un trou … ou pire … être sniper par tous les vendeurs de cames San Diego.  

« T’es marrant blondie, vraiment, je pense que si tu te décoinçais un peu on pourrait devenir de bons potes de défonce » Je souris légèrement, un sourire à la fois amusé et insolent. Insolent parce que je me foutais clairement de sa gueule, je savais bien que ce n’était pas très malin de sous foutre de la gueule d’un flic, qui plus est t’as vu entrain de te camer,  mais c’était plus fort que moi, puis si ça se trouve j’allais me retrouver au fond d’une cage ou dans le désert en compagnie des fourmis donc je pouvais bien me marrer un peu.

C’est qu’il n’était tout à fait perché blondie et qu’il était plutôt bon observateur puisque monsieur avait remarqué que quand je me ramenais je n’avais pas à passer commande ni à montrer le sacrosaint dollar. Je souris en coin, je suis une habituée de ce genre de plan, les dealers me connaissent pour être une consommatrice exigeante, régulière et très bonne payeuse. Des dettes ? C’est simple je n’en ai pas. Contracter une dette prêt d’un dealer, pas mon genre, c’est le genre de plan à te faire tabasser ou encore à te faire épingler comme mauvais payeur et je pourrais trouver de la came nulle part. Je tirai fortement sur la clope à nouveau, la finissant presque, avant d’envahir l’habitacle de fumée. Je me détendais un peu plus en m’appuyant sur le siège de devant et de regarder le blond.

« Plus sérieusement blondie, je te l’ai dit … je ne vois rien et je n’entends rien ». J’appuyais mes propos par quelques gestes qui n’avaient rien de rassurant si on prenait en compte que j’avais encore mon arme en main.   Je poussai un long soupire, j’espérais franchement qu’il allait capter qu’il était hors de question que je balance, de toutes les façons je n’allais pas parler. En même temps vu la connerie que je venais de faire il n’aurait qu’à m’enfermer quelque part sans came pendant 2 jours et quand les crises de manques pointeront leur nez, je lui raconterais tout ce qu’il voudrait.

Blondie était du genre bavard et perspicace avec ça, il me posait tout un tas de questions et faisait tout un tas de suggestions mais je ne savais pas grand-chose sur lui. Je me rapprochai de lui me mettant juste derrière le siège sur lequel était assis. Mes mains passaient le long de son torse alors que j’avais toujours l’arme entre les mains, celle-ci étant fermement tenue. Mes mains descendaient sur son torse alors que mes lèvres venaient frôler son oreille

« Ça ne se fait pas de rentrer dans l’espace intime d’une femme sans se présenter blondie ». Ouais, parce que ma caisse c’était mon espace intime, l’endroit où je me camais c’était mon espace intime. Je restais à son oreille en continuant à lui murmurer « On va jouer à un jeu, je te pose une question, tu réponds sincèrement. On fait connaissance et ensuite je décide de ce que je te raconte ou pas ». Je m’éloignai de lui pour m’appuyer à nouveau sur le siège d’à côté et j’enchainai sans vraiment attendre sa réponse et lui sourire légèrement

« Pourquoi tu fais tout ça ? Tu as perdu quelqu’un par apport à la came ? Ou tu es juste un de ses fanatiques de flics qui prennent leur métier pour une priorité et qui se prennent pour superman ? ». J’étais indiscrète mais c’était le but, je voulais le connaitre, connaitre ses convictions, ses faiblesses et je pourrais mieux cerner à qui j’avais affaire et comment j’allais pouvoir le manipuler et me servir de lui. Au pire s’il perdait patience et décidait de me coffrer, je saurais aussi à qui j’aurais à faire.

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Terrence Lewis
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MessageSujet: Re: R.A.S ? |Gabrielle P. Daaris| Ven 23 Oct 2015 - 15:48

A notre stade, il n’y avait ni confiance de sa part ni de la mienne et cela même si je parviens à la convaincre de mes bonnes intentions. Certainement parce que le contexte ne joue pas en notre faveur. Mais je doute que toute autre situation nous soit plus favorable. Peut-être se demande-t-elle ce qu’elle peut attendre de moi, et peut-être que cela pourrait jouer en ma faveur. Ou alors se prête-elle au jeu uniquement pour à l’arrivée, me faire savoir qu’elle ne marche pas. Une éventualité qui se profilait entre nous, autant dans ses manières de me répondre que de se tenir. Elle sait qu’elle prend le risque de finir au trou, mais en ressortira bien vite pour encore s’en inquiéter. Une case par laquelle beaucoup de camés comme elle passent, l’étape obligatoire, le forfait quotidien. Et j’ignore d’où monte cet élan soudain de solidarité. Peut-être n’est que la survie qui les anime tous, la seule chose à quoi ils se raccrochent, tout ce qui leur reste en ce bas monde. Pas de perspectives d’avenir, pas plus que de rêves lointains. Seulement l’instant présent et l’immédiate satisfaction qui nous donne brièvement l’impression de ne pas être là pour rien. Alors que plane, continuellement, la sensation diffuse que tout peut prendre fin la seconde d’après, le taz suivant. Est-ce cela qui est excitant ? A parier sa vie en permanence, à la suspendre au-dessus du vide pour savoir si elle y tiendra. Si on tiendra.

Ses petites remarques cinglantes ne suffisent pas à me dérider, et, comme je m’y attendais, elle finit par me dire qu’évidemment elle me voit rien et ne sait rien. Sans nul doute, le discours qu’elle a dû répéter un millier de fois pour s’éviter toute emmerde. Et peut-être même en a-t-elle fini par s’en convaincre. Refuser de laisser traîner ses yeux où il ne faudrait pas, et ne pas être trop curieuse, ou trop intéressée. Une nouvelle fois, une attitude de survie pure. Mais quand bien même elle ne cherche à n’être mêlée à rien ni à personne, je refusais de croire qu’elle ne prenne pas un minimum de garantie, juste pour s’éviter un coup de couteau dans le dos. Elle n’était pas née de la dernière pluie, pas plus que cette dose n’était sa première. Elle pouvait avoir des traits angéliques, ça n’en faisait pas d’elle une sainte non plus.

« Essaye donc de me faire croire que tu serais le petit chaperon rouge que le loup n’aurait pas eu », lui répondis-je, abandonnant le vouvoiement, ne mordant pas à son discours pourtant bien rodé. Puisqu’elle voulait jouer à ce petit jeu … C’est alors qu’elle s’avance, se plaçant juste derrière moi, pour glisser ses mains le long de mon torse, et certainement s’assurer qu’en effet, je ne porte pas de micros. Mais le seul fait qu’elle le fasse avec son arme à la main, comme dans un besoin d’inverser les rôles, me plait moins. Instaurer un climat plus propice m’enquit toujours, le faire en la laissant tenir les rênes, beaucoup moins. Je saisis chacun des mots qu’elle me glisse à l’oreille, un demi-sourire sur les lèvres, prétextant à une infraction de ma part alors qu’elle détient tous les torts et chaque seconde qui passe alourdie son ardoise. Le deal qu’elle me propose pourrait être honnête s’il avantageait chacun des partis, or, rien ne peut me garantir qu’elle parlera dès le jeu terminé et dès qu’elle aura eu les réponses qu’elle attendait. Je tourne le regard vers elle, faisant mine de capituler, jusqu’à ce qu’elle se recule et reprenne ses distances. Sans attendre ma réponse, elle enchaîne, semblant s’intéresser grandement à mon cas qui saurait attester de ma présence ici dans son espace intime.

« Ça fait plus d’une question là … », lui dis-je sans lui répondre, faussement satisfait.
« Et je trouve ton marché loin d’être équitable. Commences par ranger cette arme et je suis certain qu’on devrait parvenir à s’entendre à merveille, tu ne crois pas ? » Lui suggérais-je, annulant l’agent de pression entre nous, qui saurait nous permettre de retrouver une relation plus sereine, autant de mon côté que du sien. Qu’elle souhaite mener la danse ne me gênait pas du moment que l’on parvenait à quelque chose. Je n’avais pas envie agir par la force avec elle, conséquence qui nous mènerait dans l’impasse et aurait des circonstances désastreuses. J’étais prêt à lui fournir les réponses qu’elle attendait, dans la limite de l’enquête que je menais, si elle était partante pour en faire autant. Les torts étaient partagés en cette soirée, j’étais rentré dans sa voiture sans y avoir été invité et elle menaçait un flic de son arme … Personne ne pouvait prétendre d’une attitude convenable. De cette façon, cela nous plaçait sur le même pied d’égalité.

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Gabrielle P. Daaris
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MessageSujet: Re: R.A.S ? |Gabrielle P. Daaris| Dim 25 Oct 2015 - 15:46

Je n’étais pas le genre de personne qui se vantait d’être sincère, du moins pas avec les autre. Me concernant ? Oh je savais exactement qui j’étais et je ne le niais pas, loin de moi l’idée ou l’envie de me faire passer pour quelqu’un d’autre. En fait, j’étais capable de faire ce que de nombreuses personnes n’arrivaient pas à faire … me regarder dans une glace sans me mentir. Je connaissais mes vices, mes travers et je les assumais jusqu’à me mettre en danger. Dans ma voiture, avec Blondie, je ne mentais pas, je n’essayais pas de lui faire croire que j’étais quelqu’un d’autre, je ne tentais pas de lui faire croire j’avais juste dérapée, juste aujourd’hui pour la première fois.
Déjà il ne me croirait pas et ça me ferait gaspiller ma salive pour rien, ensuite, je trouvais l’image de la jeune paumée qui ne savait pas ce qu’elle faisait dégradante. C’était con mais je trouvais l’image de la pauvre petite innocente pathétique, beaucoup plus pathétique que la camée qui se complait dans sa dépendance en toute connaissance de causes.

Je savais ce que c’était d’être suspendu dans le vide pendant quelques secondes, de ressentir l’extase pendant un temps qui me paraissait toujours trop court et je savais ce que c’était de m’écraser quand celle-ci se terminait,  je ne comptais pas le nier. Je connaissais cet univers et je le connaissais assez bien pour ne pas ignorer les codes qui le régissent, vous savez, ces règles que personnes n’écrit, personne ne dit mais que tout le monde connais et que personne n’ose ignorer. Sauf Blondie … je veux bien croire qu’il n’en avait rien à foutre qu’on m’explose le crane sur un trottoir mais moi, cette perspective me plaisait moyennement.

Tout comme le fait que je me foute de sa gueule semblait lui plaire moyennement. Je poussai un léger soupire, il n’était vraiment pas marrant blondie et je n’arriverais certainement pas à détendre l’atmosphère et encore moins faire en sorte qu’il baisse sa garde et ses réponses à mes questions semblaient me le prouver.

Enfin ses réponses, c’est beaucoup dire puisqu’il n’avait pas plus envie de parler de lui que moi j’avais envie de le supporter en ce moment. Il ne trouvait pas le marché équitable … évidemment que le marché n’était pas équitable, est ce que s’est marqué sainte vierge sur mon front ? Je n’étais pas stupide à ce point, au point de lui garantir une réponse et même si réponses il y avait je pourrais toujours mentir. Comme je disais je suis sincère avec moi-même, je ne me suis jamais vantée de l’être avec les autres.
Il me demandait de poser mon arme, c’était demandé si poliment que je n’allais pas le lui refuser … si ?

Je lui souris largement « Moi qui croyait que nous nous entendions à merveille, je suis déçue de voir que je me trompais » Je haussai doucement les épaules avant d’ajouter « si tu as besoin de régler ce genre de détail pour être tout à fait à l’aise … je veux que tu poses aussi ton arme ». Je lâchai ma clope dans un cendrier improvisé, autrement dit une canette de bière avant de m’en allumer une autre et de tirer fortement dessus. « Aller blondie, je sais que tu en as une … pas que je ne te fasse pas confiance mais, je connais pas mal de flics à San Diego qui me descendraient comme on écrase un moustique ». Les ripoux ici ? Il y en a beaucoup trop. Je méprise ce genre de personne, des hypocrites, ils se tiennent du bon côté de la ligne et en profite pour faire le ménage pour le compte du cartel … hypocrites et lâches.

Je connaissais assez le milieu du crime et de la came pour savoir qu’il y avait des pourris et des infiltrés partout, encore faut-il pouvoir les démasquer, ce qui arrive bien souvent trop tard. Je venais certainement de lui donner un indice sur moi, il savait que je connaissais le milieu mais aussi comment il fonctionnait. Je restais appuyé sur le siège le regard tourné vers lui, ma prise sur l’arme était moins assurée, j’étais prête à faire un pas vers lui, si lui en faisait un vers moi.

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Terrence Lewis
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MessageSujet: Re: R.A.S ? |Gabrielle P. Daaris| Ven 6 Nov 2015 - 22:04

Tester les limites et les résistances de l’autre demeure une étape des plus importantes. De celles dont il ne faut manquer le plus petit détail qui pourrait tout représenter par la suite. Une attitude, un mot pour un autre, la façon de défendre son point de vue, et surtout les réactions que l’on provoque sur l’autre. Autant de minuscules détails qui constituent les pièces maîtresse d’un tableau bien plus grand. Et si l’on peut considérer les drogués comme une multiplication d’êtres semblables les uns aux autres, je ne partageais pas ce point de vue. Certes, c’est quotidiennement que nous reproduisons des actions semblables à beaucoup d’autres, des réactions que l’on peut avoir qui ne font pas la différence et participent à nous fondre dans la masse. Néanmoins, je ne pensais pas qu’elle puisse être de ceux-là. Dont la parole ne vaut rien, pas plus que l’existence. Qui peut être en mesure de la juger quand on ne sait rien d’elle, rien de son parcours ni de la manière dont elle s’est retrouvée là. Est-ce réellement plus dégradant qu’un alcoolique qui se saoule à n’en plus pouvoir dans l’unique but d’alléger sa conscience et qui est prêt à tout quand il perd le contrôle ? Quand bien même je ne l’exemptais pas, je préférais chercher des réponses plutôt que m’en tenir à des discours tout faits, dénués de sens, qui arrangeraient le premier à qui l’on poserait la question. Mais je n’étais pas de ceux-là. Notre entrevue avait beau être des plus chaotiques, je nourrissais l’espoir que l’on parvienne à quelque chose, qu’importe par quoi il nous fallait passer.

Lorsque j’aperçus son sourire, je me pris à croire qu’on avançait et qu’elle était fin prête à coopérer, mais mon enthousiasme retomba aussitôt était-il survenu lorsqu’elle me fit savoir que finalement, elle s’était trompée sur mon compte. Néanmoins, elle n’était pas contre ma proposition si j’en fais autant. Elle reprit une clope de son paquet, venant à peine de finir la précédente. Je la regarde profondément, alors qu’elle me fit part de la vision, peu flatteuse, qu’elle détient sur la police de cette ville, et je ne pus que l’approuver. Beaucoup trop de flics profitaient du système pour s’enrichir ou bénéficier de privilèges qu’ils ne devraient acquérir, en faisant usage de la force quitte à supprimer quelques personnes au passage. J’aimais à penser qu’ils ne sont qu’une minorité, mais il suffit de peu pour gangréner tout l’ensemble et polluer ses ramifications. Et je n’en étais que plus révolté. Je secoue la tête de gauche à droite face à cette persistance, mais finis par relever le regard sur elle, prêt à jouer cartes sur table.

« Je ne suis pas de ces flics-là, et je n’ai pas besoin d’arme pour légitimer mes actes», lui fis-je savoir pour la convaincre de mes bonnes intentions. Et en cela, lui faire comprendre que mon attitude de cow-boy n’a rien à voir avec un quelconque besoin de lui faire sentir qu’elle n’est rien et que je l’écrase quand je veux. Lentement, je passe la main dans mon dos, surélevant mon t-shirt pour en tirer mon arme de service. « Mais ça ne veut pas dire que je suis prêt à me jeter dans la gueule du loup sans précaution, tu dois comprendre ça non ? », l’interrogeais-je, sans la quitter des yeux afin de prévenir tout mouvement de sa part. Je dépose mon arme juste à mes côtés, au cas où elle chercherait à revoir les règles du jeu sans m’en informer au préalable. Néanmoins, j’espérais que le fait de ne pas avoir débarqué dans sa voiture en braquant un flingue sur sa tempe jouerait en ma faveur dans sa considération alors que j’aurais tout aussi pu au vu des méthodes qu’elle a vu s’employer à son égard, peut-être même par des types que je croise quotidiennement au central.

« Alors dis-moi, son petit nom à lui c’est quoi ? », lui demandais-je, tentant d’arrondir à nouveau les angles entre nous et d’assouplir le climat jusqu’à maintenant plus que tendu. Si je ne pouvais m’attendre à faire changer sa vision sur la SDPD, j’espérais toutefois qu’elle ne me place pas dans la même case. Mais en soi, tout cela devait lui importer peu. J’étais comme tous les autres, un mauvais moment à passer. Foncièrement opposés dans les principes les plus rigides, mais, peut-être, à même de s’apporter autre chose qu’un rappel à l’ordre sans crédit et une frustrante mésestime.

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R.A.S ? |Gabrielle P. Daaris|

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