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Special night [Micky]

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Isabella Nicolosi
Smooth Criminal
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MessageSujet: Special night [Micky] Mar 16 Sep 2014 - 0:17

Lorsque Jeremy parla de l'entretien de la voiture, elle jeta un discret coup d'œil aux alentours ainsi qu'à son chauffeur. A croire que c'était la première fois qu'elle voyait ce genre de "détails" pourtant, à réfléchir, cela avait toujours était ainsi chez elle.

C'était un chauffeur qui la conduisait où elle souhaitait dans une impeccable voiture. C'était une domestique qui venait une fois par semaine nettoyer de fond en comble sa chambre, Isabella ne faisait que prendre la poussière jusqu'à ce qu'elle revienne. C'était même sa mère, ou encore une domestique, qui se chargeait de la cuisine. A nouveau, elle se rendait compte à quel point ses parents l'avaient enfermé dans une bulle protectrice et des plus confortables, et à quel point la vie avait été simple autrefois. Maintenant, même si ce quotidien continuait, elle ne le suivait plus. Elle était ailleurs, comme nul part.

- Eh bien ne penses pas et profites-en, se contenta-t-elle de dire en lui souriant.

Peut-être que la prochaine fois, elle devrait fréquenter les gens de "son milieu", soit les mafieux soit les petits gosses de riche. Aucun ne sera dépaysé avec une voiture bien tenue et un chauffeur qui semble plus tenir du militaire que du simple conducteur. Ce dernier profita que Jeremy soit au téléphone pour lancer un regard désapprobateur de son rétroviseur à la brune. Pour toute réponse, elle l'ignora et porta toute son attention sur le paysage qui défilait. Par ce geste anodin, elle lui indiquait qu'il n'avait pas son mot à dire et qu'il n'avait qu'à obéir et à réparer les pots cassés s'il y avait un pot cassé.

Jeremy l'interrompit à nouveau avec ses réflexions sur la voiture et sur le chauffeur qui témoignaient clairement d'un certain niveau de vie.

"Bon sang, il en fait une fixette ..." se disait-elle. Isabella ne pouvait pas comprendre l'étonnement de Jeremy. D'une, elle avait vécu dans ce luxe et avait même un entourage des plus aisés, autant dire que c'était une "norme" chez elle. De deux, elle ne connaissait guère Jeremy et donc actuellement, elle ne pouvait pas vraiment comprendre sa surprise ou les éventuels sous-entendus de questions posées.

- Si tu le vis bien.

Elle se figea un court instant. Finalement elle se reprit et lui offrit un sourire, un faux, le genre qu'elle offre en toute courtoisie au premier venu. Elle savait qu'il verrait que c'est un sourire forcé mais elle espérait qu'il aurait la décence de ne pas creuser trop loin. En effet, si elle le vivait bien à une époque, la "situation professionnelle" de ses parents l'avait presque conduit à la mort. Cette même situation l'avait obligé à commettre à meurtre. Définitivement, elle ne le vivait pas bien.

Cependant, pour rendre un tantinet "authentique" ses prochaines paroles, elle se permit de répondre dans l'optique matérielle, c'est-à-dire qu'elle vivait bien ce confort et ce luxe.

- Plutôt bien. Je profite de mes différents trajets pour finaliser de petites choses comme un travail à rendre, mon maquillage, ma coiffure ou discuter ou encore me relaxer avant une dure journée ou avant une "dure" épreuve. Pour moi, c'est ... naturel tout ça. Mon père est à la tête d'une entreprise de conserve, et ma mère est avocate ... alors nous sommes aisés. Et on en profite, dit-elle sans honte.

Beaucoup pouvait être gêné de dévoiler ainsi une situation mais pas en Amérique. Dans ce pays, c'était presque une "fierté" de montrer à tous sa richesse, preuve de son parcours et de son accomplissement. Enfin, garder secret la situation de ses parents ne serait que très suspect : on ne vivait pas une telle vie en restant "discret" ou "citoyen lambda".

- Nous sommes arrivés, se contenta de dire le chauffeur.

Il finit par quitter la voiture, ouvrir la porte de la demoiselle puis celle du monsieur. Ce dernier eut droit à un véritable "scanner" de la part du chauffeur. En effet, en quelque seconde, il avait détaillé de haut en bas le brun et ne s'était contenté ... de ne rien exprimer. Il finit par se planter comme un piquet près de la voiture. Il allait donc attendre le retour de sa demoiselle.

- Le zoo ? demanda Isabella à Jeremy, brisant ainsi l'éventuel malaise installé. C'est donc ici le lieu si spécial ... Original dit-elle, continuant sa route vers l'entrée.

Aussitôt, un type apparut et leur ouvrit la porte. Isa passa avec un sourire charmant et le remerciant gentiment.

- Et c'est chouette d'avoir des potes qui vous font rentrer où l'on veut, quand on veut. Alors ... est-ce la fin du voyage ou y a-t-il une suite ?

_________________


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Micky Meyers
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DATE D'INSCRIPTION : 12/02/2014
AGE : 25
MessageSujet: Re: Special night [Micky] Dim 14 Fév 2016 - 2:25

7 ways to the wolves



Spoiler:
 

Le chauffeur m'avait ouvert la porte en dernier, c'était l'obéissance à la maîtresse de maison qui prévalait, mais pas que. Il y avait sans aucun doute possible également un soupçon de désapprobation, mais bonne nouvelle pour moi, Isa ne s'en souciait guère. Cela étant, j'espérais vraiment que le majordome garde la voiture bien sagement. Fort heureusement, Kaz, diminutif de Kazimir (on ne choisit pas son prénom) venait systématiquement à ma rencontre en cas de visite impromptue de ma part. Cela lui permettait de couvrir les champs des caméras de télé-surveillage à l'entrée, et de profiter d'une nuit en toute tranquillité. Il savait très bien où j'étais, et vers 5h du matin, il venait. Parfois j'étais encore là, parfois non. Si oui, on parlait brièvement, puis il me faisait sortir par la porte du service médical, à l'autre bout du zoo, car il n'était pas possible de passer à travers les caméras dans le sens de la sortie. Cela faisait toujours un peu de chemin pour retourner à la voiture, mais je n'étais pas homme à causer des problèmes à des amis qui, pour ainsi dire, m'ouvraient leur porte à bras ouverts.

Isa était visiblement bien plus en confiance maintenant qu'avant de monter en voiture, puisqu'elle s'était élancée la première vers le gardien, en le saluant. Il lui ouvrit la porte des passages réservés, et je le rejoignis. Je n'avais pas fais le moindre mouvement pour voir si le garde du corps nous suivait, du moins en apparence, mais à la réflexion du portable que j'avais rangé dans ma poche, j'avais vu qu'il semblait ne pas s'éloigner de plus d'un pas de la voiture. Tant mieux.

Hey, comment va l'ami ?

Ca va bien, et toi ? J'espère que ton dos va mieux, je ne me pense pas capable d'escalader les clôtures si tu pars en congé maladie.

Ah! T'as de la veine, ça se remet doucement. Mon boss est cool, j'ai un fauteuil de pacha pour somnoler entre deux rondes.

Je souriais à son plaisir. Et aussi un peu pour le mien. Je n'étais pas très sentimental, mais je tenais quand même à certaines choses. Essentiellement parce que je ne saurais par quoi les remplacer.
Je passais devant Kaz, et lui faisais un signe de la tête avant qu'il ne regagne sa salle de surveillance. Je rejoignis ainsi Isa juste à l'entrée du zoo, là où d'ordinaire se tiennent des boutiques souvenirs animées d'un va et vient qui pèse pour beaucoup dans la rentabilité du zoo.

C'est chouette d'avoir des potes qui vous font rentrer où l'on veut, quand on veut. Alors ... est-ce la fin du voyage ou y a-t-il une suite ?

Naturellement, il y a une suite. Mais pour la voir, tu devras me suivre, sans trop faire de bruit.


Vous n'avez probablement jamais visiter un zoo de nuit. Ce qui paraît plutôt normal au premier abord. En fait, vous diriez le contraire, cela soulèverait aussitôt quelques interrogations. Du genre que faisiez-vous là à cette heure, comment êtes-vous entré, pourquoi faire, n'avez donc rien à faire de vos journées pour vagabonder la nuit ? Et tant d'autres. Mais pour en revenir au sujet principal, si vous visitiez un zoo de nuit, il se pourrait bien que vous soyez très déçu. La plupart des zoos enferment les animaux dans des petites loges pour dormir. Rares sont ceux qui laissent les animaux dans un environnement pour ainsi dire naturel, bien qu'à échelle réduite et derrière des vitres de plexiglas. Et quand bien même ils le feraient (ce qui est le cas de celui de San Diego), la plupart des animaux ne viendront pas se faire prendre en photo juste pour vous. Les plus alertes soulèveront à peine une paupière lourde. Et c'est pourquoi Micky et Isa circulaient dans les allées sans un mot, sans un murmure. Rien, rien d'autre que le bruissement du vent dans les feuilles, pour ne pas altérer la quiétude d'animaux qui n'ont que la nuit pour profiter du calme d'une nature qui serait leur en-dehors de cet espace confiné.
Ils traversaient donc tous deux la zone des singes, muets mais néanmoins curieux. Curieux de voir, ou d'apercevoir furtivement une forme de macaque au clair d'une lune luisant d'une lumière féérique. Car malgré la volonté assez générale des animaux de rester tranquillement dans leur coin à roupiller, certains, sans pour autant s'agiter en tout sens, avaient un mode de vie qui souriait à une nuit douce.


Ce n'est plus très loin, chuchotais-je.

Je savais que l'endroit où je voulais la mener était assez éloigné de l'entrée du zoo. Il y avait 7 façons possibles de s'y retrouver, mais je m'engageais sur la plus directe. Je ne voulais pas qu'elle s'ennuie, ou décide de retourner à la voiture faute de quoi que ce soit d'intéressant. Nous n'étions passés que par le secteur des singes et c'est à peine si nous en avions discernés plus de 2 chacun.

On passe à côté des otaries, loutres et hippo, puis les pandas roux, les ours bruns, et on y sera.

J'ignorais complètement si elle aimait les visites de zoo ordinaires. Après tout, elle avait suivi pour l'originalité, voulait voir la suite. Je pensais en toute logique qu'elle ne se serait pas avancée aussi franchement à l'entrée si elle n'avait pas eu alors la moindre envie de cette visite inhabituelle. Mais peut-être, entre-temps, le peu d'agitation avait fini par laisser place à une lassitude que je pourrais comprendre. Je décidais donc de faire un peu la discussion, à voix douce.

Aucune chance de voir les petits pandas roux ni les loutres. Ils dorment dans leur petite cabane maintenant, et les loutres seront sans doute cachées entre les cailloux. Les otaries elles, sont systématiquement rentrées pour ne pas se battre. Par contre, pas le même problème avec les ours. Chez eux, chacun sait qui domine et respecte cette hiérarchie. Du coup, on pourra peut-être en voir un.

A mesure que je parlais, je tournais la tête à droite et à gauche pour espérer malgré tout voir une de ces adorables bestioles. Mais rien de rien. Jusqu'aux ours, comme prévu. Je m'arrêtais un petit instant et pointais un doigt vers l'animal pour montrer à Isa dans quelle direction regarder. Il y avait en effet un ours brun qui se déplaçait vers des troncs, et qui dix secondes plus tard, se couchait (s'affalait serait plus juste) entre deux troncs.

Il s'appelle Reck. C'est le plus jeune des 3 ours bruns. On m'a raconté qu'à sa première rencontre avec les autres, le dominant s'est mis sur ses deux pattes et que Reck s'est couché au même endroit que tu le vois. Et le dominant est parti sans rien lui faire. Donc ce serait comme son bunker.

J'ignorais si ces détails l'intéressait ou si elle s'en fichait complètement et avait hâte que ça se termine. Comme j'étais placé, je cachais la lumière lorsque je me tournais vers elle, donc je ne voyais son visage que dans l'ombre. Il m'étais impossible de discerner dans ses yeux quoi que ce soit. Alors plutôt que de m'adapter, je me découvrais. Car je me souvenais que cette anecdote m'avait surpris. Je ne pensais pas qu'un animal aussi véloce qu'un ours pouvait avoir un comportement aussi retranché, comme si les bases de la psychanalyse de l'Homme pouvaient s'y appliquer.

J'avançais, et si quelqu'un passait en sens inverse, il m'aurait vu sourire comme un enfant. Parce qu'on arrivait.
Je passais juste derrière Isa, et lui soufflais à l'oreille.

Je ne sais pas quel est ton animal préféré. Je ne veux pas le savoir, ou pas maintenant. Mais après, je serai curieux de savoir.
Viens.


Je lui pris la main et avançais le long de l'enclos des ours. Au détour, un autre enclos se dessinait, d'allure rectangulaire. A l'intérieur, la lune éclairait des tas de gros cailloux en lisière d'un espace boisé. Près des vitres, d'un côté, plusieurs élévations de pierres, comme une mini bâtisse écroulée que les animaux auraient pris pour terrain de jeu.
Nous avancions d'un côté des vitrages, pour atteindre finalement un demi-cercle gazonné qui jouxtait l'enclos.

Je t'en prie, assieds-toi.

Je le fis moi-même aussitôt. Je m'asseyais en tailleur à moins d'un mètre de la vitre en plexiglas. Devant moi, il y avait un petit cours d'eau bordé de végétation, qui donnait plus loin, dans l'ombre des petits bois, sur une sorte d'étang dans lequel les soigneurs animaliers jetaient parfois du poisson pour les nourrir...

A votre avis, nourrir qui ?
Allez... la lune, les bois, les poissons, les jeux... La lune! Au pire, relis le titre du post lecteur, et prends un dico franglais.


Ils viendront. Ils viennent toujours.

Et à cet instant, je sus qu'elle le vit. Cet imperceptible mouvement, derrière un petit bosquet. Je lui souris.

Il faut juste les laisser venir. En bougeant le moins possible.

Et deux minutes plus tard, une petite tête surgit de derrière le bosquet. Une tête avec un museau allongé, et deux oreilles en pointe. Bientôt, on vit deux pattes avant, puis la fourrure gris sombre, et enfin, deux pattes arrière.
Le loup canadien avançait timidement. C'était toujours ainsi, et toujours le même curieux qui faisait le premier pas.
Par habitude, je savais que son frère de portée n'allait pas tarder à suivre, et qu'il ne faudrait pas plus de 10 minutes pour qu'ils se roulent dessus au clair de lune.
Par habitude, je savais que leur sœur ne montrerait qu'un bout de museau, et ne se montrerait que pour aller s'allonger quelque part.
Par habitude, je savais que dès qu'il saurait que j'étais là, il viendrait combler mon âme d'enfant de sa présence.

Je suis désolé, on n'est pas très confortablement installés. J'ai demandé à mon copain s'il ne pouvait pas faire installer au moins une rembarde pour s'adosser mais il paraît qu'on ne met pas 2000 dollars de travaux en jeu pour un seul type qui de surcroit, ne paie pas ses entrées.

J'espérais la faire sourire. Cela pallierait à l'attente et à l'inconfort qui ne tarderait pas à survenir. La surprise, pour Isa, devait être consommée: elle savait précisément où je souhaitais l'amener, et à présent, l'intérêt, pour elle, pouvait de dissiper, et elle pouvait choisir de se relever et de rentrer à tout moment. Cette idée pouvait m'inquiéter, mais pas ici, pas maintenant.

Quand tu ne peux agir, mise sur se découvrir.

Je pense que tu t'en doute, mais je reviens fréquemment ici, à cette même place, à peu près à la même heure. Je reste plus ou moins longtemps, à les contempler. Surtout avec une lune pareille... ça ne vaut peut-être pas tout l'or du monde, mais je pense que seul un abruti pourrait ne pas comprendre pourquoi ces instants sont aussi... apaisants.

Je tournais la tête vers elle, en même temps que le lupin curieux montait sur le tas de cailloux, scrutant dans notre direction. Je lui avais promis de la magie. Pourvu qu'elle attende encore un petit peu, et elle en aurait.

Tu sais, j'ai eu un ami qui m'a dis un jour qu'on en apprend beaucoup des personnes quand elles parlent, mais encore plus dans certaines situations où elles se taisent. Et à te voir comme cela, j'ai l'impression que tu n'es pas insensible à ce cadre. Alors... profite. On peut rester autant de temps que tu voudras, et quand il sera là, devant nous, surtout, ne te prives pas de penser. Laisse aller.


Et je m'allongeais, sur le ventre, les coudes repliés et les poings fermés, servant d'appui pour ma tête. Le frère était sorti des bois, et allait lui aussi vers le tas de cailloux. Il sauta d'un bond surprenant, pour rejoindre l'autre loup qui était monté plus haut entre-temps. Ils passèrent l'un à côté de l'autre, leur épaisse fourrure passant l'une dans l'autre. Ils arpentèrent le tas de cailloux comme cela, l'un très proche de l'autre, pendant quelques instants. Puis l'un sauta, l'autre fit de même, et dans la foulée, ils se mirent à jouer en se jetant l'un sur l'autre, en se repoussant, puis en revenant.
J'étais un vrai gosse. J'avais croisé mes jambes, et je regardais ces deux frères se battre amicalement comme on se chamaille dans une fratrie. J'étais si absorbé par leur petit spectacle que je n'avais pas vu mon favoris sortir au détour de la tanière. Je savais qu'il me reconnaissait. Et je savais qu'il allait hésiter, car il voyait bien que je n'étais pas seul. Mais il se décida. A petits pas feutrés, il avançait, droit dans ma direction, ne me quittant pas de ses yeux marrons-jaunes, la tête un peu baissée vers le sol. En l'espace d'une minute, il s'était complètement avancé. Maintenant, il se tenait là, de profil, au plus à 2 mètres devant nous. Il trônait debout, de profil, au bord de ce petit talus qui donnait sur le cours d'eau. Il tourna la tête vers la tanière, puis se retourna, s'allongea lui aussi. Il s'étendit en long, les pattes dans le talus, son irrésistible tête sur ses pattes, et ses yeux à demi levés vers nous. Il se savait en sécurité, mais restait prudent néanmoins, ce qui permettait, à la lueur magique d'un clair de lune sans impureté, de voir ses beaux yeux nous fixer, comme des joyaux.

Peut-être comprenez-vous.
Micky peut être violent, sanguinaire, cruel. Mais ce n'est pas sa première nature. Seul, dans son univers de quiétude, il est silencieux, et doux. Devant ces yeux, devant cette nature, il sait que tellement de choses sont moins belles, et ne lui font pratiquement aucun effet. La puissance de cette alchimie, il la ressentait. Il était bien. Il l'était déjà quand ce loup ne lui faisait pas cadeau d'un tel spectacle de magie, les premières fois. Mais depuis quelques temps, dans ce regard, il y avait quelque chose qui déconnectait Micky de la réalité. Loin, la mafia. Loin, les souffrances, les affres de la guerre, les amis perdus, les cadavres empilés. Dans ces yeux, il ne restait rien de tout cela. Pour peu que l'osmose fonctionne aussi avec vous-même, vous seriez aussi captivé que l'est Micky en cet instant. Une des questions que vous vous poseriez alors serait: et à quoi bon ? A quoi bon ressasser le passé ? A quoi bon s'entourer de chimères ? A quoi bon sonder sa conscience ? A quoi bon chercher à plaire à telle ou telle personne ? A quoi bon craindre le jugement des autres ? Et pourquoi diable se conformer à leur décision ? Bordel, votre vie vous appartient. Que vous viviez en cage ou non, vous avez toujours une façon de vous évader. Comme ce loup. D'ailleurs, vous l'avez, n'est-ce pas ? Cette sensation étrange... En voyant un animal enfermé, en le contemplant dans une bulle où le temps s'arrête, vous avez la curieuse impression que ce n'est pas lui qui est enfermé, mais vous. De là vient la question: à quoi bon ?
Et si la réponse ne vous apparaît pas, revenez la nuit prochaine. Etendez-vous, comme Micky, et étirez-vous silencieusement. Portez les yeux à votre bras gauche, et vous la verrez alors.



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